Les Années Sombres

Merci à Adrien pour le bêta-reading !

Chapitre non-corrigé, parce que je suis teeeeeellement à la bourre.

Merci à BigFourFan, Pâquerette-san et Wasab-chan pour leur review ! (j'ai normalement répondu à tout le monde :) )

BigFourFan : Hello ! Merci pour ta review ! J'espère que le chapitre te plaira et que j'aurai réussi à retranscrire Ombrage ^^ Bonne lecture.

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Chapitre 31 : L'ombre rose

Le QG de l'Ordre du Phénix était en panique. D'une part, parce qu'on était la veille du départ pour Poudlard. Ce qui, dans une maison qui abritait sept élèves de l'école de sorcellerie de manière permanente, signifiait un fameux chambard.

D'autre part, et c'était là bien plus grave, Sturgis Podmore avait été arrêté. Ce qui est soit n'était pas dramatique. Si ledit Sturgis Podmore n'avait pas été un membre reconnu de la résistance lors de la première guerre, grand amis de Dumbledore, ce qui n'était pas une bonne chose par les temps qui courraient, et qu'il n'avait pas été arrêté pour avoir essayé de rentrer par effraction dans le Département des Mystères.

L'avocat de Podmore, en la personne de Dedalus Diggle, avait pu le rencontrer plus tôt de la journée. Selon l'homme, Sturgis avait été soumis à l'Imperium. C'était malheureusement impossible à prouver formellement, mais le témoignage de l'homme semblait mener à cette conclusion. Témoignage qui ne le sauverait pas d'une peine de prison, malheureusement. Sans preuve, rien n'était faisable.

Mais ce n'était pas tant la condamnation qui avait provoqué le vent de panique au sein de l'Ordre. Ni même la nouvelle de l'Imperius. Après tout, chacun ici avait accepté les risques de faire partie d'une organisation non-officielle allant contre les déclarations du Ministère. Non, le plus inquiétant était l'inculpé lui-même.

Sturgis Podmore, même s'il était un ancien de la première guerre, avait toujours fait profil bas. Il s'était battu, mais jamais vanté de ses accointances avec Dumbledore. Et aujourd'hui, il était loin d'être le premier employé du Ministère que l'on soupçonnerait d'appartenir à l'Ordre du Phénix.

Pourtant, quelqu'un l'avait trouvé, mis sous Imperium et forcé à essayer d'entrer par effraction dans le Département des Mystères, à un des rares moments où la porte n'était pas surveillée. Cela voulait dire que l'Ordre était infiltré par une taupe qui connaissait les membres et les horaires. Et c'était là la cause de la quasi-panique ambiante.

Sirius, bien évidemment, avait eu vite fait d'accuser Snape d'être un agent triple, servant réellement le Seigneur des Ténèbres et utilisant son ancienne position d'agent double comme couverture(1). Snape s'en était défendu, rétorquant qu'à ce compte-là ça pouvait tout aussi bien être Maugrey, qui avait déjà été remplacé par une espion une fois alors pourquoi pas deux. L'ancien Auror s'était jeté dans la bagarre et voilà que ça s'engueulait à tout va depuis près de deux heures, avec quelques malheureux courageux, notamment Lupin, essayant de calmer le jeu. Le lycanthrope avait déjà dû dévier deux sortilèges depuis le début des hostilités.

Décidant que tant que Dumbledore ne se présenterait pas, rien n'avancerait, elle demanda à Tonks de la prévenir quand il serait arrivé et décida de monter voir Raiponce.

Malgré l'insistance de la jeune fille et de ses amis, la Serdaigle n'avait pas pu intégrer l'Ordre, notamment parce qu'elle avait encore des flashback et des crises de paniques quand on abordait des évènements ressemblant trop à ce qu'elle avait vécu. Et dans des réunions d'une associations clandestines de combattants, le risque que cela arrive était élevée. Les quatre jeunes adultes avaient donc abandonné la bataille, à condition que Raiponce soit intégrée à toute mission qui leur serait donnée lors de l'année scolaire. Ou plutôt, à leur « grande mission » : surveiller Ombrage, la nouvelle enseignante de DCFM.

