Réponses aux commentaires :
Aria : Tout d'abord, merci de suivre cette histoire. Pour ce qui s'agît de la petite parenthèse Sano/Chizuru, je ne peux te dire qu'une chose : sois patiente, elle se trouve dans les chapitres à venir =). Pour ce qui est de me hanter, je rapelle qu'une auteur qui écrit sous la menace et la peur ne fais pas de beaux chapitres ! xD Non, mais plus sérieusement, je te promets que c'est pour bientôt. ensuite, mea culpa, mais ce chapitre risque lui aussi de te laisser sur ta faim. ^^ Bonne lecture à toi, et au plaisir de te lire à nouveau.
Mlle Demuri Kagura : Ça fait plaisir de pouvoir te lire à nouveau. Et oui je suis une sadique et je me complais très bien dans ce rôle ! lol Bref, j'espère que ce chapitre te plaiera également. Au plaisir de te lire à nouveau. Bonne lecture.
Chapitre 10
La voie du Samouraï
Elle se trouvait de nouveau dans cette prairie, seule parmi les hautes herbes et les fleurs. Les iris penchaient au gré du vent. Elle en cueillit un et renifla son parfum exquis. Son kimono d'un joli mauve s'accordai avec la couleur des fleurs, comme si elle avait toujours fait partie du paysage.
- Hime-sama ?
Elle se retourna immédiatement pour voir un jeune homme avec de longs cheveux bleu-nuit et de grands yeux mauves. Il se tenait debout, droit et fière. Elle soupira et se détourna de lui pour jouer un moment avec les pétales de l'iris.
- Je t'ai déjà dit de ne pas m'appeler comme ça, marmona-t-elle, déçue.
Il soupira à son tour et vint s'asseoir à côté d'elle. Il l'observa un moment sans comprendre pourquoi elle semblait si soucieuse. Elle qui était d'un habituel joyeux, elle semblait bien trop calme et déprimée. Il avait beau chercher une explication en l'observant, rien n'y faisait.
- Quelque chose ne va pas ? s'enquit-il en désespoir de cause.
- Je… commença-t-elle avant de se taire.
Elle aperçu au loin une silhouette qu'elle connaissait bien. Il venait comme tous les jours lui demander une réponse favorable. Réponse qu'elle ne lui accordai jamais. Par trois fois elle lui avait dit de la laisser en paix, qu'elle ne voulait pas de lui. Rien n'y faisait, il continuait de la harceler, d'essayer de la convaincre. Dernièrement, il la menaçait, elle et son clan. Elle en avait assez. Elle se tourna vers son ami, son protecteur qui lui avait été assigné dés son plus jeune âge.
- Je t'en prie, emmène-moi loin d'ici… le suplia-t-elle en attrapant sa main.
Il sembla stupéfait et se força à reprendre un air sérieux malgré le visage effrayé qu'elle lui montrait. Il ouvrit la bouche et dit des mots qu'elle n'entendit pas. Ses contours s'effaçaient et peu à peu, tout disparut. Elle l'appela sans cesse avant de finalement se réveiller, en sueur et en larme. Non, ça ne pouvait plus continuer comme ça. Elle était épuisée de rêver ou plutôt cauchemarder ainsi toutes les nuits. Elle ressentai toutes les émotions et surtout la peur dans ses visions.
Elle s'habilla et alla prendre connaissance de l'état d'Hijikata. Il semblait aller mieux, mais il ne pouvait toujours pas se lever et marcher. Il lui fallait du repos. Elle se tourna vers l'un des hommes du Shinsengumi et lui demanda de bien veiller sur lui. Ce à quoi l'homme répondit qu'il en ferait sa priorité.
Elle descendit les escaliers pour rejoindre d'autres clients de l'auberge qui déjeunaient. Elle avait dormi plus longtemps que prévu. elle s'assit à table et croisa les mains de vant son visage fermant les yeux pour essayer d'analyser ses visions. Chaque fois qu'elle arrivait à un moment important, elle était comme arrachée de son sommeil. Comme si quelque chose l'empêchait de se souvenir.
Elle releva la tête quand quelqu'un entra brusquement. C'était un homme qu'elle ne connaissait pas mais il vint vers elle. Il s'assit à sa table et lui demanda :
- Connaissez-vous le commendant du Shinsengumi ?
Elle se méfia. Si cet homme était venu pour finir le boulot, mieux valait rester sur ses gardes. Elle croisa les bras sur sa poitrine et le toisa avant de répondre :
- Peut-être.
