Réponse au commentaire :

Inarihime-chan : Contente que tu te sois enfin créée un compte. Pour ce qui es de me créer un enfer personnel... Pourquoi ? :O Je suis un véritable petit ange (enfin... bref, passons !) Hahaha. Mais de rien, ça m'a fait plaisir d'écrire ce petit intermède, et puis c'était prévu au programme ^^ Que veux-tu, et ce n'est pas encore fini. Beaucoup d'épreuves attendent patiemment sur le chemin de notre héroïne. Je te souhaite une agréable lecture, et à bientôt =).


Chapitre 12

Liberté de choix


Bara passa l'essentiel de ses jours à écrire ou bien à coudre et rapiécer les affaires de ses amis. Elle n'avait pas d'autre occupation possible, alors autant faire cette tâche là si ça pouvait aider. Elle ne sortit pas de la maison depuis cette nuit où le cauchemar l'avait fait paniquer. Elle demeurait dans la maison, sous l'oeil vigilant de Chizuru.

- Tout va bien Bara-chan ? demanda-t-elle en venant lui apporter une tasse de thé chaud.

Bara lui sourit et hocha la tête avant d'accepter la tasse de thé fumante, abandonna son ouvrage un moment.

- Tu te souviens cette fois où Okita-san avait trouvé le recueil de Haïku appartenant à Hijikata-san ? demanda Chizuru, un sourire aux lèvres en repensant à cet instant.

- Oui, Sôji avait alors commencé à les lires au grand dam d'Hijikata-san, sourit-elle à son tour. Je crois que je ne l'ai jamais vu courir aussi vite, rigola-t-elle.

- Ce sont ces moments là qui me manquent, soupira Chizuru.

Bara resta silencieuse. Elle aussi aurait tant aimé y retourner. Elle aurait tout donné pour vivre à nouveau ces moments de franche rigolade. Mais hélas, c'était impossible. Tous ces moments à rire, à se chamailler. elle revoyait encore Nagakura voler de la nourriture à Heisuke. Et généralement, cela dégénérait et tout le monde essayait de piquer dans le bol de son voisin.

Elle avait réussi plusieurs fois à repousser les attaques mesquines des autres capitaines, grâce à l'entraînement de Yamazaki, mais lorsque Sôji piquait dans son bol, elle se défendait plus pour la forme qu'autre chose. Elle s'était même demandé si ça avait été convainquant.

- Tu te rapelles la bataille de boules de neiges ? demanda Bara en sirotant son thé.

Les yeux de Chizuru s'illuminèrent. elle n'avait jamais su que Bara avait été là. Elle se souvenait de cette bataille comme si elle avait eut lieu la veille. Heisuke, Sanosuke, Nagakura et elle avaient tous les quatre commencé une bataille de neige. Bara avait tout vu de sa chambre dont le shoji était ouvert. Elle était encore malade et n'avait pas la permission de se lever à ce moment.

- Oui, je me souviens, Heisuke-kun et moi faisions équipe, et quand Hijikata est arrivé, Sanosuke et Nagakura-san m'ont forcée à me cacher avec eux. Il faut dire que les shojis d'en face étaient tous en piètre état. Heisuke n'a même pas eu le temps de s'expliquer qu'il s'est prit une de ses corrections.

Elles rigolèrent de nouveau toutes les deux. Bara resta silencieuse, repensant à ce moment là. Hijikata n'avait pas cru Heisuke, ce qui n'était pas très étonnant vu qu'il était un piètre menteur. Mais il fallait aussi dire que Sanosuke et Nagakura avaient tout fait pour, se cachant pour que le pauvre Heisuke soit le seul à se faire remonter les bretelles.

- Tu sais… je crois que je n'avais jamais vu Hijikata-san aussi furieux, murmura Bara, les yeux encore emplis d'images du passé.

- C'est arrivé quelques fois, s'empressa d'ajouter Chizuru avant de se taire, observant l'expression mélancolique de son amie. Tu as pensé à un nom pour le bébé ? s'enquit finalement Chizuru, trop heureuse de détourner le sujet.

- Isami, répondit immédiatement Bara, ce à quoi Chizuru ne put s'empêcher de sourire.

