Bonjour, bonsoir à toutes et à tous.
Je poste cet OS spécial puisque c'est un cross-over entre deux univers. Ceux de Saint Seiya et de Kuroshitsuji. Où quand Minos rencontre son alter-égo. On peut le voir comme ça. En fait c'est tout simple (36 15 code ma vie) : je suis tombée un jour sur un Fanart de Minos déguisé en Undertaker. Ce personnage m'a de suite intrigué. J'ai donc cherché et j'ai découvert le manga dans lequel il apparaît.
Et paf je suis tombée sous le charme du croque-mort ! J'ai un attrait pour les personnages macabres oui.
D'ailleurs j'ai écrit un petit texte sur mon interprétation de sa folie douce (folie autre thème de prédilection). Bref passons, j'ai été inspirée par la rencontre explosive de ces deux personnages et ça donne « ça ».
Résumé : ah bah chut… Vous allez le voir par vous-même.
Rating : K+
Genre : Cross-over / Humour
Bonne lecture avec Undy et Mimi,
Peri en mode argentée.
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Un Minos vaut mieux que deux tu l'auras
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~Cross-over Saint Seiya/Black Butler~
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Il se réveilla ce matin là dans un endroit inconnu, pour le moins étrange, bizarre… Il sortit de son cercueil en détaillant la pièce où il se trouvait. Ce n'était pas un caveau, ni sa petite maisonnée emplie de cadavres en putréfaction, non il ne reconnaissait rien. Il tourna sur lui-même pour scruter la salle toute de pierres érigées. Curieux vraiment, aucune fenêtre n'éclairait l'obscurité de l'endroit. Il trébucha, tâtonna à l'aveuglette et réussit enfin à déguerpir de là. Il espérait voir le paysage grisâtre de Londres, à la place il tomba sur un ciel noir parsemé d'aurores boréales carmines. Un ravissement à l'état pur, il adorait le noir par-dessus-tout.
Notre homme regarda la plaine stérile s'étendre à perte de vue, quelques arbres calcinés se dressaient péniblement dans le ciel sombre, les champs de minerai étaient tout de noir ou de gris revêtus. Joli paysage pensa-t-il pour lui-même. Mais tout ceci ne lui indiquait pas le lieu où il avait atterri. Alors il se dirigea droit devant lui pour tenter de trouver âme qui vive et qui puisse lui expliquer ce qu'il faisait là. Et surtout, quel était cet endroit mystérieux. Il marchait, marchait et marchait toujours plus loin en ne voyant personne à l'horizon quand soudain, il arriva devant une gigantesque bâtisse en marbre blanc. Il lut « Tribunal des Enfers ».
Curieux, de plus en plus suspect à vrai dire. Deux hommes surgirent au détour d'une colonne pour le saluer avec déférence en se penchant en avant. Ils s'exclamèrent en chœur.
— Bonjour messire Minos.
« Messire Minos… »
Quel nom étonnant, jamais auparavant il n'entendit un nom pareil. L'homme rit. Rit de bon cœur, un petit gloussement avec une connotation psychotique dans le timbre de sa voix. Une douce mélopée pour les deux spectres se tenant devant lui. Parallèlement, Valentine de la Harpie et Sylphide du Basilic se regardèrent médusés. Qu'arrivait-il au seigneur Minos ? Pourquoi diable riait-il ? Jamais cet état de fait ne lui venait à l'esprit ! Là devant eux, ils voyaient Minos rire comme un enfant – avec une pointe de je ne sais quoi d'inquiétant – riant et joyeux.
Minos de l'étoile céleste de la Noblesse paraissait joyeux !
Tous aux abris !
Valentine lui demanda d'une voix mal assurée.
— Quelque chose ne va pas messire Minos ? Vous ne semblez pas comme d'habitude…
En effet, outre son comportement anormal, le Griffon arborait une tenue incongrue. Il ne portait pas sa toge de second juge en titre mais un long manteau noir lui descendant jusqu'aux pieds. Pieds recouverts par de grandes bottes lacées de sangles lui montant jusqu'en haut des cuisses, là aussi encerclées par ces petites ceintures. Les pans de son manteau laissaient apercevoir une tunique noire aboutonnée jusqu'au cou, surmontée d'un col. Un collier avec des médaillons accrochés dessus pendait sur le côté gauche de son buste. Puis il portait un chapeau haut de forme avec une lanière de tissu tombant sur sa longue chevelure neige. Il riait toujours.
Il stoppa son emportement pour dévisager par-dessous ses mèches les deux énergumènes se tenant devant lui. Un doigt posé sur sa bouche, il réfléchissait. Son ongle pointu manucuré de noir laissa perplexe les deux spectres.
Minos entamerait-il une période gothique ou émo ? Puis en s'éclaircissant la voix, il consentit à répondre.
— Faites moi rire.
Valentine bouche bée regarda Sylphide qui grimaçait.
— Pardon, qu'avez-vous dit seigneur Minos ? s'informa le serpent.
— Faites moi rire. Allez-y.
L'homme pencha la tête de côté en attendant.
