Bonjour à toutes et à tous,
Cet OS est publié en ce jour spécial pour l'occasion de l'anniversaire de mon Griffon. Je ne pouvais pas passer à côté de ça tout de même ! C'est mal connaitre PerigrinTouque. Alors pour mon Mimi joli, je lui offre un moment délicat avec le bel Albafica. Et tant qu'il me restera des doigts et quelques neurones je continuerai à écrire sur ce couple magnifique, romanesque de Saint Seiya.
Titre : Si me relinquas signifie « si tu m'abandonnes ». Merci au traducteur de Google et excusez-moi si ce n'est pas exacte, je n'ai jamais fais de latin.
Résumé : Albafica attend son bel amant mais il tarde à venir. Alors le doux chevalier tergiverse sur leur relation…
Rating : K
Pairing : Minos/Albafica
Genre : Yaoi / Romance / Angst
Bonne lecture.
~oOo~Happy birthday sir Minos :-*~oOo~
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Si me relinquas
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La nuit est tombée depuis longtemps sur les hauteurs du Sanctuaire. La voûte céleste se pare de ses plus beaux artifices en cette soirée constellée, toutes les étoiles s'illuminent formant un chemin de milliers de petits flambeaux comme pour indiquer un sentier mystérieux. Une route secrète dont seuls deux hommes connaissent l'existence…
Là, sur la colline en haut de Star Hill Albafica attend. Attend son bel amant, attend son impur soupirant. La pensée imminente de le retrouver le fait sourire, il plisse ses grands yeux de quiétude. Jamais il ne manquerait un rendez-vous clandestin. Minos est toujours présent lors de ces retrouvailles nocturnes.
Le chevalier fiche son regard dans la voie lacté comme pour chercher des réponses à ses questions qui le taraudent. Sa passion va à l'encontre de son devoir divin, son amour teinté de noirceur le trouble. Est-ce correcte d'éprouver de tels sentiments à l'encontre d'un ennemi ? Qui plus est, pour le plus effroyable des spectres ? Tous connaissent la réputation de cet être abjecte. Alors pourquoi le plus pur des Ors ressent-il une attirance magnétique pour cette étoile de la noblesse ?
Noblesse est bien le mot qui le définit le mieux. Son allure élancée, son port de tête altier, son regard meurtrier haut perché, ses manières raffinées dévoilant toute l'atrocité de sa puissance quand se déchaine sa folie, sont autant de raison qui font que le chevalier porte dans son cœur cet homme, non ce spectre particulier.
Lui-même ne l'est-il pas particulier ? Un guerrier unique de part la pureté qu'il expose aux yeux de tous, de part sa fierté gravée dans sa peau et plus que tout, à cause de la malédiction empoisonnée qu'il subit. Il ne pouvait que rencontrer une autre personne spécifique qui le complèterait parfaitement. Quand la blancheur de l'aube s'enroule dans l'obscurité des ténèbres.
Minos l'a enrôlé dans son délire il y a fort longtemps, un retour en arrière est inenvisageable. Albafica demeure enchainé à cette relation maudite pieds et poings liés, il le désire plus que tout de rester prisonnier des serres du Griffon mythique.
Il ferme les yeux, se concentre pour tenter d'appréhender l'arrivée de son amant. Ce petit délai avant les retrouvailles le trouble, le fait chavirer. Tout son être palpite à l'envie de retrouver son Griffon, sa peau frémit sous l'impulsion de son nectar de vie coulant dans ses veines. Son cœur s'emballe, ses poumons se soulèvent rapidement, l'arrivée devient imminente. Ses jambes tremblent, pour ne pas flancher Albafica s'écarte du bord de la falaise pour aller s'appuyer contre une colonne en ruine plus loin. La pierre fraiche le calme. Il pose sa nuque contre la paroi granitée, son dos se calle dessus pour le soutenir et lui procurer une douce froideur. Comme cela il peut se donner une contenance. Contenance dont il aura besoin une fois son amant devant lui, malgré leurs innombrables rendez-vous, pour le Gold Saint c'est une redécouverte permanente. Il ne se fera jamais aux rayonnements qui transpercent son corps quand la vue de Minos surgit devant lui.
Sa carrure fine dénote avec sa force considérable, force dont il tire partit à tous les instants. Vigueur dont il fait preuve quand il amène son tendre alvin près de lui, contre son torse. Minos ne lui laisse plus la possibilité de bouger dès qu'il referme les chaines de sa passion autour de son corps. Heureusement, le chevalier ne cherche pas à se débattre au contraire il se laisse volontiers dominer dans ces instants là. Il donne l'impression de perdre le contrôle mais il n'en est rien. Il se laisse tout simplement diriger entre les mains expertes de son marionnettiste favori.
