Rating/Warning : K+ (adolescents et jeunes adultes) - Description de violence (canon), décès de personnages majeurs (canon)
Disclaimer : Tous les personnages du canon, le monde et le contexte appartiennent à Nintendo. La fanfiction originale est l'oeuvre de MaryDragon sur Archive Of Our Own ( /works/10425738/chapters/23019495), qu'elle m'a gentiment autorisé à traduire et publier ici.
L'illustration provisoire est signée Ariettys (Ariettysart sur tumblr), allez jeter un oeil à son blog, elle publie de magnifiques fanarts sur le jeu!
Résumé du chapitre :
Souvenirs 11 & 12, ainsi que la sixième note du journal de Zelda.
Notes :
Bonjour à tous ! Voilà enfin le chapitre 9, après plus de 4 mois. La bonne nouvelle c'est que j'ai déjà traduit une bonne partie du chapitre 10, donc il devrait arriver d'ici quelques jours.
Merci à toutes et tous de continuer à suivre cette traduction malgré mon irrégularité, ça me motive d'autant plus à continuer malgré un emploi du temps vraiment chaotique. La preuve, c'est que j'ai mis plus de 3 fois à finir le DLC Ode aux prodiges de BOTW "^^ Mais quel DLC ! Les challenges proposés sont intéressants et les cinématiques sont encore meilleures que dans l'aventure principale je trouve (le doublage français inclus). Ca ajoute de la profondeur à l'univers, j'ai beaucoup aimé.
Bref, je vous laisse avec ce nouveau chapitre et je vous dit à très bientôt j'espère !
Chapitre 9 : Not your fault
Nous nous dirigeâmes vers l'ouest, non dans l'intention d'éviter le Château, mais nous ne voulions pas effectuer le trajet le plus direct. Nous étions en train de franchir une crête au-dessus du lac Hylia quand la pluie se mit à tomber drue sur la surface de l'eau. Quelque chose dans les petites statues sous l'arbre m'interpella. Combien de petits sanctuaires comme celui-ci étaient disséminés dans la campagne ? Était-ce également des autels que je devais visiter ? Plutôt que de consacrer mon temps au Château, aux Sources, devais-je m'agenouiller aux mêmes endroits que les roturiers d'Hyrule ?
Pour protéger le royaume, devais-je y être plus connectée ?
Je sortais la tablette Sheikah et capturais l'image juste avant que l'averse ne nous rattrape, puis me précipitais dans l'abri fourni par l'antique vieux chêne.
Link se tint à mes côtés juste assez longtemps pour se débarrasser de la majeure partie de son équipement superflu, puis il dégaina l'Épée de Légende quelque pas plus loin pour commencer à exécuter les mouvements que je m'étais habitué à le voir pratiquer dans des périodes plus tranquilles, sur la passerelle entre mon étude et mes appartements.
« Sous la pluie ? » plaisantais-je, même si le cœur n'y était pas.
Il haussa les épaules, légèrement penaud, ce qui eut pour effet de m'intriguer. Il me jeta un coup d'œil et sembla voir la question dans mon expression, et haussa à nouveau les épaules. « J'ai passé beaucoup de temps dans la même position la nuit dernière. J'ai de la rigidité à évacuer. »
« Bien. » répondis-je, consciente que je faisais écho au ton de sa voix depuis le jour où il avait fait la sieste dans la prairie.
Il le perçut, bien évidemment, il comprenais toujours, mais la seule réaction que je récoltais fut un sourire étrange tandis qu'il se concentrais à nouveau sur ses mouvements d'épée.
J'aurais pu me satisfaire de le regarder depuis l'ombre de l'arbre, si il n'y avait pas eu ce malaise qui revint rapidement étreindre mon cœur. Mes essais à la Source du Courage étaient-ils simplement destinés à me faire comprendre que j'étais vouée à l'échec ?
Si mon échec servait un objectif plus grand, serait-ce toujours un échec ?
C'était cette façon de penser qui amenait des gens à la mort, qui engendrais des guerres, de la pauvreté et de la violence. Je ne devais pas poursuivre sur cette voie.
Link exécuta un saut arrière parfait, et je retins à peine un soupir. Je n'étais pas autorisée à poursuivre... quoi que ce soit que je voulais. Je refusais obstinément de penser à Link comme une quête à poursuivre, bien que la façon dont il bougeait, la manière dont la pluie l'attrapait, ruisselait, le suivait à la trace, rendait cela plus difficile à chaque instant qui passait. Que serais-je, si cette crise n'avait pas surgi dans ma vie ? Si j'avais vécu plusieurs fois, comme Link avait dit que l'Épée lui avait montré, alors y avait-il eu des vies dans lesquelles je n'étais pas la Princesse Étincelante, le défenseur d'Hyrule contre Ganon ? Y avait-il des vies où j'avais été une fermière, une sheikah, une scientifique, une guerrière, une Zora, n'importe quoi excepté une princesse Hylienne ?
