Les Années Sombres
Merci à Adrien pour le bêta-reading !
Chapitre non-corrigé, parce que je suis teeeeeellement à la bourre (j'ai élevé le concept à un autre niveau, là).
Merci à Dead to you, Big Four Fan, Paquerette-san, Arrianrod et Wasab-chan pour leur review ! (j'ai normalement répondu à tout le monde :) )
Dead to you : Hello ! Merci pour ta review ! Ahah, le nom de ship ^^ Avec Emmawh, on avait cherché aussi, on est finalement tombé sur Dragon's Lovers. Parce que leurs noms vont vraiment pas ensemble (Hicclie ou Charliccup, à la limite, mais même…). Jack continue à ne rien réaliser dans ce chapitre. J'espère que ça te plaira : )
Big Four Fan : Hello ! Merci pour ta review ! Je suis content que ça continue à te plaire. Et connaissant JKR, ça sera canon un jour. Juste pas trop tôt, parce qu'il faudrait pas que les queer puissent s'identifier à un perso PENDANT l'exploitation commerciale. (oui, je suis salé, avec cette histoire d'évitement de la relation Gellert/Albus dans les créatures fantastiques). Bonne lecture : )
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Chapitre 32 : Nobody expects…
Le bon d'avoir était, et d'être encore sur son rare temps libre, une exploratrice infatigable, c'était que Raiponce n'était jamais regardée de travers quand elle sortait et entrait dans la Salle Commune à des moments étrange pour le commun.
C'était donc sans éveiller la moindre suspicion qu'elle passa la tableau gardien, descendant jusqu'au troisième à l'aide des multiples passages secrets qui parcouraient le Château. La Carte, construite et enchantée les années précédentes sur base des notes des Maraudeurs, ces mêmes notes qui avaient permis, à elle et à ses amis, de devenir animagus, lui assurait de ne croiser personne sur son chemin.
Ceci dit, en cette fin d'après-midi, les deux seuls qui pourraient lui faire des remarques étaient Argus Rusard, concierge et actuellement occupé à nettoyer une flaque de vomi de plusieurs mètres de surface au septième étage(1), et Dolores Ombrage.
Cette dernière, qui était aussi la cible principale de Raiponce en cette soirée, se trouvait à l'heure actuelle dans son bureau, occupée à surveiller une retenue qu'elle avait donnée à Harry Potter, comme tous les autres soirs depuis le début de la semaine. Cela avait d'ailleurs fait un sacré foin quand la retenue avait privé Potter, l'attrapeur vedette des Gryffondor, de sa participation aux essais. Mais la sous-secrétaire d'état(2) avait été intraitable : le jeune homme aurait des retenues chaque soir de la semaine pour « insubordination et mensonges éhontés ».
Ceci dit, Raiponce n'allait pas se plaindre : c'était une occasion parfaite pour qu'un petit oiseau se glisse dans le bureau d'Ombrage. A la base, elle n'avait pas prévu de s'y rendre, car même si l'enseignante était concentrée sur la personne en retenue, c'était toujours plus risqué que de se faufiler quand elle était absente, mais des rumeurs inquiétantes avaient commencé à circuler sur les retenues dirigées par l'envoyée du Ministère, qui n'en était pas avare, et Raiponce voulait en avoir le cœur net.
Discrètement, elle entra dans une des salles attenantes vides(3). Ouvrant les fenêtres en grand, et priant que celles d'Ombrage le soit aussi, sans quoi elle devrait passer par la cheminée, elle se transforma en colibri.
Cela faisait un moment qu'elle n'avait pas pris sa forme d'oiseau. Entre la fin mouvementée de l'année précédente, son… son « temps » chez Gothel et sa convalescence, elle n'avait pas eu l'occasion de se dégourdir les ailes depuis près de quatre mois.
Résistant à l'envie pourtant très forte d'aller faire quelques cambrioles dans les nuages, elle vira vite de bord vers la fenêtre voisine. A travers cette dernière, elle pouvait voir Ombrage, assise à son bureau, faisant face au Survivant, qui semblait… écrire ? Raiponce n'était pas sûre. La distance et les yeux peu efficace d'un oiseau-mouche l'empêchait de déterminer clairement ce qu'il se passait. Elle allait devoir entrer.
