Bonjour à tous cher lecteurs, ce chapitre est un peu plus long, j'espère que vous n'en serez pas déçu, je dois dire que je l'affectionne assez comme la plupart des chapitre de cette histoire. J'en peux rien c'est comme ça, mon coeur est en pleine dérive pour cette fiction. je ne pense plus qu'à ça et je suis tellement pressé de vous faire découvrir la suite.
Je tenais à vous remercier pour votre attention, vos gentils commentaires qui me touchent. N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, même le côté négatif. Je sais que je ne suis pas parfaite et que parfois mes tournures de phrases sonnent bizarre. ( c'est parce que j'ai le cerveau un peu déranger lol). Merci vraiment à vous tous. Plus particulièrement merci à Sydneycolombia pour son attention et le temps qu'elle a passé à me corriger. je pense avoir remercie chacun de vous par MP si je ne l'ai pas fait je m'en excuse. Merci à la personne guest qui m'a laissé une reviews, c'est très touchant.
Sachez également que ça me tient à coeur de garder le caractère de Daryl tel qu'il est dans la série ou en tout cas, sa manière d'être. Bien entendu, plus l'histoire avance et plus il sera ouvert vis à vis de Beth vu le temps qu'ils passent ensemble, ça me semble logique. Alors laissez moi connaître votre perception au sujet de Daryl.
Sur ce, assez de blabla et bonne lecture,
Chapitre 10: Distances.
Daryl se tenait debout dans la cour, étrangement mal à l'aise sous le regard d'Hershel. Beth venait juste de retourner dans la prison après un entraînement qui était finalement devenu un vrai combat. L'archer s'étonnait encore devant la nouvelle vivacité de la jeune blonde, il la trouvait très efficace et maligne dans ses actions. Pourtant ce qui le surprenait le plus en ce moment, c'était la drôle de sensation qui était descendue tout le long de sa colonne vertébrale pour terminer là où elle n'aurait jamais dû se retrouver. Pour être tout à fait franc, c'était la deuxième fois que ça lui arrivait. La première avait été lors de leur entraînement autour du lac, un peu comme aujourd'hui, ils s'étaient retrouvés dans une position très proche, trop proche à en croire la réaction de son propre corps.
Daryl se maudissait d'avoir ce comportement vis à vis d'elle, elle n'était encore qu'une gamine et lui avait ce genre de pensée. Peut-être avait-elle raison en disant qu'il ferait mieux d'apprécier la compagnie d'une des femmes de Woodbury. Après tout, il restait un homme et depuis le temps, il avait probablement besoin de se faire plaisir. Néanmoins, ce ne serait certainement pas avec Beth Greene, jamais.
Il devait prendre ses distances avec elle, il le savait, de toute façon, elle n'avait plus vraiment besoin de lui. Elle avait, comme elle le souhaitait, évolué et les entraînements n'étaient plus une nécessité. Pour la chasse, il préférait quand même être seul, essaya-t-il de se persuader.
En ramassant son arbalète, il remarqua que Hershel n'avait toujours pas bougé, et il le fixait même d'un air interloqué ou peut-être amusé. Daryl ne savait pas vraiment le dire.
- C'était un beau combat, déclara le vieil homme, augmentant le malaise du chasseur.
- Elle est douée, avoua-t-il.
- Grâce à toi, le surprit le fermier.
Daryl ne put s'empêcher de l'observer, essayant de trouver où était la plaisanterie. Il savait que l'homme face à lui était un Monsieur rempli de sagesse, certainement plus que ce qu'il n'avait jamais vu. Il était conscient que Beth et Maggie avaient beaucoup de chance de l'avoir, il était un père génial, attentif, protecteur, et toujours de bon conseil. Il avait énormément participé à l'évolution de la prison sachant trouver les mots justes, il avait aidé chaque personne à trouver ses marques. Il était un peu comme le ciment qui leur permettait à tous de rester unis. Il avait aidé Rick à reprendre pieds après la mort de Lori. Plus encore, Daryl avouait que l'homme debout à quelque pas de lui, avait plus lieu d'une figure paternelle que son propre géniteur. Pour toutes ces raisons, il avait tout le respect que l'archer pouvait offrir.
Devant cette réalité, le chasseur se sentit encore plus coupable d'avoir eu des pensées inappropriées à propos de la plus jeune de ses filles. « Mais qu'est-ce qui va pas chez toi ? » se gronda-t-il intérieurement.
- Pff.
Il balaya le compliment d'un revers de la main.
- Grâce à elle. C'est elle qui a évolué, contra-t-il.
- Tu l'as guidée, tu lui as enseigné toute tes connaissances, insista Hershel.
- Quoi qu'il en soit, elle n'a plus besoin de moi, assura l'archer et bizarrement suite à sa remarque, il eut un goût amer au fond de sa gorge.
Le vieil homme approcha lentement vers lui, posa une main amicale sur son épaule et lui sourit étrangement.
- Je ne serai pas toujours là. Les choses peuvent vite tourner de nos jours, aujourd'hui, nous sommes ici entourés de ces grilles, avec assez de nourriture et un certain confort. Demain, ça ne sera peut-être plus le cas. C'est rassurant pour moi, de savoir qu'un homme comme toi sera autour de ma fille. J'apprécie le fait de savoir que tu veilleras sur elle et surtout qu'elle sera en sécurité.
Daryl avala difficilement sa salive en écoutant les paroles de l'homme devant lui. Il se demanda si il se rendait compte du double sens que pouvaient avoir ses mots. En tout cas, pour le chasseur, il était clair. Il venait justement de prendre la décision de s'éloigner de la jeune Greene et son père venait d'insinuer l'inverse.
- Qui te dit que je le ferai ? Osa-t-il lui demander plus sèchement qu'il en avait eu l'intention. En même temps, Daryl n'était pas vraiment connu pour sa délicatesse.
- Pour la simple raison, que tu le fais déjà, fils, annonça le barbu.
L'archer ne répondit rien, se contentant de baisser la tête vers le sol comme le ferait un petit garçon pris en faute. L'homme près de lui laissa glisser un petit rictus amusé.
- C'est une têtue ma fille, elle sait ce qu'elle veut, affirma-t-il.
- J'avais remarqué, reconnut Daryl avec un petit sourire timide en pensant à toute les petites prises de becs qu'il avait eu avec Beth. La façon dont elle se positionnait les mains sur les hanches ou encore les bras croisés sur sa poitrine, jusqu'au moment où elle obtenait ce qu'elle voulait.
- Même si tu résistes... elle fera tomber tes murs, énonça Hershel avec une dernière pression sur son épaule, avant de se détourner et de laisser l'archer seul avec lui-même.
Le chasseur reconnaissait qu'il se sentait désorienté, il était encore plus perdu qu'avant leur conversation. Le vieil homme était plus fou que ce qu'il pensait si il imaginait réellement que Daryl laisserait quelqu'un passer les murs qu'il s'était forgé pour se protéger. Même si cette personne était Beth, surtout si c'était elle. En tout cas, c'était ce qu'il se plaisait à croire, repoussant l'idée que d'une certaine façon, elle les avait peut-être déjà légèrement fissurés.
Pour l'instant, il avait juste besoin d'une douche.
Juste après l'entraînement, Beth retrouva Juddith, elle avait promis à Carole de la soulager du bébé, et c'était tout sauf une corvée pour elle. Elle lui donnait le biberon assise sur son lit, un sourire ornait son visage, elle se sentait tellement euphorique de sa dernière réussite. Elle n'arrivait toujours pas à y croire, avait-elle réellement eu le dessus sur Daryl Dixon ? Ça paraissait totalement inimaginable. Bien sûr, elle n'était pas assez stupide pour croire que si l'archer l'avait vraiment voulu ou encore si il n'avait pas été aussi surpris par son geste, il aurait su reprendre le contrôle sans difficulté. Cependant ça n'avait pas été le cas, et elle savourait sa petite victoire.
Elle n'arrivait pas à chasser de sa tête la présence de son père avec le chasseur, en effet elle savait que Hershel était resté là-bas, il ne l'avait pas suivi à l'intérieur. Du coup, elle n'arrêtait pas de se demander ce qu'ils pouvaient bien se dire, sans doute son père jugeait-il utile d'avoir une discussion avec Daryl. Sur cette évidence, sa curiosité la rendait presque folle. Pour essayer de se calmer, elle reporta son attention sur le bébé qui gesticulait en buvant les dernières gorgées de son biberon. Dans des gestes naturels, Beth redressa la fillette contre sa poitrine, lui tapotant légèrement le dos pour l'aider à digérer.
