Les Années Sombres
Note (NEW !) : Vous constaterez, pour les plus fervents admirateurs de l'œuvre originale, que je prend énormément de liberté avec celle-ci. Non seulement je modifie des scènes indispensables pour y insérer mes personnages, mais aussi des scènes qui pourraient totalement rester identiques, parce que je les préfère comme ça. Vous êtes prévenus ) Aussi, je ne reprend pas l'entièreté du livre. Je ne saurai donc que trop vous conseiller de relire les tomes en parallèles si vous voulez comprendre toutes les subtilités. Mais ce n'est pas à proprement parler obligatoire.
Merci à Adrien pour le bêta-reading !
Merci à Dead to you, Loupiote54, Isis Nephtys, 3lise, LutineLaugh, Paquerette-san, BigFourFan, Nymphaliora et Katie Holmes pour leur review ! (j'ai normalement répondu à tout le monde :) )
Dead to you : Hello ! Merci pour ta review ! Ouiiiii, enfin la suite ^^ J'espère que cela t'a plu, en tous cas.
BigFourFan : Hello ! Merci pour ta review ! Eh bien, tu es tombé pile au bon moment !
Katie Holmes : Hello ! Merci pour ta review ! Et voilà la suite. J'espère qu'elle te plaira !
Raiponce : crise de panique, hallucination (trop forte dose), pense que ses amis l'agresse, pleure pour sa mère qu'elle voit assommée. Finit sur du noir.
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Chapitre 28 : Infiltration et exfiltration
« - Il a le droit de savoir !
- Ce n'est qu'un enfant, Sirius ! répondit Mrs. Weasley avec véhémence.
- Un enfant ? Il a déjà combattu Voldemort. Plusieurs fois ! Et s'il est comme James, à la seconde où il se rendra compte qu'on lui cache quelque chose, il foncera dans le tas !
- Justement, ce n'est pas James. Il serait temps que tu t'en rendes compte, Sirius. »
La tête enfouie dans ses mains, Mérida hésita un instant à se lever et partir. Après tout, ces deux-là faisaient la réunion à eux-seuls depuis près de vingt minutes. Et autour de l'unique sujet « Faut-il dire à Harry Potter pourquoi ils gardent l'entrée du Département des Mystères ? ». Passionnant.
Pas que ce soit un spectacle inhabituel. Molly Weasley et Sirius Black étaient comme l'eau et l'huile. Ils ne se mélangeaient pas. Quoique, la métaphore était peut-être mal choisie. Plus qu'eau et huile, leur relation s'apparentait à celle de l'essence et du briquet. Leurs rencontres finissaient toujours par une explosion.
Leur dispute prit brutalement fin quand des cris se firent attendre depuis l'extérieur. Dieu bénisse l'inventeur des sorts d'impassibilité, qui empêchaient tout son de sortir, mais pas d'entrer.
« - FILS DE CHIEN ! IMMONDES DEJECTION DE BATARDS ! VERMINES !
- Pardon, pardon, je suis désolé, j'ai trébuché sur ce fichu porte-parapluie. »
Tonks. Evidemment. Mais si elle était là, cela voulait dire que…
« - Harry, mon chéri ! s'exclama la matriarche Weasley une fois le tableau réduit au silence. Comment vas-tu ? Diable que tu es maigre ! Ces maudits Dursley ne t'ont-ils donc pas nourri ?
- Bonjour Mrs. Weasley. Je vais bien, ne vous en faites pas. Qu'est-ce que c'était que…
- Cette harpie ? Mon cher Harry, tu as eu l'honneur de rencontrer ma très chère mère, feu Walburga Black.
- Sirius ! Et ta mère ?
- Hey gamin. Bienvenue dans la merveilleuse demeure familiale de la célèbre famille Black, dorénavant connue sous le nom de « QG de l'Ordre du Phénix », ce qui rend malade cette vieille carne faite d'huile et de fiel. Heureux de voir que notre patrouille t'a ramené en un seul morceau. Nos braves ne t'ont pas trop maltraité ?(1)
- Non, même si on s'est pris un vol d'oies sauvages qui a failli nous faire nous disperser.
