Bonjour à tous, je sais que le temps à passé depuis le dernier chapitre mais j'ai eu beaucoup de trucs personnels à gérer et de plus, je me suis occupé de ma première fiction "une raison de vivre". je vous invite d'ailleurs à y jeter un oeil si vous ne la connaissez pas. Enfin, je suis de retour et je vais essayé d'être plus rapide pour les prochains chapitres qui s'annoncent encore nombreux, surtout si vous continuez à me suivre.

je suis si touchée par tous vos gentils messages et reviews que vous me donnez. Vous me comblez d'émotions à chaque fois. la seule crainte que j'ai, c'est de vous décevoir. Je promets d'essayer de vous satisfaire au mieux. Je suis folle de Daryl et Beth et plus encore dans cette fanfiction, je suis touchée en plein coeur par leur évolution, que ce soit ensemble ou individuellement. J'espère avoir répondu à chacun de vous personnellement, si ce n'est pas le cas, j'en suis désolé et ne doutez pas de l'importance que vos mots ont pour moi.

Merci à Roqueen pour son agréable review mais comme tu es une guest je ne sais pas te répondre par MP, cependant sache que ça m'a fait super plaisir. Pour les fautes, ma choupette et correctrice fait au mieux pour me corriger mais je ne lui facilite pas beaucoup la tâche, j'ai pas mal de lacune en orthographe. N'hésite pas à me signaler les fautes repérées pour que je puisse me corriger dans les futurs chapitres. Je profite pour dire un énorme merci à Sidneycolombia pour son travail de correction et plus encore pour ses encouragements qui me motivent à chaque fois.

J'espère que ce chapitre vous plaira, merci encore à vous tous et bonne lecture.

Chapitre 15 : on a tous un travail à faire.

Daryl était entrain de vérifier la voiture et de s'assurer que la route serait bel et bien possible. Le véhicule était en bon état, c'était la meilleure qu'ils possédaient. Elle avait appartenu à Zack et celui-ci avait su l'entretenir. C'était une aubaine pour leur mission. Il n'y avait aucune raison pour que le voyage se passe mal. Le programme était assez simple à accomplir, aller à l'école vétérinaire, récupérer les médicament qu'ils pouvaient en espérant qu'il y ait ceux dont Hershel avait besoin, puis revenir à la prison pour que le vieil homme puisse créer un remède et guérir tout le monde. C'était une course des plus normales.

Il faisait de son mieux pour concentrer toute son attention sur cette mission mais un visage entouré de cheveux blonde ne semblait pas vouloir sortir de sa tête. Il revoyait l'expression colérique que Beth avait eu, ainsi que le coeur qu'elle avait mis à s'opposer à lui. Il était conscient qu'elle pensait qu'il ne croyait pas en ses capacités. Pourtant ce n'était en rien la vérité, au contraire, pour être parfaitement honnête, elle était une des seules personnes à qui il faisait aveuglement confiance pour surveiller ses arrières.

Heureusement, qu'il y avait eu la petite dure à cuire, sinon il aurait manqué d'arguments. Il s'était servi de son point sensible, de ce qui importait le plus à la jeune blonde. Personne ne pouvait remettre en question l'attachement qui la liait au bébé, alors il l'avait utilisé. Il pouvait encore l'entendre lui hurler toute sa haine au visage. Il avait su qu'elle n'aurait pas apprécié d'être laissée en arrière et il ne s'était pas trompé.

Si il voulait être tout à fait sincère, il reconnaissait qu'elle était complètement capable de gérer cette course, plus encore, d'avoir une réelle utilité. Ce n'était pas vraiment la raison pour laquelle il ne souhaitait pas la prendre avec lui à l'extérieur. La vraie raison, il faisait de son mieux pour l'enterrer le plus loin possible en lui-même. Il aurait aimé simplement renier la sensation qui s'emparait de lui lorsque la jeune femme était à proximité. En tout cas, il faisait tout son possible pour repousser ce drôle de sentiment.

Il avait été content que Hershel lui demande de ne pas l'emmener, même si il aurait préféré que l'homme se charge de lui annoncer. Toutefois, il était reconnaissant qu'il ait eu la même façon de penser que lui. Sans ça, il aurait été beaucoup plus embêté. Comment aurait-il pu expliquer aux autres les raisons pour lesquelles il ne voulaient pas la prendre avec lui ?

« Je suis assez grande pour prendre mes propres décisions » avait-elle déclaré furieusement, faisant écho aux paroles de son père. Cette phrase ne cessait de l'agiter. Bien entendu, il ne voulait en rien la brider, ni la contrôler. Après tout, il n'était ni son père, ni son homme, hésita-t-il à penser. Il pouvait encore voir l'expression de son visage alors qu'elle lui crachait cette vérité en pleine face. Il s'était alors figé sur place, incapable de respirer correctement. Jamais, il ne se permettrait de penser que cette femme serait un jour la sienne. Il n'était pas totalement fou. Néanmoins, à la façon dont ses mots avait sonné, il avait ressenti quelque chose qu'il ne pouvait pas identifier, un drôle de picotement avait crépité au creux de sa poitrine. Daryl secoua la tête d'un geste rageur, c'était tellement stupide.

