Bonjour à tous, j'espère que la reprise de saison vous plait ...
je vous mets le prochain chapitre et j'espère qu'il sera à votre goût. je tenais à vous remercier pour votre soutien et vos gentilles reviews ou mp c'es toujours avec plaisir que je lis vos retours.
ce chapitre est rempli de mots tendre et calme mais je vous promets que l'action sera de retour dés le prochain ...
merci à ma choupette et correctrice qui fait toujours un super boulot ... assez de blabla et bonne lecture ...
Chapitre 19 :avancer.
Depuis cette nuit où ils avaient brûlé cette cabane, la tension entre Beth et Daryl semblait être apaisée. Ils avaient enfin récupéré ce côté agréable à être ensemble, se taquinant avec des bêtises. Ils n'avaient pas soulevé le sujet du baiser pourtant l'archer pouvait voir que la jeune blonde agissait de manière plus entreprenante. Elle lui faisait des sourires à lui faire perdre la tête, des clins d'oeil bien placés, sans parler de ses « Mr Dixon » et de sa façon de les dire.
Par moment, Daryl avait un doute sur le fait qu'elle ait oublié leur moment d'intimité, mais à d'autre il était persuadé de l'inverse. Bien entendu, ils étaient conscients qu'ils avaient agis tous les deux sur le coup de l'alcool, et que cela ne se reproduirait plus. Après tout, que penserait Hershel de tout ça, ou même Maggie en sachant qu'un type comme lui avait osé toucher la douce et belle jeune femme qu'était Beth ? En pensant à ça, il se sentait presque comme un vieux pervers.
Les journées passaient et se ressemblaient toutes, une certaine routine s'était installée. Ils avançaient toujours à travers les bois, sans savoir quelle direction prendre, ni où ils allaient tomber. Ils n'avaient toujours pas trouvé un seul signe prouvant que les autres avaient survécu. Cependant Beth ne perdait pas espoir, et ne cessait de répéter qu'ils allaient les retrouver. Pour ses beaux yeux, Daryl mourait d'envie d'y croire.
Leurs moments de chasse étaient devenus leur moment de détente, de jeux, chacun s'appliquant mais en même temps essayait de déconcentrer l'autre.
Le soir, ils installaient un camp sécurisé, entouré de boites de conserve vides, ils mangeaient alors ce qu'ils avaient attrapé autour d'un feu.
La nuit était devenue le moment préféré de Daryl même si il ne l'avouerait jamais. Beth venait toujours s'installer entre ses jambes et il était incapable de la repousser. En réalité, c'était devenu un besoin pour lui aussi de ressentir son contact, c'était un moment des plus calmes et des plus apaisants qu'il ait jamais connu. Parfois ils échangeaient quelques paroles qui étaient toujours très superficielles et Beth finissait par s'endormir.
Malgré ce lien qui les unissait, Daryl ne pouvait empêcher le doute de l'accabler pendant toute la nuit. Il avait cette peur de ne pas être à la hauteur. Comme si elle ressentait ses angoisses muettes, la jeune blonde caressait avec tendresse son avant bras du bout de ses doigts fins. Ce geste rempli de tendresse lui provoquait toujours des centaines de frissons. Lorsqu'il changeait de tour de garde, Beth se permettait même parfois de chantonner comme pour l'aider à s'assoupir, ce qui fonctionnait très bien. Sa voix était angélique et l'archer comprenait totalement la petite Juddith d'être tombé en admiration devant sa mère d'adoption.
Daryl fut sorti du sommeil par les premiers rayons de soleil sur son visage. Dès que Beth remarqua le changement de respiration de l'archer, elle reprit ses petites caresses comme un bonjour matinal. Même si lors du premier réveil, le chasseur s'était raidi sous ses gestes, aujourd'hui il semblait habitué à ce genre de bonjour chaleureux.
- Bonjour Mr Dixon, souffla-t-elle d'une voix chantante.
- Hé flamme, la salua-t-il en utilisant le surnom qu'il lui réservait.
Comme chaque matin, Daryl se retrouva dans l'obligation d'essayer de contrôler les réactions de son corps d'homme. En effet, se réveiller collé à la plus belle fille qu'il ait eu la chance de côtoyer devenait de plus en plus compliqué à gérer. Au début, il était persuadé qu'elle ne remarquait rien, mais maintenant il ne jurerait plus de rien si il se fiait aux sourires séduisant qu'elle lui envoyait à chaque fois. Honnêtement, il n'avait qu'une seule envie, la prendre là maintenant, écoutant les besoins de son corps, seulement il ne pouvait pas se le permettre. Alors aussi forte que fut la frustration en lui, il se contentait de lui sourire amicalement et de la pousser légèrement pour qu'elle bouge.
Comme tous les matins, il se hâta pour aller aux toilettes et lorsqu'il revint en fermant son pantalon. Beth l'attendait déjà, elle avait rassemblé le peu d'affaires qu'ils possédaient et se tenait droite comme un I, son arbalète dressée sur son dos.
- Aujourd'hui c'est ton tour de chasser, déclara-t-il pince sans rire.
- Comme d'habitude, rétorqua-t-elle amusée.
