/o\ Notes /o\

Enfin le chapitre 4 ! On n'y croyait plus haha !

Je m'excuse pour ce retard. Cela n'aurait pas dû être aussi long mais j'ai quelques soucis en ce moment dans ma vie perso qui fait que j'ai dû revoir mes priorités ces dernières semaines.

Normalement il devait être posté hier mais avec les problèmes de serveur qu'a rencontré Fanfiction, il n'arrive qu'aujourd'hui.

J'espère que ce chapitre vous plaira !

Bêta lectrice :

Merci à Hatsukoi00 pour avoir corrigé ce chapitre !

RAR :

Chouchou : Merci beaucoup !

Guest : Haha oui ^^ Finalement c'est Sasuke qui s'est trahit !

Charti : Oui ! Sa concentration a flanché deux secondes et patatra ! J'essaie de faire coller au mieux les caractères et je suis contente que tu me le dises :)

Renardeski (Guest) : Tout à fait. Sasuke est courageux pour plein de choses mais l'amour c'est quelque chose qu'il ne maîtrise pas bien ^^

Pensi : Hahaha, oui Naruto est toujours un peu vantard sur les bords )

Bella : Pas de soucis ! Tu es toute pardonnée avec mon propre retard pour cette suite qui a tardé à arriver ^^

Guest 2 : Merci ! Voici enfin la suite ! N'hésite pas à mettre un pseudo la prochaine fois que je puisse t'identifier, car j'ai plusieurs lecteurs qui me laissent des reviews anonymes ^^

Levi : Hahaha parce que je suis une sadique ? x)

Anonimiaouss : Merci c'est très gentil :3

C : la voici ^^ merci pour la review !

Bonne lecture !

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Konoha Live Messenger

Chapitre 4 : Dernier mensonge

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Je t'avais dit que ce serait une mauvaise idée de chercher qui j'étais, Naruto.

'Black Diamond' s'est déconnecté.

(…)

Naruto,

Je ne sais pas si tu liras cette lettre jusqu'au bout mais, je t'en prie, laisse-moi une chance de tout t'expliquer. Je ne pourrais supporter plus longtemps ton mépris, qui est juste face à mon comportement déplacé.

Je n'ai jamais voulu te blesser en te parlant via KLM sous un pseudonyme. Ce n'était pas pour me moquer de toi, loin de moi cette idée, ni pour t'espionner. Je souhaitais simplement y trouver un signe.

Je suis amoureux de toi depuis plus d'un an maintenant. J'ai essayé de te le dire plusieurs fois, mais toutes mes tentatives ont échoué lamentablement. Je t'ai envoyé des milliers de signaux sans que tu ne les remarques. J'étais désespéré, je ne savais plus quoi faire pour te le montrer, j'avais utilisé presque toutes les cordes à mon arc.

Contrairement à ce que tu penses, je ne suis pas courageux. La manière dont j'ai agi le prouve : je me suis caché derrière une fausse identité pour t'approcher. Je voulais que tes yeux se posent sur moi parce qu'ils y verraient autre chose que de l'amitié. Cette simple pensée éloignait mes doutes et je me sentais heureux.

J'ai cru, peut-être par erreur, que tu ressentais la même chose que moi. Tes gestes m'ont trahi car plus d'une fois tu m'as protégé au péril de ta vie. En plus de voler mon cœur, tu ne restais jamais loin de moi. Je te trouvais toujours quelque part, à m'épier, me surveiller, me suivre pour voir ce que je faisais. Je t'avoue que je m'arrangeais pour nous éloigner le plus possible du reste de notre équipe parce que ce qui me faisait frissonner était de pouvoir vivre avec toi ces moments magiques.

Te souviens-tu lorsque nous nous sommes retrouvés rien qu'à deux dans l'eau transparente de la rivière de Souhaï ? Nous nous sommes chamaillés dans les remous des rapides comme des enfants et tu avais les cheveux en pagaille. Du bout des doigts, je t'ai remis une mèche récalcitrante derrière l'oreille et t'ai caressé la joue aussi délicatement que le souffle d'une brise. Tes yeux se sont accrochés aux miens, tu semblais perdu, ne sachant pas comment traduire mon geste, alors tu as feint la surprise.

