Les Années Sombres

Merci à Adrien pour le bêta-reading !

Merci à Dead to you, Doriru Yami, Loupiote54, 3lise, BigFourFan, Isis Nephtys et Senritsuhime pour leur review ! (j'ai normalement répondu à tout le monde :) )

Dead to you : Hello ! Merci beaucoup pour ta review. Pas de Harold/Charlie cette semaine, mais peut-être au prochain : ) Bonne lecture !

BigFourFan : Hello ! Merci pour ta review ! Ahah, juste au moment où tu dis ça, je me retrouve à reporter les sorties ^^ Les potions vont effectivement avoir quelques effets secondaires, on le verra dans ce chapitre. Et oui, Harry du tome 5 (et le film c'est encore pire) est une dramaqueen ^^ Bonne lecture !

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Chapitre 30 : Epuisement

« - Je comprends, Mr. Eastwick, mais comme je vous le répète depuis le début des vacances, votre fils est celui en faute. »

Était-ce mal de penser à jeter un sorcier ennuyeux par la fenêtre ?

« - J'ai fait mes recherches et le Traité…

- Le Traité Britannique Magique Inter-espèces pensantes stipule qu'aucun centaure n'a le droit de blesser un humain…

- Et ils ont tiré sur mon fils ! »

Non, parce que là, Harold y pensait très fortement.

« - Sauf si ce dernier brise volontairement les limites du territoire des Centaures, fixées en accord avec le directeur de Poudlard. Directeur qui, je m'en souviens parfaitement pour l'avoir déjà entendu six fois, précise en chaque début d'année que la Forêt Interdite porte ce nom pour une raison très précise. C'est-à-dire qu'il est interdit pour tout élève non-accompagné d'un professeur d'y entrer.

- C'était juste un pari stupide… »

Enfin, ils étaient en sous-sol, donc la défenestration restait de l'ordre du fantasme. Ceci dit, le jeune homme n'était pas au-dessus des sorts qu'avaient récemment inventer les Jumeaux Weasley.

« - Et, si l'on s'en réfère au règlement de Poudlard, les paris ne font pas partie des circonstances permettant l'accès à la Forêt. Toujours selon ledit règlement, toute créature blessant de manière non-létale ni permanente un élève entrant sur son territoire ne pourra être tenue responsable, ni attaquée de quelque façon que ce soit. Alinéa 18 du chapitre du règlement de Poudlard concernant la Forêt Interdite.(1)

- Il a passé l'été alité ! »

Jack lui avait dit que le sort de « Flatulence continue » était particulièrement au point. Excepté le fait que s'il n'était pas levé au bout de cinq minutes maximum, le gaz était potentiellement remplacé par quelque chose de plus… Tangible, dirons-nous.

« - Par sa faute. Si j'en crois le procès-verbal, c'est le centaure Firenze qui a tiré ?

- C'est ça… Cet être…

- Animal. Les Centaures ont demandé à être classifié en tant qu'animaux(2).

- Cet animal a transpercé l'épaule de mon fils !

- Et comme je vous l'ai déjà dit plusieurs fois, cette blessure ne laissant aucune lésion permanente. Pour avoir discuté avec lui, je soupçonne même Firenze d'avoir tiré pour empêcher ses frères de le faire, ce qui aurait pu avoir de bien plus lourdes conséquences. Firenze, même s'il refuse de le reconnaître, à un cœur tendre pour les jeunes humains. »

Et c'était peu dire. Après tout, le centaure avait laissé le jeune Potter monter sur son dos, chose impensable pour la plupart des Centaures, et était déjà venu en aide à Harold par le passé. Bien qu'Harold ne devait pas exactement rentrer dans la case « jeune humain » aux yeux de Firenze.

« - Et donc quoi ? On ne fait rien ? C'est ça votre réponse ?

- Comme la dernière fois. Et les six autres où vous êtes venu, Mr. Eastwick. Votre fils était en tort. Et connaissant Thomas, je suis surpris qu'il ait attendu sa septième année pour se blesser.

- Ça a retardé son entrée à l'Académie des Aurors ! Il devra attendre la session de janvier !

- Tant pis pour lui.