- Pfff, je suis celui qui fait toujours tout le boulot, contra-t-il moqueusement, prenant plaisir à leur petit jeu. Il aimait surtout voir le sourire se dessiner sur les lèvres de la jeune femme, c'était ainsi que les journées étaient les plus plaisantes.
- J'ai tué un cerf comme ça, l'autre jour, assura-t-elle en mimant un animal hors norme à l'aide de ses mains.
- Bien sûr, dans tes rêves, ironisa-t-il sachant pertinemment qu'ils n'avaient eu aucun cerf dans l'espace de ces derniers jours mais toujours amusé par son entrain.
Elle se détourna de lui, faisant mine d'avancer fièrement et de manière déterminée, tout en dodelinant des hanches, faisant ainsi bouger fortement ses fesses. L'archer savait qu'elle le faisait en toute connaissance de cause. « Mon dieu, aidez-moi » pensa-t-il en se mordant la lèvre inférieure, résistant à l'envie qui hurlait en lui de l'attraper et de lui montrer ce qu'elle provoquait en lui.
Il avança à grande enjambée pour venir se placer à sa hauteur et avancer comme un seul homme. Il pouvait encore se rappeler de la jeune fille innocente et fragile qu'il avait rencontré à la ferme. Celle qui se tenait à ses côtés n'avait plus que ses magnifiques yeux bleus et ses longs cheveux blonds. Beth était au fil du temps devenue une femme forte, courageuse et très douée pour tout ce qu'elle entreprenait. Malgré son évolution impressionnante, au fond d'elle, il y avait toujours cette bonté qui la décrivait tant. Elle transpirait toujours l'espoir et la foi en l'être humain. De plus, malgré toutes les épreuves de la vie, elle avait réussi à garder son côté lumineux, rempli de joie.
- Tu sais, j'avais demandé à Michonne de m'entraîner à utiliser le katana, expliqua-t-elle soudainement, tout en continuant à marcher.
Il la regarda surpris, mais l'image de Beth tenant l'arme de la samouraï se fit instantanément dans sa tête. La représentation qu'il se faisait d'elle en train d'exterminer les rôdeurs à l'aide de la grande lame était assez torride. « oh Dixon j't'en prie » s'engueula-t-il mentalement.
- Pourquoi ? Demanda-t-il enfin.
Après tout, ils avaient passé tout leur temps à s'entraîner aux combats, il lui avait appris à se servir d'une arme, et même l'arbalète. Il admettait volontiers qu'elle était très habile pour tout. Peut-être que sa manière de lui enseigner les choses ne lui convenait pas , peut-être ...
- Je pensais que c'était bien d'avoir une nouvelle corde à mon arc, sourit-elle en toute simplicité, interrompant le fil de ses pensées. En plus, c'est plutôt sexy une femme avec un katana, s'amusa-t-elle avec un grand sourire.
Le chasseur ouvrit la bouche étonné par sa dernière remarque, repensant directement à l'image qu'il avait eu d'elle, tenant l'arme de Michonne, telle une vraie guerrière. Il avala difficilement sa salive.
Elle se plaça face à lui, les mains sur les hanches, le regard inquisiteur et assez provocant, les sourcils levé vers le haut.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Tu ne penses pas que je peux être sexy ? Plaisanta-t-elle à moitié en le défiant du regard.
Cette fille cherchait vraiment à le rendre complètement dingue ou alors à le tuer. Pourtant cette fois, il en avait marre de rester sagement en retrait à canaliser toutes ses envies. Il combla rapidement le peu de distance qui les séparait et mit ses lèvres contre son oreille.
- Je pense que t'as pas besoin d'un katana pour être sexy, susurra-t-il. Il se recula aussi vite qu'il s'était approché et la laissa là, surprise et un peu chamboulée.
Beth secoua la tête, retombant les pieds sur terre, un sourire étira ses lèvres et elle le suivit.
- J'espère qu'ils vont tous bien, reprit-elle après quelques minutes de silence.
Daryl ne savait jamais quoi lui répondre à ça, il ne voulait en rien briser toutes ses espérances, mais ne souhaitait pas non plus l'encourager à croire à l'impossible. Si le pire devait se produire, elle n'en serait que plus détruite.
- Ma soeur est solide comme un roc, je suis sûre qu'elle est vivante avec Glenn, ... Michonne est une guerrière,.. Rick... Il est quelque part avec Carl, je le sens au fond de moi, ils sont tous en vie... C'est notre famille, Daryl, nous nous retrouverons tous.
L'archer évitait de prendre part à ce genre de conversation, la laissant seulement expliquer ses illusions, ses croyances. C'était juste la façon dont Beth fonctionnait, persuadée que de bonnes choses pouvaient encore arriver. Si ce n'était pas le cas et que rien ne se passait ainsi, alors il savait que la chute serait terrible. Quoiqu'il puisse se passer, il serait là pour la soutenir, l'accompagner dans sa douleur, il ne la laisserait pas tomber.
- Juddith me manque, avoua-t-elle d'une voix fragile.
Daryl comprenait ça, il savait l'importance qu'avait la fillette pour elle et en toute franchise, même lui ressentait le manque du bébé. Il avait déjà essuyer quelques larmes sur ses joues lors de leurs nuits enlacés. Elle pleurait le souvenir de l'enfant, la perte, et le vide qu'elle laissait en elle.
