Bonjour, bonsoir à toutes et à tous.

Cet OS est encore consacré au couple MinAlba. Je ne m'en déferai jamais et je n'en ai pas l'envie d'ailleurs.

Ils m'inspirent ces deux là je n'y peux rien. Je n'ai rien d'autre à ajouter, j'espère que vous vous laisserez bercer par eux.

Titre : « reviens-moi le temps d'un songe », toujours en partenariat avec Google traducteur, donc ce n'est peu être pas le terme exacte.

Résumé : Minos se souvient de son bel amant. Il tente de le retenir à sa mémoire.

Rating : K

Pairing : Minos/Albafica

Genre : Romance/Angst

Bonne lecture.


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Retro temporibus somnium

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Adossé à un arbre il regarde le ciel. Le ciel azur de la Grèce qui se pare d'un voile pourpre annonçant le déclin du jour. Il contemple l'horizon s'étaler sur les roches escarpées, dévalant le terrain pour se fondre dans le sable bordant la mer méditerranéenne. Il étend son regard sur la ligne imaginaire qui rejoint les deux teintes de bleu pour se mélanger en un point lointain.

Ce bleu sublime, accrocheur, comme les yeux de son défunt amant. Cette couleur reflétant la vie, celle qui n'a plus la chance de posséder. Lui ne vit plus depuis bien trop longtemps, il se languit, se meurt d'impatience de pouvoir le retrouver. Sa vie défunte fut plus milles fois plus intéressante que celle de simple mortel, car il a eu l'occasion de rencontrer cet homme. Celui qui a su raviver la flamme des émois.

Accoudé à ce tronc centenaire, tortueux comme les sillons de son esprit, Minos du Griffon se remémore. Se souvient du temps passé avec sa douce moitié, celle qui le complète parfaitement. Cet autre qui représente le reflet de son âme sombre, lui, lui permettait de voir la lumière au contraire de son être.

Un sourire mélancolique se dessine sur les lèvres pincées. Sa silhouette, il s'en rappelle fort bien, elle hante ses rêves. Elle devient cependant au fil du temps un peu plus floue chaque jour, une ombre sans forme qui s'éloigne du tableau dans lequel il veut le faire prisonnier. Ce point bleu s'efface peu à peu de sa vision. Pourtant Minos s'oblige à conserver l'image intacte de ce corps onirique, berceau de ses plus noirs désirs. Son visage aussi, les contours de sa mâchoire fine, son ossature déliée, l'arrête de son nez mince. Ses pommettes creuses qui s'ornementaient de ses baisers brûlants, ses yeux hypnotisant, renfermant deux perles de culture aux accents nocturnes qui le renversaient.

Son regard si intense qui le mettait à nu devant ses sentiments. L'impénétrable Minos se laissa transpercer pourtant par ces deux joyaux indociles.


La brise qui se lève lui amène les notes marines des vents côtiers, les feuilles volent autour de lui, il apprécie à sa juste valeur ce paysage humain qu'il n'a que trop rarement l'occasion de visiter. Etant plus habitué au noir, au gris, au carmin des Enfers. Il savoure les instants reposant passés ici, dans les terres de son ancien amant. Lui aime le bleu. Le bleu du ciel ou se peint quelques nuages blancs, le bleu de l'eau qui lui rappelle l'élément de son tendre trésor, le bleu de ses larmes qui roulent aux coins de ses yeux. Le bleu de sa chevelure indomptée et enfin le bleu de ses orbes célestes qui le regardaient lui et uniquement lui.

Minos ferme les yeux et se concentre. Encore plus tenace, encore plus fermement. Pour se souvenir des instants précieux, du temps bénit où il pouvait assouvir sa passion, sa rage envers cet humain si exceptionnel. S'ajoute à la vue, la sensation. Un corps sylphide s'avance lentement vers lui. Il l'aperçoit plus nettement, cet homme tend sa main vers lui pour l'amener dans son monde. Sa mémoire s'affute et les lignes du visage irréel deviennent claires, précises. Son visage apparaît enfin, il laisse entrapercevoir un sourire affectueux incrusté sur les lèvres tendres. Il s'avance encore, c'est comme s'il pouvait le sentir arriver.

« Approche. »

Le visage de son amant est près du sien. Le sens du toucher, maintenant il ressent son souffle chaud se perdre sur sa peau. L'odorat, il hume ce parfum si raffiné d'embrun et de roses empourprées, c'est son poison de vie. Cette odeur si familière est comme imprégnée dans ses tissus. Minos se mord les lèvres. Il se concentre encore et saute une barrière. Son promis n'est qu'à quelques centimètres de lui, son essence lui brûle ses sens olfactifs. Il s'entête avec son nectar.

« Encore plus près, viens. »


Minos tend sa main à son tour pour accueillir son bel amant tout contre lui, dans ses bras. Le goût, il savoure cet instant, il retrouve la tiédeur de cette bouche suppliante. Comme quand son Saint lui volait des baisers sans lui demander la permission. D'ailleurs, il n'en avait nul besoin, le Griffon les lui accordait facilement.