Je pense que c'est à ce moment-là que j'ai compris que j'étais attiré par toi.

Peut-être ai-je surinterprété tes gestes et tes paroles, peut-être y ai-je vu quelque chose qui n'existe pas. Je jure que je ne joue pas de rôle quand je dis haut et fort que tu es la seule personne qui compte pour moi.

J'ai longtemps pensé que tu faisais semblant de ne pas voir mes avances, mes coups d'œil appuyés ou encore le fait que j'essayais désespérément de trouver des excuses pour entrer en contact physique avec toi.

J'avais peur que tu me rejettes, que tu ne me comprennes pas. Et si je m'étais fourvoyé sur toute la ligne ? Je serais passé pour un bel idiot et toi tu n'aurais peut-être plus voulu de moi comme ami. Je voulais m'assurer de ne pas faire de bêtise car rien ne m'aurait été plus pénible que de te perdre pour la vie.

C'est pourquoi je me suis créé un faux compte sur KLM. J'ai fait tout ça parce que je voulais que toi aussi, tu m'aimes.

Dès la première phrase que tu m'as écrite, j'ai tout de suite su que c'était toi, sous ce pseudo ronflant 'd'Anaconda'. J'ai tenté, au début, de te repousser, sans succès. Tu revenais à la charge comme un forcené et j'ai finis par craquer. J'ai orienté la conversation vers mes sujets d'intérêts et j'ai creusé pour y trouver mes chances de te faire succomber.

Pardonne-moi si je t'ai fait souffrir. Je savais que tu te sentirais trompé si par malheur tu arrivais à me découvrir. Mais c'est arrivé, et je voudrais me racheter.

J'espère que ce n'est pas trop tard et que tu voudras bien me revoir.

Je t'aime Naruto.

Sasuke

(…)

Naruto avait les mains tremblantes. Il tenait cette lettre fébrilement entre ses doigts, relisant les dernières phrases pour être sûr qu'il ne rêvait pas. Une goutte d'eau tomba et forma une auréole grise sur le papier. Il ne s'était même pas rendu compte qu'il pleurait.

Son cœur battait à tout rompre. Il relisait chaque mot, chaque phrase pour s'en imprégner indéfiniment. Mais il était incapable de retenir quoique ce soit tant son cerveau se trouvait dans un méli-mélo de questions. La seule information qui finit par ressortir de cette marée de lettres était que Sasuke l'aimait.

Il avait l'impression d'être aspiré dans un tourbillon de bonheur. Son corps relâcha lentement la pression qui l'avait tenu en joug juste avant d'ouvrir l'enveloppe. Il s'était attendu à à peu près tout, sauf à une telle déclaration enflammée et poétique. Il se laissa tomber mollement en arrière sur son matelas et se permit de prendre une grande inspiration pour aérer sa tête, suivi d'une lente expiration, comme pour rejeter tout le stress qui l'habitait.

Il ressemblait à une adolescente en prise avec ses émotions quand il serra la feuille contre son torse. Il ne pouvait s'empêcher de sourire bêtement, rassuré que toute cette mascarade ait eu un sens logique et que le piège dans lequel il était tombé n'ait pas eu pour but de l'humilier. Au contraire, il était touché d'apprendre que Sasuke s'était donné tant de mal pour le séduire.

Bien sûr, il ne pouvait que souligner le manque de courage de son coéquipier, c'était indéniable. Jamais, Ô grand jamais, Naruto n'aurait utilisé un tel subterfuge. Il n'en aurait tout simplement pas eu l'idée. Il fallait tout de même être un peu tordu pour imaginer un plan pareil et se cacher sous une fausse identité dans le but de récolter des informations sur une personne. C'était bien trop vicieux, bien trop… Sasukesque.

Naruto se sentait bête. Bête de n'avoir jamais su interpréter correctement les gestes de son ami, tout simplement parce qu'il n'aurait jamais pu imaginer que son attirance puisse être réciproque. Il avait toujours pensé que Sasuke était trop bien pour lui, parce qu'il se considérait, peut-être à tort, comme quelqu'un qui n'avait pas grande valeur.

