Énervée. Je suis énervée. Je suis dans le grand parc de Poudlard, marchant en direction de Pré-au-Lard. Je marche d'un pas décidé, je sens la chaleur dans mes joues. Je ne comprends pas. Rien. Pourquoi ne m'a-t-il pas dis qu'il avait passé l'été avec Abbot ? Dois-je mal le prendre ? Je m'inquiète. Peut-être qu'il s'est passé quelque chose entre eux, ou bien je me fais des films. Dans tous les cas il aurait pu me tenir au courant de cela. Je sens le vent léger me caresser le visage, et j'essaye de me calmer. Je passe au niveau du lac noir et peut apercevoir, Harry, Ron et Hermione au loin. Hermione regarde dans ma direction et me fait un signe de la main, me demandant de venir la voir. Je me dépêche car je suis un peu pressée, elle m'attrape le bras et me regarde avec insistance.
- Chloé, tu vas bien ? T'as l'air super énervée. Qu'est-ce qui s'est passé ? Tu as vu Seamus ?
- Non, je ne l'ai pas vu. Justement il est parti boire un verre avec Hannah Abbot, lui dis-je.
- QUOI ? Depuis quand se connaissent-ils ? C'est une blague ! s'exclame-t-elle.
- Eh bien apparemment non. Je vais me dépêcher d'y aller. J'ai deux mots à lui dire.
Je commence à partir et j'entends une voix sournoise parler derrière mon dos.
- La Olsen elle est cocue ! dit-il en se marrant.
- Bon lâche-moi un peu Malfoy on dirait que t'es accro à moi à toujours me chercher. Ça devient réellement agaçant.
Je ne me retourne pas. Je continue de marcher en hâte jusqu'aux Trois Balais.
J'arrive en face de la petite brasserie, et pousse la vieille porte en bois afin d'entrer dans la pièce bondée et chaude. Je tremble un peu, et je cherche Seamus du regard. Il y a tellement de monde ici, c'est vraiment fou. Je me dirige un peu vers le fond du restaurant et arrive à apercevoir Seamus. Je respire un bon coup et vais vers leur table. Ils sont main dans la main. C'est une blague ? J'arrive en courant et prends violemment Seamus par le col puis le pousse.
- NAN MAIS TU TE FOUS DE MOI ? Ça fait une heure putain, une heure que je te cherche. Pour qu'on me dise que t'es là avec cette meuf main dans la main ?
- Chloé, écoute je peux tout t'expliquer...
- NAN ! Je ne veux plus rien entendre de ta part, d'accord ? Tu me dégoûtes, t'as pas été sincère avec moi. Qu'est-ce qui t'as empêché de me dire la vérité ? T'es vraiment qu'un con.
Je dévisage Abbot du regard et m'en vais. Je ne veux pas entendre ce qu'il a à me dire. Pour moi il n'a aucune excuse, je sors de la brasserie en claquant violemment la porte. Je suis tiraillée entre la haine, la tristesse et le dégoût. Qu'est-ce que je lui en veux. Puis soudainement, les larmes commencent à quitter mes yeux. Quelles lâches. J'me sens faible et vraiment humiliée, il n'y a pas de mot à cela. Je m'essuie le visage d'un revers de main et sors mon miroir de poche. Je m'admire quelques secondes et vois déjà que mes yeux ont pris une couleur rosâtre. J'essaye tant bien que de mal de me calmer, mais je sens encore les larmes fuyantes coulant sur toute la longueur de mon visage et venant mourir sur mes lèvres. Je repasse furtivement devant le lac noir et Harry, Hermione et Ron ne sont plus là. Je sens un regard brûlant transperçant mon dos. Je ne veux voir personne je marche désespérément vers le château. Je monte tous ces étages et arrive dans la Salle commune, je précipite le pas afin que personne ne me voit, je prends l'escalier en colimaçon et défonce presque la porte du dortoir des filles. Je me jette sur mon lit, la tête enfouie dans l'oreiller et à ce moment là je ne peux plus contenir mes larmes.
Toujours la tête enfoncée dans mon coussin, un bruit me fait sursauter. La porte s'ouvre, et je n'ose pas relever la tête. Je ne veux pas que l'on me voit dans un quelconque état bizarre. J'essaye de me calmer intérieurement mais je sens que la personne qui est entrée s'assoit au pied de mon lit.
- Chloé ? Qu'est-ce qu'il se passe ? Raconte moi.
Je reconnais tout de suite la voix d'Hermione. Je prends mon courage à deux mains et lève ma tête de mon oreiller, puis me retourne pour lui faire face. J'essuie mon visage et je n'imagine pas la tête que je dois avoir. Je lui fais un petit sourire et me lance.
- Il m'a trompée, enfin, il s'est rapproché de Abbot sans ne m'avoir rien dit. C'est inacceptable. Je ne savais même pas qu'il était en vacances avec elle. Je suis vraiment aveugle comme ai-je fais pour ne rien remarquer ? dis-je dans un sanglot.
- Oh... Tu sais Ron, Harry et moi n'étions pas plus au courant que toi. J'en n'avais aucun doute là dessus... Et cela m'étonne réellement de la part de Seamus.
- Oui moi aussi... Il a toujours été honnête avec moi jusqu'à maintenant. Ça m'énerve vraiment, car autant il m'en aurait parlé j'aurai mieux accepté et j'aurai été moins mal. Alors que là il a vraiment caché son jeu, et c'est pas respectueux envers moi. Je me sens tellement trahie je te jure. Je l'aimais vraiment. Enfin. Je l'aime vraiment. Je suis déçue que cela se finisse comme ça, pour des conneries.