Un tout petit rot se dégagea du petit être et la jeune femme la garda dans la même position, se mettant debout pour faire quelques pas de long en large pour bercer le bébé et essayer de l'endormir.
De manière assez inhabituelle, Juddith se tordait entre les bras de Beth et comme pour confirmer ses impressions, l'enfant vomit une partie de son lait.
- Oh zut, ça va chérie ? S'enquit doucement la blonde à l'intention du poupon. Elle ramassa vite une serviette qui traînait sur le bureau et s'essuya le cou au plus rapide avant de retourner son attention sur la fillette toujours contre sa poitrine. Elle la coucha avec délicatesse sur son lit et changea la grenouillère souillée par le reflux. Une fois le bébé habillé d'un nouveau pyjama, elle la reprit tendrement au creux de ses bras, Beth se mit à chantonner une berceuse et en moins de cinq minutes, Juddith s'endormit. Avec délicatesse, elle la posa dans son couffin et prit la direction des sanitaires. Elle attrapa une bouteille de shampooing et le vêtement sale, ainsi qu'une blouse propre pour elle-même.
Arrivée sur le seuil des douches, la jeune femme n'aperçut personne et sans attendre enleva le t-shirt qu'elle portait. Autant Beth aimait le bébé profondément, autant l'odeur sure du vomi avait le don de lui donner la nausée. Elle était soulagée de pouvoir se rafraîchir et si Jude n'était pas restée seule dans sa cellule, elle aurait prit tout de suite une douche.
Vêtue seulement de son soutien-gorge pour couvrir sa poitrine, la jeune femme contourna le mur devant elle pour avoir accès à l'eau. Son regard fixé sur le pyjama qu'elle tenait en main, elle devait laver le vêtement sali pour être sûre de ravoir les tâches facilement. Elle releva la tête et stoppa aussitôt tout mouvement, les yeux immobilisés sur ce qu'elle avait devant elle.
Même si une petite voix dans sa tête lui criait « tourne les talons et fuis », elle fut incapable de détourner le regard, profitant du dos musclé qui se tenait face à elle.
Tout son corps était stoïque refusant de faire le moindre mouvement en arrière, un frisson provoqué par un sentiment qu'elle ne pouvait nommer, la traversa des pieds à la tête. Cependant, il fut vite remplacé par une sensation d'horreur en apercevant les longues cicatrices grises qui garnissaient le dos de Daryl. Elle avait une telle admiration envers cet homme, enfin « admiration » était peut-être pas le mot le mieux adapté. Elle avait tendance à le voir comme indestructible, comme si rien ni personne ne pouvait venir à bout de lui. Elle le connaissait fort et dur comme un roc. Du coup, imaginer que quelqu'un ait pu un jour lui infliger de tels sévices, des gestes si odieux, lui retournait le coeur. Ces marques qui s'étalaient devant elle, lui rappelaient qu'avant d'être cette personne endurcie, Daryl Dixon n'avait été qu'un enfant. Toutefois, ça lui montrait aussi que contrairement à beaucoup, il n'avait jamais eu ni l'amour, ni l'attention dont il avait besoin à l'époque. Il n'avait reçu que maltraitance, en tout cas, c'était ce que comprenait Beth en voyant ces traces, la rendant dégoûtée.
Complètement perdue dans ses pensées, la jeune femme prit quelques secondes pour se rendre compte que l'archer s'était retourné et l'observait bizarrement, sondant son regard.
- Putain fille, qu'est-ce que tu fous là ? Rugit-il brusquement.
Son malaise se reflétait sur son visage, il enfila à la hâte une chemise accrochée juste à côté de Beth. Celle-ci déglutit difficilement, un peu gênée d'avoir été prise en flagrant délit de voyeurisme, même si c'était involontaire.
- Pardon, je ne savais pas que t'étais là. Juddith a vomi et j'en avais partout alors ... commença-t-elle à expliquer en entrant dans un monologue nerveux qu'elle stoppa net devant le regard choqué ou peut-être agacé de l'archer.
Seulement, en le regardant passer son t-shirt en quatrième vitesse, elle reprit ses esprits, comprenant qu'il essayait de camoufler ses cicatrices qui n'étaient déjà plus faces à ses yeux.
- Quand tu as été blessé à la ferme en cherchant Sofia, j'ai aidé mon père à te soigner, exposa-t-elle, alimentant une certaine curiosité dans l'expression de l'archer. J'ai vu les marques... dans ton dos... les cicatrices, continua-t-elle.
C'était un aveu, juste pour lui dire qu'elle savait et que si un jour il voulait se confier alors elle serait là. Elle lui disait simplement qu'elle pouvait comprendre. La surprise était lisible dans la figure de l'homme devant elle, les sourcils relevés, les yeux écarquillés. Il semblait mal à l'aise d'être le centre d'attention ou peut-être avait-il peur de paraître faible. Quoi qu'il en soit, il n'ouvrit pas la bouche, ne dit pas un mot, ni ne fit aucun geste pour partir, alors Beth reprit la parole.
-Tu ne dois pas en avoir honte, elles font partie de toi, de ton passé, de ton histoire mais elles ne caractérisent pas qui tu es. Elles ne refléteront jamais qui tu es.
A ce moment là, la jeune femme avait juste besoin d'être honnête, elle ne voulait surtout pas qu'il pense qu'elle avait pitié de lui. Elle avait peur qu'il se ferme parce qu'elle les avait vues. Du coup, elle essaya d'y mettre toute l'empathie dont elle était capable. Elle haussa légèrement les épaules, souriant timidement mais amicalement.
Ce fut à cet instant qu'elle remarqua que le regard de Daryl ne se détachait pas d'elle, montant et descendant de son corps à son visage. Frappée par la réalité, elle rougit fortement, en se souvenant de la légèreté vestimentaire dans laquelle elle se trouvait. Sans arrêter de la regarder, l'archer s'abaissa lentement vers le sol, ramassant le t-shirt que Beth avait fait tomber sans en prendre conscience.
-Tu devrais mettre ça, tu vas attraper froid, marmonna-t-il en lui tendant le tissu. Il disparut rapidement et la jeune femme laissa sortir le souffle qu'elle ne savait même pas qu'elle retenait.
Beth ne savait plus depuis combien de temps elle courait, elle était seule au milieu des bois. La seule arme qu'elle possédait était son couteau, elle ne savait pas exactement comment ça se faisait que son arbalète n'était pas avec elle. Elle était épuisée, recouverte de sueur et de saleté. La panique la dévorait littéralement, elle était bloquée, perdue et complètement angoissée. Le seul bruit qu'elle percevait était les grognements des rôdeurs qui se rapprochaient de plus en plus. Elle se savait entourée et presque sans défense. Son corps semblait ramolli par la fatigue et même si elle continuait à essayer de se battre, elle se connaissait assez pour comprendre qu'elle était en grand danger. Elle remarqua alors dix morts-vivants qui avançaient vers elle, menaçants et sans vraiment savoir comment, Beth se retrouva au sol. Elle poussa un cri rempli de sanglots alors qu'un corps chutait sur elle, rendant ses mouvements beaucoup plus difficiles, presque impossible. Elle sentit une mâchoire se rapprocher de son épaule et elle ferma les yeux, attendant le moment fatidique, les larmes glissant sur ses joues. Cependant, l'incident ne se produit pas, ne sentant aucune douleur, elle releva ses paupières, surprise par la soudaine immobilité du rôdeur sur elle. Cherchant ce qu'il l'avait sauvé du regard, elle aperçut Daryl avec son arbalète braquée sur les morts-vivants, les finissant un par un. Elle rassembla ses dernières forces pour repousser le marcheur sur elle, et se libérer de son poids. Elle aida l'archer à terminer ceux qui restaient. Elle n'arrivait à se souvenir de comment elle s'était retrouvée dans cette situation mais elle était consciente que le chasseur venait juste de la sauver. En faisant un tour sur elle même, elle vit que le sol était recouvert de corps tous pourris, elle se stoppa et s'accosta contre un arbre, essayant de reprendre une respiration régulière. Elle fit de son mieux pour gérer les larmes qui semblaient encore vouloir déborder, essuyant le trop plein sur ses joues d'une main rageuse.