- Ah, il nous en était arrivée une semblable avec ton père. Viens, je vais te raconter…
- Sirius, intervint Mrs. Weasley en se raclant la gorge. La réunion. »
Elle devait sans doute craindre que, le débat n'étant pas clos, le propriétaire des lieux n'en vienne à tout déballer à son filleul.
« - Ah, oui, la réunion.
- Je pourrais…
- Oh non, Harry, mon chéri. Seuls les membres de l'Ordre peuvent assister aux réunions. Et les enfants n'en font pas partie. Même si certains… »
Mérida n'eut même pas besoin de lever les yeux vers Molly Weasley pour savoir que cette remarque était lui était tout particulièrement destinée, ainsi qu'à Harold et Jack. La mère de famille, qui avait d'ailleurs interdit aux Jumeaux, pourtant majeurs, d'être membres de l'Ordre, ne faisait pas un secret de ce qu'elle pensait de leur participation à la lutte contre le Seigneur des Ténèbres. Pour ce que ça importait à Mérida.
« - Bref. Monte vite, Ron et Hermione doivent être impatient de te voir. Ginny et les jumeaux aussi, bien sûr ! »
L'air prêt à contester la demande, qui tenait plus de l'ordre, Potter baissa toutefois bien vite les épaules. Il avait dû apprendre à la dure qu'on ne contestait pas Molly Weasley sur certains sujets, à moins d'être fétichiste des maux de crânes.
Une fois le Survivant reparti, la réunion reprit, avec l'arrivée de deux membres supplémentaires, Severus Snape et Albus Dumbledore. Dumbledore ne venait pas à chaque réunion, mais essayait d'y venir le plus souvent possible, ne serait-ce qu'en coup de vent. Quant à Snape, qui avait endossé le rôle d'espion auprès du Mage Noir, rôle qu'il tenait apparemment déjà durant la première guerre, il ne venait que rarement, histoire de ne pas éveiller les soupçons.
Le Professeur de Potions, après quelques minutes à se chicaner avec Sirius(2), commença son rapport. Pas grand-chose de nouveau sous le soleil. Le Mage Noir continuait à rassembler ses forces, prenant son temps. Apparemment, il cherchait le moyen de rentrer dans Azkaban, pour en faire sortir ses fidèles emprisonnés, mais ne semblait pas encore prêt d'y arriver.
Nouvelle plus inquiétante, par contre, c'était que Fenrir Greyback était revenu auprès du sorcier(3). Loup-garou d'une férocité légendaire, il était connu pour vouloir répandre le plus possible sa malédiction, notamment en mordant de jeunes enfants, qu'il enlevait par le suite. Il s'était fait discret après la fin de la guerre, mais nul doute qu'il serait une force à prendre en compte.
Après le rapport de Snape, et quelques propositions sur ce qu'il fallait faire par rapport à Greyback, la réunion fut enfin terminée. Comme l'heure du souper(4) était plus que dépassée, beaucoup durent partir chez eux. Dont Jack et Harold, ce qui fit grimacer Mérida. Elle aurait aimé pouvoir revoir avec eux les détails des plans du lendemain. Profitant que Mrs Weasley rappelait sa marmaille et criait à tout va pour qu'on installe la table et l'aide en cuisine (5), elle les rattrapa ses amis avant qu'ils ne prennent la cheminée.
« - Tout est toujours OK pour demain ? demanda-t-elle à voix basse.
- J'ai tout ce qu'il faut, dit Harold.
- Très bien. C'est possible pour vous de venir plus tôt que ce qu'on avait prévu ? Je comptais revoir le plan ce soir, mais avec la réunion qui s'est éternisée… Il faudrait qu'on passe tout en revue demain matin.
- Pas de soucis. »
Après un dernier au revoir, ils se séparèrent, tendus en vue de ce qu'ils allaient devoir faire le lendemain. Car demain, ils iraient sauver Raiponce. En espérant qu'il ne soit pas trop tard.
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C'est à huit heure tapantes qu'Harold et Jack se présentèrent à la maison des Blacks. La maison était silencieuse, uniquement bercée par les ronflements du tableau de Mrs. Black et les bruits de casseroles provoqués par Molly Weasley.