Néanmoins, il voyait à quel point cette femme était une force de la nature. Elle surmonterait tout ça, elle réussirait à se reconstruire. Cherchant à lui communiquer son soutien, l'archer mit une main sur son épaule, voulant lui montrer sa présence à ses côtés. Ses yeux étaient noyés de larmes et il n'aimait pas du tout ça. Pourtant, il se refusait à détourner le regard, il comprenait très bien son chagrin.
- Alors, flamme ! Tu me montres que tu peux attraper ce cerf ?, l'encouragea-t-il avec un petit sourire et un clin d'oeil.
- Regarde, il y a des traces, signala Daryl en les pointant du doigt alors que Beth continuait à avancer.
- Je cherche un cerf Daryl, pas un rôdeur, rétorqua-t-elle avec assurance.
- C'est peut-être juste un type bourré, plaisanta-t-il avec un haussement d'épaule et une mimique moqueuse. Son esprit retourna rapidement à quelques nuits plus tôt et ce baiser échangé, ses joues rosirent aussi vite.
Son attention se fixa sur le dos de la jeune femme devant lui, elle tenait son arbalète en alerte devant elle, prête à s'en servir. Elle semblait sûre d'elle, déterminée et capable de tout ainsi, il était de plus en plus clair pour lui, que la femme qu'il avait avec lui, pouvait parfaitement se débrouiller seule. Il ne servait plus vraiment à grand chose. Le fait de penser ainsi, lui laissait un petit goût amer en bouche. Pourtant, il était terriblement fier d'elle et de ses capacités.
- Chut, râla-t-elle faussement sérieuse, l'oeil rieur.
- Je devrais te laisser te débrouiller, je te sers plus à grand chose... je devrais prendre la fuite tant que je le peux encore, railla-t-il.
Elle porta alors toute son attention sur lui, l'observant de haut en bas, se demandant probablement si il était sérieux ou non. Elle prit une grande inspiration avant de reprendre la parole.
- Où que tu ailles Dixon, je te retrouverai toujours, avança-t-elle avec le plus grand des sérieux. Il pouvait lire dans ses yeux avec quelle force, elle pensait ces quelques mots. Il y avait une croyance en ce qu'elle disait, une détermination à toute épreuve mais quelque chose de plus qu'il ne savait pas trop expliquer.
L'intonation de sa voix, le rendit un moment incapable de répondre. Il s'imagina le temps d'un instant, seul dans les bois, à errer en vain. Son coeur fit un bond dans sa poitrine comme si il était capable de se fissurer à cette seule idée d'être sans elle. Il préférait ignorer cette possibilité, trouvant ça absurde. Il n'y avait aucune raison qu'il se retrouve séparé de cette femme, plus encore il refusait d'y penser. C'était quelque chose qui n'arriverait pas.
- Par contre, continue à perturber ma traque vers ce majestueux cerf et c'est moi qui t'abandonne derrière, ajouta-t-elle voyant qu'il ne disait rien.
- Je te suivrai encore et encore... j'aurai toujours un oeil sur toi, flamme, s'entendit-il avouer. Il stoppa là ses paroles, avant de pousser son aveu trop loin, se mordant la lèvre inférieure, gêné par sa confession.
- C'est Greene et Dixon pour toujours alors, conclut-elle en mimant un soupir exaspéré avant de lui céder un sourire éblouissant.
- Ça doit être ça... continue d'avancer.
Sans perdre le sourire, elle se détourna de lui sans savoir cacher son contentement, et reporta toute sa concentration sur sa tâche. Daryl sourit à lui-même en la regardant agir, se demandant pour la énième fois ce qu'il avait fait pour mériter une personne comme elle dans sa vie.
…...
Alors qu'ils avançaient à petits pas silencieux, il vit Beth redresser son arbalète droit devant elle. Elle lui indiqua discrètement sa proie d'un signe de tête. Un rôdeur se tenait à quelques mètres d'eux, il l'observa poursuivre sa trajectoire vers celui-ci avec toute la délicatesse qu'elle possédait.
La flèche de la blonde partit au même moment que Daryl la vit chuter sur le sol avec un petit cri de douleur.
- Et merde, jura-t-elle durement.
Un piège venait juste de se refermer sur sa cheville, l'empêchant de continuer sa route et surtout, la maintenait au sol.
Toutefois, le rôdeur finit avec la flèche plantée entre ses deux yeux, traversant son crane tout putréfié, le rendant du même coup inoffensif. Sans attendre, l'archer accourut auprès d'elle, ouvrit le piège pour libérer sa jambe, tout en essayant de ne pas lui faire mal. Elle grimaça légèrement mais retient toute jérémiade.
- T'as vu ? Je l'ai eu quand même, s'exclama-t-elle en essayant de se relever sans montrer la douleur que cela lui causait.
- Ça va ? S'enquit-il sans tenir compte de sa remarque précédente, obnubilé par le fait qu'elle était blessée.
- Mouais, je suis pas en sucre, releva-t-elle, visiblement exaspérée de s'être laissée prendre par une saleté de piège.
- Sacrée femme ! Confirma-t-il en levant les sourcils en l'air. Il faut trouver de quoi te soigner. Peux-tu marcher ?
Pour toute réponse, elle lui lança un regard qui signifiait « je ne vais pas casser », avant de faire mine d'avancer.