Ses espoirs de ne serait-ce qu'attirer le regard du ténébreux avaient vite fondu comme neige au soleil lorsqu'une voix dans sa tête avait résonné un jour « On ne mélange pas les torchons et les serviettes ». A ce moment-là et sans plus de réflexion, il avait été d'accord avec ce dicton. Naruto ne pouvait pas salir Sasuke avec sa personne qu'il considérait comme peu recommandable.

Mais peut-être que les enfants de bonnes familles recherchaient le danger en fricotant avec des mauvais garçons, pour emmerder leurs parents mais aussi pour se créer un peu d'adrénaline. C'était bien connu.

Oui mais Sasuke ne devait rendre de compte à personne car il était autonome, ayant perdu ses parents très jeunes. Il avait toujours été sérieux et adulé par les gens autour de lui. Il était toujours le premier de la classe quelle que soit la matière et, Naruto ne savait quelle magie il utilisait mais, jamais il n'apparaissait dans des situations honteuses. Tout son contraire. Peut-être était-il attiré par Naruto car ils se trouvaient aux antipodes l'un et l'autre.

Mais la piètre image que Naruto avait de lui-même l'empêcha de songer que Sasuke pouvait l'aimer simplement pour qui il était. Sa personnalité excentrique, sa joie et sa bonne humeur en toutes circonstances, ses sourires enjoliveurs qui avaient le pouvoir de remonter le moral à n'importe qui dans le pire des moments de la vie, son courage que personne n'égalait, son franc parlé, parfois trop spontané (ce qui lui valait quelques soucis) mais qui restait honnête, sa bravoure, son grand cœur. Les qualités du blondinet étaient tellement nombreuses qu'il était difficile de toutes les énumérer.

Naruto se redressa à la vitesse de l'éclair sur son matelas, piqué par l'envie soudaine d'aller voir son ami. Il était déjà en train d'imaginer d'innombrables plans, en gardant dans un coin de sa tête que rien ne se passerait comme prévu, bien évidemment. Devait-il se jeter sur lui pour l'embrasser ? Devait-il d'abord le frapper ? Oh oui, il méritait bien une claque pour s'être joué de lui de la sorte, mais elle serait immédiatement pansée par un baiser. Devait-il plutôt lui faire la tête, sans répondre à sa lettre, et attendre jusqu'à ce que celui-ci vienne de lui-même chez lui ? Viendrait-il seulement ? Au bout de combien de temps ?

Toutes ces questions lui donnaient mal au crâne. Il n'avait pas l'habitude de penser autant mais la situation ne lui laissait pas le choix. Toutefois, il restait un homme de terrain et bientôt, il se laissa conduire où son corps le menait, sans réfléchir. Il s'en était toujours bien sorti en fonctionnant de cette façon, il n'y avait pas de risque que cela se passe mal, si ?

C'est ainsi qu'il se retrouva à enfiler des vêtements propres, à ouvrir le volet unique de son studio qui était resté désespérément clôt depuis une semaine, gardant une odeur de renfermé, située quelque part entre le fromage moisi et l'humidité, à ranger, nettoyer, astiquer. Tout en gesticulant dans tous les sens, il bouscula du bout des fesses un petit meuble duquel tombèrent de nombreux bibelots dont le cadre photo de l'équipe sept à leur début.

Il ramassa le porte-photo délicatement, souffla dessus pour en retirer la pellicule de poussière accumulée depuis des années et passa son pouce amoureusement sur le visage de son coéquipier.

C'est à ce moment-là qu'il prit conscience de plusieurs choses : tout d'abord qu'il était en train de faire n'importe quoi depuis dix bonnes minutes, mettant la pagaille plus qu'autre chose dans son 16m², posant et reposant trois fois d'affilée des objets sans aucune importance à la même place, ouvrant et refermant des tiroirs sans n'avoir rien pris à l'intérieur ou encore en rangeant les torchons dans le frigidaire et le ketchup dans le micro-ondes.