De toute façon, quoi qu'il en soit, même si il reconnaissait qu'elle puisse faire ses propres choix, il était hors de question qu'il accepte de l'emmener sur la route. Il ne voulait prendre aucun risque, ni avoir un manque d'attention constant. Il était clair qu'elle pouvait se débrouiller toute seule même à l'extérieur de la prison. Le problème ne résidait pas vraiment dans ce fait. Il savait que lorsqu'ils étaient dehors ensemble, que ce soit à la chasse ou sur une course, ses yeux refusaient de se détourner d'elle. Il ne pouvait pas l'expliquer, c'était complètement irrationnel mais surtout totalement ingérable. Comme si c'était devenu instinctif chez lui. Il pouvait presque sentir une force invisible le pousser à garder son attention essentiellement sur elle.

L'image d'une sirène s'inscrivit dans son esprit, c'était un peu l'effet que Beth avait sur lui. Il ressemblait à ces marins attirés par le chant de ces créatures mythiques lorsqu'il était avec elle. Aussi incompréhensible que cela puisse être, elle semblait indéniablement l'attirer. Non, il ne pouvait pas être distrait, il se devait d'être focalisé sur sa mission et en aucun cas sur la jeune blonde. Il s'aidait lui-même en la gardant à l'écart.

- Alors ça sera juste nous deux, comme au bon vieux temps ? S'éleva la voix de Michonne en l'obligeant à sortir de ses réflexions.

- Avec Bob aussi, il vient de se proposer, ce qui m'arrange et je t'avoue que je ne dirais pas non à une quatrième personne, exposa-t-il.

Après tout, plus vite ils iraient pour fouiller le bâtiment, plus vite ils récupéreraient les médicaments et pourraient revenir. De plus, ça leur permettait une meilleur protection en cas de gros groupes de rôdeurs, ce qui n'était pas négligeable.

- Qui est disponible ? S'informa-t-elle.

- Rick doit rester, les gens ont besoin de lui ici... Maggie et Glenn aussi, Sacha est malade ...

- On peut pendre Beth, l'interrompit-elle.

En l'entendant prononcer ce nom, il faillit s'étrangler. Il lui lança le regard le plus sombre qu'il pouvait, et il était persuadé qu'il aurait pu figer n'importe qui d'autre que la guerrière qui se tenait debout face à lui. Était-elle entrain de se moquer de lui ? Soupçonna-t-il. Elle avait été témoin comme la plupart des gens de la prison de l'interaction qu'il venait d'avoir avec la jeune femme et pourtant elle relevait le sujet.

- Non, dit-il brusquement.

- Elle est devenue coriace de ce que j'ai pu voir, elle est débrouillarde, argumenta-t-elle, en faisant semblant d'ignorer le trouble de l'archer. Elle tire bien, elle réagit face au danger, visiblement elle a l'air plutôt douée avec son arbalète... elle nous serait utile.

La boule de colère qui s'agrandissait au plus profond du chasseur, commençait à devenir quelque peu étouffante. Elle ne demandait qu'à sortir pour exploser devant la guerrière. Il était bien placé pour savoir tout ce qu'elle venait de dire. Avec Beth, ils avaient travaillé pendant des mois rien que tous les deux pour qu'elle devienne une combattante. En toute honnêteté, elle ne l'avait pas déçu du tout, bien au contraire. Elle avait évolué au delà de tout ce qu'il avait pu imaginé lors de leur premier entraînement. Il se sentait fâché contre la samouraï, fâché contre lui-même et peut-être même un peu contre Beth. Il rejeta cette pensée d'un geste sec de la main, n'importe quoi, pourquoi lui en voudrait-il ? Il était conscient que Michonne avait tout à fait raison mais il n'avait pas changé d'avis pour autant.

- Elle est en quarantaine, contra-t-il.

- Carl peut prendre sa place, insista la guerrière.

Alors qu'il l'observait, il remarqua enfin la petite lueur étrange qui brillait dans ses yeux, comme une petite reconnaissance. Où voulait-elle en venir ?

- Elle reste avec Juddith. Nous avons tous un boulot à faire, déclara-t-il pensant viser juste. Pourtant les mots semblaient avoir moins de force dans sa bouche que lorsque Hershel ou Beth les prononçait.

- Je suppose que le nôtre est de récupérer ces médocs, pendant qu'elle reste ici frustrée et enfermée, souligna-t-elle.

- Tu suppose bien, claqua-t-il sèchement.

Il n'allait quand même pas expliquer les raisons de son choix à une femme qui refusait de rester deux jours de suite dans cette prison. De toute façon, il ne voyait pas ce qu'il pouvait dire pour lui faire comprendre son point de vue.

- C'est bien que tu sois ici, avec nous... que tu ne sois pas en train de fuir, changea-t-il de sujet, souhaitant sortir de sa tête la jeune femme blonde.

- C'est pas ce que je fais, démentit-elle.

- Si tu le dis, lui accorda-t-il. Il ne voulait pas la vexer, ou la brusquer, juste lui faire comprendre qu'il appréciait le fait qu'elle soit avec eux. Il savait qu'elle pouvait être une part importante de ce groupe et même si elle l'ignorait, il était persuadé que c'était déjà le cas.

