Tout d'abord, je vais commencer par répondre au commentaire de ma seule fan ^^

Encore merci à toi de me suivre avec tant d'hardeur Mlle Demuri Kagura.

Pour ce qui est de ton commentaire, je comprends que le précédent chapitre était prévisible. Mais je n'avais pas d'autre idée que celle-ci pour faire avancer un peu plus l'intrigue. Pour la concurrence entre Hijikata et Sanosuke pour notre adorable Chizuru, tu as bien raison, ça passe complètement par dessus la tête de Sanosuke. Il ne remarque pas ce genre de chose, et c'est justement ça que je trouve amusant. Pour le reste, je te laisse découvrir la suite, tout sera dévoilé en temps et en heure. Bonne lecture ;)


Chapitre 06

Le goût du secret


Bara marcha vers l'est, comme Shiranui lui avait dit de le faire, et tomba sur Kyoto. Elle décida que, dans cette tenue, mieux valait passer inaperçue. Elle remonta l'étoffe sur son nez et se déplaça dans l'ombre, sans que personne ne la voit. Elle sauta par dessus les murs du temple et atterrit dans la cour intérieure, sous les yeux éberlués des capitaines de divisions qui s'apprêtaient à partir à sa recherche. Enfin en sécurité, elle s'écroula de fatigue, sombrant dans l'inconscience.

- Bara ! s'écria Yamazaki en se précipitant vers elle.

Il s'était maudit toute la nuit de ne pas l'avoir attendue. Que lui était-il arrivé ? Sanosuke la transporta dans sa chambre et Yamazaki l'examina. Elle n'avait aucune blessure. Elle semblait seulement en proie à une grande fatigue. Sans faire de bruit, il sortit de la chambre, la laissant dormir. A sa sortie, il tomba sur cinq paires d'yeux. En effet, Sanosuke, Hijikata, Shinpachi, Saitô et Kondô l'observaient, attendant d'entendre toute l'histoire et surtout comment allait Bara.

Yamazaki soupira et suivit les autres jusqu'à la salle commune où ils s'assirent tous.

- Bien... Yamazaki, comment va Bara ? demanda Kondô.

- Elle est juste très fatiguée, elle n'est pas blessée hormis quelques ecchymoses sûrement dues à une chute, répondit-il au grand soulagement de tous.

- Mais que s'est-il passé ? demanda alors Shinpachi.

Yamazaki regarda Hijikata. Ce dernier hocha la tête. Jusqu'à présent, personne à part les concernés et Hijikata n'avaient su au sujet de l'entraînement de Bara. Mais il n'y avait pas trop de solutions à présent à part révéler la vérité.

- Voilà quelque mois que Bara m'a demandé de lui enseigner mon art. Avec la permission d'Hijikata, j'ai accepté. Hier, dans la nuit, je suis parti en mission avec elle. Sur le retour, Bara a disparu. Elle n'aurait du arriver que quelques minutes après moi. j'ignore ce qu'il s'est passé, mais tout ceci est entièrement ma faute.

Hijikata était clairement furieux contre Yamazaki. Bara avait été sous sa responsabilité. Mais Yamazaki était aussi un ninja de grande envergure et très utile au Shinsengumi. Il soupira face à ce dilemme et reporta son regard sur Yamazaki.

- Nous en saurons plus quand Bara se réveillera, conclut Hijikata. Jusque là, pas un mot à ce sujet ni aucune allusion au sujet de l'apprentissage de Bara, compris ?

Tous acquiescèrent et repartirent à leurs occupations.


La nuit tomba, permettant aux Rasetsu de se lever. Sôji se dirigea vers la chambre de Bara, Curieux de ne pas l'avoir encore croisée. Il entra après l'avoir appelée et la trouva endormie. Yamazaki se trouvait près d'elle et prenait sa température alors qu'elle semblait en plein cauchemar, bougeant et se débattant.

- Que se passe-t-il ? demanda-t-il au ninja.

- Elle semble avoir un peu de fièvre... elle délire, soupira-t-il.

Il laissa Sôji avec la jeune femme et partit après lui avoir demandé de la veiller. Il avait encore une mission à accomplir. Dans son cauchemar, Bara appelait toujours la même personne : Shira-chan. Tentait-elle inconsciemment de se souvenir ? Il prit gentiment sa main dans la sienne avant de lui remettre un morceau d'étoffe trempé dans de l'eau froide sur le front.