— Mais comment voulez-vous que nous vous fassions rire ? Nous ne savons pas… Ce ne sont pas dans nos attributions…
— Dommage… Vous ne semblez pas amusant, bon. Je vous laisse. Bonne journée !
Avant de prendre congé des spectres, le mystérieux inconnu enfourna dans leur bouche sans qu'ils n'aient eu le temps de réagir, deux biscuits en forme d'os à moelle. Puis il s'engouffra à l'intérieur du tribunal.
— Mais qu'est-ce qu'il lui prend par Hadès ? questionna Valentine.
— Je n'en sais rien du tout, mais… Je le trouve fort sympathique aujourd'hui. Je ne l'ai jamais vu de si bonne humeur.
— Oui tu as raison, profitons-en sans nous poser de question.
Rune rédigeait ses rapports quand il vit son supérieur entrer. De suite il descendit les marches pour venir le saluer. En remarquant au passage son habit inhabituel.
— Bonjour messire Minos. Je suis ravi de vous voir de si bon matin. Ca tombe bien que vous soyez là, nous avons du retard dans les comptes-rendus de ce mois.
L'étranger rit une nouvelle fois, puis il se pencha pour dévisager de plus près le procureur, prit une mèche entre ses doigts et l'entortilla dans les siens.
— Je crois que je t'aime bien toi… Comment t'appelles-tu ?
Le Balrog resta sidéré. L'honorable juge perdrait-il la mémoire ? Serait-il atteint de la maladie d'Alzheimer ? Impossible, il était déjà mort…
En déglutissant, il répondit.
— Ru… Rune… Enfin, vous le savez bien seigneur…
— Ah Rune. Parfait. C'est tout joli dis-moi, comme toi mon mignon.
Il contourna le menton du spectre de son ongle noir, ce qui empourpra le visage de ce dernier.
— Seigneur… Je me permets d'insister, en qualité de second je dois vous rappeler que nous avons du travail.
— Bien bien, je te suis mon petit Rune tout joli.
Cette fois-ci il avala de travers. Minos le regardait enfin ! Ce matin il s'apercevait que Rune effectivement détenait une beauté froide. Le jeune taureau de feu se sourit intérieurement.
« Enfin il se rend compte des sentiments qu'il éprouve à mon égard… Ce n'est pas trop tôt, depuis le temps que j'attends ça… Profitons-en tant qu'il est d'une humeur joviale. »
— Vous désirez un petit café seigneur Minos ?
— Oh oui volontiers. Quoi que… Tout bien réfléchi, je préfèrerais du thé. Et puis j'ai des petits biscuits pour aller avec.
— Allons dans votre bureau alors.
— Passe devant, je te suis.
Rune partit accompagné de son idole, le visage impassible mais la tête en ébullition. Minos venait de le toucher ! Exploit ! Magie ! Jamais le juge ne touchait qui que se soit. Là il lui prouva qu'une intimité se créait en se permettant cet échange tactile. Le spectre jubilait comme jamais durant son éternelle existence morne.
xOoOx
Rhadamanthe et Eaque arrivaient seulement dans le tribunal pour prendre leurs postes, ils virent Valentine et Sylphide parler bruyamment.
Le premier juge leur demanda.
— Pourquoi tant d'agitation ?
Ils se baissèrent recommençant leur manège mielleux.
— Bonjour messire Rhadamanthe et messire Eaque.
Le Garuda les coupa.
— Pourquoi c'est toujours mon nom qui est cité le dernier ? Puis-je savoir ?
— Tout simplement parce que tu es le numéro trois, cingla Rhadamanthe aussi chaleureux que d'habitude.
Eaque fit la tête suite à cette réflexion. La Harpie s'empressa de répondre à son commandant bien aimé.
— Et bien tout à l'heure nous avons vu passer le seigneur Minos.
— Rien d'exceptionnel en soit, dit de mauvaise foi l'oiseau mythique.
— Mais c'est que son comportement nous a troublé, il n'était pas comme d'habitude.
— Ah… Et, comment était-il ? s'intéressa le blond.
— Pour tout vous dire il semblait heureux… Il riait et nous a offert des gâteaux.
— Quoi ? intervint Eaque.
Rhadamanthe se contenta de lever un sourcil, enfin un endroit de son sourcil. Puis concéda.
— Et bien, il a probablement appris une bonne nouvelle, nous ne pouvons que nous en réjouir.
— Et tu veux qu'il ait appris quoi comme bonne nouvelle franchement ? A part que la torture soit promulguée droit implicite avant la mise à mort des condamnés sur cette fichue Terre ?
— Je n'en sais rien et je m'en balance pour tout te dire. Bon, ce n'est pas le tout mais nous avons une longue journée qui nous attend. Tous à vos postes !
— Bien messire Rhadamanthe nous y allons de ce pas.
Les juges regardèrent leurs soldats s'éloigner songeurs de l'attitude de leur frère-collègue.
Sur le chemin de leur affectation, ils croisèrent Minos – le véritable Minos. Interloqués les spectres l'abordèrent.
