Bonjour à tous, voici le deuxième chapitre. Je sais que pour l'instant les choses restent assez fidèle à la série mais plus nous avancerons dans l'histoire plus doucement les événements différeront et certains s'ajouteront.

bien entendu, ni les personnages, ni the walking dead m'appartient, dommage. Bonne lecture, n'oubliez pas de me dire ce que vous en pensez.

Chapitre 2 : la faille.

Lorsqu'ils rentrèrent à la prison, Beth remarqua directement deux nouvelles personnes. Ils étaient enfermées dans une cellule.

En les voyant arrivé, Hershel se précipita pour serrer ses deux filles dans ses bras. Il prit le visage de Maggie entre ses mains, souhaitant ainsi lui apporter du réconfort.

-Où est Daryl ? S'informa Carole.

La boule qui avait élu domicile dans mon ventre depuis son départ, doubla de volume.

-Merle était là, il est parti avec, répondit Beth d'un ton froid, ne laissant rien paraître des émotions qui l'étouffaient. Elle ne prit même pas la peine de regarder son amie, ne voulant pas avoir à affronter son chagrin.

-C'est lui qui a fait ça, déclara Glenn en montrant son visage abîmé. Carole ne prononça aucun mot.

La jeune femme reporta toute son attention sur les deux inconnus. Apparemment Carl les avait trouvé dans les sous-sol de la prison et les avait enfermé en attendant leur retour.

L'homme noir, grand, costaud, sa carrure était impressionnante, s'approcha de Rick pour se présenter.

-Tyreese, ma soeur, Sacha, dit-il en pointant la jeune femme à ses côtés. Il tendit la main au chef pour le saluer. Sa voix était étrangement douce, contrastant avec son physique imposant. Beth leur accorda un petit sourire rempli de gentillesse, tout en prenant Juddith que Carole lui passait. Elle entendit son père expliquer à Rick que des bras en plus pouvaient toujours être utile.

Une chose bizarre se passa, leur leader jusqu'alors si calme, se mit à hurler de rage, les yeux brillant d'une lueur étrange, voir effrayante.

-Rick...A qui parle-tu ? Demanda Hershel.

Comme ailleurs, l'ancien chérif ne répondit pas, il avait l'air de ne même pas avoir entendu la question. Son regard fixait une chose que seul lui pouvait voir.

-Part, tu n'as plus rien à faire ici, qu'est-ce que tu veux ? Cria-t-il, les yeux toujours vers le haut.

Les nouveaux venus semblèrent paniqué et essayèrent de calmer le jeu avec quelques paroles réconfortante qui n'arrivèrent jamais aux oreilles de Rick. Glenn intervint, les attirant un peu en retrait, les incitant à partir. Alors que Sacha passait devant Beth, celle-ci l'interpella.

-Je suis désolée pour vous, il n'est pas dans son état normal. Il a vécu des épreuves très difficiles, voulut-elle leur expliquer.

Elle était triste peur eux, sachant que la vie à l'extérieure de la prison devenait de plus en plus dure et risquée.

-Nous aussi, enchérit la jeune inconnue en s'éloignant rapidement avec son frère.

Tandis que Rick continuait de s'exciter contre lui seul savait quoi, Beth prit la décision de rejoindre sa cellule avec le bébé. La nuit avait été éprouvante et longue, les derniers événements l'affectait plus qu'elle n'était prête à l'admettre. Elle repensa à Woodburry et à ce qu'elle y avait vu. A leur fuite pour quitter cette ville morbide. Les hommes étaient-ils tous devenu complètement dingue ? La méchanceté était-il la dernière chose qui existait dans ce monde ? Beth revit cet homme, l'arme pointé sur le dos de Daryl. Elle retint difficilement un frisson en se souvenant de son geste. Elle avait tiré, elle n'avait pas hésité, elle ne l'avait pas tué mais était-ce parce qu'elle ne savait pas viser ou parce qu'elle n'avait pas eu envie de le tuer ? Elle connaissait la réponse, si elle avait été assez doué ce type serait mort sous sa balle à elle, pas sous celle de l'archer. Elle avait compris que c'était soit cet homme, soit Daryl alors elle avait agi.

Une larme roula sous sa joue, elle l'essuya d'un geste rageur face à sa faiblesse. Elle n'était pas sur de savoir si c'était une larme provoquée par son geste ou par le fait que le chasseur était parti.

Elle se glissa dans son lit gardant le nourrisson contre elle, déterminée à repousser toutes ses pensées négatives. Aidée par la chaleur réconfortante de la fillette, elle s'assoupit assez rapidement, submergée par la fatigue.

Des cris retentirent dans l'esprit de Beth, se forçant à ouvrir les yeux, la jeune femme se rendit compte que le bébé pleurait contre elle.

-Chut, souffla-t-elle tendrement en berçant le nouveau-né. Elle se leva et prépara un biberon, elle se mit à lui donner tout en se dirigeant vers Carole dans la pièce centrale de la prison.

-ça va ? Lui demanda son amie souriante.

Elle acquiesça de la tête.

-Carl veut l'appeler Juddith, précisa Carole, en parlant du bébé, sans se départir de son sourire.

