Un silence. Puis le son et l'écho de lourdes portes s'ouvrant sur une vaste salle. Le bruit de pas gracieux, accompagné de celui metallique de deux autre personnes. Et enfin des voix plus ou moins agréable à l'oreille se faisaient entendre dans la grande salle où siégeait Eomer pour recevoir des invités. Devant lui étaient Thranduil et deux de ses gardes, tout deux cuirassés de métal doré.
- Bienvenue à toi, Thranduil, fils d'Oropher, roi des elfes d'Eryn Lasgalen, la forêt des vertes feuilles. A vrai dire, je dois avouer que votre venue me surprend quelques peu. Moi, Eomer, roi de Rohan car je ne me souvenais pas avoir entendu dire que vous vous mêliez souvent aux affaires qui ne sont pas les vôtres. Cela dit, votre aide n'est point refusée. Je crains cependant que certains de mes sujets ne soient pas du même avis que moi, et ce, fort malheureusement. Il faut accepter le fait que les rumeurs volent rapidement et que même les rois les plus puissants et sévères ne peuvent remédier à cela. Certains à la mauvaise langue ou manipulés par la voix de ces derniers pensaient que vous étiez de nos ennemis. Moi-même, guidé par de mauvaises voix, comme mon père le fut avant moi, aurait pu penser comme eux. Mais vous voilà arrivé et je vous souhaite la bienvenue de tout mon cœur. Votre aide nous sera précieuse car le Rohan est vaste et les ennemis nombreux. Votre fils est déjà présent sur nos terres avec quelques guerriers. L'avez vous envoyé en éclaireur ? Il était incapable de me dire si vous alliez ou non venir lorsque je le reçu dans cette salle.
Thranduil attendit que l'écho de la voix grave d'Eomer disparaisse, le temps de réfléchir à sa réponse. Il ne pouvait dire à son allié que son fils était venu en lui désobéissant. Le roi aurait eu des doutes sur la raison de sa venue. Mais surtout, Thranduil craignait que Eomer pense ainsi : qu'un roi incapable de se faire respecter par son fils ne peux pas se faire obéir par son royaume. Son honneur et sa réputation en dépendait. Il parla donc ainsi:
- Je tiens d'abord à remercier votre bienveillante hospitalité. Mais vous avez vu juste. Legolas était bien le chef d'un petit régiment de guerriers que j'avais envoyé. En effet, je ne connaissais pas le nombre d'orcs et ne savais donc pas à quoi m'attendre. Je leur avait donc donné l'ordre de les combattre et de me prévenir si les ennemis étaient trop nombreux. C'est malheureusement le cas et je suis donc venu avec le gros de mon armée. C'est aussi la réponse au fait que mon fils n'avait su vous répondre. Ce serait mentir de dire que ma réputation est fondée sur des mensonges. Je n'ai, vraiment, pas l'habitude d'agir ainsi, prendre des initiatives directement dans des royaumes étrangers. La raison en était que l'ennemi provenait de Dol Guldur, se situant dans mon royaume. Je n'ai pas pu les abattre lorsqu'ils étaient encore sur mes terres. Il est donc en ma responsabilité de venir les combattre à vos côtés.
Ainsi répondit le roi elfe et la réponse sembla satisfaire le seigneur de la marche.
En repensant à son acte, Thranduil se demanda si c'était l'age qui lui faisait prendre de tels risques, qui avaient conduit à des erreurs durant sa jeunesse.
- vous me voyez flatté de l'attention que vous portez à mon royaume. Je vous répète, vous êtes et serez toujours la bienvenue et je vous considère comme un allié précieux. Le Gondor et la Lorien m'ont aussi promis leur aide. Ils viendront dans la semaine qui suit. Vous pouvez vous installer avec votre armée non loin d'ici et vous serez souvent ravitallés en nourriture.
La petite réunion se termina après quelques politesses et flatteries et Thranduil rejoigna les siens. Des tentes avaient été montées et des guerriers envoyés à plusieurs endroits du royaume.
Le lendemain, Thranduil vit en se levant, la silhouette familière de son fils dans la faible lumière du matin. Le soleil était encore bas dans le ciel et le campement s'eveillait peu à peu.
Les deux hommes restèrent ainsi un long moment, l'un debout, les bras croisés et l'autre à demi allongé dans son lit, à se regarder sévèrement.
Enfin, Legolas prit la parole.
- Vous avez finalement décidé de vous détacher de votre trône. Vous m'en voyez soulagé de savoir que mon père possédait un peu de bon sens.
A nouveau le silence. Puis :
- un bon roi se doit de réfléchir avant de prendre des décisions de pareille ampleur et non sur un coup de tête. Ta venue dans ce royaume m'a fait me précipiter dans mes plans. J'espère que tu ne compromettra pas à notre victoire.
- alors pourquoi ne pas m'avoir arrêté tant qu'il en était encore temps ?
Thranduil hésita l'espace d'un instant avant de répondre.
- Je n'étais à ce moment pas capable de penser correctement. J'ai fait une erreur, je le sais. Tout le monde en fait.
Un rictus sarcastique se dessina sur le visage de Legolas.
- un bon souverain doit faire passer ses sentiments après la patrie et les besoins de son peuple.
- un bon fils doit obéir à son père.Cette dispute ne mène à rien. Je te pardonne pour m'avoir tenu tête et d'avoir agi sans avoir reçu d'ordres de ma part. Je me suis mal comporté, je le sais et j'en assume les conséquences. Pardonne moi.
A nouveau le silence. Thranduil craignait la réponse de Legolas. Il avait, devant son fils, assumé ses erreurs. Il avait, pour une fois, refoulé sa fierté personnelle et son honneur. Il espérait se réconcilier avec son unique enfant, le dernier membre de sa famille encore en vie. Au lieu de répondre, Legolas sorti de sa tente, paraissant troublé. Il n'apparut plus devant Thranduil du restant de la journée.
Cette dernière, d'ailleurs, s'écoula sans qu'il ne se passe grand chose d'intéressant. Les chefs et les stratèges réfléchissaient à des plans, le campement continuait à se bâtir.