- Tu vas bien ? S'inquiéta Daryl, en récupérant ses flèches avant de la rejoindre.
- Oui, je crois, soupira-t-elle d'une voix tremblante d'émotions. Sentant ses jambes fragiles, elle se laissa glisser le long du tronc pour s'asseoir dans la terre, prenant conscience qu'elle venait de peu d'échapper à la mort.
L'archer se rapprocha un peu plus d'elle, s'agenouilla devant elle, lui releva doucement le menton et la détailla du regard comme pour s'assurer qu'elle ne souffrait d'aucune morsure.
-Merci, souffla la jeune femme. Tu m'as sauvée.
Sans attendre, elle le serra dans ses bras et étonnamment, il lui rendit son étreinte. Comme si l'accolade lui redonnait des forces, ils se redressèrent sur leurs jambes, toujours serrés l'un contre l'autre. Pour l'instant, Beth n'avait qu'une idée en tête, profiter à fond de la chaleur qui émanait de cet homme. Prise dans un élan spontané, peut-être motivé par l'adrénaline ressentie précédemment, elle s'écarta légèrement, releva les yeux pour les plonger dans ceux de Daryl. N'hésitant pas une seconde, elle se pencha pour l'embrasser. Lorsque leurs lèvres rentrèrent en contact, un feu d'une puissance inouïe envahit les reins de Beth. Elle eut l'impression de flotter hors de son corps alors qu'elle sentait le chasseur répondre à son baiser et se détendre. Même si le geste avait d'abord été timide, il était maintenant beaucoup plus passionné, envoyant une série de papillons à l'intérieur de la jeune femme. Son corps se cambra à la recherche de la chaleur de l'archer, se frottant de plus en plus contre lui. La main de Daryl traça un chemin invisible, remontant à l'intérieure de ses cuisses pour passer au croisement de ses jambes. A travers le tissus de son jeans, la blonde avait l'impression qu'un brasier s'était formé, l'enflammant totalement. Un gémissement sortit de sa bouche, soufflant contre celle du traqueur. Au fur et à mesure que les secondes passaient, l'échange prenait une tournure passionnelle. La main de Daryl saisit l'ourlet du t-shirt de Beth et instinctivement, elle mit les bras en l'air pour l'autoriser à l'enlever. Le chasseur caressait chaque parcelle de peau libre de la jeune femme, passant de son ventre pour remonter vers sa poitrine et ...
Beth se redressa dans son lit aussi droite qu'un « i », sa respiration saccadée par le souvenir de ce rêve qui semblait si réel. Troublée par la sensation des mains de Daryl sur son corps, elle ressentait encore le plaisir qu'elle avait fortement imaginé. La jeune femme avait du mal à revenir à la réalité.
Après quelques secondes à respirer difficilement, elle se recoucha une main sur le coeur, les yeux grandement ouverts qui pourtant rejouaient les images qu'elle venait de rêver. Des frissons secouaient de façon interminable, l'entièreté de son être.
- Je suis complètement folle, murmura-t-elle pour elle-même.
Comment avait-elle pu en arriver là ? Bien sûr, elle ne pouvait nier le fait que Daryl était un bel homme, s'autorisant même à le qualifier de sexy. Elle avait pleinement conscience de toutes ces femmes qui étaient complètement admiratives devant lui, minaudant lorsqu'il était présent, espérant sans doute attirer son attention. Beth ne voulait aucunement leur ressembler, ce n'était pas du tout elle. Cependant, son rêve la perturbait bien plus qu'elle était prête à l'admettre. Elle se sentait encore excitée par leur proximité imaginée, une boule de chaleur ayant élu domicile au creux de son intimité, et elle comprit rapidement que le sommeil allait être impossible à retrouver.
Comment pourrait-elle à nouveau le regarder en face, après les images qui avaient envahi son subconscient ?
Ses traits lui avaient paru tellement réels, précis. Elle craignait que la passion présente dans ses yeux ainsi que l'envie qu'elle ressentait, se voient directement. Pourrait-elle lui cacher ? Elle n'en était pas convaincue du tout. Beth était mortifiée devant la réalisation qui prenait forme dans son esprit. Elle était attirée par Daryl Dixon. Il était devenu son fantasme. Toutefois, comme tout fantasme, il ne devait jamais se produire. Elle n'était pas assez stupide pour croire qu'un homme de quinze ans son aîné, pourrait un jour la regarder comme une femme, surtout un homme comme lui.
Elle secoua la tête comme pour chasser les images persistantes, elle ne cessait de se traiter de fille idiote et incrédule. Elle ferma les yeux un peu tristement, comprenant déjà ce qu'elle devait faire pour garder son esprit clair. Elle savait que c'était le moment de prendre ses distances, d'éviter le plus possible le contact avec l'archer. Peut-être que se rapprocher de quelqu'un d'autre l'aiderait à y voir plus clair, à faire le tri dans sa tête. Le fait de créer d'autres amitiés lui donnerait certainement l'occasion de se sortir Daryl Dixon de son esprit.
Quatre jours avaient passé depuis son étrange rêve. Autant quatre jours pouvaient passer vite, autant ces quatre derniers jours lui avaient paru une éternité. Beth avait en effet agi comme elle l'avait décidé, restant à l'écart de toutes tentations. Néanmoins, elle n'avait pas imaginé un instant que prendre ses distances allait lui procurer un tel manque. Celui-ci était tellement grand, qu'il devenait difficile à canaliser. Il faut dire, qu'elle n'avait plus été ni à la chasse, ni en raid et les murs de la prison lui paraissaient étouffant. Le seul truc qu'elle pouvait faire pour se défouler, était de liquider les rôdeurs qui s'entassaient aux grilles. En toute honnêteté, ce n'était pas du tout suffisant.
Elle voulait sortir, marcher dans les bois, retrouver ce sentiment apaisant qu'elle ressentait lorsqu'elle était à la chasse.
Elle avait l'impression que Daryl avait compris son besoin d'éloignement car il ne venait plus lui indiquer lorsqu'il allait à l'extérieure, comme si il ne souhaitait pas qu'elle l'accompagne. Il ne l'attendait pas le matin, ou encore il ne lui avait pas proposé une seule fois de venir en course. Il prenait avec lui Sacha, Maggie, Glenn, Michonne lorsqu'elle était présente, Tyreese et même Zack, ce qui pour être tout à fait franche, avait le don de l'agacer fortement. Surtout que le jeune homme avait tendance à lui raconter ses sorties dans les moindres détails, n'ayant pas conscience dans quel état émotionnel elle se trouvait.
Contrairement à Beth, Zack semblait beaucoup plus joyeux, ayant enfin obtenu le rapprochement qu'il cherchait depuis son arrivé à la prison. La jeune femme avouait que sa compagnie était agréable mais d'une certaine façon, il était étouffant. Elle avait espéré qu'il puisse la faire dévier de ses pensées intimes, néanmoins, pour l'instant, c'était un vrai échec. Ses rêves restaient remplis d'actes qui la faisaient rougir rien que d'oser y penser.
La blonde savait qu'elle n'était pas tout à fait honnête et elle en éprouvait quelques remords vis-à-vis du jeune homme, cependant, elle ne lui avait rien promis. Plus encore, elle le repoussait souvent avec douceur, ne souhaitant pas le blesser.
Ayant besoin d'air, Beth sortit à l'extérieur avec Juddith dans ses bras, pour rejoindre Carole sur un banc. Celle-ci parlait avec Bob, un nouveau venu que Glenn et Daryl avait ramener à la prison. Elle ne savait rien de lui, mais en tout cas, il avait un sacré sens de l'humeur et il gardait toujours le sourire.
- Hé Beth, salua gentiment son amie en la voyant se rapprocher.
Elle les salua poliment en retour et s'assit à leur côté, les écoutant sans grande attention, profitant des rayons du soleil qui lui apportait une certaine chaleur réconfortante. Carole la sortit de son délassement, en prenant Juddith qui commençait à gigoter sur ses jambes et ce fut à ce moment là, qu'elle aperçut Daryl au loin, il se dirigeait vers sa moto. Inconsciemment, elle soupira de frustration, elle ne savait pas trop si celle-ci était dû au manque d'attention de l'archer sur elle, ou si c'était juste dû au manque d'action.
-Tu vas bien ? S'inquiéta aimablement Bob, lui accordant un petit sourire et elle remarqua aussi vite, le regard interloqué de Carole.