C'était une femme bien à plusieurs égards, un bonne combattante, une certaine force pour leur défense. Plus encore, elle était une femme avec des principes respectables, elle était juste un atout pour leur groupe. Même si elle passait la plupart de son temps à l'extérieur, il avait remarqué qu'un lien spécial s'était tissé entre elle et Carl. Il ne faisait aucun doute que sa place était dans cette prison, parmi les autres membres de leur groupe. Il avouait que même pour lui, elle était devenu quelqu'un de confiance, un lien d'amitié s'était forgé à la longue de leurs traques pour retrouver le gouverneur. Aussi enquiquinante soit-elle parfois, il appréciait sa compagnie.

- C'est dommage qu'après toutes ces semaines d'apprentissage, elle soit laissée derrière, juste pour être sûre qu'elle ne soit pas blessée, reprit la femme, le surprenant à nouveau.

- C'est pas ce que je fais, râla-t-il sur la défensive, frustré qu'elle revienne sur le sujet.

- Si tu le dis, sourit-elle cette fois-ci ouvertement.

Oui, enquiquineuse, ça elle l'était, pensa-t-il légèrement agacé.

- Je vais demander à Tyreese de nous accompagner, clôtura-t-il la conversation, en s'essuyant les mains.

Ils étaient prêts à partir, tout avait été contrôlé, et Daryl avait proposé à Tyreese de les accompagner. Celui-ci n'avait pas été emballé par l'idée, préoccupé par ce qu'il venait de vivre et par le fait que sa soeur était malade. L'archer comprenait tout à fait mais cet homme pouvait leur être utile et ça lui changerait les idées. Du coup, il espérait encore que le grand costaud les rejoigne pour cette mission spéciale. Il vit que Michonne et Bob étaient déjà prêt à quitter les lieux mais il lui restait une dernière chose à faire. Il avait promis, il n'avait pas le choix. Il tapa un coup avec la paume de sa main sur le toit du véhicule.

- Je reviens tout de suite, annonça-t-il simplement. Alors qu'il s'éloignait d'eux, il pouvait sentir les yeux insistants de la samouraï sur son dos. Il fit au plus vite pour rejoindre les bureaux administratifs où avait été installé la quarantaine.

- Prêt à partir, le surprit Hershel alors qu'il marchait dans le couloir. L'homme barbu avança vers lui, aidé de sa canne. L'archer acquiesça simplement de la tête, un certain malaise l'habitait à l'idée d'être ici, enfin surtout à cause de la raison de sa présence.

- Sois prudent là-bas, fils, imposa-t-il en tapant une main affectueuse sur le haut de son dos.

- Vais essayer, grommela le chasseur. Même si les gestes affectueux que les autres lui adressaient commençaient à devenir agréable, c'était toujours quelque chose qui était un peu hors de propos pour lui.

En comprenant qu'il ne dirait rien d'autre, le vieil homme reprit la route pour se diriger vers les autres pièces, certainement dans le but de vérifier si personne ne tombait malade.

-Oh, j'oubliais, se retourna-t-il. Elle est derrière la porte sur ta gauche.

Le sourire que lui adressa Hershel, le fit avaler difficilement et il fut heureux de la distance qui les séparait, sinon il aurait pu remarquer le rouge qui envahissait les joues de l'archer. Sans rien ajouter, l'aîné disparut de sa vue. « Voilà que tu rougis comme une fillette » se moqua la voix de Merle dans sa tête.

Il secoua la tête pour chasser toute pensée, et fit de son mieux pour ignorer le drôle de sentiment qui prenait de plus en plus possession de lui. Il se positionna alors devant la porte indiquée précédemment. Il savait qu'il ne pouvait pas la franchir, c'était une mise en quarantaine, toute personne ayant été en contact avec le virus devait rester le plus possible à l'écart. Alors il se contenta de se rapprocher un maximum et de poser une main contre celle-ci, il s'autorisa un petit soupir.

- Daryl ? Entendit-il la voix de Beth. Il fut étonné de voir qu'elle avait repéré sa présence, lui-même percevait à peine le son à travers la porte. D'un autre côté, il avait l'impression de ressentir la chaleur corporelle de la jeune femme sous ses doigts. C'était étrange comme sensation. Il ferma les yeux quelques secondes, la visualisant dans la même position que lui, une main également contre la parois au même niveau que la sienne. Bien sûr, tout ça, ce n'était que dans son imagination, il n'était pas dans un de ces putains de films à l'eau de rose. Son cerveau agissait de plus en plus bizarrement quand il s'agissait de la blonde.

- Hum hum, fut le seul son qui franchit ses lèvres.

- Tu t'en vas ? Interrogea-t-elle, alors qu'elle connaissait déjà la réponse.

- Oui.

- Je devais venir avec toi, râla-t-elle d'une petite voix où il percevait encore la contrariété.

Il fut heureux que la porte les sépare car il ne put empêcher un petit sourire de se fondre sur sa bouche devant sa persévérance.

- Pas cette fois, la contra-t-il simplement. Tu le sais mieux que personne, nous avons tous un job à faire.

- Pff, tu triches, se plaignit-elle mais il pouvait entendre une trace d'amusement dans son ton exaspéré. Tu ne pourras pas toujours me garder à l'abri.

Le coeur de l'archer se serra à ces quelques mots, était-ce vraiment ce qu'il était entrain de faire ? Les paroles de la jeune femme faisait étrangement écho à ceux de Michonne, il savait que c'était ce que la guerrière avait sous entendu.

