Réponse au commentaire :
Mlle Demuri Kagura : Je suis heureuse que le chapitre précédent t'ait plu. Pour être honnête, je me demandais si ce n'était pas un peu trop tôt pour cet événement, mais en prenant en compte la situation de Sôji, je me suis dit que ça tenait quand même la route. Merci encore de ta fidélité et de tes commentaires, tu me redonnes le sourire et l'envie de poursuivre cette histoire. Bonne lecture pour ce nouveau chapitre. J'attends tes impressions avec impatience ! =)
Chapitre 07
Double tentative
Bara suivit Yamazaki qui venait d'être appelé en urgence. Elle arriva dans une pièce où se trouvait, étendu sur le sol, Kondô, son épaule ensanglantée. L'hémorragie semblait ne pas vouloir s'arrêter malgré la pression qu'exerçait Yamazaki sur la blessure. Il allait falloir cautériser la plaie. Ni une ni deux, Sanosuke et Shinpachi se mirent en place pour retenir Kondô.
- Que s'est-il passé ? demanda Hijikata à Shimada.
- Il s'est fait tirer dessus sur la route principale. Nous n'avons rien pu faire, fit-il désolé. Si Kondô-san était tombé de cheval, ils l'auraient achevé, mais il a tenu bon.
- Il a chevauché tout ce chemin jusqu'ici avec cette blessure ?! s'écria Hijikata désespéré. J'aurais dû le convaincre d'emmener plus d'hommes...
Il se tourna ensuite vers Bara qui se trouvait auprès de Yamazaki avec Chizuru, l'assistant dans la cautérisation de la plaie.
- Bara, il faut absolument que Sôji ignore l'état actuel de Kondô-san, lui dit-il alors.
Bara hocha la tête et se dirigea vers le shoji pour sortir de la pièce. Elle aperçut alors la silhouette familière de Sôji disparaître dans la nuit. Elle s'arrêta et se tourna vers Hijikata.
- Je crois qu'il est trop tard, Hijikata-san, conclut-elle. Je vais essayer de le raisonner.
- Je viens avec toi Bara-chan, affirma alors Chizuru.
Bara hésita. Elle avait appris à se débrouiller grâce à l'entraînement de Yamazaki, mais ce n'était pas le cas de Chizuru. Hijikata, lui aussi semblait réfléchir à cela. Il se tourna alors vers Yamazaki qui venait vers eux en s'essuyant les mains.
- S'il passe la nuit, il vivra, conclut-il.
- Bara, Chizuru, Yamazaki, je vous charge de ramener Sôji avant qu'il ne soit trop tard, décida alors Hijikata.
Yamazaki et Bara hochèrent immédiatement la tête en un mouvement synchronisé et Chizuru hocha également la tête un peu plus doucement. Bara partit immédiatement se changer afin de mieux pouvoir suivre Yamazaki. Elle retrouva ce dernier avec Chizuru juste devant le temple. Cette dernière afficha un air totalement hébété en la voyant ainsi vêtue, mais elle décida que les questions attendraient.
Ils se mirent à courir dans les rues de Kyoto, à la recherche du capitaine de première division. Instinctivement, ils se dirigèrent vers l'endroit d'où provenaient les coups de feux, sachant que, bien évidemment, c'était là que Sôji se serait précipité, aveuglé par la rage. Chizuru peinait à suivre ses deux compagnons mais ne lâchait pas prise. Elle remarqua un léger bruit de claquement du vent dans le tissu au dessus d'elle, mais elle ne découvrit personne quand elle leva la tête.
Bara arriva au même moment que Yamazaki pour voir Sôji tuer trois hommes. Elle se précipita vers lui sans même écouter les mises en garde de Yamazaki. Sôji l'entendit arriver et pivota vers elle, prêt à en découdre. Il ne la reconnaissait pas, comprit-elle. Le tissu qui lui masquait le bas du visage cachait son identité. Elle s'arrêta à quelques centimètres de son katana et leva lentement ses mains libres vers son visage pour baisser le tissu. Sôji écarquilla les yeux sous l'effet de la surprise. Jamais il n'avait vraiment pris au sérieux l'entraînement de Bara auprès de Yamazaki. Pourtant, la ninja qui se tenait devant lui n'était autre que sa femme.
- Sôji, calme-toi, l'implora-t-elle alors qu'il baissait son katana.
- Ils vont payer, fit-il sans en démordre, dépassant Bara, plein de rage et de peine.
- Crois-tu vraiment que Kondô-san voudrait cela ? fit-elle alors en faisant volte face et en venant se planter devant lui, plus rapide qu'il ne l'aurait crue capable.
- Tu as bu l'ochimizu alors, fit une voix derrière Bara, bien que celle-ci s'adresse à Sôji.
Bara se retourna pour découvrir le Oni qui avait donné la fiole d'ochimizu à Sôji. Elle s'en méfiait plus que de la peste et attrapa ses shurikens, adoptant une position défensive, prête à riposter au moindre geste. Sôji se plaça immédiatement devant elle en signe de protection.
- Tu es plus idiot que je ne l'espérais, ricana l'autre. L'ochimizu ne peut pas guérir ta tuberculose.
- Peut-être pas, mais elle me donne la force de me battre, contra Sôji en attaquant son ennemi.