-Oui, j'ai entendu ça. Dommage, petite dure à cuire ça lui allait bien, s'amusa-t-elle. Aussitôt ces paroles prononcés, un goût amer envahit sa bouche, en même temps que les derniers événements s'engouffraient dans sa tête. Elle ne put retenir un soupir lourd au souvenir du départ imprévu de l'archer.

-Et toi ça va ? Voulut-elle savoir.

-On a pas trop le choix, énonça Carole.

-Tu lui en veux ? Questionna la plus jeune, étonnée par le manque de réaction de le femme face à elle. Celle-ci nia simplement de la tête.

-Moi oui, je lui en veux de nous avoir laisser tomber, avoua Beth.

-Tu ne dois pas, il a ses raisons d'être parti. Si mon ex-mari revenait, je ne suis pas sur que je ne le suivrai pas.

La blonde fut surprise de cet aveu. Carole lui avait un peu expliquer ce qu'elle avait subi dans sa vie d'avant et elle restait en admiration devant son changement de comportement. Elle prit conscience de ce que son amie lui disait, et elle savait qu'elle avait tout à fait raison. Elle se détourna de la femme pour retourner dans sa cellule avec le bébé.

Elle prit le temps de chouchouter le nourrisson, lui accordant l'attention dont elle avait besoin et qu'elle méritait, la changeant, lui parlant avec douceur, lui chantant quelques berceuses en la berçant. Lorsque Juddith fut endormie, elle la déposa avec douceur dans la petite boîte qu'elle avait concocté avec Carole, prenant figure de berceau. Elle y rentrait tout juste, Beth sourit tendrement devant cet état de fait. Comme souvent, les pensées tristes ne quittèrent pas beaucoup l'esprit de la jeune femme.

Dans quel monde cette petite fille allait grandir ? Comment allait-elle pouvoir être épanouie ? Combien de chance avait-elle de survivre ?

Beth était parfaitement consciente que les choses échappaient à tout le monde. Les catastrophes s'étaient enchaînées sans que personnes ne puisse rien faire. Pourtant elle avait cru que la prison serait un nouveau départ pour une nouvelle vie avec une nouvelle famille. Cependant, ça ne s'était pas passé comme prévu. D'abord, il y avait eu son père et l'amputation de sa jambe, bien entendu elle était soulagée qu'il soit toujours vivant mais elle savait aussi que dans certains cas ça pourrait devenir une vraie complication. Puis, Lori, son accouchement qui avait causé sa mort, l'arrivé de Juddith. Ensuite, l'enlèvement de Maggie et Glenn qui s'était achevé par le départ précipité de Daryl.

Elle était plongée dans ses réflexions, le regard fixé sur le bébé endormi sans réellement la voir, lorsqu'un petit bruit la fit sursauter. Elle trouva Maggie dans l'encadrement de la cellule.

-Hé ! La salua la plus âgées.

-Comment vas-tu ? interrogea la cadette, préoccupée par les yeux emplis de tristesse de sa sœur, elle, pourtant si forte.

-Je ne sais pas trop, avoua-t-elle timidement. Merci d'être venue nous sortir de là, c'était courageux de ta part.

-T'es ma sœur Maggie. Il est temps que je sois courageuse, tu crois pas ?

-Tu es si jeune, murmura-t-elle tendrement, elle alla s'asseoir près de Beth sur le lit, lui prenant la main.

-Maggie, qu'est-ce qui s'est passé là-bas ?

-Oh...juste de l'intimidation, essaya-t-elle de minimiser la chose.

-Est-ce que ce type, ce gouverneur, est-ce qu'il t'as... ? S'inquiéta la blonde sans pouvoir mettre de mots.

-Non, Bethy, il ne l'a pas fait.

La plus jeune souffla de soulagement, toutefois, devant le regard rempli de larmes de sa sœur, elle la serra dans ses bras, cherchant à lui transmettre toute sa compréhension et son soutien.

-Oh Maggie, ne pleure pas... Ne reste pas fâchée avec Glenn, va lui parler.

Elle ne savait vraiment pourquoi, elle lui conseillait cela mais elle savait l'importance du jeune homme pour sa soeur, ils ne pouvaient pas rester en conflit, surtout à cause d'un connard. Ils devaient se réconcilier. Elles se redressèrent, Maggie la remercia avant de quitter sa cellule, la laissant à nouveau seule, retombant dans ses pensées.

Elle avait remarqué à quel point la tension entre Glenn et Maggie avait augmenté et elle ne voulait pas ajouter une rupture à la liste des choses qui n'allaient pas. Elle savait que leur désaccord rendait sa soeur malheureuse et c'était pour cela qu'ils devaient le faire fonctionner.

Encore une fois, Beth ne put s'empêcher de penser que les choses allaient de pire en pire. Rick commençait à l'inquiéter réellement. Il s'effaçait complètement dans des moments d'absences incompréhensifs, parlant tout seul, ou à quelqu'un que personne ne pouvait voir. Beth ne le blâmait pas mais il était leur leader et elle savait qu'ils allaient avoir besoin de lui. Ce qu'ils avaient fait à Woodburry ne resterait pas sans réponse et la jeune femme appréhendait ce moment, surtout connaissant sa propre faiblesse.

