Bonjour à tous, tout d'abord merci d'être encore là au rendez-vous. Merci de me lire et surtout de me laisser vos gentils commentaires. Cette fanfiction est vraiment un plaisir pour moi, j'aime l'écrire et faire évoluer Daryl et Beth à ma façon.

merci à vous tous, jane, numéro quatre, sophie, et tous les autres, les guests .. etc vos messages et reviews me touchent et m'aide à continuer non seulement tout au long du chemin mais également Une raison de vivre.

Je tenais à dire un énorme merci à sidneycolombia qui prend toujours de son temps pour me corriger et me donner son avis ainsi que ses bons conseils. Grace à vous tous je me sens vraiment soutenue dans cette histoire.

J'édite ce chapitre car j'ai reçu une super belle review pour celui-ci de la part de leyios que je remercie d'ailleurs encore une fois. Grâce à lui, j'ai écouté la chanson de Sia "fire meet gazoline" que je vous conseille de mettre avec ce chapitre. la correspondance et le ressenti des sentiments est encore plus grand.

Bon assez de blabla bonne lecture ...

Chapitre 18:une nouvelle page à deux.

Ils marchaient dans les bois sans prononcer un seul mot. Ils avaient couru une partie de la journée sans but précis, juste pour s'éloigner le plus possible de la prison et du danger des rôdeurs.

Mon dieu, Beth y avait cru en cette nouvelle vie, elle avait mis tous ses espoirs et sa volonté pour essayer de reconstruire une vie correcte. Finalement, voilà où ça les menait. Ils avaient à nouveau tout perdu, leurs murs, leurs amis, leur famille... Juddith... Son père.

Tout en avançant, la jeune femme releva la tête fièrement, refusant de laisser couler ses larmes. Pour l'instant, la colère prenait le pas sur le chagrin. Ils continuaient leur route à l'aveuglette, ignorant comment agir, ni où aller. Quel était leur but maintenant ? Survivre bien entendu, mais pourquoi ? Pour qui ?

Une rage indescriptible grondait en elle, elle en voulait à ce monstre qui lui avait tout pris en l'espace de si peu de temps. Énervée contre elle-même,de n'avoir rien fait pour empêcher ce chaos mais aussi en colère contre Daryl de l'avoir emmenée si loin des autres. Elle se sentait tellement coupable, comme si elle les avait abandonnés. Elle avait laissé Juddith.

Bon sang, comment en étaient-ils arrivés là ? Elle s'était réveillée si heureuse ce matin, si bien dans les bras de l'archer. Pourtant à cet instant, ce bonheur semblait si loin derrière.

- Beth, arrête toi, lui intima le chasseur alors qu'elle fonçait comme une déchaînée à travers les arbres. Elle n'avait pas du tout l'intention de lui adresser la moindre parole. D'une part, parce qu'elle savait qu'elle pouvait exploser à tout moment, mais surtout, parce qu'elle n'était pas sûre de ne pas craquer. Il était hors de question qu'elle fonde en larme dès qu'elle se permettrait le premier mot.

- Stop, fille, s'énerva-t-il alors en l'attrapant par le bras pour la retenir, la faisant pivoter face à lui.

- Quoi ? Prononça-t-elle fortement avec rage, ne sachant pas se contrôler.

- Où crois-tu aller ? S'informa-t-il les traits reflétant la colère, visiblement il avait beaucoup de mal à gérer ses propres émotions.

- Nous ne pouvons pas être les seuls survivants, s'exclama-t-elle enfin, l'idée prenant forme dans sa tête.

- Tout est tombé Beth, contra-t-il.

- Le bus a quitté la prison avec une partie des personnes qui vivaient avec nous.. Maggie, Glenn ? Michonne, Carl, Rick ... Ils ne peuvent pas être morts... C'est impossible.. Nous ne sommes pas les seuls, argumenta-t-elle avec force.

Elle connaissait l'homme qui se tenait debout devant elle, elle savait son côté pessimiste. Il était clair que pour lui, il n'y avait pas beaucoup d'espoir, voir aucun, que leurs amis soient toujours vivants. Seulement, elle refusait de baiser les bras. Si eux deux s'en étaient sortis indemnes, il n'y avait aucune raison pour que les autres n'y soient pas arrivés.

- Aie un peu la fois, ça ne te tuera pas, ajouta-t-elle avec une certaine rancœur.

- Ça n'a pas servi à grand chose à ton père, claqua-t-il durement.

Beth cligna plusieurs fois des yeux surprise de sa répartie, sa bouche s'ouvrit pour se refermer aussi tôt. Elle se détourna d'un geste brusque, souhaitant lui dissimuler son regard blessé. Elle fit de son mieux pour retenir la claque qu'elle voulait lui mettre, plus encore, elle retient le torrent de larme qui ne demandait qu'à inonder son visage.

- Beth... désolé, articula-t-il difficilement. En d'autres circonstances, elle aurait probablement relevé le fait que l'archer venait juste de s'excuser, ce qui avouons le, était exceptionnel. Cependant, elle était trop accablée par ses tristes pensées pour y prêter attention.

- Ils sont vivants, assura-t-elle à nouveau d'une voix obstinée. Nous pouvons les chercher, en tout cas, c'est ce que je vais faire.