En toute sincérité, il n'avait pas penser au début de leur entraînement qu'il aurait développé un instinct de protection vis à vis d'elle. Il s'en voulait de se sentir de cette façon par rapport à elle car elle lui avait fait confiance pour la traiter comme tout les autres, comme son égale. Elle avait souhaité ne pas être surprotégée. Pourtant, au fil des semaines et des séances qu'ils avaient eues, c'était devenu presque naturel de veiller sur elle. C'était assez incroyable de réagir ainsi alors qu'elle était de plus en plus capable de se débrouiller toute seule. Il n'était qu'un homme stupide pour agir de la sorte.

Il allait faire cette course et ensuite, il la laisserait prendre ses propres décisions, si elle avait l'envie de venir à l'extérieur que ce soit pour chasser ou en ravitaillement, alors il la prendrait avec lui. Il la laisserait se confronter au danger si c'était ce qu'elle souhaitait, comme il le ferait avec n'importe qui. « Beth n'est pas n'importe qui » répondit une petite voix dans sa tête qu'il essaya au mieux d'ignorer. Alors qu'il réfléchissait à la manière d'agir après cette fichue mission, il se retrouva à parler sans contrôler ses mots.

- Tant que je pourrai, je le ferai.

« Je suis devenu fou » pensa-t-il aussi vite, se traitant d'idiot. « Non, tu deviens juste aussi sensible qu'une fillette, Darylounet » ricana la voix de Merle.

- Reviens, dit-elle simplement.

- Toujours, affirma-t-il de manière égale à elle. Il savait que c'était l'heure de partir mais quelque chose semblait le maintenir là, immobile, à parler à cette porte.

- Si tu ne reviens pas intact, je m'occuperai moi-même de ton cul Dixon, assura-t-elle fermement en brisant le silence.

À nouveau, un petit sourire étira les lèvres du chasseur devant cette remarque déterminée. Il fit tout son possible pour repousser les images et les sensations que lui inspiraient ces quelques mots. Il se retrouva pendant un instant incapable de parler. Il devait partir, il n'avait pas de temps à perdre, il en était parfaitement conscient.

- Beth...

- Dis pas au revoir, le coupa-t-elle avec empressement, comme si elle avait peur d'entendre la suite.

À vrai dire, il n'en avait pas eu l'intention, il n'aimait pas les au revoir et il savait qu'elle non plus. De plus, il restait persuadé que ce n'était pas la dernière fois qu'ils étaient réunis.

- Non... je vais trouver ces putains de médocs, ton père va régler le problème de cette merde, et quand tout sera fini, on ira chasser, annonça-t-il en espérant être convaincant.

Il aurait tant voulu lui dire « reste à l'intérieur, ne tombe pas malade, sois prudente, reste indemne » mais il n'en fit rien. Pour lui, et il l'espérait pour elle, sa promesse d'aller chasser voulait dire assez. Il n'était pas quelqu'un de mots et ce n'était pas maintenant qu'il allait le devenir.

- Ouais, souffla-t-elle d'une voix faible.

À nouveau, il laissa son esprit dériver à l'imaginer appuyée contre cette porte, et une partie de lui regretta de ne pas voir son expression à ce moment précis, mais c'était probablement mieux ainsi. Il voulait la visualiser un sourire au bord des lèvres, ses yeux reflétant cette lueur de l'espoir qu'elle semblait toujours garder en elle. Pourtant, au son de sa voix, il savait que son sourire s'était évanoui et qu'une expression sombre devait noyer son visage. Il secoua vivement la tête pour revenir sur terre et détache sa main de la parois pour faire un pas en arrière et s'éloigner de cet endroit.

- Daryl ? Retentit timidement la voix de la jeune femme.

- Hum Hum.

- J'ai confiance en toi, avoua-t-elle d'une voix tremblante.

Il déglutit difficilement, il était conscient qu'il serait incapable de prononcer le moindre mot après cette déclaration. Ces paroles dites avec cette intensité resterait à jamais gravé en lui, effaçant légèrement toutes les cruautés que son paternel avaient pu lui cracher au visage. Cette fille avait ce don, celui de lui apporter une autre image de lui-même, petit à petit mais elle le faisait.

Il savait ce qui lui restait à faire. Il ne la laisserait pas tomber, il ne la trahirait pas, il lui avait dit qu'il reviendrait et il allait tenir cette promesse. Il arriverait au bout de cette mission, cette fois ce ne serait pas un échec.

Ils étaient entouré d'arbres entrain de chercher un nouveau moyen de locomotion. « Je suis vraiment trop con »pensa pour la énième fois Daryl en se maudissant. Il avait tellement été surpris d'entendre cette voix sortir de la radio que toute son attention avait quitté la route. Du coup ce qui devait se produire est arrivé, il n'avait pas su éviter les rôdeurs sur la route et avait fini par se retrouver au milieu d'une énorme horde. Il avait essayé de reculer mais les roues s'étaient retrouvées bloquées par les corps en décompositions. Heureusement, ils avaient réussi à quitter le véhicule sans grands encombres, et malgré le choc de Tyreese qui avait paru très incertain. Enfin il avait finalement récupéré un semblant d'esprit et avait suivi Bob hors de la voiture.