Encore étudiants, ils étaient ceux avec le moins de chance d'être suspectés. Et leur animagus, surtout ceux de Raiponce et d'Harold, leur serait d'une grande aide. Ça avait d'ailleurs été un des arguments décisif en faveur de l'intégration de Raiponce, un auquel même Mrs. Weasley n'avait su répondre.

Grimpant les escaliers, elle prit la direction de la chambre. Elle s'attendait à trouver son amie assise dans son lit, un livre en main, comme souvent. Mais contre toute-attente, Raiponce était debout, en train de faire sa valise, rangeant les multiples affaires qu'ils avaient acheté sur le Chemin de Traverse.

« - Un coup de main ? proposa Mérida, tout en connaissant la réponse d'avance.

- Non, ça va, je me débrouille. Mais merci. La réunion est déjà finie ? Je ne pensais pas avoir mis tant de temps que ça pour ranger mes vêtements.

- Non, mais pour l'instant ça se résume à Snape, Sirius et Maugrey se disputant. Autant dire que je commence à connaître leurs refrains par cœur. Je me suis dit que c'était l'occasion de monter te voir. Tonks me préviendra si jamais notre grand patron se pointe pour faire avancer les choses. »

La blonde hocha la tête, avant de se replonger dans sa malle.

« - Raiponce ? J'ai trouvé ce que tu… Oh, salut Mérida ! Je croyais que tu étais à la réunion.

- Ça s'embourbe. Et dire que vous vous plaignez de ne pas pouvoir y participer. Quelle tristesse ça doit être de rater les disputes de gamins.

- Au moins, tu as le choix de pouvoir faire quelque chose » rétorqua Ginny.

Depuis quelques temps, elle et Raiponce semblait avoir développé une amitié principalement bâtie sur leur solitude respective dans cette grande et sinistre maison. D'un côté, Mérida en était très contente, parce qu'au moins Raiponce avait quelqu'un à qui parler. Elle-même n'était présente que très épisodiquement, entre le Ministère, les réunions, Cyrano et sa famille. Harold était dans le même cas, voir encore plus, vu comme il passait chaque seconde disponible avec Charlie. Mérida comprenait qu'ils n'allaient pas se voir pendant un moment, mais quand même… Et quand à Jack, même si lui ne travaillait officiellement pas, il avait fort à faire avec l'entrainement d'Emma et la récupération de ses pouvoirs. Bref, c'était bien de savoir que Raiponce avait quelqu'un.

D'un autre côté, et Mérida savait que c'était mal, elle ne pouvait s'empêcher de jalouser sa cousine. Alors qu'elle-même avait du mal à retrouver sa relation particulière avec Raiponce, Ginny semblait toujours parfaitement savoir comment réagir face à la blonde. En ce moment même, alors que Mérida été assise sur le lit sans trop savoir quoi faire, la plus jeune virevoltait à travers la chambre, savant exactement ce qu'il fallait faire.

Quelques instants plus tard, le petit hérisson-patronus de Tonks poussa la porte du bout de son museau, empêchant Mérida de trouver quoi faire. Dumbledore avait dû arriver.

« - Bon, ben je vous laisse. Raiponce, je repasserai après la réunion s'il n'est pas trop tard.

- Ok, répondit distraitement la blonde, sortant à peine de sa discussion avec Ginny. Bonne réunion. »

Mérida ne savait pas quoi faire. Et elle n'aimait définitivement pas ça.

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Assis sur sa valise, Jack attendait. Comme prévu, c'était la débandade. Pratiquement personne n'était prêt. Les différents membres de la famille Weasley encore en âge d'aller à Poudlard courrait un peu partout.

Le pire, c'est que Jack n'était techniquement même pas obligé de les attendre. Il ne partait même pas avec eux. Il était prévu qu'il transplanne en compagnie de ses propres amis, ainsi que de Veilleuse, Maugrey et Charlie. Et tout ça parce que ses parents ne savaient pas l'accompagner et qu'ils ne voulaient pas que lui et Veilleuse se retrouvent seuls par les temps qui courraient.