Ma dernière vie aurait-elle pu être celle d'une bibliothécaire ? Peut-être dans la Cité Gerudo ? Cela expliquerait tellement...
Mais aurais-je rencontré Link ? La question se résolut immédiatement d'elle-même, puisque Link avait traversé Hyrule de long en large avant même de songer à réclamer la lame purificatrice. Il avait rencontré la plupart du pays pendant ses voyages si nous étions n'importe qui d'autre, nous étions tout aussi susceptibles de nous rencontrer que non.
Le voir, l'entendre me dire qu'il me connaissais au moment où nous nous sommes rencontrés, grâce à l'épée, a fait en sorte qu'il m'était très difficile de croire que nous aurions passé notre vie sans jamais nous rencontrer.
« Avez-vous assez chaud ? » demanda-t-il, soucieux comparé à son inquiétude à la Source. Il ne s'était pas interrompu dans son entraînement, se contentant de poser la question entre deux mouvements.
« Oui, merci. » répondis-je « Même si cela devait continuer toute la journée, j'aurais assez chaud. »
Il hocha la tête et continua à s'entraîner.
Mes yeux dérivèrent vers le ciel. « La pluie n'a pas l'air de vouloir s'arrêter. »
Cependant, une fois le silence rompu, je me sentais obligée de le remplir avec les pensées qui me tourmentaient.
« En choisissant de devenir chevalier, tu as suivi les traces de ton père. Tu t'est entraîné durement, jusqu'à devenir si fort que la lame purificatrice t'a reconnu pour maître. C'est merveilleux, exceptionnel même ! » Je n'aurais peut-être pas dû mettre l'accent sur le mot exceptionnel, car il ralenti la cadence de ses exercices et me jeta un coup d'œil oblique.
« Je comprends à présent pourquoi tu devais être l'élu. » J'aurais pu ajouter une autre excuse pour le fait d'avoir douté de lui, mais il leva la main pour m'en prévenir.
« Mais si... Si tu n'avais jamais fait preuve du moindre talent à l'épée... » Je m'interrompais et il baissa lentement son épée pour m'accorder toute son attention, remarquant ma détresse. « ...mais qu'on ne cessait de te répéter depuis ta plus tendre enfance qu'un fils de chevalier se doit de devenir chevalier lui-même... Si on t'avait répéter ces mots toute ta vie... Dis-moi... Aurais-tu choisi le même chemin ? »
Il resta immobile pendant longtemps après que je me sois tue, la pluie inondant ses épaules avant de se renverser sur sa tunique, ruisselant le long de ses bras pour dégouliner au bout de sa lame.
« Je ne peux pas le savoir. » répondit-il, détournant ses yeux des miens pour les poser sur la lame purificatrice, l'épée qui l'avait choisi tout comme il avait combattu pour la réclamer. « Si j'avais été quelqu'un d'autre, n'importe qui, j'aime à penser que j'aurais suivi mon cœur et poursuivi le chemin qui me conviendrait le mieux. Ma mère m'aurait sûrement encouragé, même si mon père et le père de mon père m'auraient fait obstacle. »
Il balança négligemment l'épée, puis la rejeta par dessus son épaule pour la faire glisser dans le fourreau dans son dos. Puis il se retourna et franchis lentement la distance entre nous.
« Mais je ne suis pas quelqu'un d'autre. J'ai... fini par comprendre que je n'étais pas vraiment adapté pour cette vie aussi bien que j'ai été créé spécifiquement pour elle. Ce que j'ai dit à Mipha est vrai j'accepte que mes choix soient limitées aux choses les plus banales. J'ai le contrôle total sur ce que je mange, à qui je parle, comment je leur parle, mais au delà de ça ? Le chemin que j'emprunte ne permet aucun détour. »
« Et tu en veux aux murs qui barrent ta route ? »
« Certains jours, oui. » admit-il, et un peu de poids se souleva de mes épaules. Il s'accroupit devant moi, pour mettre ses yeux au niveau des miens, et prit soigneusement une de mes mains dans les siennes. « Mais la plupart du temps, je suis heureux d'être précisément là où je suis. »
Oh.
Courage, Zelda. Courage !
« Ces derniers temps, je pense que je suis toujours très heureuse que tu sois précisément là où tu es. »
Il me gratifia d'un autre de ses rares sourires authentiques. Après une rapide pression sur mes doigts, il me lâcha la main et se leva, dégainant son épée pour retourner sous la pluie continuer ses exercices.
« Pendant combien de temps as-tu l'intention de continuer ? » demandais-je.