-Oui, oui, je vais bien, assura-t-elle.
Toutefois, elle ne put empêcher son visage de se fermer un peu plus en apercevant Zack se diriger vers eux.
-Tu es sûre ? Insista la femme plus âgée, balayant ses yeux du jeune homme à Beth, comme si elle comprenait les émotions qui couraient en la blonde.
La jeune Greene essaya de sourire du mieux possible mais elle était consciente que ça ressemblait probablement plus à une grimace qu'à un vrai sourire. Elle avait l'impression d'imploser sous les différents ressentis qui l'encombraient.
- Bethy, s'écria joyeusement Zack en prenant place à ses côtés. Il fit mine de l'embrasser mais la blonde recula maladroitement sa tête, se détournant aussi vite de lui. Elle savait que c'était sa faute, elle l'avait laissé croire en quelque chose qui n'existait pas et les choses avaient dérapé d'une manière qu'elle n'avait pas prévue. La veille, elle avait cédé, elle lui avait accordé un baiser qu'il avait réclamé maintes et maintes fois. Du coup, il devait penser qu'ils étaient un couple. Pour Beth, les choses étaient claires, elle ne voulait rien envisager pour l'instant. Zack était gentil et charmant mais c'était trop rapide et il était trop tactile à son goût.
- Je pars en course, annonça-t-il.
- Aujourd'hui ? S'étonna la blonde. Il répondit d'un hochement de tête positif. Avec qui ? S'informa-t-elle.
- Sacha et Daryl.
Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase, l'information de trop pour elle. Elle voulait sortir, elle devait s'aérer l'esprit, souffler, s'éloigner de cette prison. Elle pouvait courir à sa place, non, elle le devait, elle en avait besoin.
Elle se leva sous les yeux surpris des autres et les quitta pour se rapprocher de Daryl. Elle sentit le jeune homme faire un geste pour la suivre, et elle fut étonnée d'entendre Carole le retenir. Beth se promit de la remercier pour ça un peu plus tard. D'un pas déterminé, la jeune femme s'avança vers l'archer occupé à vérifier les véhicules qui serviraient pour la course.
- Salut, lança-t-elle pour amorcer la conversation.
- Qu'est-ce que tu veux ? Cracha-t-il brusquement.
Beth dut se faire violence pour ne pas reculer devant cet accueil peu chaleureux. C'était donc aussi simple que ça, il avait fallu que quelques jours pour faire reculer leur relation de plusieurs mois.
- Tu pars en raid ? Demanda-t-elle en levant la tête, ne voulant pas se démonter.
- Ouais.
- Je veux venir, déclara-t-elle.
- Pas moyen. J'ai déjà les gens pour y aller.
- Je prends la place de Zack, affirma-t-elle plus rudement.
Il releva alors le visage d'un coup sec vers elle, et elle ne pouvait jurer de rien, mais elle eut presque l'impression que c'était la mention du jeune homme qui l'avait fait réagir.
- Trop tard, dit-il simplement. Son regard était froid, distant, il n'y avait quasi pas d'émotion visible en lui, à part peut-être une certaine colère qu'il essayait de canaliser. Seulement, elle ne voulait pas abandonner si vite, elle voulait lui faire comprendre qu'elle était déterminée à l'accompagner, elle sentit la pression monter aussitôt en elle.
- Je peux savoir pourquoi tu m'en veux ?
Elle le vit tiquer mais il ne sortit pas un seul mot.
- Putain Daryl ! cria-t-elle subitement. En quatre jours, on ne s'est pas dit plus de deux mots.
- Et alors ?
Elle se força à se taire pendant un instant, ne voulant rien dire qui pourrait la trahir. Les seules paroles qui lui venaient en tête étaient « tu me manques ». Cependant, elle préférait se couper une main que de le lui avouer, elle savait que ça ne ferait qu'aggraver la situation.
- J'ai besoin de sortir, la prison m'étouffe, expliqua-t-elle sincèrement. Je veux aller en course avec toi, avec vous, se reprit-elle rapidement.
Si le chasseur avait conscience de son trouble, il le cachait très bien. Il s'essuya les mains avec son bandana, l'observa en silence pour finir par secouer durement la tête de manière négative.
- Tu sais quoi ? J'ai pas besoin de ta permission. J'irais dans la voiture avec Sacha ... et Zack, sauf si tu lui dis de ne pas venir, brava-t-elle.
- Pas besoin d'une gamine dans mes pieds, grogna-t'il méchamment.
- Une gamine ? Sérieusement ? T'en as pas marre de faire le con ?
Elle était totalement consciente qu'elle perdait tout contrôle, elle avait une telle envie de le frapper, qu'elle ne savait plus ce qui la retenait.
- De un, c'est moi qui fais les équipes. De deux, si tu veux flirter, tu le fais ailleurs qu'en raid.
Elle ouvrit la bouche pour lui hurler dessus mais la referma aussi vite, elle ne comprenait plus rien. Elle était choquée, plus encore blessée.
- Flirter ? Répéta-t-elle, un peu ahurie. Je ... Tu ... vas te faire foutre Dixon, finit-elle par lancer.
Elle tourna les talons et s'éloigna le plus rapidement possible, mettant de la distance entre eux. « Mais quel est son problème ? » s'interrogea-t-elle. Elle était fâchée et frustrée par la façon dont il venait de lui parler. Ils avaient lié une certaine amitié au fil des semaines, certes fragile mais que Beth avait cru réelle et sincère, pourtant il venait juste de la traiter comme une merde.
La colère grondait en elle et elle avait besoin de se défouler, elle sortit son couteau et se précipita sur les grilles. Aussitôt arrivée à celles-ci, elle se mit à défoncer les cranes des rôdeurs, les uns après les autres.
- ça va Beth ? La surprit Zack, faisant inconsciemment doubler sa rage.
- Mmh Mmh ! Grogna-t-elle, en se sentant incapable de dire quoi que ce soit. Elle voulait juste être seule et laisser sortir sa fureur.
- C'est à propos de Daryl ? Questionna-t-il. La jeune femme se doutait qu'il les avait vus discuter ou plutôt se disputer.
- Pas du tout, nia-t-elle malgré tout. Juste un peu fatiguée.
- Ok.
Il se rapprocha d'elle par derrière et plaça doucement sa tête dans son cou pour lui faire un bisou. Immédiatement, tout le corps de la blonde se raidit et elle recula de plusieurs pas. « va flirter » répétait la voix de l'archer dans sa tête.
- écoute Zack, j'ai envie d'être seule, s'emporta-t-elle légèrement.
Sans un mot, il hocha la tête et s'éloigna. Beth savait qu'elle n'était pas très sympathique cependant, en ce moment précis, elle était trop préoccupée par son accrochage avec le chasseur pour se sentir coupable.
Elle soupira et retourna à sa tâche, essayant de mettre toute son irritation dans ses gestes. Elle était en colère car il l'avait traiter comme une gamine, comme si elle n'avait pas changé depuis leur rencontre. Honnêtement, elle ne savait plus trop si elle était fâchée contre lui ou contre elle-même. Qu'avait-elle cru ?
Elle s'en voulait pour la simple et bonne raison que contrairement à ce qu'elle essayait de se convaincre, ce n'était pas les course, ni la chasse, ni même les entraînements qui lui manquaient. C'était ce qui reliait les trois choses ensembles, ce qui lui manquait, c'était Daryl Dixon. « Quelle conne » se maudit-elle. Il avait tout à fait raison, elle n'était rien d'autre qu'une gamine qui fantasmait sur un homme insaisissable.
« pas besoin d'une gamine ... va flirter ailleurs » ces mots résonnaient en elle, encore et encore. Soudain, elle stoppa tout geste, laissant retomber son bras le long de son corps, revoyant l'image de l'archer face à elle lors de leur dispute. Son expression presque illisible, imperturbable, ses yeux sombres, froids, et le changement de comportement à la mention de Zack. Les yeux de Beth s'écarquillèrent devant l'idée qui germait dans sa tête, il avait eu cet éclat de jalousie, réalisa-t-elle.
Daryl était jaloux.
- N'importe quoi, murmura-t-elle pour elle-même.