- J'ai un message pour lui, déclara-t-il.
- Je vous écoute, l'encouragea-t-elle.
- Kondô Isami va être executé.
Elle ferma les yeux pour masquer sa tristesse. Bien sûr, cela faisait plusieurs jours qu'elle s'attendait à ce genre d'événement. Depuis que Kondô avait été capturé, elle redoutait ce moment où on lui annoncerait ce fatidique dénouement du destin.
- Je le lui dirai, souffla-t-elle la mort dans l'âme.
L'homme ne répondit pas et ne la retint pas quand elle se leva pour aller voir Hijikata. Ce dernier était debout, ou plutôt assis, à faire de la paperasse, comme à son habitude. Ce n'était un secret pour personne que le véritable dirigeant du Shinsengumi avait toujours été Hijikata.
- Hijikata-san, vous devriez être allongé ! le gronda-t-elle.
Il sourit faiblement en levant les yeux vers la jeune femme qui se tenait face à lui, campée sur ses longues jambes, les poings sur les hanches. Si la situation avait été différente, il aurait pu en rire, mais il n'avait pas le coeur à ça. Il avait toujours eu l'habitude que Chizuru soit derrière lui pour lui dire de se reposer, et Bara avait les mêmes paroles et intonations. C'était à la fois amusant et déconcertant.
- Qu'y a-t-il Bara ? demanda-t-il en levant les yeux vers elle.
Son amusement retomba tout de suite lorsqu'il vit le visage sombre de la jeune femme. Quelque chose était arrivé, c'était certain. Mais quoi ? Cela pouvait avoir un rapport avec Sôji, Chizuru, ou encore…
- Kondô va être exécuté… murmura-t-elle.
Le silence suivit cette nouvelle. Hijikata posa son pinceau et ferma les yeux un instant. C'était dans l'ordre de choses. Mais la nouvelle n'en était pas plus simple à avaler. Il aurait voulu hurler, faire un caprice comme les petits enfants, taper des pieds et des mains, mais à quoi bon. Dés le moment où Kondô leur avait ordonné de fuir sans lui, il avait signé son arrêt de mort.
- Je vais essayer de le sortir de là, murmura-t-elle.
- Non.
- Pardon ? fit-elle surprise.
- Non, répéta-t-il.
- Mais…
- Je ne te laisserais pas mettre ta vie en danger ! la coupa-t-il avec véhémence.
Bara resta coite. Elle ne s'était pas attendu à un tel revirement. Elle avait cru qu'il lui dirait oui sans hésiter. Mais non, il lui interdisait de le faire. Elle ne comprenait pas. Elle allait riposter, lui dire que c'était la seule chose à faire, qu'elle ne pouvait pas rester là à rien faire, les bras croisés.
- Pense à Sôji et à la douleur que tu lui occasionnerais si tu te faisais bêtement tuer, déclara-t-il doucement. Et à la vie que tu porte.
- Comment vous…
- Ça commence à se voir, confirma-t-il.
Elle ne put argumenter d'avantage. Hijikata n'en démordrait pas. Kondô avait choisi lui-même de se sacrifier et ne serait pas ravi de savoir que Bara se soit faite tuer dans une tentative suicide pour le sauver. De plus… tout plan était voué à l'échec… Il fallait se faire une raison, c'était la fin du Shinsengumi et de Kondô.
Les rêves ne la laissèrent pas en paix cette nuit là non plus. Elle refit ce même rêve. Elle revit Kazama approcher et ressentit son propre désespoir quand elle se tourna vers Shiranui. Elle lui avait pris les mains en lui redisant :
- Je t'en prie, emmene-moi loin d'ici…
Ce même air de surprise suivit d'un sérieux presque grave.
- Je ne peux pas… murmura-t-il.
- Pourquoi ? fit-elle le coeur en miette.
- Kazama… commença-t-il.
- Je me fiche de ce Kazama !
Lentement, Shiranui leva la main et lui caressa le visage avant de l'enfouir dans son épaisse chevelure.
- Mais il est puissant et un bien meilleur parti… conclut-il.
- Kyo, l'appela-t-elle alors qu'il commençait à se lever.
Il fut une nouvelle fois stupéfait. Jamais elle ne l'avait appelé par son prénom. Elle l'avait toujours appelé "Shira-chan" alors qu'elle savait pertinemment que ça l'agaçait. Il riva ses yeux sur elle, sans trop comprendre.