Sans un regard, ni une parole de plus, elle se remit en route traversant les bois comme si ça avait toujours été son lieu de vie. Les semaines qu'elle avait passées à chasser avec Daryl, allait enfin lui servir réellement. C'était le moment de mettre à profit tout ce qu'elle avait acquis.

Alors qu'elle avançait silencieusement, cherchant la moindre trace que les autres auraient pu laisser derrière eux, elle se permit d'analyser sa situation plus que désastreuse.

Elle avait cette impression horrible que l'archer et elle, étaient seuls au monde, perdus au milieu de nulle part.

Au fond d'elle, elle était ravie de ne pas être totalement toute seule. Bien sûr, vu la colère qu'elle ressentait, elle n'était pas prête à l'admettre. Néanmoins, elle était étrangement soulagée d'avoir Daryl avec elle. Elle n'osait pas trop imaginer quel aurait été son état d'esprit dans le cas inverse.

Être avec le chasseur, avait souvent été des moments de plaisir et de partage. Pourtant, en ce moment même, il y avait comme une tension entre eux deux qui ne plaisait pas du tout à la jeune femme. Cela la frustrait, elle aurait voulu se sentir apaisée et soutenue mais ce n'était pas le cas. C'était presque comme si le lien qu'ils avaient créé ensemble, s'était évaporé avec la chute de la prison.

Les traces qu'ils suivaient depuis un moment, les menèrent à un chemin de fer. Il y avait des corps et du sang partout, des rôdeurs avaient déjà été terminés. Beth les reconnu comme ayant été des gens de Woodburry, il y avait Bill, un homme gentil et poli, prêt à donner des coup de mains. Pour empêcher tout son de franchir ses lèvres, elle mit une main sur sa bouche, horrifiée par la vision.

Ses yeux tombèrent alors sur une petite chaussure d'enfant, au milieu des rails, et elle sentit une larme couler le long de sa joue. Elle l'essuya d'un geste rageur mais le torrent était lancé, d'autre suivirent le même trajet pour inonder son visage. Des sanglots mal retenus sortirent alors de sa gorge. Ses pensées se dirigèrent rapidement vers sa famille, sa soeur, Juddith. Elle ferma les yeux, cherchant à se calmer, cette chaussure aurait pu être la sienne, elle savait que ce n'était pas le cas, mais ça aurait pu.

- Beth, souffla Daryl.

Elle secoua fortement la tête de gauche à droite, se sentant dépassée par toutes ses émotions, perdant pieds.

- J'ai abandonné Jude, lança-t-elle avec haine. Je l'ai laissée là-bas. Tu n'aurais jamais du m'obliger à te suivre.

Elle avait quitté la réalité le temps d'un instant, n'ayant pas conscience que Daryl se rapprochait d'elle. Il posa doucement son front contre le sien, voulant capter son regard. Ce fut comme si par ce simple contact, la colère qui bouillonnait en elle s'évanouissait, laissant juste un immense chagrin au fond de sa poitrine.

- Chut, siffla-t-il sur un ton apaisant.

Il n'y eut pas un seul mot de plus, ils restèrent ainsi jusqu'au moment où Beth fut à nouveau capable d'avancer. Instinctivement, la main du chasseur vint chercher la sienne comme un soutien permanent, et il la tira doucement vers la forêt.

…...

Ils avaient marché deux jours de suite, ne s'arrêtant que pour manger ce que Daryl avait pu attraper. Ils n'avaient toujours aucune trace des autres, ni aucune preuve qu'ils étaient en vie. Pourtant Beth persistait à ne pas perdre espoir. Après tout, les rôdeurs qu'ils avaient vus sur le chemin de fer avaient bien été terminés par quelqu'un. Peut-être que c'était l'un des leurs, en tout cas, la jeune blonde voulait y croire. De plus, elle sentait au fond d'elle que sa soeur était toujours en vie quelque part.

La nuit, ils s'étaient arrêtés pour dormir, prenant chacun un tour de garde. Beth n'avait pas cessé de penser à son père, revivant la scène de sa mort en boucle. Elle restait encore surprise par la monstruosité des gens, elle avait pourtant cru ne plus être aussi naïve. C'était un terrible rappel que lui avait donné la vie. Un autre petit être était constamment présent dans son esprit également, Juddith. Elle revoyait ses petits sourires, ses petits yeux tout brillants sur elle, ses petits cris qu'elle poussait qui signifiait à chaque fois quelque chose. Elle se sentait déjà en manque du bébé, elle avait cette impression horrible qui lui manquait un morceau d'elle même.

Pendant tout le temps de sa garde, elle avait observé les traits de l'archer, endormi à ses côtés. Elle voyait bien qu'il était tendu, prêt à réagir à tout intrusion même en dormant. Elle souhaitait tant se perdre dans ses bras, rechercher cette chaleur réconfortante que lui seul lui procurait, mais elle ne pouvait pas se le permettre. Dire que la nuit d'avant, ils dormaient dans le même lit profitant du moment, sans s'imaginer un seul instant ce qui les attendait. Cette vie qu'elle avait cru pouvoir reconstruire, s'était évanouie comme neige au soleil.