Kaoru, tel était le nom de cet adversaire, était plus fort qu'il ne le croyait, et sa rage pouvait très bien décupler ses forces. Bara ne pouvait rien faire. Quand Sôji parvint à empaler Kaoru contre le mur avec son katana en lui transperçant l'épaule, Bara sentait que quelque chose était étrange. Pourquoi Kaoru souriait-il ? Elle observa les alentours avant de comprendre. Ses yeux s'agrandirent à la vue des hommes postés sur les toits, la tenant en joug.
- J'ai gagné, Okita, une balle dans le cœur de cette Oni la tuera immédiatement.
Bara ferma les yeux alors que les hommes tiraient. Elle revit le visage de Shira-chan et hurla peut-être son nom. Elle s'attendait à être morte mais elle ne sentit qu'une éraflure dans son bras gauche qui la brûla plus qu'un feu ne l'aurait fait. Elle s'empêcha de crier de douleur et posa la main sur sa blessure qui saignait. Elle ouvrit les yeux pour découvrir quelqu'un faisant toujours rempart entre elle et les tireurs.
Sôji avait peine à y croire. Il n'arrivait pas à croire que quelqu'un d'autre que lui ne protège Bara, et surtout pas cet Oni là, qu'il avait si souvent vu auprès de Kazama. En effet, Shiranui se tenait droit. Il avait dévié toutes les balles, sauf une qui avait traversée son épaule gauche et éraflée celle de Bara. Il serra les dents en tombant à genoux, la main compressant son épaule. S'il était vrai que les Rasetsu craignaient les balles en argent qui leur enlevait la guérison instantanée, les Onis de sang purs, eux, y étaient encore plus sensibles. L'argent était comme du poison, les brûlants atrocement et empêchant leur capacité régénératrice de faire effet.
- Shira...-chan, souffla Bara.
Shiranui tourna la tête vers elle, son regard plein de douleur et de mélancolie. Il remarqua la blessure de Bara et dégagea sa main pour l'observer de plus près. Il soupira et baissa la tête, avant de finalement venir poser ses lèvres sur la blessure.
- J'ai échoué à vous protéger, une fois de plus, Hime-sama...
Il se releva et s'éloigna avant de finalement disparaître de sa vue. Sôji avait observé la scène, jugeant qu'il ne valait mieux pas intervenir. Si cet Oni était le Shira-chan qui hantait les nuits de sa femme, peut-être était-il la clé de sa mémoire. Cependant, Bara ne semblait pas se souvenir de quoi que ce soit de plus.
Il se tourna vers Kaoru et retira son katana de l'épaule de celui-ci qui s'échappa aussitôt sur le toit. Son plan pour détruire Okita avait échoué à cause de ce foutu Oni. Shiranui... pourquoi s'évertuait-il à protéger une princesse amnésique dont tout le clan avait été décimé ?
- Bara ? appela Sôji en s'agenouillant près d'elle. Tu vas bien ?
Elle allait hocher la tête quand la brûlure devint intenable et lui fit perdre connaissance. Sôji la rattrapa et la souleva dans ses bras. Yamazaki apparut alors, son combat face aux hommes sur le toit terminé. Il s'approcha de Sôji et s'inquiéta pour Bara. La blessure qu'il vit à l'épaule de la jeune femme n'était pas trop profonde, pourtant elle continuait de saigner. La régénération des Onis étaient normalement si rapide que la blessure aurait déjà dû s'être refermée.
Chizuru arrivait quand Yamazaki lui expliqua qu'ils devaient tous rentrer au temple.
Kondô était toujours inconscient, son épaule ne saignait cependant plus. A côté de lui se trouvait Bara, fiévreuse dont la blessure avait cessé de saigner. La guérison était cependant aussi lente que celle d'un humain, ce qui inquiéta tout le monde.
- Qu'est-ce qui lui a causé cette blessure ? demanda alors Sanan.
- Une balle l'a éraflée, expliqua Sôji qui refusait de quitter son chevet.
- Mais une blessure par balle devrait guérir immédiatement, marmonna Sanan. A moins qu'elles ne soient faites d'un matériaux différent de celui utilisé habituellement...
- Se pourrait-il que les onis soient affaiblis par quelque chose ? fit alors Chizuru.
- Dans ce cas nous avons du souci à nous faire, soupira Sanosuke.
Ils sortirent, laissant les blessés se reposer. Yamazaki et Sôji étaient cependant restés à l'intérieur pour les veiller. Hijikata réfléchissait, sourcils froncés, alors que Sanosuke tentait de rassurer Chizuru et que Sanan s'éloignait pour vérifier ses théories. Hijikata s'en retourna dans sa chambre, laissant Sanosuke seul avec Chizuru qui ne cessait de s'inquiéter.
- Ne t'en fais pas, ils s'en sortiront tous les deux, lui dit-il.
Elle resta silencieuse. Que pouvait-elle dire de toute façon ? Elle avait peur. Peur pour Bara, pour Kondô, pour tout le monde. Si l'ennemi connaissait le point faible des Onis, et par conséquent des Rasetsus, qu'allait-il advenir d'eux. Elle était tellement inquiète que même le regard persistant que lui lançait Sanosuke ne l'interpella pas. Elle fut donc surprise quand celui-ci l'attira brusquement contre lui, la serrant dans ses bras.