Elle discuta avec Chizuru encore un long moment de tout et de rien et elles ne s'arrêtèrent que lorsque Sanosuke entra, épuisé, sa lance à la main. Il semblait tendu, et soucieux. Les choses ne devaient pas aller en s'arrangeant.

- Encore un problème à Edo ? s'enquit-elle en voyant son visage fermé.

Le village dans lequel ils vivaient était à proximité de la capitale. Sanosuke y passait la plus grande partie de ses journées avec une milice dont il faisait plus ou moins partie. Cette milice défendait et faisait régner un semblant d'ordre. Mais ce n'était pas le Shinsengumi. Cette milice était loin d'avoir l'ampleur qu'avait eu cet ancien groupe de rônins au service du Shogun. Sanosuke l'avait bien remarqué. Ces hommes étaients loin d'avoir une grande maîtrise lors des combats. C'était à se demander comment ils avaient survécu sans lui.

- Encore des Rasetsus, soupira-t-il en posant sa lance dans un des angles de la pièce.

Ce qu'il regrettait ces temps là où il vivait avec et pour le Shinsengumi. Ces moments de complicité avec ses camarades, ses amis… tous étaient soit mort, soit porté disparus. Même Shinpachi ne donnait plus de nouvelles. Il en avait le coeur pris dans un étau. Shinpachi et Heisuke avaient été ses plus proches amis. Heisuke était mort, et Shinpachi l'était sûrement aussi.

Il regrettait même ses combats avec Shiranui. Cet Oni avait plus ou moins développé du respect pour lui. Il semblait cependant ne pas vouloir s'attacher aux humains et peut-être y avait-il une raison à cela. Mais à chaque fois que Sanosuke avait été dans une position critique, Shiranui était venu lui donner un coup de main, surtout quand il s'agissait de flanquer une rouste aux Rasetsus.


La nuit était tombée et Sanosuke s'était à peine assis que Bara lâcha un petit cri avant de serrer les dents. Chizuru se précipita vers elle et lui tapota le dos.

- Bara-chan ? Que se passe-t-il ?

Bara se recroquevilla sur elle même en se tenant le ventre. Chizuru comprit immédiatement de quoi il en retournait. Bara commençait à avoir des contractions. Et aux vues de son visage crispé de douleur, elle devinait que ces contractions étaient extrêmement douloureuses. Chizuru la fit s'allonger immédiatement sur un futon qu'elle avait demandé à Sanosuke d'aller lui chercher.

- Bara-chan, tout va bien se passer, tenta-t-elle de la rassurer.

Une fois allongée, Bara serra tellement les dents que Chizuru crut un instant qu'elles allaient se briser. Les cheveux de Bara virèrent à l'argenté et ses yeux devinrent deux orbes dorées. Sans doute la douleur l'empêchait-elle de contrôler sa puissance. Sa forme d'Oni était magnifique, il n'y avait pas à dire.

Sanosuke alla chercher du linge propre et de l'eau chaude à la demande de Chizuru avant de sortir. La place d'un homme n'était pas dans le salon où accouchait une amie. Il valait mieux qu'il laisse Chizuru s'en occuper. Après tout, elle était fille de médecin.


Le cri de Bara raisonna dans toute la maison. Elle était épuisée. Cela faisait des heures et des heures qu'elle était en travaille. La douleur était intenable et elle se prit presque à souhaiter la mort. Toutes les blessures qu'elle aurait pu subir n'étaient rien comparées à cette douleur qui n'en finissait pas.

Chizuru commençait à craindre le pire. Le bébé ne voulait pas sortir. Elle avait essayé de l'attraper, mais rien n'y faisait, il était impossible à sortir. Les choses se présentaient très mal. Bara ne tiendrait pas infiniment comme ça. La fatigue se lisait sur son visage. Elle finirait bientôt par lâcher prise et mourir.

- Bara-chan, calme-toi, tenta une nouvelle fois Chizuru.

Rien n'y faisait. Chizuru était elle-même incapable de calmer sa peur. Il n'était pas étonnant que Bara n'y arrive pas non plus. Chizuru se détourna un instant et se lava les mains dans l'eau chaude, essayant de réfléchir à ce qu'aurait fait un médecin dans ce cas là. Elle ne savait pas, elle n'avait jamais assisté à une telle situation.