« Si j'en crois le ciel, j'ai encore une nuit comme la précédente à passer. » répondit-il, sans hésitation ni même un regard dans ma direction. « Je pense qu'il est préférable d'évacuer mon besoin de bouger maintenant, pour que je ne le ressente pas plus tard. »
Il me sembla que mon cœur rata plusieurs battements et bondit dans les airs, me forçant à me tenir plus droite car il battait sauvagement dans ma poitrine. Si la pluie... Il avait l'intention de... oh, stupide jeune fille, dis quelque chose...
Comme une réponse, la pluie s'arrêta de tomber. Je regardais le flot de l'eau dégringoler le long du flanc de la colline, partant aussi soudainement qu'il était venu. Les nuages se séparèrent au-dessus de sa tête, et un faisceau de lumière dorée chuta directement sur Link, alors qu'il se tenait avec son épée en l'air. Il se tourna lentement, ses bras tombant de chaque côté, sa main libre levée, et tourna son visage vers le ciel.
« Sérieusement ? »
L'exaspération dans sa voix me conduisit à émettre de petits rires très peu élégants, que j'avais du mal à étouffer. J'essuyais les larmes dans mes yeux pour trouver Link devant moi, l'épée rengainée, et la main tendue.
« Il semble que nous devons retourner au Château aujourd'hui, Princesse. » dit-il d'une voix trop formelle, que je supposais être un rattrapage pour la suggestivité des ces paroles précédentes.
« Il semble que vous avez raison, messire chevalier. » répondis-je fastueusement, puis je pris sa main.
Nous marchâmes ainsi pendant un moment, main dans la main sur la colline. Il me serra les doigts et les relâcha, et nous retournâmes au Château d'Hyrule comme nous l'avions quitté, épaule contre épaule. Une fois que nous atteignîmes la Citadelle, il se replaça en arrière et me talonna, mais jusqu'à ce que nous ayons franchis les portes du Château proprement dit, il resta étroitement à portée de main.
« Je dois faire mon rapport, Princesse. » dit-il, d'une vois plus forte que ce à quoi je m'étais habitué. Évidemment, le Château était bruyant, et mieux valait que ses paroles soient entendues...
Tu réfléchis trop encore une fois, arrête. Simplement, arrête. Souhaite-lui juste bonne chance et retourne dans ta chambre.
« Bien sûr, messire chevalier. Vous êtes congédié. »
Il esquissa une révérence et tourna les talons, disparaissant dans le tohu-bohu du Château.
Je ne m'autorisais pas à le regarder partir, au lieu de quoi je me retournais et prenais le chemin de mon étude.
Retour en captivité.
Pour l'instant.
Farras arriva au Château trois jours plus tard perché sur un Gardien.
C'était un spectacle remarquable il se tenait sur ce qui aurait pu être les épaules de la machine, derrière sa « tête », les mains sur les hanches et l'air profondément satisfait de lui même. C'était bien entendu une réussite remarquable, et la vision attira la moitié du Château.
Link et moi étions dans mon étude je cherchais tout ce que je pouvais trouver sur les trois déesses qui étaient les prédécesseures d'Hylia, ainsi que toute information sur les sanctuaires plus petits dédiés à la Déesse disséminés en Hyrule. Devais-je effectuer des pèlerinages dans les villages isolés à travers la campagne afin de visiter leurs sanctuaires à la Déesse ? Tout comme Link avait visité tous les recoins du royaume durant ses épreuves pour maîtriser la lame purificatrice, peut-être avais-je moi aussi besoin de mieux connaître Hyrule pour bien le défendre. Ma mère avait toujours encouragé le voyage, après tout.
Je résistais à la tentation d'assister à la démonstration de Farras, jusqu'à ce que je soit sûre que mon père était retourné à ses propres devoirs. De toute manière, Farras continuerait à se donner en spectacle aussi longtemps qu'il y aurait des soldats intéressés pour le voir mettre un Gardien à l'épreuve.
Il était tard le matin quand je le pris le risque de sortir sur la passerelle.
« Incroyable ! » dis-je, tout en observant le soldat autonome. « Nous sommes enfin en mesure d'activer les Gardiens. A ce rythme là, nous aurons tôt fait de maîtriser également les Créatures Divines. »
Je me tournais vers Link, pour le trouver en train de me regarder moi plutôt que le Gardien en contrebas. Cela me donna chaud d'une manière que je ne pouvais pas tout à fait décrire.
« Nous aurons alors toutes nos chances de notre côté. Nous pourrons tenir tête à Ganon le moment venu ! »
« Que faites-vous ici ? »
Merde. Je me retournai pour voir mon père sortir du château il avait dû passer par mes appartements et remarquer mon absence. J'aurais été dans une position légèrement plus avantageuse qu'il m'avait trouvé dans mon étude, puisque j'y faisais des recherches sur les lieux de culte d'Hyrule, mais bien évidemment il devait me surprendre en pleine admiration devant le numéro de Farras.