En plus de tout cela, Daryl avait pris la décision de les quitter, il les avait laissé seuls, ce fait ne la rassurait en rien. Il était un atout majeur dans leur groupe, pour leur défense ainsi que pour leur survie. Toutefois, il était parti. Malgré le fait qu'elle savait ce qu'était un lien fraternel, elle ne pouvait s'empêcher de lui en vouloir.

Beth aurait tout donné pour devenir quelqu'un d'autre, pour devenir plus forte, moins faible. Elle aurait voulu apprendre à se battre, être capable de se défendre et de protéger les siens. Au fond d'elle, elle avait la volonté d'évoluer, elle se sentait prête à affronter les rôdeurs ou à prêter main forte si c'était nécessaire mais honnêtement elle n'en était pas capable. Elle ne savait ni se battre, ni utiliser une arme correctement, elle avait toujours besoins d'une autre personne pour l'aider et la rassurer. Ses gestes étaient maladroite et infructueux. Elle devait absolument changer, apprendre tout ce qui lui serait nécessaire.

Plongée dans ses réflexions angoissantes, Beth se retrouva sans s'en rendre compte à l'entrée de la prison. Elle avait toujours été ce genre de personne à se perdre de long moments dans ses pensées, un peu distraite, un peu ailleurs. Du coup, elle avait souvent l'impression que ses jambes la guidaient là où elles le souhaitaient. C'était exactement ce qu'il venait de se produire.

Le soleil était haut dans le ciel, permettant à une petite chaleur de se frotter contre sa peau. Elle aperçut Michonne entrain de manipuler son katana, cela semblait si naturel pour la samouraï. Pendant un instant, Beth eut l'envie de lui ressembler, d'être dans la possibilité de montrer autant de force de caractère. Cette femme avait l'air infaillible et la blonde en était impressionnée et assez admirative.

Perdue dans son observation, des coups de feu sortirent de nul part. Aussi rapidement que possible, elle fit un tour sur elle, pour découvrir Carole et Axel sur la passerelle, celui-ci venait de recevoir une balle en plein front. Les tirs semblaient augmenter d'intensité, Maggie arriva avec des mitraillette et lui en passa une, et encore une fois elle eut l'impression de ne pas être à sa place. Elle ne savait même pas exactement où elle devait viser. Néanmoins elle imita sa soeur du mieux qu'elle put, se mettant en position. Carole étaient à quelques mètres devant elles, essayant de se protéger des balles à l'aide du corps d'Axel. Beth se mit à viser les opposants qu'elle avait dans sa ligne de mires pour permettre à la femme de les rejoindre et se mettre à l'abri, en faisant diversion.

Une voiture avaient défoncé la première grille et des hommes ouvrirent l'arrière laissant sortir des Rôdeurs qui envahirent l'avant cour. Des coups de feu sortaient de tous les coins, Beth agissait sans même avoir réellement conscience de ce qu'elle faisait.

Elle entendit la voix de Rick rugir à l'extérieure.

-Hershel, reste au sol.

Le cœur de la jeune femme se serra en réalisant la situation de son père.

-Papa, murmura-t-elle.

Le vieux était une proie facile pour les morts-vivants, il était dans l'incapacité de courir à cause de sa jambe. Elle savait qu'il se ferait très vite encerclé et évidemment dévoré si personne n'intervenait rapidement. Alors qu'elle essayait de trouver une solution pour sauver son papa, un moteur de voiture lui parvint. Elle vit Glenn revenir, conduisant à toute vitesse, Michonne sauta à bord de celle-ci profitant que l'asiatique passait à ses côtés et ensemble, ils se dirigèrent droit sur Hershel. Un soupir de soulagement quitta Beth, en voyant la samouraï aider son père à monter dans la voiture.

Détournant son regard, elle vit Rick en mauvaise posture, celui-ci blogué par plusieurs rôdeurs. Il faisant de son mieux pour les combattre et éviter de se faire mordre, mais le nombre était considérable, très compliqué pour un seul homme. Encore une fois, le souffle de Beth s'accrocha dans sa gorge devant cette vision. Les coups de feu baissèrent puis s'arrêter totalement. Cependant ceux-ci avaient attiré et provoqué un attroupement important de rôdeurs autour des grilles et du leader. La jeune femme ne put s'empêcher de se demander combien de temps il allait être capable de tenir. Croyant sincèrement que l'heure de l'ancien chérif était venue, elle se retrouva surprise et se permis de laisser retomber la pression qui enserrait sa poitrine face à ce qui se profila sous ses yeux. Un petit sourire soulagé se dessina sur sa bouche.

Pendant ce temps :

-je sais que t'essaye de me conduire à la prison, comprit Merle.

Daryl et lui marchaient aux milieux des bois, le plus jeune avançant d'un pas rapide où transpirait la nervosité.

-Putain mais qu'est-ce que tu foutais avec ce malade ? S'informa l'archer.

-Il m'a sauvé à Atlanta.

-On est revenu te chercher, t'étais plus là, expliqua-t-il. Écoute, là-bas, nous sommes à l'abri, il y a de quoi manger, un lieu où dormir, et même des toilettes pour pisser, tout ça c'est tentant. Reprit-il en décrivant à la va vite la prison.