Un autre cri déchira la nuit. Sanosuke commençait à s'inquiéter. Ce n'était pas normal que cela dure aussi longtemps. La nuit touchait presque à sa fin. Il observa les alentours, cherchant une silhouette du regard. Que foutait Shiranui ? Il devrait être là, non ? Mais de Shiranui il ne trouva aucun signe.

- Faite qu'il soit toujours en vie, dit-il. Bara à besoin de lui…

Il commençait à sautiller sur ses jambes, nerveux. Il ne cessait d'observer autour de lui, guettant ne serait-ce qu'un simple petit bruit. Un signe de la présence du Oni. Il s'appuya sur sa lance, tentant de maîtriser les tremblements nerveux de son corps. Il baissa la tête, ferma les yeux et se força à inspirer longuement avant de commencer à expirer très lentement.

Une personne profita de ce moment pour s'introduire dans la maison. Elle se déplaça rapidement, sans faire de bruit et entra dans le salon. La jeune femme allongée sur le dos était à bout, son énergie commençait à vaciller. Ses yeux mauves se posèrent sur l'autre Oni qui s'activait et tentait tout ce qu'elle pouvait sans succès.

Shiranui ferma les yeux. Deux choix s'offraient à lui : le premier était de laisser les choses telles qu'elles étaient, cela mettrait une fin à leur existence et elle ne souffrirait plus, le choix le plus simple; Le deuxième était de la sauver et en se faisant, elle recouvrerait forcément sa mémoire, et elle souffrirait du passé.

Ce dilemme, il savait qu'un jour où l'autre il y serait confronté. Il aurait dû la laisser mourir, lui permettre le repos, mais il était trop égoïste pour ça. Il ne pouvait pas la laisser partir…

Il s'approcha, captant l'attention de Chizuru qui sembla un moment rassurée. Elle lui laissa la place immédiatement pour qu'il puisse s'occuper de la jeune femme.

- Shiranui-san, vous êtres venu, fit-elle reconnaissante.

- Ne t'emballe pas, ce n'est pas pour toi que je le fais, répliqua-t-il en posant sa main sur le ventre de Bara.

Il le palpa un instant, mesurant les dégâts et tentant de comprendre la situation. Après un moment, il constata que c'était pire que ce qu'il pensait. Il se tourna alors vers Chizuru et lui dit d'aller chercher un morceau de bois suffisamment résistant. Cette dernière s'exécuta immédiatement.

- Soren, l'appela-t-il.

Elle continuait de se crisper sous la douleur. Shiranui posa sa main sur son front et plongea ses yeux dans les siens, prenant immédiatement sa forme d'Oni. Bara sembla se calmer un instant, ses yeux ne quittant pas ceux de Shiranui.

- Soren, calme-toi, je ne t'abandonnerai pas, déclara-t-il d'une voix à peine plus haute qu'un murmure. Tu le sens n'est-ce pas ? Ici, continua-t-il en posant sa main sur le coeur de Bara. Tu peux me faire confiance.

Bara cligna des yeux et se laissa aller sur son futon, frissonnant de froid à cause de sa transpiration. Shiranui releva la tête quand Chizuru rentra dans la pièce en lui tendant un morceau de bois. Il l'examina un instant et hocha la tête avant de l'amener à la bouche de Bara.

- Soren, mord là-dedans, ça va être douloureux, expliqua-t-il.

Elle s'exécuta, sans rechigner. Elle ne savait pas pourquoi il l'appelait Soren, ni pourquoi il l'aidait et ne pouvait encore moins expliquer cette confiance aveugle qu'elle avait en lui, mais le fait était là. Elle était prête à lui confier sa vie sans hésitation aucune.

Elle ferma les yeux et se força à respirer et à garder un tant soit peu son calme très fragile. Elle n'avait plus de force, elle avait du mal à rester éveillée. Elle n'avait qu'une envie, s'endormir et se reposer.

Le son d'une lame sortant de son fourreau attira l'attention de Chizuru. En effet, Shiranui venait de sortir un poignard de sa botte et avait découvert le ventre de Bara. Il se tourna vers Chizuru qui se tenait immobile, interdite.

- Vous ne comptez tout de même pas… bredouilla-t-elle.

- Va faire chauffer cette lame, dit-il en lui tendant le poignard par la lame afin que le manche puisse-être saisie par la jeune femme.

- Mais… vous n'y pensez pas, Shiranui-san ! s'écria-t-elle.