Ce n'était pas si étonnant, d'ailleurs. La maison, hors réunion, était principalement habitée par des adolescents, surtout des Weasley, ceux-ci ayant préféré quitter leur maison, leur statut de « traître-à-leur-sang » et de supporters de Dumbledore les mettant en danger.
Après un bref salut à la matriarche Weasley, à qui ils ne laissèrent pas le temps de s'étonner de leur présence à une heure aussi matinale, les deux jeunes hommes montèrent vers la chambre de Mérida. Elle n'y dormait pratiquement jamais, étant donné que sa propre maison était à un instant de transplanage, mais elle l'avait revendiqué dès le début des vacances. Cela lui permettait d'avoir un endroit tranquille quand elle devait attendre entre le retour du Ministère et le début de la réunion. Un instant de transplannage, d'accord, mais ce moyen de transport n'était pas vraiment agréable, alors autant éviter de l'emprunter quatre fois sur la journée.
Plus récemment, la pièce avait aussi commencé à leur servir de QG. A l'aide des sortilèges appris au cours de son stage au département des Aurors, Mérida avait petit à petit transformé la pièce en véritable bunker. Pour tout dire, Fred et George n'était pas parvenu à y entrer, ni même à y glisser une de leurs fameuse « oreille à rallonge™ », ces longs fils couleur chaire qui permettait de transmettre le son d'un endroit à un autre(6). C'était dire l'imperméabilité du lieu.
Traversant discrètement le couloir, en tout cas aussi discrètement qu'un parquet de bois massif vieux de plusieurs siècles le permettait, ils se faufilèrent jusqu'à la chambre. Pas question de tomber sur un quelconque adolescent fouineur(7).
Quand il entrèrent dans la petite pièce, Mérida était déjà prête, bien qu'ayant l'air un peu endormie.
« - Trop tôt pour toi, rouquine ?
- Ferme-là, Jack. Parce que si vous êtes partis au moment du dîner, moi, tante Molly m'a fait rester. Et la soirée était horrible. On a dû expliquer à Potter tout ce qui s'est passé en Juillet et ce gamin est une vraie dramaqueen. En plus, Ron, Hermione et les Jumeaux ont fait leur crise parce que « Si Harry peut rester, nous aussi ». Et Molly a recommencer à crier. Bref, des maux de crânes monstrueux. Et sitôt rentrée chez moi, voilà que ma mère revient me bassiner avec mes pseudo-fiancés qui viennent bientôt en visite.
- Toujours… ?
- Toujours les trois mêmes. Bref. Vous avez tout ? »
Hochant la tête, les garçons sortirent de leurs sacs une multitude d'objet, notamment les capes « cache-visage » que leur avait confectionné Raiponce il y a longtemps, quand ils avaient dû se rendre dans l'Allée des Embrumes pour récupérer certains composants de la potion d'Animagus. Jack avait l'impression que ça remontait à des lustres.
Ils avaient aussi rassemblé de quoi pratiquer les premiers secours, de quoi manger et boire au cas où Raiponce en aurait besoin. Harold avait aussi emprunté quelques pièges à dragon dans l'atelier de Beurk, notamment des bolas.(8) Avec un peu de chance, un simple Stupéfix pourrait éliminer Gothel Tower de leur chemin, mais valait mieux prévenir que guérir. Il avait aussi fabriqué des amulettes runiques, qui ne les rendraient pas invisible mais qui, de la même manière que celle de Krokmou lui permettait de voler autour du Château, les déroberait aux yeux de quiconque ne les cherchant pas activement. Si Gothel était aussi paranoïaque que le disait Raiponce, ça ne servirait à rien, mais sait-on jamais.
Une fois leur inventaire fait et réparti entre eux trois, ils sortirent le plus discrètement possible de la maison, tout en essayant de ne pas avoir l'air trop suspect.(9) Une fois dans la ruelle, à l'abri des regards et emmitouflés dans leur cape, les deux garçons attrapèrent un des bras de Mérida, qui les fit transplaner.