Malheureusement pour elle, et malgré la douceur de cette fin d'été, le Professeur de DCFM n'avait pas ouvert sa fenêtre. Même pas en battant, ce qui aurait largement suffit, vu la petite taille de l'oiseau espion. Raiponce allait donc devoir passer par la cheminée…
Faisant demi-tour, la jeune fille retourna dans la pièce. En vol stationnaire, elle observa la cheminée d'un œil dubitatif. D'après Harold, qui les avait déjà utilisé, les conduits de cheminée et les tuyaux formaient un réseau reliant l'entièreté du Château.(4)
S'ébouriffant le plumage, et râlant déjà à l'idée de se retrouver couverte de suie, Raiponce entra dans la cheminée.
Remontant le tuyaux, elle se retrouve rapidement devant une intersection. Essayant de se repérer du mieux qu'elle pouvait, elle tourna vers la droite, sûre à presque quatre-vingt pourcents que c'était la direction du bureau.
Sa supposition se révéla juste quand elle entendit une petite voix aigüe demander :
« - La leçon est-elle rentrée, Mr. Potter ?... Il semblerait que non. Quelques lignes supplémentaires ne vous feront pas de mal. »
Le jeune homme copiait donc des lignes. Mais dans quel intérêt ? Potter était connu pour être borné. La femme croyait-elle vraiment que de simples lignes allaient changer quoi que ce soit ?
Voulant en avoir le cœur sûr, la jeune fille descendit le conduit. Le bureau tournait le dos à la cheminée, donc normalement, Ombrage ne devrait pas l'apercevoir.
Avec prudence, elle sorti de la cheminée, remontant vivement pour se poser sur le dessus de cette dernière. Heureusement pour Raiponce, Ombrage semblait collectionner, en plus de la multitude d'assiettes peintes à motif de chat qui couvrait les murs, les statuettes en porcelaine de mauvais goût. Avec ses couleurs vives, bien qu'un peu ternies par la suie, elle se fondait dans le décor.
Se cachant derrière une bergère qui semblait avoir bu trop de potion de félicité pour être honnête, la jeune fille observa la pièce. Elle ne voyait que peu les couleurs de loin, mais tout semblait être de la même teinte. Probablement rose. Très probablement, connaissant l'enseignante.
Comme elle l'avait vu depuis l'extérieur, Potter était assis à un petit bureau solitaire. Un morceau de parchemin, couvert d'une écriture brouillonne, s'étalait devant lui. Il continuait à le remplir à l'aide d'une grande plume à la teinte foncée. Il ne semblait pourtant n'avoir pas besoin de la replonger dans l'encre, ce qui était étrange. La seule plume capable de faire cela était les modèles auto-encreur, interdits à la vente car ayant tendance à exploser tout seul(5).
Potter semblait avoir des difficultés à écrire, s'arrêtant régulièrement pour inspecter sa main. SI Raiponce avait actuellement eu des sourcils, elle les aurait froncé. Quelque chose sentait mauvais. Et ce n'était pas uniquement la bougie à la senteur indéfinie à côté de laquelle elle s'était posée.
« - Je pense que ce sera tout pour ce soir, Mr. Potter. J'espère que la leçon est désormais bien… encrée en vous, si je puis dire. »
Sans un mot, ce qui était étonnant connaissant le tempérament du jeune homme, celui-ci remballa ses affaires et se dirigea vers la porte. Sans attendre que la petite femme ne se lève à son tour, Raiponce prit son envol et retourna dans la cheminée.
Elle allait devoir interroger Potter. Il y avait quelque chose de pourri au cœur de ce bureau trop rose.
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A cet instant, le ciel nocturne était le domaine de Mérida. Ses grandes ailes noires d'encre aux reflets émeraudes la faisaient naviguer entre les nuages et glisser sur les courants d'air.
Virant de bord, elle rejoignit Harold et Krokmou, eux-aussi en balade. Le reptile volant et son gardien la rejoignaient régulièrement dans ses virées nocturnes, toujours à l'abri des regards grâce à l'amulette caméléon qu'Harold changeait et perfectionnait régulièrement.
