Bonjour tout le monde,

Je ne pouvais manquer l'anniversaire de sire Minos. Je ne me suis certes pas foulée mais j'ai écrit cette petite fable pour marquer le coup, parce qu'il restera ma première muse.

Rating : K

Pairing : Minos/Albafica (forever)

Genre : Fable

*~*Gratulerer med dagen !*~*

Bonne lecture,

Peri.


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De la présomption du Griffon

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Le Griffon était connu pour sa grande noblesse, son tempérament dominateur et son orgueil haut placé. Il parcourait les cieux de tous les pays, voyageant inlassablement à la recherche des plus belles choses de ce monde.

Esthète racé, le rapace chassait les créatures qui lui ressemblaient : fières, dignes et pures. Rien ni personne ne lui résistait, tous finissaient entre ses serres meurtrières. Vaniteux, il aimait raconter ses exploits afin de faire trembler les êtres qu'il rencontrait. Toutefois, au cours de sa vie, il ne tomba pas en amour pour qui que ce soit, solitaire endurci.

Au détour d'une escapade dans les monts brumeux, il entendit parler d'une rareté de par son frère le Garuda. Qui s'extasia sur la magnificence d'une certaine rose… Une fleur acérée aux épines assassines et au parfum létal. Il la vît de loin en sillonnant le ciel également, seulement il ne s'en approcha pas. De suite le Griffon sentit un attrait naître au fond de lui. Jaloux et possessif de nature, il désira s'approprier cette étrangeté. Son intérêt grandissait au récit de son cadet qui vantait la beauté sauvage de cette rose empourprée. Il s'informa de l'endroit où elle se trouvait pour s'y rendre immédiatement.

Tout en volant à tire-d'aile, l'aigle royal s'imagina à quoi pouvait bien ressembler ce joyau floral, comment la voler sans arracher sa vie et surtout, comment l'attirer dans ses fils invisibles.


Suivant les indications du Garuda, le Griffon arriva à destination non sans mal. Le champ fleuri était dissimulé au sud d'un bois épais, à l'abri des regards. Cette mer écarlate s'étendait à perte de vue. Des roses par milliers ornaient ce paysage sanguin. Rouge. Cette couleur prédominait.

L'hybride se posa au milieu, agacé de devoir dénicher l'unique qu'il convoitait. Ses yeux aiguisés ne distinguaient pas la rose parmi les autres. De rage, il battit des ailes et toutes les corolles rubis s'éparpillèrent dans l'air tel une pluie de sang. Soudain une fragrance entêtante se dégagea, s'infiltrant dans le corps du rapace. Une note capiteuse, emprisonnée dans un fond sucré. Il la suivit, les sens en alerte, attiré par cet effluve envoûtant.

Elle irradiait, seule dans ce champ dévasté, robuste et frêle à la fois. Le souffle du Griffon ne la fit aucunement flancher. Ce dernier se pencha au dessus d'elle, attisé par sa ténacité à briller dans ce néant. Il leva une de ses pattes et délicatement, avec ses serres plia la tige.

— Tu es bien triste là, seule et inoffensive… Aussi belle sois-tu, aussi faible es-tu. Tes épines ne te sont d'aucune utilité face à moi. Dorénavant tu m'appartiens, rose.

Puis, il relâcha la pression. La fleur se redressa, laissant échapper un peu de son parfum. Le soleil réverbérait ses rayons sur les pétales carmin, illuminant d'avantage sa parure. Elle semblait narguer son agresseur.

Le Griffon étendit une de ses ailes, du bout de ses plumes il toucha la rose. Elle était douce, veloutée. Les émanations se firent plus fortes, pénétrant la peau de l'aigle. Sa tête tournait, ses sens s'amenuisaient, un voile passait devant ses pupilles. Enervé, il claqua son bec.

— J'aime ton courage mais tous tes artifices ne te sauveront pas. Tu es à moi et je vais t'emmener dans ma demeure, là-bas tu décoreras ma maison en toute saison.

— Je n'appartiens à personne, je ne suis pas une chose mais un être vivant. Tu peux essayer de m'arracher à ma terre, me sectionner les épines, détacher mes pétales un à un, sache que jamais je ne serais à toi, vil animal. Tu ne peux apprécier les beautés de ce monde car tu les salis.

— Oh tiens donc… Tu parles petite fleur, c'est intéressant, très intéressant. Je t'apprécie de plus en plus. Dans un vase en cristal, entendrais-je encore ta voix ?

Amusé au plus haut point par son nouveau trophée, le Griffon voulut cueillir la tige mais fut piqué par les épines. Vexé il déchira un ou deux pétales. La rose hurla.

— Monstre ! Tu as piétiné mes amies pour assouvir un caprice. Va brûler en Enfer !

— Certainement très chère, répondit le concerné sur un ton mielleux. Tu viendras avec moi dans ce cas.

Aveuglé par cette nouvelle passion, le Griffon commençait à perdre la raison. Cette rose était superbe, tranchante, venimeuse, jamais il n'avait vu pareille chose ici bas.

Comment se résigner à la laisser ?

Même s'il devait l'estropier, il l'aurait. Avec ardeur, il tira de toute ses forces afin d'extirper le pied de la plante. Il la déracina dans une souffrance atroce, ses rhizomes pendaient mollement à l'air libre.

Le Griffon se moqua d'elle en lui disant qu'elle ne savait pas se défendre, que sa force était inexistante et que de toute façon, seule elle serait mieux avec lui. Sa cruauté s'exacerbait avec l'envie de la posséder, la folie s'emparait de son être. Il la cala dans ses plumes, près de son cœur et s'envola en jubilant. Là, il la sentait sur lui, son plumage en tremblait. Son corps se réchauffait sous l'amour maudit qu'il lui portait. La plus magnifique des créatures était en sa possession. Malheureusement, il ne s'aperçut pas que la pointe de la tige s'était fichée dans sa peau. Un malaise le stoppa au vol. Il vrilla en plein ciel. Pendant sa chute, la rose prit la parole.

— La puissance ne permet pas de gagner à tous les coups. Je t'ai dit que je n'appartenais à personne mais moi j'ai pris ton liquide vital. Je bois ton sang, tu te vides à présent Griffon. Tu voulais un baiser mortel, voilà ce qu'il en coûte de massacrer la vie sur terre. Nous finirons ensemble, mais morts.

— Garce ! Tu m'as bien eu !

Un bruit mat résonna dans la plaine infertile. L'aigle majestueux, trop présomptueux fut emporté par la vengeance d'une rose sans défense.

FIN