Une poignée de main et un regard froid. Rien de plus ne fut échangé entre le roi du Gondor et celui d'Eryn Lasgalen. Legolas se tenait aux côté de son père et observait les deux hommes d'un air anxieux. Il n'avait pas assisté à la dispute qui avait eu lieu pendant son absence et se demandait quel mur avait pu être bâti entre les deux monarques. Le prince des elfes était partagé par son amitié envers Aragorn, avec qui il avait contré moult dangers, mais aussi par l'amour d'un fils envers son père, son unique parent, son unique famille.
Thranduil quitta aussitôt la présence de l'homme pour saluer la dame Galadriel et son époux Celeborn qui venaient aussi d'arriver.
- en venant, j'ai sentit une puissance supérieure à celle d'un elfe ou d'un homme, même plus puissante qu'un balrog seul aurait pu émettre. Je soupçonne un maïa d'être à l'œuvre des méfaits, murmura la reine de Lothlorien. Un balrog m'avait on dit, mais cette force était différente.
Il arrivait rarement que la dame se trompe mais ses paroles étaient terrifiantes. Sauron était un maïa. Si une créature de sa puissance était leur ennemi, la victoire n'allait pas être aisée.
Les visages étaient graves. L'ennemi était sûrement plus puissant qu'ils ne l'avaient prévu. Un balrog, certe, mais aussi une autre créature tout aussi puissante, voir plus.
- c'était une puissance étrange. J'avais cru, au début, à celle d'un elfe très puissant. Un grand Noldor, ou alors in sindar hors du commun. Mais ce n'était finalement pas la même force que celle qui émane d'un Eldar. Un maïa, ce ne peut rien être d'autre.
Du Gondor, quinze mille soldats étaient venus, et de cela, Eomer étaient content. Mais de Lothlorien, seuls cinq mille avaient été envoyés, car ils avaient eu beaucoup de pertes lors de la guerre de l'anneau, et les Elfes mettaient plus de temps que les humains à combler leurs pertes. D'Eryn Lasgalen, il n'en restait que trois mille, ce qui était un bien piètre chiffre. Heureusement, le Rohan possédait beaucoup de guerriers, ce qui atténuait un peu la différence de puissance qu'il y avait des deux côtés.
- par tous les Valar, je donnerai ma main pour que les divinités nous viennent en aide, comme ils l'ont fait lors de la guerre de la grande colère, à la fin du premier âge ! S'exclama Aragorn.
Thranduil lui jeta un regard noir, empli de colère.
- Ha, les Valar ! Nous ne sommes pas encore assez désespérés pour appeler ces êtres de malices et d'hypocrisie ! Le premier âge date d'une éternité et cela fait longtemps déjà qu'ils nous ont oublié ! Je te croyais sage, Aragorn, fils d'Arathorn. Mais garde ta main, car même les humains peuvent servir au combat.
Le roi de la forêt des vertes feuilles se tourna ensuite vers la reine à la chevelure d'or et d'argent.
- et vous, ma dame, portez vous comme Aragorn, les Valar en votre cœur ? Eux qui vous ont chassé de leurs terres immortelles, eux qui vous ont condamnée à l'exil ! Eux qui vous ont accusé d'un massacre fracticide alors que la vérité en était tout autre ? Leur faisez vous toujours confiance ? Ils ne se sont pas manifesté depuis des millénaires, à notre tour maintenant de les oublier.
La reine observait son interlocuteur intensément, comme si elle cherchait à percer son cœur de ses yeux perçants. Elle semblait lire dans ses pensées, ses sentiments, et Thranduil, soudain, devint blême comme un linge.
- peut-être, me suis-je laissé emporter, et de cela je m'en excuse. Ma haine a été plus forte que la raison.
- non, Thranduil, vos paroles m'ont étonnée, tout simplement. Je ne vous avait pas pensé ainsi, du moins, vos idées n'étaient pas celles que vous m'avez présenté jusqu'à récemment. Moi même, à vrai dire, ai gardé de la colère envers eux. Longtemps je leur ai adressé mes prières pour pouvoir retourner à Aman, chez mes amis qui y étaient restés. Mais je pense qu'ils ont décidé que ma vie allait se terminer ici, sur ces terres rudes qu'est la terre du milieu.
Un sourire s'esquissa sur le visage de Thranduil.
- alors nous avons la preuve même que ces valar nous jugent avec erreur. Car, dame Galadriel, il ne me semble pas que vous ayez, un jour, commis quelque méfait qui vous aurait fait mériter la peine de l'exil éternel.