D'un geste de la main, le jeune homme désigna un grand arbre au loin. Sans attendre, les deux amis s'élancèrent alors dans une course vers ce dernier. Le dragon avait évidemment l'avantage de l'envergure, mais Mérida était seule aux commandes, et négociait donc bien plus facilement virages et piqués.
Ce fut finalement Krokmou et Harold qui gagnèrent, mais de peu. Se posant après eux au pied de l'arbre, Mérida repris forme humaine.
« - Les lignes droites sont de la triche.
- Chacun son tour pour choisir l'arrivée, Mérida. Est-ce que je me pleins quand tu me fait zigzaguer entre les tours du Château ?
- Actuellement, oui. Tu te plains. Beaucoup.
- Et tu continues pourtant à faire des circuits pleins de virages.
- Parce que tu n'arrêtes pas de choisir des cibles en lignes droites ! »
Toujours à leurs chamailleries, les deux amis continuèrent à monter un rapide petit camp. Mérida sorti une grande couverture et de la nourriture du sac d'Harold tandis que celui-ci retirait la selle de Krokmou avec des gestes sûrs démontrant l'habitude.
Le dragon libéré, le jeune homme s'installa à son tour sur la couverture, gardant un œil sur le reptile qui furetait entre les arbres. Pour un animal de cette taille, il avait un véritable don pour disparaître en un clin d'œil. Harold comprenait maintenant un peu mieux l'inquiétude de son père face à sa manie de partir chasser les fées(6).
« - Du neuf chez les Gryffondor ? demanda-t-il après une gorgée de chocolat. J'ai entendu que ce n'était pas la joie.
- C'est pire, soupira Mérida. Avec tout le foin qu'a fait le Ministère autour de Dumbledore et de Potter pendant l'été, plus le procès, la maison est divisée en deux. D'un côté le pro-Dumbledore, de l'autre ceux qui croient le Ministère. Quant à ceux qui voudraient rester hors de ça, ils sont vite pris à parti et presque forcés de choisir un camp. Donc ils préfèrent éviter la Salle Commune.
- Ça explique le nombre de Gryffondor qui passent leurs soirées chez nous.
- Si on en m'avais pas chargé de laisser trainer mes oreilles, j'aurai fait pareil depuis un bout de temps. Même si Potter n'y reste plus beaucoup, la tension est infecte. A avec l'annonce de l'emprisonnement de Sturgis à Azkaban, c'était encore pire ce matin. »
« La brume. Le froid. La terreur qui imprégnait les murs. »
« - Mérida ? »
« Des explosions. Des ombres sinistres qui s'écartent. Des cadavres qui se trainent jusqu'à l'ouverture. Qui se baigne dans la lumière grisâtre et l'air salé. »
« - Hey, Mérida, concentre-toi ! Concentre-toi sur ma voix. »
« Des visages creux et des yeux tout aussi vides. Un rire tonitruant. Des Mérida ! »
Harold se tenait face à elle, le visage froncé d'inquiétude. Par-dessus son épaule, Krokmou, intrigué, la regardait avec attention.
« - Qu'est-ce qui s'est passé ? Je croyais que tes visions ne se déclenchaient qu'avec le touché ?
- Ça se produit parfois à cause d'autre chose, même si c'est plus rare. Je crois… Je crois que la pensée d'Azkaban m'a fait plonger dans le courant. J'ai vu… Je ne sais pas trop. Une évasion, je pense. Les détraqueurs semblaient ne rien faire. »
Lâchant les épaules de Mérida, Harold, toujours à genoux, se laissa tomber sur ses talons.
« - Dumbledore craint que Tu-Sais-Qui ne les rallie à sa cause. Il avait réussi à le faire lors de la première guerre. Il a essayé de convaincre Fudge de les retirer d'Azkaban, mais il a évidemment refusé.
- Comment tu… ?
- Les détraqueurs relèvent du Département de contrôle et régulation des créatures magiques. On a dû bosser un bon moment sur ce qu'on pourrait faire des Détraqueurs si on les retirait d'Azkaban.
- Et alors ?