Maintenant, ils essayaient d'avancer le plus vite possible en direction de l'école vétérinaire, ils espéraient dénicher un nouveau véhicule. Daryl était parfaitement conscient qu'ils perdaient un temps monstre et que plus les heures passaient plus le risque de perdre des gens à la prison augmentait.

- Tu vas bien ? Demanda Michonne.

- Mouais.

En toute honnêteté, il était envahi par l'inquiétude mais il savait qu'il devait se concentrer. Pourtant, l'image d'une jeune blonde ne voulait pas sortir de sa tête. Il n'arrêtait pas de penser que tout pouvait arriver durant leur absence. Avait-il fait une erreur en la laissant derrière ? Il secoua vivement la tête en se maudissant à nouveau, c'était pas le moment de douter. Cependant son esprit continua à courir les nombreuses angoisses qui le rongeaient, comme le souvenir des deux corps brûlés découverts le matin même. L'expression horrifiée de Beth ainsi que son aplomb à séparer Rick et Tyreese était ancré en lui, comme un rappel de la nouvelle force qu'elle possédait. Son regard prenait de plus en plus de confiance, et même si elle gardait en elle cette douceur qui la caractérisait, elle devenait sacrément impressionnante, « badass » osa-t-il penser avec une mimique légèrement amusée. Le petit sourire présent sur sa bouche, s'éteignit aussi vite en se demandant qui était responsable du double meurtre.

C'était étrange de se dire qu'une personne parmi eux, quelqu'un qu'ils côtoyaient tous les jours, avait été capable de ça. Il repoussa fortement l'idée que ce même individu pouvait à nouveau agir alors qu'ils étaient au milieu de ces bois.

Il se promettait de découvrir qui était l'auteur de ce drame et de mettre la main dessus. Il rentrerait bientôt et il le trouverait, le plus rapidement possible avant que ... Il secoua une nouvelle fois la tête, s'obligeant à arrêter le fil de ses pensées. Il ne lui arriverait rien, tout se passerait comme prévu. Elle serait en sécurité, elle irait bien, se força-t-il à se répéter intérieurement.

- À quoi tu penses ? L'interrogea la samouraï, en stoppant ainsi ses réflexions. Il se contenta de hausser les épaules d'un air nonchalant, ne souhaitant en rien partager ses angoisses. Seulement Michonne fronça les sourcils de manière insistante.

- Je suis content de t'avoir avec nous, détourna-t-il la conversation.

- J'allais quand même pas te laisser risquer ton cul tout seul, répliqua-t-elle taquine.

- Je savais pas que tu t'inquiétais de ce qui pouvait arriver à mes fesses.

- Malgré ton côté ours mal léché, on s'habitue à toi, sourit-elle.

- Pff, souffla l'archer en secouant la tête, simulant de la frustration.

- Je ne suis pas la seule à m'en faire, ajouta la guerrière, ayant visiblement envie de faire la causette. Daryl l'observa étonné, voulant savoir où elle voulait en venir.

- Beth a l'air d'apprécier ta compagnie, reprit-elle tout sourire.

Immédiatement, il se sentit gêné, il n'avait aucune envie de parler de ça, ni même d'y songer. Il devait tout faire pour rester concentré et penser à la jeune blonde n'était pas une bonne idée en ce moment. Trop d'interrogations, de doutes, d'incertitudes flottaient dans son cerveau lorsqu'il était question d'elle.

- Je l'aide juste à s'entraîner, ajusta-t-il pour remettre les choses au point. Il gardait le regard fixé sur le sol, espérant dissimuler au mieux son trouble. Ce fut alors qu'il remarqua un caillou plus ou moins bien poli et plaisant à première vue. Il se pencha sans traîner dessus pour le ramasser et passer ses doigts sur le petit rocher.

- Qu'est-ce que tu fais ? Le questionna la guerrière surprise par son geste.

- C'est pour Paul, il collectionne les cailloux, les pierres, expliqua-t-il comme une évidence.

- Tu connais tout le monde ?

- Tu les connaîtrais aussi si tu te posais plus longtemps, déclara-t-il. Les gens à la prison, ils ont besoin de toi.

Pendant un certain nombre de minutes, elle semblait ailleurs, plongée dans ses propres pensées, avant de sourire timidement.

- C'est un complot avec Beth ? S'informa-t-elle d'un air plus léger, un peu amusé.

Daryl la regarda intrigué mais il n'était pas sûr de vouloir connaître la raison de sa remarque. Ce qu'il venait de relever était juste la vérité. Cette femme devant lui était d'une grande utilité et elle avait entièrement sa place parmi eux, à la prison.

Alors qu'ils avançaient à grandes enjambées et que le silence était retombé, la samouraï le brisa une nouvelle fois.

- Ça ne te fait pas peur de t'attacher ?

Plus que sa question en elle-même ce fut l'expression sur son visage et le ton de sa voix qui le rendirent un peu incertain. Que voulait-elle dire par là ? Il n'était pas vraiment la bonne personne pour avoir ce type de conversation. Il essaya alors de penser à ce que Hershel, Rick ou même Beth pourrait dire. Les mots qui dansaient dans sa tête ne semblaient pas fonctionner correctement dans sa bouche. Il se sentit terriblement hésitant, voir maladroit. Qu'était-il sensé répondre ?