Je vis Link tomber immédiatement sur un genou et baisser la tête, et pour une raison inconnu cette attitude m'irrita. Plutôt que de me tendre, je m'armais de patience et répondis avec le même calme dont Mipha m'avait appris à faire preuve chaque fois que j'avais affaire avec mon Roi de père.
« Nous observions les Gardiens... Si nous voulons être en mesure de repousser Ganon, il nous faut tout savoir de ces reliques... »
« Je vois. C'est tout à fait exact, en effet. » interrompit-il, et sa voix être presque douce. Comme s'il parlait à un enfant ou à un imbécile. « L'étude des reliques est essentielle à la survie du royaume. Cependant, vous conviendrez que ce n'est pas là le premier devoir de la princesse d'Hyrule. »
Sa voix avait pris le ton de l'acier, et je laissais mes yeux se baisser sur les dalles. Je n'avais pas besoin du rappel que j'étais une ratée je le ressentais déjà vivement. Il semblait résolu à me le cracher au visage à la moindre petite provocation
« Combien de temps encore comptez-vous considérer vos responsabilités comme un jeu puéril et vous y soustraire ? »
Ses mots se répercutèrent dans ma poitrine comme s'il m'avait physiquement frappé. Un jeu ? Puéril ? J'étais restée debout dans les eaux de la source jusqu'à ce que Link se préoccupe de ma santé, et il pensais que je voyais cela comme un jeu ? L'élu de l'épée m'avait dit que j'avais prouvé mon Courage, et il osait m'accuser de penser à tout cela comme un jeu ? Je sentis que mes pieds se déplaçaient sur les dalles tandis que je m'approchais de mon père.
« Je ne m'y soustrais pas ! Il y a quelques jours, je me suis rendue à la Source du Courage. J'y ai prié avec ferveur... »
« Vous passez tout votre temps sur ces reliques ! Comme si la méditation ne revêtait pas la moindre importance à vos yeux. » coupa-t-il de nouveau. Il n'en avait cure ! l n'avait même pas demandé ce qui s'était passé au Sanctuaire du Courage. « Vous pensez peut-être que le pouvoir du sceau s'éveillera de lui même sans effort de votre part ? »
« Je l'ignore... » répondis-je en laissant l'incrédulité emplir ma voix. J'avais passé toute la matinée à chercher d'autres lieux de prière, d'autres pistes que je n'avais pas encore exploré ! « Je fais tout mon possible, Père. »
Mais il ne voyait rien. Un coup d'œil à son visage révéla qu'il ne savait rien ni ne se souciait des progrès que j'aurais pu faire, des nouvelles informations que j'avais découvert et étudiais. Il se préoccupait seulement des résultats, et même cette pause sur cette passerelle était en trop. « Simplement, je le vois bien... Je vous serais d'une plus grande utilité si j'apportais ma contribution d'une autre manière... »
« Pitoyables excuses ! J'en ai assez entendu. A partir d'aujourd'hui, je vous interdit de vous approcher de ces reliques. Vous consacrerez votre temps à la méditation. »
Je le fixais en silence, médusée. Je m'étais montrée hâtive de fuir le Château, oui, et je maudissais mon devoir, mon manque de liberté, mais l'ancienne technologie était aussi nécessaire à notre victoire que mes pouvoirs ! La prophétie avait déclaré que le pouvoir de repousser Ganon était enfoui dans la terre, pas dans les genoux d'une Princesse agenouillée sur des dalles ! L'objectif avait toujours été de sauver Hyrule, de protéger mon royaume, mais il semblait penser...
« Savez-vous seulement ce que l'on dit de vous, à la cour ? » demanda-t-il, coupant cours à mon flot de pensées indignées. « Savez-vous seulement comment ils vous considèrent ? Comme une princesse ratée, une irresponsable incapable d'accomplir son destin. »
Il aurait pu me gifler, que cela m'aurait paru moins douloureux, et encore moins décevant. Nous n'étions pas proches depuis le décès de Mère et il s'était rendu compte qu'il devait m'enseigner quelque chose qu'il ne comprenait pas. Mais ça ? Ce n'étais pas les mots d'un père aimant envers son enfant. C'était des insultes à balancer au visage d'un ennemi.
« Il est inscrit dans votre destin que vous devez leur prouver qu'ils se trompent. C'est compris ? »
« Oui, Père. » répondis-je. « Je comprends. » Je comprenais bien plus que ce qu'il avait eu l'intention d'exprimer, j'en était sûre.
Il tourna le dos et s'éloigna.
Je restais sur la passerelle pendant plusieurs longues minutes, luttant pour conserver mon sang-froid. Fustiger mon père une fois qu'il fût parti était une option puérile, et je préférais ordonner à Link de déménager à la Cité Gerudo plutôt que de m'abaisser à ce niveau. Quand je fus finalement confiante en ma capacité à me tourner, à marcher et à fuir avec dignité, je choisissais de retourner dans mon étude, plutôt que de suivre le trajet de mon père à l'intérieur du Château proprement dit. Je fus surprise de trouver Link toujours sur un genou, la tête baissée.