- Je veux voir votre patron ! Plus d'un mois que je viens et vous ne faites rien ! J'exige d'être reçu par un de vos supérieur. »

Le Gallois se retint fortement de se cogner la tête contre la table. S'il envoyait Mr. Eastwick vers un de ses patrons, ce dernier, peu importe lequel, se contenteraient de dire à l'homme qu'il est dans son bon droit, évidemment, humain mieux que le reste, tout ça, avant de renvoyer le bougre vers Harold pour qu'il « s'occupe de son cas ». Ce que l'on peut traduire par « J'en ai rien à battre, t'es qu'un stagiaire, à toi la merde ».

« - Bien, finit-il par soupirer. Retournez à l'accueil et dite à Miss Eloim de vous donner rendez-vous avec Mr. Stratford. Je lui ferai parvenir les comptes-rendus de nos entrevues.

- Quand je vais dire à votre patron tout le mauvais travail que vous avez fait avec mon affaire, vous allez vous en mordre les doigts, jeune homme.

- Evidemment, Mr. Eastwick. Bonne journée, Mr. Eastwick. »

En voyant l'homme rougeaud s'éloigner, Harold laissa ses épaules se relâcher. Mr. Eastwick avait le don de lui mettre les nerfs en pelotes. Tout comme Thomas, d'ailleurs. C'était un Poufsouffle un an plus vieux qu'Harold et il s'était donné comme mission d'être la version jaune et noir des jumeaux. Avec beaucoup de bonne volonté, mais sans leur géni ni leur chance. La plupart de ses mésaventures ne se terminaient pas bien. Heureusement, il avait terminé ses études en juin dernier. La salle commune des Poufsouffle n'aurait plus à subir ses discours sur ses magnifiques plans, pour la plupart voués à l'échec avant même d'avoir été mis en place.

Le jeune homme attendit dix minutes, avant de faire une copie rapide de ses notes et de se diriger vers le bureau de la secrétaire.

« - Bonjour Magda.

- Ah, Harold ! Je m'attendais à te voir arriver. Ton papa-poule préféré vient de passer me réclamer à corps et à cri un rendez-vous avec le patron. Toujours cette affaire de centaure ?

- Ouais, toujours. Tu sais faire passer ceci à Stratford ? C'est l'ensemble de mes recherches qui prouvent que Eastwick ne peut légalement rien intenter contre le troupeau de la Forêt Interdite. Peu de chance que Stratford le lise, mais on ne pourra pas dire que je n'ai pas fait mon boulot.

- Je lui donnerai au prochain arrivage. Allez, courage, il ne te reste que deux semaines à tirer ! »

Deux semaines… Plus que deux semaines et il pourrait enfin ne plus jamais remettre les pieds dans ce maudit département.

« - J'attends ça avec impatience. Je serai bien content de retourner avec les dragons dès l'été prochain. Ils sont bien plus agréables que la majorité des personnes qui viennent ici pour se plaindre.

- Je te crois volontiers. Je suis à une case de remplir mon bingo « Phrases de connards » de la journée, et il n'est que onze heures. »

Harold lâcha un sourire sincère à la blague de Magda. A peine plus âgée que lui, elle avait un humour piquant qui était loin de lui déplaire. Il savait qu'il lui plaisait aussi, mais bon, il avait déjà un dragonnier dans son lit.

« - On se voit tantôt ? Mérida m'a lâché aujourd'hui, donc je compte manger ici.

- Pas de soucis. A tout à l'heure. »

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« D'un coup d'épée, la jeune guerrière trancha la troisième tête du monstrueux dragon. Au milieu de cette terre désolée, rougie par le feu et le sang, la bête vacilla un instant, avant de s'écrouler, ses trois longs cous maintenant étêtés déversant un flots sanguin ininterrompu.(3)

Les jambes tremblantes, Aria tenta de reprendre son souffle. Elle venait seulement de prendre conscience de ses difficultés à respirer. Un coup vicieux du monstre avait enfoncé une des plaques de son armure, et avait probablement cassé une côte ou deux.

