Voici le chapitre 15 de cette fanfiction. Pour ceux qui la suivent depuis un moment, je vous remercie. J'ignore ce que vous pensez de cette histoire puisque je n'ai que peu de retours, de commentaires, pour savoir si ce que je fais est bien ou non. Je suis un peu perdue. Je sais que c'est chiant, mais ça prend à peine une minute pour laisser un commentaire et donner vos impressions. Mais je ne peux pas vous forcer à le faire alors je suppose que je dois m'y résoudre.
Je vous souhaite une bonne lecture, bien que j'ignore si elle sera satisfaisante. A bientôt.
Je rappelle que les personnages de cet univers ne m'appartiennent pas, mis appart ceux que vous ne connaissez pas.
Chapitre 15
Fugue
Hanabi observa sa jeune soeur qui se tenait anormalement tranquille, cherchant à comprendre la raison de ce soudain changement de comportement. Sa jeune soeur ne semblait même pas s'en rendre compte, elle regardait le ciel, la nature d'un regard absent alors que leur gouvernante tentait de lui expliquer qu'elle devait à présent se comporter comme une lady.
Hanabi posa son ouvrage pour s'approcher de sa soeur qui ne bougea pas d'un cil. Elle ne fut cependant pas surprise quand une main se posa sur son épaule. Elle posa tout simplement son regard encore si innocent sur sa soeur. Cette dernière s'assit à côté d'elle alors que la gouvernante, lasse d'être ignorée quitta la pièce.
- Qu'est-ce qui te tracasse ? demanda-t-elle.
- Hein ? Mais rien du tout, se reprit-elle, se fermant hermétiquement comme une huître.
Hanabi soupira. Sa soeur ne lui faisait pas assez confiance pour lui parler ouvertement apparemment. Pourtant elle s'était crue proche de cette petite soeur. Seulement... pas suffisamment pour que cette dernière se confit à elle à coeur ouvert sur ce qui semblait la troubler.
Hanabi tourna la tête vers le côté pour apercevoir une silhouette adossée à un arbre au coin de la cour. Shiranui ne lâchait pas Soren d'un pas. Il la surveillait toujours, même lorsqu'il avait les yeux fermé et qu'il semblait réfléchir.
Elle leva la tête vers le ciel, respirant l'air frai. Elle était assise avec sa soeur sur les marches menant à cette cour intérieur où elles avaient si souvent joué avant l'arrivée de Shiranui pour la protéger. Elle avait ensuite commencé à s'éloigner d'elle. Mais Hanabi espérait pourtant retrouver sa soeur, cette complicité qui lui manquait tant.
- Qu'as-tu l'intention de répondre à Kazama ? demanda-t-elle finalement.
Soren se raidit un peu à l'entente de ce nom et du sujet qu'il impliquait. Bien entendu, leur père y tenait particulièrement, bien qu'elle n'en sache pas vraiment la raison. Pourquoi voulait-il à tout prix la marier à un puissant de leur espèce ? Après tout, Hanabi étant la plus âgée, c'était à elle de se marier en premier. Les raisons de ce mariage arrangé échappaient à Soren, mais pas à Hanabi.
- Peux-tu me dire pourquoi il tient tant à me marier à cet Oni ? s'enquit-elle en se laissant tomber sur le dos, un bras couvrant ses yeux.
- Notre père ne cherche qu'à te protéger, Soren...
- A oui ?! Tu ne crois pas plutôt que c'est un mariage dans l'intérêt du clan, de sa puissance et de son influence ?
Hanabi la regarda avec des yeux ronds. Il est vrai qu'aux yeux de Soren cela pouvait apparaître de cette manière. Mais Hanabi connaissait suffisamment leur père pour savoir que le pouvoir et l'influence de leur clan ne justifiait pas le sacrifice d'une fille. De plus, il n'avait nul besoin de plus de puissance et son influence était largement suffisante sur les autres clans.
- Kazama Chikage est puissant. Et je suis sûre que sous son apparente froideur, il peut-être quelqu'un de charmant...
- Mais...
- Toutefois, la coupa-t-elle. La décision t'appartient et si tu ne veux pas de lui, tu n'as pas à te soumettre, conclut-elle. Je veux que tu fasses tes propres choix, que tu sois heureuse. Le clan saura très bien s'occuper de lui-même.