- L'idée de les perdre ? De perdre Beth ? Insista la femme.

Depuis leur départ de la prison, il faisait de son mieux pour chasser cette idée. Il n'avait jamais été le genre de gars à ce préoccuper des autres, en fait il n'en avait jamais eu l'occasion avant. Il avait toujours été seul avec Merle. Son aîné avait toujours dirigé leur duo et il s'était contenté de suivre. Lorsque ce dernier était en prison, alors il était juste seul avec lui-même, sans attache.

Puis, il y avait eu cette épidémie et les morts s'étaient mis à marcher sur la terre. Ils étaient alors tombé sur ce camp de survivants, il n'était encore qu'un sombre connard. Toutefois, les choses avaient commencé à changer au fur et à mesure du temps, Merle avait disparu, et il avait dû faire fonctionner les choses avec ces gens.

Lorsqu'ils s'étaient retrouvés dans cette ferme, les événements avaient pris une nouvelle dimension. Rick avait commencé à lui accorder un certain crédit. Tous ces mois passés avec des personnes comme l'ancien chérif, Carole, Hershel... Beth, tous ces mois à courir pour sauver leur peau, lui avait permis de se sentir utile pour la première fois de sa misérable vie. Tous ces moments lui avait apporté une certaine assurance. Sans mentir, ces dernières semaines à passer tout son temps libre avec Beth l'avait indéniablement changé. Comment ? Il ne le savait pas vraiment mais il avait cette impression d'être différent. Avait-il peur de perdre ces gens ? Oh putain oui, sans aucun doute, c'était certainement la première fois qu'il se sentait aussi terrifié.

Néanmoins, il ne pouvait pas laisser ses craintes prendre le pas sur la raison, et encore moins sur cette mission. Rien ne leur arriverait, ni à Beth, pas quand il pouvait l'éviter. Pour eux, il reviendrait avec ces médocs.

- Ça donne une raison de se battre, affirma-t-il enfin, en repoussant tout sentiment de peur. Regarde ! Indiqua-t-il subitement en pointant une espèce de maison abandonnée entourée de verdure. Peut-être trouveraient-ils une voiture.

Beth était assise à même le sol, contre cette maudite porte, Juddith dans les bras. La frustration semblait tenace au fond d'elle et refusait de la quitter. Les gens tombaient malade les uns après les autres. Elle pouvait entendre des pas constants dans le couloir, de Carl qui prenait pour mission de surveiller tout le monde et de son père qui s'assurait que personne ne succombe à la maladie. Elle connaissait Hershel mieux que quiconque avec Maggie, et elle savait qu'il ne resterait pas longtemps en isolement. Il allait ressentir très vite le besoin d'aller aider les autres, c'était inné chez lui. Elle ne pouvait que le comprendre, elle-même n'avait qu'une envie, c'était de sortir de cette pièce, sauter dans une voiture et rejoindre les autres sur la route pour les aider à récupérer ces médicaments. Elle était persuadée qu'ils reviendraient bientôt avec de quoi soigner tout le monde, mais plus les heures passaient plus elle devenait émotionnellement prête à bondir. Elle n'aurait pas dû être enfermée ici, à ne servir à rien. Comme si elle lisait son esprit, Juddith se mit à gigoter contre sa poitrine.

-Oh bébé, souffla-t-elle en caressant tendrement les cheveux de l'enfant.

Bien sûr, elle ressentait le besoin d'être ailleurs mais elle était consciente que sa place était avec ce petit être solidement serrée contre elle. Depuis sa naissance, c'était son boulot de prendre soin d'elle. Pourtant grâce à Daryl, elle s'était juste rendue compte qu'elle était capable de tellement plus. Aujourd'hui elle savait se défendre contre les rôdeurs, elle pouvait lutter pour sauver les siens. Elle avait également appris à chasser, bien sûr elle n'était pas à la hauteur de l'archer mais elle se débrouillait plutôt pas mal avec sa propre arbalète. Tout cela c'était surtout dû au fait que Daryl lui avait accordé tout son temps.

Malgré ces nouvelles capacités, elle était reconnaissante que le chasseur l'ait obligée à rester avec la fillette. Honnêtement, et égoïstement, elle avait de plus en plus de mal à voir les autres femmes s'occuper de l'enfant, c'était complètement stupide, ce bébé n'était pas le sien. En plus de ce sentiment puéril, elle savait que si il lui était arrivé un malheur, elle ne s'en serait jamais remise. Ce petit être était une de ses plus grandes raisons de vivre.

- Beth, appela timidement la voix de Maggie de l'autre côté de la porte.

- Tout va bien Maggie ? Interrogea-t-elle en inclinant la tête vers l'arrière.

- Beth, papa est sorti

- Je sais Maggie... c'est papa, il ne pouvait pas se contenter de rester ici à rien faire.

- Merci d'accepter de t'occuper de Juddith.

- Il n'y a pas à dire merci Mag's, nous avons tous un boulot à faire. Jude est le mien, assura-t-elle.

- Glenn l'a attrapé, pleura doucement sa soeur.

- Oh Maggie ... ça va aller, Daryl va revenir avec les médicaments, papa va soigner tout le monde.

- Comment tu le sais ?