C'était juste impossible. Elle voulait tellement croire qu'elle pouvait représenter quelque chose pour lui, qu'elle avait dû imaginer cette lueur au fond de ses yeux. Elle était assez logique pour savoir que tout ça n'était qu'une partie de ses rêves. Serrant la sangle de son arbalète, comme pour s'assurer que celle-ci était toujours bien en place, elle reporta son attention sur les rôdeurs.
Après s'être défoulée pendant quelque temps, elle supposa au moins une demi heure, elle alla récupérer Juddith qu'elle avait abandonné à Carole.
En reprenant le bébé, son amie lui indiqua que Zack était parti comme il le lui avait demandé de le faire. Beth hocha simplement la tête devant l'information, se réjouissant silencieusement que celui-ci ne viendrait pas la coller dans l'immédiat. Beth se dirigea vers la pièce de rassemblement où quelques personnes y étaient présentes, notamment Maggie, assise à une table. Elle leva les yeux en l'air, elle n'avait aucune envie de discuter pour l'instant, elle sentait encore que son humeur était sur le qui-vive. Elle ne voulait pas supporter les remarques que pouvaient lui faire son aînée. Malheureusement, c'était sans compter sur l'observation de cette dernière.
- Bethy, appela-t-elle, en lui faisant signe de la rejoindre.
La plus jeune jeta un regard sur le bébé dans ses bras, haussa les sourcils d'un air exaspéré et le pieds lourd avança vers sa soeur.
- Tu n'as pas l'air dans ton assiette, remarqua-t-elle.
- ça va, mentit Beth ne voulant en rien rentrer dans les détails.
Elle se sentait toujours fâchée contre Daryl. Pour être tout à fait franche, elle n'avait jamais aimé être en conflit avec quelqu'un. Cependant, elle avait vu rouge et elle n'arrivait pas réellement à se calmer. Maggie la fixa avec insistance, l'expression de son visage signifiant « j'ai deux yeux tu sais ». Elle soupira une nouvelle fois de contrariété et se força à répondre.
- Un peu énervée.
Elle mit Jude sur ses genoux, face à elle, lui souriant et la faisant doucement sauter sur ses jambes, pour l'amuser.
- A cause ? Zack ? Supposa la plus âgée.
- Non, rien à voir.
Malgré le fait qu'elle essayait de se contenir, Beth sentait la frustration monter en elle devant les questions de sa soeur. Elle n'avait aucune envie de lui expliquer les raisons de sa colère mais elle connaissait assez Maggie pour savoir qu'elle ne lâcherait pas l'affaire tant que sa curiosité ne serait pas satisfaite.
- J'ai eu un accrochage avec Daryl, rien de grave.
Le regard de la brune sembla mi étonné, mi soupçonneux alors Beth décida de lui faire un court résumé de la situation, essayant bien entendu de ne rien dévoiler de compromettant.
- Je voulais l'accompagner sur une course mais il a refusé.
- Pourquoi ?
- Assez de monde.
Il était hors de question qu'elle lui expose les termes de leur désaccord dans l'exactitude, elle se sentait déjà assez bouleversée comme ça. Au delà de ça, elle devait avouer qu'elle ne comprenait pas vraiment le refus de l'archer, ni son ton si brusque et méprisant vis à vis d'elle.
- Tu iras la prochaine fois, ajusta simplement Maggie comme une évidence.
Tant bien que mal, la plus jeune fit de son mieux pour lui répondre d'un sourire, faisant son possible pour paraître détachée.
- T'as sûrement raison.
- Bon alors, chose sérieuse, comment ça se passe avec Zack ?
Cette fois-ci, elle n'essaya pas de cacher son exaspération, elle secoua la tête de gauche à droite. Sa soeur avait le don de soulever des sujets auxquels elle n'avait aucune envie de participer. Cependant, devant les yeux intrigués de la brune en face d'elle, elle savait qu'elle devait trouver un truc à dire.
- Il est gentil.
- C'est tout ? Pourtant j'ai cru comprendre que vous vous étiez embrassé, sourit-elle de toute ses dents, comme si c'était la plus belle nouvelle au monde.
Apparemment c'était vraiment pas sa journée. Beth dut se faire violence pour ne pas rugir toute la rage qu'elle ressentait.
- Comment tu le sais ? S'écria-t-elle.
Devant la force de ces mots, l'humeur de Maggie déclina quelque peu, tout en gardant un léger sourire sur les lèvres.
- C'est arrivé à mes oreilles.
Oh mon dieu, si Zack, l'avait dit à tout le monde, elle ferait une crise de nerfs, elle n'avait pas du tout envie de former un couple, ni que les autres s'amusent d'une romance qui n'existait même pas. Elle devait régler ce problème au plus vite. Elle se demanda alors si le bruit était arrivé jusqu'à Daryl et si ça expliquait la raison de sa méchante humeur avec elle. Elle repoussa l'idée en se disant que même si c'était le cas, il n'en avait probablement rien à faire.
- ça pose un problème ? S'inquiéta sa soeur qui semblait avoir suivi son combat intérieur.
- ça n'est rien d'important, ça ne représente rien, affirma-t-elle.
L'euphorie de son aînée chuta d'un seul coup et son visage prit une expression des plus sérieuses.
- Il y a un sujet dont tu voudrais qu'on parle ? Sonda-t-elle d'un œil inquisiteur.
Beth haussa simplement les épaules, ferma les yeux quelques secondes comme pour repousser toute pensée relative au chasseur. Toutefois, le regard de la brune resta bloqué sur elle et elle comprit qu'elle voulait lui dire quelque chose, et elle n'était pas sûre de l'aimer.
- Qu'est-ce que t'as Maggie ? Crache le morceau, l'encouragea-t-elle sur un ton un peu sec.
La blonde se rendait compte qu'elle devenait de plus en plus rude comme si une partie de sa douceur était partie avec l'arrivée du nouveau monde. Malgré tout, pour l'instant, elle était persuadée que c'était surtout parce qu'elle craignait ce que sa soeur avait à lui dire.
- Ne t'énerve pas... Mais... Tu crois pas que tu passes trop de temps avec Daryl ?
Beth ouvrit la bouche pour la refermer aussitôt, stupéfaite par la question de son aînée. Elle s'était attendue à tout sauf à ça. Sans savoir pourquoi, elle se sentait blessée, une deuxième fois sur la même journée. Elle se sentait incomprise. Elle se mit debout rapidement, plaça Juddith sur sa hanche et essaya au mieux de gérer sa colère.
-Tracasse pas pour ça, il n'y aura plus d'entraînement, ni de partie de chasse, ni même de course avec lui. Si ça peut te rassurer, ça fait quatre jours qu'il ne m'adresse plus la parole. Je pense donc que tu peux arrêter de te poser la question, explosa la blonde.
-Beth, je ... commença Maggie alors que la plus jeune se détournait déjà.
-Non, je ne veux pas en parler.
Sans un mot de plus, Beth s'éloigna, irritée au plus haut point, elle voulait être seule, non, elle en avait besoin.
Sa colère avait mis du temps avant de s'apaiser. Après sa dispute avec Daryl, puis sa conversation avec sa soeur, Beth s'était sentie comme une cocotte minute, prête à exploser à tout moment. Heureusement, pendant les heures qui ont suivi, Juddith avait aidé la jeune blonde à reprendre le contrôle de ses émotions. La présence du bébé était toujours une bénédiction pour elle, et un moyen de décompression. Elle était restée dans sa cellule un long moment, chantant à la fillette et profitant de ses sourires. Lorsque le calme l'avait à nouveau envahie, elle avait pu se permettre de laisser ses pensées converger doucement vers l'archer. Elle ressentait le besoin de comprendre son comportement agressif envers elle. Beth avait conscience que les sensations qu'elle ressentait à propos de lui, pouvaient devenir dangereuses et très embêtantes. Cependant, elle savait également qu'elle n'était pas capable de couper leur lien, aussi infime fut-il, elle voulait le conserver.
Elle devait avoir une discussion avec lui, si à nouveau, il la rejetait, alors elle se ferait une raison et ne l'ennuierait plus. Tout compte fait, c'était leur accord quand elle lui avait demandé de la former, « si j'en ai marre et que je dis stop, on arrête tout » s'était-il assuré à l'époque et elle le lui avait accordé. Du coup, si il avait décidé qu'il n'en pouvait plus, elle l'accepterait. Seulement, elle devait savoir, elle se promit alors d'aller lui parler ce soir même.
Elle se décida alors de sortir de ses quartiers pour aller aider à faire le repas. Elle sut immédiatement qu'ils étaient rentré de la course car elle croisa Zack qui lui sourit et elle l'ignora magistralement.