Le transplanage d'escorte, qui consistait à faire voyager quelqu'un avec soit, pouvait se présenter de deux manières. Soit on devait transporter quelqu'un ne sachant pas transplanner, ce qui était complexe et dangereux. Soit, et c'était heureusement le cas de Mérida, il s'agissait simplement de guider des gens transplanant par eux-mêmes vers une destination qu'ils ne connaissaient pas.
C'est ainsi qu'ils se retrouvèrent tout trois tout au nord du Royaume-Uni, devant un grand espace vide. Quand il eut retrouvé son souffle, Jack se tourna vers Mérida.
« - C'est le bon endroit ?
- Pas tout à fait. La couture du sort est un peu plus loin. Suivez-moi et gardez bien vos capuches. »
Les trois amis firent une centaine de mètres, avant de s'arrêter.
« - C'est là. Vous êtes prêts ? Je vais défaire la couture et…
- Je m'y glisserai. Ne perdons pas de temps. »
Se transformant en belette, Harold se ramassa sur lui-même, prêt à foncer droit dans la direction que lui avait indiqué Mérida. Celle se mit à la recherche d'une faiblesse dans barrière, avec Jack en tant que réserve de magie si cela se révélait utile.
En tant qu'élève très correct en Sortilège, Jack savait parfaitement ce que son amie cherchait. Un bon sortilège de défense partait du sommet du bâtiment et descendait en coupole vers le sol. Un sortilège placé par un sorcier douteux comme celui que Gothel avait engagé se contentait de se draper autour de la zone, ce qui demandait bien moins d'effort. Mais ce qui laissait aussi un endroit où les deux bords du sortilège se rejoignaient. Un endroit trouvable pour qui savait chercher. Comme une aspérité dans une mur lisse.
Même si elle resta muette, Jack sentit l'exact moment où Mérida avait trouvé ce qu'elle voulait. Sa magie le tirailla soudain et, comme si on écartait un rideau, il entraperçut la maison. Sans attendre, Harold se précipita vers l'intérieur, juste avant que Mérida ne lâche.
C'était à leur ami de jouer maintenant.
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Harold, toujours sous forme de belette, galopa droit vers la maison, tout en gardant un œil sur tout ce qui pouvait sortir de l'ordinaire. D'après les informations de Mérida, Gothel n'avait pas fait piéger le jardin, mais on n'était jamais trop prudent. Sous cette forme, il n'était pas capable de les détecter et il ne résisterait pas au plus petit sort offensif.
Il lui était d'ailleurs aussi assez difficile de garder l'esprit parfaitement clair. Petit carnivore nerveux, la belette était plus adepte des chasses monomaniaques que des grandes réflexions. Et quand il en prenait la forme, Harold devait jouer pour maintenir un état d'esprit suffisamment humain pour réfléchir correctement. Ce n'était pas un soucis quand il devait effectuer des surveillances pour l'Ordre, mais pour une mission comme celle-ci, il aurait préféré pouvoir garder toutes ses facultés mentales.
Arrivé devant la maison, il inspecta rapidement les alentours. Il avait plusieurs missions à accomplir et aucune n'était vraiment simple. Les deux plus importantes était de mettre Gothel hors d'état de nuire(9) et de désactiver l'ancrage des protections. Accessoirement, il tenterai de détecter les pièges sur son chemin, voire de trouver Raiponce. Mais avant tout, il fallait permettre à Mérida et Jack de le rejoindre.
Suivant le mur, il tenta de trouver une faille quelconque. Sa petite taille lui permettrait sans mal de se faufiler dans un bête trou de souris, mais fallait-il encore en trouver un. La chance finit par lui sourire, sous la forme d'un soupirail. Ce n'était qu'à moitié-étonnant qu'il ne soit pas protégé. Gothel était une potionniste et les vapeurs de potion, surtout celles de haut niveau, réagissaient parfois mal à la magie classique.
Le laboratoire était sombre, seules quelques braises mourantes dans l'âtre l'illuminait encore. Et « illuminer » était bien trop fort pour désigner la lueur rougeâtre qu'elles émettaient. Autant dire qu'avec des yeux de belette, Harold ne voyait pratiquement rien.