- Peu importe ce qu'il se passera, je te protégerai, Chizuru... lui promit-il.
- Harada-san ? fit-elle surprise.
Sanosuke soupira, son visage dans les cheveux de Chizuru. Il était tendu et tous les récents événements avaient porté un sacré coup à son moral. Même s'il paraissait toujours calme, souriant, et essayait de remonter le moral des autres, il était dépité. Personne ne s'occupait de son moral à lui. Chizuru prit une inspiration pour se donner du courage.
- Harada-san, vous devez être fatigué, commença-t-elle.
- Je vais bien... répondit-il. Chizuru, si un jour tu décides de partir, de quitter le Shinsengumi pour quelque raison que ce soit, si cela devient trop dangereux pour toi, viens m'en parler et je m'arrangerai pour que tu aies ce que tu souhaites, conclut-il.
- Je n'ai pas l'intention de partir, Harada-san.
- Tu es une femme, tu dois bien avoir un rêve qui ne peut se réaliser sur les champs de batailles, fit-il doucement en la regardant dans les yeux, un sourire mélancolique sur ses lèvres.
- Quel est votre rêve, Harada-san ? demanda-t-elle, voyant ici une occasion de détourner la conversation d'elle.
Sanosuke parut réfléchir un moment. Il semblait un peu déstabilisé et hésitant. Son rêve était-il si spécial que cela ? Il hésita encore quelques minutes avant de fermer les yeux en soupirant. Il allait tout avouer, tant pis s'il passait pour un idiot.
- D'accord, mais ne le répète à personne, dit-il en plongeant son regard dans celui d'une Chizuru qui acquiesça immédiatement. Mon rêve est si simple, continua-t-il, je rêve d'une vie de paix avec une femme, une famille, avoua-t-il.
- J'ignorais que les hommes rêvaient de ce genre de chose, fit-elle un peu surprise. Je croyais qu'ils ne pensaient qu'à l'honneur et la guerre.
- L'honneur est important. Il est parfois impossible de ne pas se battre. Porter les armes et se battre au nom d'une femme et d'une famille est pour moi une cause tout à fait juste et honorable...
Chizuru se mit à sourire, avant de retomber dans le désespoir. Avait-il une femme qu'il aimait en secret sans oser lui avouer ses sentiments ? Peut-être souffrait-il de ne pas pouvoir être avec cette femme, à l'instant où tout semblait devenir si sombre. Et elle, Chizuru, jamais elle ne pourrait avoir une vie de tranquillité. Qu'elle aime Sanosuke ou non, les onis de sang purs chercheraient toujours à mettre la main sur elle. Jamais la paix ne pourrait se trouver là où elle allait.
- Et toi, Chizuru, quel est ton rêve ? s'enquit-il alors.
- Mon rêve est impossible, soupira-t-elle.
- Quoi, ton rêve est d'épouser un seigneur plein aux As et d'avoir de belles toilettes ? fit-il mi-taquin mi-sérieux.
- Non, non, rien de cela, seulement une vie tranquille, souffla-t-elle sans oser lui avouer le reste de son rêve.
- Je pensais que c'était impossible parce que tu en demandais trop, mais à présent je n'y vois là rien d'impossible, fit-il un peu perplexe avant de sourire, amusé. En fait, si l'on se mariait, nos deux rêves se réaliseraient.
Chizuru sentit son cœur faire un bond dans sa poitrine. Si seulement... Si seulement cela pouvait être vrai. Elle ne voulait pas non plus trop espérer, sachant que, fatalement, cela ne pourrait jamais arriver. Elle était une Oni de sang pur, un monstre, que les autres Onis chercheraient à chaque fois à s'accaparer. Elle ne pourrait jamais réaliser son rêve et encore moins celui de Sanosuke.
Sanan arriva à ce moment. Il semblait avoir eu une révélation. Il s'approcha de Chizuru et de Sanosuke et semblait à la limite de l'hystérie. Il avait trouvé la solution, il en était certain.
- Yukimura-kun, le sang des Onis est un puissant remède, dit-il. Il suffirait de donner un peu de ton sang à Bara pour qu'elle récupère un peu plus vite, fit-il, sûr de lui.
Chizuru se rapprocha instinctivement un peu plus de Sanosuke, effrayée par le regard à moitié fou de Sanan. Il ne cherchait pas à mal, mais elle avait peur qu'il ne finisse par se servir d'elle dans ses expériences sur l'ochimizu et les Rasetsus. Sanosuke se plaça légèrement devant elle, faisant discrètement rempart contre Sanan. Hijikata arriva sur ces entre-fêtes et écouta les explications de Sanan. Il sembla intéressé par la découverte plutôt logique de ce dernier, mais cependant, il restait réticent à se servir de Chizuru, et de Bara, à cet effet.
- Cette pâle copie de Oni n'a pas tout à fait tord, fit une voix dans l'obscurité.
Aussitôt, Sanosuke, Hijikata et Sanan se mirent sur leur garde. Une silhouette approcha. Shiranui s'avançait vers eux, dans une attitude nonchalante, bien qu'une plaie à l'épaule semblait le faire atrocement souffrir. Il s'appuya brutalement contre le tronc d'un arbre et se redressa, son front en sueur. Il était clair qu'il ne venait pas se battre, toutefois, ils restèrent sur leur garde.