- Je sais, je sais, t'es une dure à cuire.. En route, poursuivit-il en la tenant par la hanche, voulant l'aider et la soutenir. Elle devait éviter de mettre son poids sur la blessure, au moins jusqu'au moment où ils pourraient la vérifier.
Il la vit sourire tristement au surnom qu'il utilisait à la prison pour juddith. Il se maudit aussitôt d'avoir fait remonter l'image du bébé. Néanmoins, elle ne semblait pas plus perturbée par cela, un petit sourire flottait sur son visage.
Beth s'en voulait horriblement, à cause d'elle et de sa stupidité, ils étaient ralenti. Pire encore, si ils rencontraient des problèmes, ça pourrait leur coûter la vie. Elle avait été idiote d'avancer sans regarder où elle mettait les pieds. Que feraient-ils si ils devaient subitement se mettre à courir ? De plus maintenant, ils devaient trouver de quoi soigner sa blessure. Elle se sentait d'un coup comme un boulet pour l'archer.
Au delà de ça, ses pensées étaient constamment tournées vers Juddith qu'elle avait abandonnée à la prison. Elle qui avait cru avoir changé, évolué, était toujours aussi bête et inutile. Elle ne faisait que provoquer des problèmes au lieu d'en résoudre. Elle avait promis de tout son coeur de protéger le bébé, et elle avait lamentablement échoué. Maintenant, elle mettait en danger la vie de Daryl à cause de son inattention.
- Pouvons-nous faire une pause deux secondes ? Finit-elle par demander, fâchée de sa propre faiblesse. Seulement, le fait de marcher lui provoquait une douleur de plus en plus difficile à supporter, elle voulait juste s'asseoir quelques instants.
- Ça ne va pas ? S'inquiéta l'archer directement.
- Juste besoin d'une minute, voulut-elle le rassurer.
- Regarde, la surprit-il en désignant une habitation au loin.
Il y avait une maison là-bas, devant eux, peut-être y aurait-il quelqu'un ? Peut-être quelqu'un de leur groupe ? Ou une personne qui pourrait les aider ? Ils pourraient peut-être trouver de quoi manger. Toutefois, il y avait toujours le risque que si cette maison était habitée, ça soit par un individu abject, ou foncièrement fou, qui voudrait les tuer.
Non, Beth refusait de penser ainsi, elle ne voulait pas voir le mal partout. Elle restait convaincue qu'il y avait encore des personnes correctes en ce bas monde.
- Tu crois qu'il y a encore quelqu'un ? Osa-t-elle demander, ne sachant retenir la question.
- Si c'est le cas, je m'en occuperai, déclara-t-il prêt à tout.
-Tu sais Daryl, il y a encore des gens bien, voulut-elle le convaincre.
- Je pense pas que les gens bien survivent de nos jours, contra-t-il sûr de lui. Toutefois, elle sentit son regard sur elle, et elle vit une expression bizarre y passer. Comment pouvait-il croire ça ? Après tout, ils étaient encore tous les deux vivants. N'étaient-ils pas de bonnes personnes ? Malgré sa rudesse, la jeune blonde connaissait l'homme face à elle et elle savait que c'était probablement un des meilleurs qu'elle ait rencontré de toute sa vie. Oui, elle restait convaincu que le monde n'était pas rempli que de crapules.
Bien décidé à aller voir de plus près cette maison, la jeune blonde se remit debout et fit mine d'avancer. L'archer arriva aussi vite à ses côtés, elle dodelina légèrement sur sa jambe, celle-ci fortement affaiblie. Beth ne sut retenir un soupir de frustration totale mêlé à la douleur.
- Allez, monte sur mon dos, l'incita alors l'archer en plaçant son arbalète sur sa poitrine pour lui donner un accès libre.
- T'es sérieux ?
- On ne peut plus sérieux... Grimpe.
Elle ne sut retenir un sourire amusé mais n'hésita pas plus longtemps. Elle savait qu'ils arriveraient plus vite à la demeure et elle était si impatiente. Elle s'accrocha aux épaules larges du chasseur et celui-ci plaça ses mains sur les cuisses de la jeune Greene pour l'aider à se maintenir. Elle fit de son mieux pour ignorer toutes les sensations qui irradiaient son corps.
- T'es plus lourde que t'y parait, se moqua-t-il ouvertement.
Elle lui asséna une légère claque à l'arrière de la tête, faussement vexée par sa raillerie.
- Ce sont les muscles provoqués par nos nombreux entraînements, rigola-t-elle.
Daryl se mit alors à avancer vers la maison droit devant eux, portant Beth comme des adolescents auraient pu le faire, tout en plaisantant joyeusement.
Le coeur de Beth manqua un battement lorsque ses yeux tombèrent sur une pierre tombale avec écrit dessus « père bien aimé ». L'image de son propre papa apparut aussi tôt dans sa tête, lui n'avait pas eu la chance d'avoir une sépulture digne de ce nom. Pourtant si un homme méritait des éloges funèbres et de reposer en paix, c'était bien Hershel. Elle sentit l'émotion gagner sa poitrine.
- Daryl, arrête toi s'il te plait, dit-elle d'une voix fragilisée par le chagrin.