Jack pensa un moment à lancer le départ pour son groupe. Raiponce et Mérida, prêtent elles aussi, discutait tranquillement un peu plus loin avec Tonks. Mais Harold était monté aider Charlie il y a maintenant quinze minutes et n'était toujours pas réapparu. Surement un truc de dragon.

Continuant à ronchonner, le Serpentard continua de gratouiller Krokmou le chat derrière les oreilles. Il faudrait aussi penser à rendre sa vrai forme à cet animal, d'ailleurs. Jack était toujours surpris que le dragon ne se retransforme pas tout seul de temps à autre. D'après Harold, plus un animal passait d'une forme à l'autre, plus il maîtrisait le changement sans trop d'aide. C'était probablement de la chance. Ou alors Krokmou avait compris qu'il ne serait pas vraiment bien accueilli en tant que dragon.

Quand tous les jeunes résidents du n°12 furent enfin prêts, et qu'Harold réapparut enfin, Mrs. Weasley effectua une dernière inspection avant qu'ils ne se mettent en marche. Potter et son groupe s'éloignèrent un peu plus loin pour appeler le Magicobus, tandis que les autres se glissèrent dans la ruelle dédiée au transplannage.

Charlie, le plus habitué au transplannage d'escorte, offrit son bras à Raiponce et au signal de Maugrey, toute la troupe disparut dans un CRAC sonore, réapparaissant dans un coin réservé du quai dédié au Poudlard Express.

La voie 9 ¾ était bondée, comme tous les premiers septembre. Partout, des gens se disaient au revoir, que ce soit à renfort de grandes embrassades, de salutations guindées ou de larmes sans fin. Jack salua rapidement ses deux accompagnateurs avant de bouger vers le train, en compagnie de Veilleuse et de Raiponce. Mérida voulait attendre Tonks pour lui dire au revoir correctement. Quant à Harold, il échangeait des adieux étrangement guindés avec Charlie. Cela attisait fortement la curiosité de Jack, c'est deux-là ayant été comme cul et chemise tout l'été. Il allait devoir tirer les vers du nez de son ami.

Le transplannage leur ayant permis d'arriver assez tôt, ce qui ne serait clairement pas le cas du groupe prenant le Magicobus, ils avaient le choix en matière de wagon. Jack et Raiponce en profitèrent donc pour s'installer deux dans une cabine qui se trouvait en début du parcours de la marchande de bonbon, afin de pouvoir avoir le choix, et non les restes. Veilleuse, quant à lui, parti rejoindre ses propres amis.

Faisant léviter les valises jusque dans le filet, Jack remarqua que son amie semblait avoir perdues les rares couleurs qui lui restaient aux joues.

« - Ça va ?

- Un petit coup de fatigue. Je vais juste m'asseoir et fermer les yeux quelques minutes en attendant de devoir aller faire ma patrouille.

- Tu veux que je t'accompagne ? Je ne suis pas Préfet, mais…

- Hermione m'a proposé de la faire avec moi. Pour que je « lui montre les trucs d'un bon Préfet ». Bien que nous sachions tous deux qu'elle ne fait ça que parce qu'elle s'inquiète pour moi, répondit la blonde, la bouche pincée.

- Elle est juste inquiète, tempéra Jack.

- Je sais. Elle est inquiète, tu es inquiet, toutes les foutues personnes que j'ai vu depuis mon arrivée son « inquiète ». Sauf Snape, mais c'est normal. Mais… Je suis comme ça maintenant. Vite fatiguée, vite effrayée,…

- Vite énervée.

- Aussi, concéda-t-elle avec un demi-sourire. C'est… C'est épuisant Jack. Tout ces gens tout le temps inquiets. J'en suis heureuse de retourner à Poudlard pour pouvoir croiser des gens qui se fichent totalement de mon existence ! »

Jack se demanda si énerver son amie n'était au final pas une meilleure idée que de la couver. Emportée dans son élan, elle semblait avoir retrouvé un peu de la fougue qui lui avait tant manqué ces dernières semaines.