— Seigneur Minos vous revoilà ! Vos petites douceurs étaient délicieuses merci encore. Vous vous promenez alors ? Nous pensions que vous étiez à votre salle d'audience ?
Minos s'arrêta net devant les deux impertinents. Comment osaient-ils lui parler de la sorte ? Sans trembler, sans employer son titre de noblesse, en l'accostant comme un vulgaire spectre de seconde zone !
Ses yeux mercures s'assombrirent de rage, une colère sourde le prit. Il déclama d'une voix calme mais glaciale, rectification : d'une voix arctique autant que la calotte glacière.
— Que vous arrive-t-il ? Vous êtes suicidaires ? Rhadamanthe ne vous tourmente pas assez que vous en redemandez ? Comment osez-vous, vous adresser à moi dans ces termes là ? Qui le premier d'entre vous souhaite tester mes fils invisibles ?
Les spectres se regardèrent encore une fois ne sachant pas comment réagir face à se revirement de situation. Minos perdrait-il l'esprit ? Serait-il atteint de bipolarité ? Tantôt il était devenu avenant, tantôt il recommençait à être abjecte avec tout le monde. De quoi en perdre son latin.
Valentine balbutia.
— Exc… Excusez-nous messire, nous vous prions de nous pardonner cette familiarité, cela n'arrivera plus.
Ils s'en allèrent en moultes courbettes et pirouettes sous l'œil mauvais d'un Griffon stupéfait. Jamais personne ne s'adressait à lui de la sorte. Non mais alors, hein !
xOoOx
Dans le bureau du second juge, Rune buvait sa tasse de thé en dévisageant le visage démoniaque de l'homme qu'il prenait pour Minos.
— Vous faites quoi au juste ici ? s'enquit l'usurpateur.
— Mais… Mais… Vous le savez bien. Nous devons juger les âmes des défunts qui se présentent pour leur jugement dernier. Et puis nous les envoyons dans la bonne prison selon leur degré de fautes commises.
— Vous…
L'homme s'arrêta pour réfléchir, puis s'écria.
— Est-ce vous qui fauchez ces âmes ?
— Non seigneur Minos… Nous nous contentons de les recevoir dans ce tribunal, ce n'est pas nous qui nous chargeons de ces basses besognes. C'est sa majesté Thanatos dieu de la Mort qui s'en occupe.
— Quoi ! Qui est ce Thanatruc ? Je veux le voir ! Il nous pique notre travail !
Rune ne comprenait pas le comportement ni les dires de son supérieur chéri. Quelle mouche le piqua ?
— Mais on ne peut pas demander audience avec lui, il ne reçoit pas les humains, ni les spectres. Il ne veut voir personne à part sa majesté Hadès.
— Et qui est Hadès ?
Le spectre se mit une claque sur le front. Décidément, le Griffon adoptait une attitude plus que bizarre, ce n'était rien de le dire.
Eberlué, Undertaker de son petit nom, n'assimilait pas les paroles de cet étrange jeune homme à l'apparence gracieuse. Où se trouvait-il à la fin ? Et pourquoi un autre dieu de la Mort avait le privilège de faucher toutes les âmes et n'en laissait pas pour les autres Shinigamis ? Pourquoi tout le monde tirait une tête de cent pieds de long aussi ? Personne ne souriait, ni ne racontait de blague ! Quel lieu lugubre au possible.
— Je veux le voir immédiatement. Rune conduis-moi à ce Thanachin !
— Thanatos ! Majesté Thanatos, ne le vexez pas sinon il vous punira en conséquence.
Undertaker rit de sa douce voix de psychopathe. Un rire à vous glacer le sang.
— Ne t'inquiète pas mon jeune ami joli, je suis le meilleur dieu de la mort de tous les temps. Personne n'a réussi à m'égaler, je suis devenu une légende. S'il faut me mesurer à ce Thanatruc je le vaincrai.
— En attendant, seigneur Minos nous n'avons pas avancé dans nos dossiers… Il serait de bon ton de nous y mettre avant que le seigneur Rhadamanthe ne vienne les chercher.
— Pourquoi vient-il les chercher ? Et qui est ce Rha… Rhadabranque là ?
Non et non. Là ça devenait trop dur pour les nerfs à vif du norvégien. Minos le faisait exprès ou était-il devenu un sombre idiot en l'espace d'une nuit ?
A la pause déjeuner, Undertaker arriva dans la salle commune où tout le monde se retrouvait pour partager un bon repas. Eaque l'interpella.
— Oh Minos viens ! On t'a gardé une place.
« Oh ça doit être moi, vu que tout le monde m'appelle comme ça ce matin. »
Il s'installa à côté de Rhadamanthe, en face du troisième juge.
— Ca va Minos ? Tu as traumatisé Valentine et Sylphide ce matin ! Ils ne te reconnaissent pas ! demanda le brun.
— Oui ça va, et toi ?
Ca alors, Eaque en resta sur le derrière. Jamais son frère ne s'informait de son état d'esprit ou santé.
— Bien, merci. Qu'as-tu fait ce matin ?