- Cependant, le sang d'un Oni quelconque, aussi puissant soit-il, n'y ferait pas grand chose, continua-t-il. Nous, Oni de sang pur, sommes d'autant plus faible à l'argent.
- Que veux-tu dire ? demanda aussitôt Sanan.
- Ce que je veux dire, c'est que seul le sang du Oni auquel elle est liée, pourrait aider.
- Qu'est-ce que cette histoire ? intervint Hijikata.
Shiranui eut un sourire dénué de tout amusement. En vérité, cela ressemblait plus à une grimace où se mêlaient ironie et douleur. Il se rapprocha encore, dévoilant aux yeux de tous sa blessure qui l'empêchait de se servir de son bras gauche. Cette dernière ne saignait pas, cependant la chair semblait encore à vif.
- Vous savez exactement ce que je veux dire. Un Oni lié est celui qui a partagé son sang avec un autre. C'est une sorte de mariage si vous voulez, bien que nous ne fonctionnions pas comme vous, ajouta-t-il avant de serrer les dents.
- Nous ne connaissons rien du passé de Bara, alors comment saurions-nous si elle est liée à un autre Oni, commença Hijikata, pensif.
Shiranui sembla sourire encore plus ironiquement si c'était possible. Il était évident qu'il les prenait pour des idiots. Il sortit une fiole de sous ses vêtements et la leur tendit sans plus de cérémonie. Sanan tendit la main vers la fiole mais Hijikata le retint, méfiant.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-il.
- Ce dont Bara, si c'est le nom que vous lui avez donné, a besoin. Même si son esprit ne se souvient pas, son sang et son corps, eux se souviennent, conclut-il en lançant la fiole à Hijikata qui la rattrapa au vol.
Quand il leva de nouveau les yeux vers l'endroit où se tenait Shiranui, il ne trouva personne. Le Oni était parti. Hijikata tendit la fiole à Chizuru qui le regarda sans vraiment comprendre.
- Fais boire ceci à Bara, conclut-il. Si cet Oni s'évertue à la protéger ainsi, c'est qu'il la connaît. Et il sait également qui elle est.
Chizuru hocha la tête et entra dans la pièce où se trouvait Bara et Kondô. Yamazaki et Sôji s'évertuaient à faire baisser la fièvre des deux blessés. Mais aucune amélioration ne semblait se produire du côté de Bara.
Chizuru s'avança, captant immédiatement l'attention des deux hommes. Yamazaki se tourna vers elle et Sôji posa son regard sur elle, ne lâchant pas la main de Bara. Elle expliqua rapidement la situation en montrant la fiole à Yamazaki. Ce dernier sembla perplexe, mais puisque Hijikata l'ordonnait, il ne pouvait qu'obéir. Sôji sembla d'abord hostile à cette idée, mais il finit par se soumettre.
Il s'écarta et, au moment où Chizuru versa le contenu de la fiole dans la bouche de Bara, avec l'aide de Yamazaki, Sôji sentit une vive douleur dans sa gorge, comme s'il étouffait. Il tomba à genoux et retint un cri de douleur. Ses cheveux virèrent au blanc et ses yeux au rouge sang. Ce n'était pas la première fois que cette crise le prenait, mais chaque crise était plus douloureuse que la précédente. Il tint bon, sous le regard inquiet de Chizuru.
Yamazaki rallongea Bara sur son futon et essuya son front plein de sueur pour remarquer que la fièvre baissait complètement. Ses cheveux avaient virés au blanc et, quand elle ouvrit les yeux, se furent deux orbes dorés qui se posèrent sur Yamazaki et Chizuru. Elle se redressa et regarda autour d'elle.
La crise de Sôji avait pris fin et il s'était précipité vers elle. Sans même réfléchir, elle s'était jetée dans ses bras, en larme. Il était vivant, elle avait eu si peur, si peur pour lui. Un flash dans son esprit lui montra Shiranui, faisant rempart contre ses ennemis, son épaule en sang. Il lui avait sauvé la vie, une fois de plus. Une douleur vive lui vrilla la tête, si bien qu'elle s'évanouit dans les bras de Sôji.
- Je la ramène dans sa chambre, conclut Sôji en se levant, l'emportant dans ses bras.
Yamazaki ne releva pas et ne tenta même pas de l'en empêcher. Il se doutait bien qu'il se passait quelque chose entre ces deux là, mais de la à dire quoi, il n'en savait rien. Chizuru sourit à Yamazaki avant de sortir à son tour pour découvrir avec stupeur que Sanosuke l'attendait.
Sôji fit coulisser le shoji de sa chambre et installa avec douceur sa femme sur le futon. Elle s'était endormie dans ses bras durant le court trajet. Il referma le shoji et s'installa à côté d'elle pour écarter une mèches de cheveux qui barrait le front de la jeune Oni. Elle ouvrit les yeux quand elle senti sa main sur sa joue. Alors il se pencha pour l'embrasser avant de s'allonger et de la prendre dans ses bras pour dormir. Maintenant, il n'avait plus qu'à prier pour que Kondô se rétablisse lui aussi. Il serait fixé le lendemain, alors il se laissa glisser dans le sommeil.