- Shira-chan ! hurla-t-elle en se réveillant.

Elle pleurait et tremblait. Sa tête lui faisait mal, comme si elle allait exploser. Elle avait beau essayer de se souvenir de son passé, un blocage l'en empêchait. Elle sentit des bras l'entourer et se rendit compte qu'elle n'était pas seule.

- Okita-san ? Que faites-vous ici ? s'étonna-t-elle, oubliant peu à peu son cauchemar.

- Est-ce si surprenant que je veuille passer du temps avec la femme que j'aime ? fit-il avec un air boudeur.

Elle rougit immédiatement, faisant éclater de rire Sôji. Il finit cependant par lui dire de se rendormir en lui promettant qu'il veillerait sur elle cette nuit. Elle se rendormit donc en serrant la main de Sôji, pour une fois, sans aucun rêve.


Quelques jours plus tard, Yamzaki déclara Bara apte à se lever. Son corps avait pu se reposer suffisamment. Kondô réunit les capitaines dans la confidence pour que Bara leur explique ce qu'il s'était passé. Kondô l'invita à parler avec un sourire paternel encourageant.

- Quand Yamazaki-san est parti, je me suis mise à le suivre... mais Kazama m'a interceptée et emmenée quelque part, je ne sais plus trop où, expliqua-t-elle. Nous étions dans une maison et Amagiri, le oni au cheveux rouges, est arrivé. Il a demandé à Kazama pourquoi il m'avait enlevée, puisque seule Chizuru l'intéresse.

- Pourquoi Chizuru l'intéresse-t-il ? s'enquit alors Sanosuke.

- Je l'ignore, répondit Bara, avec un air d'excuse.

- Continue, Bara-chan, l'encouragea Kondô.

- Un autre Oni, Shiranui, est ensuite arrivé. Je crois qu'il ne s'entend pas bien avec Kazama. Quand il m'a vue, sa colère l'a emporté et il a saisit Kazama au col.

Tous semblaient intéressés par ce fait étrange. Mais personne ne lui coupa la parole pour lui demander plus d'explication. Alors qu'elle leur racontait ce qui lui était arrivé, la scène se rejouait inlassablement dans sa tête. Elle revoyait Shiranui prendre Kazama par le col et le plaquer violemment contre le mur, elle l'entendait encore l'injurier et lui ordonner de ne jamais plus la toucher. Et puis...

- Shiranui a dit... quelque chose que je n'ai pas vraiment compris. Il a dit : "Comment oses-tu traiter ainsi une princesse de sang impérial ?" J'ignore ce que cela signifie. Je me suis enfuie avant la fin de la conversation en utilisant les techniques que m'a enseignées Yamazaki-san. En chemin je suis tombée sur des Rasetsus qui n'appartenaient pas au Shinsengumi. Quand ils m'ont attaquée, Shiranui est apparu et m'a protégée. Je pense qu'il sait qui je suis. Mais il a refusé de me dire quoi que ce soit. Il m'a juste dit comment rejoindre Kyoto et est parti.

Un long moment de silence suivit cette révélation. Chacun méditant sur ces nouveaux faits. Deux choses étaient importantes. La première était que des Rasetsus étaient créés ailleurs, et cela ne pouvait pas être fait par n'importe qui. Ensuite, cet Oni, Shiranui, avait un comportement étrange et semblait connaître le passé de Bara et il la protégeait.

- Il faut trouver qui crée ces Rasetsu, déclara alors Hijikata. Yamazaki, Bara, ce sera votre mission, ajouta-t-il.

- Hijikata, je pense qu'il vaudrait mieux laisser Bara en dehors de ça, commença Kondô.

- Non. Bara peut nous être utile. Ce Shiranui semble la protéger de tout, peut-être pourra-t-il lui venir en aide. Peut-être sait-il quelque chose sur la création de ces Rasetsus, expliqua Hijikata.

- On ne peut pas se servir ainsi de Bara, protesta Shinpachi.

- Je le ferai, s'interposa Bara. Je ne risque rien à essayer.