Maintenant, ils n'étaient plus que tous les deux, c'était juste eux, et quoi qu'il arrive, elle serait là pour lui. Ils venaient de tout perdre, cependant la jeune femme n'était pas prête à perdre tout espoir, elle se le refusait même. Le pire s'était produit, le meilleur viendrait. Ils allaient se soutenir, s'en sortir, pour mieux rebondir et pouvoir reconstruire une vie quelque part, ensemble.

…...

Alors qu'ils avançaient d'un pas rapide, le soir tombait à nouveau, cependant, ils ne pouvaient pas penser à arrêter car une horde de rôdeur les suivaient. Ils étaient démunis au milieu des bois, sans moyen de protection à part leur arbalète et leur couteau. À deux contre une horde, dont elle ne savait pas exactement le nombre, elle comprenait qu'ils n'auraient pas beaucoup de chance de survivre.

La chaleur de la fin de journée était étouffante et les faisait transpirer fortement. Beth se sentait à bout de souffle mais continuait de suivre Daryl sans aucune objection, sachant qu'ils n'avaient pas le choix. Elle tenait son couteau bien serré dans sa main, prête à achever le premier rôdeur qui se placerait devant elle.

Ils arrivèrent sur une route alors que le tonnerre se faisait entendre pour la première fois. Décidément, tout les éléments étaient contre eux, même la météo.

- Viens, l'interpella Daryl en apercevant une voiture.

La blonde sut tout de suite que ce serait leur protection pour la nuit. Ils devaient se camoufler pour laisser passer la horde, c'était leur meilleur chance de s'en sortir. L'archer ouvrit le coffre et lui indiqua silencieusement d'y grimper, ce qu'elle fit aussi vite. Elle plaça son arbalète tout au fond et se recroquevilla sur elle même sans lâcher son couteau un seul instant. Daryl monta à sa suite dans l'habitacle étroit, il se plaça à l'opposé d'elle, fermant le coffre en même temps qu'il se couchait. Il se servit de son bandana rouge pour lier l'ouverture, et elle espérait sincèrement que ça suffirait à les protéger. Dès qu'il fut mis en position, le chasseur pointa son arbalète droit sur l'ouverture, prêt à l'utiliser à la moindre intrusion, prêt à toute éventualité.

Rapidement, les morts se firent entendre à l'extérieur du véhicule, le souffle de Beth se figea et elle fit de son mieux pour régler sa respiration sur celle du chasseur. La peur qui habitait ses entrailles était indescriptible. Tous ses muscles souffraient de ces dernières journées à fuir mais elle était reconnaissante d'avoir suivi des cours avec l'archer, ça lui avait donné de l'entraînement pour le suivre et surtout son corps n'était plus celui d'avant. Elle plaça son regard dans celui de Daryl qui la fixait déjà avec intensité. Il semblait inquiet pour elle, ou peut-être avait-il peur qu'elle disparaisse comme par magie. N'écoutant que son besoin de contact, elle posa doucement sa main libre sur la jambe de l'archer. Elle vit tout de suite ses yeux s'élargir mais il ne fit aucun geste pour se dégager.

Elle ressentait une sensation bizarre, à être enfermée dans un espace aussi restreint avec lui. Elle savait que ce n'était pas vraiment le bon moment pour y penser mais quelque chose se passait en elle.

Leur lien à la prison était devenu plus fort, plus vrai, assez unique, pourtant sur la route les choses entre eux semblaient être plus compliquées, comme si soudainement ils avaient reculé. Non, Beth ne l'acceptait pas, elle ne voulait pas que leur lien soit brisé. Elle avait besoin de lui, probablement plus que jamais. Au delà de ça, et aussi spéciale que ça puisse paraître, elle souhaitait qu'il ait besoin d'elle. Elle ferma les yeux, essayant de ressentir les sensations que lui avaient procurées les nuits passées contre lui. C'était exactement ce qu'il lui fallait à l'instant.

Avec le plus de délicatesse dont elle était capable, elle replia ses jambes en dessous d'elle pour basculer son corps en avant, pour faire demi tour, et se placer dans le même sens que l'archer. Elle fit de son mieux pour minimiser ses mouvements, évitant de faire bouger la voiture et ainsi les faire repérer. Elle fut heureuse d'être si petite et frêle.

- Que fais-tu ? S'étonna-t-il dans un murmure à peine perceptif.

Une fois du même côté que lui, elle colla son dos, contre son torse, l'obligeant à bouger un peu son arbalète et surtout à l'entourer de ses bras pour qu'il puisse garder l'arme en position. Elle se retrouvait du coup entre le corps du chasseur et l'arbalète.

- J'ai besoin de tes bras, avoua-t-elle en rougissant totalement.

L'homme ne répondit rien, mais ne la repoussa pas non plus, la laissant se mettre à sa guise. Une fois installée contre lui, leurs jambes s'entrelacèrent avec une facilité impressionnante, comme si c'était une chose naturelle. Beth resserra alors sa prise sur son propre couteau, se sentant plus forte et prête que jamais.

…...

Ils n'avaient pas fermé l'œil de la nuit, restant en état d'alerte constant pour un éventuel combat contre les rôdeurs. Malgré cette situation chaotique, Beth se sentait presque à sa place, là dans les bras de l'archer, ressentant chaque battement de coeur de l'homme. Elle ressentait chacune de ses respirations, son souffle chaud réchauffant sa nuque dans un rythme régulier et apaisant. Ça serait complètement mentir de dire, que ça ne lui faisait rien, l'effet était juste parfaitement relaxant et assez excitant. Pourtant elle se sentait honteuse de penser de cette manière alors qu'ils pouvaient mourir à tout instant.