« - Désolé… Je pense qu'on s'en veut tous encore un peu d'avoir tant de temps à venir te chercher. On veut juste que tu ailles bien.

- Je sais. Mais il va falloir arrêter de me materner, Jack. Vous n'allez pas passer l'année à me surveiller. Nous nous préparons à une potentielle guerre. Nous devons ne concentrer sur les choses importantes.

- Tu es importante !

- Mais pas plus que le reste. Je vais mieux. Doucement. Mais d'après Pomfresh, il est probable que je ne sois pas débarrassée des effets secondaires avant des années. Je vais devoir apprendre à vivre avec eux, et avec les situations qui déclenchent des crises, et avec ma fatigue…

- Je sais. Je vais essayer de faire des efforts et d'y pousser les autres. Il faudra juste nous pardonner si de temps en temps nous avons du mal.

- Je pense que je peux faire ça. Bon, je viens de voir monter Mérida, je crois qu'Hermione doit être arrivée. Je vais aller voir si elle veut faire la ronde tout de suite. Je peux te laisser tout seul ?

- Oui, les deux autres devrait arriver. Je me demander bien ce qu'Harold a à dire à Charlie pour que ça lui prenne aussi longtemps !

- Va savoir. »

Le petit rictus amusé de la jeune fille indiquait cependant qu'elle, elle savait très bien. Et Mérida, d'après ce que Jack avait vu, n'avait pas vraiment été étonnée de l'attitude d'Harold. Cela voulait dire, au choix, qu'elle n'avait rien remarqué ou qu'elle aussi savait. En partant du principe qu'elle était au courant, Jack était alors potentiellement le seul du groupe à ne pas savoir.

Et il détestait cela. Autant dire qu'Harold allait subir une petite investigation en bonne et due forme.

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Le voyage en train fut relativement calme. Hermione, comme à son habitude, était une élève agréable et semblait intégrer tout ce que Raiponce pouvait lui conseiller.

Après la ronde, Raiponce retourna dans la cabine, où Harold et Mérida avaient rejoint Jack. Celui-ci avait dû leur parler de la discussion qui avait eu lieu plus tôt, car ils avaient l'air, pour la première fois depuis plusieurs semaines, d'avoir quitté le mode « mère-poule ».

« - Tout s'est bien passé ? demanda tout de même Mérida avec un air concerné.

- Deux trois bricoles. Un élève qui semblait penser que c'était une bonne idée de passer la moitié de son corps par la fenêtre pour « mieux voir le paysage », une bataille de bonbons, les Jumeaux vendant leurs boites à flemme, répondit-il en s'asseyant. Et Hermione est une Préfète légèrement terrifiante. Elle semble connaître pratiquement tous les articles du règlement par cœur.

- SI elle l'a vraiment étudié, elle a bien du courage. J'ai dû le lire pour une plainte pendant les vacances, ce truc est une horreur. Certains passages sont mêmes rédigés en vieil anglais.

- Le truc de Thomas et des centaures ?

- Ouais. Son père est encore revenu à la charge la dernière semaine. Mais c'est plus mon problème. »

Et comme ça, tout simplement, ils semblèrent retrouver leur dynamique « pré-Gothel ». Comme si retourner à Poudlard, c'était retrouver un semblant de normalité, au-delà de tout ce qui avait pu se passer pendant les vacances.

Bercée par le roulement du train, Raiponce fini par s'endormir, Pascal roulé en boule dans son cou, Krokmou ronronnant sur ses genoux et ses amis se chamaillant sur quels bonbons prendre avec leur pot commun quand le chariot passerait.

Elle se réveilla brièvement plusieurs fois, notamment pour avaler quelques chocogrenouille avant que Jack, fan invétéré des batraciens chocolatés, n'ingurgite la totalité, ainsi que pour refaire une ronde rapide dans le train. Toujours rien à signaler, si ce n'est une nouvelle fois le commerce pas tout à fait légal de Fred et George, qui avaient même tenté de la soudoyer avec quelques-unes de leur marchandises.