Cependant, et c'était là sa chance, la grille d'aération se trouvait juste en face de la porte, l'éclairant avec la lumière du jour. Le jeune homme se retransforma quelques instants pour l'ouvrir, mais si les sortilèges n'avaient pas été assez performant pour différencier un animagus d'un véritable animal, là, à en croire la sirène stridente qui résonnait, il avait été définitivement repéré.
Plutôt que d'essayer de s'enfuir, sans savoir quels sortilèges avaient été déclenché en même temps que l'alarme, Harold se retransforma et se pelotonna dans un coin. De là, il pourrait voir n'importe qui entrer et, si c'était nécessaire, se faufiler dans le couloir.
Il ne fallu pas attendre longtemps avant que Gothel Tower ne débarque dans la pièce. Le jeune homme la reconnu à peine. Il avait le souvenir d'une sorcière très soignée, au port fier et à l'aspect particulièrement jeune pour quelqu'un qui abordait la quarantaine. La femme devant lui n'aurait pas fait honte à une échappée d'asile. Elle semblait complètement paniquée et en même temps prête à tuer quiconque se montrerait devant elle. Grâce à la lumière qu'elle avait de suite ravivée, Harold pouvait voir sa peau terne et les cheveux gris qui striaient sa chevelure. Que se passait-il donc ici ?
La femme commença à scanner la pièce avec sa baguette. Avant qu'elle n'atteigne son coin, Harold fonça vers elle, bondit en avant. Au summum de son bond, juste avant que la chute ne commence, il se transforma en humain, profitant de la poussée et de l'élan pour atterrir violemment sur la sorcière. Les instincts de l'animal, encore fort présent, l'encouragèrent à foncer sur sa gorge pour achever sa proie, mais il se contenta en lieu et place de l'assommer d'un sortilège bien placé. Avant qu'elle n'ait la moindre chance de se réveiller, Harold sortit des cordes de son sac pour l'attacher. Cela ne tiendrait surement pas plus de quelques minutes après le réveil de Gothel, mais ils auraient normalement eut bien le temps d'emmener Raiponce et de la mettre à l'abri. Cela leur épargnerait aussi la question de « Que faire de Gothel ? ». D'ici quelques heures, quand elle serait libre, sa fille, majeure, serait hors de sa portée, aussi bien physiquement que juridiquement. Et si elle tentait de la reprendre… Et bien, ils aviseraient à ce moment-là.
Une fois la sorcière ficelée, Harold s'engagea dans le couloir, la baguette levée et le pas prudent. Marmonnant continuellement un sortilège de repérage, il évita ainsi quatre pièges entre le laboratoire et l'escalier. Heureusement, dans sa précipitation, Gothel avait laissé la porte en haut de ce dernier ouverte. Un coup d'œil aux sorts apposés apprirent à Harold qu'il n'aurait pratiquement eu aucun moyen de passer s'il avait dû les forcer.
La maison se révéla être un véritable capharnaüm. Cela indiquait au moins que Raiponce n'était pas libre de ses mouvements. La jeune fille, très ordonnée, n'aurait jamais laissé un tel fatras arriver.
Déambulant dans les différentes pièces, tout en prenant garde aux pièges, Harold se mit à chercher l'ancrage des protections. Mérida n'avait pas été capable de voir ce que c'était, mais d'après les recherches que Jack avait effectué, c'était forcément un objet mobile. On n'ancrait jamais des protections dans une pierre de la maison, sauf si on la construisait en même temps, car la concentration de magie avait tendance à faire varier la taille et la forme de l'objet. Mais cela serait aussi sûrement un objet qui appartenait depuis longtemps aux lieux.
Cela prit un peu de temps, mais le Gallois finit par trouver ce qu'il cherchait. C'était une petite poterie, qui ressemblait vaguement à un vase. Des mains malhabiles avait essayé de donner forme à l'argile, mais c'était sans nul doute un premier essai, ou le travail d'un enfant qui apprenait. Peut-être même les deux. Harold soupçonnait fortement qu'il s'agissait là d'une des premières poterie de Raiponce. Un objet avec un poids émotionnel rattaché aux membres de la maison et là depuis longtemps. Un ancrage idéal.