Hijikata lui sourit et la remercia d'un hochement de tête. La réunion prit alors fin et chacun repartit à ses affaires. Yamazaki s'informa alors de la santé de son élève qui lui répondit qu'elle se sentait en pleine forme, permettant ainsi la reprise de l'entraînement.

Bara se débrouilla très bien. C'était même au delà de toutes ses espérances. Il l'observa alors qu'elle se concentrait pour mieux lancer ses Shurikens. Une révélation sembla traverser son esprit : le corps de Bara se souvenait peu à peu comment bouger. Peut-être avait-elle déjà subi un entraînement martial auparavant. Et si son corps parvenait à retrouver ses capacités, peut-être l'esprit de Bara finirait-il par se souvenir du passé.

Pendant que Yamazaki réfléchissait, Bara était en proie à des doutes et était à la fois effrayée et soulagée à l'idée de peut-être se souvenir de qui elle était. Les mots de Shiranui tournait inexorablement dans son esprit. "Comment oses-tu traiter ainsi une princesse de sang impérial ?" Était-ce elle, cette princesse ? La rapidité avec laquelle Shiranui était venu à son secours lui donnait l'impression qu'il s'agissait bien d'elle. Pourtant il n'avait pas répondu lorsqu'elle lui avait demandé s'il était le "Shira-chan" de son souvenir. Il l'avait tout simplement ignorée et avait disparu sans un mot de plus que l'indication pour revenir à Kyoto. Faisait-elle erreur ?

Elle avait mal à la tête. Un mal de tête qui lui faisait perdre l'équilibre. Le shuriken alla se planter dans le mur, à un mètre de l'endroit visé : le tronc d'arbre. Elle vacilla en se tenant la tête fermement. Yamazaki allait se précipiter pour la retenir quand quelqu'un le devança.


Sôji avait décidé de se lever. Peu importe si le soleil était toujours bien présent, il n'en pouvait plus de rester là à ne rien faire. Il sortit donc faire une petite ronde autour du temple, sabres à la taille. Bouger était certes plus difficile le jour, mais ce n'était pas impossible. Il avait suffisamment de volonté pour marcher et ne pas succomber au sommeil.

Il arriva au détour d'un passage entre des arbres et le temple et tomba sur Yamazaki et Bara. Cette dernière semblait apprendre à lancer un shuriken et portait ses habituels vêtements d'hommes. Yamazaki l'observait sans un mot et semblait perdu dans ses pensées. Bara, elle semblait souffrir de maux de têtes violents puisqu'elle se mit à vaciller. Il se précipita vers elle avant qu'elle ne tombe et ne se blesse.

Au bout d'un certain temps, elle sembla reprendre ses esprits et de redresser d'elle-même sans pour autant s'extirper des bras de Sôji. Elle lui lança un sourire timide mais également un sourire d'excuse. Elle s'éloigna de lui en le remerciant et repartit à son lancer de shuriken.

Sôji ne savait pas s'il devait être fière d'elle du fait qu'elle voulait être capable de se défendre, ou bien s'en sentir irrité car cela signifierait qu'elle ne lui faisait pas confiance pour la protéger. N'était-elle pas à présent sa femme ? Ou quelque chose dans le genre ? Après tout, ils s'étaient confessés l'un à l'autre. Cependant elle semblait le fuir, et il n'arrivait pas à comprendre pourquoi. Avait-elle changé d'avis, ne l'aimait-elle plus ? Ou bien était-elle mal à l'aise et ne savait-elle pas comment se comporter ?

Sôji décida de s'asseoir et de l'observer. Il devrait parler avec elle après, pour éclaircir les choses. Il voulait qu'elle sache qu'il était là, qu'il l'aimait et ne laisserait jamais personne lui faire du mal. Mais pouvait-il vraiment la protéger ? Ces Onis, il est vrai, n'étaient pas très faciles à défaire. Ils avaient une puissance hors du commun.

Yamazaki mit fin aux lancers de shuriken de Bara en lui disant que c'était assez pour aujourd'hui. Cette dernière s'inclina et alla s'asseoir à côté de Sôji. Elle se doutait que ce dernier voulait lui parler. Elle se doutait aussi qu'il pensait qu'elle voulait apprendre à se défendre seule, mais ce n'était pas tout. Elle voulait vraiment aider du mieux qu'elle pouvait. Et cela signifiait devenir une ninja, mais il ne savait rien de cet entraînement. Il ne savait pas que c'était sérieux.