- On a rien trouvé. On ne sait ni les détruire ni les enfermer. On ne les tient actuellement que grâce à la ressource en nourriture que sont les prisonniers. Si on leur retire ça… Pas étonnant qu'ils se tournent vers Tu-Sais-Qui. Plus de nourriture et moins de restriction. »
Se redressant, et époussetant les brindilles et autres feuilles qui s'étaient accrochées à son pantalon, le jeune homme commença à ranger.
« - On doit retourner au Château. Il faut prévenir le Directeur de ce que tu as vu. Il ne pourra probablement pas convaincre Fudge de retirer les détraqueurs, mais on pourra au moins se préparer. »
Se redressant, Mérida entreprit elle aussi de ranger leurs affaires, toujours un peu étourdie par sa vision. Elle allait devoir se montrer plus vigilante si celles-ci commençaient à se déclarer à cause de simples pensées. Heureusement qu'elle était avec Harold, qui l'avait ramenée assez vite, et pas au milieu d'un couloir ou d'un cours.
Les affaires remballées et Krokmou sellés, Mérida se transforma en oiseau et repris son envol, suivi de son ami. Elle hésita un instant à se diriger directement vers le bureau du Directeur, mais elle préféra prendra la direction de la Salle Verte, où résidait Krokmou.
Avec Ombrage qui rôdait, il ne valait mieux pas prendre le risque de se retrouver face à elle transformée en animagus pas tout à fait déclaré(7).
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Aplati contre la selle de Krokmou, Harold fonçait jusqu'à la retraite du dragon. Il se faisait déjà tard, et même si les septième étaient techniquement autorisés jusqu'à minuit dans les couloirs, depuis l'arrivée d'Ombrage quiconque était attrapé par la petite sorcière hors des salles communes après 22 heures y était renvoyé manu militari. Et avec une perte de point en prime.
Ouvrant le passage d'un coup de baguette, il s'y engouffra tout droit, le reptile repliant ses ailes contre lui avait de freiner en les ouvrant de toute leur ouverture. A distance prudente, s'était déjà fait envolée d'un coup d'aile inopportun, Mérida suivi et se posa sur le gazon qui avait donné son nom à la salle.
Après un rapidement déharnachement et une gratouille sur le nez, Harold laissa son lézard démesuré et parti à grands pas, non vers le bureau du Directeur, car des étudiants sans (trop d') histoires(8) entrant sans cesse serait suspect, mais dans une petite pièce du couloir perpendiculaire.
Après un salut rapide et un « Pied de Biche » donné au tableau gardien(9), les deux jeunes gens entrèrent dans le passage secret. La torche éteinte au bout du couloir leur indiquant que le bureau ne comptait pas d'invité indésirable, ils toquèrent à la porte avant d'entrer prestement.
Dumbledore, assis à son bureau, les regarda par-dessus ses lunettes en demi-lune, l'air amusé avec son petit sourire en coin(10).
« - Ah, les enfants. Je suis étonné de déjà vous voir ici. Une tasse de thé peut-être ? J'ai un excellent ceylan, qui fait des miracles pour les maux de tête. »
S'asseyant, Harold accepta la tasse, sans toutefois y tremper les lèvres. Le Directeur avait des goûts immondes en matière de thé, et le jeune homme, après en avoir fait les frais en réunion, s'était promis de ne plus jamais boire quoi que ce soit venant d'une des « théières du monde »(11) du vieil homme.
« - Alors, reprit le Directeur après avoir bu une gorgée de son thé. A quoi dois-je votre visite ? Il me semble que je n'attendais aucun rapport avant la fin de la première quinzaine de cours. »
Les deux amis se regardèrent, avant que Mérida ne se lance.
Pendant ce temps, alors qu'il se préparait à intervenir si cela s'avérait nécessaire, un poids certain se posa sur son accoudoir, faisant presque basculer le fauteuil.
Un « Bonjour, jeune homme » retenti alors dans sa tête.
« Bonjour Fumseck », répondit-il silencieusement. « Cela faisait un moment. »
« Tu ne viens pas souvent non plus. »
« L'année dernière a été chahutée. »
« J'ai entendu. Des dragons, hein ? Le vieux fou n'est décidemment jamais à court de mauvaises idées. Ceci dit, le Chat a trouvé les combats intéressants. »
« Tu connais le Chat ? »
« Il vient de temps à autre. Un bon partenaire de discussion. »
« Un mal de tête ambulant. »
« C'est parfois pareil. »
Discutant de tout et de rien avec l'oiseau, il perdit le fil de l'autre conversation, jusqu'à ce que Dumbledore s'adresse à lui.