« Link ? »
Sa tête remua légèrement, ainsi je sus qu'il m'avait entendu, mais il ne bougea pas.
« Messire chevalier, il n'y a personne ici qui requière votre obéissance. » Je ne me sentais pas légitimer à lui demander de se lever il ne s'était pas agenouillé pour moi, et je n'avais aucune envie de le lui demander. Sa place était à mes côtés, non à mes pieds.
« Pardonnez-moi, Princesse. » Sa voix semblait résonner entre ses dents serrées.
« Je te pardonnerais n'importe quoi, messire chevalier. » avouai-je, peut-être un peu trop rapidement. « Bien que je ne voie aucun motif pour des excuses ? »
« J'ai... fait mon rapport à votre père hier, selon sa demande. Je lui ai parlé de vos dévotions à la Source. Je pensais... Pardonnez-moi, Princesse, mais je pensais que cela procurerait de la clémence à votre égard. Je ne comprends pas... mais là n'est pas ma place. Je ne peux que demander pardon. »
« Tu lui à parlé... de la Source ? Dans quelle mesure ce rapport était-il complet ? »
Il leva les yeux vers moi et je fus surprise de voir que son émotion première semblait être de la fureur ou de la frustration. Il était presque aussi en colère à cet instant qu'il l'avait été lorsque j'avais décidé de passer un troisième jour à la Source du Courage. Le regard que je reçût, cependant, était teinté d'une légère et comique consternation.
« Ce fût aussi vague que cela devait être. » dit-il, avec un rictus d'amusement. « J'ai toujours ma tête sur les épaules, n'est-ce pas ? »
Un point pour lui. « Viens, nous pourrons discuter de cela une autre fois. Pour l'instant, j'ai besoin de m'éloigner de cet endroit, et tu devrais t'abstenir de pareilles démonstrations de subordination à l'avenir. » Je m'arrêtais et dévoilais doucement une pensée que j'avais eu l'intention de garder pour moi. « Ta place est à mes côtés, pas à mes pieds. »
Il se leva immédiatement et je le dépassai pour entrer dans mon étude. J'allais tirer ma chaise, mais il l'atteint avant que je ne le puisse et la tira à ma place, la tenant pour moi le temps que je m'assoie. Je lui lançais un sourire de gratitude et fut surprise de constater que sa propre expression était complètement fermée.
« Tout va bien, Link ? »
« Je... non. » admit-il, puis il secoua la tête. « Je regrette d'avoir parlé, je regrette d'avoir perdu l'habitude de rester dans le silence. Et, paradoxalement, je n'aurais pas pu comprendre le sens de ma vie si je ne l'avais pas fait. Mais par-dessus tout, je suis... contrarié... que mon rapport à mon Roi ait été utilisé pour vous affliger. C'est presque comme si votre père avait lu une page de... » Ses yeux se détournèrent au loin et sa mâchoire se referma brusquement, s'avançant légèrement tandis qu'il réprimait les pensées qu'il était sur le point d'exprimer.
« Qu'est-ce que c'était que ça ? »
« Excusez-moi, Princesse. Il se trouve que j'ai mes propres recherches à mener. » Il lâcha l'arrière de ma chaise, où je n'avais pas réalisé qu'il s'appuyait encore c'était peut-être un signe de la mesure dont nous étions tous deux agacés par les événements de la journée, que nous nous étions attardés aussi longtemps.
« Je ne peux pas rester ici. » lui dis-je, avant qu'il ne puisse se retourner pour partir. « Père ne pourra pas se plaindre si nous nous rendons immédiatement à la Source de la Force. Ce sera forcément infructueux, mais je... je ne peux pas rester ici. »
« Compris. Je serais prêt à partir dès l'aube. »
Je ne l'avais jamais vu aussi distrait. Il esquissa une révérence, puis tourna les talons et sortit de mon bureau. Il ne sauta pas du rebord, il ne disparut pas par le côté ni ne sauta sur le mur il descendit la passerelle et pénétra dans le château comme tout le monde, peut-être pour la première fois.
J'étais trop inattentive – à la fois à cause des cruels mots de mon père et de la triste réaction de Link – pour accomplir la plupart des choses que j'avais à faire pour le reste de la journée. Je fis mon sac pour le voyage, mais n'ayant pas encore complètement déballé celui de notre dernière excursion, j'eus peu de choses à trier. Je me retrouvai finalement à mon secrétaire dans ma chambre, avec mon journal ouvert et la plume serrée fermement dans mon poing.