Carl arriva pour récupérer Juddith et la conduire à son père, ce qui permit à Beth d'apporter toute son aide et son temps à Carole et aux femmes présentes. Beth les écoutait discuter distraitement, perdue dans ses propres réflexions. Une boule se formait dans son estomac, en sachant pertinemment qu'elle allait bientôt devoir rassembler tout son courage pour discuter avec le traqueur.
Le soir était maintenant tombé, et les dernières personnes encore présentes au repas commencèrent à retourner dans leur cellule. Beth savait que Daryl était dans la tour de garde et comme elle l'avait déjà fait auparavant, elle prépara une assiette pour lui porter de quoi manger. Se servant de ça comme excuse, elle se dirigea d'un pas décidé pour le rejoindre. Elle ignora parfaitement le regard lourd de Maggie braqué sur son dos. Malgré sa détermination, plus elle avançait, plus elle sentait le doute l'accabler. Elle n'était pas sûre d'être prête à supporter un autre rejet de la part de cet homme. Elle n'avait pas non plus envie de rentrer dans un autre combat verbale, dans lequel elle ne comprendrait même pas la raison. Cependant, elle ne pouvait pas faire demi tour, elle était motivée à l'affronter quoi qu'il advienne. Elle devait connaître son point de vue et encore plus savoir où elle en était. En toute honnêteté, elle voulait juste partager un moment rien qu'avec lui.
Repoussant le nœud d'angoisse qui lui broyait la poitrine, elle franchit la tour de garde pour venir s'installer à ses côtés, à distance raisonnable, lui laissant son espace personnel. Sans échanger le moindre mots, elle lui tendit l'assiette et il la prit sans même un regard.
Un silence tendu s'installa entre les deux. Des mots défilèrent dans la tête de la jeune femme sans qu'elle puisse trouver le courage d'en prononcer un seul. C'était rare quand la blonde ne savait pas quoi dire, son père s'amusait toujours à dire qu'elle avait toujours réponse à tout. Pourtant, à cet instant précis, elle se retrouvait muette comme une carpe, reconnaissante qu'il ne lui ait pas dit de partir, enfin pas encore.
- Pourquoi t'es là ? Retentit la voix froide de l'archer, la faisant sursauter.
Elle ressentit soudainement le besoin de se lever et de quitter cet endroit, cependant, elle se rappela l'objectif de sa visite et rassemblant son courage à deux mains, elle lui fit face.
- Je t'ai apporté à manger, essaya-t-elle de sourire, un peu ironique.
- Voilà c'est fait, claqua-t-il. Tu peux y aller.
Elle repoussa la mèche qui tombait devant ses yeux et pinça fortement les lèvres en une fine ligne, retenant la rage en elle. Elle n'allait pas lui faciliter la tâche, si il ne voulait plus ni chasser avec elle, ni l'entraîner, ni même lui parler alors il allait au moins devoir lui expliquer le pourquoi.
- Un merci ça te tuerait ?, souligna-t-elle, essayant de maîtriser sa voix.
Il grogna une réponse qu'elle ne saisit pas et quelque chose au fond d'elle se déclencha, comme si par son attitude il venait d'allumer un interrupteur.
-Tu vas me dire ce que j'ai fait, s'emporta-t-elle en se relevant.
Elle le vit serrer les dents sans lui accorder un seul regard, visiblement, il n'avait pas l'intention de lui répondre. Beth se refit le film de leur derniers moments passés ensemble, essayant de déterminer où elle avait fauté. Elle avait beau y réfléchir encore et encore, elle ne comprenait pas.
De son côté, elle savait que ses étranges rêves l'avaient un peu encouragée à prendre une certaine distance, croyant que l'éloignement était la bonne chose à faire. Elle n'avait pas eu envie de l'observer du coin de l'œil, ni rougir dès qu'il lui aurait adressé la parole. En voyant où tout ça l'avait menée, elle ne pouvait pas s'empêcher de se dire, qu'elle aurait dû faire semblant de rien, camoufler le plus possible son trouble et continuer comme avant. Au lieu de ça, elle avait choisi de draguer un garçon qui ne l'intéressait pas du tout, espérant y voir plus clair. Elle s'était bien trompée, maintenant, elle se retrouvait avec un mec qui imaginait quelque chose qui n'avait pas lieu d'être. Tout était sa faute, elle lui avait donné de faux espoirs.
Elle poussa un soupir d'agacement mais aussi de déception, ça ne servait à rien de rester là, elle le connaissait assez pour savoir qu'il ne dirait rien. Déçue, elle se dirigea vers la porte pour le laisser seul. Toutefois, sachant qu'elle n'avait rien à perdre, avec un sursaut d'énergie, elle pivota à nouveau pour lui faire face.
- Je sais ce qu'on a dit, que quand t'en avais marre, on arrêtait là, je respecte. Je ne m'opposerai pas à ça. Mais ... Pourquoi maintenant ? ... je pensais que j'avais progressé... grâce à toi... si j'ai fais quelque chose qui t'as déplu, j'en suis désolé.
Sur le coup, elle s'était retournée pour lui crier dessus, parce qu'elle avait eu envie de l'insulter de tous les noms imaginables, elle avait ressenti le besoin de laisser sortir sa colère. Seulement, elle n'était pas comme ça. Elle ne voulait pas l'affronter. Même si il pensait qu'elle n'était rien d'autre qu'une gamine, elle voulait lui montrer qu'il ne voyait pas en elle, ce qu'elle était devenue. Malgré le fait, qu'elle avait la volonté de rester forte et plus mâture qu'il le croyait, elle sentit les larmes inonder ses yeux. Elle baissa le regard vers le sol, souhaitant dissimuler sa faiblesse.
- Daryl... je suis désolée... je ne t'embêterai plus, finit-elle la voix tremblante à cause de l'émotion qu'elle ressentait. Avant d'éclater en sanglot, elle décida de partir.
- Beth... le son la surprit, elle arrêta son geste sans se retourner, se demandant si elle n'avait pas imaginé son nom.
- T'as rien fait... lâcha-t-il faiblement.
Le coeur de la jeune femme battait violemment dans sa poitrine, elle se permit de laisser sortir l'air qu'elle retenait dans ses poumons, sans même s'en apercevoir. Lentement, elle pivota sur elle même pour l'observer. Elle remarqua tout de suite à la couleur de sa peau qu'il était gêné. Elle n'osait pas ouvrir la bouche pour parler et elle n'était pas réellement sûre qu'il le ferait non plus.
- Pourquoi... commença-t-elle mais elle se stoppa net, le temps de rassembler ses idées, choisissant ses mots avec prudence. Pourquoi tu ne m'entraînes plus ? Pourquoi ne m'amènes-tu plus chasser ? Ou en course ? Osa-t-elle interroger, essayant de repousser l'angoisse que lui inspirait la future réponse.
Elle resta debout, immobile face à lui, laissant de l'espace entre eux, ne souhaitant pas être trop proche de lui, ayant peur de ne plus savoir réfléchir correctement. Par dessus tout, elle ne voulait pas l'oppresser. Si déjà, il lui donnait une réponse, alors elle saurait qu'elle avait eu raison de venir ce soir.
- Tu n'en as plus besoin, argumenta-t-il sans relever les yeux dans sa direction. Tu sais te battre, tu sais traquer.
Sous ces faits, Beth se sentit rougir, les prenant comme des compliments. Elle était consciente qu'elle avait évolué cependant, elle savait qu'il avait tort. Elle avait encore énormément à apprendre, et de toute façon, qu'il ait raison ou tort à ce sujet, les moments entre eux deux, lui manquaient plus qu'ils étaient sensés le faire.
- Tu peux encore me montrer plein de chose. J'ai encore des progrès à faire et tu le sais, je ne veux pas arrêter nos séances, avoua-t-elle mal à l'aise.
C'était tellement vrai ce qu'elle venait de dire, ça faisait trois voire quatre mois qu'ils passaient presque tout leur temps libre ensemble et d'un coup, ils ne se parlaient plus. Comme si quelque chose avait provoqué cette coupure, elle ne pouvait pas remettre ça que sur le fait de ses rêves un peu trop torrides. Il devait y avoir une autre raison.
- Qu'est-ce que j'ai fait ? Interrogea-t-elle, et encore une fois, elle redouta d'entendre ce qui allait suivre.