Ne lâchant pas son épée, elle entreprit de chercher les survivants. »

La jeune fille referma le livre d'un geste sec. Ses yeux se faisaient lourds. Ce qui agaçait prodigieusement Raiponce, étant donné qu'elle n'avait commencé à lire à peine dix minutes plus tôt, dont cinq passée à relire les pages de la veille en diagonale, parce que sa mémoire à court terme semblait toujours jouer au yo-yo. Elle ne poussa toutefois pas. La dernière semaine lui avaient appris que continuer quand ses yeux lui faisaient cette impression, c'était se promettre à de jolis maux de têtes qui ne la lâcheraient pas de la journée.

D'un mouvement du poignet, elle tamisa la lumière de la lampe de chevet avant de reposer sa baguette et de fermer les yeux, se laissant aller contre les multiples coussins qui ornaient la tête de lit. Elle passa en revue les jours qui venaient de s'écouler.

Cela faisait un peu plus d'une semaine qu'elle avait reconnue Mérida à son chevet. Depuis, elle avait peu à peu retrouvés ses esprits. Ses forces, c'était une autre question, mais d'après Mrs. Pomfresh, d'ici quelques jours, si elle prenait bien ses potions revigorantes, elle pourrait tenir toute la journée sans devoir faire de sieste. Ce qui était une bonne chose, étant donné que le mois d'août touchait presque à sa fin et qu'elle n'avait vraiment pas envie de rater son dernier voyage allé en Poudlard Express.

Ça pouvait sembler idiot. Elle avait été secourue par ses amis, sortie des griffes de sa propre mère qui l'avait droguée et empoisonnée, et elle s'inquiétait de ne pas pouvoir prendre le train. Mais les petites choses comme ça, les petites victoires personnelle, l'aidaient à tenir. Pouvoir reconnaître ses amis sans le petit temps de latence d'une seconde. Ne pas sursauter quand quelqu'un ouvrait la porte. Ne pas devoir relire les pages précédentes quand elle reprenait le livre.

Parce que si elle avait « récupéré ses esprits », tout n'allait pas bien pour autant. Tous les effets de la potion ne s'étaient pas encore dissipés, et ne se dissiperaient peut-être jamais totalement. Sa mémoire n'était plus aussi performante. Elle restait hautement influençable aux sortilèges mentaux. Certains philtres lui étaient encore interdits, de peur des interactions avec les restes de ceux dont sa mère l'avait gavée.

Il y avait aussi les crises. Syndrome de stress post-traumatique, disait Mrs. Pomfresh. Pas quelque chose dont on parlait beaucoup chez les sorciers, mais reconnu chez les moldus. Un truc stupide, selon elle. Qui l'empêchait de boire de l'eau venant d'une carafe si personne n'en buvait avant et devant elle. Qui lui faisait porter des bandes sur ses poignets pour cacher les marques persistantes laissées par les chaînes ensorcelées. Qui la faisait dormir avec une veilleuse pour diminuer les ombres.

Certains jours étaient pires que d'autres. Elle était pratiquement sûre qu'ils adoucissaient leurs récits de ses moments de crise. La seule qui ne lui mentait jamais, c'était son infirmière, ce dont Raiponce lui était infiniment reconnaissante. Elle était blessée. Elle allait devoir gérer un certain nombre de traumatismes. Elle allait garder des cicatrices, aussi bien mentales que physiques. Elle savait tout ça. Mais la traiter comme si elle était faite de verre n'aidait pas, et ses amis ne semblaient pas vouloir le comprendre.(4) Elle leur était bien sûre reconnaissante, autant pour le sauvetage très risqué qu'ils avaient mis en place que pour les attentions qu'ils lui prodiguaient, mais certains jours, elle étouffait.

Elle leva un œil quand on toqua à sa porte. C'était étrange, se dit-elle en jetant un coup d'œil à l'horloge. 15h38. A cette heure-ci, Mérida et Harold travaillaient, Jack s'entrainait avec sa sœur, Mrs. Pomfresh ne venait jamais avant 17 et les jumeaux, qui passaient parfois la distraire avec leurs inventions, étaient censé nettoyer une chambre quelconque sur ordre de leur mère. Molly avait peut-être perdu la bataille en ce qui concernait leur adhésion à l'Ordre, ou du moins leur participation à certaines réunions, mais elle n'avait pas pour autant abandonner l'idée de faire nettoyer tout Square Grimmauld aux adolescents présents.