Les premiers rayons de soleil filtraient à travers la fine ouverture du coffre. Beth savait que cette nuit était terminée et qu'ils allaient bouger. En effet, la main habile de Daryl détacha doucement le bandana pour leur permettre de sortir.

- Bouge .. fille, déclara-t-il simplement.

- Oui, Mr Dixon, ironisa-t-elle.

Sans plus attendre, elle se releva en s'éloignant de l'étreinte du chasseur, ressentant aussi vite, le changement de chaleur. Elle passa les jambes hors de la voiture et prit son arbalète pour la fixer sur son dos. Déterminée, elle se dirigea vers l'avant du véhicule, espérant trouver quelque chose d'utile.

Discrètement, elle observa l'archer s'étendre douloureusement. Le pauvre avait vraiment dû souffrir de leur position forcée, lui, si imposant dans un coffre de voiture. Si ça n'avait pas été une question de vie ou de mort, ça aurait pu être assez risible.

Malgré le stress des dernières heures, les horreurs des derniers jours, Beth éprouvait l'envie de sourire et de profiter de chaque moment que la vie lui accordait. Elle se souvint alors du soulagement qu'elle avait ressenti en voyant Daryl arriver vers elle à la prison. Pourquoi lui en voulait-elle. Y avait-il vraiment une raison ? C'était une réaction stupide d'être en colère pour quelque chose dont il n'était pas coupable.

Sur le coup, elle ne s'imaginait pas être avec une autre personne que lui. Ils avaient passé tellement de temps ensemble, rien que eux deux, jusqu'à leurs nuits. Leur complicité étaient devenue lisible et si intense, qu'être séparée de lui aurait semblé insurmontable.

Ensemble, ils allaient retrouver les autres, leur famille, ensemble ils vivraient, elle en était persuadée.

- Quoi ? S'informa-t-il brusquement la faisant sortir de sa torpeur.

- Rien... assura-t-elle, en se demandant combien de temps elle était restée là à le dévisager.

…...

Ils étaient à l'extérieur de cette cabane qu'ils avaient trouvé en ce jour, occupé à crier l'un sur l'autre. Beth n'arrivait plus à se souvenir comment ils en était arrivé à cette situation. Eux qui semblaient inséparables, et qui au fur et à mesure du temps avait lié une réelle relation de confiance et de respect, étaient en train de se déchirer. Les paroles qui s'échangeaient étaient odieuses et horribles à entendre.

Elle avait eu de lui ce qu'elle voulait, elle s'était réveillée avec cette envie de se détendre, de boire, ça lui avait semblé être une bonne idée. Comme souvent, elle avait réussi à faire oublier ses réticence à Daryl qui lui avait accordée cette faveur. Il ne savait jamais lui dire non bien longtemps, elle trouvait toujours de quoi le faire changer d'avis.

C'était parti d'une bonne intention, juste le besoin d'oublier le temps d'un instant, les horreurs de ces derniers jours. Cependant, les choses lui avaient complètement échappées.

Elle s'était pourtant sentie bien, détendue et elle avait voulu jouer avec lui. Elle se souvenait parfaitement de ce jeu que ses amis faisaient au lycée et elle avait voulu partager ça avec lui. Bien entendu, elle avait conscience que c'était un stupide jeu d'adolescent, mais elle s'était dit que ça pouvait être amusant. Juste de bêtes questions réponses anodines qui dans un sens lui permettraient de mieux le connaître. Au début, ça avait plus ou moins eu l'effet escompté, le chasseur avait joué le jeu avec par moment un petit sourire. Beth avaient même poussé le sujet de ses anciennes relations, ce qui avait semblé l'amuser malgré le côté plus intime. Elle avait été surprise de ne pas le voir se frustrer et lui répondre honnêtement.

Le jeu avait dégénéré au moment où il avait mal interprété ses paroles, ils avaient parlé du passé, de ce qu'il faisait et la question « tu as déjà été en prison ? » était sortie. Même si ça avait été le cas, Beth n'en avait rien à faire, c'était plus pour rire de ses anciennes bêtises qu'autre chose. Pourtant, il s'était énervé si vite, qu'elle était restée ébahie devant l'éclat de sa colère.

Ils étaient maintenant à l'extérieur de cette cabane continuant à hurler, faisant sortir toute leur rage et leur frustration interne. Daryl s'excitait sur un rôdeur qui était de passage, le prenant pour cible, s'amusant à lui tirer dessus sans raison.

Avant de sortir, il lui avait révélé la galère de son enfance. Beth n'était pas dupe et il y avait longtemps qu'elle avait compris que Daryl avait eu une enfance très malheureuse et remplie de souffrance. Seulement, maintenant, elle pouvait voir à quel point ça le touchait encore. Il n'avait jamais rien connu de plaisant, n'avait jamais eu de cadeau ou connu de vrai noël. Elle l'avait regardé déblatérer toute sa fureur, jusqu'au moment où il avait dépassé les limites vis à vis d'elle.

- Je ne me suis jamais ouvert les veines pour attirer l'attention sur moi, hurla-t-il méchamment.