-je ne suis pas le bien venu, argumenta l'aîné, assez justement.

-Vous finirez par vous entendre.

Sur ce point, Daryl avait quelques doutes mais il préférait les étouffer. Ces gens qu'il avait appris à connaître, étaient digne de confiance, il avait réussi à rester avec eux alors qu'à la base, rien ne l'avait garanti, alors pourquoi pas son frère ?

-Si c'est pour blondie que tu tiens à y retourner, on t'en trouvera une autre, siffla Merle, amusée par sa propre raillerie.

-Ta gueule, s'énerva Daryl. C'était certainement l'un des point pour lesquelles ça risquait de ne pas fonctionner, l'irritation que ce dernier pouvait provoqué chez bon nombre de personnes. N'empêche que il était décidé à essayer une dernière fois de les convaincre.

-Ho ça va, elle est plutôt bien foutue, se moqua-t-il.

-Va te faire foutre, ce n'est qu'une gosse.

-Si tu le dis. De toute façon, elle et tous tes autres amis sont déjà morts.

A l'écoute de cette phrase, le visage de l'archer se crispa dans une mimique perturbée, restant silencieux.

-Le gouverneur va se venger, il va les trouver, et les tuer un par un, et il finira par le chérif, s'assurant qu'il voie le carnage, continua le plus âgé, faisant accroître l'état de nervosité de son cadet. Avant même que celui-ci ait eu la chance de pouvoir prononcer un seul mot, un cri retentit, trouvant l'attention de Daryl.

-Ecoute, c'est un bébé.

-Tu bouge frérot.

Néanmoins, le chasseur était déjà trop concentré sur la provenance du bruit pour prendre en compte ce que disait son frère. Dans sa tête, une image avait pris forme, celle de la petite dure à cuire. Il partit en direction du son entendu, suivi par Merle qui grognait quelques choses à propos du fait qu'il était hors de question qu'il aide des inconnus qui étaient inutile pour eux.

Sauf que tout ce qui pourrait dire ne le ferait pas changer d'avis, ce bébé aurait pu être celle de Rick et il était bien décidé aider ces gens, avec ou sans l'aide de son abruti de frère. Il arriva sur le pont d'où provenait le cri de l'enfant, ce dernier enfermé dans une voiture avec une femme, probablement sa mère. A l'extérieure du véhicule, deux hommes essayaient t'en bien que mal d'éliminer et en même temps de se sauver d'une attaque de rôdeurs.

Sans une once d'hésitation, Daryl se jeta dans la masse. Alors qu'il aidait les hispaniques, il remarqua un mort vivant entrain d'essayer d'entrer dans la voiture par le coffre ouvert, celui-ci déterminé à dévorer la maman et son nourrisson. L'archer se précipita sur lui, l'attrapant par les jambes pour le tirer en dehors de l'habitacle. Dans des mouvements fluides qui s'enchaînaient parfaitement, il referma le coffre sur la tête du rôdeur, explosant du même coup son crâne.

Une fois le combat terminé et le danger écarter, le plus jeune des Dixon vit son frère pointer une arme sur les hommes qu'il venait de sauver, dans le but de leur prendre leurs affaires, compensation pour l'aide apportée.

-Laisse-les partir, recommanda Daryl, en essayant de le dissuader.

-Pas question, on leur a sauvé la vie, s'offusqua le plus âgé.

Il se glissa à l'arrière de la voiture, pour fouiller le sac ainsi que pour intimider la femme. Après quelques secondes de réflexions, l'archer réagit, levant son arbalète contre la tête de son frère.

-Sors de là tout de suite ! Ordonna-t-il d'une fois froide.

Il n'était pas comme ça, en tout cas, il ne voulait plus l'être, ce n'était pas lui, pas celui qu'il était devenu sur les quelques mois qui venaient de passer et si pour se le prouver, il devait tenir tête à son frère. Alors, il le ferait.

-Me dit pas que c'est à moi que tu parle, siffla Merle, contrarié.

-Montez en voiture et partez, indiqua Daryl aux inconnus.

L'aîné des Dixon sortit lentement du véhicule pour faire face à l'arbalète, toujours braquée sur lui. Il défia quelques secondes son frère avant de repousser l'arme de sa main.

Sans aucun autre commentaire, ils reprirent leur route à travers les bois, chacun rempli d'une certaine rancœur.

-Mais qu'est-ce qui te prend ? Depuis quand tu risques ta vie contre rien en échange ? S'emporta Merle.

-Ils avaient un bébé, souligna Daryl comme si c'était l'unique raison.

-ça aurait changé un truc s'il y avait pas eu ce gosse ?

Il ne prit pas la peine de lui répondre, marchant plus rapidement pour creuser une certaine distance entre eux.

-Maintenant que toi et ton chérif vous êtes comme ça, commença-t-il en joignant ses deux doigts pour mimer la proximité. Tu lui as dis que notre but était de les piller ?

-On ne l'a pas fait, contra l'archer.

-Parce que je n'étais pas là.

-Tu n'étais pas là parce qu'ils ont du te menotter sur un toit parce que tu as de la merde dans ta tête, hurla d'un coup le plus jeune, libérant la rage trop longtemps retenue. On est revenu te chercher. Je ne t'ai pas coupé la main, eux non plus, tu l'as fait tout seul. Parce que t'es dingue.