Pour la première fois depuis qu'elle était arrivée, Daryl la regarda, plus encore il fixa ses yeux dans ceux de la blonde. Il n'avait pas les mots pour lui exprimer le pourquoi de son éloignement. En fait, il n'avait jamais eu les mots pour rien du tout et ce n'était pas aujourd'hui que ça allait changer.
Toutefois, face aux pupilles bleues claires remplies d'une lueur inquiète, Daryl savait qu'il devait répondre. C'était comme si la jeune femme se blâmait pour quelque chose dont elle n'était pas responsable, comme si elle était vraiment coupable. Il ne pouvait la laisser croire ça.
Dans sa tête, il entendait à nouveau la conversation qu'il avait partagé avec Hershel quelques jours plus tôt, lui rappelant pourquoi il avait pris brusquement ses distances avec elle. Il ne voulait pas lui permettre de passer les murs qu'il avait construit autour de lui. Bien sûr, il doutait qu'elle puisse y arriver mais il ne voulait pas lui accorder la moindre chance, il ne voulait pas qu'elle ait l'occasion d'y parvenir.
Au delà de ça, il se sentait coupable devant la réaction de son propre corps. En effet, il avait senti celui-ci réagir incontestablement à la proximité du corps de Beth. Il ne pouvait s'empêcher d'en être troublé.
Oubliant pour l'instant tout ça, il se concentra sur le regard triste et perdu de la jeune femme face à lui. Il savait qu'il lui avait causé du chagrin et il se demanda si de toute façon ceci n'était pas prévisible. Tout le monde savait que rester à côté d'un Dixon signifiait souffrir à un moment ou un autre, alors tout compte fait, valait peut-être mieux maintenant que plus tard.
- Rien, déclara-t-il finalement.
Elle fronça les sourcils et croisa les bras sur sa poitrine, attendant qu'il se décide à en dire plus. Daryl retint un petit sourire, sachant que c'était la position qu'elle prenait lorsqu'elle voulait absolument quelque chose. En l'occurrence ici, des réponses.
- Assieds-toi fille, recommanda-t-il, mais elle hésita, restant sur ses appuis.
- Têtue comme une mule, se moqua l'archer devant l'insistance de Beth.
- Je n'ai rien fait, et pourtant tu n'as fait que me rejeter depuis quatre jours, encore ce matin. Excuse moi de me poser des questions.
- Juste besoin d'être seul, essaya-t-il de la convaincre.
En même temps, c'était en partie vrai, il savait que c'était préférable de lui avouer ce fait, que d'être parfaitement honnête avec elle. Il ne pouvait pas lui révéler tout ce qui se passait en lui.
- Désolé, finit-il par lui accorder. Je suis pas doué avec les gens.
Beth se permit alors un sourire. Daryl Dixon s'excusait et en plus à elle. Elle eut presque envie de se pincer pour être sûre qu'elle ne rêvait pas. Satisfaite de la petite réponse qu'elle avait enfin obtenu, elle s'assit à ses côtés. Pendant leur conversation, il avait terminé son assiette et l'avait posée en arrière. Le silence était de retour dans la tour, mais étonnamment, il était beaucoup plus apaisant que le précédent.
Beth se sentait enfin respirer normalement, elle était calme et rassurée, elle était avec lui et c'était la première fois en quatre jours. Elle l'observa en silence, remarquant chaque trait sombre sur son visage. Ses cheveux avaient poussé depuis leur rencontre à la ferme, des mèches commençaient à tomber sur ses yeux mais ce n'était en rien gênant. Sa mâchoire était dure, carrée alors qu'il fumait une cigarette. La lueur de la lune se reflétait dans ses pupilles. Beth n'avait qu'un seul mot pour le décrire à ce moment là, c'était beau. Daryl Dixon était beaucoup de chose, brute, rude, têtu, ombrageux, sexy mais la réalité frappait Beth, il était beau.
Elle avala difficilement sa salive et se gronda intérieurement « arrête d'agir comme une gamine Greene » ce n'était pas de cette façon qu'elle allait garder la tête froide. Elle savait qu'elle devait détourner les yeux, mais elle en était incapable, comme si une force invisible la tenait dans la position. Ce fut lui qui lui fit face, plongeant ses yeux dans les siens. Beth avait conscience qu'elle aurait dû être gênée ou ressentir un certain malaise pourtant, il n'en était rien. Aussi surprenant que cela puisse paraître, elle n'avait aucun problème avec le fait d'avoir été prise en flagrant délit d'observation. Elle ressentait même comme une boule de chaleur sous la puissance du regard du chasseur.
- Arrête de regarder, gronda-t-il doucement.
Comme il s'y attendait sûrement, elle n'en fit rien et se contenta de lui sourire vaillamment. Il secoua la tête semblant mi amusé, mi agacé.
- Depuis quand tu fumes ? Demanda-t-elle soudainement.
Il balaya simplement la question d'un geste de la main.
- Trop longtemps pour que je puisse m'en souvenir, grogna-t-il.
- J'ai jamais essayé, avoua-t-elle, une étincelle dans le regard.
Elle pencha la tête légèrement vers lui, comme pour lui faire comprendre qu'il devait lui passer sa cigarette mais il nia de la tête.
- Même pas en rêve fille, j'tiens trop à mon cul.
Elle sourit plus large devant sa remarque, évitant de lui faire part de ce qui se déroulait dans sa tête. Elle leva un sourcil et fit une petite moue, mimant le fait d'être mécontente, et un peu frustrée.
- Une fois, un secret entre nous, quémanda-t-elle d'une petite voix.
Il l'observa alors, et aperçut sa mine envieuse, ses yeux brillaient d'une étrange lueur. Il dut s'avouer à cet instant précis, que son contact lui avait manqué durant ces quatre derniers jours. Cette fille devait certainement cacher un petit diable derrière ce visage d'ange. Il était parfaitement conscient qu'il avait de plus en plus de mal à lui refuser ses requêtes. Non, pour être franc, il ne savait rien lui refuser, surtout lorsqu'elle le regardait de la sorte, avec des yeux aussi doux que ceux d'une biche.
Il lui tendit la cigarette qu'elle glissa entre son index et son majeur pour diriger le bout à sa bouche. Daryl ne sut détourner le regard alors qu'elle faisait le geste, la vision lui semblant étrange et hypnotisante. Beth Greene était entrain de fumer, si Hershel voyait ça, il savait qu'il prendrait cher.
La jeune femme inspira et inhala la fumée et ce qui devait se produire, arriva. Elle se mit à tousser comme si elle allait cracher ses poumons et dès que la quinte de toux fut terminée, une grimace de dégoût se dessina sur son visage.
- Oh mais c'est horrible... gémit-elle.
Il reprit la cigarette en ricanant légèrement.
- Cette chose va te tuer, râla-t-elle à nouveau.
- Voila pourquoi tu n'y toucheras plus jamais.
- Oui, Mr Dixon, affirma-t-elle moqueuse en appuyant chaque syllabe.
Le silence retomba à nouveau, le seul bruit qui leur parvenait, était les grondements des quelques rôdeurs qui s'agglutinaient aux grilles. Beth n'était pas prête à en faire part à quiconque, mais elle redoutait le jour où les barrières céderaient. Elle ne put empêcher un frisson d'horreur de parcourir son corps, à cette idée. Si ça devait arriver, elle serait prête à les affronter toutefois, une certaine angoisse enserrait toujours son coeur lorsqu'elle y pensait. Il n'était pas question que de elle, elle se rendait compte de toutes les personnes qu'il faudrait protéger. Tous ceux de Woodbury, les plus vieux comme son père, les plus jeunes comme Luke, Mika, Lizzie, Juddith... Elle ferma les yeux en visualisant le visage du bébé. Il y avait tellement de monde maintenant, et elle se battrait contre n'importe quoi pour qu'ils puissent rester à l'abri. Elle se força à éloigner les mauvaises réflexions.
- Les fraises me manquent, souffla-t-elle en se tournant vers Daryl, un petit sourire aux coins des lèvres. Seul le bruit extérieur lui répondit, alors elle continua.
- Un bain me manque, les douches, c'est bien mais un bain... je retournerai bien au lac où tu m'as emmenée l'autre jour, exposa-t-elle, innocemment.