Quand ils arrivèrent enfin à Pré-au-Lard, le soleil était en train de se coucher au loin à l'est. Raiponce aida les autres préfets à réunir les premières années pour qu'Hagrid leur fasse traverser le lac, avec de grimper dans une des calèches. Ses multiples siestes lui avaient fait du bien, elle se sentait beaucoup plus en forme qu'habituellement à la même heure. Ou peut-être était-ce le Château ? Après tout, Poudlard était connu pour être un des lieux les plus magiques du pays. Peut-être était-il capable d'aider les blesser à guérir ?

Arrivés au Château, les quatre amis se séparèrent, chacun retrouvant sa maison. C'est avec un certain soulagement que la blonde constata que ses amies de Serdaigle ne semblait rien remarquer de particulier à son sujet. Elle se savait plus maigre et plus pâle qu'avant les vacances, mais c'était apparemment assez discret pour que personne n'en semble frappé à vue.

« - Hey Raiponce. Alors, ces vacances ? Encore passées fourrée avec Mérida ?

- Une partie seulement. Elle s'était trouvé un stage au Ministère, donc elle a été assez occupée. »

Les banalités continuèrent un moment, jusqu'à ce que les Professeurs entrent pour s'installer à leur table. Cela voulait dire que les premières année n'allaient pas tarder.

« - Vous avez vu la nouvelle prof ? Qu'est-ce que Dumbledore nous a encore dégoté ?

- C'est pas Ombrage ? Mon père la décrit souvent comme un « batracien engoncé dans du rose ». Elle ressemble pas mal à la description. Je pensais que c'était une blague quand la Gazette disait que Fudge nous avait imposé un prof ! »

Le père de Magda n'avait pas tout à fait tort, si on demandait son avis à Raiponce. Petite et trapue, une bouche large et des yeux globuleux, tout cela enrobé d'un impressionnant métrage de taffetas rose, se tenait Dolorès Ombrage. Raiponce ne l'avait jamais rencontrée personnellement, mais les photos et les descriptions de Mérida lui en avait appris assez pour qu'elle n'ait pas forcément envie de le faire.

Les multiples discussions autour de la présence d'Ombrage se turent quand les portes de la Grande Salle s'ouvrirent. Minerva McGonagall rentra d'un pas assuré, suivi d'une multitude de jeunes élèves qui étaient, eux, beaucoup plus inquiets. Nul doute que les rumeurs sur la nature de la répartition avait encore vécu de belles heures durant le voyage et l'attente.

La répartition terminée, Dumbledore se leva, prêt à faire son habituellement discours. Après les conseils d'usage, « N'allez pas dans la Forêt Interdite », « Pas de magie où l'on peut vous voir » et « Ne vous faites pas attraper par Rusard », il présenta tout d'abord Mrs. Gobe-Planche, professeur remplaçante du cours de Soin aux Créatures Magiques, qui était totalement passée inaperçue aux côté d'Ombrage, ainsi que cette dernière, qui endossait effectivement le rôle de Professeur de Défense. Le vieil homme semblait prêt à continuer sur sa lancée quand :

« - Hum hum. »

Sans attendre, et profitant de la surprise générale de voir quelqu'un interrompre le Directeur, le petite femme se leva.

« - Merci, cher directeur, pour ces aimables paroles de bienvenue. »

Eberlué, personne dans la salle ne pensa un instant à l'arrêter.

« Chaque directeur, chaque directrice de Poudlard a apporté quelque chose de nouveau en accomplissant la lourde tâche de gouverner cette école historique et c'est ainsi qu'il doit en être car l'absence de progrès signifie la stagnation puis le déclin. Mais le progrès pour le progrès ne doit pas être encouragé pour autant, car nos traditions éprouvées par le temps n'ont souvent nul besoin d'être modifiées. »

Ah. Génial. Une conservatrice. Probablement une de celle qui pensait que ma mère avait tout les droits sur moi, pensa amèrement Raiponce.