— J'ai pris le thé avec Rune.
— Et c'est tout ? demanda sèchement Rhadamanthe en tournant sa tête en direction du faignant.
— Oui tu voudrais que je fasse quoi d'autre ?
— Tes dossiers par exemple ! Je dois venir les chercher à quatorze heures pour les présenter à sa majesté Hadès ensuite. Ne me dis pas qu'ils ne sont pas bouclés ?
— Non alors je ne te le dirais pas, ricana Undertaker.
— Mi-nos ! Ne fais pas l'imbécile avec moi ! Dis-le-moi !
— Le.
— Haaa Minos !
Rhadamanthe frappa du poing sur la table, ce qui souleva les assiettes et couverts toujours sous le rire de son collègue.
— Ne te moque pas de moi ! Mais qu'as-tu enfin ? Je ne te connaissais pas aussi laxiste ! Je vais dire quoi à sa majesté ?
— Euh… Je ne sais pas moi… Peut être que tu pourrais lui raconter une petite blague pour le détendre. Il doit s'ennuyer dans son palais tout seul ?
Eaque ouvrit la bouche et tout ce qui se trouvait dedans fut exposé à la vue du blond qui affichait une mine semi dégoutée, semi incrédule. Minos avait sûrement reçu un coup sur la tête, il n'y avait pas d'autre explication. La situation devenait grotesque.
Tandis que les juges se dépatouillaient entre eux, les spectres parlaient au sujet de leur supérieur. Les rumeurs allaient bon train, personne ne comprenait son changement d'humeur mais tout le monde s'accordait pour dire qu'ils préféraient nettement le nouveau Minos. Beaucoup plus enjoué et sympathique. Il mettait de la gaieté depuis le début de la journée, et oui ! Minos du Griffon voyait sa côte de popularité grimper pour bientôt dépasser celle du Garuda.
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Minos quant à lui patrouilla toute la matinée dans la cinquième prison, il ne savait pas ce qui se tramait dans son palais. Quand il revint sur les coups de treize heures trente au tribunal il croisa ses homologues. Les deux le regardaient d'un air suspect ce qui agaça d'emblée l'étoile de la Noblesse.
— Qu'est-ce que vous avez à me dévisager comme ça ? Vous voulez que je vous arrache les yeux pour vous apprendre ?
— Ca serait plutôt à nous de nous poser cette question ? Tu étais plus avenant ce matin. Tu as des ennuis ? répondit Eaque.
— Non, que voudrais-tu que j'ai comme ennui ? Et puis ça ne te regarde pas ! Je ne vois pas de quoi tu parles. Et puis d'abord, on ne s'est pas croisé encore de la journée… Tu es sûr que ce n'est pas toi qui a un souci ?
— Oh ça devient grave si tu ne te rappelles plus ce que tu fais… Tu ne souffres pas d'une maladie mentale par hasard ?
— Bon ça suffit là ! Tu dépasses les limites Eaque, méfies-toi…
— Non mais il a raison, intervint Rhadamanthe. Tu ne sembles pas toi-même, il y a quelque chose qui ne colle pas… Tu ne nous ferais pas un dédoublement de la personnalité toi ? Une belle psychose ou quelque chose du genre…
— Rhadamanthe, j'ai du respect pour toi, tu le sais… Mais si tu continues à divaguer sur ma personne, je te promets que je vais t'arracher les os moi-même de tes chairs à mains nues. Compris ?
— Ah voilà ! On te retrouve ! rajouta le Garuda.
Sans comprendre la situation, Minos du Griffon s'en retourna dans son bureau sur les coups de quatorze heures pour prendre son poste. Il ouvrit la porte sur un Rune aux anges, ses yeux transpiraient l'émerveillement et un demi-sourire étirait un côté de lèvre.
— Seigneur Minos je suis heureux de vous retrouver… Je vous ai amené des gaufres au gruau d'avoine comme vous aimez, tenez servez vous…
Il désigna le plat et tendit une gaufre à son supérieur.
— Mais… Qu'est-ce que cela signifie ? Rune, aurais-tu perdu la raison ? Il est interdit d'amener de la nourriture ici ! Et tu crois que je vais manger quelque chose que tu aurais touché de tes mains pleines de germes ? Mets-moi ça à la poubelle !
— Mais messire, c'est vous-même qui me l'avez demandé ce matin quand nous prenions le thé ici… Que vous aimeriez manger mes gaufres pour le goûté…
— Ruuune ! Tu discutes un de mes ordres !?
Le spectre ne voyait pas les yeux de son chef mais cependant il crut apercevoir furtivement deux éclats de granite briller dangereusement. A contre cœur, il balança les délicieuses gaufres à la corbeille.
Tout le long de l'après-midi, Minos vit son subordonné lui jeter des œillades à la dérobée d'un air niais. Que voulait dire ce manège encore ? Et pourquoi tout le monde se liguait contre lui pour lui faire dire ou faire faire des choses qu'il n'avait pas fait !