« - Entrez », finit-elle par crier.

La porte s'ouvrit doucement, laissant apparaître une jeune fille aux longs cheveux roux.

« - Je ne te dérange pas ? demanda Ginny.

- Non, je me reposais juste cinq minutes. Je peux t'aider ? »

Avançant dans la chambre, la jeune fille s'arrêta près du lit, l'air mal-à-l'aise.

« - Je… Eh bien, avec tous les autres qui participent plus ou moins à l'Ordre, je me sens un peu seul et je me suis dit… Non, c'est rien. Laisse tomber, j'aurai pas dû venir. »

Alors qu'elle faisait demi-tour, Raiponce, avec une vivacité qui la surprenait elle-même, attrapa la bras de la Gryffondor.

« - Je comprends. Je… Je ne suis pas exactement intégrée à l'Ordre non plus. Encore trop affaiblie, selon eux. Ironique quand on sait que c'est moi qui me suis battue pour mes amis et à moi, pour pouvoir en faire partie. Si tu veux venir ici et discuter d'à peu près tout ce qui n'a pas rapport à l'Ordre sans avoir peur que je ne doive commencer à tes cacher des informations, tu peux. Je ne te garantis pas d'être toujours de la meilleure compagnie, cependant. »

Ginny hésita un instant, avant de s'asseoir dans le vieux fauteuil destiné aux visiteurs.

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Plantée au milieu d'une rue pas très engageante de Londres(5), Mérida hésitait. Pas ce qui lui arrivait le plus souvent, soit dit en passant. Elle était plutôt du genre tête brûlée. Mais vu qu'il s'agissait d'une des rares fois où elle regrettait un de ses actes, autant faire un combo.

« - Vas-tu te décider à entrer ou vais-je devoir subir tes marmonnements et hésitations pour un autre quart-d'heure ? Non, parce que j'ai quand même un rendez-vous de prévu dans trois-quarts d'heure, sans vouloir te presser. »

Sursautant, la jeune fille fixa l'interphone(6). Evidemment qu'il était au courant de sa présence. Si ce n'était pas Wisp qui avait bavardé auprès d'Apollon, alors c'était Cyrano qui l'avait prédit. Ou qui commençait simplement à la connaître suffisamment.

Après une minute supplémentaire d'hésitation, elle fini par pousser la porte. Comme d'habitude, quand il ne recevait pas les clients, le voyant avait ouvert grand ses fenêtres et éteints tous les bâtons d'encens, échangeant sa pièce sombre et enfumée contre un espace à vivre lumineux.

« - Je ne m'attendais pas à te voir si tôt. A peine deux semaines. Vu ta fureur quand tu es partie, je m'attendais au moins à un mois. »

Sans dire un mot, Mérida se laissa tomber dans les coussins.

« - Il va falloir parler. Je suis voyant, pas omniscient. Et si tu penses que je vais reprendre ton entrainement sans mettre tout à plat avant, tu fais une grosse erreur. Ça pourrait aller pour beaucoup de matière. Mais la divination, surtout de la manière dont nous la pratiquons, exige un lien sain entre élève et professeur. Si tu n'as pas confiance en moi, s'il existe des tensions entre nous, cela peu entraver nos excursions. Cela peut te cacher de moi lors des visions. Cela peut rendre plus difficile la communication entre nos homoncules. Est-ce que tu comprends ? »

Soupirant, Mérida hocha la tête, se redressant pour mieux regarder l'homme.

« - Bien. Alors, veux-tu commencer ?

- Je… Je suis désolée. »

Cyrano la regarda. Ses grands yeux bleus clairs perdus aux milieux de son visage taillé à la serpe lui rappelait trop fortement Dumbledore en ce moment pour qu'elle soit totalement à l'aise.