- Tu préfères qu'elle meurt ? haussa-t-il le ton.

Elle s'exécuta immédiatement, prenant le poignard et allant dans la cuisine. Bon sang, il n'avait pas de temps à perdre à s'expliquer à une gamine ! Ils n'avaient plus beaucoup de temps. Les battements du coeur de Bara s'affaiblissaient, ralentissaient. Dans quelques minutes, elle mourrait d'épuisement. Il posa sa main sur sa joue avec tendresse et Bara ouvrit les yeux et les plongea dans les siens. Il n'était plus sous son apparence d'Oni.

Chizuru revint avec le poignard et le tendit à Shiranui qui l'attrapa. Il plongea son regard dans celui de Bara et attendit qu'elle hoche la tête pour confirmer qu'elle était prête. Ce qu'elle fit avec difficulté, engourdie par le froid et la fatigue.

- Respire, dit-il alors avant d'entailler son ventre.

Bara hurla malgré ses dents serrées sur le morceau de bois qui craqua légèrement dans sa mâchoire. Chizuru lui attrapa la main afin qu'elle puisse serrer aussi fort qu'elle le voulait. Bara avait une poigne puissante malgré ce qu'il y paraissait. Mais peu à peu, sa main cessait de serrer jusqu'à lâcher prise. Chizuru jeta un coup d'oeil à Shiranui qui venait de sortir l'enfant du ventre de Bara et le lui tendait.

Elle attrapa immédiatement une serviette propre et enveloppa le bébé dedans.

- Shiranui-san, commença-t-elle.

- Occupe-toi de lui ! Ce n'est pas terminé.

Il l'ignora ensuite complètement, reportant son attention sur Bara. Les battements de son coeur étaient à peine perceptibles. Elle lâchait prise. Shiranui ferma les yeux. Devait-il la laisser partir en paix ? Son coeur se serra. Il était près à mourir si cela pouvait empêcher sa merveilleuse princesse de souffrir.


Bara sentait une brise légère sur son visage, mais elle ne parvenait pas à ouvrir les yeux. Elle sentait presque une main caresser sa joue. Un léger éclat de rire raisonna à ses oreilles.

- Bara, tu peux te reposer maintenant…

- Sôji...

Elle était prête à lâcher prise, mais quelque chose lui criait qu'elle ne devait pas. Elle ne savait pas quoi, mais une étrange sensation s'emparait d'elle. Comme si elle abandonnait quelque chose, comme si elle avait perdu une partie d'elle. Elle avait beau essayer de se souvenir, rien ne parvenait à lui revenir.

- Tu t'es assez battue, Bara, tu as le droit de te reposer maintenant, continuait la voix de Sôji, tentante à souhait.

Oui, elle avait bien le droit de se reposer. Ce n'était plus son combat, elle avait le droit de partir, n'est-ce pas ? Elle se battit un moment avec le partie d'elle qui refusait de succomber, de partir, qui se battait encore avec vigueur pour retrouver quelque chose, quelqu'un… sa mémoire, son passé.

Son passé ? Avait-elle vraiment un passé ? Elle ne se souvenait de rien. Après tout, peut-être n'aurait-elle jamais dû exister… peut-être était-elle une simple anomalie du destin. Elle devait partir, Söji l'attendait, n'est-ce pas ? Oui, il l'attendait, et elle allait le retrouver…

Lentement, elle lâcha prise, se libérant de tout ce qui pouvait avoir attrait à la douleur. Se libérant de tout. Elle était libre, et elle pouvait enfin s'en aller...


Chizuru revint dans le salon pour voir Shiranui en pleine hésitation. Elle tenait l'enfant dans ses bras et ne savait pas trop quoi faire. Elle fixa Bara un instant avant de comprendre qu'elle était en train de mourir. Elle regarda de nouveau Shiranui, paniquée. Pourquoi ne faisait-il rien ? N'avait-il pas un devoir quelconque de la protéger ? Elle allait ouvrir la bouche pour lui parler, le secouer un peu, mais elle n'en eut pas le temps.

La porte s'ouvrit sur Sanosuke qui se précipita vers Chizuru. Il remarqua l'enfant qu'elle serrait contre elle et se tourna vers l'endroit où se trouvait Bara pour y découvrir Shiranui. Il était soulagé que ce dernier soit finalement venu. Cependant, quelque chose clochait. Bara semblait mourante, et Shiranui ne bougeait pas, n'essayait même pas de la sauver.