Par la queue du Griffon sacré, il savait où il en était encore ! Il ne devenait pas gâteux, pas déjà ?
xOoOx
Dans la salle du trône, Undertaker se tenait devant sa sombreur suprême, debout sans s'agenouiller ni rien. Hadès fronça les sourcils de mécontentement, Pandore l'assassinait du regard. Le dieu reprocha.
— Minos, peux tu m'expliquer pourquoi tu ne portes pas ta toge de juge ? Ou ton surplis ?
— Hein ?
Pandore réfréna un grognement.
— Ne me fais pas répéter je te prie… Alors, j'attends.
— Je n'en sais rien, sans doute parce que je n'en possède pas… Je n'ai que ces habits là… Vous n'aimez pas ma tenue ?
— Ce n'est pas le propos, tu te dois de porter la tenue réglementaire des Enfers c'est tout.
— Ah… C'est donc là que je suis… Je vois… En fait non je ne vois pas mais ce n'est pas grave… Vous n'aimez vraiment pas mes bottes ? Tenez, regardez, elles sont pratiques et stylées.
Undertaker ouvrit un pan de son manteau pour découvrir ses bottes gothiques. Effectivement, son altesse admit qu'elles lui allaient plus que bien en vérité. Minos et son nouveau look firent sensation.
— M'as-tu apporté les dossiers du mois dernier ?
— Non navré, je ne les ai pas vérifié. Voyez-vous ce matin, j'ai fait la connaissance d'un charmant jeune homme. Bien élevé et bien instruit, nous avons pris le thé. Donc nous n'avons pas pu avancer dans la lecture des dossiers.
Quel manque de toupet ! Pandore sentait le sang lui monter à la tête au fur et à mesure que l'impertinent parlait. Si seulement elle avait pensé à emmener sa harpe… Minos n'aurait pas fait long feu. Elle s'immisça dans la conversation.
— Seigneur Hadès, voulez-vous que je le punisse pour son manque de respect ?
— Non Pandore je te remercie mais ça ira. D'ailleurs tu peux disposer.
— Etes-vous sûr ?
— Oui.
Une fois la matrone des Enfers disparue, Undertaker reprit son discours.
— Oh fait, je voudrais vous exprimer une requête si c'est possible…
— Laquelle vas-y je t'écoute.
— Et bien Rune m'a appris que Thanachin s'accaparait pour lui tout seul toutes les âmes des humains. Or, il est dans mes attributions de les faucher moi-même. Ne pourrions-nous pas nous répartir convenablement le travail ? Pour que moi aussi je puisse effectuer ma tâche ?
Tiens, bizarre, quelle drôle de demande. Minos voudrait assurer un travail supplémentaire ? S'ennuierait-il dans son tribunal ?
— Tu veux changer de fonction Minos ? Juge ne te plait plus ? Tu voudrais être un dieu de la mort ?
— Mais voyons, je suis un dieu de la mort déjà !
Ca alors ! Quelle insubordination ! Quelle prétention ! Quelle ingratitude !
Quand Rhadamanthe fit son entrée aux alentours de quinze heures il fut témoin d'un spectacle inconcevable !
Hadès se bidonnait sur son trône tandis que Minos lui racontait je ne sais quelle plaisanterie et le chatouillait par la même occasion. Le chatouillait ! Inimaginable ! Comment osait-il ?
— Ah Minos tu me tues arrête ! pouffa Hadès à bout de souffle.
— Majesté, est-ce que tout va bien ? s'inquiéta le premier juge.
— Ah Rhadabranque ! Tu vas bien depuis ce midi ? Tu as une petite mine, serais-tu constipé ? Tu sais j'ai une très bonne tisane en remède. Passe dans mon bureau je t'en servirais une tasse, dit gentiment le Shinigami.
— Quoi !? Minos ! M'enfin ! Ca ne va pas ? Va te faire soigner !
— Bon sur ce je vous laisse, je dois aller voir Thanachin ! Au revoir sa majesté Hadès !
— Au revoir Minos, à demain !
L'anglais resta estomaqué par ce qu'il venait d'entendre et de voir. Il ne put décrocher un mot, se contentant de regarder son dieu tout puissant rire comme un petit enfant, les larmes aux yeux. Mais qui avait transformé leur confrère comme cela ? Personne ne le reconnaissait !
Les spectres commençaient à l'aduler, depuis le début de la journée quand il croisait quelqu'un dans les couloirs, il leur donnait la poignée de main, un sourire et un biscuit. Cela ne ressemblait pas à leur Minos bien aimé. Le sadique, le pervers à l'état pur, jamais un mot charitable, toujours une remarque acerbe et menaçante. Il lançait ses fils à tout bout de champ pour rompre quelque phalange ou tordre quelque tibia… Ou proférait des menaces de mort sur tout spectre passant trop près de lui. Où était le véritable Minos ? Etait-il possédé par Euphrosyne(1) pour être aussi désinvolte et gai ?
Le Shinigami quant à lui se rendit d'un pas nonchalant jusque devant la tour divine des dieux jumeaux, avec l'autorisation de sa majesté. Les nymphes s'évanouirent de peur à sa vue, elles ne s'habitueraient jamais à la présence des quelques spectres venant se présenter.