- Arrête de gueuler, s'énerva-t-elle, bouleversée par ces dernières paroles. Son regard devint aussi sombre que possible, blessée par ces insinuations, elle récupéra les flèches plantées dans le rôdeur et profita pour l'achever d'un coup de couteau.

- Qu'est-ce que tu fais ? Viens on s'amuse, contra-t-il avec une certaine ironie et ivre.

- Non, là tu joues au connard, l'injuria-t-elle.

Sans prendre en compte ce qu'elle venait de dire, il fit mine de retirer sur le corps du mort vivant, mais elle donna un coup sec de sa main dans l'arbalète, pour la dévier.

- Pour qui tu te prends ? Questionna-t-il toujours en hurlant.

- Arrête tes conneries, c'est pas toi ça, argumenta-t-elle en essayant de le raisonner.

- Tu sais rien de moi, s'opposa-t-il avec un ton accusateur.

- Oh que si je sais qui tu es... tu es celui qui as fait de moi, celle que je suis aujourd'hui... Tu es celui qui m'as aidée... qui m'a sortie de cette prison.. déclara-t-elle fortement. Elle était en colère contre lui, contre son comportement, mais elle se sentait si mal qu'il se sente toujours comme si il était mauvais. Cet homme n'avait aucune conscience de toutes ses qualités.

- Tu crois que ça va te sauver ? Rétorqua-t-il. Tu ne verras plus jamais ta soeur... Juddith ... tu comprends rien !

- C'est toi qui ne comprends rien ! Arrête d'agir comme si tout ça n'avait pas d'importance pour toi... comme si ça ne te faisait rien d'avoir perdu Rick ...

- C'est ce que tu crois ? La coupa-t-il.

- C'est ce que je sais ! Confirma-t-elle. Après tout ce que tu m'as appris, après tout ce qu'on a traversé, tout ce que tu vois en moi, c'est une autre fille morte... se surprit-elle à relever, sa gorge était serrée de larme à l'idée qu'en effet il puisse penser ça d'elle. Je ne suis pas Michonne, Je ne suis pas Carole, ni Maggie... mais je suis encore en vie, Daryl, grâce à toi, je l'ai fait.. Alors arrête d'agir de cette façon juste parce que tu as peur...

- J'ai peur de rien, cracha-t-il vexée par ce mot, les yeux écarquillés.

- Oh si, affirma-t-elle farouchement. Tu ne pourrais rien faire, reprit-elle en apercevant son regard rempli de culpabilité.

- Peut-être que si j'avais continué à chercher le gouverneur... peut-être que Rick serait.. Peut-être que ton père ... J'aurai pu faire... Craqua-t-il étant dans l'impossibilité de terminer ses phrases. Il baissa la tête et éclata en sanglot, en se détournant d'elle.

La colère que Beth avait ressenti quelques secondes auparavant, quitta son corps en un seul coup et elle se précipita sur lui dans le but de le serrer dans ses bras. Le dos de l'archer était contre sa poitrine alors qu'elle l'encerclait de ses petits bras. Doucement, elle le fit pivoter pour le mettre face à elle, tout en continuant à l'étreindre avec force et tendresse. La rage était remontée à la surface, les mots avaient blessé mais il restait juste la culpabilité et le chagrin. Cet homme s'en voulait terriblement, se sentant responsable de chacun de leur malheur alors qu'elle savait mieux que quiconque qu'il n'était fautif de rien. Se sentant tremblante sur ses jambes, elle fit au mieux pour l'entraîner au sol en douceur avec elle, refusant de le lâcher.

-Nous sommes encore tous les deux.. ensemble, appuya-t-elle dans le creux de son oreille, comme si c'était le plus important. En fait, ça l'était.

…...

Ils avaient passé tout le reste de l'après midi, au sol et enlacé, à l'arrière de cette cabane. Ils se contentaient de se murmurer des mots apaisants, ils avaient juste profité du contact de l'autre. Beth avouait facilement que ce simple fait avait le don de l'apaiser, c'était juste ce que la présence de Daryl avait toujours fait sur elle.

La soirée était tombée, et ils avaient trouvé refuge sous le porche, assis l'une en face de l'autre, un verre de liqueur de lune à la main. En ce moment, Beth se sentait euphorique et c'était assez étrange de se sentir si détendue après tout ça. Elle ne savait pas exactement si c'était l'effet de l'alcool ou les bras de l'archer qui en étaient la cause mais elle se sentait si bien.

- Au moins tu as l'alcool joyeux, sourit timidement Daryl alors qu'elle lui faisait part de son ressenti.

- Ouais, certains sont de vrais crétins quand ils boivent, s'amusa-t-elle avec un sourire éblouissant.

- Ouais, j'suis un connard quand j'ai bu, confirma-t-il.

Ce qui suivit laissa Beth agréablement surprise, ne s'étant pas attendue à ça. Il se mit à lui raconter une histoire de son passé, comprenant Merle et un autre dealer. Bien entendu, la jeune blonde savait que Daryl avait eu une vie plus que difficile et elle était consciente de la mauvaise image qu'il avait de lui-même. Elle souhaitait tellement qu'il puisse se voir à travers ses yeux à elle, il comprendrait enfin à quel point il était une bonne personne.