« Un équilibre entre l'ancien et le nouveau, entre la pérennité et le changement, entre la tradition et l'innovation car certains changements seront pour le mieux alors que d'autres, à l'épreuve du temps, apparaîtront comme des erreurs de jugement. »

Pratiquement personne dans la salle ne semblait avoir tenu le coup face à ce discours de politicien. Mais les quelques qui faisaient l'effort d'écouter semblait ébahi face au contenu franchement inquiétant de ce dernier. Les sourcils d'Harold semblaient même avoir disparu sous sa mèche, d'après ce que Raiponce pouvait voir de sa place.

« De même, certaines coutumes anciennes seront conservées à juste titre tandis que d'autres, usées et démodées, devront être abandonnées. Aussi, n'hésitons pas à entrer dans une ère nouvelle d'ouverture, d'efficacité, de responsabilité, avec la volonté de préserver ce qui doit être préservé, d'améliorer ce qui doit être amélioré, et de tailler dans le vif chaque fois que nous serons confrontés à des pratiques dont l'interdiction s'impose. »

Comme prévu, le Ministère allait donc se mêler des affaires de Poudlard. L'année promettait d'être mouvementée.

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Ce début d'année avait été… Spécial, dirons-nous. Pour commencer, le discours de d'année, monopolisé par l'envoyée du Ministère clamant haut et fort que le statut particulier de Poudlard touchait à son terme. Ombrage avait d'ailleurs pris ses aises dans le Château, instaurant une discipline presque puritaine. Pas question pour elle de voir des gens s'amuser trop bruyamment ou un couple s'embrasser. C'était comme avoir une deuxième Rusard, mais avec plus de pouvoir.

Ses cours étaient tout aussi spéciaux, apparemment. Enfin, il allait bientôt être fixé, vu que le sien allait commencer.

La salle dédiée au cours de Défense Contre les Forces du Mal avait énormément changée ces dernières années. Harold l'avait connu transformée en une espèce de musée des horreurs, en temple dédié à Gilderoy Lockhart ou encore en bureau fourre-tout d'un auror paranoïaque.

Cette fois-ci c'était… Ministériel. Un portrait de Fudge était affiché au mur, ainsi qu'un exemplaire du décret d'éducation justifiant la présence d'Ombrage. Plusieurs pages agrandie du manuel « Théorie de la défense magique » étaient aussi placardée un peu partout.

Engagé dans une discussion avec ses amis sur leur horaire et sur les cours qu'ils avaient en commun, le jeune homme ne remarqua pas l'arrivée de l'enseignante, pas plus que les onze autres personnes déjà présentes dans la salle.

« - Hum hum. »

Le raclement de gorge bruyant ramena l'attention sur la petite femme qui se tenait maintenant devant la classe. Toujours vêtue de rose, elle les toisait depuis sa petite estrade.

« - Bonjour les enfants. Je suis très heureuse d'être aujourd'hui parmi vous et j'espère que nous nous entendrons bien. »

Le silence pesant lui répondit. Si tous le monde n'avait pas écouté attentivement son discours lors du dîner de la rentrée, la traduction de ce dernier avait très vite circuler parmi les élèves et ils étaient peu nombreux à penser qu'avoir le Ministère fouinant dans les affaires de Poudlard était une bonne idée.

« - Je vois. Comme les autres. Il faut décidemment tout refaire. J'ai dit « Bonjour les enfants ». Et quand je vous dis bonjour, j'attends de vous que vous me répondiez « Bonjour Professeur Ombrage ». Toute personne ne répondant pas de manière convenable sera verra attribué une retenue. Je reprends donc : Bonjour les enfants. »

Harold pensa une seconde à résister, à ne pas répondre. Mais se faire repérer de suite mettrait à mal sa mission de surveillance. Filant un rapide coup de coude à Mérida, qu'il connaissait assez bien pour savoir que elle n'hésiterait pas à résister, il répondit.