-Où vas-tu ?

-Là où est ma place.

Cette phrase résonna dans sa tête comme un mantra, c'était seulement la vérité. C'était peut-être la première fois de sa vie qu'il essayait de prendre une décision par lui-même sans se préoccuper totalement de ce que ferait ou penserait Merle. Si son frère voulait continuer à agir comme un con, qu'il le fasse sans lui. Il devait retrouver les autres, être avec eux au cas où le gouverneur reviendrait. Il devait se trouver à la prison parmi eux, s'assurant que tous restait en sécurité.

Il s'éloigna rapidement décider à rejoindre son groupe, mais son frère le rattrapa par l'arrière de son t-shirt qui se déchira faisant à moitié tomber son sac, laissant son dos visible. Les yeux de Merle s'agrandirent à la vue des longues cicatrices qui ornait la peau.

-je ne savais pas, bégaya-t-il. Je ne savais pas qu'il te le faisait aussi.

-Tu croyais vraiment qu'il n'y avait que toi ! Tu es parti et ça a été à mon tour, se braqua l'archer, une lueur blessée dans le regard.

-Je devais partir, ou j'aurai fini par le tuer, plaida-t-il.

Daryl secoua la tête comme pour chasser les souvenirs sombres de son passé, ce n'était pas la question à cet instant précis. La seule chose qui comptait, était de retrouver les autres.

-J'peux pas venir ! J'ai essayé de tuer la négresse et le chinois, lâcha finalement l'aîné, brisant le silence.

-Il est coréen, se crut-il obligé de corriger.

Les deux se turent un moment, avant que le chasseur reprenne la parole.

-Je dois les rejoindre, insista Daryl. Je dois être avec eux. C'est peut-être moi qui m'en vais, mais c'est toi qui me lâche... encore.

Sur ces derniers mots, il continua son chemin, décidé à rejoindre les siens. Merle était son frère et ils avaient toujours été ensemble, il ne voulait pas l'abandonner. Cependant, sur l'espace de presque un an, le groupe qu'ils formaient avec Rick, Carole et les autres lui avaient apporté ce qu'il n'avait jamais connu. Loyauté, reconnaissance et ... une certaine assurance, pour la première fois de sa vie, il se sentait utile.

Il n'était pas près à les laisser tomber, quoiqu'il trouverait à la prison, il voulait être là pour les soutenir. Dernier détail, restait plus qu'à les convaincre de garder son fou furieux de frère.

Lorsque Daryl entendit les premiers coups de feu, l'angoisse de ce qu'il allait découvrir l'envahit, aussitôt repousser par sa détermination. La prison était à quelques mètres devant eux et il savait que les bruits provenaient de là, connaissant Rick et les autres, il savait qu'ils pouvaient se sortir de là. Malgré tout, il ne pouvait plus perdre de temps, une voix au fond de lui s'écria qu'il était peut-être trop tard, mais il la fit taire d'un geste rageur de la tête.

-merde, ça va attirer tous les rôdeurs des environs, cracha-t-il avant d'armé son arbalète et la tenir prête à agir. Il se précipita sans plus attendre vers les tirs.

-Nous ne pouvons pas aller, on va se faire avoir ! Cria Merle dans son dos.

-Je ne les laisserai pas.

-J'ai compris, confirma son frère. Mais nous devons y aller doucement, on peut pas se précipiter.

Daryl lâcha un soupir frustré mais reconnut qu'il n'avait pas tord. Ils devaient avancer prudemment et découvrir ce qui les attendait.

S'approchant le plus près possible de la prison, ils se dissimulèrent à l'arrière des buissons , ils avaient l'avantage de la discrétion. Ils avaient une vue large sur ce qui se déroulait devant eux. Ils aperçurent un véhicule qui avait en son bord le gouverneurs et trois de ses sbires, ceux-ci tiraient non stop. Une espèce de camionnette franchit la première barrière pour accéder à l'avant court de la prison, celle-ci s'arrêta dans la première zone quadrillée.

Daryl remarqua Rick à l'extérieure des grilles. Faisant voyager ses yeux, il vit Hershel à quelques mètres de la camionnette, couché dans l'herbe. Ce fut à ce moment là que des rôdeurs furent libéré du véhicule à l'arrêt. Il y en avait une bonne dizaine, et le coeur de l'archer manqua un battement, se rendant compte du pétrin dans lequel le vieil homme se trouvait.

-Putain de merde, jura-t-il entre ses dents, se faisant violence pour rester immobile.

-écoute, s'écria Merle en pointant quelques choses du doigts.

En observant la direction indiquée, le chasseur aperçut une voiture se dirigée en quatrième vitesse vers la prison.

C'était Glenn au volant, il embarqua rapidement Michonne à l'entrée et ensemble ils récupérèrent Hershel. Un soupir de soulagement sortit de l'archer, et il se permit de respirer normalement, enfin presque. Les choses n'étaient pas terminées, ils n'étaient pas sorti de danger.

-Rick, chuchota-t-il en apercevant son ami en mauvaise posture, entouré par un bon nombre de mort vivant. Si ils n'intervenaient pas maintenant, il ne s'en sortirait pas.