Thanatos jouait de la harpe accompagné d'Hypnos à la flûte pour Aphrodite déesse de l'Amour. Elle s'ennuyait ce jour, son époux Héphaïstos était parti dans sa forge, alors pour combler sa monotonie elle était venue rendre visite aux jumeaux. Pas que leurs compagnies soient agréables, mais ils ne restaient qu'eux de libres…
Undertaker, sous le couvert de l'identité de Minos entra dans le salon privé. Thanatos s'interrompit tandis que son frère échappa une fausse note. Aphrodite poussa un petit cri de stupeur.
— Tu joues faux Hypnos, lança mesquinement le dieu de la Mort.
— Je me suis déconcentré. Je ne fais jamais de fausses notes.
— C'est toi qui le dis.
La déesse de l'Amour dévisagea le jeune inconnu. Il possédait un charme certain, unique en son genre. Thanatos cracha à son encontre.
— Comment oses-tu te présenter devant nous et surtout devant une déesse ? Aurais-tu perdu la raison Minos ?
— Je suis venu voir Thanachin.
Le dieu de la Mort toussa en avalant de travers pendant que son frère grinça des dents.
— Comment oses-tu ? Sale vermine, je vais t'apprendre à me parler de la sorte !
Aphrodite les interrompit.
— Attendez, écoutez au moins sa requête avant d'envisager de le tuer… Ce serait fort dommage… Un si beau jeune homme…
— Merci gente dame, répondit Undertaker en faisant la révérence.
Il s'approcha d'elle pour lui faire un baise main, ce qui la fit rougir de plaisir.
— Quel charmant jeune homme vraiment… En plus vous possédez du savoir vivre, cela se voit de suite.
— Bon finissons-en tout cela m'énerve ! cingla Thanatos.
— Et moi me fatigue, apprit Hypnos.
— Alors je vous expose mon problème, j'ai appris que vous seigneur Thanachin vous fauchiez les âmes de ces pauvres humains au moment de leurs morts. Or je suis moi aussi un dieu de la Mort, il est de mon devoir d'effectuer la mission qui m'a été confiée… Ne pourrait-on pas nous partager les âmes de la Terre ? Comme ça, j'aurais moi aussi des lanternes cinématiques à récolter… Je sais que ma réputation me précède, mais n'ayez pas peur, je suis meilleur que vous dans le fauchage mais vous progresserez avec de l'entraînement…
Thanatos resta rigide comme un soldat de plomb. Terrassé par l'audace de Minos. L'information passait de neurone en neurone avant d'atteindre le cerveau, point central de sa réflexion. Dans quelques secondes il allait saccager Elysion à lui tout seul. Son frère le connaissant par cœur, le voyait très nettement à son pentagramme qui brillait sur les pourtours d'un joli halo violet. Hypnos posa sa main sur le bras de son frère et tenta de le calmer par tous les moyens possibles. La pièce commençait de baigner dans des nuages noirs, d'ici quelques secondes allait apparaître une hyperdimension, le blond cria à la déesse et à l'imposteur de dégager vite fait bien fait.
Ils sortirent précipitamment ce qui eut pour effet d'effrayer les nymphes dans le jardin. Elles s'évanouirent encore une fois. Aphrodite qui adorait la compagnie de beaux étalons, proposa en toute amitié à Undertaker de venir prendre un verre dans son temple privé.
xOoOx
Vers les alentours de seize heures, Minos croisa Rhadamanthe dans un des couloirs du palais. Ce dernier grogna en le dépassant et lui jeta un regard meurtrier teinté de rouge. Que lui prenait-il maintenant ? Le Griffon pensa que son cher frère manquait de repos et devrait se détendre plus souvent. Peut être avec un ou deux litre de whisky, cela devrait faire l'affaire.
Quand Undertaker rentra aux Enfers il fut accueilli par une horde de spectres tout heureux de le revoir. C'était bien la première fois depuis l'origine du monde qu'une telle chose arrivait. D'habitude quand l'annonce du retour du Griffon se faisait connaître, tous se planquaient pour ne pas avoir à le croiser. Devant le spectacle touchant, le Shinigami offrit ses éternels gâteaux confectionnés par ses soins à ses collègues. Il émit son petit rire psychotique ce qui illumina le visage des soldats présents.
— Seigneur Minos quel plaisir de vous revoir, vous nous avez manqué, osa Cube.
Les spectres l'entouraient en proférant des éloges sur sa personne et en lui demandant d'être affecter sous ses ordres. Une certaine Harpie également demanda la même chose – en trahissant honteusement sa chère Vouivre – cette exaltation prit fin quand Rune débarqua le visage fermé. Il agrippa Undertaker par la manche et le tira vers lui en vociférant telle une furie.
— Ne le touchez pas, c'est mon Minos ! Il est à moi, à moi à moi ! Bas les pattes ! Venez messire Minos ne restons pas là.