Legolas écoutait les paroles de son père, l'air effrayé.
- mon roi, si je puis me permettre de vous interrompre, je ne comprend pas la raison pour laquelle vous portez les puissants en haine. Ils ont façonné Arda, nous ont offert l'hospitalité lorsque Morgoth bauglir régnait, puissant, près du lac Cuivenen. Ceux qui les ont suivis vivent heureux à Valinor. Nous autres sindar avons choisi de notre plein gré de rester ici, et je ne pense pas que nous puissions les en blâmer.
- quel âge avez-vous, Legolas Vertes feuilles ? Demanda Galadriel.
- deux mille neuf cent quatre-vingt deux ans, ma dame, répondit le jeune elfe.
- je vois. Vous ne comprenez pas car vous êtes encore trop jeune et n'avez encore vécu. Lorsque vous aurez le double de votre actuel âge, alors, peut-être, vous changerez d'avis, explica Galadriel.
Legolas fronça les soircils. Il ne semblait pas comprendre.
- j'ai vécu, ma Dame, malgré ce que peut en dire mon âge. J'ai participé à la guerre de l'anneau, et... Certaines personnes que j'aimais sont décédées sous mes yeux... Mais ce fut à cause des orcs et non des Valar que Boromir est mort, que d'autres sont morts.
- est-ce la faute des orcs, si certains défunts ne sont toujours pas revenu des cavernes de Mandos ? Est-ce la faute des orcs, si nous ne sommes pas tous dotés de l'immortalité ? Est-ce la faute des orcs si les humains meurent de vieillesse ? Est-ce la faute des orcs si Eru n'a pas su éduquer son fils ? Non. Les Valar nous ont ils aidés aux Nirnaeth Arnoediad ? Non. Et le Beleriand s'en retrouva occupé par l'ennemi, les Elfes durent cacher leurs forteresses, les hommes devinrent pour beaucoup, de rustres sauvages. S'ils nous avaient aidé, je ne serai pas là dernière de ma famille, la dernière de mon peuple, répondit la puissante reine. Legolas, lorsque vous perdrez tous les êtres qui vous étaient chers, alors seulement, vous comprendrez. Thranduil et moi nous rattachons aux dernière personnes que nous aimons. Pour mon cas, c'est Celeborn, mon époux. Pour un père, cette personne n'est autre que son fils.
Legolas se sentait heureux, heureux qu'une personne tienne à lui comme étant le dernier fil le rattachant à la vie. Mais il se sentait triste et inquiet pour ce père désespéré. Il suffisait de sa mort pour que ce dernier sombre dans la folie ou pire, se ôte la vie. Il lui semblait alors comprendre le refus de son père de l'emmener au combat, la surprotection que Thranduil lui procurait étant enfant. L'homme de glace qui était son père, n'était autre qu'un homme plein d'amour pour son fils.
- Bon, nous avons assez discuté au sujet des Valar, reprit Eomer. Une guerre est proche, revenons à ce sujet. Mes éclaireurs ont repéré leur camp principal...
Le seigneur de la marche hésita un instant avant de continuer:
- cela peut paraître étrange et surprenant, voir incompréhensible... Moi même n'y avait pas cru, et pourtant cela est vrai. Vous allez penser que cela est improbable, qu'il y a erreur, mais leur camp se situe dans la forêt de Fangorn.
Les monarques présents en restèrent bouche-bées. Il était vrai qu'aucun n'avait vu le lieu d'où les ennemis commendaient les armées, mais la vieille forêt était sûrement le dernier lieu auquel ils auraient pensé. C'était un lieu quasiment inaccessible et doté d'une étrange magie qui faisait vivre les arbres et les éléments qui la composaient. Presque personne n'osait s'y aventurer. De plus, les Ents qui y vivaient haïssaient les orcs. Comment pouvaient ils tolérer un camp militaire ? Cela Thranduil se le demandait. Et pourtant cela devait être vrai.
- êtes vous certains ? Demanda Aragorn.
La nouvelle avait surpris tous le monde et il était évident que cela sucite des doutes chez certains d'entre eux.
- comme je vous l'ai dit tout à l'heure, moi-même avait du mal à croire cette information. Les ents haïssent les orcs, et cette haine a croisé depuis la guerre de l'anneau. Un phénomène imprévu à du se produire. Et peut-être que la magie que dame Galadriel a senti est à l'œuvre.