Sans rien demander en plus, celui-ci obtempéra rapidement. Dès que son regard se posa sur la tombe, il comprit les intentions de Beth. Pensant directement au père défunt de la jeune femme, il alla arracher des petites fleurs jaunes, pour les déposer délicatement sur le dessus de la pierre. Le geste du chasseur lui mit les larmes aux yeux, touchée par le respect de l'archer et attristée par la perte brutale de son papa. N'écoutant que le besoin de réconfort et de contact, elle laissa son corps se glisser contre celui de Daryl et instinctivement, elle chercha sa main pour entrelacer leurs doigts ensemble. Aussi vite, l'archer resserra la prise sur sa main, visiblement soucieux de la soutenir. En voyant, la tombe là sous ses yeux, en repensant à la perte de tous les membres de leur famille, Beth eut soudain peur de le perdre lui. Ce n'était pas la première fois qu'elle y pensait, rejetant très vite l'idée, mais cette fois la douleur que cela provoquerait l'accabla terriblement. Cet homme à ses côtés était, depuis plusieurs mois, devenu un vrai repère pour elle. Maintenant, il était le seul à être avec elle. Au delà de ça, il était essentiel à sa vie, sans lui plus rien ne serait possible. Détournant son regard de la pierre tombale, elle fixa son attention sur le chasseur, l'observant de haut en bas. Comme si il avait senti ses yeux sur lui, il la regarda inquiet.
- Je ne veux pas te perdre, avoua-t-elle la voix tremblante d'émotions. Il cligna des yeux, apparemment surpris par cette confession, il ne sembla rien trouver à dire, du coup elle continua sur sa lancée. Sans toi, je ne peux pas le faire, Daryl. Je ne pourrai pas survivre, je ne le voudrais pas.
- Bien sûr que tu le feras, lâcha-t-il tout d'un coup. Tu te souviens ? Tu n'as pas besoin de moi, tu n'as besoin de personne, lui rappela-t-il en utilisant leur conversation précédente.
- J'ai besoin de toi, déclara-t-elle sincèrement.
Elle ne lui laissa pas le temps de répondre, refusant de l'entendre nier. Elle plaça sa tête contre sa poitrine, écoutant son coeur, pour bien s'assurer qu'il respirait toujours, trouvant cela apaisant. Leurs mains étant toujours entrelacées, l'archer passa son autre bras autour de ses épaules pour la rapprocher encore plus de lui, et lui caressa les cheveux avec une douceur infinie.
Il ressentait l'envie de la rassurer, et de lui dire qu'il serait là, à n'importe quel moment et n'importe où. Seulement, avait-il vraiment le droit de faire une telle promesse ? Aujourd'hui, tout le monde pouvait disparaître d'une minute à l'autre, tout pouvait s'écrouler, ils en avaient eu la preuve plusieurs fois. Daryl n'était en rien un homme de mots, ils n'étaient pas bon là dedans. Même si avec Beth les choses étaient plus faciles, des situations comme celle-ci le rendaient toujours muet.
Incitant la jeune femme a relever la tête en appuyant sa main dans sa nuque, l'archer planta son regard dans les pupilles bleus de Beth. Il pouvait lire à travers ses yeux à quel point elle était perdue et peinée, il n'aimait pas l'expression sur son visage à ce moment là. Elle était le genre de personne a toujours devoir avoir l'air joyeuse et pétillante, c'était la nature de Beth d'être spontanée et souriante. En tout cas, c'était ce que le chasseur adorait voir sur ses traits. Il avait besoin de la voir apaisée et heureuse.
Il osa glisser son regard sur ses lèvres qui malgré le manque de sourire, étaient soudainement très attirantes. Sous le coup de l'émotion et de l'envie de la calmer, Daryl pencha doucement la tête vers elle, se demandant si oui ou non elle ferait un pas en arrière. Néanmoins, elle n'en fit rien et il déposa un léger baiser sur sa bouche comme une promesse qu'il serait toujours là pour elle tant que la vie le lui permettrait. Il sentit aussitôt, les lèvres de Beth s'étirer dans un petit sourire. Il se recula sans brusquerie et la découvrit mi gênée, mi heureuse.
- Allons visiter cette maison, reprit-il naturellement.
Il déposa Beth sous le porche et comme à son habitude frappa plusieurs coups contre le carreau de la fenêtre puis la porte. Visiblement, elle semblait vide de monde, ainsi que de rôdeurs, aucun son ne leur parvenait. Une fois qu'il était assez assuré sur la non présence de vivant, ils purent faire un repérage des lieux. C'était une belle demeure, grande de surcroît, mais le plus étonnant était que chaque chose était propre. Comme si le ménage avait été fait, ce qui inquiétait un peu l'archer, quelqu'un y vivait probablement, alors il reviendrait peut-être bientôt. Si le ou les personnes qui habitaient ici revenaient, les choses pourraient devenir plus compliquées, voir mauvaises. Daryl doutait fortement qu'ils puissent s'attarder en ces lieux, ils devaient profiter de l'absence des hôtes pour soigner Beth et chercher après de la nourriture. Peut-être pourraient-ils rester au moins une nuit, mais certainement pas plus.