Avec de lents mouvements de baguette, Harold entreprit de défaire un à un les différents sorts associés à l'objet. Ce n'était pas une épreuve de force pure mais de délicatesse. Jack aurait été un choix plus pertinent pour cela(11), mais Harold avait de bonnes bases en la matière, et de la patience à revendre (12). Il y avait de nombreuses protection, mais aussi certains pièges. Cela faciliterait au moins la fouille qui viendrait.
Il fallut de longues minutes pour désenchanter complètement l'objet. Quand la poterie redevint un vase tout ce qui a de plus normal, Harold le reposa soigneusement sur la cheminée.
Il était maintenant temps de trouver où Gothel pouvait bien enfermer sa fille et la sortir de là.
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Raiponce… Était toute seule. Du moins, le croyait-elle. Elle ne sentait pas d'autres présence et n'en voyait pas non plus. Mais ne rien voir ne voulait pas dire qu'il n'y avait rien. Elle avait appris cela ces derniers jours. Il y avait des choses dans les ténèbres. Des choses dont sa mère l'avait toujours protégées. Mais aujourd'hui, elle était toute seule et les choses venaient rôder près d'elle.
Attachée à son lit, elle se recroquevilla sur elle-même. Elle espérait que sa mère viendrait bientôt. Elle ne savait pas à quand remontait sa dernière visite. Elle avait essayé de garder le compte des heures, mais sa peur l'empêchait de se concentrer suffisamment. Se concentrer, c'était éloigner son regard des ombres et laisser l'opportunité aux monstres de venir.
Une part d'elle-même avait envie de fuir à toute jambe, mais ses chaînes l'en empêchaient. Sa mère avait été obligée de l'attacher. Raiponce ne s'en souvenait pas, mais elle avait apparemment essayé de sortir et était tombée face aux monstres. Elle devait rester dans sa pièce. Ici, c'était la sécurité. Même si les ombres n'étaient plus aussi vides qu'avant.
Soudain, un bruit sourd. On… On bougeait quelque chose, quelque part à l'extérieur. Était-ce sa mère ? Cela faisait-il déjà assez longtemps depuis la dernière fois ? Elle tourna la tête vers la porte.
Puis recentra son regard vers l'ombre. Quelque chose avait bougé. Elle en était sûre. Ils étaient là. Les monstres. Elle ne devait pas les quitter du regard. Sinon ils bougeraient et elle ne les retrouverait plus. Elle devait continuer à regarder.
Dehors, les bruits étaient de plus en plus forts. Des pas. Des voix. D'autres monstres ? Avaient-ils blessés sa mère ? Raiponce se mit à trembler. Sa pauvre mère, s'ils lui avaient fait du mal… Et tout ça à cause d'elle. Elle attirait les monstres ici. C'était sa mère qui lui avait dit. C'était sa faute.
« - Ça doit être ici, il y a pleins de sorts sur la porte ! »
Ce n'était pas la voix de sa mère. Ils l'avaient trouvé ! Ils allaient la prendre et l'emmener à Lui ! Elle ne savait qui c'était, mais sa mère le craignait énormément. Et quiconque faisait peur à sa mère était forcément terrifiant.
Tirant sur ses chaînes, Raiponce, dans son désespoir, essaya de se glisser à côté de son lit pour s'y cacher. Mais elle ne parvint qu'à se blesser les poignets.
La poignée de la porte s'agitait. Ils essayaient d'entrer, mais les protections tenaient bon. Elle continua de tirer sur ses chaînes.
La porte céda. Les monstres entrèrent.
« - Raiponce ! »
Ils connaissaient son nom !
« - Raiponce, on est là. Ça va aller ! Harold, aide-moi à défaire les attaches.
- Non, non, laissez-moi ! »
La rage et la peur se disputait son cœur. Les larmes coulaient sur ses joues. Pourquoi était-elle si faibles ? Pourquoi avait-elle désobéi à sa mère ?