Il tira le Shinigami jusqu'au tribunal.
xOoOx
Quelques minutes plus tard ce fut au tour du vrai Minos de se retrouver assailli par la meute de spectres enragés. Il venait prendre l'air aux abords de la Vallée des ouragans. Il fut obligé d'utiliser l'Envol du Griffon pour se faire respecter. Il tua au passage deux ou trois spectres, mais cela s'appellait des dommages collatéraux. Il n'en revenait pas de la débandade qui régnait depuis le début de la journée. Pourquoi tout le monde voulait l'avoir comme commandant et l'adulait du jour au lendemain ? Mais surtout la question primordiale qu'il se posait, pourquoi plus personne ne le craignait ? Il n'avait pas envie de faire un concours de popularité avec Eaque mince ! Au contraire, il se confortait dans la peur et la menace, comme ça personne ne l'approchait. Il tenait ses troupes par la crainte lui, pas par la gentillesse !
xOoOx
Dans le bureau du deuxième juge, Rune entamait les rapprochements, il enclencha la seconde vitesse. Cet ainsi qu'on le trouva assis sur les genoux d'Undertaker, la tête posée sur son épaule en train de papouiller ses cheveux, le visage béat d'admiration. L'usurpateur en profitait également pour cajoler ce charmant jeune homme – il avait besoin d'affection et adorait le contact physique contrairement au vrai Minos. Il pelotait les formes généreuses de son procureur en toute allégresse.
— Messire Minos, c'est si inattendu de votre part…
— Quoi donc mon petit Rune tout joli ?
— Et bien votre changement d'attitude. Enfin vous me considérez à ma juste valeur, depuis tous ces siècles.
— Pourquoi je ne te considérerais pas à ta juste valeur ? Tu es exceptionnel.
Rune les joues rougies, enfouit son visage dans la cascade neigeuse et passa sa main sous la tunique de son juge.
xOoOx
Au palais infernal rien n'allait plus, Hadès eut vent de l'emportement de Thanatos. Maintenant il était couché avec un mal de crâne carabiné d'avoir trop hurlé, il avait failli détruire Elysion. Et ce, la faute au comportement de Minos – sous couvert de l'identité d'Undertaker. Il convoqua son second juge illico presto.
Minos fut attrapé au détour d'une prison pour se rendre dans les plus brefs délais à la Giudecca. Il arriva dans la salle du trône devant son dieu qui le dévisageait en lui envoyant des éclairs noirs de part ses beaux yeux. Pandore prit sa harpe avec elle, elle continuait ses onomatopées à son encontre. Ses grognements ressemblaient à la femelle castor sur le point de mettre bas. Le spectre s'agenouilla devant son seigneur.
— Minos, comment peux-tu ? Qu'as-tu as dire pour ta défense ?
— Majesté… Je ne l'ai pas fait exprès. Quand je suis sorti pour prendre l'air, un troupeau de spectre s'est littéralement jeté sur moi. Je me suis défendu comme j'ai pu et malheureusement quelque uns en sont morts…
— Quoi ! Comment ça ? De quoi parles-tu ?
— De toute à l'heure… Quand j'ai tué quelques spectres par mégarde… Vous me parlez de quoi si je puis me permettre ?
— De l'outrage fait à Thanatos quand tu t'es rendu à Elysion ! Il a failli détruire cette contrée magnifique par ta faute ! Maintenant tu m'avoues que non seulement tu as offensé notre dieu de la Mort, mais qu'en prime tu as tué des spectres ! Que t'arrive-t-il à la fin ? Minos ! Tu es devenu fou ?
Le pauvre Griffon ne comprenait pas ce qu'Hadès lui reprochait. Jamais il ne posa les pieds à Elysion.
Pandore commençait à gratter une corde ou deux de sa harpe, ce qui fit frémir de douleur Minos qui crispa sa mâchoire en se bouchant les oreilles.
Après une petite séance musicale offerte par Dame Pandore, le juge sortit ravagé et les oreilles explosées, ainsi que l'intérieur de son crâne. Là il compatit à ce qu'endura Rhadamanthe lors de la dernière Guerre Sainte.
Il se réfugia dans son bureau, domaine sacré où il se recueillait. La vision d'horreur qu'il subit ne fut pas mieux que les atroces mélodies de Pandore. Sur son bureau, complètement nu, ventre dessus et jambes relevées, Rune attendait. Il attendait quoi, nul ne le savait. Et surtout pas Minos. Il était couché sur les rapports de ces dernières semaines, les fesses à l'air.
Quand il vit son idole débarquer, l'étoile céleste de l'Excellence glapit.
— Hen Minos te revoilà ! As-tu trouvé la confiture comme convenu ? Je suis impatient de te goûter…
Le juge ouvrit la bouche de stupéfaction, il rétorqua sèchement.
— Rune… Rune ! Couvres-toi ! C'est quoi cette tenue ? Tu es suicidaire aujourd'hui ma parole ?
— Aller viens. Ne joues pas au pudibond avec moi. Montre-le moi, ton petit moineau des îles…
On entendit un vacarme assourdissant provenir du deuxième tribunal. Minos venait tout simplement d'utiliser l'Envol du Griffon pour neutraliser la bête qui assiégeait son bureau.