Je n'avais pas écrit depuis des semaines. Tout ce qui s'était passé entre Link et moi ne figurait pas entre ces pages, bien que l'idée que notre histoire soit manquante était dérangeante, c'était finalement la meilleure décision. A quel point cela serait-il désastreux, si quelqu'un dans le futur tombait sur le journal d'une Princesse confuse de seize ans, qui racontait comment elle était bêtement tombée amoureuse de son chevalier servant ? Quelle enfer ma vie deviendrait-elle si mon père décidait de bafouer mon intimité ? Et, honnêtement, à cet instant je n'avais plus aucune foi en la décence et l'humanité de mon père.
Avec ces idées claires à l'esprit, je rédigeais une note pour cette journée, ne prenant pas la peine de laisser de la place pour combler plus tard les semaines manquantes.
Père m'a encore réprimandé aujourd'hui. Il m'a interdit de me livrer à la recherche et exige que je travaille plus assidûment à l'éveil de mon pouvoir scellé.
J'étais tellement frustrée et honteuse que je ne pouvais même pas parler. Pourtant je m'entraîne sans interruption depuis toute petite...
Mère nous a quitté soudainement un an avant que ne commence mon initiation. Sans elle, je n'avais plus de guide. Je la revois qui me sourit... « N'ayez crainte, ma fille. Votre pouvoir s'éveillera de lui même, j'en suis certaine. » Elle se trompait. Les années ont passé, des années de prière acharnée, et rien, toujours rien.
Demain, je dois me rendre à la Source de la Force avec Link. Malheureusement, je pressent que ce voyage sera vain. Telle est ma malédiction.
Je vis Link dans la cour en contre-bas de ma passerelle tandis que je préparais à partir le lendemain matin, et je me précipitais à sa rencontre. Il me tournait le dos pendant que je m'approchais, c'est pourquoi je fus prise de stupeur lorsqu'il se retourna pour me saluer et exposa une lèvre fraîchement coupée et ce qui ressemblais à un début d'œil au beurre noir.
« Qu'est-ce que... »
« Je vous expliquerait sur la route. » assura-t-il simplement avec un regard sérieux. Je hochais la tête et laissais immédiatement tomber le sujet.
« Nous n'avons pas discuté de notre itinéraire. » dis-je en guise de préambule alors que nous quittions le Château. Le nombre de gardes sur le domaine semblait nettement réduit ce matin il y en avais deux fois moins que d'ordinaire à la porte. C'était tout ce que j'avais trouvé à dire pour ignorer mes propres soupçons grandissants. « Bien je préférerais passer par Cocorico, je pense que nous devrions suivre une route plus au nord, à travers la plaine Bélet, passer Ingogo, puis prendre vers le nord à la Forteresse d'Akkala. »
« Comme vous voudrez, Princesse. » acquiesça-t-il simplement.
Aucun des gardes ne l'appela par son nom tandis que nous sortions du Château, nous traversâmes la Citadelle qui s'éveillait et continuâmes notre chemin vers le ranch. Aucun de nous n'avait penser à faire préparer nos montures, mais cela ne nous dérangeait pas de nous déplacer à pied et la promenade jusqu'au ranch fut agréable. Link alla chercher Royal, il avait délaissé Epona pour ramener l'étalon avec lequel il était venu au sanctuaire de Tina Kyosa, des mois auparavant. Je n'avais pas revu ce cheval depuis.
« Quelque chose ne va pas avec Epona ? » demandais-je alors que nous trottinions hors de portée des oreilles indiscrètes du ranch.
« Non. » répondit-il, rapidement, et il semblait réfléchir calmement à cela. « Elle a un tempérament très doux, et je suis... Je ne voulais pas la contrarier. »
Mon cœur, cet homme.
« Et ce cheval est plus... difficile ? »
« Plus sauvage. » corrigea-t-il. L'étalon le prit au mot, secouant la tête et se détachant de la route. Link se pencha et posa une main sur le cou du cheval, le faisant taire à voix basse. « Un duel d'esprits entre ce gars-là et moi sera bénéfique pour nous deux aujourd'hui. »
« Link... Y a-t-il un lien entre ta... blessure mineure... et le manque de gardes aux abords du Château ce matin ? »
Il me jeta un regard coupable. « Probablement. »
« C'est ce dont tu devais me parler sur la route ? »
« Oui. »
J'attendais quelques minutes avant de conclure qu'il n'allait pas parler. « Eh bien, quand nous aurons atteint une route adéquate, fais le moi savoir. »
Il renifla et fit ralentir son étalon, tandis que Royal suivait joyeusement. Il était plus facile de converser au cours d'une promenade, et même s'il ne parlait pas immédiatement, je savais qu'il avait au moins l'intention de le faire et j'étais heureuse de l'attendre.