Il demanda à Chizuru de monter dans leur chambre avec l'enfant et s'approcha de Shiranui. Ce dernier ne leva même pas les yeux vers lui. Sanosuke s'arrêta devant lui et attendit que quelque chose se passe, que Shiranui réagisse.

- Pourquoi ne la sauves-tu pas ? demanda-t-il alors.

- Parce que si je la sauves… elle souffrira… c'est mieux ainsi, murmura Shiranui.

- Et tu pourrais vivre ainsi en sachant que tu l'as laissée mourir ?! s'écria Sanosuke.

Shiranui le fusilla du regard. Sanosuke ne s'y était tellement pas attendu qu'il se figea de surprise.

- Tu ne sais rien d'elle, rien de moi, rien de ce que nous avons pu endurer !

- Alors tu vas la laisser mourir comme ça, et laisser également la mort te prendre, railla Sanosuke.

- Comment as-tu deviné ? demanda Shiranui après un instant de silence.

- Ce n'est pas compliqué à deviner que tu es lié à elle… répondit le lancier. Tu lui as effacé la mémoire pour qu'elle ne se souvienne plus de toi, mais qui te dit qu'elle voulait cela ? Elle a le droit de choisir, et tu as le devoir de lui laisser ce choix.

Shiranui resta muet, immobile. Il lâcha un cri d'irritation. Il détestait quand un simple humain avait raison sur son compte et lui faisait la morale. Il manquait de courage, et ça l'énervait. Quand avait-il perdu ce courage, cette soif de vie et sa combativité ?

Il attrapa de nouveau son poignard et s'ouvrit les veines du poignet gauche. Il aspira son sang avant de se pencher rapidement sur Bara et de le lui donner par bouche à bouche. Le temps sembla s'arrêter. Il espérait qu'il n'avait pas trop tardé. Son courage avait vacillé un instant et Sanosuke en avait profité pour le faire changer d'avis et sauver cette femme. Il maudit sa lâcheté tandis que son sang se répandait en Bara pour lui permettre de survivre. Ce sang qui allait desceller sa mémoire et lui ouvrir les portes de son passé. Il se redressa ensuite alors que sa blessure se refermait.

- Pardonne-moi Soren… Je suis trop égoïste pour te laisser partir… souffla-t-il, plein de détresse.

Il se releva ensuite et commença à partir. Sanosuke lui barra la route. Shiranui n'en fut que plus irrité.

- Tu l'abandonnes encore ? demanda Sanosuke.

- Tu ne comprends pas, soupira Shiranui. Tout ce qui lui est arrivé de mal est de ma faute… si seulement j'avais eu plus de courage… Je ne peux pas rester ici.

Il disparut sans que Sanosuke ne puisse faire quoi que ce soit. Il en avait appris plus que ce qu'il pensait. Certes il avait toujours eu cet instinct qui lui disait que Shiranui et Bara avaient un lien particulier. Mais ce à quoi il ne s'était pas attendu, c'était la douleur dans les yeux de cet Oni qui semblait pourtant si sadique et sarcastique au quotidien.

Shiranui cachait encore ses blessures. Mais Sanosuke pouvait comprendre pourquoi Shiranui ne pouvait pas rester auprès de Bara. S'il était celui qui lui avait causé tant de malheur, il était naturel que le remord et la culpabilité le rongent et qu'il ne puisse supporter de se tenir près de Bara.

Sanosuke soupira et regarda Bara qui dormait. Sur son ventre ne demeurait qu'une cicatrice rosée. Le sang de Shiranui l'avait sauvée. Mais à quel prix ? Peut-être Bara souffrirait-elle atrocement ? Que c'était-il passé avant qu'elle ne perde la mémoire ?

Il l'a recouvrit de couvertures pour qu'elle ne prenne pas froid et monta se coucher. Il était épuisé et se sentait mal par rapport à toute cette histoire.


Bara allait ouvrir les yeux et marcher vers la voix qui l'appelait, mais quelque chose l'arracha soudain à cette sérénité. Elle plongea dans un tunnel sombre pour se retrouver au milieu d'une bataille faisant rage. Elle hurla.