Ensuite, qu'il était encore chez lui au lieu d'être chez Sasuke en train de le serrer entre ses bras. Et plus si affinité.

C'est pourquoi il lâcha son balai qui alla se cogner contre le bord de la table et sortit de chez lui en trombe, oubliant de prendre ses clefs et de fermer la porte. Il se trompa de rue deux fois tant il était dans la lune et finit tant bien que mal par se retrouver sur le perron bétonné de l'appartement de Sasuke après avoir monté trois longs escaliers en colimaçon. Il regarda le bois de la porte d'une façon énigmatique et il prit conscience qu'il ne savait absolument pas comment réagir.

Soudain, il fut pris d'un doute et eut envie de rebrousser chemin. Dans le fond de son lit, il aurait tout le temps de penser à un moyen d'approcher son ami de la façon la plus classe qui soit.

Mais le destin en décida autrement et ce fut avec une certaine horreur mêlée de surprise qu'il observa, incrédule, le battant de la porte s'ouvrir sur l'objet de ses pensées.

Le regard de Sasuke n'avait rien à envier aux soucoupes qu'arborait Naruto. L'un, surpris et l'autre, complètement perdu et pris la main dans le sac, le nez collé contre la porte. Ils se regardèrent, se jaugèrent, essayèrent de trouver chez l'autre quelque chose de rassurant. Naruto priait pour que Sasuke intervienne afin de relâcher la pression, car tant qu'il ne disait rien, il se sentait de plus en plus mal à l'aise et idiot.

'Dis quelque chose, dis quelque chose' se répétait Naruto, commençant légèrement à paniquer.

- Heu… Salut !

'Mais pas ça abruti !' se fustigea-t-il intérieurement.

- Non, enfin je veux dire… Bien sûr salut ! Haha… mais heu…, bafouilla-t-il en rougissant à vue d'œil.

Son visage brûlait. Les mots ne lui venaient pas, son cerveau s'étant fait la malle aux îles Maldives et étant actuellement en train de danser la zoumbada autour d'un feu avec des noix de coco en guise de ceinture ne l'aiderait sûrement pas dans cette impasse.

Sasuke s'appuya contre le mur et croisa les bras sur sa poitrine. Un sourire attendri étira ses lèvres alors qu'il continuait de fixer Naruto qui se triturait les doigts au point de s'en faire mal. La gêne si visible de son ami l'amusait beaucoup et le troubla en même temps.

- Je… j'ai lu ta lettre…, dit Naruto en regardant partout sauf Sasuke.

Celui-ci sentit son cœur faire un bond dans sa poitrine en comprenant les raisons de sa venue, même s'il s'en doutait un peu. Le fait de l'avoir retrouvé pratiquement aplati contre sa porte alors que lui-même allait sortir pour le retrouver chez lui, lui procurait une certaine satisfaction.

- Tu veux entrer ? lui suggéra Sasuke en ouvrant le passage.

Naruto hésita sur la marche à suivre mais le léger sourire de Sasuke finit par le convaincre et il pénétra dans son appartement. Sasuke, en hôte parfait, lui retira sa veste pour l'accrocher au porte-manteau et l'invita à aller dans le salon.

Il n'avait vu qu'une seule fois l'appartement de son coéquipier, car celui-ci n'invitait jamais personne dans son petit chez lui et préférait faire grâce de sa venue aux autres. Il redécouvrait la petite kitchenette semblable à la sienne, la table rectangulaire ornée de quatre chaises en osier, un lit une place collée contre le mur du fond et une petite porte blanche menant à la salle de bains et aux toilettes. Ils avaient pratiquement le même appartement, à la différence que celui-ci était impeccablement rangé et sentait le propre. Il y avait même un saladier composé de tomates mûres qui trônait au milieu de la table.

- Tu veux un thé ? proposa Sasuke.

Il avait déjà sorti la casserole pour y faire bouillir de l'eau.

Naruto était perdu. N'étaient-ils pas censés être en train de se rouler des pelles ? Son désarroi ne put cependant être partagé car il ne voyait que le dos de Sasuke.

Dans un effort surhumain pour ne rien laisser transparaître de son désappointement, il répondit :

- Heu, oui, avec plaisir.