« Je me suis rendu compte que la façon dont votre père a agi hier était un peu trop similaire à la façon dont mon père agit en général. » dit-il. Ce n'étais pas du tout ce que je m'attendais à entendre, et il fallu un moment à mon esprit pour réaliser. « Il semblait vous pousser dans vos retranchements, en utilisant l'humiliation pour vous faire avancer. C'est... c'est merdique, Princesse, puisque vous vous entraînez à utiliser ce mot, et je suis désolé. Je ne sais que trop ce que c'est. »
« Merci. » suis-je parvenue à dire, encore un peu surprise. « Mais qu'est-ce que... »
« J'ai défié mon père. » dit-il, et je fus très fière de mon manque total de réaction extérieure. « Je lui ai demandé si il avait suggéré au Roi de vous humilier, et il en a ri. Il a dit que notre monarque avait besoin de leçons de paternité de la part de quelqu'un qui avait du succès dans ce domaine, et il a offert ses services. Je ne suis pas sûr du degré de véracité là dedans mais je... m'y suis opposé. »
« Tu t'es battu avec ton père ? » demandais-je, luttant pour garder une voix neutre et je réussissais à peu près.
« J'ai enfoncé l'Épée de Légende dans le sol et je lui ai dit de la soulever, s'il était un si grand homme. Il y a eu... d'autres mots prononcés, sans doute. Surtout quand j'ai découvert que ma... ma mère était récemment décédée, et qu'il avait choisi de ne pas me le dire. Il était... il était fier de lui, pour m'avoir tenu dans l'ignorance afin de m'assurer que je... je reste concentré sur mon entraînement, et qu'il ne m'avait pas laissé fuir mes responsabilités. Et c'était si proche de ce que le Roi vous a dit... »
Il racontait tout sans émotion. Si il n'avait pas fait une pause pour chercher ses mots et ravaler la tristesse que je savais cachée derrière ses yeux impassibles, il n'y aurait eu aucun signe du tout d'à quel point il était dévasté. Je tendais la main et ôtais l'une de ses mains des rênes du cheval pour la saisir fermement dans la mienne.
« Mon père n'a pas essayé de soulever l'Épée, même quand je l'ai traité de lâche. Plusieurs de ses hommes ont commencés à le soutenir, alors je leur ai proposé mon offre à eux aussi. Quand ils ont tous décliné, je leur ai dit que c'était mieux qu'ils n'essaient pas, parce que je pouvais tous les battre, sans arme, avant qu'un seul d'entre eux ne puisse poser la main sur la poignée. J'ai dit que heureusement que j'étais là pour défendre la famille royale, puisque les autres étaient des lâches qui volaient le succès de leurs supérieurs, et qu'ils étaient tous chanceux de pouvoir se reposer sur mes lauriers, comme mon père. »
Je sentais ma mâchoire se décrocher pendant qu'il parlais. Je savais qu'il était compétitif – sa course avec Urbosa me l'avait appris, il y avait longtemps – et il avait déjà manifesté de la colère en mon nom, mais le jumelage de ces deux traits de caractère était complètement différent. Il me dévisagea d'un regard latéral et haussa les épaules avec amertume. « Je ferais mieux de ne pas parler, vraiment. J'ai moins de problèmes quand je garde ma bouche fermée. »
« Alors, qu'est-ce-qu'il s'est passé ? »
« Mon père s'est avancé. Je ne suis pas sûr qu'il allait vraiment essayer de tester mon offre, mais je pouvais pas lui laisser une longueur d'avance. Je l'ai désarmé et j'ai repoussé le reste de ses hommes avec ses armes. Puis j'ai enfoncé son épée dans un espace entre les dalles, je lui ai jeté son bouclier là où il était étendu dans la poussière, j'ai tiré mon épée hors des pierres où je l'avais laissée, et je suis parti. »
« Combien... Combien d'hommes y avait-il ? »
« Mon père est capitaine, et c'était la plupart de son unité, alors... peut-être cinquante ? »
« Link ! »
« Je n'en ai tué aucun. Ils seront en infériorité numérique pour aujourd'hui, mais Farras a des Gardiens en dehors de la Citadelle, et honnêtement, si Ganon revenait dans la seconde, aucun d'entre eux ne fera le poids de toute façon. »
Je ne savais pas quoi dire, mais il n'avait pas encore fini.
« Le Commandant de la Garde – un homme bien, nommé Lucian – m'a arrêté. Il a suggéré que je pourrais avoir besoin de me laisser arrêter. J'ai expliqué qu'il s'agissait d'un conflit familial dans lequel d'autres personnes s'étaient impliquées d'elles-même, et Lucian a accepté de me laisser partir, tant que je faisais mon rapport au Roi. »
« Non. » soufflais-je.