« Embrasse-moi, comme avant. »

Il contemple la perfection devant ses pupilles closes. Minos entrouvre sa bouche pour recevoir ce baiser tant espéré. Il le vit. Ces nacres se pressent contre ses lèvres, il le sent. Il le sent vraiment, son amant. Son cœur s'accélère tout seul, son pouls bat le rythme de sa peau, ses poumons s'emportent. Son souffle se fait court. Ses larmes dévalent les contours de ses joues. Il le sait. Intérieurement, il le sait. Mais il ne veut pas l'admettre…

Albafica est là près de lui comme avant. Minos referme la geôle de ses bras autour de la personne chérie, il l'amène contre son buste. Il caresse les cheveux cyan, les tirent doucement, les enroulent autour de ses doigts. Il se prouve qu'il est bien vivant.

« Aime-moi. »

Minos éprouve un contact sur son propre visage, des mains se posent de chaque côté de sa mâchoire, remontent à la jointure de ses lobes, s'enfoncent dans ses cheveux d'ange. Pressent sa nuque. Ce toucher est divin, le spectre de la noblesse se laisse porter par cette torpeur. Puis les doigts reviennent sur le pourtour de sa bouche, redessinent les bords de ces ourlets de chair. Ils courent sur les chemins moites de ces pulpes.

L'argenté est ravagé, ses larmes s'intensifient, elles coulent aussi fortes qu'une rivière salée. Il le sait. Il le sait parfaitement, inutile de le lui rappeler. Pourtant il continue de fermer les yeux, ne voulant pas interrompre cette merveilleuse chimère. Parce que s'il les rouvrait, tout serait terminé. Il en a conscience, que tout ceci n'est qu'une illusion fomentée par son esprit malade.

« Reste avec moi. »


La brise s'est levée, elle a fait place à un vent plus soutenu, le fond de l'air se fait frais. La nuit vient de tomber sur les hauteurs dominant les rochers. Le temps défile à toute allure quand on plonge dans un univers de fantasmes.

Minos ne veut pas se réveiller, il est trop bien tenant dans ses bras son adoré. La chaleur qu'il émane de son corps se propage dans ses veines, son sang s'émulsionne, c'est si bon. Une source chaude qui le fait renaitre. Le dessin s'atténue peu à peu, il devient transparent.

« Non ! Ne pars pas ! »

Avant de s'éteindre, l'amant disparu lui sourit encore une fois, lui murmure des paroles sans sons. Minos n'entend pas, ne comprend pas. Le mirage s'éloigne de ses bras, il recule. Il recule toujours plus loin de lui, la distance s'élargie. Le spectre tend son bras désespérément pour le retenir pour quelques temps, quelques minutes, quelques secondes.

« Reviens ! »

Son cri se déchire contre les rebords rocailleux. C'est trop tard, il est déjà parti, s'effaçant à tout jamais. Minos ouvre de nouveau les yeux. La pénombre a remplacé le jour lumineux. L'obscurité des Enfers s'est imposée dans le ciel de la Terre, chassant son prude amant.

Tout ceci ne fut que mirage, une drogue hallucinogène pour rappeler au Griffon que sa rose chérie n'existe plus. Il le savait depuis le début. Néanmoins il voulait savourer l'utopie de cette présence perdue.

Minos plante ses yeux dans la voute étoilée et cherche du regard la constellation des Poissons. Elle brille juste en face de lui. Elle illumine à elle seule la toile noire du firmament pour l'envelopper de son aura aimante et pour lui signifier que leur histoire a bel et bien subsistée. Ce n'était pas un rêve mais la réalité. Il ravale ses larmes, reprend le cours de sa respiration, tente de se calmer.

Son regard est toujours planté dans le ciel, mais il ne trouve pas de signe aussi minime soit-il qui le raccroche à Albafica. Il ne reviendra plus.

« Attends-moi


Minos enfouit ses mains dans ses poches, un air nostalgique se pâme sur son visage, il redevient terne, froid, rigide. Personne n'a l'audace de le surprendre en pareil désappointement, c'est son exutoire, ce tertre, cet horizon inaccessible, cette constellation.

« Je vais venir te rejoindre. »

L'étoile de la noblesse lance une dernière fois une attention à ce bleu ténébreux qui vient de remplacer celui lumineux de son cher Albafica. Ce bleu sombre dévoile la noirceur de son cœur terni. Il pousse un soupir puis quitte ces lieux.

Il n'aime pas particulièrement divaguer de la sorte sur son amour perdu, mais c'est bien la seule chose qu'il lui reste. Le souvenir et le songe pour pouvoir le retrouver, comme dans le temps passé.

Minos le sait, il viendra le chercher au prochain rêve ce n'est qu'une question de temps.

« Tu resteras mien. »

FIN