« - Elle a l'air complètement perdue. Fermez la porte, si elle se transforme, nous sommes fichus ! »
Se transformer ? En quoi ? Elle ne savait pas se transformer. Elle n'avait que ses cheveux qui brillaient. C'est pour ça que les monstres la voulaient, d'après sa mère. Ses cheveux. Mais elle ne devait pas s'en servir. Jamais. Sauf quand Mère le demandait.
« - Calme-toi Raiponce. Tu vas te faire mal. Nous sommes là. On va te sortir de là. »
Non, non, ils allaient l'emmener.
« - Mérida, il faut l'endormir. On doit se dépêcher. Je ne sais quand Gothel se réveillera et on perd de plus en plus de temps ! »
Et soudain, l'obscurité. Les monstres avaient gagné.
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(1) Alors, Sirius… Je sais que les fics ont tendance, de manière générale, à le faire très « libre-penseur », avec une façon de parler très légère, presque vulgaire. Pour moi, Sirius reste avant tout quelqu'un qui a été éduqué comme un aristocrate (les Black font partie des « 28 sacrés », à savoir les 28 familles dont le sang est totalement pur en 1930, moment où quelqu'un (probablement Teignous Nott) publie le Registre des Sang-Pur) et même si il s'est écarté de sa famille, des traces restent. Donc, mon Sirius va parler avec des mots un peu inhabituels, des phrases un peu ampoulées, tout en gardant de l'argot appris pendant son adolescence. Voilà voilà ^^
(2) Mérida et Harold étaient plus ou moins persuadés que quelque chose s'étaient passé entre eux. Une telle haine ne venait pas de quelque part. Harold pariait sur une blague d'adolescent ayant mal tournée, Mérida sur une romance interdite.(2*)
(2*) Oui, Mérida est une yaoïste.
(3) Je commence à comprendre pourquoi JK Rowling a créé un narrateur principal qui n'a pas peur de dire Voldemort. Ca devient compliqué de trouver des manières de le désigner sans passer par « vous-savez-qui », ce qui, je trouve, ferait un peu ridicule dans les phases descriptives.
(4) Dîner pour les français.
(5) Sauf Tonks, qui ne devait en aucun cas être laissée près des couteaux. Ou des casseroles brûlantes. Voire d'une cuisine en général.
(6) Mr. Weasley n'osa jamais révéler à Molly qu'il était pratiquement sûr que c'était lui qui avait donné cette idée au Jumeaux en leur expliquant le principe du félétone.
(7) Jack avait tendance à oublié qu'il avait été, et était toujours, un adolescent fouineur.
(8) Des bolas, c'est une arme de lancer. Trois cordes liés ensembles et chacune lestée d'un poids. Ça se lance sur les pieds et s'enroule autour. … Comment ça, je suis pas clair ? Ben allez voir sur google et essayez de me décrire ce truc clairement !
(9) Ceci dit, étant donné l'allure générale du QG de l'Ordre, ce n'était pas bien compliqué. Placés dans ce décor composé à 80% d'objets à l'air suspect, les Jumeaux Weasley eux-mêmes parvenaient par moment à avoir l'air véritablement innocent.
(10) De manière non-létale. Le petit carnassier dans un coin de son esprit n'était pas tout à fait d'accord avec ça, mais Harold avait heureusement assez de maîtrise pour faire taire cette soif de sang. Du moins tant qu'il ne croisait pas un rongeur innocent.
(11) Aussi étrange que cela puisse paraître, Jack pouvait faire acte d'une incroyable finesse quand il s'agissait de sortilège. Mais il avait très souvent la flemme de la mettre en œuvre.
(12) Fruit de nombreuse année de vie commune avec Stoick.
La partie de Raiponce est un peu courte, mais vous avez les notes de bas de page pour rattraper ^^ J'avais pleins de trucs à dire qui rentraient pas de le chapitre de manière classique. Voilà.
Je suis moyennement satisfait de la dernière partie. Mais j'espère avoir assez bien rendu l'état d'esprit de Raiponce (et n'avoir répondu à absolument aucune de vos questions sur Gothel :p )
A bientôt !