En toute honnêteté, Beth adorait l'écouter raconter des parties de sa vie, surtout qu'elle était persuadée d'être la seule à le connaître aussi bien. Pourtant, souvent ces histoires n'avaient rien de très réjouissantes, notamment celle qu'il racontait à l'instant. Même si la fin était plutôt stupide et assez ironique. Il avait quand même failli perdre la vie à cause d'une connerie de dessin animé. Merle avait toujours été celui qui dirigeait et qui embarquait toujours son jeune frère dans les ennuis.

- Tu voulais savoir ce que je faisais avant ?... je me contentais de traîner avec Merle... Je n'étais personne, je n'étais rien, la surprit-il à dire.

- Daryl, tu dois rester celui que tu es maintenant... pas celui que tu étais ... des idées ainsi tu dois les mettre sur le côté, analysa-t-elle.

- Si je peux pas ? Interrogea-t-il. Il ressemblait soudain à un petit garçon fragilisé et blessé qui cherchait juste une manière de se rassurer et d'être aimé. Ses yeux étaient terriblement brillants alors qu'il fixait la blonde face à lui, et Beth avala difficilement sa salive.

- Tu dois, sinon ça te tuera, ici, annonça-t-elle en mettant sa main sur son coeur.

- Tu devras me le rappeler parfois, ajouta-t-il.

- Je ne serai pas toujours là... Tu sais bien qu'on ne peut jamais compter sur personne.

- Arrête, démentit-il refusant d'entendre une telle chose. Tout compte fait, t'as pas l'alcool joyeux.

- Si mais je ne suis pas aveugle... je vais sacrément te manquer quand je ne serai plus là Daryl Dixon, sourit-elle l'œil plein de malice.

Le chasseur se demandait réellement comment il ferait pour continuer si cette fille venait à disparaître. Depuis plusieurs semaines, elle lui avait permis de voir les choses différemment, de ressentir des émotions qu'il n'avait jamais connu avant et honnêtement, il ne voulait pas perdre ça. Il n'était pas prêt à vivre sans elle. Il déglutit péniblement devant cette réalisation.

Elle le fixait toujours avec ce sourire hypnotique et cette flamme au fond de ses pupilles. C'était déstabilisant et terriblement attirant. Tant qu'ils étaient à la prison, entourés des autres, Daryl avait essayé de maintenir une certaines distance entre eux d'eux. Il s'était mis des limites, s'interdisant d'aller trop loin et surtout de se laisser aller à la tentation qu'elle représentait.

Cependant, avec un verre d'alcool dans le sang et seuls tous les deux, les choses pouvaient très vite déraper et devenir plus difficile à gérer.

- Je n'aurai pas voulu être avec Michonne, Ou avec Maggie, ou avec Carole, s'entendit-il confier sans grand contrôler. J'aurais jamais pu te laisser derrière, compléta-t-il se demandant depuis quand il parlait autant.

L'euphorie qui courait déjà dans les veines de Beth augmenta encore d'un cran. Elle se sentait capable de tout. Daryl Dixon venait juste de lui avouer qu'il n'aurait pas pu continuer sans elle. Elle était probablement éméchée, mais elle n'était pas folle, elle était consciente que même sans elle, il le ferait, il resterait debout. Cet homme était né pour ce monde, elle était persuadée qu'il serait le dernier survivant. Néanmoins, il lui avait dit cela comme une confession.

Le regard qu'il gardait sur elle, la faisait se sentir dans un autre monde, comme hors de son corps. Des frissons la parcoururent de la tête aux ée par elle ne savait trop quoi, probablement aidée par l'alcool, elle avança vers lui à quatre pattes, ne brisant à aucun moment le contact visuel.

- Nous devrions rentrer, dit-il alors d'une voix incertaine, tremblante.

Elle ne prit même pas la peine de relever sa remarque, s'approchant encore plus, habitée d'une vraie passion. Elle pouvait lire dans son regard l'étonnement et l'interrogation, mais il ne fit aucun geste pour prendre la fuite.

- Je ne veux être avec personne d'autre que toi, murmura-t-elle dans le creux de son oreille.

Ses yeux se posèrent sur les lèvres de l'archer prenant le temps de les observer un instant, avant de venir les couvrir des siennes. Ce moment, elle l'avait attendu, rêvé des centaines de fois, de manière diverses, elle l'avait désiré depuis tellement longtemps. La tension entre eux deux avait évolué au fil du temps, devenant de plus en plus électrisante, chacun attendant un signal de l'autre. Daryl s'obligeait probablement à rester correcte, se trouvant certainement plusieurs raisons de ne pas le faire. Cependant, elle venait juste de franchir la barrière.

Le baiser était rempli de douceur, le goût de l'alcool se mélangeait à celui de l'archer. C'était un simple bisou, presque enfantin, mais Beth voulait plus, elle avait besoin de le sentir. Elle ne pouvait pas dire qu'il l'encourageait, mais il ne faisait rien pour la repousser ou pour s'éloigner. Déterminée, elle pressa sa bouche plus fort contre la sienne, restant plantée entre les jambes de l'archer. Elle souhaitait lui faire comprendre à quel point elle était sérieuse, qu'elle savait ce qu'elle faisait. Poussée par le désir, elle passa doucement sa langue sur les lèvres du chasseur, l'incitant à la laisser entrer, demandant l'autorisation pour aller plus loin.