Il n'aimait même pas le thé.

Il s'assit gentiment à la table et attendit. La situation était surréaliste. Lui qui s'attendait à ce que ses vêtements soient arrachés et éparpillés dans tout le studio, il était déçu. Les conversations chaudes qu'il avait eues, sans le savoir, avec Sasuke sur KLM contrastaient affreusement avec ce qui était en train de se passer. Son ami était en train de lui faire du thé, comme si de rien n'était, comme deux mamies. Il n'arrivait même pas à y croire.

Ils n'échangèrent aucun mot. L'eau commençait à bouillir et le silence devenait de plus en plus pesant. Naruto se tortillait sur sa chaise et se mordillait les lèvres. Il voulait agir, pas boire du thé. Il voulait le lécher, partout, pas siroter. Il voulait l'entendre gémir, crier d'extase, pas être muet. Il voulait le voir transpirant, les yeux voilés, les jambes écartées, pas debout en train de faire chauffer de l'eau.

Au moment où son coéquipier se retournait pour mettre la théière sur la table, Naruto baissa la tête et fixa ses genoux. Il était rouge comme une tomate et ne voulait pas que Sasuke le remarque. Il pria de tout son soûl pour qu'aucune remarque ne fuse, au point qu'il ferma durement les yeux à s'en incruster des rides pour les dix ans à venir.

Un bruit de placard lui indiqua que son ami ne l'avait pas remarqué, ou alors l'avait bien vu en train d'essayer de se cacher sous la table mais n'avait rien dit. Toutefois, le panorama qui l'accueillit lorsqu'il osa ouvrir un œil pour s'assurer que la voie était libre, fit immédiatement réagir son sexe qui se gonfla de sang. Sasuke était sur la pointe des pieds, les bras tendus au-dessus de la tête en train de rechercher quelque chose dans son armoire, ce qui avait fait remonter son tee-shirt jusqu'au milieu de son dos.

Il regrettait presque qu'il n'ait pas mis son petit débardeur super sexy de l'autre fois.

Naruto avait une vue imprenable sur ses hanches et sa splendide chute de reins. L'élastique rouge du boxer de son ami dépassait de son bermuda. Bermuda qui n'était maintenu par aucune ceinture et tombait sur, ce que devina Naruto, être le galbe de ses fesses. Il sentit son cœur s'emballer, sa respiration se faire plus rapide et son corps se réchauffer à vitesse grand V.

Tout à coup, une partie de la conversation sur KLM lui revint en mémoire, celle où Sasuke avait décrit de quelle manière il avait été pris par un mec lambda, contre un mur, comme une vulgaire traînée. Il ne sut dire si cela l'énerva ou l'excita. Dans tous les cas, il était dans un état qui ne lui permettait plus de se concentrer normalement. Peut-être Sasuke s'attendait-il à ce que Naruto le plaque contre un mur ?

Quand une tasse remplie d'eau chaude apparut sous son nez, il fut incapable d'émettre le moindre son. Sa gorge se noua totalement lorsqu'il découvrit le visage de son ami couvert de rougeurs, ses yeux noirs dont les pupilles dilatées brillaient de paillettes argentées et ses lèvres entrouvertes d'où s'échappait un souffle erratique.

Naruto plongea ses iris dans les siens, cherchant la moindre faiblesse pour faire sauter les barrières. Mais Sasuke détourna bien vite le regard, ne pouvant soutenir plus longtemps le feu qui habitait ceux de son camarade, et posa la tasse devant lui. Il retourna s'agiter de l'autre côté de la pièce pour fouiller dans un tiroir.

- Tu préfères menthe ou fruits rouges ? lui demanda-t-il.

Naruto secoua la tête. Cette situation était ridicule. Il avait très bien vu à quel point Sasuke semblait troublé et apparemment aussi échaudé que lui. Pourquoi continuait-il à jouer la comédie ?