-Parce que ça ne peut pas se passer autrement... on trouve toujours quelque chose. Tous ces gens vont aller mieux.

Le silence s'installa entre elles, le seul son qui résonnait était les sanglots qui échappaient à l'aînée des deux.

- Ne pleure pas Maggie.. ça ne sert à rien ... tu sais bien qu'on ne peut pas baisser les bras. Juddith a besoin de moi et j'ai besoin d'elle, avoua-t-elle calmement. Si il ne s'agissait pas d'elle, je serais dehors soit avec papa, soit avec Daryl entrain de chercher ces médicaments.

Elle ne put empêcher sa voix de trembler au nom de l'archer dans sa bouche, ça ne dut pas échapper à sa soeur qui renifla.

- Tu as peur ? Voulut-elle savoir mais la plus jeune n'était pas sûre de savoir si c'était une affirmation ou une question.

- Comme tout le monde ... je suppose.

- Pour Daryl ? Précisa-t-elle.

Sans vraiment être consciente de ses mouvements, elle serra un peu plus fort le bébé dans ses bras. Elle posa ses lèvres sur son petit front et respira fortement son parfum sucré. Elle venait juste de recommander à sa grande soeur de ne pas pleurer, pourtant elle pouvait sentir ses propres yeux se remplir d'eau.

- Je ... toutefois, les mots restèrent bloqués au fond de sa gorge. J'ai confiance, se reprit-elle.

- Est-ce que Daryl et toi, vous ... ?

- Maggie... non, nous sommes amis... corrigea-t-elle sans même entendre l'interrogation de son aînée.

- Je vous ai vu dormir dans la même cellule, souligna la brune. Sans savoir la raison exacte, Beth se sentit mise en faute et elle ne put gérer la colère qui commençait à monter en elle.

- Si tu veux tout savoir, on a même dormi dans le même lit, sortit-elle d'un coup sans réfléchir, avant de se maudire aussi vite. Elle ferma les yeux, essayant de se calmer pour continuer.

- Beth, est-ce qu'il.. ? Est-ce que vous.. ? Reprit Maggie, ayant visiblement du mal à parler.

- Dieu, Mags, nous n'avons rien fait. Daryl est juste gentil envers moi, c'est tout. Il est un homme et il ne me voit encore que comme une enfant, expliqua-t-elle, se sentant frustrée de dire ces mots.

- Je ne suis pas sûre de ça, Beth, corrigea la plus âgée, la laissant quelque peu perplexe. C'est un homme et tu es une jeune femme très jolie... hésita-t-elle à ajouter. Vous passez beaucoup de temps ensemble, alors je pensais que ... peut-être...

- Non, Maggie, ... nous sommes juste amis, nia la blonde en coupant court aux idées de sa soeur.

Étrangement, les mots sonnèrent faux à ses propres oreilles, comme si ils avaient été forcés de sa bouche. Elle ferma à nouveau les yeux et aussitôt le visage de Daryl apparut dans son esprit. Un petit sourire taquin aux bord des lèvres comme lorsqu'il faisait semblant de se moquer d'elle, un peu espiègle. Ses cheveux foncées tombant sur son front à la limite de ses yeux, le rendant sauvage, jamais un homme comme Daryl Dixon ne la verrait autrement que comme une adolescente. Ils étaient liés par de nombreuses choses maintenant, Beth aimait penser qu'ils étaient devenus presque complémentaires. Seulement, elle n'était pas stupide, ni trop rêveuse, elle savait que ce qu'insinuait Maggie, n'arriverait jamais.

- Nous allons nous en sortir, releva la brune, reprenant de l'assurance.

- Oui, nous n'avons pas le choix.. nous allons faire, ce que nous devons faire. Daryl reviendra bientôt.

- On se voit après petite soeur.

Beth l'entendit se relever et perçut les pas de la plus vieille s'éloigner et seulement alors, elle permit à une larme de glisser le long de sa joue.

- Nous irons bien bébé, murmura-t-elle dans le creux de l'oreille de Juddith en la berçant doucement.

Daryl n'arrivait pas à calmer la rage en lui. Un tas de noms d'oiseaux résonnaient dans sa tête à l'encontre du mec assis à l'arrière du véhicule. « Abruti » pensa-t-il amèrement. Il pouvait encore sentir l'odeur acre de l'alcool alors qu'il avait éclaté la bouteille au sol. Putain, ils avaient risqué leur peau pour une saloperie de bouteille d'alcool, pour une connerie de boisson. Tout ça pour combler la dépendance d'un sombre connard. Il jeta un énième regard sombre et amer à l'homme, par le biais du rétroviseur central. Il ne pouvait s'empêcher de respirer fortement alors qu'il essayait de canaliser sa colère.

- Daryl, calme toi, recommanda Michonne.

Que pouvait-il dire ? Après tout, il avait déjà menacé ouvertement l'alcoolique en sortant de cette école.

Lorsqu'il avait vu l'ardeur que mettait l'homme à essayer de sauver ce sac, il avait pensé que celui-ci était rempli de médicaments. Il avait alors compris l'importance de ne pas lâcher prise mais alors qu'il récupérait le matériel il avait juste troué cette putain de bouteille. Il s'était battu toute sa vie contre des êtres abjectes comme lui, et aujourd'hui, il avait failli mourir à cause de l'un d'eux. Si ça avait été le cas, jamais ils n'auraient pu rapporter les médocs à la prison. Une telle chose aurait provoqué une véritable catastrophe là-bas. Une nouvelle fois, il expira fortement à l'image d'un taureau très excité.

