Les personnages de cet univers ne m'apartiennent en aucun cas (exceptés ceux que vous ne reconnaissez pas).

Ceci étant dit, je vous souhaite une excellent lecture et attends avec impatience vos avis.


Merci à toi Harritsu. Je suis ravie que l'histoire te plaise. Pour ce qui est de ton angoisse, je ne peux encore rien te révéler, mais certains indices peuvent te mettre la puce à l'oreille ;) A bientôt !


Chapitre 17

Le coupable idéal


Chizuru tentait de calmer ses peurs en faisant du thé. Soren, du moins, cela semblait être son nom, restait assise dans la salle d'à côté, silencieuse, berçant le bébé. Chizuru revint avec un plateau et le posa avant de s'asseoir elle aussi et de lui tendre une tasse. Soren l'a prit en la remerciant et attendit.

- Qui êtes-vous ? demanda-t-elle finalement.

- Mon nom est Chizuru, Yukimura Chizuru, répondit-elle.

Soren se mit immédiatement sur ses gardes, sur la défensive, comme si ce que venait de dire Chizuru la menaçait. Chizuru la regarda avec des yeux interrogateurs, ne sachant pas trop quoi faire.

- Qu'y a-t-il ? s'enquit-elle.

- Est-ce ton clan qui a décimé le clan impérial ?

Chizuru ouvrit des yeux emplis de surprise. Elle ouvrit la bouche, puis la referma. Soren continuait de la regarder avec circonspection, méfiante comme une louve blessée défendant sa progéniture.

- Je n'ai aucune idée de cela, mon clan a été décimé il y a plus de 10 ans, et j'ai grandi en me pensant humaine.

Soren la jaugea du regard un instant avant de soupirer et de se prendre la tête dans les mains. Tout s'embrouillait dans sa tête. Elle commençait à avoir un mal de crâne. Elle se massa les tempes en fermant les yeux.

- Quel est le dernier souvenir qui te revienne ? demanda-t-elle alors.

Soren grimaça et les larmes lui montèrent aux yeux soudainement. Elle se reprit immédiatement, tentant de mettre ses sentiments de côté. Elle prit une grande inspiration et se lança, lui racontant sa naissance, l'assassinat de sa mère et son enlèvement, l'arrivée de Shiranui dans sa vie, son enfance, son adolescence, l'envie de son père de la marier à Chikage Kazama, son union secrète avec Shiranui... et la nuit fatidique, son clan décimé et sa presque noyade.

- Donc tu ne te souviens pas des années passées auprès du Shinsengumi ? reprit Chizuru.

- Non, souffla Soren.

Chizuru sembla peinée mais entreprit tout de même de tout lui raconter, en commençant pas leur rencontre au Shimabara, son arrivée dans le Shinsengumi, sa relation avec les capitaines du Shinsengumi et plus particulièrement avec Okita Sôji, capitaine de première division. Puis elle lui raconta le marriage contracté avec ce Sôji, et l'insistance qu'elle avait eu de devenir utile au Shinsengumi en devenant un ninja.

Elle fit une pause, prenant une gorgée de son thé pour s'hydrater un peu la gorge avant de conitnuer, de lui raconter ce qui était arrivé au Shinsengumi, de l'insistance dont elle avait fait preuve pour que Chizuru parte avec Sanosuke, la mort de Kondô Isami, la mort de Sôji... et la disparition des autres.

A la fin de son récit, quelques larmes avaient coulé le long de ses joues et Soren paraissait compatir à ses malheurs. Mais elle gardait une certaine distance puisque les souvenirs étaient pour le moment perdu en ce qui la concernait.

- Donc cet enfant... commença Soren.

- C'est ton fils, lui répondit Chizuru. Celui que tu as eu avec Sôji.

Soren en eut les larmes aux yeux. Cette vie qu'elle avait dû reconstruire tandis qu'elle s'était perdue elle-même, avait semblé merveilleuse. Et elle ne s'en souvenait plus. Elle avait honte d'une certaine manière car elle avait trompé Shiranui, son époux, sans le savoir. Comment avait-il réagi ? Une peur s'empara d'elle : Et si jamais Shiranui refusait de la revoir à cause de tout cela ?

- Shiranui vous a sauvé, toi et l'enfant. Et depuis il est repartit on ne sait où... conclut Chizuru.