- Okita-san, n'est-ce pas trop dur pour vous de rester éveiller quand il fait jour ? s'enquit-elle, inquiète pour lui.

- Je vais bien, pas la peine de t'en faire, Bara-chan, lui sourit-il, amusé.

Un silence suivit. Bara ne savait pas trop quoi dire. Elle arrivait à peine à saisir complètement ce qu'était leur relation. Certes ils s'aimaient, mais Sôji ne lui avait jamais vraiment prouvé qu'il y avait vraiment une relation entre eux-deux. Ce doute persistait et l'empêchait de se détendre vraiment quand il se trouvait près d'elle.

- Bara-chan... t'ai-je donné une quelconque raison de me fuir ainsi ? finit par demander le capitaine de première division.

- Huh ? Je ne vous fuis pas, Okita-san.

- Alors pourquoi sembles-tu si mal-à-l'aise ? demanda-t-il, sérieux.

- C'est que... j'ai peur que vous ne preniez pas cette relation au sérieux parce que vous savez que vous ne vivrez pas longtemps... murmura-t-elle.

Sôji demeura silencieux. Il n'avait jamais pensé que ce serait ce qu'elle ressentirait. Il est vrai qu'il avait plus d'une fois songé à couper tout lien avec qui que ce soit, mais il avait abandonné cette idée à l'instant où il avait avoué ses sentiments à Bara. Mais peut-être cela n'avait-il pas vraiment été clair dans son esprit.

- M'aimes-tu Bara ? demanda-t-il en se rapprochant d'elle jusqu'à entrelacer ses doigts autour des siens.

- Oui, bien sûr, affirma-t-elle. Mais je ne veux pas gâcher votre temps...

- Puisque mon existence est si limitée, alors épouse-moi maintenant, finit-il par dire.

Il était lui-même surpris par ses mots. Mais dans le silence qui suivait cette phrase, il comprit que c'était réellement ce qu'il voulait. S'il devait mourir bientôt, il ne voulait rien regretter, il voulait au moins vivre le restant de sa vie auprès de Bara. Il savait qu'il ne changerait jamais d'avis à ce sujet. Mais cela ne concernait pas que lui, mais aussi la jeune femme à côté de lui qui restait sans voix sous l'effet de la surprise.

Bara avait eu le souffle coupé. Elle ne s'attendait pas à cette soudaine demande. Ce n'était pas des plus romantiques, mais son cœur ne pouvait s'empêcher de battre douloureusement dans sa poitrine. Sôji restait immobile et semblait retenir sa respiration, attendant sa réponse.

- Je... vous... je veux dire... Vous y avez bien réfléchi ? balbutia-t-elle. Je n'apporte que des ennuis et peu importe où je suis, les Onis essaieront toujours de m'enlever...

- Cela m'est égal, je ne les laisserai pas faire, répondit-il en posant ses yeux sur elle. Quelle sera ta réponse ? Est-ce que tu pourras supporter d'avoir un époux comme moi ?

Elle resta silencieuse. Que voulait-il dire par "comme lui" ? Le fait qu'il soit devenu un Rasetsu ? Peu lui importait, si cela lui permettait d'avoir un peu plus de temps ici-bas. Le fait qu'il mourait inévitablement avant elle ? Qu'elle soit mariée avec lui ou non, la douleur serait la même, alors pourquoi refuser ? En tant qu'Oni, elle vivrait inexorablement plus longtemps que le plus résistant des humains. Qu'avait-elle à perdre ? Rien. Elle l'aimait, et cette raison seule justifiait sa décision.

- Oui, souffla-t-elle.

Sôji crut avoir rêvé. Il tourna de nouveau la tête vers elle pour plonger dans ses yeux émeraudes humides. L'émotion lui faisait monter les larmes aux yeux, ce qui la rendait encore plus désirable. Elle avait dit "oui". Ce mot seul le rendait heureux au plus haut point. Il la serra contre lui avec douceur, la laissant poser sa tête sur son épaule.

- Il faudra choisir des témoins, le mariage devra rester secret, souffla-t-il. Les hommes du Shinsengumi, mis à part les capitaines, sont censés croire que tu es un garçon.

