Bonjour, bonsoir à toutes et à tous.
Une fois n'est pas coutume, je reviens avec un OS sur Minos. Seulement, le pairing change mais il n'est pas joyeux pour autant.
Ma vision sur ce couple est particulière, mais Rune : je t'aime bien, promis.
Genre : Song-fic/Angst
Rating : T
Pairing : Minos/Rune
Chanson : ce titre colle tout à fait à messire Griffon, si vous ne connaissez pas Jean Schultheis, c'est un chanteur des années 80.
Bonne lecture,
Kyss fra Peri.
Confidence pour confidence
o
~Jean Schultheis~
Je me fous, fous de vous.
Vous m'aimez, mais pas moi.
Moi, je vous voulais mais
Confidence pour confidence,
C'est moi que j'aime à travers vous.
Si vous voulez les caresses,
Restez pas, pas chez moi.
Moi j'aime sans sentiment.
Confidence pour confidence,
C'est moi que j'aime à travers vous.
oOo Minos oOo
Tu me regardes de travers ce matin, comme bon nombre de matins. Au tribunal tu n'oses pas me contredire ni me tenir tête. En privé aussi, naturellement. Qui es-tu pour me braver Rune ? Qui ?
Personne.
Tu ne représentes rien, absolument rien pour moi. Au mieux, tu es un bon divertissement à mon ennui quotidien. Tu pensais probablement m'amadouer au fil des siècles écoulés. Qu'à force de me suivre dans mon ombre, je finirais par t'apprécier. Tu te berces d'illusions depuis bien trop longtemps, mon petit procureur.
Car si tu ne sais pas que rien ne me chavire, tu ne le réaliseras jamais. Pourtant moi j'ai toujours été clair à ton sujet, sur notre relation. Je t'utilise, je prends mon plaisir, je te fais profiter de mes talents, tu as la chance de partager mes nuits mais cela s'arrête là. N'espère pas plus que je ne veuille te donner, car il n'y a rien à grappiller à mes côtés. Surtout pas des caresses et encore moins de tendresse.
Ton corps représente le tombeau de mon désir, je le possède comme je m'aventurerais dans d'autres fourreaux. Toi, lui, eux, peu importe du moment que je puisse assouvir tous mes penchants, le visage de mon partenaire n'a aucune insignifiance.
Je t'aime pour moi. Je m'aime moi en me répandant en toi.
Tu me flattes, par tes courbettes, tes minauderies, tes assiduités. Tout ceci me ravit. Je me sens important face à toi, puisque tu me crédites d'une prestance à toute épreuve.
Que suis-je pour toi Rune ?
Ton commandant, ton modèle, ton amant inaccessible, ton amour avorté ?
Je me repais de ton admiration encore et encore, sans m'en lasser. Tes prunelles se voilent lorsque je me penche sur toi, assombries par le désir que tu éprouves à mon égard. Dans tes yeux je vois mon image se refléter, qu'il est bon d'y lire tant de passion.
Rune. J'aime te faire souffrir. Si tu savais comme je me délecte de te retrouver le soir dans ma chambre et de t'asservir à tous mes caprices. Tu ne me refuses jamais rien, ce jeu en devient lassant à la longue.
Moi, j'aimerais que tu m'offres plus de résistance. Ne pourrais-tu pas feinter un désintérêt ? Devenir distant ?
Au lieu de ça, tu te couches comme un animal domestique devant son maître. C'est ce que je suis, ton maître et toi tu n'es que mon esclave lascif. Entre mes bras tu prends vie. J'entraperçois ton monde, ton envie et je casse tes remparts que tu as fondé depuis ta première existence. Je les démolis pour sonder le vrai Rune, celui que moi seul connaît. Cet homme affaibli devant moi.
Tu me déçois.
Mais aimez-moi à genoux, j'en suis fou,
Mais, de vous à moi, je vous avoue
Que je peux vivre sans vous.
Aimez-moi à genoux, j'en suis fou
Et si ça vous fait peur,
Dites-vous que sans moi,
Vous n'êtes rien du tout.
Tout pour rien, rien pour vous.
Vous m'aimez, mais je joue,
J'oublie tout.
Confidence pour confidence
C'est toujours moi que j'aime à travers vous
oOo Rune oOo
Je détourne les yeux quand je croise ton regard inquisiteur. Tu es narquois en toute occasion. Heureusement, je surmonte l'inclination que j'ai pour toi, cela me permet de garder ma droiture à toute épreuve.