Il se fait tard, le froid envahit le domaine Albafica frissonne. Quelque chose ne tourne pas rond, d'habitude il est déjà là. Pourquoi Minos ne vient-il pas ?
Le cœur reprend ses martèlements saccadés, et s'il ne venait pas ? Et s'il ne venait plus jamais ? S'il c'était lassé de sa petite poupée devenue trop docile à son goût ? Et s'il ne l'aimait plus ? S'il lui était arrivé quelque chose en entrant dans le Sanctuaire ?
Ses interrogations écrasent les pensées d'Albafica, inquiet il tourne la tête à droite, à gauche, regarde par-dessus son épaule pour tenter d'apercevoir une ombre, un surplis… Rien. Pas même une plume ne vole devant ses yeux. L'horizon reste noir, immuablement noir comme les Enfers où réside son espéré. Le vent s'engouffre entre les ruines, les pierres tombales, son chant devient sinistre. Il emporte avec lui les tourments du poisson les emmenant par delà la falaise pour les dispersés à travers l'espace des côtes méditerranéennes. La nuit s'impose désormais on ne distingue plus les contours du paysage, un désert obscur fait place à toute chose.
Le chevalier commence à se résigner, il ne viendra plus, peut être est-ce terminé… Tout… Leur relation, leurs tête à tête, leurs étreintes… Minos a pris ce qu'il devait prendre, s'en est ainsi. Albafica s'en doutait pourtant mais n'écoutant pas sa bonne conscience il a succombé au charme féroce de la plus brillante étoile d'Hadès. Il ne le regrette pas, son aventure fut la plus belle de toute sa vie, la seule pour être honnête mais elle en valait largement la peine. Son sacrifice personne ne pourrait le comprendre mais il s'en fiche, Albafica ne rend de compte à personne d'autre qu'à son aigle cruel.
Cruel, sadique, vil de le laisser en plan après l'avoir soudoyé et conquis. Une vague oppressante compresse son thorax, ses organes s'emballent comme pour se mélanger entre eux, c'est terriblement inconfortable. Albafica sent sa gorge trembler pour évacuer les premiers sanglots qui remontent de sa trachée. Jamais auparavant il n'a connu un tel émoi, il se sent décontenancé.
Les hululements des chouettes se font entendre comme pour narguer le jeune homme, elles se moquent de son émotivité. Albafica se ressaisit, il faut rentrer à présent il ne viendra plus, c'est fini, tout semble fini. Il n'aura pas eu d'explication ni d'adieu, il en va ainsi. Minos ne se soucie pas du mal qu'il fait à ses jouets usés, au contraire il s'en délecte avec toute la malveillance que nous lui connaissons.
Chamboulé, le Saint délaisse sa colonne pour regagner le confort de sa maison, il s'engage sur le dédale de marbre et de pierre abandonnant ses espoirs. S'avance quand soudain parvient à ses oreilles un son familier, un bruissement de feuilles échouées sur le sol foulé par des bottes lourdes. Une odeur flotte dans l'air ambiant, amenant une note liquoreuse d'ambre jusqu'à ses narines. Ce parfum capiteux il le reconnaitrait entre milles. C'est lui, c'est bien lui. Stoppant net sa fuite il distingue dans le noir une silhouette déliée ; une lueur brille, une lueur diamantaire sombre, malfaisante. C'est son surplis, le minerai qui le constitue l'enveloppe d'une auréole violine, ses gigantesques ailes se déploient tranchant la perspective.
Albafica le distingue avec plus de précision, ses yeux s'accoutument à la pénombre mais surtout ils se posent en point de mire sur la brillance de cette armure. Deux bras s'étendent devant lui, ils l'attendent. Le bruit se rapproche, cette fois-ci il aperçoit enfin une longue chevelure liliale se dessiner sur les pièces minérales. Elle tranche avec toute cette noirceur qui entoure le corps et l'âme du spectre. Cette avalanche neigeuse dévale les courbes parfaites de Minos, elle rappelle sa particularité, elle n'appartient à qu'à lui. Cette sublime étole blanche.
Le chevalier ravale sa déception puisque son amour apparaît pour son plus grand soulagement. Il hésite cependant, une, deux, trois secondes puis saute dans ses bras pour qu'ils le protègent. Ceux-ci s'enroulent de suite autour de son dos pour capturer ses hanches rondes. Il sent les mains du juge courir le long de sa colonne, remonter jusqu'à ses mèches ciel. Albafica se serre encore plus contre ce buste pour en apprécier le contact, Minos est si piquant.