Bara se réveilla le lendemain et grimaça lorsquelle tenta de se redresser. Elle jeta un coup d'oeil à son épaule gauche et observa un moment sa blessure. Certes elle ne saignait plus, mais elle était loin d'être guérie. L'image de Shiranui blessé lui donna mal au coeur. Il l'avait protégée au péril de sa vie et cela semblait vraiment la perturber.
Elle tourna la tête vers Sôji qui dormait, et détailla son torse nu, sa peau pâle, douce et tiède sous ses doigts. Elle se rallongea à côté de lui et se blottit dans ses bras, décidant qu'elle n'était pas en état de se lever pour le moment. Sôji ouvrit les yeux et lui sourit avant de la faire basculer sous lui pour un moment de tendresse et d'amour.
Elle sentit son érection contre son bas ventre et gémis lorsqu'il glissa ses mains sous ses habits. Elle s'empressa de s'en défaire pour sentir la peau de son amant contre la sienne. Leurs corps nus s'entrelacèrent avec vigueur alors qu'ils s'embrassaient. Leurs bouches se quittèrent un instant pour se retrouver immédiatement alors que leurs peaux se frottaient l'une contre l'autre.
Sôji lâcha un soupir de contentement lorsqu'il la saisit par les hanches et plongea en elle avec empressement. D'humeur joueuse, Bara le fit basculer sur le côté afin de prendre le dessus, arrachant à Sôji un éclat de rire. Il la plaqua contre lui et réquisitionna ses lèvres pour un baiser plein d'ardeur. Elle ondula des hanches, leur provoquant des ondes de plaisir, avant que Sôji ne la refasse basculer sous lui pour reprendre l'initiative avec des coups de reins puissants. A mesure que le plaisir augmentait, Bara enfonçait ses ongles dans son dos, le griffant parfois jusqu'au sang, sans que Sôji n'y fasse trop attention. Ils firent l'amour plus sauvagement qu'auparavant. La sensualité laissa place à la brutalité qui ne sembla déplaire ni à l'un ni à l'autre. Leur ébat se poursuivi et se réitéra jusqu'à ce que le poids du jour ne pèse sur Sôji et ne le fasse sombrer dans le sommeil.
Kondô mit plusieurs mois pour se rétablir, mais il avait survécu à l'attentat contre sa personne. Il ne pouvait cependant pas se battre ni trop bouger pour bien récupérer. Aussi Sôji passait le plus clair de son temps à s'occuper du chef du Shinsengumi quand il ne dormait pas, qu'il ne passait pas du temps avec sa femme ou qu'il n'effectuait pas une ronde de nuit. Kondô recevait aussi souvent la visite de Bara quand cette dernière revenait de son entraînement de shinobi. Elle venait prendre le thé avec lui et Chizuru se joignait à eux la plupart du temps. Bien sûr, il voyait chaque jour les capitaines du Shinsengumi, il ne se sentait pas seul comme on aurait pu le penser.
Aussi, durant une après-midi, Bara, Chizuru et lui prenaient le thé. Chizuru rigolait à une blague du chef du Shinsengumi qui s'enquéra finalement de sa relation avec Hijikata et Sanosuke. Chizuru rougissait immanquablement dés que le sujet dérivait sur elle et une supposée relation.
-P-Pourquoi voulez-vous qu'il y ait quelque chose entre Hijikata-san, Sanosuke-san et moi ? demanda-t-elle rouge pivoine.
- Je pense que Kondô-san veut te garder dans sa famille, autrement dit, dans le Shinsengumi, rigola Bara en prenant soin de ne pas renverser son thé.
- Mais je reste dans le Shinsengumi quoi qu'il arrive, alors pourquoi ? minauda-t-elle.
- Aller Kondô-san, avouez-le, vous voulez gâter des petits enfants, le taquina Bara.
Kondô se mit à rire avec les jeunes femmes. Bara avait visé juste et elle le savait, cependant elle ne chercha pas à obtenir de lui une quelconque confirmation de ce qu'elle prêchait. Kondô aurait effectivement aimé rentrer au quartier général pour y voir des enfants courir partout et rire, pleins de joie de vivre et d'innocence. Cela allégerait le poids que le Shinsengumi avait sur le dos.
Bara s'excusa et sortit de la chambre avec une certaine précipitation, étonnant Chizuru et Kondô qui se regardèrent sans comprendre.
- Peut-être est-elle en retard pour son entraînement ? conjectura Chizuru.
Bara se redressa et soupira de découragement. Depuis une semaine, elle était malade et tentait de le cacher à tout le monde pour ne pas inquiéter qui que ce soit. Elle passait du chaud au froid et était prise de nausées à l'odeur de certains aliments et ingrédients. Avait-elle attrapé froid ? C'était bien sa veine, elle qui devait partir en mission le soir même avec Yamazaki ! Elle soupira de nouveau et décida d'aller s'allonger et de se reposer.
Elle entra dans la chambre de Sôji discrètement et alla s'allonger contre lui. Il succombait généralement au sommeil durant la journée, ce qui était normal étant donné sa condition. Cependant, il semblait toujours sentir sa présence et, même dans son sommeil, passait ses bras autour d'elle pour la serrer contre lui. C'était dans ces moments là où il pouvait finalement vraiment se reposer, auprès de sa femme. il entrouvrit un moment les yeux pour ensuite les refermer, détendu.