« - Fumseck semble beaucoup vous apprécier, jeune homme. C'est plutôt rare, il a toujours été assez difficile. »
« En même temps, tu verrais les clampins qu'il amène toujours ici. »
Essayant de ne pas rire, Harold répondit.
« - J'ai toujours été bon avec les animaux, Monsieur.
- Je sais, je sais. Comment va notre ami à écailles, d'ailleurs.
- Il… Il va bien. Se réhabitue à sa vrai forme.
- Je suis toujours fasciné par votre technique pour le transformer. Je n'ai personnellement jamais pu maîtriser la têtologie. J'aimerai y assister, un jour.
- Oui, hum…. Evidemment, Monsieur.
- Très bien. Alors je pense que nous en avons fini ? Je vous conseille de vite retrouver vos Salles Communes. Vu les temps qui s'annoncent, il ne sera bientôt plus bon de trainer dans les couloirs, peu importe l'heure. »
Saluant le Directeur, les deux amis s'en repartirent par le passage secret, atterrissant dans la petite salle(12).
« - Il a dit quelque chose de particulier ? Je n'ai pas vraiment suivi.
- Il va essayer de réinsister auprès de Fudge, répondit Mérida. Mais comme tu disais, peu de chances que cela marche.
- Je vois… Bon, on ferait mieux de suivre son conseil. On se retrouve demain en DCFM ? »
Rejoignant sa Salle Commune seul, et passant se prendre une collation aux cuisines, Harold repensa à ce qu'avait dit Dumbledore. Pourquoi donc la situation dans les couloirs allait-elle empirer ? Actuellement, forte de son statut d'envoyée du Ministère, Ombrage y faisait déjà la loi. Ce qui avait d'ailleurs pour effet amusant d'adoucir les autres enseignants. Même McGonagall se montrait désormais plus coulante(13).
Cela signifiait que le petite femme allait obtenir, d'une manière ou d'une autre, plus de pouvoir. Plus sur les élèves serait difficile. La seule chose qui lui était réellement interdite était le renvoi, historiquement prérogative du Directeur seulement. Elle allait donc obtenir des moyens de pression sur les enseignants.
Ça ne sentait vraiment pas bon.
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L'ambiance était électrique. Il se passait quelque chose, et Jack ignorait quoi. Mais à Serpentard, une ambiance pareille pouvait signifier beaucoup de chose. Il pouvait s'agir de la disgrâce d'un sorcier connu dont l'enfant était parmi eux, un combat entre deux élèves qui tournait à la vendetta intra-maison, une énième défaite face à Gryffondor… Les Serpentards étaient comme une micro-société entièrement basée sur les apparences et les relations.(14)
Décidant qu'il valait mieux agir plutôt qu'attendre la révélation, Jack se tourna vers Terrence Higgs. Higgs était l'attrapeur de Serpentard qui avait précédé Malfoy. Après avoir perdu face à Potter lors du tout premier match de ce dernier, il était rapidement tombé en disgrâce, ce qui avait été empiré par la victoire de Gryffondor lors de la coupe de Quidditch. Il avait cependant réussi à regagner du pouvoir au sein de la maison en devenant un informateur de premier ordre.
Joli garçon(15), avec ses cheveux blonds en brosse et un sourire charmant(16), il récoltait ses informations auprès de ses conquêtes et les revendait au plus offrant, en service ou en argent. Faire appel à Higgs n'était jamais gratuit, mais il était sûr et rapide.
Assis devant le feu, Jack garda un œil sur l'autre adolescent. Quand Higgs se décida à monter au dortoir, il le suivi rapidement.
« - Je peux t'aider, Overland ? demanda le blond s'en s'occuper de la politesse.
- J'ai besoin de tes services.
- Comment tout le monde. Dis-moi ce qu'il te faut, je te dirai mon prix.