Soren ne comprit pas trop où voulait en venir Hanabi et cette dernière ne lui laissa pas le temps de lui poser des questions. Elle se leva et la laissa seule, jetant un coup d'oeil à Shiranui. Elle était sûre que sa soeur avait choisit Shiranui. Mais elle ne pouvait pas non plus l'affirmer. Cela restait cependant la plus logique des conséquences mais aussi des causes qui l'empêchaient de donner une chance à Kazama.
- J'imagine que je n'ai aucune chance, n'est-ce pas ? fit une voix traînante.
- Je ne voudrais pas vous donner de faux espoirs en prétendant le contraire, sourit-elle gentiment à Kazama. Je sais l'estime que vous portez à ma jeune soeur, mais elle ne voit pas plus loin que votre masque d'insensibilité.
Il sourit, amusé avant de commencer à s'éloigner. Elle le regarda un moment en silence avant de finalement se décider à le rappeler. Il s'arrêta à l'entente de la voix de cette belle Oni. Il se tourna vers elle, le regard inquisiteur.
- Avez-vous vraiment des sentiments pour ma soeur ?
- Possible... mais cela importe peu, elle a déjà fait son choix.
- Que voulez-vous dire ? s'enquit-elle.
Etait-il possible qu'elle ait tout bon ? Que Shiranui et Soren soient amants ? Si Kazama pouvait le confirmer, elle n'aurait plus aucune hésitation.
- Cela se voit comme le nez au milieu du visage, répondi-til seulement avant de disparaître, mettant fin à ce semblant de conversation.
- Je refuse, affirma-t-elle devant tous.
Kazama la fixa de ses yeux carmin avant d'avoir un sourire narquois. Ainsi donc les rumeurs étaient vraies, elle s'était entichée de Shiranui. Et apparemment, elle ne se laisserait pas faire et n'accepterait personne d'autre que cet Oni qui avait toujours veillé sur elle. Il donnerait cher pour voir la tête de Kazuki lorsqu'il apprendrait que sa cadette s'était donnée à un Oni en qui il avait toute confiance et qui l'avait trahi.
- Soren, que dis-tu ? demanda son père. Tu ne veux pas réfléchir un peu plus... Tu pourrais...
- Non, réfléchir plus ne servirait à rien, je ne changerai pas d'avis, répliqua-t-elle en évitant soigneusement de regarder en direction de Shiranui.
Kazama s'inclina avec un sourire qui en disait long sur ce qu'il pensait et surtout, sur ce qu'il savait. Il s'approcha d'elle pour lui murmurer à l'oreille, tout bas pour que personne d'autre qu'elle ne l'entende :
- J'ai perdu cette bataille, mais la guerre ne fait que commencer.
Soren se figea alors qu'il s'écartait avec un sourire amusé. Il partit alors sans se retourner sous les yeux du clan de Soren. Hanabi vint immédiatement à son côté et lui prit la main de sa soeur pour la serrer fort. Quand Soren releva les yeux, elle aperçut le regard bien veillant d'une soeur qui était pour elle comme une mère.
Son père, par contre, c'était une autre histoire. Il semblait irrité. Soren fit un pas vers lui quand il lui signifia de ne pas approcher en levant la main. Son regard se détourna d'elle et il partit à son tour. Soren se sentit soudain très mal. Venait-elle de décevoir ce père qui s'était montré si clément, si permissif avec elle ? Elle en avait les larmes aux yeux, si bien qu'elle se précipita hors de la salle pour courir vers les bois sans que sa soeur ne puisse la retenir.
- Soren ! l'appela-t-elle.
- Je m'en occupe, murmura une voix à côté d'elle.
Elle se tourna vers Shiranui que s'apprêtait à partir à la suite de sa jeune soeur. Elle lui attrapa le bras pour le retenir et ficha son regard dans le sien pour le jauger. Il se força à ne pas fuire l'inquisition de cette Oni, mais son malaise se voyait suffisamment pour que Hanabi le ressente.
- Ma soeur vous a choisi, Shiranui Kyô, déclara-t-elle tout bas après avoir vérifié que personne ne pouvait les entendre. Son choix n'est pas anodin. Elle a su déceler quelque chose en vous que d'autres n'ont pas réussi à voir. J'ose espérer qu'elle ne s'est pas trompée.