- Je sais, répondit-elle. Je demanderai à Chizuru, et vous, Okita-san ?

- Je demanderai à Kondô-san.

Tout était si nouveau, pourtant Bara ne ressentait aucune peur, aucun doute. Elle demanderait à Chizuru dés qu'elle la croiserait, espérant qu'elle accepte. Sôji l'embrassa tendrement avant de se lever et de s'éloigner à la recherche de Kondô. Maintenant que c'était décidé, il n'avait plus une minute à perdre. Il ne savait pas combien de temps il lui restait à vivre. Ce temps se comptait-il en mois, en années ? Ou bien plutôt en semaines ? Mieux valait ne pas trop y penser.


Il alla voir Kondô qui se trouvait dans sa chambre, attendant que l'heure du repas arrive en nettoyant ses armes. Il lui demanda la permission d'entrée, que lui accorda son ami sans hésiter. Sôji fit coulisser le shoji avant de venir s'asseoir en face de Kondô. Ce dernier lui sourit, heureux de voir qu'il restait le même et semblait aller mieux.

- Nettoyage de printemps ? s'enquit Sôji.

- Plus ou moins, rigola Kondô, je dois aller parler avec des officiels demain, alors il faut que je soigne mon image.

- Kondô-san, j'ai un requête à te faire, se lança Sôji.

- Qu'y a-t-il Sôji ? s'inquiéta légèrement le chef du Shinsengumi.

- J'aimerais que tu sois le témoin de mon union avec Bara avant que tu ne partes demain. Je sais que chaque instant peut être le dernier, mais je ne veux rien regretter et rendre Bara heureuse, même si cela ne dure qu'un instant, déclara-t-il.

Kondô serra le jeune homme dans ses bras, ému aux larmes. Sôji n'était qu'un enfant quand il était arrivé au dojo dans lequel Hijikata et lui travaillaient. Il s'était très vite pris d'affection pour cet enfant et lui avait appris à se battre. Sôji était plus qu'un simple ami. Il était un petit frère, un fils qu'il avait vu grandir.

- J'accepte, assura-t-il. Quand allez-vous faire cela ?

- Cette nuit. Bara est allée demander à Chizuru d'être témoin également. Cette union devra rester secrète pour le bien du Shinsengumi...

- Je comprends, j'attendrai que tu me fasses signe cette nuit, conclut Kondô.

- Merci...

Sôji était plein de reconnaissance envers son mentor qui ne l'avait jamais laissé tomber. Il avait toujours répondu présent lorsqu'il l'avait fallu. Sôji n'avait jamais eu de famille, mais en vérité, le Shinsengumi était sa famille, Kondô était sa famille, et Bara allait devenir sa femme. Lui, l'orphelin, avait finalement trouvé sa place.


Bara retrouva Chizuru dans la cuisine. Elle avait déjà commencé à préparer le repas du soir. Bara se joignit à elle et elles commencèrent à bavarder de choses et d'autres. Chizuru avait passé une journée mouvementée aujourd'hui. Elle avait été avec Sanosuke pour faire quelques courses, puis elle avait été attrapée par un rônin qui apparemment avait des intentions douteuses à son égard.

- Je n'avais jamais vu Harada-san aussi furieux, lui confia-t-elle.

- En se mettant à sa place, il est facile de comprendre sa réaction. Tu laisserais quelqu'un toucher à ta femme toi ?

Chizuru rougit, ce qui confirma à Bara ce qu'elle pensait : Chizuru et Sanosuke étaient toujours au point mort. Cependant, elle ne pouvait s'empêcher de se demander pourquoi. Elle demanda donc à Chizuru ce qui la bloquait. Cette dernière se fit plus triste et silencieuse.

- Je suis une Oni... Harada-san mériterait d'avoir une femme digne de lui...

Bara lui écrasa vigoureusement le pied. Depuis quand cela posait-il problème ? Il suffisait de voir le regard de Sanosuke pour comprendre que, peu importe qu'elle soit une Oni, elle restait avant tout une femme à ses yeux. Pour reprendre ce que Sôji avait dit : "Il l'avait dans la peau" aussi simple que cela.

- Je n'ai jamais entendu pareille imbécillité de ma vie ! s'exclama-t-elle avant de soupirer. Sanosuke n'en a rien à faire que tu sois une Oni, crois-moi, il te regarde avec les yeux de l'amour, ricana-t-elle.