- Je me fiche de la puissance qu'il peut bien avoir… murmura-t-elle.
Il soupira de nouveau, se rasseyant. Il attrapa sa main et la serra gentiment alors qu'il commençait à parler :
- Soren… Tu seras bientôt une reine.
Elle allait le contredire quand il l'empêcha de s'exprimer. Il poursuivit avec tout le sérieux du monde, lui expliquant comme si elle était une enfant que sa vie était déjà décidée.
- Malgré tout ce qu'on peut dire, ta soeur ne succédera pas à tes parents. Notre espèce à besoin d'un dirigeant fort… Kazama à l'âme d'un dirigeant…
- Je ne veux pas de cette vie… murmura-t-elle alors qu'une larme roulait sur sa joue.
Sa vision se brouilla et elle se réveilla en larme. Elle comprenait maintenant pourquoi Shiranui ne voulait pas lui révéler son passé. La douleur qu'elle ressentait était horrible. Comme si on lui enfonçait un étau enflammé dans le coeur. Elle suffoqua un moment et tomba à terre. Elle tenta de reprendre son souffle, mais cet étau ne voulait pas la lâcher. Que se passait-il ? Elle porta la main à sa gorge alors qu'elle tentait désespérément de respirer.
Elle s'évanouit au moment ou le shoji s'ouvrait à la volée. Elle n'aperçu que des pieds se rapprocher d'elle. Puis le noir complet.
Shiranui courait dans les bois, sentant que quelque chose n'allait pas. Depuis quelques secondes, quelque chose lui compressai le coeur et il avait du mal à respirer. Il accéléra la cadence, les poumons en feu. Pourvu qu'il ne soit pas trop tard…
Il entra dans l'auberge et gravit les escaliers à une vitesse folle, passant inaperçu aux yeux des autres clients assis autour d'un repas. Il fit coulisser le shoji violemment et se précipita vers la jeune femme.
- Soren, tiens bon, souffla-t-il avant de se mordre le poignet et d'aspirer son propre sang pour le lui faire avaler.
Il força ses lèvres à s'ouvrir de sa langue, laissant son sang couler le long de sa gorge. Il répéta l'action trois fois avant que sa tête ne se mette à tourner. Il s'excusa auprès de la jeune femme et mordit dans son cou pour boire à sa veine. Cela faisait si longtemps… trop longtemps. Ils avaient atteint la limite. S'ils continuaient comme ça, ils allaient se tuer.
Il ferma son esprit. S'il lui redonnait ses souvenirs, elle en mourrait de douleur. Il ne pouvait pas faire ça. Il n'en avait pas la force. La voir souffrir le rendrait fou. Il devait se résoudre à veiller sur elle de loin. Il se redressa et souleva la jeune femme brune dans ses bras pour la rallonger sur son futon. Elle ressemblait à une poupée de chiffon dans les bras de son créateur.
Il lui caressa tendrement la joue avant de se décider à disparaître. Toutefois il se retint. Il lui restait une chose à faire. Ce n'était pas quelque chose de plaisant, mais s'il devait la protéger du mieux qu'il pouvait, il devait effacer sa présence des pensées de la jeune femme. Il se pencha sur elle, posa son front contre le sien et prit une longue inspiration. Quel douleur ressentirait-il si elle ne se souvenait plus de son existence ?
- Pardonne-moi, Soren. C'est pour ton bien…
Il concentra ses pouvoirs et effaça toute trace de sa présence de la mémoire de la belle endormie. Il se redressa et effaça rageusement une larme sur sa joue. Il l'observa encore un instant. Elle était si paisible et si belle… et c'était la dernière fois qu'il la voyait… Il ignorait s'il avait réussi à rompre le lien qui les unissait, à dire vrai, il ne savait même pas si c'était possible. Il espérait que ça avait fonctionné. Il faisait parti de son passé, et ce passé la ferait tellement souffrir si elle venait à s'en souvenir...
- Adieu… je t'aimerai jusqu'à la fin de ma vie… souffla-t-il avant de s'enfuir par la fenêtre.
Derrière le shoji, dans un silence de mort, quelqu'un avait entendu ces paroles. La personne se détourna et se détourna du shoji pour repartir. Le doute n'avait plus lieu d'être à présent.
Bara se réveilla au beau milieu de la nuit avec l'impression atroce qu'elle avait perdu quelque chose. Elle se releva et se prit un instant la tête dans les mains, respirant à longue foulée. Elle finit par se mettre debout pour aller voir comment se portait Hijikata.