Alors que le gouverneur et ses hommes rebroussaient chemin, Daryl bondit hors de sa cachette, armé de son arbalète, tira sur un rôdeur qui venait sur sa gauche. Il se mit à avancer le plus près possible de l'ancien chérif, voyant celui-ci à deux doigt de se faire mordre. Il tira une flèche qui alla se planté dans le crâne putréfié du mort qui essayait de manger son ami. Le corps pourri cessa tout mouvement et tomba raide au sol, libérant Rick qui tourna la tête dans sa direction. Il avait les yeux écarquillés par la surprise, il acquiesça de la tête dans un signe de reconnaissance.

Merle se montra alors et Daryl comprit que Rick allait devoir convaincre les autres de l'accepter et plus encore de le supporter. Le regard qu'ils échangèrent, était rempli de détermination et de reconnaissance envers l'autre, bizarrement, ils commençaient à se comprendre sans même avoir à parler. Leur lien était assez « unique » osa pensé l'archer, satisfait d'être arrivé à destination.

Sans avoir échangé un seul mot, ils rentèrent tous les trois dans la prison, où les autres les attendaient, enfin attendait Rick. Automatiquement, le regard de Glenn et Maggie s'assombrit et Daryl ne pouvait pas leur en tenir rigueur.

-Il est venu nous aider, souligna Rick, et l'archer en fut reconnaissant.

-Daryl, te méprend pas, on est content de te revoir mais... Intervint Glenn.

-je sais, si il fait quoique ce soit, j'm'en occuperai moi-même, finit le chasseur à sa place. Il ne le disait pas que pour les rassurer mais c'était une vrai promesse, il ne laisserait pas son crétin de grand frère, mettre la merde, dans l'espèce d'équilibre qu'ils savaient réussi à créer, même si celui-ci était fragile.

Carol se plaça alors devant lui, lui donnant un serrage affectif et il ne sut pas trop comment y répondre, il lui accorda une pression assez maladroite.

-je savais que tu reviendrai, sourit-elle.

Comment avait-elle pu en être convaincue alors que même lui avait hésité avant de faire son choix ? Cette femme avait l'air d'avoir réellement confiance en lui et étrangement il en était fier. Il lui semblait qu'elle avait un genre de don pour le décrypté, cette pensée le rendit un peu amusé.

Il sentit toute suite, l'insistance de deux petits yeux bleu sur lui, Beth se profila devant lui, le visage fermé de toute émotion, portant le bébé dans les bras. Les autres se reculèrent un peu comme si d'un coup il craignait une éruption volcanique ou une certaine catastrophe. Pourtant ce n'était que la jeune femme devant lui, rien d'autre mais il se retrouva quand même entrain de passer son poids d'un pied à l'autre. Il était conscient qu'elle lui en voulait et il savait qu'elle avait probablement ses raisons.

-Axel est mort, déclara-t-elle froidement.

Daryl le prit aussitôt comme un reproche, devant son air féroce et en colère. Pourtant, il savait qu'il n'y était pour rien, même si il avait été présent, les choses se seraient déroulées comme ça pour le pauvre homme.

-C'est un reproche ? S'enquit-il néanmoins, comme si il voulait s'en assurer.

-Pourquoi ? Tu l'as sur ta conscience ? Demanda-t-elle à son tour, l'expression toujours aussi énervée.

Il ne répondit rien, se forçant à sceller ses lèvres entre elle, sentant la rage commencer à grandir en lui.

-Oh pardon, il faut encore en avoir une pour ça, reprit-elle devant son manque de réaction. Elle passa alors sur le côté pour s'éloigner mais il l'accosta par le bras, arrêtant sa fuite.

-Beth...

-T'es parti Daryl ! Cria-t-elle fâchée, elle se rendit compte de la force de son cri et elle baisa d'un ton. Tu nous as laissé.

-Je suis revenu, essaya-t-il de se défendre, sans savoir pourquoi.

Elle lui jeta un dernier regard rempli de rancune, avant de s'écarter et de partir.

Merle l'observa un air moqueur plaqué sur le visage, il haussa les épaules dans un mouvement nonchalant et se détourna à son tour. « tout compte fait, qu'elle pense ce qu'elle veule, c'est pas mon problème » pensa-t-il amèrement, en se forçant à faire taire les voix dans sa tête.

Le soir, ils se regroupèrent tous devant les cellules, autour d'un petit feu, on aurait presque dit un camp de vacance. En tout cas, c'était ce que Daryl imaginait, vu qu'il n'avait jamais eu l'occasion d'en voir lors de son enfance.

Rick se promenait avec Juddith à bras, la berçant doucement pour l'endormir.

L'archer était accosté à une des cellules, les yeux rivé sur le feu, laissant ses pensées vagabonder sans but précis. Il jetait des coups d'oeil régulier à son frère, étudiant ses réactions et priant pour qu'une fois dans toute sa chienne de vie, il se tienne tranquille et essaye au mieux d'être normal.

-Beth, chante nous une chanson, demanda soudainement Carole.