Soudain, elle eut le doute d'être encore une fois entrain de rêver, mais ça n'avait jamais parut aussi réel. L'impression que son coeur allait sortir de sa poitrine était si intense. Lorsque Daryl appuya enfin ses mains sur les hanches de la blonde, tout son corps frissonna de plaisir et d'anticipation. Elle colla son corps un peu plus contre celui de l'archer, tout en approfondissant le baiser, ayant accès à sa bouche. C'était un vrai brasier en elle, une passion sans faille l'habitait et ce fut le manque d'air qui l'obligea à éloigner sa bouche.

Ils se mirent contre front, tous les deux haletants sous la force des sensations, essoufflés par le trop pleins d'émotions. Beth avait beau essayer de décrypter son regard, elle n'arrivait pas à décrire son expression. Il ne semblait pas être fâché contre elle et ne donna aucun signe pour se dégager. Ses yeux étaient brumeux comme si il n'arrivait pas à analyser la situation. Elle le vit passer sa langue le long de ses lèvres pour les humidifier et elle se demanda si c'était pour sentir à nouveau son goût à elle. La jeune femme prit ça comme un signe et elle l' embrassa sans attendre.

L'émoi qu'elle ressentait était si fort que ça la faisait vibrer. Le baiser était beaucoup plus passionnel que le premier, beaucoup moins hésitant, c'était rempli de sensualité. Elle accrochait ses mains à l'arrière de la nuque du chasseur comme pour le rapprocher encore plus. Elle savait ce qu'elle voulait à ce moment là, elle voulait tout de lui, elle voulait ressentir tout ce qu'il pouvait lui donner. Elle avait le besoin de se sentir importante, vivante. Elle était incapable de contrôler les sensations qui l'envoûtaient, ni les réactions de son corps, ni même les mots qui sortaient de sa bouche.

- Fais-moi l'amour, souffla-t-elle contre ses lèvres. Elle ne voulait plus couper leur contact.

Elle ne comprenait pas ce qui lui avait pris de dire ces mots, mais elle les ressentait dans chaque partie de son corps, c'était un besoin qu'elle voulait assouvir.

Un gémissement quitta les lèvres de Daryl, ça sonnait si passionnel aux oreilles de Beth. Il prit son visage entre ses mains et frôla sa bouche de la sienne, comme une caresse, la rendant encore plus excitée. Ce fut elle qui cette fois gémit de plaisir et de désirs. Contrairement, à ce qu'elle s'imaginait, le chasseur la repoussa tout en douceur, en niant de la tête.

- Non, réussit-il à prononcer. Pas de cette façon.. pas ce soir.

Elle fronça les sourcils surprise et un peu choquée. Elle se sentait frustrée à bien des égares, toutefois, un sourire aguicheur étira ses lèvres encore rougies du baiser échangé.

- Pourquoi? interrogea-t-elle.

- Bon sang, fille ! T'es bourrée, fit-il remarquer.

Le sourire de Beth s'élargit face a cette constatation, l'euphorie toujours présente en elle. Dans n'importe quelle situation, Daryl essayait de réagir de la meilleure des manières. L'idée d'un prince des temps modernes l'amusa beaucoup.

Restant bien placée entre ses jambes, elle se redressa légèrement, le visage lumineux et les joues roses de plaisirs. Quoiqu'il arrive, bourrée ou pas, il ne pourrait pas nier ce baiser, il ne pourrait pas faire semblant que rien ne s'était produit. Le pourrait-il ? S'inquiéta-t-elle intérieurement.

- Nous devons rentrer, reprit l'archer.

- Ou nous pouvons y mettre le feu, déclara la blonde amusée.

Il se leva lentement sans la brusquer mais lui faisant comprendre que la détente prenait fin.

Pourtant, il ne résista pas à l'envie de l'observer une dernière fois, avant d'aller à l'intérieur. Ses yeux brillaient de malice, une flamme irradiait son regard, il n'avait jamais vu cette lumière avant elle. Elle semblait être la seule à porter cette étincelle en elle. Pour être parfaitement franc, il espérait tout au fond de lui, ne la voir que dans les yeux de cette jeune femme. Il était juste incapable de refuser quoi que ce soit à cet ange devant lui.

- Il va nous falloir plus d'alcool, se contenta-t-il de relever avec un petit sourire.

Ils arrosèrent abondamment la cabane avec tout l'alcool qu'ils possédaient, tout en rigolant et en s'amusant comme des enfants. Ce fut une vrai libération de mettre le feu à ce taudis. Ils utilisèrent des billets pour allumer le brasier, c'était comme si une partie du passé de Daryl partait en fumée. Alors qu'ils observaient le bois brûler, les éclairant dans la nuit, l'archer ressentit un sentiment de reconnaissance envers la jeune femme à ses côtés. C'était le signe qu'il était temps d'aller de l'avant et de laisser le passé derrière. Daryl Dixon n'était plus celui qu'il avait été, il était quelqu'un de nouveau.

Discrètement, il la vit adresser un doigt d'honneur au feu devant eux, dans une insulte à cette merde qu'avait été son enfance. Elle l'encouragea à faire de même et sans se poser de question, il l'imita, amusé par sa réaction mais surtout heureux de partager ce moment avec elle.