Quand elle passa devant la chambre du démon du Shinsengumi, elle hésita. Elle se décida finalement à ouvrir légèrement le shoji. Hijikata dormait, son corps plein de bandages lui serrait le coeur. Finalement elle se décida à sortir prendre l'air. Elle fut prise de nausée et eut tout juste le temps de sortir. Elle se courba contre le mur, et attendit que son mal passe.
Elle se redressa et chancela un moment, prise de vertige. Un vide s'était créé dans son coeur et elle ne comprenait pas ni comment ni pourquoi. Elle manqua de basculer et un bras l'en empêcha. Quand elle se tourna vers l'inconnu qui venait de lui épargner une rencontre brutale avec le sol, elle reconnut immédiatement son amant.
- Sôji ! s'écria-t-elle avant de se blottir contre lui. Mais que fais-tu ici ?
- J'ai appris pour Kondô… souffla-t-il, les yeux pleins de douleur et de rancune.
Bara ne sut pas quoi dire. Elle aussi était peinée de la façon dont tout s'était déroulé. Elle ne put que se blottir de nouveau entre ses bras, se serrant contre lui avec une force qui aurait pu briser les os d'un simple humain. Grâce au ciel, il n'était plus tout à fait humain.
- Je suis venu demander des comptes à Hijikata, reprit-il.
Bara se figea avant de s'éloigner un peu de lui. Était-il possible qu'il tienne Hijikata pour responsable de la mort de Kondô ? Si c'était le cas, alors il pouvait également se venger sur elle. Elle se reprit et se força à respirer un peu plus calmement. Puis elle se décida à parler.
- Sôji, ce n'est en aucun cas la faute d'Hijikata-san, souffla-t-elle.
- Qu'en sais-tu ? répondit-il brutalement.
L'agressivité dans son ton lui fit l'effet d'un gifle. Elle recula d'un pas avant de perdre de nouveau l'équilibre. Sôji la rattrapa immédiatement en jurant. Qu'arrivait-il à Bara pour qu'elle perde aussi facilement l'équilibre ?
- Je le sais parce que j'étais avec lui. Kondô nous a ordonné de partir alors que nous ne voulions pas l'abandonner… avoua-t-elle les larmes dévalant ses joues. Sôji… reprit-elle. Je t'en prie, Kondô ne voudrait pas cela…
Sôji sembla se calmer peu à peu. Si Bara protégeait Hijikata, il ne pouvait pas aller contre elle. Elle était beaucoup plus importante pour lui que le besoin de vengeance. De plus… ses paroles semblaient si justes, si vraies… un miroir de vérité.
Il soupira et attira sa jeune épouse dans ses bras. Il enfoui son visage dans son cou, humant son odeur si spéciale et douce. Il sentait son ventre arrondi contre le sien. Un sourire se dessina sur ses lèvres. Malgré tout ses airs de farouche combattante et son entêtement, elle restait une femme et une mère en devenir.
Son regard se voilà de larmes. Il ne pourrait jamais voir son enfant… Son temps était compté. Il ne tiendrait pas plus longtemps. Il avait craché une quantité énorme de sang avant que Bara ne sorte. Il ne lui restait que quelques heures… pour lui faire ses adieux. Le peu de temps qu'il avait eu avec elle l'avait comblé plus que toute une vie entière.
- Bara… Veille bien sur Hijikata et… sur notre enfant que tu portes, souffla-t-il.
Bara se figea. Il n'était… pas en train de lui faire ses adieux tout de même ! Non, elle ne voulait pas y croire. Elle leva la tête vers lui pour plonger ses yeux larmoyants dans les deux orbes d'émeraudes qui habillaient le visage de son époux.
- Sôji… ? Tu ne vas pas… commença-t-elle.
- Je suis navré Bara… Cette nuit… est la dernière pour moi, confirma-t-il en essuyant les larmes qui dévalait les joues de la jeune Oni.
Bientôt, les larmes dévalèrent ses joues telles des torrents d'eau descendant les flancs d'une montagne. Elle le retint, ne voulant pas lâcher prise. Elle voulait rester auprès de lui jusqu'au bout. Cependant, Sôji voyait les choses d'une toute autre manière. Pour lui, Bara était une frêle jeune femme. Sa femme qui portait la vie. Il ne pouvait se résoudre à la voir en guerrière.