La menace sous-entendue de ses paroles ne mit pas longtemps à monter à son esprit. Il l'analysa avec calme. Certes il aurait pu rire au nez de cette Oni qui ne saurait même pas se défendre si quelqu'un l'attaquait, mais il se garda de le faire. Hanabi avait ce côté bienveillant dés lors que cela touchait Soren. Si Soren l'avait choisi lui, elle ne lui ferait jamais de tord impunément.
- J'ignore ce qu'elle a su voir en moi, dit-il doucement. Mais je ne laisserai personne lui faire du mal.
- Sont-ce là les paroles du garde du corps, ou bien celles de l'amant ? s'enquit-elle sans pour autant le lâcher.
Shiranui resta silencieux. Bien entendu, il restait son garde du corps et la protégerait quoi qu'il arrive. Il ne pouvait pas le nier. Mais ce n'était pas la seule chose. Il se libéra de l'emprise de la femme et s'éloigna avant de s'arrêter. Il n'avait pas de compte à lui rendre, mais il voulait cependant que les choses soient claires.
- Je suis son protecteur, c'est mon devoir de la protéger. Il est heureux que ce devoir face mon bonheur... conclut-il avant de disparaître.
Hanabi resta immobile, silencieuse à le regarder s'échapper de son champ de vision. Elle se prit à sourire, les larmes dévalant ses yeux. Sa soeur serait toujours en sécurité tant que Shiranui serait près d'elle. Quoi qu'il puisse arriver, elle ne serait pas seule. Restait maintenant à convaincre son père du bienfait de cette union. Le plus dure serait de le lui avouer tout en sachant qu'il serait mit devant le fait accompli. Soren n'avait pas demandé son autorisation, ce qui risquait grandement de rendre le résultat plus désastreux.
Shiranui s'arrêta à quelques mètres d'une silhouette recroquevillée sur elle-même, le corps secoué de sanglots. Il soupira et s'approcha lentement d'elle avant de s'agenouiller près d'elle et de passer son bras sur ses épaules. Elle se blottit immédiatement contre lui, pleurant sur son épaule. Il resta silencieux, la serrant contre lui tout en lui caressant les cheveux et le dos.
- Il ne me pardonnera jamais, sanglota-t-elle.
Shiranui grimaça. Il ne pouvait pas la contredire, nier l'évidence. Il connaissait suffisamment Kazuki pour savoir que ce dernier n'aimait pas que l'on se joue de lui. Il aurait presque regretté cet amour qui les liait. Mais à sentir ce corps tiède blottit contre lui, il en oublia tous regrets. Il irait voir le seigneur et lui expliquerait tout.
- Je vais lui parler, et tout lui dire, murmura-t-il.
- Non ! s'écria-t-elle en agrippant ses vêtements. Il te tuerait...
- S'il le faisait, tu pousserais toi aussi ton dernier souffle, souffla-t-il.
- Mais ça il ne le sait pas, répondit-elle.
Elle se redressa et prit le visage de son amant entre ses mains pour le forcer à la regarder dans les yeux. Elle semblait paniquée à la simple idée qu'il aille parler à son père. Elle en tremblait presque. Cette vision lui fit mal. Il n'aimait pas la voir pleine de détresse, l'implorant ainsi.
- Tu n'aurais même pas le temps de le lui dire... conclut-elle. Kyô, je t'en supplie, ne fais pas ça...
Entendre son prénom sortir des lèvres de celle qu'il aimait fit battre douloureusement son coeur. C'était la première fois qu'elle l'appelait ainsi, non ? Des lèvres se posèrent sur les siennes, lui faisant perdre le fil de ses pensées alors qu'il répondait à ses avances.
- On va partir, tous les deux, murmura-t-elle après leur échange. Rien que nous deux.
- Tu abandonnerais ton clan ? fit-il à la fois surpris, déconcerté et pourtant heureux. Pour moi ?
- Pour nous, Kyô.
Il resta interdit un moment. Fuir était contraire à son code moral, son code d'honneur. Il était plus que défavorable à cette idée. Pourtant, si c'était pour cette beauté à la chevelure sombre aussi douce que de la soie, et aux yeux d'émeraude hypnotiques, il était près à faire abstraction de toutes ses valeurs.
- Kyô ? l'appela-t-elle alors qu'il semblait lointain.
- D'accord, souffla-t-il. Je n'aime guère l'idée de prendre la fuite, mais si c'est pour ton bonheur, je suis d'accord.