A la tombée de la nuit, Sôji se réveilla et regarda autour de lui à la recherche d'une silhouette. Il la trouva finalement devant le shoji entrouvert. Elle regardait le ciel, la brise légère animant ses cheveux d'ébènes pour le moment libres. Elle se tourna vers lui avec un magnifique sourire et marcha vers lui. Elle avait fière allure dans son ensemble de ninja. Elle était féminine et dégageait une puissance que personne n'aurait pu déceler en elle auparavant. Elle était femme… et guerrière.
- Tu pars en mission ? s'enquit-il doucement en lui caressant la joue.
- Oui, répondit-elle. Yamazaki et moi avons quelque chose à faire.
- Sois prudente…
L'inquiétude se lisait dans son regard. Elle lui sourit tendrement et l'embrassa avant de remonter l'étoffe sur son nez et de s'éclipser si rapidement qu'elle aurait aussi bien pu n'être qu'un songe. Il se leva et s'habilla pour sa ronde de nuit. Heisuke l'attendait devant le quartier général.
- T'es pas en avance, fit-il avec un léger ton de reproche.
Sôji se contenta de lui sourire. Ah ! Ce fameux sourire carnassier qui te disait clairement : "Tu veux vraiment mourir ?" C'est pourquoi Heisuke ravala sa salive avec difficulté et détourna le regard avec un "Bon, on y va ?" pour changer de sujet. Ils partirent donc faire leur ronde sans plus échanger de paroles.
Elle bondissait dans les airs, de branche en branche, aussi adroite et discrète qu'un félin et avec la légèreté d'un papillon de nuit. Elle ne faisait aucun bruit et n'était plus distancée par son maître. Yamazaki était fière de son élève et rassuré. La relève était maintenant assurée avec elle. Le jour où il croiserait la mort sur son chemin, le Shinsengumi aurait toujours quelqu'un pour les aider dans l'ombre.
Arrivé à destination, il se tourna vers elle et acquiesça. Elle se sentit soulagée de ne plus être un poids pour lui mais une partenaire capable. Il lui fit signe de le suivre, ce qu'elle fit sans hésiter. Cachés dans les branches d'un arbre, ils observèrent. Ce à quoi ils ne s'attendaient pas, c'était à y trouver les trois Onis qui leurs avaient si souvent causé des problèmes.
Shiranui se tenait face à Kazama, ses yeux pleins de colères. Amagiri s'interposa entre eux, les empêchants de se battre. Aparemment, ils étaient là depuis un petit moment. Kazama arborait ce sourire suffisant qui le faisait si souvent sortir de ses gonds. Amagiri ne comprenait pas pourquoi Kazama cherchait tant Shiranui. Kazama jouait à un jeux dangereux. Shiranui était lui aussi un sang pur, et peut-être aussi puissant que Kazama, surtout quand la rage s'emparait de lui. Et apparemment, c'était bien parti pour.
- Shiranui, du calme, tenta-t-il de l'apaiser.
Ce dernier le fusilla du regard. Heureusement qu'il était lucide et qu'Amagiri n'était pas l'objet de sa haine, sinon il aurait sûrement été tué sur le champ. Ses yeux mauves avaient viré à l'or, un or flamboyant.
- Tu me demandes de me calmer après ce que cet enflure a osé faire ?! siffla-t-il.
Il tentait de se contrôler malgré tout. Même si Amagiri n'était pas un ami à proprement parlé, il n'était pas non plus son ennemi et il le respectait vraiment. C'est la raison pour laquelle il ne voulait pas le blesser par mégarde en laissant la colère troubler son jugement.
- Tu ne lâches pas l'affaire, hein ? fit sournoisement Kazama.
Shiranui retourna son attention vers lui et son regard flamboya de plus belle. Il était à deux doigts de perdre tout contrôle. Si Kazama ne contrôlait pas cette stupide bouche qui était la sienne et qu'il ne faisait pas attention à ses propos, il ne répondait plus de rien.
- Tout ça parce que c'est ta petite princesse. Tu es pathétique ! Tu n'as même pas été capable de protéger sa famille, et encore moins de la protéger elle !
Shiranui vit rouge et dégaîna son arme, visant le coeur de Kazama. Sa main se mit à trembler alors qu'il était emporté par ses émotions. Il aurait tant aimé tirer sur la gachette et envoyer cette enflure se faire mettre. Mais il ne pouvait pas tuer impunément un prince comme lui sans en subir les conséquences. Cependant, un jours arriverait sûrement où il n'aurait plus ces scrupules et descendrait cette enfoiré sans le moindre ressentiment. Il soupira et finit par ranger son pistolet pour se détourner. Mieux valait qu'il s'en aille, sinon il allait tuer ce fils de pute.
- Tu as été incapable de la protéger, répéta-t-il. Et sa famille n'est plus. Que comtes-tu faire pour m'empêcher de la faire mienne ? sourit-il sournoisement.
- Kazama, l'interpella Amagiri, conscient qu'il allait trop loin.
Shiranui serrait tellement les poings à que ces derniers tremblaient. La douleur, la rage et le regret se mêlaient en lui. La douleur de l'absence, de la perte, la rage contre cette enflure, et le regret d'avoir été incapable de sauver cette princesse. SA princesse…
- Je croyais que c'était Yukimura que tu visais… fit Shiranui en contrôlant le tremblement de sa voix causé par la fureur.