Tandis que les flammes s'étendaient déjà haut dans le ciel, il ne manqua pas d'observer Beth. Elle avait cet air réjouit sur le visage. Les joues rouges d'excitation et peut-être de contentement, elle semblait si satisfaite en cet instant. La couleur du feu se reflétait dans son regard, la rendant éblouissante. Plus encore, elle était séduisante et terriblement attirante.

Bon dieu, il ne croyait pas en ce qui venait de se produire. Beth Greene l'avait embrassé, pas de manière innocente, non, seulement comme une femme pouvait le faire. Ce n'était pas tout, ça allait plus loin que ça, vu qu'il avait retourné le baiser. Il avait profité du goût sucré de ses lèvres avec tellement d'intensité que rien que d'y songer faisait réagir son corps d'homme. En la voyant là, le regard pétillant d'excitation et d'espoir, il comprenait enfin que c'était elle la flamme de sa vie.

Le feu attirant les rôdeurs des environs, Daryl fit un signe de tête lui annonçant le moment de décoller. Il ne savait pas encore où ils allaient mais il irait n'importe où tant qu'elle était avec lui. Il jeta un dernier coup d'oeil au bûché improvisé et avant de se détourner à tout jamais de son passé, il ne put résister à l'envie qui hurlait en lui. Il pouvait se l'accorder au moins une fois, une dernière fois, demain tout ça sera oublié. Il s'approcha d'elle en une enjambée, parcourant le peu de distance qui les séparait. Il baissa délicatement la tête pour poser ses lèvres sur la bouche toute douce de Beth. Ça n'avait rien à voir avec le baiser échangé sous le porche. C'était plein de douceur, de respect, juste authentique, peut-être pour la remercier d'être là avec lui, d'être devenue sa lumière. Il la sentit sourire sous ses lèvres et il se recula un minimum pour observer son air comblé.

Ils s'étaient éloignés plus en profondeur dans les bois, jusqu'au moment où Daryl avait jugé l'endroit assez sûr. Ils avaient sécurisé un petit périmètre dans le but de pouvoir se reposer chacun leur tour avant de repartir au levé du soleil.

Il n'arrêtait pas d'observer Beth, se demandant si les choses entre eux allaient changer maintenant, si son comportement différerait vis à vis de lui.

- Tu vas dormir la première, s'enquit-il.

- D'accord, accepta-t-elle un sourire aux lèvres.

Il s'accosta contre un arbre, le dos droit, les jambes écartées et pliées de manière à pouvoir reposer ses coudes sur ses genoux. Il aurait tout donné pour pouvoir fumer une cigarette.

- Tu n'as pas envie de t'installer pour dormir ? Demanda-t-elle en la voyant tourner en rond, ce qui honnêtement commençait à l'agacer un peu.

- C'est demandé si gentiment, ironisa-t-elle. Il la regarda alors venir vers lui, poser son arbalète à côté de la sienne et sans un mot de plus, elle prit place entre les jambes du chasseur. Il se retrouva dans l'obligation de bouger ses bras pour qu'elle puisse s'installer et sur le moment il ne sut quoi en faire. À l'inverse, la jeune blonde ne semblait en rien troublé, c'était comme si c'était naturel et normal, elle posa sa tête contre son torse et écouta son coeur. L'archer était crispé, il osait à peine respirer, le bas du dos de Beth était très serré à son bas ventre et ça le rendait quelque peu inconfortable. Il fit au mieux pour essayer de contrôler son rythme cardiaque.

- J'ai trouvé ma place, marmonna-t-elle en fermant les yeux.

Cette phrase dite de manière anodine eut pourtant l'effet d'une bombe en lui. Tout ça était-il vraiment réel, ça semblait beaucoup trop beau et en même temps Daryl avait l'impression que ce n'était pas juste. Une ribambelle de questions tournaient en boucle dans son crâne, aurait-elle oublié en se réveillant ? Avait-il vraiment de l'importance ? Tout ça était-il possible ?

- Oui, flamme, tu l'as ta place, murmura-t-il à lui-même sachant à sa respiration que le sommeil était déjà venu chercher la jeune femme.

Ses pensées prirent directement le chemin de ce baiser échangé, vers toutes les sensations qu'il avait éprouvé. C'était une première pour lui tout ça, c'était quelque chose qu'il n'avait jamais traversé. C'était nouveau et compliqué à comprendre, plus encore à gérer. Bien entendu, il savait que l'alcool y était pour beaucoup et que probablement demain, tout rentrerait dans l'ordre. Ça resterait alors qu'un souvenir parmi tant d'autre.

Au fur et à mesure que les heures passaient une crainte montait en lui, se demandant si il serait capable de la protéger. Si il échouait et qu'il lui arrivait malheur, si il venait à perdre cette femme, il tomberait en morceau, c'était une certitude. Il comprenait de plus en plus qu'il avait besoin de ses sourires, de ses plaisanteries, de ses mots remplis de douceurs, de ses yeux et leur éclat magique... Il avait tout simplement besoin d'elle pour vivre.

- Ça sera toujours ta place, flamme, murmura-t-il à nouveau dans le vide.

Voilà j'espère que ce chapitre vous a plu ... n'hésitez pas à me laisser vos avis. ce que vous pensez de la réaction de Beth, celle de Daryl, leur rapprochement ... Ce baiser tant attendu? dites moi tout...