S'ils savaient. Tous. S'ils se doutaient des jeux auxquels tu me fais participer le soir, ils n'en reviendraient pas. Moi, le spectre le plus intègre et le plus froid de toute l'armée d'Hadès, je me vends à mon commandant pour un enlacement, pour un sourire complaisant.
Quand je sens ta chaleur envahir mon être, je ne pense plus à rien. J'absous tes actes cruels et tes paroles blessantes. Oui je sais, j'en ai parfaitement conscience.
Tu ne m'aimes pas. Probablement que tu penses à quelqu'un d'autre. Tu me répètes souvent que je suis fade, tiède, insipide. Que puis-je y faire ?
Je me tais. Je te laisse toute la place alors tu la prends. Tu étends l'aura de ton charisme jusqu'aux fin fonds de mon âme. Toi, tu y as tes droits.
J'éprouve des choses pour toi depuis que je suis né spectre. Je ne peux avouer même pour moi la nature de ces sentiments. Ils me font peur et me débectent puisque toi tu n'y réponds pas.
Ma rage s'est muée en résignation quand j'ai compris que tu m'échapperas éternellement. Mais je reste. Chaque nuit résonne comme la petitesse de ma volonté. Parce que tu vois Minos, le matin devant mon miroir je me dégoute pour ce que je te laisse me faire. Je me promets d'arrêter cette liaison dénaturée mais quand je te retrouve ici, mes résolutions s'évaporent comme le souffre qui enveloppe l'air des Enfers.
Alors pour garder un semblant de dignité, je m'oblige à restaurer mon masque de stoïcisme. Personne ne devinera la laideur de mes pensées quand je suis auprès de toi. Quand tu m'assujettis au lit et que tu domptes mes élans. Cette faille ne doit pas transparaître sinon je serais perdu. Aux yeux de tous, des tiens, des miens.
Tu ne me donnes pas la permission de devenir trop familier, je n'ai pas le droit de te toucher sans ton accord. Ces brimades me brisent petit à petit, ma fierté est piétinée. Et toi, tu t'y emplois avec ferveur.
Minos le terrible.
Minos le sadique.
Minos le magnifique.
Car pour moi tu resteras cette puissance dominatrice à laquelle je concède tout et où je me donne sans concession. Je n'ai pas honte de te le montrer mais de te le dire. Les mots sont de terribles armes entre tes lèvres, ils me tuent de l'intérieur, bien plus que tes marques sur ma peau.
Je sais ce que tu cherches à faire. Je m'attriste de ce terrible constat.
Vous pleurez, révoltée, taisez-vous.
Vous m'aimez, mais pas moi.
Moi je vous veux pour moi et pas pour vous.
Vous je m'en fous, tant pis pour vous.
Aimez-moi à genoux, j'en suis fou
Et n'oubliez jamais que je joue
Contre vous. Vous pour moi.
Sans vous, vous l'avez voulu, tant pis pour vous,
Aimez-moi.
Confidence pour confidence,
C'est moi que j'aime à travers vous.
oOo Minos oOo
Dans la moiteur de mes draps, tu te débats sous mon poids. Que j'aime te faire plier et tanguer vers un univers de déchéance. Tu t'y complais l'on dirait…
Rune. Tu me surprends. J'essaie de t'arracher des larmes de souffrance autant morale que physique. Mon but, est de voir ton visage impassible se défaire pour y exprimer tout le mal que je t'extirpe.
Quelques fois j'y parviens presque, naviguant aux frontières de ton seuil de tolérance. Ces moments sont les meilleurs je dois le reconnaître. Tu me dévisages entre rage et supplication, tes yeux humides ne se gorgent jamais de larmes. Quel dommage, j'adorerais les voir pleurer à cause de moi.
Tes reproches sourds ne m'émeuvent pas le moins du monde. Mon pauvre Rune, ma pauvre chose… Tu as accepté de te donner à moi totalement sans rien recevoir en retour. Ce n'est pas la peine de t'en étonner maintenant. Il est trop tard, tu m'appartiens. Le sais-tu ?
Quand je te fais l'amour, je n'en tire aucune satisfaction si ce n'est la certitude de m'épanouir dans ma propre jouissance. Tes lèvres sans saveur, tes caresses à peine appuyées, tes baisers douceâtres, me procurent à peine de quoi me rassasier l'espace d'un court instant. Par contre, la satisfaction de te tirer des cris de douleur ainsi que des questionnements sur mon comportement m'exaltent. Ce sont eux qui me redonnent le goût de vivre, le goût d'aimer.