Lorsqu'ils arrivèrent à l'étage du dessous, l'étonnement se dessina sur leurs traits à tous les deux. Au milieu de la pièce, se trouvait un corps préparé en vue de funérailles. Les yeux de Beth restaient fixés sur l'homme inerte, elle n'était pas choquée, pas vraiment, juste touchée devant un tel geste. Le mort qui était meurtri par sa mutation en rôdeur, avait été maquillé, habillé, soigné dans un hommage à la personne qu'elle était avant tout ça. Peut-être que les gens qui vivaient ici, tenaient des pompes funèbres.
- Il ne devait plus avoir de poupées, se moqua Daryl.
- Celui qui a fait ça, se souvient qu'avant d'avoir été un monstre, cette personne était humain, comme nous... Tu trouves pas ça beau ? Rétorqua-t-elle, espérant que l'archer voit la beauté du geste.
C'était en quelque sorte une preuve que malgré la merde du monde actuel, certaines personnes avaient gardé des valeurs et du respect pour l'être humain. C'était pour elle, une très belle intention, et elle se sentait émue devant cet homme sans vie.
- Allez, viens soigner ta cheville, lui recommanda le chasseur.
Elle ne discuta pas et se hissa sur le meuble devant Daryl, lui accordant l'accès à sa jambe. Sans traîner, il enleva sa botte pour observer l'étendue de la blessure. Heureusement, il y avait plus de peur que de mal, Beth savait qu'elle serait vite remise. Il nettoya rapidement l'endroit ou le piège s'était refermé avant de pouvoir bander la cheville. Chaque touché de ses doigts sur sa peau, provoquait des milliers de picotement dans tout le corps de la jeune blonde. Elle se rendait compte qu'il était le premier homme à lui faire ressentir autant de chose, surtout rien qu'en posant une main sur son pied, pensa-t-elle légèrement amusée.
- Du coup, je suppose que nous allons devoir nous passer de ce cerf, ironisa-t-il tout en s'appliquant sur le bandage.
- De toute façon, ce n'est pas la saison, déclara-t-elle sérieusement, comme si elle était soudainement devenue une grande experte.
Pour être parfaitement franche, elle n'était pas sûre du tout de savoir dans quel mois de l'année, ils se trouvaient, mais vu la chaleur des journées, elle imaginait que l'été était encore présent.
L'archer lâcha un léger ricanement mais ne répondit rien, se contentant de se redresser face à elle, restant entre les jambes de Beth. Elle ne le dirait pas et elle ne l'expliquait pas mais elle aimait cette position. Elle appréciait beaucoup d'être proche de lui, d'avoir un contact physique, comme ceux qu'ils avaient pour dormir.
Elle était consciente que ses joues devaient avoir une couleur un peu plus vive, alors qu'elle pensait au fait, qu'il lui avait de lui même donné un baiser. Elle était incapable de détacher les yeux de cet homme debout si proche d'elle, elle avait une envie irrationnelle d'ouvrir sa chemise et de détailler chaque centimètre de son torse. Bien entendu, elle n'était pas encore complètement folle, elle n'avait aucun droit de le faire. Elle se contenta alors de fixer intensément ses lèvres tout en humidifiant les siennes de sa langue.
- Arrête de faire ça, flamme, s'exclama-t-il comme un conseil.
Elle se mordit nerveusement la joue intérieure, plus parce qu'elle était frustrée d'avoir été stoppée dans son observation que parce qu'elle était gênée. En fait, elle ne l'était pas du tout, après tout elle était une femme et lui un homme, elle avait tout à fait le droit d'avoir envie de tout connaître de lui. Non ? De plus, se rendait-il compte qu'à chaque fois qu'il l'appelait ainsi, c'était comme si un brasier s'allumait en elle. Elle avait l'impression d'être spéciale pour lui, voire peut-être unique.
- Faire quoi ? Demanda-t-elle innocemment.
Les yeux du chasseur brillaient de cette étincelle si forte que ça le rendait encore plus attirant. Elle était jeune mais pas dupe, elle savait qu'il avait aussi envie d'elle.
- D'utiliser tes yeux de biches, marmonna-t-il la surprenant un peu. Il lui remit une mèche de cheveux derrière l'oreille alors qu'elle lui souriait en haussant les sourcils.
- Pourquoi ? Avez-vous peur de craquer Mr Dixon ? S'informa-t-elle mi joueuse, mi séductrice.
Même si elle le faisait de plus en plus souvent, à chaque fois, l'archer était surpris de son jeu de séduction. Il eut un temps d'arrêt, réfléchissant à quoi dire, étonné par ses paroles. Cependant son regard se fit beaucoup plus intense et il plongea dans ses iris.
- Il m'en faudra plus pour ça, assura-t-il.
- Ok, c'est noté... allons découvrir ce que cache les étages, déclara-t-elle en descendant du meuble.
Son corps se retrouva du même coup collé à celui du chasseur, elle mit une main à plat sur sa poitrine pour le pousser un minimum. Elle fit glisser celle-ci jusqu'au bas de son torse et se détourna sans un mot de plus, pour remonter les escaliers.
…...
Ils avaient trouvé cette cuisine remplie de réserves alimentaires, la quantité était impressionnante. Il y avait du soda, des biscuits, du beurre d'arachide, des pieds de porc qui avaient d'ailleurs fait le bonheur de l'archer. Tout était impeccable, bien rangé, propre, ça rappelait les armoires de la ferme à Beth. L'état nickel était un indice de plus au fait que quelqu'un devait probablement résider dans cette maison. Daryl avait instinctivement décrété qu'ils n'utiliseraient qu'une partie des denrées, trouvant anormal de prendre la nourriture d'autres survivants.