« - Je ne vais pas dire que je m'en moque, mais ce n'est pas loin. Nous sommes tous deux désolés. Aucun d'entre nous n'est innocent dans cette affaire. L'important n'est pas d'être désolé. Tu m'as déjà pardonné mon comportement, vu que tu es ici, et je t'ai déjà pardonné le tien, vu que je t'ai ouvert. Peu importe les excuses, donc. Ce qui importe, c'est de déterminer ce qui a causé nos comportements et ce qui en a résulté. Tu auras tout le loisir d'être désolée après si cela te chante. »

Mérida serra les poings pour endiguer sa colère. Elle savait qu'il n'était pas intentionnellement méchant. C'était juste lui. Voir le futur, comprendre les implications de chaque mouvement à travers le temps l'avait rendu comme ça. Les faits ne l'intéressaient pas. Juste ce qui les avait causés et ce qui en avait résulté. Mais c'était parfois monstrueusement agaçant.

« - Je commence. J'ai conscience de ne pas avoir bien réagi à tes exigences. J'ai tendance à trop te voir comme un moi plus jeune. Mais ton don est jeune et mal maîtrisé. Ce qui est la raison pour laquelle tu viens. J'aurai dû t'expliquer les implications des visions en état de fatigue avancée, plutôt que d'exiger de toi que tu te reposes. »

Les yeux écarquillés, elle fixa son mentor. Elle n'avait pas pensé à cela sous cet angle. Pas un seul instant. Trop habituée aux enseignants de Poudlard qui avaient toujours raison, elle s'était juste convaincue qu'elle était la seule en torts.

« - Eh bien ?

- Je, euh… Je crois… Je n'aurai pas dû… pas dû essayer de te forcer à m'entrainer. Tu m'avais déjà expliqué que s'entrainer fatigué était dangereux et j'ai quand même insisté. J'étais énervée et inquiète pour Raiponce, je n'ai pas pris le temps de réfléchir. Et j'ai été idiote de mettre autant de temps à revenir. J'ai perdu deux semaines d'entrainement.

- Excellent ! s'exclama Cyrano. Nous savons donc tous deux ce que nous avons fait et pourquoi ce n'était pas la bonne chose à faire. Nous tenterons de ne plus le refaire, si cela te va. »

Le hochement de tête de Mérida sembla lui suffire.

« - Commençons. Des visions particulières depuis la dernière fois ?

- Rien d'inhabituel. Des souvenirs du passé qui ressurgissent de vieux objets. Mais rien d'autre.

- Très bien. C'est habituellement ce qu'il se passe quand on commence à maîtriser le don. Les visions du passé ne sont pas importantes. Elles sont rarement violentes, et tes gants devraient être suffisants pour gérer cela. Aujourd'hui, nous allons tenter d'en provoquer une du futur. Et plus importants, de rester maître de la direction.

- Maître de la direction ?

- Jusqu'à maintenant, tu t'es laissée emportée. Vois le futur comme une rivière. Le courant t'emporte, la plupart du temps vers le futur le plus probable. Mais il y a pleins de possibilité. Pleins de petits bras que l'on peut emprunter. Si l'on est assez fort, évidemment. On essaie ? »

Comme à l'habitude, Mérida vint s'asseoir face à Cyrano. Ils se prirent les mains et les posèrent à plat. Apollon, l'homoncule-serpent, était enroulé autour du poignet droit de l'homme. Quant à Wisp, il s'était lové sur l'épaule de sa propriétaire.

Les deux voyants se mirent très rapidement en transe. La sensation donnait toujours à Mérida l'envie de vomir. Elle ressentait le monde de façon moins nette, mais en même temps beaucoup plus précise. C'était déroutant.

Cyrano n'était pas capable de lui parler en transe, mais il pouvait plus ou moins lui transmettre des informations. Le courant du futur était juste devant elle. Ce n'était pas la première fois qu'elle s'en approchait. Mais au lieu de foncer, il fallait se concentrer sur les bifurcations.

Cependant, à peine tenta-t-elle de distinguer lesdites bifurcations qu'elle se sentit être emportée.

« Une plume noire acérée »

« Des bruits comme… Des plaintes ? »

« Une vue de la Grande Salle. Les quatre tables devant elle la fixait. Ils avaient l'air effaré pour certains, ennuyé pour la plupart. »

« Un… »

Et elle se retrouva face à Cyrano.