Il décida de stopper cette mascarade et de passer à l'action, comme il l'avait toujours fait. Il se leva sans un bruit et s'approcha à pas feutrés derrière son ami qui était légèrement voûté pour attraper des sachets de thé ayant glissé au fond du tiroir. Il s'arrêta juste derrière, à quelques millimètres seulement, et se pencha lui aussi pour que sa bouche soit presque collée à son oreille.

- Je préférerais te goûter, toi, lui susurra-t-il au creux de l'oreille.

Sasuke sursauta et fit volte-face en envoyant quelques sachets transparents dans les airs. Il écarquilla les yeux en voyant Naruto se pencher vers ses lèvres, resserrant ses doigts autour des petits paquets en plastiques de tisane aux fruits rouges par réflexe.

Naruto posa lentement ses lèvres contre les siennes et apprécia leur douceur. Seulement, le baiser resta chaste et ne fut pas approfondit car il se rendit compte que Sasuke semblait être légèrement mal à l'aise. Il fut un peu surpris de ce comportement qui ne ressemblait pas à ce qu'il avait pu connaître sur KLM.

Il se recula de quelques pas, ne pouvant s'empêcher d'être un peu déçu que Sasuke ne lui montre pas à quel point il pouvait être chaud. Il comprit que quelque chose le perturbait et que son approche, bien qu'elle ne semblait pas l'effrayer, n'arrivait pas au bon moment.

Ce fut maussade qu'il se rassit à table, son pénis ayant perdu toute vigueur.

- Désolé…, s'excusa faiblement Sasuke en triturant nerveusement les sachets de thé.

Il pouvait l'être, Naruto se sentait frustré au plus haut point et commençait à douter de la véracité du contenu de la lettre que lui avait envoyé Sasuke. Il ne comprenait pas pourquoi les choses ne pouvaient pas se passer comme elles s'étaient toujours passées entre eux. C'est-à-dire : agir avant de réfléchir. Surtout que Sasuke semblait réagir à sa présence, ce qui était encore plus incompréhensible.

- Je croyais que… Que tu aurais envie de moi. J'ai dû mal comprendre, expliqua calmement Naruto.

Cela l'agaçait un peu quand même. Surtout lorsque Sasuke lui avait fait comprendre sur KLM qu'il n'était pas friand des conversations à l'eau de rose mais qu'un peu de rudesse lui convenait parfaitement.

Il le vit bouger du coin de l'œil et s'asseoir en face de lui en étalant les sachets remplis de brins d'herbe et de graines multicolores sur la table.

- Il faut que je te dise quelque chose, annonça gravement son ami.

Le cœur de Naruto effectua un bond en arrière, s'attendant déjà au pire. A quelque chose de désagréable du genre 'je t'ai menti, tu ne m'intéresses pas' ou 'je ne suis pas amoureux de toi' ou encore 'j'ai joué la comédie, je ne suis pas homo'. Alors que les pires scénarios défilaient dans sa tête, un petit sachet de couleur gris métallisé, qui n'avait strictement rien à voir avec un sachet de thé, atterrit sous ses yeux.

Il s'agissait d'un préservatif.

- Je t'ai menti, avoua Sasuke, plongeant son regard onyx dans le ciel bleu d'été de Naruto.

Celui-ci se sentait partir doucement dans un autre monde que lui offrirait un bon malaise vagal. Il ne voyait pas où son camarade voulait en venir en lui jetant une capote sous le nez et s'apprêtant à lui avouer une révélation qui changerait leur relation à jamais.

Il le vit prendre une grande inspiration, comme si ce qu'il s'apprêtait à dire allait provoquer un ouragan. Cela inquiéta d'autant plus Naruto qui ne supportait plus cette attente.

- Je suis vierge.

Effectivement, un ouragan puissant balaya les dernières connexions neuronales de Naruto.

L'information mit un certain temps avant de trouver écho dans sa tête et de prendre un sens véritable. Il écarquilla les yeux comme des soucoupes, ne se rendant pas compte que sa bouche suivit le même mouvement et qu'il ressemblait à s'y méprendre à une carpe agonisante.

- Ne me regarde pas comme ça, idiot ! rougit furieusement Sasuke.

Il lui lança les quelques paquets de thé en pleine figure pour le faire réagir.