- Le sang dans ses veines est certes très puissant, mais il ne vaut rien comparé à celui de ta Soren-hime-sama, le provoqua-t-il une fois de plus.
- Kazama ! s'exclama Amagiri pour l'arrêter.
- Oh… j'oubliais… elle n'a aucun souvenir de toi, hein ? Qu'est-ce que ça fait de…
Cette fois Amagiri n'eut pas le temps de s'interposer. Et même s'il l'avait eu, il n'aurait pas bougé. Kazama était allé trop loin et ce n'était que naturel pour lui que Shiranui lui fasse voir sa façon de penser. Les coups pleuvaient. Kazama n'avait aucune ouverture pour répondre ou même s'enfuir. Shiranui semblait comme invincible, sa force décuplée par sa rage. Finalement, il l'attrapa par le col et ramena son visage tuméfié près du sien.
- La prochaine fois, je te tue, pigé ?
Puis il le lâcha, le laissant violemment retomber par terre. Il se détourna et disparut. Seuls restaient Amagiri et Kazama. Ce dernier se releva sans que son camarade ne fasse un seul geste vers lui. Il remit ces vêtements en place et ce massa la nuque.
- Vous ne pouvez pas vous en empêcher, hein ? Un jour il vous tuera et je ne bougerai pas le petit doigt pour vous aider.
- De toute façon il n'est pas assez puissant pour…
- Détrompez-vous ! C'est un Oni lié, et même sans cela, il est puissant. Ce n'est pas un adversaire à prendre à la légère. L'enrager n'est pas du tout une chose sage à faire !
Kazama sourit, amusé. Un Oni lié devenait certes plus puissant, mais Shiranui se battait seul. Elle ne se souvenait pas de lui. Cet imbécile finirait de toute façon par mourir si l'absence de sa moitié se prolongeait. C'est pourquoi il ne pouvait pas s'empêcher de se mettre stupidement en danger pour la sauver.
- Cet imbécile se laisse mourir peu à peu, fit-il simplement.
- Ce n'est pas une raison pour…
Amagiri s'interrompit. Ce fut à ce moment que Yamazaki fit signe à Bara qu'il valait mieux partir. Ni une ni deux, ils s'en allèrent comme s'ils n'étaient jamais venus.
- Vous le faite exprès pour qu'il se raccroche à la vie ? finit-il par comprendre.
- Keh, je me fiche totalement de cet imbécile. Ce que je veux c'est cette Oni.
- Mais vous ne pouvez l'avoir, elle est déjà liée.
- Oh, mais je trouverais bien le moyen, sourit Kazama d'une manière à vous faire froid dans le dos.
[...]
Bara était intriguée par cet échange. Ils avaient cru que c'était pour planifier une attaque, mais la raison était toute autre. Elle était sûre que c'était d'elle qu'ils avaient parlés. Mais Shiranui n'avait pas laissé Kazama terminer sa phrase, l'empêchant de savoir la vérité sur son passé. Mais elle savait au moins une chose. Son véritable nom… était Soren. Elle se sentait déchirée. Elle était Bara, cette Soren n'existait plus. Elle s'était envolée avec sa mémoire. Pourtant, au fond d'elle, elle sentait cette dernière se débattre.
En rentrant au quartier général, Bara dû s'appuyer contre le mur et s'arqua suite à un spasme de nausée. Elle ne put s'empêcher de vomir. Était-ce tout ce bouleversement qui l'avait retournée à ce point ? Yamazaki se précipita vers elle, inquiet.
- Bara ? Tout va bien ? s'enquit-il.
- Oui, ça va… murmura-t-elle.
C'était la vérité. Elle se sentait de nouveau en pleine forme, quoi qu'un peu fatiguée. Yamazaki passa son bras sur ses épaules et enserra sa taille pour l'aider à marcher. Elle lui en fut reconnaissante et sombra avant d'arriver à sa chambre. elle entendit Yamazaki l'appeler, en vain.
- Bara ? Tu m'entends ?
Elle ouvrit les yeux, un peu vaseuse. Elle était allongée dans sa chambre, entourée de tous ses amis. Chizuru lui tenait une main, Yamazaki l'autre et Sôji se tenait à l'écart, l'inquiétude dans son regard. Il était debout malgré le soleil qui se trouvait haut dans le ciel. L'inquétude l'empêchait de trouver le sommeil. Elle se redressa lentement, et passa sa main sur son front.
- Que… que s'est-il passé ? s'enquit-elle.
- Tu t'es évanouie. Sans doute cela est-il dû au surmenage. Tu en fais trop, lui reprocha Kondô.
- Désolée, s'excusa-t-elle avec un sourire gêné.
Yamazaki, lui semblait dubitatif. Il avait un regard qui en disait long. Pour lui, quelque chose d'autre était à l'oeuvre. Kondô décréta qu'elle avait besoin de repos et tout le monde sorti, même Sôji qui pourtant se faisait un sang d'encre, fut obligé de suivre Kondô qui "voulait lui parler". Yamazaki, lui, resta pourtant à ses côtés.
- Bara, j'aimerais t'examiner, si tu le permets. Je voudrais m'assurer que tu vas bien.