- Tu... Tu crois ?

- J'en suis sûre, sourit-elle pour la rassurer et lui donner confiance.

Elles restèrent un moment silencieuses à préparer des Onigiris quand Chizuru décida de reprendre la parole.

- Et toi, Bara-chan ? Comment ça se passe avec Okita-san ? s'enquit-elle.

- A ce sujet... hésita-t-elle avant de se lancer. Cette nuit nous projetons de nous marier en secret, seuls Kondô et toi êtes dans le secret. Accepterais-tu d'être témoin ?

Bara avait tout déballé d'un coup, attendant nerveusement la réponse de son amie. Elle ignorait si Chizuru allait accepter ou bien décliner.

- J'accepte, sourit Chizuru, je suis heureuse pour vous deux.

- Merci, sourit à son tour Bara.


Ce fut au milieu de la nuit que quatre personnes quittèrent le quartier général pour se diriger vers le sanctuaire Shinto le plus proche. Kondô avait réussi à trouver un Kimono blanc immaculé pour Bara qui le portait à merveille. Ils furent accueillis par les mikos du sanctuaire qui les guidèrent jusqu'au prêtre Shinto qui écouta leur demande et accepta de les marier. La cérémonie ne serait pas aussi conventionnelle que d'habitude et plus rapide, mais néanmoins le résultat serait le même.

La cérémonie commença par le rite de purification, les deux futurs mariés durent faire quelques ablutions. Puis suivi le salut du prêtre et des mikos, auxquels répondirent Sôji et Bara. Quelques offrandes furent offertes aux divinités pour amener leur bienveillance sur ce nouveau couple. Le prêtre fit quelques prières avant que le service du saké ne commence. Trois coupes nuptiales furent apportées, toutes trois remplies de saké. Sôji prit la première et but la moitié, la donnant ensuite à Bara, ses yeux plongés dans les siens. Qu'elle était belle !

Bara finit la coupe, sa gorge semblait avoir pris feu. Jamais elle n'avait bu de saké. Elle ne s'attendait pas à ce que ce soit si fort. Les larmes lui étaient montées aux yeux, mais elle ne s'était pas défilée. Elle commença la seconde coupe, la tendant finalement à Sôji qui la finit. Il prit la dernière et fit comme pour la première coupe, laissant Bara boire les dernières gouttes.

Puis, ils prononcèrent leurs vœux, devant les dieux et Kondô et Chizuru, témoin de cette union secrète. Le prêtre s'inclina et les salua, concluant la cérémonie. Kondô était si ému qu'il aurait presque versé une larme, Chizuru, elle, ne se fit pas prier. Elle félicita les nouveaux époux, suivie par Kondô.

Ils sortirent ensemble du sanctuaire Shinto pour rentrer sans se faire remarquer au temple. Bara allait se diriger vers sa chambre quand Sôji la souleva dans ses bras et la ramena dans sa chambre à lui. Elle ne protesta pas, même si la nervosité commençait à l'envahir.

Une fois dans la chambre de Sôji, il la déposa sur le futon sous la lumière légère d'une mèche. Elle était magnifique, et à lui à présent. Il s'allongea à côté d'elle et la prit dans ses bras avant de finalement rouler pour se retrouver sur elle.

- Tu es si adorable Bara-chan, souffla-t-il, la voyant rougir immédiatement.

Il ne put s'empêcher d'en rire.

- Okita-san, le rabroua-t-elle.

- Nous sommes mariés, Bara, ne serait-il pas normal que tu m'appelles par mon prénom ? sourit-il tendrement.

- Vous voulez dire... commença-t-elle avant qu'il ne se rapproche immédiatement d'elle, collant son front au sien.

- Le vouvoiement est également proscrit, ajouta-t-il.

- Tu veux dire... fit-elle avec difficulté. Sôji ?

- Exactement, Bara.

Sur ces derniers mots, il l'embrassa, mettant toute sa passion, tout son amour dans cet échange. Elle répondit. Les effets du saké la rendait un peu plus inhibée, et sa tête lui semblait légère, mais elle se sentait bien. Avec délicatesse, Sôji la débarrassa de son kimono blanc pour admirer son corps de femme si bien dessiné. Quelques cicatrices dont il ne connaissait pas l'origine parsemait son abdomen, mais il ne posa pas de questions. Le temps des questions était dépassé, à présent c'était le temps des caresses et de l'amour.