- Que se passe-t-il ? La moitié de la maison Serpentard semble en ébullition. »
Higgs le regarda, apparemment surpris de son ignorance, jusqu'à ce qu'une étincelle de compréhension ne surgisse.
« - Ah, oui. J'oublie tout le temps que ta famille n'a plus ses entrées au Ministère anglais. La réponse ne te coutera pas cher. Du moins, pas aussi cher que mes prix habituels.
- Ne tourne pas autour du pot, Higgs. Qu'est-ce que tu veux ?
- Tu es ami avec Harold Haddock, non ? »
Harold ? Que diable Higgs lui voulait-il ? Le Gallois avait fait de la discrétion son mot d'ordre. Surtout avec le dragon qu'il cachait sous ses jupes.
« - Oui, et ?
- Je veux des informations sur lui. Pas grand-chose, rien de grave. Je te donne une liste de question, tu y répond. Tu as même le droit de ne pas répondre à toutes. »
Jack était tiraillé. D'une part, vendre des informations sur Harold lui semblait malhonnête. D'un autre, Dumbledore lui avait spécifiquement demandé de surveiller de près la maison Serpentard, où l'on trouvait pas mal d'enfant d'anciens mangemorts « innocentés ».
« - D'accord. Mais si tes informations ne valent rien, n'attends pas grand-chose de moi.
- Comme si mes infos ne valaient jamais leur prix. Tu me blesse, Overland. Mon petit cœur saigne.
- Higgs…
- Très bien, très bien. Tu avais plus d'humour avant, Overland. Bon, en gros, le Ministère nous a pondu une réforme de l'enseignement. Il a créé un nouveau poste, celui de Grand Inquisiteur. Ou plutôt de Grande Inquisitrice, parce que c'est Ombrage qui a été nommée. Ça lui donne le pouvoir d'inspecter tous les Professeurs, voire même le Directeur.
- Et c'est passé au Magenmagot ? Je croyais que Poudlard était une entité inviolable ?
- L'application du décret 22, avec Fudge nommant un Professeur de Défense, a fait jurisprudence. Ça plus la perte de confiance que subit Dumbledore, a permis de faire passer le décret 23 sur le Grand Inquisiteur. Et ça ne va surement pas s'arrêter.
- Et personne ne dit rien ?
- Le prix augmente, Overland.
- Peu importe. Dis-moi ce que tu sais.
- Marchebanks et Ogden ont démissionné de leur poste de juge de Magenmagot. Le Ministère n'est pas mieux que la majorité de Poudlard, sauf qu'au lieu de tourner autour de Potter, c'est surtout autour de Dumbledore que cela se divise. Beaucoup ont trop de respect pour remettre sa parole en doute, mais certains commencent à le dire gâteux. »
Les informations donnaient à réfléchir à Jack. Mérida et Harold lui avaient déjà dit que pendant l'été, le Ministère était très divisé, mais cela semblait avoir encore augmenté. Le camps des anti-Dumbledore devait avoir pris pas mal de pouvoir pour qu'un décret pareil passe.
« - Autre chose ?
- Non, c'est tout. Merci Higgs.
- Oh, tu me diras merci après m'avoir payé. Je te donnerai la liste de question demain. »
Jack ne put s'empêcher de grimacer. Il verrait avec Harold pour compléter les questions. Il l'avait peut-être vendu, mais au moins il serait honnête.
« - Eh, Higgs. Une dernière chose.
- Hmmm ?
- Pourquoi des questions sur Harold ? »
Avec un petit sourire malicieux, le jeune homme se contenta de répondre :
« - Je le trouve… Intéressant. Bonne nuit Overland. »
Intéressant ? Que diable quelqu'un comme Higgs pouvait-il trouver d'intéressant chez le si discret Harold ? Pas que Jack trouvait son ami ennuyeux. Mais c'est parce qu'il le connaissait. Qu'il le savait assez fou pour élever un dragon au sein d'une école, tenter une transformation animagus sur base de vieilles notes trouvées dans une statue ou pour se balader avec Mérida dans la Forêt Interdite.
Oui, décidemment, il y avait des choses qui lui échappait. Le mystère d'Harold s'épaississait. Et que Jack soit atteint d'éclabouille(17) si il ne découvrait pas de le fond de cette histoire(18).