- Mais… Mais ! Mais…, bégaya Naruto, le fixant sans vergogne.

- Je sais ! C'est pas bien de mentir ! Je sais ! Mais je ne pensais pas que ça irait jusque-là ! s'emporta le ténébreux en battant des bras en l'air.

- Pourquoi ?

- Quoi ?

- Tu paraissais tellement libéré à propos de ça sur KLM !

- Bien sûr que oui ! Je voulais savoir ce que tu aimais ! contra Sasuke. Tu t'attendais probablement à ce que je te saute dessus et à pouvoir me prendre contre la gazinière. Chut ! Je l'ai très bien vu dans ton regard et sache que ça me fait très plaisir. Mais j'ai peur ! J'ai peur Naruto !

Il y avait une telle franchise dans ses yeux que Naruto en eut un pincement au cœur. Il lisait dans ses iris son angoisse et cela fit monter en lui une soudaine envie de le protéger.

Oui, il avait cru qu'en venant ici il prendrait son pied comme jamais. Qu'il culbuterait Sasuke comme dans ses rêves les plus salaces, contre un mur, sur un lavabo, sur la table, à même le sol, lui enfonçant toutes sortes d'objets avant d'y mettre son propre désir tendu jusqu'à la garde. C'était des images excitantes seulement si Sasuke était consentant.

Or, il n'était pas venu pour lui faire peur ni le blesser. Quelques bribes des conversations échangées sur le chat lui revinrent en mémoire. Ils avaient blagué sur le choix de son pseudo qui était tiré de la taille de son engin plus que conséquent, et il pouvait aisément comprendre que son ami soit effrayé de prendre quelque chose de cette envergure dans son arrière-train.

Il balaya d'un revers de bras les nombreux paquets, dont le préservatif, présents sur la table pour pouvoir caresser du bout des doigts la main contractée de Sasuke. Il voulait le rassurer, lui montrer qu'il n'était pas là que pour s'envoyer en l'air (mais si ça arrivait, il ne dirait pas non non plus), mais aussi pour discuter et lui dire ce qu'il ressentait.

D'ailleurs, il se rendit compte qu'il ne lui avait toujours rien dit à propos de ses sentiments. Il se sentit extrêmement con.

- Sasuke, l'appela-t-il pour que ce dernier lève les yeux vers lui, je suis venu pour répondre à ta lettre.

C'était la première fois qu'il voyait les yeux de son coéquipier recouverts d'un voile humide. Il avait envie de se mettre à pleurer tant il était ému. Sasuke avait vraiment l'air de l'aimer et cette idée le rendit heureux comme jamais, gonflant son cœur dans sa poitrine.

- Je t'aime aussi, confessa-t-il.

La main de Sasuke se décrispa et ses doigts vinrent caresser ceux de Naruto. Ils n'échangèrent aucune parole pendant quelques minutes, uniquement des cajoleries légères et tendres avec leurs mains. Un poids s'était envolé, il se sentait beaucoup plus léger maintenant qu'il avait avoué son amour pour le jeune homme.

Pour la première fois depuis des mois qu'il traînait ce secret, à l'abri des regards, comme si c'était quelque chose de mal, il respirait des bouffées de liberté, sans avoir l'impression qu'elles l'empoisonnaient à petit feu. Bien qu'il fût reconnu pour son courage, ou plutôt son imprudence, ne prévoyant jamais que sa vie puisse être en danger de mort, il n'avait pas été capable d'avouer ce qu'il ressentait pour son ami par peur de se faire rejeter. Finalement, il pouvait comprendre que Sasuke n'ait pas eu le courage non plus. Au moins, il avait le mérite d'avoir tenté une approche, même si elle avait été plus que biscornue.

Se rappelant soudainement d'un détail qui le troublait depuis quelques jours, Naruto se lança finalement :

- Comment pouvais-tu savoir que je viendrais te parler sur KLM ? demanda curieusement Naruto, ne détachant pas son regard de leurs mains jointes.

- Je ne pouvais pas savoir. En fait, je ne pensais pas que tu viendrais me parler du tout. Mais tu l'as fait.

- Et si je ne l'avais pas fait ? Tu aurais fini par venir ?