Les remarques acerbes, les mots envenimés, les paroles provocatrices il les a réprimés depuis tout ce temps. Il est parvenu à domestiquer l'irréductible lion des savanes qui se fait tout ronronnant sous ses caresses. En relevant la tête il tombe sur son spectre qui lui sourit tout en continuant de dorloter sa chevelure topaze, son sourire carnassier acéré fait place à un autre bien plus tendre, sincère, rêveur presque…Une main se pose sur ses lèvres pour y tracer des arabesques imaginaires, elle remonte sur sa joue blanche, le saint poisson l'attrape avec la sienne pour la retenir, pour prolonger cet échange. Son amant baisse sa tête et murmure :
-« Tu allais partir sans m'avoir attendu… C'est fâcheux, très fâcheux… Tu m'aurais obligé à venir te rendre visite chez toi, dans ton temple… Ma douce rose… Tu le sais pourtant que je n'apprécie pas d'être ignoré de la sorte »
Il prend de ses deux mains en coupe le visage du Saint puis plonge son regard lunaire dans celui marin. Les reflets miroitent dans chaque iris respectifs, chacun se reconnait dans le regard de l'autre.
« J'ai eu un contre temps, mais je suis là à présent. Je suis là rien que pour toi, ma rose précieuse… Prouve moi que tu m'aimes ici et maintenant »
Minos n'est pas du genre à s'excuser, ni supplier, alors comme à son habitude il se contente de donner une explication plausible. Rien de plus, rien de moins. Il ne demande pas à son charmant soupirant de lui pardonner juste de comprendre la raison du retard.
Comment a-t-il pu penser une seule seconde que son Griffon ait décidé de l'abandonner ? A sa décharge il sait qu'il se lasse très rapidement des proies qu'il harponne, il se dit qu'il n'y échappera pas tôt ou tard… Tout ceci n'a plus d'importance, seul compte l'envie qu'il éprouve en cet instant de voler un baiser, d'éprouver l'ardeur de cette bouche carnivore contre la sienne. Alors Albafica tend ses lèvres mendiant l'embrassade tant espérée. Qu'il vienne à sa rencontre, qu'il le prenne dans une étreinte passionnée. Qu'il l'emporte avec lui dans les cieux là où il reste le maître de cette sphère céleste.
Minos rabat ses grandes ailes de rapace sur sa jolie victime, personne ne pourra les surprendre. Il n'appartient qu'à lui, seulement lui. Il ne tolérerait aucune salissure sur son magnifique amant, sa chasteté, Albafica l'a conservé uniquement pour lui : son grand amour. Tandis que ce dernier relève la tête Minos penche la sienne pour prendre entre ses lèvres les pétales imprégnés de poison.
Enfin le chevalier retrouve le péché originel, se pose sur sa bouche une saveur poivrée qu'il savoure jusqu'à satiété. Il donne l'accès à Minos de venir le chercher encore plus intimement, les langues tâtonnent, se frôlent, se rencontrent pour enfin se lier dans un baiser érotique. Les corps s'enrobent l'un à l'autre comme pour s'imbriquer dans un enchevêtrement de chair et de sang. Il est impossible d'aller plus près, les formes s'épousent parfaitement. Les cosmos respectifs s'unissent se mêlant à leurs propriétaires, ils connaissent tout l'un de l'autre. Albafica ne détourne pas les yeux des ces ardoises grises qui le mettent à nu, au contraire il en vole des étincelles d'admiration qui n'existent que pour lui.
Dans ce lieu saint, interdit à tout humain ils enfreignent les lois sacrées du Sanctuaire additionnées à celles des Enfers. Ils osent s'aimer physiquement sur ces terres inviolables et peu importe la réprobation de Sage, peu importe le courroux d'Alone, ils s'aiment malgré la censure.
Albafica revit dans les bras de Minos, enfin il comprend ce que l'existence même signifie. Sentir battre le cœur de celui qu'on adore contre le sien, « être en vie » grâce à l'attention suscitée. Il se trouve bien ridicule d'avoir douté de son étoile puisqu'il est venu, comme tous les autres soirs pour lui prouver qu'il compte à ses yeux. Jamais Minos ne se déplacerait pour quiconque sauf pour sa fleur ensorcelante, alors maintenant Albafica profite du contact fortuit et ne s'acharnera plus à sombrer dans la peur d'une rupture éventuelle. De toute façon ils seront liés jusqu'à l'éternité, par delà la mort ils se retrouveront comme aujourd'hui, sur cette colline éclairée par les constellations qui leurs sourient. Rien ne viendra trahir le secret de leur idylle, ce ne sont pas les étoiles qui le feront ? Ce ne sont pas les oiseaux de proies qui oseront ? Ce ne sont pas les défunts qui parleront…
Albafica s'abandonne dans l'herbe fraiche aux caresses de son amant qui le réchaufferont jusqu'à l'aube du nouveau jour, lui le couvrira de son corps pour qu'il ne ressente pas le froid glacial de la solitude. Pour que plus jamais il ne ressente ce froid glacial puisque le Gold a décelé sa moitié, l'unique, le seul qui sait le soulager des maux du monde.
FIN