Elle fut un instant méfiante puis acquiesça doucement, le laissant écarter les couvertures pour prendre son pouls et palper ses membres. Il palpa son ventre à travers ses vêtements. Il fronça les sourcils et s'écarta. Il ficha ses yeux dans les siens avec un peu d'irritation.
- Bara ? Pourquoi m'as-tu caché ta condition ?! la disputa-t-il.
- Que…
- Bon sang, tu dois te ménager. Tu aurais pu…
- De quoi parlez-vous Yamazaki-san ?
Yamazaki la regarda, étonné. Était-il possible qu'elle l'ignore ? Il était parti du principe qu'elle savait. Après tout, c'était une femme, elle était sensé savoir ce genre de choses, non ? Elle semblait de plus en plus nerveuse à mesure que le silence s'éternisait.
- Tu l'ignores ? demanda-t-il finalement, toute frustration envolée.
- De quoi vous…
- Tu es enceintes, Bara, lui annonça-t-il sans détour.
Bara écarquilla les yeux. Quoi ?! Elle ? Enceinte ? Non, il se trompait elle… Comment aurait-elle pu l'ignorer si c'était le cas ?
- Bara, tu as des nausées, n'est-ce pas ? Et mal à la poitrine aussi j'imagine. Tu prends du poids et tu ne sais pas pourquoi, énuméra-t-il. Tout ces symptômes, sont ceux d'une grossesse.
Bara resta silencieuse. Elle était sous le choc. Elle posa machinalement ses mains sur son ventre et lâcha un hoquet, son souffle toujours coupé. Puis les larmes se mirent à couler alors qu'elle ramenait une des ses mains sur sa bouche.
- Bara ?
- Je… je suis si heureuse… murmura-t-elle en éclatant en sanglot.
Yamazaki lui tapota le dos gentiment. Cette magnifique jeune femme avait parfois des réactions étranges, mais il ne pouvait pas nier que si il ne la savait pas amoureuse d'un autre, il serait probablement tombé pour elle.
- C'est l'enfant d'Okita, n'est-ce pas ? lui demanda-t-il doucement.
Elle hocha la tête en souriant à travers ses larmes. Il sourit également et prit congé pour la laisser se reposer. Il se doutait cependant que personne ne pourrait la garder tranquille ici et qu'elle voudrait forcément continuer à travailler. Néanmoins, il espérait qu'à présent au courant de sa condition, elle ferait plus attention à elle. Il croisa Sôji sur son chemin et s'arrêta devant lui.
- Tu devrais aller voir Bara, fit-il en le dépassant. Ta femme a sans doute quelque chose à te dire.
- Comment tu…
Yamazaki était déjà parti. Sôji reprit son chemin en direction de la chambre de Bara. Il s'excusa et entra. Bara était assise dans son futon, buvant un tasse de thé fumante. Il s'agenouilla à côté d'elle et lui caressa la tête.
- Comment te sens-tu ? s'enquit-il en venant finalement se placer dans son dos et attirer son dos contre son torse.
- Je vais bien, sourit-elle.
Sôji resta un moment silencieux en la serrant dans ses bras, soulagé qu'elle n'ait rien. Puis il se rappela les paroles de Yamazaki et se tritura l'esprit pour essayer de comprendre ce qu'elle avait à lui dire de si important.
- Yamazaki m'a dit que tu avais quelque chose à me dire, fit-il finalement en abandonnant ses réflexions.
- Oh… hum… je… je… balbutia-t-elle, ne sachant pas comment tourner sa phrase.
A court de mot, elle attrapa vivement la main se Sôji et la plaça sur son ventre. Ce dernier sembla confus. Il ne comprenait pas trop à quoi elle jouait. Il s'inquiéta un peu plus. Était-elle malade en vérité ?! Il commença à paniquer. Sentant son mari de plus en plus tendu, elle se tourna vers lui, prenant sa réaction pour un refus de la situation. Elle baissa la tête, attristée.
- Qu'y a-t-il Bara ? Je ne comprends pas ce que tu cherches à me dire… tenta-t-il de s'expliquer.
- Je suis…
- Dis-moi, Bara, tu m'inquiètes ! Tu n'es pas malade au moins, hein ?! paniqua-t-il.
Bara comprit soudain sa tension. il s'inquiétait de sa santé. Ce qu'elle pouvait être bête ! Prendre son attitude pour… quelle idiote elle faisait ! Elle sourit de toutes ses dents et posa ses mains en coupe sur son visage en plongeant son regard dans celui de son époux.
- Tu vas devenir père, lâcha-t-elle finalement.
Les yeux de Sôji s'écarquillèrent. Il resta figé, sous le choc. S'il s'était attendu à ça ! Bien sûr, c'était dans l'ordre des choses qu'elle tombe enceinte, logique même. Mais il ne s'était pas attendu… il ne s'était pas préparé… enfin… si tôt ?! Il posa finalement son regard sur elle et se releva. Il l'a pris dans ses bras avant de la soulever dans les airs et de la faire virevolté.
- C'est merveilleux ! s'écria-t-il, les yeux scintillants d'émotions.
Les rires de sa femme chatouillèrent ses oreilles. Un rire pure, le rire d'une future mère.
Voilà pour ce chapitre. J'espère que cela vous a plus, en tout cas j'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire. Rendez-vous au prochain chapitre =)