La jeune blonde sourit timidement et fit mine de refuser mais Maggie et son père l'encouragèrent gentiment. Ses épaules se redressèrent légèrement et après quelques secondes de silence, elle entama une douce mélodie.

Sa voix fit écho dans tout le bâtiment, tout le monde la regardait ébahi et ému. Chacun un peu perdu dans ses propres pensées, appréciant ce moment inattendu, une douce façon de terminer une telle journée.

Daryl ne put s'empêcher de songer au drôle de contraste entre cet instant et le reste du monde. En écoutant la jeune fille chanter, il était facile d'oublier que le monde était parti en vrille. C'était comme si au son de sa voix, la chaleur et le confort avait atteint un nouveau pallier.

Si il n'avait pas été l'homme qu'il était, l'archer aurait peut-être pu avoir en cet instant, l'espoir qu'un jour les choses s'amélioreraient. Peut-être aurait-il pu imaginer pouvoir rester à jamais dans cette prison, avec ces gens autour de lui. Essayer peut-être d'avoir une vie plus ou moins correcte. Toute fois, Daryl restait Daryl et dans son monde les belles choses n'avaient pas vraiment lieu d'être, elles n'avaient même jamais existé. Il était assez honnête avec lui-même pour savoir que les bonnes choses n'avaient pas leur place dans sa vie. Surtout si la chose en question avait une voix angélique, capable le temps d'un instant, de vous faire oublier qui vous étiez.

Il croisa le regard de Merle et se promit que quoi qu'il advienne, cette fois-ci, il s'assurerait que son frère ne fasse pas tout capoter. Il reporta son attention sur la blonde autour du feu, enfin sur son chant, et secoua la tête avec un léger sourire, repensant à la manière dont elle lui avait parler quelques heures au par avant.

-sacré gamine, murmura-t-il amusé.

Beth était allongée dans sa cellule, fixant le plafond au dessus d'elle, elle n'arrivait pas à trouver le sommeil. Trop de choses tournaient en boucle dans sa tête provoquant un sentiment d'inquiétude. Le déroulement de la journée revenant en mémoire, la crainte qu'elle avait ressenti à voir son père allongé au sol, elle avait cru que s'en était fini pour lui, ainsi que pour Rick. Le pire, c'était de savoir que ça allait se reproduire sans savoir quand, parce qu'elle en était persuadé, il y aurait une suite.

Elle se retourna encore et encore, pour finir par renoncer à dormir, elle s'assit sur sa couchette.

Elle ne pouvait s'empêcher de ruminer et pour cause, depuis quelques temps elle avait une idée en tête. Celle de changer, de devenir plus forte, elle voulait pouvoir survivre, savoir affronter les rôdeurs, plus encore, elle voulait être capable de se battre contre des hommes comme le gouverneur.

Quelques jours plus tôt, elle avait eu l'idée de demander à Daryl de l'aider à devenir différentes, un peu à l'image de Maggie ou de Michonne, bien sur elle était consciente qu'elle ne serait jamais à leur niveau mais elle voulait juste essayer de leur ressembler au minimum. Beth savait qu'elle était capable d'apprendre, elle en avait toute la motivation.

Cependant, Daryl était parti, du coup elle avait laissé tomber son projet. Si elle devait prendre des cours, c'était avec lui car il était le seul qui ne la surprotégerait pas, ou encore la traiterait comme un bébé. Les autres ne voyaient en elle qu'une petite chose fragile et elle était assez sur que seul Daryl Dixon et ses manières pouvaient l'entraîner sans la couver.

Maintenant qu'il était revenu, sa volonté était réapparue, faisant son chemin dans sa tête et l'empêchant de trouver le sommeil. Elle devait rassembler tout son courage et aller lui demander. Elle n'avait pas vraiment prévu de l'accueillir comme elle l'avait fait mais la rage avait débordé d'elle sans prévenir. Malgré tout, elle était décidée à essayer de le convaincre de l'aider. C était maintenant ou jamais. Lorsque Carl était revenu de la monde, Daryl avait annoncé qu'il prenait la suite du coup elle savait où le trouver.

Essayant de ne pas faire de bruit voulant éviter de réveiller les autres, et surtout Juddith endormie dans sa petite caisse, elle se glissa délicatement hors du bâtiment. Ses pas aussi léger que possible, évitant de faire le moindre bruit, priant pour que le bébé reste endormie jusqu'à son retour. Une fois à l'extérieure, elle soupira un grand coup, elle perçut directement les grognements de quelques rôdeurs venu s'agglutiner à la grille. C'était le seul bruit qui brisait le silence de la nuit.

Elle fit de son mieux pour longer le plus possible les murs de la prison, faisant attention à où elle posait les pieds, essayant d'être le plus discrète qu'elle le pouvait. Elle arriva sur le lieu de la monte, trouvant l'archer assis à même le sol, tripotant son arbalète.

D'un coup, le doute s'installa en elle, la faisant se sentir mal à l'aise, ne sachant pas quoi dire. Elle ne savait comment il allait réagir suite à son accueil peu chaleureux qu'elle lui avait accordé. Cependant, elle avait été choqué par son départ, peut-être même un peu trahie, blessée. Bien sur il ne leur avait rien promis mais pour elle, il était un membre important de leur groupe, et de ce fait, il avait certaines obligation envers eux tous. En tout cas, c'était ce qu'elle avait pensé sur le coup , maintenant, elle trouvait l'idée plutôt stupide et naïve.