- Je comprends, dit-elle, après peut-être qu'il ne se sentait plus bien dans la relation ou je ne sais pas. Mais oui, il aurait du t'en parler et être honnête avec toi. Bon ça fait deux heures que t'es là c'est bientôt l'heure d'aller manger ! Je pense que tu n'as pas trop faim mais au moins viens pour le repas. Il ne faut pas que tu montres un signe de faiblesse de ta part. Essuie tes larmes, remaquille toi si tu en as envie, et descends nous voir. Je t'attends en bas ! Je suis là si tu as besoin de parler, enfin, tu sais très bien que tu peux compter sur nous tous. J'imagine à quel point cela doit être dur de faire confiance à quelqu'un et que bêtement il gâche tout.
Elle me prend dans ses bras, et ses mots m'ont soulagés. Elle a sûrement raison. Ce qui est fait est fait, c'est comme ça. Seamus et moi ça devait sûrement se finir, même si nous nous aimions toujours, cette routine qui s'était imposée devant nous était de moins en moins vivable. Il a du se lasser.
Hermione relâche son étreinte, me sourit et retourne en bas. Je soupire un coup puis décide enfin à me lever. Je me dirige vers le miroir de la chambre et démaquille le mascara coulé. Je me remaquille légèrement et ouvre la fenêtre afin de sentir la douce chaleur de la fin de l'été. Je me sens mieux, mes yeux sont normaux. J'essaye de me débarrasser des plis de ma jupe et me dirige vers la porte. Je respire un bon coup, l'ouvre et descend ce petit escalier en colimaçon qui mène à la chaleureuse salle commune. Je sens rapidement les regards de tourner vers moi.
- Quoi ? Qu'est-ce que vous voulez ? dis-je avec mépris.
Je me dirige vers les sofas rouges près de la cheminée pour rejoindre Hermione et Ginny. Je n'ai vraiment pas envie de socialiser. Mais je le dois, si je reste seule à me morfondre mon état s'empirerait.
- Ça va mieux ? Hermione m'a racontée un peu l'histoire. J'espère que t'arrives à y faire un peu face même si je sais que c'est récent... dit Ginny.
- Je vais un peu mieux, rester seule à pleurer m'a fait du bien je vous avoue. Mais je ne vais pas rester là à me morfondre. On va dire que ça devait arriver, dis-je.
La porte de la salle commune s'ouvre brutalement. Soudainement, je vois Seamus entrer énervé et apparemment pas dans son assiette. J'ai un pincement au cœur et les larmes me montent aux yeux, j'essaye de retenir les larmes en me mordant la lèvre inférieure le plus fort possible. Je me reprends puis je sens quelqu'un venir me faire un câlin. Neville.
- Je suis désolée de ne pas t'avoir parlé de ça, me dit-il. À vrai dire je venais de l'apprendre la veille tu sais. J'ai entendu Seamus parler avec Dean. Il disait qu'il t'aimait mais qu'il manquait quelque chose dans votre relation et qu'il savait plus s'il devait continuer ou non. J'ai pensé à te le dire mais je voulais pas être intrusif et je me suis dis qu'il allait te le dire. Je ne comprends pas trop qu'il n'ait pas été honnête, cela ne lui ressemble pas d'habitude.
- T'inquiète Neville, c'est rien je ne t'en veux pas. Oui cela ne lui ressemble pas mais bon, peut-être que plus tard on aura une discussion lui et moi.
Il me fait un petit bisous sur la joue, et nous décidons de descendre manger. J'ai la boule au ventre et je n'ai vraiment pas faim. Surtout que ce soir je vais devoir rester dans les couloirs tard le soir comme je suis préfète. Ça me soule. Le petit groupe et moi ouvrons la porte de la salle commune et descendons ces nombreux escaliers marbrés afin d'arriver à la Grande Salle. Nous nous installons à table, le buffet était déjà servi. Je me sers un peu en fruits et légumes mais sans plus. Je balaye la salle et vois Seamus un peu plus loin, le regard dans le vide et en essayant de s'intéresser à ce que dit Dean. Je pose le regard sur mon assiette et me force à manger un peu. Je suis dans une bulle. Je ne parle à personne. Je sens un regard sur moi au loin, je me tourne instinctivement vers la personne et je vois Stonem, avec un sourire narquois sur le visage. Elle est au courant. J'observe la table des verts et argents et je vois aussi Draco me regarder en parlant, en ricanant. Je regarde encore un peu partout et je vois énormément de gens se retourner vers moi et particulièrement la table des Poufsouffles. J'aperçois Abbot rigoler à pleine dents vers moi. Soudain elle me fait un signe de la main. Je suis à deux doigts de me lever pour la baffer. Mais faire ça devant tous mes professeurs me porterai préjudice, et également à ma maison. Je détourne le regard, et une fois mon assiette finie je me lève. Je ne veux pas rester une seconde plus ici. Je marche à travers la Grande Salle pour en sortir. Et je ne vous raconte pas tous les mots que j'ai entendu à mon sujet. « Cocue », « Détrônée par une Poufsouffle quelle honte » provenant de la table des Serpentard, « Bouffonne ». J'accélère le pas. Ils en profitent car pour une fois je n'ouvre pas ma gueule et je les laisse faire. Je monte tous les escaliers quatre à quatre, et arrive devant le portrait de la Grosse Dame. Je dis le mot de passe et elle me laisse entrer dans la salle ornée de rouge et d'or complètement vide. Je monte dans le dortoir des filles et m'installe dans mon lit. Je n'ai pas fais mes devoirs du lendemain et j'en ai rien à foutre. Soudain quelques secondes après moi, la porte s'ouvre. Et je vois des yeux bleus à travers l'ouverture. Seamus.
Voilà ! dites en moi des nouvelles
-chloé
