Bonjour, bonsoir à toutes et à tous.

Je ne déroge pas à la règle et vous présente un texte sur mon OTP.

Titre : « mien éternellement », via Google traduction.

Résumé : Albafica ne laissera jamais partir Minos, leur amour perdurera pour les siècles à venir.

Rating : K

Pairing : Minos/Albafica

Genre : Romance/Angst

Bonne lecture.


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Meus in aeternum

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Son âme s'évade dans le monde utopique dont il est prisonnier. Morphée le contrôle dorénavant puisque le preux chevalier des Poissons demeure dans son monde, son monde de rêve où il peut goûter au repos éternel, revivant à l'infini le plus beau songe qui lui ait permis de faire.

Quelques fois Albafica reprend conscience, comme si son âme valeureuse tentait de s'extirper de ce paradis illusoire où il reste enchaîné à tout jamais. Il le voit bien entendu dans son monde mais ce n'est pas pareil. Sa chaleur reste froide, comme l'eau gelée qui recouvre les étangs en hiver. Alors le chevalier érigé au rand de héros, vole quelques minutes pour tenter d'appréhender son maléfique amant, pour rentrer en communion avec lui, dans son domaine.

Quand Minos préside dans son palais, dans son apparat de magistrat, il reste impressionnant. Droit, noble, immense. Il surpasse absolument tous les spectres qui se plient à ses volontés. Albafica ne possède plus de forme propre, seule sa voix peut se faire entendre dans ces rares moments de liberté. Cette voix irréelle lui chuchote des promesses d'amour éternel, de fidélité malgré les siècles passés, des encouragements pour le réconforter… Le Griffon s'arrête quelques secondes pour se concentrer sur ce sentiment étrange qui s'empare de son être. Il jurerait reconnaître ce timbre si familier… Il n'en est jamais certain, assurément. Il ne peut se bercer d'illusion.

Si Albafica pouvait prendre une apparence consistante, il caresserait la joue de son rapace du bout des doigts, il tisserait de belles volutes avec ses fils de soie. Malheureusement il n'en est rien, il se contente de résider quelques minutes auprès de Minos sans parvenir à le toucher. Le toucher, il ne le pourra plus. De son vivant, le chevalier d'or esquivait cette proximité avec quiconque, aujourd'hui il désirerait plus que tout le tenir dans ses bras, effleurer le derme doux de son Griffon d'argent.

« Pense à moi, ne m'oublie pas. »


Quand Minos est seul dans son palais glacial de Toloméa, il croirait parfois l'entendre murmurer des paroles apaisantes, pour lui apporter le calme qu'il ne possède plus. D'apparence extérieure le juge semble distant, intouchable face aux tourments et aux aléas de la vie, pourtant il n'en est rien. Une tempête sourdre, menaçante roule sans cesse au fond de lui. Prête à exploser à chaque seconde, sur une simple parole déplacée ou un regard de travers. Minos n'apprécie pas d'être défié.

Alors le soir, il se permet d'enlever son masque de dureté pour se montrer tel qui l'est, Minos simplement Minos. C'est dans ces moments là qu'il l'entend. Entend un doux son s'introduisant dans ses oreilles, cette voix il pense la reconnaître… Comment aurait-il pu l'oublier ?

« Calme-toi, je demeure près de toi à jamais, mon tendre aimé. Je veille sur toi à chacun de tes pas. »

Le juge ferme les yeux pour garder cette entité aussi longtemps qu'il lui ait permis. Implicitement, il sait parfaitement à qui appartient cette voix mélodieuse. Il calque sa respiration sur ce timbre si particulier qui le faisait frémir tout entier. Des frissons se dessinent sur ses bras, comme si un souffle les éveillait. Cette entrevue ne dure qu'un bref instant, moment d'intimité partagé à deux mais à mille distance l'un de l'autre.


Le chevalier à la rose est présent également quand Minos s'endort assommé de fatigue auprès de ses amants éphémères, s'il disposait d'un corps ses larmes couleraient. Il sait bien que Minos a besoin d'assouvir ses besoins primaires vers d'autres bras que les siens, mais ce constat lui fait toujours mal. De s'apercevoir que ce sont d'autres corps qui dorment à sa place le chagrine, il comprend Minos cependant… Cependant cela n'atténue pas sa peine, elle existe réellement, elle. L'âme d'Albafica se penche pour souffler sur quelques mèches immaculées qui cachent le visage de son cruel amant, il veut le redécouvrir encore et encore. Si seulement.

Si seulement il avait la chance de renaître sous une autre étoile… Il ne perdrait plus son temps à contempler seul la vie qui passe, il sauterait immédiatement dans ses bras puissants qui l'appelaient lui et uniquement lui.