- Je ne sais pas..., souffla Sasuke en se mordant l'intérieur des joues.

- Et pourquoi tu m'as repoussé si brutalement au début ?

- C'est un interrogatoire ?

Ils se regardèrent et échangèrent un sourire.

- Je suis juste curieux car c'est étrange comme tentative d'approche quand même.

Sasuke fit mine de réfléchir à sa réponse.

- En fait j'ai trouvé que l'idée de me faire passer pour quelqu'un d'autre pour en apprendre plus sur toi c'était… ce n'était pas très courageux de ma part. Je me trouvais idiot et c'est pour ça que je t'ai repoussé quand tu es venu me parler. Mais je n'ai pas pu me résoudre à supprimer mon compte à partir du moment où on a eu un échange. Et puis…

Sasuke marqua une pause, cherchant ses mots et essayant de ne pas voir le sourire goguenard qu'affichait Naruto en face de lui.

- Et puis ? répéta son camarade en resserrant ses doigts autour des siens.

- Mais quand j'ai vu que tu revenais à la charge je n'ai pas résisté et j'ai essayé par tous les moyens de savoir si tu pouvais être… Comme moi. Honnêtement je ne pensais pas que tu me parlerais de ça aussi vite, je ne m'y attendais pas et je t'avoue que je n'ai pas pu dormir pendant quelques jours…

Naruto s'était penché un peu plus sur la table et le regardait maintenant avec des yeux brillants de malices, le coin de sa bouche continuant de s'étirer de manière triomphante.

- Quoi ? Arrête de me regarder comme ça ! s'exclama Sasuke en essayant de dégager ses mains mais la poigne de Naruto était plus résistante que sa volonté.

- Tu es si… si…

- Si tu dis 'mignon', je te castre, le menaça-t-il.

Naruto fit une grimace et resserra ses jambes inconsciemment.

- Et comment tu pouvais savoir que c'était bien moi ?

Sasuke soupira et leva les yeux au plafond.

- Franchement, commença Sasuke.

Mais la suite n'arriva pas.

- Allez ! Dis-le moi, susurra Naruto, pratiquement à plat ventre sur la table, ses lèvres frôlant les doigts de son ami. Et ne me dis pas que c'est un sixième sens ou quelque chose comme ça, je ne te croirais pas.

Les joues de ce dernier se colorèrent de rouge.

- Je… J'étais venu chez toi il y a quelques temps et ton ordinateur était ouvert. J'ai profité que tu ailles aux toilettes pour regarder un peu à qui tu parlais – oui je sais c'est pas bien -, c'est là que j'ai remarqué que tu n'étais pas sur ton pseudo habituel et que je venais de découvrir ton deuxième compte.

- Petit fouineur, le taquina Naruto.

Sasuke baissa la tête, un peu honteux. C'est vrai que cette méthode ne ressemblait pas vraiment à son mode de fonctionnement habituel mais dès qu'il s'agissait de Naruto il n'était plus capable d'agir de manière cohérente. Il n'avait fait que suivre ce que son cœur lui dictait et non son cerveau, pour une fois. Leurs doigts entrelacés et le sourire de Naruto aujourd'hui lui prouvait que finalement il n'avait pas eu tort de faire confiance à son cœur, même s'il avait cru tout perdre à un moment.

Naruto, perdu dans ses pensées en train de fixer de manière un peu stupide leurs mains jointes et leurs doigts entrelacés, ne remarqua pas les nouvelles rougeurs apparaître subitement sur les pommettes de son vis-à-vis. Il ne savait pas ce qu'ils étaient maintenant. Étaient-ils amants ?

- J'ai envie de le faire…, lâcha soudainement Sasuke.

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A SUIVRE

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Alors ? Ça vous plaît toujours ?

Je suis désolée pour cette suite qui a mis un peu de temps à venir mais comme vous le savez ce n'est pas facile pour moi en ce moment en terme de timing ^^

La suite est prête à être postée ! Elle n'attend que vos reviews pour pointer le bout de son nez :D. Un beau lemon vous attend !

A la prochaine !

Lovekisshu