A ces mots, l'image de la jeune blonde immergée dans l'eau, se forma dans l'esprit de l'archer, rendant sa respiration un peu laborieuse. Il repoussa vite fait cette illusion, en se traitant de tous les noms d'oiseaux qu'il connaissait.
Il savait ce qu'elle faisait, mais encore une fois, Daryl n'était pas très doué pour ce genre de chose. Il n'était pas le type de personne à se laisser aller à des jeux ou des moments de détendre. Pourtant la voir là, avec une certaine légèreté et un peu joyeuse, l'autorisa à la suivre presque indépendamment de lui.
- Les hamburgers me manquent, sortit-il enfin.
Elle prit sa lèvre inférieure entre ses dents, la mordillant discrètement, une lueur amusée dans le regard.
- Le chocolat me manque, poursuivit-elle.
- Les biscuits me manquent.
- La télévision me manque, dirent-ils d'une même voix. Beth laissa un rire franc quitter sa bouche, alors que l'archer lui accordait un vrai sourire.
- Maman faisait de super biscuits avec des pépites de chocolat et des fruits rouges. Avec Maggie et Shawn, on se disputait toujours le dernier, se rappela-t-elle.
C'était encore douloureux de se souvenir de sa vie avant le tournant, de son frère, de sa mère, des gens qui avaient partagé leur quotidien et qui aujourd'hui n'étaient plus là. Cependant, à cet instant précis, parler de ça était juste agréable, peut-être parce qu'elle se confiait à Daryl, parce qu'elle aimait l'idée qu'il la connaisse mieux, elle n'en était pas très sûre. La seule chose dont elle était certaine, c'était qu'elle ne se sentait pas triste.
- Ma mère en faisait aussi. Souvent c'était de la merde, expliqua-t-il à son tour.
La blonde était tellement surprise par ce simple aveu qu'elle n'osait pas bouger, ni prononcer un seul mot, ne voulant pas l'arrêter dans son élan. Elle ressentait tellement le besoin de mieux le connaître qu'elle aurait pu rester muette pendant des heures et se contenter de l'écouter.
- Elle a fini en fumée, brûlée par les flammes, baisée par la vie. Par un vieux con.
Beth pouvait voir la douleur toujours présente au fond de lui. Perdre sa mère était horrible, elle le savait mais pour un petit garçon, la peine devait être indescriptible. Elle pensa immédiatement à Carl et elle comprit alors l'attachement que lui portait Daryl. Ils se comprenaient, ils avaient traversé la même douleur, le même enfer. Elle se demanda alors si le chasseur avait au moins un souvenir heureux dans son passé, l'observant silencieusement elle ne pouvait qu'en douter. Instinctivement, elle avait envie de lui prendre la main et de la serrer pour lui apporter la preuve de son soutien. Toutefois, quelque chose au fond d'elle lui indiquait que ce n'était pas une bonne idée. Le geste le ferait se taire et plus encore s'écarter d'elle.
- Ça a été Merle et moi, longtemps. Avec ce fils de pute. Ensuite Merle est parti, il le devait. Alors c'était le vieux et moi.
Elle savait que chaque mot était difficile à sortir, elle le comprenait, elle n'était pas dupe, mais dans un sens elle était touchée qu'il lui confie ces choses.
-C'est lui qui a fait ça ? Osa-t-elle demander, n'arrivant pas à se retenir.
Elle parlait avec douceur, lui indiquant son dos d'un signe de tête. Elle avait peur de le brusquer, elle avait peur qu'il se taise. Seulement, si il le faisait et qu'il décidait de ne pas répondre, alors elle lui accorderait ce silence, elle ne lui en voudrait pas. Tout fois, elle se sentait tellement submergée par les émotions devant ces confidences, qu'elle ressentait le besoin d'en profiter. Ses paupières clignotèrent à plusieurs reprises, et elle se demanda si les images de son passé se répétaient dans sa tête. Un soupçon de remord encombra Beth mais lorsqu'il hocha positivement la tête, ce fut la colère qui prit place dans sa poitrine.
- Juste un putain de fils de pute alcoolique, grogna-t-il.
- Personne ne mérite ça, surtout pas toi. Il n'a aucune excuse. Tu n'étais qu'un enfant et lui un monstre abusif, assura la jeune femme d'une voix vibrante de rage et de rancœur. Il a obtenu ce qu'il voulait de toi, maintenant, tu dois le chasser, le rejeter parce que tu n'es plus sa victime et tu ne le seras plus jamais. Tu n'es plus un enfant et tu n'es plus seul. Tu es Daryl Dixon, tu es un membre de cette prison, de cette famille. Tu es un combattant, un survivant et surtout tu es unique.
Emportée par sa spontanéité et son discours, Beth s'était mise debout, le toisant de sa taille alors qu'il restait assis. Elle pointait un doigt vers lui comme pour donner plus d'impact à ses affirmations. Elle avait cette intonation remplie de sincérité et de conviction, elle avait ce côté un peu sauvage dans sa fureur et ça la rendait assez impressionnante.
Il se redressa sur ses pieds, paraissant pas très à l'aise d'être plus bas qu'elle. Il était à peine debout, qu'elle ne sut se retenir et passa ses deux bras autour de sa taille, posant sa tête contre sa poitrine. Le coeur de l'archer se mit à battre à un rythme effréné, le souffle presque coupé devant la puissance de l'étreinte.
Après quelques minutes, elle se décala lui rendant son espace personnel et leva les yeux pour le regarder.
- Jamais je n'ai rencontré quelqu'un comme toi, Daryl Dixon, reprit-elle ne ressentant visiblement aucune gêne. Il n'y avait aucune trace de malaise sur son visage, et elle semblait tellement zen face à tout ça que ça en était troublant, surtout pour lui.
- Pourtant, les cons ça courent les rues, essaya-t-il de plaisanter, envoyant valser le compliment.
- Arrête de faire ça. Tu dois apprendre à accepter les compliments qu'on te fait, ne les rejette plus.
Ne lui laissant pas le temps de rétorquer quoi que ce soit, elle fit quelques pas en arrière et jeta un coup d'oeil sur les rôdeurs à l'extérieur. Ceux-ci contrastaient avec le calme de la nuit, ça en était terriblement agaçant, néanmoins, Beth savait que c'était la réalité de leur monde maintenant. La voix de Daryl résonna alors dans la tour de garde et elle reporta son attention sur lui.
- J'pourrais te retourner le compliment Greene.
Leurs yeux se lièrent un moment, elle pouvait voir le rouge sur son visage et elle sentait ses propres joues chauffer sous sa remarque. Pourtant, il était si facile de se noyer dans son regard si intense, si bleu, si lui, elle sourit doucement, regrettant déjà les prochains mots qu'elle allait prononcer.
- Je vais récupérer Juddith, j'ai dit que je la prenais pour la nuit.
C'était la première fois qu'elle s'en voulait de devoir garder le bébé. Bien entendu ce n'était pas contre la petite fille, mais elle avait tellement envie de rester là, monter la garde avec lui, juste pour rattraper les quatre derniers jours.
- On se voit demain, bonne nuit Daryl.
Ces quelques mots avaient été plus difficiles à dire qu'elle l'aurait cru, elle dut se faire violence pour se détourner et le laisser seul dans cette tour.
- Bonne nuit Beth, souffla-t-il dans un son à peine perceptible.
En quittant l'habitacle, un sourire naquit sur les lèvres de la jeune blonde. Elle était assez honnête avec elle-même pour reconnaître que l'archer était partout en elle. C'était indéniable, elle ne pouvait plus le nier, elle était parfaitement consciente pour savoir que c'était insensé et certainement stupide mais c'était simplement incontrôlable.
Prendre ses distances n'avaient pas apporté ce qu'elle espérait, ça lui avait seulement fait comprendre qu'elle ne serait pas capable de lutter plus longtemps contre ça. Tout compte fait, elle avait eu totalement raison de venir le voir, la soirée était assez satisfaisante.
Note de l'auteur: Alors dites-moi votre ressenti. Je suis pressé de connaitre votre avis. Comment avez-vu trouvé ce rêve? j'espère vraiment que rien n'était trop nian, nian. est-ce que la réconciliation vous semble juste? Je serais ravi de vous éclairer si vous avez des questions ou si vous voulez discuter des personnages avec moi. Gardez à l'esprit que la Beth de cette histoire et comme je l'aperçois ou plutôt comme j'aurais aimé qu'elle soit dans la série. Merci de votre soutien.