Cette nouvelle sembla plus peiner Soren que tout ce que lui avait raconté Chizuru avant. Elle se sentait faible, déroutée. Elle ne savait plus qui elle était ou devait être : Soren, héritière du clan Impérial des Onis, ou Bara, simple Oni ayant vécu avec des humains.

- Tu devrais te reposer un peu, tu as peut-être besoin de remettre de l'ordre dans tes idées pour te souvenir... énonça doucement Chizuru avant de rapporter le plateau avec les tasses dans la cuisine.

Quand Chizuru revint, Soren s'était endormie, serrant son fils dans ses bras. Chizuru remonta la couverture sur ses épaules et pria pour que son amie se souvienne, qu'elle lui revienne tout simplement. Elle ne savait pas si elle était heureuse ou non qu'elle ait retrouvé ses souvenirs du passé au détriment de leur vie ensemble.


Il fallut plusieurs semaines de patience pour que Soren finisse enfin par remettre en place tout ces souvenirs qui hantaient ses nuits. Elle n'en revenait pas d'avoir oublié Chizuru, Sanosuke, Sôji, Saitô, Kondô, Hijikata... et tant d'autres. Comment avait-elle pu oublier son enfant ? Et Yamazaki-san ? Cette mémoire perdue et retrouvée dans le sang était emplie de violence et de mort... Sa mémoire de sang.

Elle avait ensuite mit plusieurs jours pour se remettre de ses émotions. La douleur de la perte de Sôji, s'ajoutant à celle de Shiranui, était presque trop grande pour être supportée. Chizuru avait passé des heures et des heures à essayer de la réconforter. Ses maladroits efforts l'avaient quelque peu fait sourire, surtout quand elle l'appelait "Bara-chan" pour se reprendre immédiatement et l'appeler "Soren-chan". Elle trouvait cela un peu amusant.

-Chizuru, tu n'es pas obligé de m'appeler Soren, avait-elle finalement dit. Pour toi et le Shinsengumi, du moins ce qu'il en reste, je resterai toujours Bara.

Cette déclaration avait ému Chizuru aux larmes, si bien qu'elle s'était jetée dans ses bras, la faisant basculer en arrière. Elles en riaient encore quand Sanosuke rentra, épuisé et arborant quelques nouvelles blessures.

- Sanosuke ! s'écria Chizuru en se précipitant vers lui. Tu vas bien ? s'inquiéta-t-elle alors qu'il l'attirait dans ses bras.

- Ce ne sont que des égratignures, souffla-t-il, le visage enfoui dans son cou.

- Je vais te préparer un bain bien chaud, souffla-t-elle en s'éloignant pour se mettre immédiatement au travail.

Sanosuke sourit avant de venir s'asseoir près de Soren qui berçait son fils machinalement, les yeux dans le vague. Sanosuke posa gentiment sa main sur son épaule, captant immédiatement son attention. Il lui sourit tendrement, tel un grand frère à sa petite soeur.

- Comment te sens-tu, Bara-chan ? demanda-t-il.

- C'est plutôt à toi qu'il faudrait poser la question. Regarde-toi, on dirait une épave, fit-elle gentiment.

Il sourit, amusé. Il y avait quelques jours encore, c'était elle l'épave, et maintenant c'était son tour à lui. Il aurait pu rire de la situation, mais il ne trouvait pas les choses si drôle quand il s'agissait du malheur, de la douleur d'une personne qui lui était chère.

- As-tu des nouvelles de Shiranui ? s'enquit-elle au bout d'un moment, ne pouvant plus se retenir.

Sanosuke soupira. Bien évidemment, il s'était attendu à ce qu'elle lui pose des questions à ce sujet. Depuis le temps qu'elle se retenait, il se demandait quand elle allait finalement craquer. Il aurait pourtant préféré qu'elle ne lui pose pas cette question. Il prit son courage à deux mains pour lui annoncer la mauvaise nouvelle.

- Il a disparu, Bara. Même Amagiri ne sait pas où il est mais il continue à le chercher, conclut-il.

Soren baissa le regard sur son fils, tentant de refouler son inquiétude. Si il était introuvable, il ne pouvait y avoir que deux raisons: soit il ne désirait pas qu'on le trouve, soit quelqu'un le retenait captif quelque part. Son instinct la mettait en garde alors qu'elle aurait aimé que ce soit la première option.

- Il doit s'agir de ceux qui ont décimé mon clan, murmura-t-elle. Où se trouve Amagiri ? demanda-t-elle finalement en levant la tête vers Sanosuke.