Soren passa l'après-midi dans sa chambre, penchée sur du papier à écrire. Elle ne savait pas trop par où commencer. Sa soeur avait le droit de connaître la vérité, même si elle se doutait que cette dernière avait deviné une bonne partie de tout ceci. Toutefois elle se devait de tout lui dire. Bien que ce ne soit pas un aveux fait de vive voix, elle espérait que sa soeur ne lui en voudrait pas de laisser de simples mots sur un bout de papier pour tout lui raconter.
Mais oserait-elle lui laisser cette lettre ? Comment réagirait sa soeur de savoir qu'elle n'a pas été capable de lui parler en face ? Soren posa son pinceau à côté d'elle et se prit la tête dans les mains. Toutes ses peurs, ses indécisions, tournoyaient dans son esprit et lui donnait un mal de crâne insupportable. Elle se décida finalement à signer son aveux avant de changer d'avis.
Elle enroula le papier et le scella avant de se relever. Quand sa soeur lirait ce mot, Shiranui et elle seraient déjà loin. Elle prit le rouleau dans sa main et se dirigea vers la chambre de sa soeur. Comme elle s'en doutait, cette dernière n'était pas là. Hanabi supportait grandement leur père pour toute l'administration et diriger la maisonnée. Elle se prélassait donc très rarement.
Elle posa le message sur le bureau de sa soeur et, lentement, sortit de la chambre. Personne dans les couloirs ne put témoigner de son passage dans la chambre de son aînée. Elle retourna donc dans sa chambre et prit ses bagages, un stricte minimum. Elle avait décidé de prendre quelques affaires, de l'encre, un pinceau et du papier pour écrire, une brosse ainsi que le peigne à cheveux qui appartenait à sa défunte mère, ses armes, et quelques babioles qui lui tenaient à coeur.
Elle se dirigea ensuite vers l'extérieur, passant par des passages discrets où personne ne pouvait la repérer. Elle connaissait ce château dans ses moindres recoins : ses passages secrets, ses pièces cachées, la moindre fissure, la faiblesse de certains murs et la dureté d'autres. Ce château allait lui manquer. Lui et tout ce qui s'y rattachait de près ou de loin. Soren laissait derrière son passé, son enfance, ses origines... son clan.
Le regret lui arracha quelques larmes qu'elle effaça rapidement de ses joues comme si elles n'avaient jamais existé. C'était son choix, elle n'avait pas à en avoir honte, ni à en rougir. Elle avait choisit de vivre comme elle le désirait, même si cela ne plaisait pas à certains et que cela allait à l'encontre de ses devoirs envers son clan, et son peuple.
Une fois à l'air libre, Soren ferma les yeux, savourant le vent frai qui venait caresser ses joues tel un amant passionné. C'était ça... elle avait choisi la liberté. Avec un sourire, elle se dirigea vers Shiranui qui l'attendait un peu plus loin, adossé au tronc d'un arbre.
Comme toujours il avait fermé les yeux, laissant ses autres sens se déchaîner. Il réfléchissait peut-être. Mais même si c'était le cas, le bruit de ses pas lui fit relever la tête et ouvrir ses yeux mauves qu'il posa immédiatement sur elle.
Soren s'approcha encore et vint se blottir contre lui, savourant la force de ses bras qui se refermaient sur elle comme un cocon la protégeant du monde entier. Ils restèrent ainsi un moment, immobiles et silencieux, cachés aux yeux de tous. Puis, Shiranui l'éloigna légèrement de lui pour plonger son regard dans le sien.
- Es-tu sûre que c'est ce que tu veux ? demanda-t-il en prenant ses mains.
- Oui, affirma-t-elle.
Il devait le reconnaître, aucun doute, aucune hésitation ne perçait dans sa voix. Elle était décidée et il ne la ferait pas changer d'avis. Il soupira avant de lui sourire. Après tout, que ne ferait-il pas pour cette Oni impossible qu'il aimait plus qu'il ne pouvait l'imaginer ?
- Allons-y, souffla-t-il en prenant à nouveau sa main.
Ils se mirent en route, marchant en silence, dans la nature, s'éloignant à chaque pas du clan impérial... du clan de Soren. Mais avant qu'ils ne soient bien loin, une odeur se fit sentir, une odeur qui leur prit les narines et qui embrasèrent leurs sens. Alors l'horreur se lut dans leurs yeux...