En y repensant, Beth ne pouvait que sourire, cet homme était l'exemple même d'une bonne personne. Pourtant, il semblait ne pas savoir qu'il l'était, plus encore, il refusait de penser qu'il pouvait encore exister des gens bien.
Daryl avait décidé de faire un tour pour observer plus en détails les extérieurs avant que la nuit ne tombe. La jeune femme en avait profité pour découvrir le reste de la grande maison, inspecter l'étage. Il y avait trois chambres toutes très sobres. Derrière la dernière porte, elle découvrit une grande chambre avec un lit double en baldaquin, une commode reposait contre le mur avec un miroir et Beth fut horrifiée par sa propre image. Ils courraient depuis tellement de jours, sans pouvoir ni se changer, ni prendre une douche. En toute honnêteté, elle ne ressemblait vraiment à rien. Peut-être y avait-il de l'eau, peut-être qu'ils pourraient profiter de cette demeure pour se laver. Ses vêtements avaient une odeurs de sueurs mélangée à du brûlé, reste de la cabane partie en fumée.
Beth se permit de s'asseoir sur le lit, il faisait si calme ici, pas un bruit, pas un seul cri, pas de grognements de rôdeurs. Comme à chaque fois qu'elle en avait la possibilité, les pensées de Beth se dirigèrent vers les autres. Elle espérait tellement qu'ils soient tous en sécurité, dans un endroit à l'abri. Elle était consciente que c'était probablement un vœu pieu mais elle ne pouvait s'empêcher d'y croire. En tout cas, elle essayait de se convaincre qu'aucun d'entre eux était seul. La solitude dans ce monde était certainement le pire qu'il pouvait arriver. Elle restait persuadée qu'elle ne l'aurait pas fait sans la présence de Daryl à ses côtés.
Elle inclina la tête vers le plafond, espérant ainsi calmer ses angoisses.
- Papa, prends soin d'eux s'il te plait, prononça-t-elle tout bas, dans une prière.
Un petit sourire prit place sur ses lèvres alors qu'une fine larme glissa le long de sa joue. Le manque de son père était terriblement dur à gérer, elle aurait tant aimé pouvoir lui dire au revoir. Bien entendu, elle était consciente qu'elle ne pouvait pas passer son temps à pleurer, ça ne changerait absolument rien à la situation. Du coup, elle poussa ses réflexions vers Maggie, l'imaginant avancer aux côtés de Glenn, ces deux là ne pouvaient pas se retrouver séparé. Ça serait une épreuve horrible pour sa grande soeur, ils devaient être ensemble.
Elle ressentait le besoin de se changer, de sortir de ses vêtements sales. Elle glissa sa main dans son sac à dos pour y prendre des linges propres. Toutefois, ce fut autre chose qu'elle rencontra, elle agrippa un bout de tissus qu'elle reconnut rien qu'au touché, devinant la tête d'éléphant au bout. Elle sortit aussi vite le doudou et sans même essayer de se contrôler, elle l'installa contre son nez, respirant l'odeur encore présente de Juddith. Elle n'était pas assez folle pour croire que le bébé avait survécu. Rick et Carl n'avaient certainement pas pu remonter jusqu'à la prison. C'était elle qui avait le rôle de s'occuper des enfants et elle avait échoué incontestablement. Au delà de la culpabilité grandissante qu'elle ressentait, c'était le manque de la fillette, de ses sourires, de ses mimiques, de son odeur, de ses petites mains qui lui broyaient littéralement le coeur.
- Beth, entendit-elle. Son nom était juste un souffle dans la bouche de Daryl alors qu'il venait de la trouver en larme, occupée à enserrer un petit nounours.
- Oh mon dieu... Daryl, pleura-t-elle réellement, incapable de contrôler ses émotions, ses yeux noyés d'eau relevés vers lui.
Malgré un certain malaise, l'archer se dirigea doucement vers elle, il avait le besoin de la réconforter, d'essayer de la calmer. Néanmoins, que pouvait-il dire ? Qu'était-il sensé faire ?
- Je l'ai laissée là-bas, toute seule... Je l'ai laissée mourir, déclara-t-elle dans de gros sanglots.
La seule chose que le chasseur put faire, fut de la serrer dans ses bras, refusant de la laisser dans un tel état.
- Chut Beth, ... tu ne pouvais rien faire, affirma-t-il dans un chuchotement.
- J'aurais dû la chercher... la trouver... je devais la sauver... l'avoir avec moi... contra-t-elle tremblante de chagrin.
- Non, flamme... tu as fais ce que tu pouvais.
Ces mots n'étaient pas prononcés juste pour l'apaiser mais parce que c'était la réalité. La prison avait pris des allures de pièges à rôdeurs et y retourner aurait été un suicide. Il aurait aimé pouvoir lui dire que la petite dure cuire était quelque part en vie et protégée par l'un des leurs. Seulement, ce serait un mensonge, il ne pouvait pas l'encourager à croire une telle chose.