- Bara... laisse-moi mourir avec honneur, souffla-t-il en lui relevant le menton. Je suis un samouraï, et je souhaite le rester jusque dans la mort...
- Laisse-moi t'accompagner, plaida-t-elle.
Il ne put empêcher un sourir triste de se dessiner sur son visage et lui prit les mains. Comment lui dire les choses ? Comment lui faire comprendre ?
- Bara... je préfère te savoir en sécurité, loin de la douleur et des combats, peux-tu faire cela pour moi ?
Il savait pertinemment qu'elle respecterait son dernier souhait, même si ça lui déplaisait. Elle ne répondit rien, la gorge nouée.
- Promets-moi de rester hors des combats, du moins jusqu'à ce que tu sois de nouveau en pleine possession de tes moyens, insista-t-il.
- C'est bas, Sôji, sourit-elle à travers ses larmes.
- Mais ça fonctionne, conclut-il en lui caressant la joue. Je t'aime, murmura-t-il avant de l'embrasser puis de s'éloigner de l'auberge.
Bara resta un moment debout, silhouette dans la nuit. Puis elle s'effondra, en larme. Elle avait tout perdu. Le Shinsengumi qui était devenu sa famille, son époux, et elle était séparée de son amie, Chizuru. Le sort avait décidé de s'abattre sur eux de façon si tragique qu'elle en maudit le destin. Elle maudit sa rencontre avec tous ces hommes, avec celui qu'elle avait aimé... Mais elle continuait de souffrir.
Elle releva la tête au moment où une personne sortait de l'auberge. Hijikata se tenait au mur, peinant à marcher. Un homme l'accompagnait et Bara reconnut celui à qu'elle avait chargé de s'occuper du commandant en son absence. Il semblait peunot, incapable de retenir le blessé.
- Hijikata-san, souffla-t-elle en essuyant ses larmes.
- Sôji ? demanda-t-il immédiatement.
Bara secoua la tête tandis que de nouvelles larmes s'évadaient de ses yeux. Elle se releva et se dirigea vers lui pour lui offrir son soutient. Il devait retourner se coucher au plus vite avant que ses blessures ne s'ouvrent à nouveau.
- Par où est-il parti ? demanda-t-il alors qu'elle passait son bras autour de sa taille pour le soutenir.
- Droit devant, soupira-t-elle. Son souhait est de mourir avec honneur... je ne peux le lui reprocher...
Sa voix tremblait et elle se résolut à ne plus parler. Elle se savait prête à éclater de nouveau en sanglot à tout moment. Elle s'apprêtait à aider Hijikata à retourner dans sa chambre quand il se mit à avancer dans la direction qu'avait prise Sôji.
- Hijikata-san ?
- Allons-y, dit-il.
Son ton montrait bien qu'il n'accepterait aucun refus. Bara ne put que se soumettre à son bon vouloir, l'aidant à marcher avec le concours de l'autre homme. La marche était épuisante et aucune trace de Sôji ne résidait sur le chemin. Mais Hijikata n'en démordait pas, il voulait retrouver Sôji. Bara se garda bien de lui dire qu'il était trop tard. Sôji était probablement mort à l'heure qu'il était. Elle espérait seulement qu'il n'ait aucun regret.
Ils arrivèrent au sommet d'une colline pour découvrir des dizaines de cadavres étendus dans une marre de sang. Mais de Sôji ne résidait aucun signe, si ce n'est son katana, planté dans le sol, la lame abîmée et un bandelette blanche teintée de sang flottant au vent, accroché à la garde.
- Sôji, murmura Hijikata, la voix légèrement tremblante.
- Il a choisi la voie du samourai, et il est mort avec honneur, répondit la voix brisée de Bara.
Bara, les larmes aux yeux, s'approcha du katana, laissant l'homme soutenir Hijikata qui semblait abattu. Bara s'agenouilla près du katana, les larmes roulant sur ses joues. C'était tout ce qu'il restait de son époux. Il avait sûrement dû mourir après avoir combattus ces rônins étendus sur le sol. Il s'était alors transformé en cendre, et ces cendres, dispersées aux quatre vents.
Elle attrapa le Katana et le délogea du sol pour l'élever haut vers le ciel. La pâle lueur du soleil levant éclaira son visage trempé de larmes, mais son regard était sévère et implacable. Elle vivrait avec toute la volonté possible. Elle vivrait pour Sôji et pour leur enfant.