Link haussa les épaules. « Alors je l'ai fait. J'ai expliqué au Roi Rhoam que mon père est un lâche, et que j'étais un chevalier malgré lui, pas à cause de lui. J'ai dit que nous avons eu un différent familial lié à la mort de ma mère, et que ses hommes avaient fait preuve de loyauté en défendant leur capitaine. S'il devait y avoir une sanction, je la subirais à la place de mon père. »
Je serrais la main de Link plus fort. « Ça n'a pas été le cas. Qu'a dit mon père ? »
Link a de nouveau haussé les épaules. « Pas grand chose. J'ai finir par dire que peu importe la punition, je serais heureux de la subir à mon retour de la Source de la Force, jusqu'où ma charge m'avait ordonné de voyager dès le lendemain matin. Nous longerions la Montagne de la Mort, où il y avait eu une augmentation de l'activité des monstres, et je ne voulais pas prendre de retard et risquer que ma charge parte sans ma protection. Il m'a remercié pour mon rapport et m'a congédié. »
Il y avait trop de choses à dire je ne pouvais pas choisir une seule réponse. Je voulais le remercier de m'avoir défendue. Je voulais l'absoudre de toute culpabilité. Je voulais l'assurer que je ferais en sorte qu'il n'y ait pas de sanction à venir. Je voulais m'excuser d'avoir été le catalyseur de sa confrontation avec son père. Mais plus que tout autre chose...
« Je suis tellement désolée à propos de ta mère. »
Sa tête se releva brusquement, et il me regarda avec surprise pendant un moment avec que ses traits ne s'adoucissent en une sorte de triste gratitude. « Je vous remercie. Elle... elle était malade depuis... » Il soupira et secoua la tête. « Elle est tombée malade en partant à la recherche de Saria, il y a des années, et elle n'a jamais guéri. Elle a déménagé à Tabantha à cause du climat plus sec, et cela l'a aidé pendant un temps. Son état s'est aggravé, juste avant que je sois nommé chevalier et je... »
« Tu es retourna à Tabantha pour lui annoncer la bonne nouvelle. » finis-je.
Il hocha la tête. « Et lui dire au revoir. Elle savait que ce n'était qu'une question de temps, et elle s'est assuré que tout allait bien pour moi avant que je prenne mes fonctions au Château. Elle était si fière de moi... Je me souviendrai toujours du moment où je l'ai vu pour la dernière fois, se balançant dans sa chaise au soleil, me faisant signe en souriant pendant que je partais. »
« C'est un bon souvenir à conserver. » acquiesçai-je, et il sourit à nouveau, un peu plus largement cette fois. « J'aurais aimé la rencontrer. »
Il secoua la tête, rejetant dans un souffle ce qui lui servait de rire la plupart du temps. « Elle aurait adoré vous rencontrer. Cependant vous ne m'appréciez pas vraiment à ce moment-là. »
« Non. » reconnaissais-je avec un pincement. « Je regrette que mon obstination à ton égard m'ait coûté la chance de rencontrer une bonne personne. »
« Elle n'espérait pas réellement vous rencontrer en personne, Princesse. » m'assura-t-il. « Ce n'était pas une opportunité perdue, selon elle. »
« J'apprécierais que tu cesse d'être aussi magnanime avec mes défauts. » répliquai-je, et je fus récompensée par un rire audible. Il serra puis relâcha ma main, et la tendit pour apaiser l'étalon qui était devenu de plus en plus agité à mesure que nous parlions. Je regardais le cheval se calmer instantanément.
« Comment cela peut-il fonctionner aussi bien ? » demandai-je en inclinant la tête vers le cheval.
« C'est la seule façon pour eux de comprendre ce que vous ressentez. » répondit-il, joignant le geste à la parole. « Il est capable de sentir si je suis contrarié, perdu, agité ou heureux, mais il n'a aucun moyen de savoir vers qui ce sentiment est dirigé. Tant que je le caresse, il sait que je suis amical envers lui. »
Je regardai l'arrière de la tête de mon cheval, et me demandai s'il était dans un état d'effroi perpétuel, étant donné ma propre détresse et mon angoisse continuelle. Je tendis la main pour lui caresser le cou, et fut surprise de le voir se pencher. Je dû le calmer d'un coup sur les rênes, il avait été si enthousiaste à mon contact.
« C'est un bon garçon. » murmurai-je, et je fut étonnée de le voir secouer la tête et caracoler pendant quelques pas. Je ne pouvais pas m'empêcher de regarder indirectement Link.
Ses yeux étaient doux quand il me regardait. Je n'avais pas vu cela assez longtemps chez quelqu'un pour le reconnaître facilement, mais je ne pouvais m'empêcher de penser que peut-être – éventuellement – il était fier de moi.
« Il n'a aucune raison de croire que mes échecs sont en quelques sortes liés à lui. » dis-je, peut-être un peu trop sur la défensive.
Link soupira et me lança un regard exaspéré. C'était étrangement plus réconfortant qu'une objection verbalisée. Il ne pensais pas à moi comme une ratée.
Il se trompait. Mais je pouvais me consoler de cette pensée.