Bara était hésitante dans ses gestes, ne sachant pas trop quoi faire ni comment s'y prendre. Elle se laissa guidée par Sôji, plus confiante et l'aida à sortir de ses habits. Son corps n'était pas vraiment imposant, mais les muscles étaient bien dessinés et l'on devinait sa puissance assez aisément. Il s'allongea sur elle et, profitant de la chaleur de son corps, il embrassa son épaule et son cou tout en glissant ses mains sur sa peau. Elle était douce et chaude. Il sourit en entendant sa respiration saccadée.

Avec douceur, il la guida dans cet acte charnel auquel elle était ignorante. Sa main se glissa entre ses cuisses, caressant cette partie si intime et sensible. Bara laissa échapper un hoquet de stupeur qui se transforma en gémissement de plaisir. Il joua un moment avec elle avant de s'occuper de ses seins offert à son regard. Elle était adorable, si innocente et si belle. Ses mains malaxèrent un moment sa poitrine, la rendant plus fiévreuse encore. Elle se cambra pour son bon plaisir et tournant son visage vers le sien, l'embrassa avec ferveur.

Lentement, il parcouru son corps de ses lèvres avant de finalement se décider à unir leurs deux corps. Il entra en elle avec douceur, faisant de son mieux pour que la douleur soit minime. Bara rejeta la tête en arrière en serrant les dents. Une larme s'échappa de sous sa paupière, larme que Sôji embrassa en s'excusant pour cette douleur sourde qu'elle ressentait. Après un moment, il commença à bouger, créant de nouvelles sensations en elle. Elle n'aurait jamais cru qu'il était possible de mêler douleur et plaisir ensemble.

Il lui arrachait des soupirs à chaque mouvement. Bara découvrait le plaisir de la chair et s'accrochait aux épaules de Sôji, retenant ses cris de plaisir et mordant dans son épaule par moment pour tenter de les étouffer. Elle ne voulait jamais que ce plaisir s'arrête. Elle était prête à continuer ainsi toute la nuit. Ils continuèrent à faire l'amour durant un très long moment, avant de finalement, succomber au sommeil. Ils s'endormirent au petit matin épuisés et comblés.


Bara se réveilla en milieu de matinée, consciente qu'elle devait faire attention en sortant de la chambre de Sôji. Elle s'habilla de ses vêtements habituels qui, sans doute grâce à l'attention de Chizuru, se trouvaient dans la chambre de Sôji. Elle coulissa ensuite légèrement le shoji et, à présent sûre que personne n'était dans les parages, elle en sortit discrètement. Aujourd'hui, elle était une femme rayonnante.

Elle retrouva Chizuru dans la cuisine et lui fit un clin d'œil auquel elle répondit par un sourire. Elle nettoyait un peu et Bara entreprit de l'aider.

- Alors, comment te sens-tu ? demanda-t-elle en souriant. Ça fait quoi d'être mariée ?

- Je me sens parfaitement bien, et comblée, répondit Bara, tout sourire.

Elles préparèrent ensuite le repas du midi, comme elles le faisaient toujours. Chizuru lui fit part du fait qu'à présent, elle allait aider le Shinsengumi en s'aidant des notes de Yamazaki. En tant que fille de médecin, il lui serait assez facile d'aider. Bara ne put s'empêcher de sourire. En quelque sorte, Chizuru et elle se ressemblaient un peu. Elles avaient ce besoin de mettre la main à la pâte et d'aider leurs amis.

Le repas se déroula comme d'habitude, hormis le fait que Kondô n'était pas là. Maintenant qu'elle y pensait, Sôji lui en avait parlé avant qu'ils ne s'endorment. Le repas fini, Yamazaki vint la trouver pour que l'entraînement reprenne. Elle en était ravie, elle avait besoin de faire de l'exercice. Elle se révéla en pleine forme, tant et si bien que Yamazaki décida de tester ses capacités au combat. Elle repoussa chacune de ses attaques, bien qu'elle ne réussit pas encore à contre-attaquer compte tenu de la vitesse à laquelle Yamazaki la soumettait. Mais il était très satisfait de sa prestation.