Aimer dans la violence. Parce que toi, Rune tu n'en vaux pas la peine. Tu ne mérites pas mes étreintes suaves, tu n'auras que mon impétuosité.
Regarde-toi. Tu es allongé sur mon lit attendant mon bon vouloir. Je décide, tu subis. J'effleure doucement le galbe de tes jambes nues. Mes gestes seront doux. Au début. Ta peau frissonne, se parsème de tremblements d'anticipation. Tu es à moi, mais je m'en moque éperdument. Follement.
Si un jour l'envie me prends de te remplacer, je n'hésiterai pas une seule seconde. Ce lien particulier qu'il y a entre nous n'existe que dans ton imagination.
Tu n'auras le droit d'apprécier mes caresses que sous le joug de la douleur. Celle que je t'inflige jour après jour. Et quand enfin tu pleureras pour moi, je te destituerai de ton statut de « favori ».
Je m'aime à travers toi.
Nous ne nous unissons pas l'un à l'autre, mais l'un contre l'autre. Tu luttes pour ta survie dans mon lit.
Rune, quand rendras-tu les armes ? Attends-tu que je démolisse ta fierté jusqu'à la dernière miette de ton amour-propre ? N'en as-tu pas assez de me servir d'animal de compagnie ?
Révolte-toi. Fais-moi plaisir pour une fois.
Je me fous, fous de vous.
Vous m'aimez, mais pas moi.
Moi, je vous voulais mais
Confidence pour confidence,
C'est moi que j'aime à travers vous.
Si vous voulez les caresses,
Restez pas, pas chez moi.
Moi j'aime sans sentiment.
Confidence pour confidence,
C'est moi que j'aime à travers vous.
oOo Rune oOo
Tu contournes ta couche en disséquant mon corps nu alangui. Ton sourire figé ne quitte pas tes lèvres fines, je perçois tes pensées. C'est comme si elles me criaient de les entendre malgré moi. Tu t'imagines sûrement quelqu'un d'autre en ce moment. J'attends que tu m'ordonnes te pouvoir te toucher.
Pas comme je le souhaiterais… Et toi… Quand tu portes tes mains sur moi, je ressens toute l'amertume que tu détiens. Tu aimerais que se soit lui n'est-ce pas ?
Tu préfèrerais que se soit moi qui sois mort ?
Parfois, je décrypte des émotions qui s'échappent de tes traits et de tes attitudes. Tu caches mal ta causticité Minos. Et c'est moi qui prends. J'endure tes affronts avec consentement. Je sais dans quoi je me suis engagé, je n'ai pas envie d'un retour en arrière.
Malgré cette houleuse passion, j'aime me retrouver seul en ta compagnie. Je recherche tes sensations, tes attouchements qu'ils soient rudes ou sensuels. Je quémande ta bouche dans des râles essoufflés, je meurs de te sentir me combler.
J'ai la vaine sensation que je te complète le temps de nos ébats. Et même si pour toi je ne représente rien qu'un écrin utile pour ton plaisir, toi tu me satisfais en tout point de vue. Sous ton corps j'atteins le septième ciel, je vie l'amour que j'exprime pour toi. Ce bref délai d'abandon, j'en vole des fragments qui n'existent que pour moi. J'ai l'illusion que nous ne formons qu'un tout.
Mais cette félicité ne dure jamais longtemps car ta cruauté refait surface trop rapidement. Je n'ai pas le temps d'apprécier la douceur de tes paumes, que tu les remplaces par ce fouet qui cingle mon séant. Mon fouet. Comble de l'humiliation.
Au tribunal, quand je rends les jugements, à chaque fois que je le tiens en main j'assimile cet objet aux délits que tu me fais subir. J'en ai presque honte, je me laisse envahir par des émotions bassement humaines.
Pourquoi n'es-tu pas tendre avec moi de temps à autres ? Cela ne te coûterait rien… Parfois je rêve de devenir transparent à tes yeux, j'aurais alors la chance de me reconstruire ailleurs ou tout seul. Mais loin de toi.
Je n'y parviens pas parce que je suis faible. Minos, en face de toi je courbe l'échine. Jusqu'à quand endurerais-je encore tes vexations ?
Rejette-moi je t'en prie pour en terminer une bonne fois pour toute, parce que je n'aurai pas la force de partir.
Tu te couches à côté de moi, mon fouet en main. Je baisse la tête, je suis prêt pour la suite des évènements. Dans un empressement mêlé d'appréhension.
Avilis-moi mais surtout, serre-moi fort. Comme si c'était la dernière fois.
FIN