-Qu'est-ce que tu fais ici ? Brisa-t-il le silence.

Elle fut tout d'abord étonnée qu'il ait remarqué malgré sa délicatesse mais se rappela immédiatement qu'elle avait un chasseur expert en face d'elle.

-Je suis venue m'excuser, mentit-elle à moitié. J'aurais pas du te crier dessus.

Il l'observa comme intrigué par sa présence, comme si il étudiait sa réaction. Elle se rapprocha pour être juste à ses côtés. En réponse à ses excuses, il se contenta de hausser les épaules.

-Je peux ? Demanda-t-elle en désignant le sol à côté de lui, pour lui montrer qu'elle souhaitait s'asseoir. Il acquiesça sans un mot.

Après quelques instants de silence, elle amorça enfin la conversation.

-je comprends que tu l'ai suivi, c'est ton frère...j'aurai fait le même si ça avait été Maggie, avoua-t-elle ressentant le besoin de s'exprimer. Parfois, elle aurait voulu pouvoir rester silencieuse mais Beth avait ce besoin constant de parler, comme si dans un sens elle craignait de se retrouver bloguée dans des silences gênants. Elle aimait mener la discussion et c'était toujours ainsi. De plus, c'était une curieuse et une vrai pipelette. Par contre, elle savait que Daryl était tout l'inverse et elle était décidée à essayer de se contrôler, voulant lui laisser son intimité.

-Maggie n'a rien à voir avec Merle, déclara-t-il en la surprenant.

Elle osa un sourire devant la réalité de sa remarque. Le silence retomba entre eux, et Beth appuya sa tête contre le mur derrière elle, profitant de la fraîcheur de la nuit et regardant les étoiles dans le seule.

-Pourquoi t'es ici ? Voulut-il savoir.

Elle pinça fortement les lèvres l'une contre l'autre en une fine ligne, se rendant compte que le moment de vérité était venu.

-J'ai un truc à te demander.

Elle le vit froncer les sourcils, apparemment intrigué, il la regarda un moment, attendant qu'elle continue. Elle prit une profonde inspiration et se remit à parler.

-Je voudrais changer. Pour cela, j'ai besoin de toi. Je veux que tu m'apprenne à me battre, à utiliser un couteau, une arme, je veux apprendre à me défendre, à tuer des rôdeurs. Apprends-moi à devenir plus forte. Je veux pouvoir survivre. J'ai besoin que tu m'apprenne ce que tu sais... S'il te plait.

Les secondes ressemblaient à des heures, alors qu'elle attendait une réponse. Il avait le regard braqué sur elle, et elle avait beau essayé de le déchiffrer, elle n'arrivait pas à lire à travers lui, ne sachant pas à quoi il pensait. Alors que le silence s'éternisait, elle commençait à croire, qu'il refuserait.

-Pourquoi moi ? Questionna-t-il soudainement.

-je ne veux pas être traitée comme une enfant, je veux vivre dans la réalité. Je ne veux pas être protégée ou être mise sur le côté sous le prétexte que c'est trop dangereux, expliqua-t-elle. Je sais que tu ne le feras pas.

-j'suis pas doué pour grand chose. J'ai jamais donné de cours, exposa-t-il sincèrement.

-Tu es doué pour la chasse, tu sais comment survivre, tu sais traquer, tu sais te battre. Tu sais certainement faire plus de chose que la plupart d'entre nous réunis.

Devant les compliments que la jeune femme lui faisait, il fit une mimique étrange, comme gêné. Pourtant, elle ne faisait que décrire une simple vérité, ce n'était là que des faits.

-Je ne sais pas, ajouta-t-il.

-S'il te plaît, apprends-moi... Si jamais j'évolue pas ou que mes progrès ne sont pas à la hauteur de tes attentes, tu es libre de tout arrêter, argumenta-t-elle.

Il passa ses doigts sous son menton, en signe de réflexions, sans détourner son regard d'elle.

-Ton père doit être d'accord, annonça-t-il dans un souffle.

-Ok, il le sera, assura-t-elle en souriant, ravie de son premier succès.

-On est bien d'accord, si j'en ai marre et que je dis stop, on arrête tout ? S'assura-t-il.

Elle acquiesça de la tête, souriant légèrement, elle avait compris depuis un bon moment que Daryl Dixon n'était pas le genre d'homme à avoir des obligations envers qui que ce soit. Il ne voulait que rien ne le retienne, ne pas être lier aux autres devait être une de ses devises. En y réfléchissant de plus près, elle devait admettre que dans ce monde ce n'était pas plus mal.

-Tu devrais aller dormir, tu en auras besoin pour l'entraînement,conseilla-t-il.

Même si il fit de son mieux pour cacher son sourire, elle pouvait entendre la note amusée dans sa voix. Sans ajouter un seul mot, elle se leva, fit quelques pas pour s'éloigner, mais elle se retourna vers lui, les yeux pétillants.

-Merci Daryl...Bonne nuit.

-Bonne nuit, murmura-t-il alors qu'elle disparaissait de sa vision.