- Tu crois qu'il aurait une piste sur l'assassinat de ta famille ? s'enquit Sanosuke, perplexe.

- J'en doute, mais il pourrait me conduire à une personne qui pourrait tout aussi bien le savoir... si cette personne n'est pas celle qui en est responsable, fit-elle, le visage sombre.

Sanosuke réfléchit un moment. Soren venait à peine de se remettre de tout ce qui venait de se passer : la naissance de son enfant, la redécouverte de son passé... N'était-il pas un peu trop tôt pour elle de se lancer dans une mission aussi dangereuse ? Son fils venait à peine de naître, il avait besoin de sa mère.

- Bara, je ne te demande qu'une chose, attends un peu avant de te lancer là-dedans. Ton fils a besoin de toi, il devrait être ta priorité, déclara-t-il.

- Je le sais, et je compte le protéger de tout... y compris de ceux qui veulent ma tête, conclut-elle en se levant pour aller se dégourdir un peu les jambes, tenant toujours son fils dans ses bras.

- Bara, la rappela-t-il alors qu'elle allait sortir.

La jeune femme se retourna et posa son regard d'émeraude sur lui. Elle attendit qu'il lui dise ce qu'il avait sur le coeur, patiemment. Elle savait très bien la question qui lui brûlait la langue. Quand enfin il se décida, elle ne cilla pas.

- Qui est réellement Shiranui pour toi ? Qui es-tu réellement ?

Elle ferma les yeux et soupira avant de revenir vers lui et de s'asseoir. Elle pouvait très bien laisser Chizuru tout lui raconter à son sujet, mais elle se sentait redevable à ce lancier qui l'avait sauvée, protégée et qui, au moment où elle allait mourir, avait tout fait pour retrouver Shiranui pour la sauver.

- Tu sais déjà que mon clan a été décimé, déclara-t-elle alors qu'il hochai la tête pour confirmer. Mon clan était le clan Impérial, continua-t-elle. Le clan qui gouvernait les Onis. Je suis la deuxième fille du clan, née sous le nom de Soren. Ma soeur aînée, Hanabi, a remplacé ma mère du mieux qu'elle a pu après la mort de cette dernière, peu de temps après ma naissance.

Sanosuke écoutait, attentif, ce que Soren avait déjà expliqué à Chizuru quelques jours plus tôt alors que ce dernier n'était pas encore revenu d'Edo, ou plutôt Tokyo à présent. Elle s'assura qu'il comprenait bien ce qu'elle venait de lui dire avant de continuer.

- Ma mère a été tué lorsque j'ai été enlevée, tout bébé. A ce jour, je ne connais toujours pas la raison de cet enlèvement ni le but qu'il devait servir. Toujours est-il que mon père, jugeant le danger trop grand, m'a assigné un garde du corps. C'est à ce moment que je l'ai rencontré, Shiranui Kyô. Pour moi il avait toujours été "Shira-chan", sourit-elle en repensant à son enfance.

Sanosuke devait sûrement comprendre maintenant. Certes il avait eu des doutes auparavant quand il l'entendait hurler ce nom, mais à présent, comment pouvait-il ne serait-ce qu'en douter ? Shiranui avait toujours été son garde du corps, et même alors qu'ils se bataient dans des camps ennemis, il continuait à la protéger malgré les risques que cela lui faisait prendre.

- J'ai grandi, Shira-chan toujours à mes côtés. Il m'a apprit à me battre, à me défendre contre les attaques que j'étais susceptible de recevoir. J'étais à peine sortie de l'adolescence, quand je compris qu'aux yeux de tous, j'étais pressentie pour prendre la tête du clan après mon père. C'est sans doute pour cette raison qu'il m'annonça alors qu'il m'avait choisi un époux, continua-t-elle. Cet époux était Kazama Chikage, un Oni plus que respecté et très puissant.

Le silence se fit. Soren reprenait son souffle et Sanosuke n'osait pas l'interrompre en posant une question. Alors il attendit qu'elle reprenne.

- Je l'ai repoussé... trois fois il me semble. Mon père en a été furieux. J'ignore pourquoi il voulait absolument que j'accepte Kazama. Ce n'était certes pas pour sa "charmante personalité", et d'autres Onis pouvaient l'égaler. Avait-il confiance en lui pour une raison que j'ignore ? Peut-être. Était-ce pour me protéger ? Même aujourd'hui cela reste un mystère.

