Dans sa spacieuse chambre, Thranduil revêtait son armure. Le léger métal argenté luisait sous les premiers rayons du soleil. Thranduil admirait les fins motifs ornant son plastron, ses genouillères à la forme parfaite, les épaulettes sombres et ses gants de cuir noir.
Il saisit une épée bâtarde de quarante sept pouces. La lame à double tranchant venait d'être refaite quelques jours auparavant et encore aucune trace de combat n'y était présente. Le roi y voyait un vague reflet de son visage, qui, bientôt, verrait la mort s'abattre autour de lui, sur ses ennemis, les siens, et peut-être même sur lui. Un frisson le parcouru. Il se demandait alors s'il avait prit la bonne décision. Mener son peuple à la guerre pour les y voir mourir le frustrait au plus au point. Thranduil craignait que son acte soit inutile. Il se mêlait d'affaires qui n'étaient pas les siennes et prenait de grands risques pour les siens. Et si les Orcs étaient plus forts que les Elfes et les Humains ? Aurait il dans ce cas, mieux fallut qu'il garde des forces dans son royaume pour protéger son peuple ? Les Elfes auraient réussi à vivre malgré un puissant ennemi comme voisin. Ils connaissaient la forêt comme leur poche et auraient été très bien capable de se défendre. Alors pourquoi attaquer ?
"pour ma fierté, pour mon honneur, pour mon fils" murmura-t'il imperceptiblement
Lorsqu'il sorti devant son palais, son armée l'attendait déjà, parfaitement rangée en lignes et colonnes irréprochables. À cette vue, Thranduil se sentait fier. Voilà ce qu'il avait à montrer aux autres royaumes, ses alliés et ses ennemis. Une armée d'elfes étincelante, terrible et belle.
Contrairement aux autre royaumes, l'armée de Thranduil se déplaçait à pied. Des chevaux n'auraient jamais pu su déplacer aisément dans le dense feuillage de la forêt d'Eryn Lasgalen.
Le voyage était prévu long. Étant donné que ses troupes étaient à pied, et que Rohan se situait à environ 700 km, Thranduil estimait parvenir à sa destination dans environ deux semaine de marche, ne comportant que de courtes pauses durant les journées. Il savait que ce rythme allait être dur. Mais le roi connaissait les capacités de ses soldats et savait que cette longue marche ne leur poserait pas de problème. Car les Elfes étaient robustes et endurants.
Des charrettes de nourriture leurs seraient fournies à la sortie de la forêt, lorsque charrettes et chevaux pourront se déplacer. Il avait pensé quitter la forêt vers l'Est, ce qui rallongerait la distance à parcourir mais qui leur permettrait de se déplacer plus rapidement et efficacement que s'ils avaient à couper à travers les bois. Il longerait alors la rive Ouest de l'Anduin, jusqu'à arriver en Rohan.
La grande armée se déplaçait rapidement dans les bois. Laissant derrière eux un long passage dénué de végétation, semblable à la coulée d'un grand animal, mais ici laissée par des milliers de grands guerriers. Thranduil marchait à la tête de ses troupes, chacunes dirigées par un centurion. Environ un tiers des soldats était archer, les deux tiers restant étant surtout des épéistes et des lanciers. Mais malgré le fait qu'ils aient des armes de prédilection, tous étaient très polyvalent, sachant manier la dague, le javelot, et diverses autres armes.
A leur passage, les oiseaux cessaient leurs joyaux chants, laissant place à un lourd silence inhabituel. Seul les guerriers brisaient l'étrange silence.
La forêt semblait retenir son souffle. Thranduil n'était pas tranquille mais s'efforçait de montrer à ses troupes une détermination sans faille. Il devait être à leurs yeux le chef sûr de lui qui n'hésitait pas. Il devait se montrer fort. Ainsi, son peuple lui obéissant, lui faisait confiance, était plus fort.
Les visages des soldats exprimaient une admirable détermination qui croissait au fur et à mesure que leurs pas les éloignaient du royaume. Bientôt, la dense forêt allait laisser place aux plaines. Le soleil pourrait alors se montrer entièrement, dans toute sa splendeur. Les arbres ne dissimuleraient plus les montagnes brumeuses.
Cela faisait longtemps, pour certains d'entre eux, qu'ils n'étaient pas sortis de la forêt. Pour, d'autre, cela allait être la première fois.
Au sortir de la forêt, le pas s'accélèra sans que personne ne s'en rende réellement compte. Les Elfes aimaient la forêt, qui était leur maison, leur territoire. Mais ce paysage différent et hinabituel leur procurait un plaisir nouveau né de leur curiosité. L'astre du jour leur était révélé dans toute sa splendeur. L'herbe grasse s'étendait à perte de vue, en ondulant sous la brise légère. Les rayons du soleil qui s'y reflétaient rendaient le sol semblable à une mer de verdure aux vagues moutonnantes. Au loin s'entendait le son de l'Anduin qui hurlait entre les terres. Les yeux des Elfes voyaient son eaux limpide et transparente zigzaguer entre les rochers.