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Le temps était aux emplettes sur le Chemin de Traverse. Pas qu'il n'en était jamais autrement, c'était après tout une allée marchande, mais à quelques jours de la rentrée, c'était particulièrement le cas. Toutes les familles sorcières semblaient s'y être prises à la dernière minute cette année.

Au milieu de la marée humaine, Jack tentait tant bien que mal de ne pas perdre son groupe. Ou plutôt, de ne pas perdre Emma. Bien qu'elle doive encore attendre un an avant de rentrer à Poudlard, elle semblait aussi excitée que si elle avait reçu sa lettre.

Heureusement, c'était la seule à surveiller. Harold et Mérida était facilement repérables dans la foule, de part la chevelure remarquable de la rousse. Quant à Raiponce, elle n'était pas encore assez franche pour trop s'éloigner du groupe. Et Veilleuse, qui semblait s'être pris d'affection pour elle, restait à ses côtés pour la soutenir. Les effets des philtres étaient peut-être moins forts après une vingtaine de jours de sevrage, mais il lui arrivait encore d'avoir des moments de faiblesse.

Liste en main, Jack scanna rapidement les magasins devant lui. Ses robes à lui étaient encore correctes, mais Veilleuse avait besoin de deux nouvelles, il faudrait donc passer chez Mrs. Guipure en premier, pour que les vêtements soient finis quand ils auraient terminés leur tour.

Il fallait aussi acheter les livres, évidemment, des sets de potion spécialement conçus pour la septième année, des fournitures diverses et variées, comme des gants pour la botanique ou des protections de genoux pour le Quidditch, un passage éclair chez Ollivander,… Jack commençait sincèrement à regretter de s'être proposer pour gérer la liste.

« - Bon, fit-il après avoir ramené Emma au groupe. On commence par Mrs Guipure. Qui, a part Veilleuse, a besoin de vêtements ? »

Raiponce, évidemment, leva la main. Si ils avaient pu récupérer sa malle en la sauvant, une partie de ses vêtements étaient resté chez sa mère. Qui avait d'ailleurs disparu depuis, et la maison avec. Et même si ce n'était pas le cas, Jack se voyait mal de présenter chez Gothel pour récupérer les vêtements de sa fille. Heureusement, Raiponce avait un compte propre et Elinor, la mère de Mérida, avait insisté pour payer une partie des frais de scolarité.

« - OK. Mérida, tu vas avec eux chez Guipure et vous nous rejoignez à la librairie après ? Garde bien les tickets, on fera les comptes en rentrant. Les autres, vous venez avec moi, on va chercher les livres. »

Le groupe se sépara en deux, laissant Jack, Harold et Emma ensemble. Le jeune homme était déjà fatigué de tout ce chipotage. Comptez pas sur lui l'année prochaine(7).

La librairie était étonnamment calme. Il y avait bien quelques clients, mais au vu de l'agitation dans la rue, c'était assez peu. Tant mieux, cela laisserait ses deux comparses le temps de regarder les rayons, avant que les autres ne reviennent. Même pas besoin de chercher les livres exigés par Poudlard, la librairie préparait des paquets qu'il suffisait de demander à l'accueil.

Déposant quelques pièces dans la boite, Jack se saisit d'un journal et entreprit de le parcourir rapidement tout en gardant un œil sur sa sœur qui déambulait dans les rayons. Les mêmes nouvelles que tout l'été. A savoir, les grandes réussites du Ministères et de la discréditation peu subtile de Potter et Dumbledore. Ainsi qu'un encart confirmant que le Ministère allait choisir le nouveau professeur de Défense Contre les Forces du Mal.

Enfin, « allait » n'était pas le bon temps. « Avait », plutôt. A en croire Mérida, qui avait laissé trainer ses oreilles dans les couloirs du Ministère, cela faisait un moment que la personne était choisie. Dolores Ombrage. Pas quelqu'un de très sympathique, selon ceux qui travaillaient au Ministère de la Magie. Mais une fanatique au dernier point de Fudge. Une partisane du Ministre au cœur du territoire de celui qu'il avait passé l'été à antagoniser. Les cours promettaient d'être particuliers.