- Je te jure,... si il est arrivé un malheur là bas, je te tuerai moi-même, le menaça-t-il sans pouvoir se retenir.

Il eut au moins la décence de baisser le regard, l'air plus que mal à l'aise et certainement accablé par le remord. Honnêtement, l'archer n'en avait rien à foutre, car si il était arrivé quelque choses à leurs gens, il serait le responsable.

Il vit Tyreese observer Bob avec un regard accusateur mais aussi avec une certaine compassion.

- Ça ne sert à rien Daryl, il a compris... on ne peut pas réparer ce qui a été fait .. on doit continuer, avança le grand costaud.

Le chasseur était conscient qu'ils avaient tous cru qu'il tabasserait à mort l'alcoolique et pour dire vrai, c'était pas l'envie qui lui avait manqué. Cependant au delà des voix de Michonne et Tyreese, une voix beaucoup plus douce avait traversé son esprit. « laisse tomber Daryl, ça n'en vaut pas la peine », « Tu vaux mieux que ça » Il savait que Beth n'aurait pas aimé le voir se défouler à coup de poing sur quelqu'un. Il avait vu son regard effrayé devant la bagarre qui avait opposé Rick et Ty. La ferveur qu'elle avait déployé à les séparer. Néanmoins, si à cause de ce bâtard, il ne pouvait plus entendre sa voix, ou voir encore une fois son sourire ou même être la victime de ses taquineries, il se promettait de le tuer sans aucune hésitation. Si par malheur, il revenait trop tard, ce serait cet homme qui le paierait.

-Tout ira bien, reprit Michonne. Beth aussi, affirma-t-elle comme si elle lisait dans sa tête.

Il ne supportait pas être incapable de cacher ce qu'il ressentait. Il faisait toujours de son mieux pour rester impassible, voir insensible mais plus il passait ses journées avec la jeune blonde plus elle semblait déteindre sur lui. De plus, la fatigue plus l'énervement provoqué par Bob, faisait qu'il ne gérait plus ses émotions. Toutefois, il fallait que la samouraï ait raison.

Le problème était qu'il n'avait pas prévu de prendre autant de temps sur la course, il avait pensé revenir plus rapidement. Il savait qu'avec ce genre de maladie chaque heure, chaque minute compte. Du coup, le temps semblait s'étendre comme une menace à tout emporter avec lui. Au lieu d'être parti quelques heures, plus de 24 heures avaient passé.

Pourtant, ils avaient essayé de faire au plus vite. L'accident avec la horde avait tout retardé, puis ils s'étaient à nouveau fait encerclé dans cette école vétérinaire. C'était à ce moment là que la bouteille d'alcool était apparue et que l'archer était sortit de ses gonds. Il avait empoigné Bob, menacé et craché toute sa haine mais ça ne semblait pas suffire à calmer sa fureur. Il savait qu'il était fatigué mais l'adrénaline dû à l'empressement le tenait debout malgré le manque de sommeil. Il pourrait dormir quand Hershel aurait sauvé tout le monde. Quand il aurait l'assurance que tout se passait bien chez eux. Quand une blonde aux yeux bleus perçants apparaîtrait devant lui tout sourire. Il savait qu'à partir du moment où il la verrait, à partir du moment où il s'assurerait qu'elle allait bien, qu'à cet instant là, la colère en lui se dissiperait. Comment elle faisait ça ? Il n'en savait absolument rien. Il avait voulu rester distant avec elle, ne pas s'attacher, ne pas la regarder différemment. Pourtant, plus le temps passait, plus il réagissait à son contact, plus il semblait avoir besoin de sa présence. « Qu'est-ce qui m'arrive ? » s'inquiéta-t-il intérieurement. Un côté de lui, la plus grande partie, se sentait honteux de la manière dont il se sentait quand ils étaient proches. Il n'avait pas le droit d'avoir ce genre de sensations. Il n'avait jamais été ce genre de gars, émoustillé à la vue d'une jolie fille. Néanmoins, son corps avait tendance à réagir assez vivement au toucher de Beth, sans qu'il sache réellement le contrôler. La douche froide était devenue un rituel après leur partie de chasse ou entraînement. Il devenait fou, il ressemblait de plus en plus à un adolescent en rut. Alors que la seule pensée d'être contre elle dans son lit le rendait plus dur que la normale, Michonne le sortit de son égarement. Il fit de son mieux pour garder son trouble à distance. « pourquoi ses pensées prenaient-elles toujours ce genre de direction ? »

-Nous l'avons fait Daryl ! Nous rentrons, sourit la femme en pointant du doigt la prison.

Malgré un certain soulagement, il sentit ses mains se crisper sur le volant, la crainte de ce qu'ils allaient découvrir revenait en force dans tout son être. Ils avaient les médicaments mais si ils étaient trop tard ...et si il avait échoué.

Note de l'auteur: comme d'habitude laissez moi connaitre vos impressions sur ce chapitre. Le chapitre à venir sera l'occasion de réunir nos deux héros. à très bientôt.