- Ils ont pris mon bébé Daryl... elle est morte, claqua-t-elle comme si elle venait de le réaliser. Les larmes coulaient en abondance sur son visage et l'archer resserra son étreinte autour d'elle, comme si ses bras pouvaient lui servir de protection contre sa propre peine. Ses épaules étaient secouées par la force de ses émotions et de ses sanglots.
Le chasseur comprenait qu'elle devait craquer pour mieux se relever, pour continuer à avancer. Les mots qu'elle venait de prononcer lui brisait le coeur. Tout le monde à la prison avait, bien entendu, remarqué le lien spécial qui s'était formé entre Juddith et Beth. La jeune femme méritait plus que n'importe qui le titre de maman pour cet enfant. Aujourd'hui, on lui avait arraché ce lien, ce morceau de bonheur, sans lui laisser le choix.
Il n'y avait pas de mot pour calmer sa tristesse, on ne pouvait rien trouver à dire après la perte d'un enfant. Il devait juste se contenter d'être là et de lui prouver sa présence auprès d'elle. Il devait lui montrer qu'elle n'était pas seule. Cette femme dans ses bras était forte, bien plus qu'elle ne le croyait, bien plus que tout le monde ne pouvait l'imaginer. Daryl était convaincu qu'elle passerait au dessus de cette douleur, que le temps ferait son œuvre. Lui, il serait là, encore et toujours, à ses côtés, pour l'aider à continuer, pour s'assurer qu'elle remonte la pente. Son but maintenant, était de veiller à ce qu'il n'arrive rien à Beth, car sans elle, il ne savait plus si il aurait encore une raison d'être. Elle lui avait dit « tu seras le dernier homme debout » alors elle serait avec lui. Pour lui, c'était la seule possibilité.
Alors que la blonde pleurait sans aucune retenue, sans même essayer de contrôler ses larmes, Daryl les déplaça de manière à ce qu'ils se retrouvent allongé sur le lit, la tête sur l'oreiller. La jeune femme ne chercha pas une seconde à dé-serrer sa prise sur l'archer, elle était toujours cramponnée à sa chemise, le doudou de Juddith dans sa main. Le chasseur caressait tendrement ses longs cheveux retenus en une queue de cheval, il répétait des « chut » dans un murmure apaisant contre son oreille.
Ils étaient tous les deux couchés dans un lit, chose qui n'était plus arrivé depuis bien des jours, le corps de Beth était étroitement pressé contre le sien. Daryl aurait très bien pu penser à des choses pas très catholiques, pourtant à ce moment là, tout ça était sa dernière préoccupation. Chaque geste qu'il faisait était rempli d'une douceur toute nouvelle pour lui, dans le besoin unique de la réconforter. Au bout d'un moment, il la sentit doucement se calmer, les sanglots semblèrent s'espacer, et elle relâcha lentement son emprise.
Elle se recula de quelques centimètres et resta sur son côté, le chasseur l'imita se plaçant de manière à être face à elle. Leurs visages étaient à peine séparés. Leur proximité était telle qu'il pouvait sentir le souffle de la jeune femme sur lui.
- Je suis là, flamme, s'entendit-il dire incertain de ses propres mots.
- Toujours ? Insista-t-elle les yeux entourés de rouge d'avoir trop pleuré.
La question provoqua un étrange frisson dans le corps de Daryl. Comment lui exprimer ce qu'il pensait ? Comment lui faire comprendre ce qu'il ressentait en ce moment même ? Toutefois, réalisa-t-il, aucun mot ne pouvait suffire à lui exprimer ses sentiments exacts.
- Toujours, confirma-t-il simplement. Il espérait sincèrement qu'elle puisse lire au fond de ses yeux à quel point il le souhaitait réellement.
Un petit sourire fragile s'étendit sur les lèvres de la blonde, avec une lenteur exquise elle ferma le petit espace entre leur visage.
Lorsqu'il sentit la bouche de Beth sur la sienne, c'était comme si l'archer était né pour vivre cet instant. Comme si il s'était battu toute sa vie pour pouvoir goûter à ce bonheur, pour connaître le contact de cette fille. En toute franchise, plus rien d'autre n'avait d'importance, plus rien n'existait.
- Merci, marmonna-t-elle contre sa bouche sans s'éloigner d'un seul millimètre.
Le corps du chasseur réagit aussi vite à la chaleur provoquée par le toucher de la jeune femme. Cependant, il savait que ce n'était pas le moment pour ça. Il ne pouvait pas la pousser à faire juste ce que lui avait envie en tant qu'homme, ça ne serait pas correct. Néanmoins, il ne voulait pas fuir, ni reculer, il avait ce besoin de profiter de la douceur de Beth, de cette tendresse qui la caractérisait et qu'il appréciait de plus en plus. Pour la première fois depuis son enfance, Daryl Dixon se permettait de ressentir autre chose que de la tristesse et de la culpabilité.
Le baiser ne se brisa pas, il était doux, contrôlé, tempéré, chacun choisissant de garder l'instant paisible et unique.
- Ne dis pas merci flamme, la reprit-il d'une voix base.
Après ça, plus aucun mot ne fut échangé, un silence confortable s'installa. Ce fut un moment rempli de caresse et de baiser de soutien, de réconfort. Sans prévenir, le sommeil les attira tous les deux.