Levant les yeux de son journal, il trouva ceux de sa sœur à très près de lui. De grands yeux faussement mouillés, le regardant tristement. Elle avait quelque chose à demander.

« - Qu'est-ce que tu veux ?

- Je peux acheter ça ? demanda-t-elle en lui montrant un gros livre.

- « Paysages magiques du Monde ». Tu as ton argent de poche, non ?

- Oui mais… C'est tout juste. Si j'achète ça, je pourrais plus prendre de glace après… »

Jack regarda le livre. C'était un bel ouvrage. Et connaissant sa sœur, qui bien qu'extravertie restait quelqu'un d'assez solitaire, il ne serait pas oublié dans un coin mais feuilleté encore et encore.

« - Bien. Faisons un marché. Je paie la moitié du prix. Mais en échange, tu arrêtes de courir partout quand on est dans la rue. »

Il pouvait la voir hésiter. C'était probablement mal d'être aussi satisfait, mais elle l'avait fait tourné en bourrique depuis leur arrivée au Chemin de Traverse. Laissez -le savourer sa petite revanche.

« - D'accord », finit-elle par accepter.

Avec un sourire, Jack lui tendit une poignée de Gallions, qu'ils avaient été retirer juste avant à Gringott's.

« - Et ramène-moi ma monnaie !

- Si je te fais les yeux doux, je peux aussi avoir un peu d'argent ?

- T'as travaillé pendant l'été, Haddock, alors contente-toi de ça. Et arrête d'essayer de me faire des yeux de chien battus, tu louches.

- Tant de méchanceté. Tu es bien un vil Serpentard !

- Va ennuyer quelqu'un d'autre avant que je ne te gèle les fesses. »

Sans demander son reste, Harold retourna dans les rayonnages tout en ricanant. Dieu, si même les sages se mettaient à l'ennuyer, il n'allait jamais tenir toute la journée.

Pas sans ensevelir quelqu'un sous la neige, en tous cas.

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(1) Harold avait mené de nombreuses recherches concernant cette affaire depuis le début de l'été. Il possédait même un classeur épais remplis uniquement de papiers et notes en rapport. Le fait que Monsieur Eastwick soit présent environ un matin sur trois avec la même plainte l'avait peut-être rendu un poil retors.

(2) Véridique. Je vous invite à vérifier sur la page « Centaure » du wiki Harry Potter, ainsi que le livre « Les animaux fantastiques ». Je ne peux malheureusement trouver la raison qui les a poussé à faire cette demande particulière.

(3) Elle n'était pas sûre de qui lui avait laissé ce livre, mais ce n'était définitivement pas Harold.

(4) Je n'ai jamais vécu de traumatismes semblables à ceux qu'a vécu Raiponce. Je transfère donc ici mon ressenti face à l'attitude que les gens ont eu avec moi après des expériences bien moins graves. Je m'excuse donc si quiconque ayant vécu ce genre d'expérience se sent blessée de mon traitement de Raiponce post-trauma.

(5) Ceci dit, Mérida se jugeant théoriquement plus dangereuse que 95% des voyous de bas-étage du coin, elle était relativement sereine.

(6) Appareil que Cyrano lui avait présenté il y a un moment (et tenté de lui expliquer le fonctionnement, avec peu de succès) lorsqu'elle avait essayé de l'attaquer. L'appareil, hein. Pas Cyrano. Lui, c'était après l'explication qu'elle l'avait ensorcelé.

(7) C'était un mensonge total. Jack ne raterait jamais l'achat de la première baguette d'Emma et fondrait probablement en larme quand il devrait rester sur le quai du Poudlard Express, regardant ses deux petits frère et sœur partir sans lui. Mais il ne l'avouerait jamais, même sous la torture.

Et voilà. Je suis plutôt content de ce chapitre. J'ai pris énormément de plaisir à écrire la partie d'Harold.

Je me suis aussi rendu compte que c'était un chapitre full perso secondaire. Ça lance ou continue pleins de relations de nos héros avec des persos, je trouve ça plutôt chouette.
On se retrouve dans deux semaines pour la suite (et probablement le retour à Poudlard. Parce que 6 chapitres sur les vacances, c'est bien ^^)