« - Bonjour Professeur Ombrage. »

L'ensemble des voix était assez discordant, et la plupart avaient marmonné plus qu'autre chose, mais cela sembla satisfaire la petite femme.

« - Très bien. J'espère ne pas devoir me répéter à chaque cours. Maintenant, commençons. A.S.P.I.C. Accumulation de Sorcellerie Particulièrement Intensive et Contraignante ou ASPIC. C'est votre but pour la fin de l'année. Obtenir un ASPIC, encore plus que les BUSEs, vous ouvrira de nombreuses portes, notamment au sein de notre Ministère. Je sais que vous avez eu un enseignement relativement déséquilibré, Dumb… Le Directeur Dumbledore n'hésitant pas à aller chercher des créatures pour vous enseigner, plutôt que de faire confiance au Ministère. »

La manière dont elle cracha presque le mot créature, qui faisait certainement référence au Professeur Lupin, rappela à Harold une partie du rapport sur elle qu'il avait lu. Ombrage était connue pour être une spéciste au dernier degré. Pour elle, tout ce qui n'était pas parfaitement humain, et sorcier, était forcément inférieur. Elle avait tenté, parfois avec succès, de faire passer un certain nombre de lois restreignant les droits des êtres, animaux et non-humains. Les loups-garous y avaient notamment beaucoup perdu.

« - Cependant, j'ai confiance et je suis sûre que nous serons capable, en travaillant dur et en respectant le programme du Ministère, d'y parvenir. Je vous ai demandé d'acheter le livre d'Eskivdur, Théorie de la défense magique, volume IV. Sortez-le et lisez le premier chapitre. Je ne veux rien entendre. »

Lire le chapitre ? D'après Hermione qui avait eu son propre cours la veille, Ombrage avait fait exactement la même chose pour les cinquième. Et en parcourant rapidement la table des matières, Harold constata qu'ils allaient avoir exactement le même problème que les plus jeunes : Eskivdur n'abordait jamais le côté pratique de la magie.

Le jeune homme hésita un instant, étant pratiquement sûr qu'il aurait la même réponse qu'Hermione s'il demandait, mais se lança tout de même. Levant la main, il attendit. Ombrage sembla le voir, mais ne daigna pas lui donner dans la parole.

Après quelques minutes, Harold décida d'employer la propre méthode de l'enseignante. La toux.

« - Hum hum.

- Un problème Mr… ?

- Haddock. J'ai parcouru la table des matières et… Eh bien, il me semble qu'Eskivdur n'aborde jamais le versant pratique de sa théorie. J'aimerai savoir comment nous allons voir ça en classe.

- Il me semblait pourtant de voir avoir demandé de lire le chapitre un, Mr. Haddock. Pas la table des matières.

- Cela ne répond pas à la question : comment allons-nous voir la pratique ?

- Nous n'en ferons rien.

- Excusez-moi ?

- « Excusez-moi Professeur Ombrage » !

- Excusez-moi, Professeur Ombrage ? Ne nous verrons pas de pratique ?

- En effet. Cela nous vous ait pas utile. La théorie, comme cela est conseillé par le Ministère, est amplement suffisante.

- Mais… Mais nous avons une partie pratique lors des ASPICs !

- Si vous étudiez suffisament votre théorie, cela nous vous posera aucun problème.

- Mais…

- Lisez, Mr. Haddock. Ou vous obtiendrez une retenue. »

Harold était prêt ) répondre, mais Raiponce l'arrêta d'une main ferme sur la cuisse. Il ne devait pas compromettre la mission. Aussi idiote soit cette bonne femme, elle avait encore du pouvoir.

Mais si Harold pouvait s'en assurer, elle n'en aurait plus pour longtemps.

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(1) Encore une fois, et même si on refusait de la croire, Mérida ressentait tellement de tension sexuelle entre ces deux-là. Malheureusement, personne n'avait accepté son plan de les enfermer tout les deux dans une pièce et d'attendre qu'ils évacuent ladite tension.

Vous remarquerez que le discours d'Ombrage est exactement celui du livre. Merci le copié-collé et les formats PDF ^^

A dans 15 jours !