Rune se retrouva propulsé quelque part dans une des prisons, complètement nu et insatisfait – ce qui ne changea pas beaucoup reconnaissons-le. Espérons seulement qu'il ne fut pas envoyé au Cocyte…
Undertaker revint avec un pot de confiture à la mirabelle dans les mains. Il tomba nez à nez avec Minos – le vrai Minos – qui le dévisageait également. Les deux sosies se faisaient face, complètement estomaqués.
Le Shinigami argenté trouva que son homologue avait fière allure, sa coupe était absolument superbe, surtout cette petite frange qui lui donnait un côté mystérieux à souhait. Minos de son côté remarqua l'allure dégingandée de l'imposteur qui lui volait son poste. Surtout sa mèche ridicule qui lui mangeait la moitié du visage, on ne voyait même pas ses yeux !
Sans se démonter, Undertaker vint relever la mèche de Minos pour examiner ses yeux. Ils n'étaient pas verts chamarrés comme les siens mais gris. Donc, il en conclut que ce n'était pas un dieu de la Mort. Peut être était-ce un frère caché ? Peut être un doublon dans un univers parallèle ? Peut être qu'il venait du futur ? Le Shinigami tenait son visage à quelques millimètres de Minos sans le quitter des yeux. Ce dernier le repoussa sans ménagement et déclara de sa voix glaciale.
— Qui es-tu et que fais-tu dans mon bureau ? Est-ce toi qui tourmente mes spectres depuis le début de la journée ? Tu en as mis une pagaille ici ! Est-ce toi qui t'es rendu à Elysion défier sa majesté Thanatos ? Réponds !
— Laisse-moi le temps d'en placer une… Tu as vu Thanachin toi aussi ? Il va bien ? Il me semblait bien pâle tout à l'heure… Oh, si tu as rencontré Aphrodite, embrasse-la de ma part. C'est une charmante demoiselle.
— Qu'est-ce que tu as fait à Rune pour le pervertir de la sorte !? Il n'a jamais eu un comportement aussi dépravé ! Tu l'as ensorcelé ? Es-tu un mage ?
— Ah oui le petit Rune joli… Qu'il est mignon et puis il me fait bien rire. Lui au moins me distrait. Où est-il passé d'ailleurs ? Je ne le vois nulle part…
— Tu m'énerves ! Réponds à mes questions !
— Tu as fait la connaissance de Rhadabranque aussi ? Quel homme bourru, cela ne doit pas être facile de le supporter au quotidien… Ma foi, je l'ai invité à prendre le thé mais il n'est pas venu. C'est un rustre non un peu ?
L'intrus ne répondait pas aux questions de Minos, la discussion tournait en rond. Au bout de quelques minutes, des spectres accoururent dans le bureau dévasté, Pharaon apprit aux deux Minos.
— Messires Minos et Minos… C'est terrible ! Rune a atterri dans le lac de sang bouillonnant ! Il était nu c'est bien ça le pire !
Rune aurait une épilation gratuite que demander de mieux ?
— Et où est-il à l'heure qu'il est ? questionna Minos numéro un.
— Nous l'avons conduit à l'infirmerie.
— Quand pourra-t-il reprendre son travail ?
— Je n'en sais rien messire…
— Et il va comment ? s'inquiéta Minos numéro deux.
— Il est brûlé au cinquième degré, il a le teint un peu roussi mais ça devrait aller. Il s'en remettra, quand par contre je ne sais pas…
— C'est fort contrariant, moi j'ai besoin d'un second, maugréa Minos numéro un.
Il regarda l'inconnu qui mettait son doigt sur sa bouche en guise de réflexion. Son ongle manucuré noir intrigua le Griffon.
xOoOx
Au bout de plusieurs heures d'argumentation avec sa majesté Hadès et d'excuses auprès de sa majesté Thanatos doublé à celle d'Hypnos qui en voulait également, tous décidèrent que le sosie de Minos pourrait rester résider aux Enfers.
Il assistait le magistrat le matin en attendant que Rune soit complètement rétabli – la peau d'un spectre ça ne repousse pas comme par magie. Et l'après-midi il fauchait les âmes des mortels pour aider Thanatos. Finalement Undertaker trouva sa place dans son nouveau lieu de vie et su se faire aimer de tout le monde. Absolument tout le monde, sauf de messire Rhadabranque. Inutile de préciser que le Shinigami rieur attendait avec impatience le retour du joli Rune.
Minos quant à lui, suivit la nouvelle mode des Enfers qui était de se peindre les ongles de noir. Cela lui allait plutôt bien il fallait l'avouer. Il se faisait à son remplaçant. Le rire psychotique « d'Undy » remplaça le silence glacial de Rune.
FIN
Note :
(1) : fille de Zeus et de l'Océanide Eurynomé, représente la Joie poussée à son sommet, l'Acclamation, la Bonne chère, le Courage, la Confiance, l'Allégresse, la Jubilation, l'Hilarité, le Plaisir, la Gaieté et la Joie de vivre.