Il savait que bientôt il pourrait la laisser partir en mission seule. Elle était suffisamment habile et montrait des capacités de ninja confirmé. La guerre était sur le point d'exploser. Satsuma avait trahit le Shogunat et s'était allié aux Chôshû. Ils étaient dans une période critique et Yamazaki serait rassuré de savoir Bara capable de prendre la relève si quelque chose devait arriver.

Bara, après son entraînement, décida de se reposer un peu tout en observant le ciel. Elle avait mal dormi et son cauchemar personnel l'avait réveillée ce matin. Sôji n'avait pas été réveillé et elle s'en sentait soulagée. Cependant, quelque chose la perturbait. Elle était à présent persuadée que Shiranui était également "Shira-chan". Dans son cauchemar, le brouillard semblait se dissiper. Elle revoyait un village en feu, des corps ensanglantés jonchant le sol, et un homme se tenant en protecteur devant elle, faisant rempart contre l'ennemi.

Il les avait tués pour la protéger et l'avait forcée à fuir. Elle avait refusé mais il l'avait poussée dans la rivière toute proche. Elle s'était cognée la tête contre un rocher. C'était sans doute ce choc qui lui avait fait perdre la mémoire, mais le visage de Shira-chan ne cessait de la hanter. Un visage plein de mélancolie et de douleur. Une blessure lui barrait l'abdomen mais il se tenait toujours aussi droit alors que celle-ci se refermait. Mais elle ne parvenait pas à se souvenir de qui elle était ni de tout ce qui était en rapport avec son passé... hormis ce que lui révélait son cauchemar.

Elle se décida finalement à aller faire un tour dans la salle d'eau. Après s'être immergée dans l'eau chaude d'un bain bien mérité, elle ne put empêcher son esprit de se tourner de nouveau vers son cauchemar. Un mal de tête la fit un instant perdre l'équilibre et elle se rattrapa aux bords de la baignoire. Les larmes débordèrent de ses yeux et elle se cacha le visage de ses mains. Pourquoi ne parvenait-elle pas à se souvenir ? Et si des vies dépendaient de cela ? Et si son incapacité à se souvenir allait coûter la vie à d'autres personnes ? Le remord pesa sur ses épaules de plus bel.

Plus dépitée qu'auparavant, elle sortit de la salle d'eau et se força à se tenir droite et forte. Ce n'était pas le moment pour elle de faiblir. L'image de "Shira-chan" lui lançant un regard d'adieu traversa de nouveau son esprit alors que ses lèvres remuaient pour lui dire quelque chose qu'elle n'entendait pas. Elle secoua la tête et ne se rendit pas compte qu'elle fonçait droit dans Saitô. Ce dernier l'empêcha de tomber sous le choc.

- Pardon ! s'écria-t-elle en revenant dans le présent. J'étais dans mes pensées et je ne vous ai pas vu, Saitô-san.

- Tout va bien, Bara-chan ? s'inquiéta-t-il légèrement.

Elle en fut un peu surprise. Il n'était pas dans les habitudes de Saitô de montrer un quelconque sentiment à l'égard de qui que ce soit. Mais il semblait pourtant s'inquiéter, la détaillant d'un œil attentif, prêt à écouter ses problèmes. Elle s'excusa de nouveau en ajoutant que tout allait bien. S'il n'en crut pas un mot, il la laissa cependant tranquille, ne voulant pas la forcer à lui dire quoi que ce soit.

Saitô la regarda disparaître à un angle du temple avant de se diriger vers la chambre de Sôji. Celui-ci était réveillé et terminait de se préparer pour sa ronde nocture avec Heisuke. Il leva la tête quand Saitô se présenta devant lui. Ce dernier semblait un peu travaillé.

- Qu'y a-t-il, Hajime ? s'enquit-il alors.

- Rien, Heisuke t'attend, dit-il.

La nuit était à peine tombée, mais du grabuge se fit entendre alors que plusieurs personnes se précipitaient dans la même direction. Quelque chose de terrible était arrivé. Quelque chose qui allait définitivement mettre le Shinsengumi à rude épreuve.


J'espère que ce chapitre aura plu aux lecteurs qui prennent sur leur temps pour lire. Bonne journée à tous.