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(1) Si les Jumeaux n'étaient pas partie intégrante de la mission de Raiponce, Harold, Jack et Mérida, car trop peu discret pour prendre part à des filatures et des séances d'espionnage, ils étaient toutefois des aides précieuses en matière de diversion.
(2) Cela me fait beaucoup rire (jaune), parce qu'à leur actuelle en Belgique, nous avons nos propres problèmes avec un secrétaire d'état à l'immigration, un peu trop zélé et raciste. Nous avons donc notre propre Ombrage.
(3) Poudlard dispose d'un nombre effarant de salles vides.
(4) On pourrait croire qu'un Château magique aurait le loisir de se passer d'un système d'évacuation et de chauffage, mais la réalité était bien plus triste. Poudlard était doté d'un nombre incroyables de tuyaux et de conduits. Ainsi qu'une de fosse sceptique de la taille d'un terrain de football.
(5) En magie, la majorité des objets ensorcelés ne fonctionnant pas : se retournent contre leur propriétaire, explosent ou ne fonctionne pas. Le domaine de l'ensorcellement est un des rares où l'emploi ne manque jamais, la main-d'œuvre ayant la fâcheuse manie de ne pas s'y attardé après la première mauvaise manipulation.
(6) A l'époque, Harold ignorait évidemment que la chef des fées du coin était une dryade à tendance homicide.
(7) Les papiers étaient déposés, mais Fergus avait laissé trainé ça un moment avant de les remplir et l'administration magique n'était pas connue pour sa rapidité.
(8) Si Raiponce et Jack étaient des élèves relativement calme, Mérida avait déjà eu droit à une paire de remontrances dans le bureau directorial. Quant à Harold, bien qu'aidant assez souvent les Jumeaux, il avait la don de passer au travers des mailles du filet.
(9) Un tableau représentant Siegfried le Vicieux, connu pour son langage très imagé et son affection sans borne pour les adolescents de tout genre. Autant dire qu'il avait été vite remisé dans une pièce discrète.
(10) Il s'agissait en fait de l'air générique que le vieil homme avait pris l'habitude d'arborer quand il ne savait pas qui ou quoi allait entrer.
(11) Si vous ne savez pas ce qu'est « L'Incroyable Collection des Théières du Monde », je vous invite à aller relire le chapitre « 15. Chapitre 12 : Révélations ». Notre pauvre Dumbledore y a perdu un inestimable exemplaire de la « Rose des Sables ».
(12) Et ignorant de leur mieux le commentaire de Siegfried sur le postérieur d'Harold. Mérida ne pu cependant retenir un gloussement qu'elle niera plus tard avec force.
(13) Mais pas Snape. Parce qu'il ne faut pas rire, quand même.
(14) Cela peut aussi décrire la grande majorité des système scolaires impliquant des adolescents. Mais à Serpentard, on élevait cela à un tout autre niveau, notamment avec un système très poussé à base de services et de dettes.
(15) Sachez que Terrence Higgs, qu'on ne voit que dans le film HP1, a été avec Bobby Drake de X-Men un de mes premiers gros crush d'ado. Je ne vais pas être objectif. Du tout.
(16) Je vous avais prévenu.
(17) Maladie de peau provoquant des tâches semblables à des tâches de rousseur. On s'en guérit en plongeant sa tête dans un seau d'anguille sous la lumière de la pleine lune. Le portrait d'un médicomage de St-Mangouste était persuadé que Ron en était atteint.
(18) Jack est teeeeellement cute dans sa naïveté. Je ris beaucoup trop en l'écrivant comme ça.
J'espère que le chapitre vous a plu :) Moi, il me laisse un peu « meh ». Il est important, j'aime ce que j'y ait mis, mais j'ai eu tellement de mal à le sortir (notamment parce que le monde semble former une coalition pour m'obtenir une vie sociale régulière) que je le hais quand même un peu.
Sinon, c'était un chapitre de note de bas de page. C'était pas parti pour en être un, pourtant (parce qu'en fait, j'ai écris la partie de Mérida en premier. Et vous constaterai qu'il n'y en a quasi pas. Et puis c'est parti en cacahouète).
A la prochaine !