Elle fit une autre pose, reprenant à nouveau son souffle et se demandant comment continuer son histoire. Il y avait peu de choses qu'il devait ignorer à présent. Il était suffisamment intelligent pour avoir compris et assemblé les pièces du puzzle.

- Tu a dû sûrement comprendre pourquoi j'ai repoussé Kazama avec temps d'ardeur, reprit-elle.

- Tu aimais Shiranui, souffla-t-il.

- Oui, sourit-elle. Depuis enfant je l'avais admiré. En grandissant, je m'étais rapprochée de lui en tant qu'amie, même s'il m'a longtemps repoussée. Puis j'ai réalisé que je l'aimais. Pour moi c'était lui ou personne. Quand il a finalement accepté mes sentiments, après beaucoup de refus, rigola-t-elle, nostalgique, nous avons décidé de nous enfuir tous les deux.

Ses yeux se voilèrent de chagrin et Sanosuke comprit que ce qu'il se passa après avait dû être horrible. Son clan avait été entièrement décimé, et elle avait été séparée de Shiranui. Elle avait perdu la mémoire et s'était retrouvée au Shimabara où il l'avait rencontrée.

- Alors Shiranui est ton époux, comprit-il. Ce qui signifie que si tu es à la tête du clan Impérial, il l'est également. Peut-être l'a-t-on enlevé pour cette raison.

- Non, personne n'était au courant de notre union. Et tout le monde me croit morte.

- Te croyait morte, corrigea Sanosuke. Kazama a tout découvert, ce qui veut dire qu'Amagiri le sait également.

Soren réfléchit un moment. Elle savait que c'était l'oeuvre d'un clan qui devait jalouser la place que le clan Impérial avait occupé. Elle avait toujours été convaincue qu'il s'agissait de Kazama. Pourtant, elle n'en était plus si sûre. Il aurait eu mille occasions de la tuer, et il ne l'avait pas fait. Toutefois, elle restait quand même sceptique. Kazama lui cachait quelque chose. Amagiri, lui, venait d'un clan modeste qui ne portait aucune jalousie néfaste pour son clan. Mais elle pouvait aussi se tromper.

- Kazama est sans doute le seul Oni à être au courant pour Shiranui et moi, souffla-t-elle. Il faut que j'aille lui parler...

- Pas tout de suite, Bara. Tu dois encore te reposer et réfléchir calmement. Attends que ton fils grandisse.

- Shiranui n'a peut-être pas tout ce temps devant lui ! se rebella-t-elle. Si mes ennemis le détiennent et savent pour notre union, ils le tueront.

- Pourquoi ? s'enquit Sanosuke, un peu perdu.

- Parce que s'ils le tuent, je mourrai au même instant que lui, avoua-t-elle d'une voix macabre.


Avec l'insistance du couple, Soren avait accepté de repousser sa quête personnelle jusqu'à ce que son fils soit assez grand. Elle n'avait pas trop peur à ce sujet, les Onis grandissaient rapidement. Dans quelques semaines, son fils marcherait, puis apprendrait à courir, bondir... Il apprendrait à parler aussi très rapidement. Cependant, elle restait toujours dans la peur qu'on lui arrache Shiranui.

Cela, Sanosuke et Chizuru le voyaient très bien même s'ils n'en parlaient pas devant elle. Ils étaient toujours heureux de s'occuper d'elle et de son fils, Isami. Comme elle l'avait promis à Kondô, elle avait nommé son fils après lui. Elle savait que Sôji aurait été d'accord, bien qu'ils n'en aient jamais parlé tous les deux.

Malgré les réticences de Sanosuke, il avait dû capituler et avait accepté de l'emmener avec lui quand il devait aller en ville pour régler des problèmes. Elle avait mis en avant le fait qu'elle manquait d'exercice et devait garder la main. Il n'avait certes pas pu réfuter cet argument là et il fut convenu que Chizuru s'occuperait d'Isami et de la maison. Soren lui en était d'ailleurs très reconnaissante et ne manquait pas de lui ramener à chaque fois un petit présent pour la remercier.

Si Sanosuke s'était d'abord inquiété de la laisser se débrouiller seule dans son coin pour rattraper un bandits tandis qu'il pourchassait les autres, il avait bien vite compris que tout l'entaînement que Yamazaki lui avait fait subir, sans oublier celui de Shiranui, la rendait plus qu'à même de se débrouiller seule.