Les Elfes admiraient ce paysage qu'ils ne connaissaient que peu. Eux, habitué à la légère pénombre de la forêt, aux milliers d'arbres qui leur limitaient la vue. Eux qui n'appercevaient le ciel qu'en montant au sommet des immenses arbres qui régnaient dans les bois. Eux qui ne marchaient que sur un sol terreux et couvert de feuilles. Eux qui ne connaissaient de ce qui était autour d'eux que ce qu'ils allaient voir, étaient bouche-bées face au reste du monde. Ce paysage, qui paraissait tout à fait habituel aux gens de Gondor ou encore du Rohan était simplement extraordinaire pour ces Elfes des bois.
Bien sur, nombreux parmis eux connaissaient la région. Mais les plus jeunes restaient émerveillés devant tant de nouveauté.
Mais ils ne ralentirent pas le pas pour observer ce paysage. Ils allaient en guerre. Pour certains aussi, cela allait être la première fois. La guerre était pour eux une source d'excitation. Ils étaient alors mené par une hâte, celle de ceux encore plongés dans une sorte d'ignorance en la matière. Les vétérans, eux, savaient ce qui les attendaient. Tout comme le savait Thranduil. Ils voyaient déjà le sombre futur, incontestablement proche et sanglant qui les attendait. Ils voyaient l'avenir, ou plutôt le prévoyaient, se remémorant à l'encontre de leur gré, les images qui leurs restaient de leurs derniers combats. Cependant, ils dissimulaient leur angoisse, s'assurant que la victoire seule les attendait. Après tout, ne disait on pas que c'était toujours les autres qui mouraient ?
Les Elfes arrivèrent en vue du village où ils devaient se rendre. Les chevaux étaient déjà arnachés et les charrettes déjà pleines. Les Elfes étaient harassés mais le soleil luisait toujours dans le ciel. Tant que la lune n'était pas dominante dans la nuit, alors ils devaient marcher. La nourriture allait être transportée entre les troupes de soldat, de manière à ce qu'elle soit plus aisément protégée en cas d'attaque. Même si face à une armée aussi nombreuses que terrible les hordes de brigands craigneraient d'attaquer, Thranduil préférait être prudent. Car ces provisions pouvaient compromettre l'atteinte du Rohan par son armée dans les temps qu'il avait annoncé à Eomer. Ses messagers rapides devaient avoir déjà atteint la grande capitale de leur royaume et un retard pourrait faire mauvaise impression.
C'est ainsi que pendant de nombreux jours, la grande armée étincelante d'Eryn Lasgalen avançait, presque infatigable les grandes plaines qui séparaient le fleuve de la forêt. Au bout d'une semaine, Thranduil arriva au lieu où il s'apprêtait à traverser l'Anduin. À cette époque se l'année et à cet endroit, le fleuve était moins profond, ce qui pouvait permettre aux charrettes et aux soldats de traverser à pied sans courir de grands dangers. La traversée s'avéra plus difficile qu'il ne l'avait prévu. En effet, les chevaux étaient effrayés par l'eau et ne voulaient pas traverser. Les forcer aurait pu les traumatiser, ce que ne désirait pas Thranduil. Les chevaux étaient puissant et important pour que les guerriers puissent se nourrir jusqu'en Rohan. Il devait donc trouver un pont reliant les deux rives.
Chose qu'il ne s'attendait pas à trouver car le printemps venu, les neiges des montagnes de brumes fondaient et s'écoulaient dans l'Anduin. Le niveau de l'eau montait incroyablement et le fleuve sortait toujours de son lit pour inonder ses rives. Humains et Elfes avaient de nombreuses fois tenté de bâtir des ponts pour le traverser mais chaques fois les bases s'effondraient à cause du sol trop peu solide ou encore l'édifice devenait impraticable à cause de l'humidité qui le rongeait.
C'était la raison pour laquelle le passage que Thranduil désirait emprunter était assez utilisé par les gens ou que ces derniers empruntaient de légères embarcations en bois pour traverser. Mais doutes façons, rares étaient les gens qui désiraient aller du côté Est où se trouvaient comme seuls lieux connu le Mordor, l'Emyn Muil, Dagorlad, Eryn Lasgalen et les terres Brunes qui n'étaient pas des lieux très convoités par les gens vivant à l'ouest de fleuve.
Les provisions de nourriture étaient nombreuses et Thranduil décida d'accorder deux jours à la construction rapide d'un pont.
Les deux jours écoulés, un pont en bois et en pierre fut bâtit, permettant aux guerriers et aux chevaux de traverser. Cependant, ils devaient à présent rattraper de leur mieux les deux jours de retard. Leur marche du donc être encore plus rapide qu'elle ne l'était avant et durait plus longtemps. Un humain lambda n'aurait sans doutes pas pu supporter l'effort mais les Elfes étaient de nature plus robuste et résistante que celle des Hommes. Certe, ils se fatiguaient mais n'avaient pas besoin de beaucoup de temps pour récupérer.
C'est ainsi que Thranduil et ses troupes arrivèrent à destination sans retard constatable mais aux guerriers désireux de repos.