Une note aérienne s'envole de la chambre du juge.

« Dors, ne t'inquiète pas. Je ne t'en veux pas. Je sais que tu ne me remplaceras pas. »

Avant de sombrer dans un sommeil sans rêve, Minos savoure ce moment ou son tendre aimé vient le bercer de sa mélodie éthérée. Il se concentre sur ces notes limpides, elles coulent dans sa tête pour y imprégner le chant salvateur de sa rose précieuse. Et c'est avec lui qu'il s'endort comme chaque nuit. Quand le Griffon majestueux se lève le matin, il n'a aucun signe de considération pour l'individu qui a partagé son lit, que se soit Eaque, Rune ou un autre spectre de son régiment. Ils n'arrivent pas à la hauteur de ses espérances tout simplement, ils ne seront jamais comme lui, évidement. Alors, immuablement il rejoint sa salle d'eau pour se rafraichir en évitant le plus possible de se regarder dans le miroir. Parce qu'alors il y verrait le reflet de sa propre perdition.

Que fait-il toutes ces nuits avec ces hommes ?

Il espère retrouver cette allégresse qui l'embrasait totalement, comme à l'époque où il s'abreuvait de chaque parcelle de l'être le plus resplendissant de la Terre. Il ne connut nul autre merveille, cette sensation de fondre dans quelqu'un d'autre, dans sa moitié pour y découvrir des trésors enfouis ; ses trésors de tendresse que Minos dissimule au reste du monde. Une personne a pu les apprécier à leur juste valeur. Depuis, le juge se renferme dans son côté sombre. Il ne s'ouvre plus à personne parce que personne d'autre n'aura le droit de détenir son amour.

« Garde-le jalousement pour moi, uniquement moi. Ne t'attache à personne d'autre, tu sais que cela me peinerais mon inestimable amour. Je te veux pour moi à jamais. »

Albafica est égoïste, il enferme son griffon dans un amour disparu et l'emprisonne dans son souvenir. Que Minos allège sa peine en se déversant dans d'autres corps peu passer, mais qu'il éprouve un jour les mêmes sentiments qu'ils portaient pour lui le terrifie, le panique. Jamais Minos n'aura le droit de se laisser aimer par qui que se soit d'autre. Il portera ce deuil jusqu'au déclin de sa dernière vie de spectre. Telle est sa punition, son fardeau pour avoir débauché l'être le plus pur de ce monde.


Le juge part sans détourner le regard sur l'amant d'un soir qui git au fond de son lit, il retourne à son poste comme tous les jours. Plus rien n'a d'intérêt pour le Griffon, juste une lueur d'espoir apparaît quand il revient le chercher le temps d'un murmure, le temps d'une confidence. Il n'est jamais vraiment seul puisque à chaque pas la présence de son possessif amant le rassure, l'enveloppe d'une aura empourprée. Minos ne pleure pas. Jamais. Cela reste inconcevable. Pourtant, la nostalgie le gagne dans ces moments à deux. A deux… Cette impression reste illusoire.

Un jour, quand Hadès se lassera d'appeler l'étoile de la Noblesse comme réincarnation perpétuelle, il goûtera à la quiétude d'un repos mérité. Avec lui. Rien que lui, dans ce monde de rêverie dont il est banni.

Son devoir, il le cèdera volontiers au prochain venu. En attendant malheureusement, il se doit de continuer d'honorer la volonté de sa déité, alors pour se raccrocher à quelque chose de concret, Minos s'évertue à abolir la part d'humanité qui subsiste au fond de son être.

Un souffle s'échoue tout près de son oreille, lui caressant à peine la peau.

« Voilà, j'aime mieux ça… Tu resteras mien pour l'éternité mon doux tyran, ne l'oublie jamais. »

Minos tourne la tête comme pour capturer un indice qui confirmerait ses impressions, pour le sentir encore plus. Contact fugace, contact ouaté. Seulement l'air froid du tribunal s'engouffre dans ses os, il est reparti, l'abandonnant pour quelques temps.

— Ne t'inquiète pas ma belle sirène, tu m'as corrompu, je ne te remplacerais pas. Comment le pourrais-je ? Tu ne me le permets pas. Attends-moi encore quelques millénaires, nous serons réunis sois-en certain.

Le juge reprend sa tâche intransigeant et noble. Son cœur ne sera en aucun cas lavé de cet amour qu'il l'enchaîne et l'entraîne dans une spirale morbide. Au contraire, il s'y complait, alors laissons-le à ses réminiscences, il semble perdu pour de bon.

FIN