Il était loin le temps où il devait la protéger des blessures, des enlèvements, de tout. Il se souvenait encore du regard que Shiranui avait eu lorsqu'elle avait hurler "Shira-chan" lorsqu'ils se battaient. Certes à ce moment elle avait perdu plus où moins connaissance et ne savait plus qui il était, mais le regard que Shiranui avait eu, il s'en rappelerait toujours : espoir, tristesse, mélancolie, soulagement et, maintenant il le comprenait, amour. Si seulement il avait pu le comprendre à ce moment, il aurait sû qu'elle n'aurait jamais été plus en sécurité qu'à ses côtés.

- ... Ou peut-être pas, lui dit-elle alors après qu'il lui ait fait part de ses réflexions tandis qu'ils se mettaient en route pour rentrer chez eux.

- Pourquoi ça ? s'enquit-il.

- Pour tous les Onis, j'étais morte, donc aucune raison pour eux d'envoyer des chasseurs de têtes à mes trousses.

- Sauf que Kazama t'as reconnue, contra-t-il. Alors il est possible que quelqu'un ait eu vent de ta survie.

Soren secoua la tête. Elle voyait où il voulait en venir. Étant toujours fondamentalement capitaine du Shinsengumi, du moins dans son coeur, elle pouvait comprendre qu'il entretienne une haine assez grande à l'encontre du trio Oni qui les avait si souvent attaqués. Cependant, il avait quand même commencé à apprécier Shiranui durant leurs multitude de combats, que ces derniers les opposes ou en fasse des alliés.

- Kazama n'en a pas parlé tout de suite à Amagiri ou Shiranui, et je comprends pourquoi avec le recule. Je l'ai peut-être repoussé par le passé, mais cela ne veut pas dire qu'il soit mon ennemi.

- Mais tu n'en sais rien, réprit Sanosuke.

- C'est vrai, mais il a eu mille occasions de me tuer. Et il l'aurait fait... s'il l'avait voulu, répondit-elle.

Sanosuke n'eut rien à redire là-dessus. Kazama avait réussi à l'enlever lors d'une mission qu'elle avait effectuée avec Yamazaki, et elle était revenue très épuisée, certes, mais indemne. Elle avait réussi à se sauver grâce à la dispute entre Shiranui et Kazama, et Shiranui l'avait une nouvelle fois sauvée avant de lui indiquer la direction vers laquelle marcher.

- Donc selon toi, il n'est pas celui qui a anéanti ton clan ? demanda Sanosuke en faisant une pause dans leur marche, permettant ainsi à son amie de s'asseoir sur un rocher, tandis qu'il s'appuyait sur sa lance.

- Je ne pense pas. Je veux dire... il est le parfait suspect, mais ça ne colle pas avec sa personalité. C'est un Oni qui a des valeurs bien ancrées au plus profond de lui. Décimer le clan Impérial aurait impliqué qu'il s'égare de la voie du Oni. Il est trop fier pour ça.

- Tu penses qu'un autre clan essaye de lui faire porter le chapeau ?

Soren acquiesça avant de balancer ses jambes devant elle pour se laisser tomber du rocher et retomber sur ses pieds, prête à reprendre sa route après ces quelques minutes de pause. Ils marchèrent de longues minutes dans le silence, chacun perdu dans ses pensées avant que, ne pouvant plus se retenir, Sanosuke ne demande :

- Mais qui aurait intérêt à renverser ton clan tout en mettant cela sur le dos du clan Kazama ?

- Je n'ai pas encore de réponse. Le Clan Yukimura aurait pu avoir usage de tout cela, mais il a lui aussi été anéanti, réfléchit-elle.

- Tu penses qu'il y a un lien entre les deux clan décimés ?

Soren réfléchit un moment. Certes le Clan Yukimura avait été un clan suffisamment puissant pour que son père demande parfois des conseil à celui qui était à sa tête. Non, le clan Yukimura avait été anéanti pour une autre raison et par d'autres personnes. Le Clan Yukimura avait refusé d'aider les humains dans leur guerre, alors ils l'avaient anéanti avec beaucoup de mal, mais ils avaient réussi. Tandis que le Clan Impérial, n'avait pas été anéanti par des humains, mais par des Onis. Pourtant, quelque chose clochait, mais elle n'arrivait pas à savoir quoi...


Fin du Dix-septième Chapitre