Salut à tous, je sais que ça fait un long moment que je n'ai pas ppubliéde chapitres pour cette histoire. J'en suis vraiment désolée. Mais rassurez-vous, je n'ai en rien abandonné. Voici donc le dix-neuvième chapitre de cette histoire et aussi l'avant-dernier. Et oui, cette histoire touche à sa fin. Je vous souhaite donc à tous une bonne lecture et vous remercie de m'avoir suivie et soutenue aussi longtemps. Vous êtes mes héros !
Chapitre 19
Il est temps
La nuit venait de tomber quand ils arrivèrent finalement à destination. Isami dormait profondément dans les bras de sa mère, épuisé par le voyage. Lentement, avec une précaution infinie pour ne pas le réveiller, Soren glissa de sa monture pour mettre pied à terre, aidée par Sanosuke. Ce dernier allait ouvrir la bouche pour lui proposer sans doute de rester avec elle jusqu'à ce qu'elle retrouve Mitsu quand elle secoua la tête.
- Chizuru doit t'attendre. Retourne auprès d'elle, Sano. Tout ira bien pour moi, ne t'en fais pas.
- C'est justement lorsque tu me dis ça que généralement je te retrouve pleine d'égratignures et de blessures, marmona-t-il.
- Je te promets que rien ne m'arrivera. Ni à moi, ni à Isami, lui dit-elle sérieusement.
Sanosuke la fixa un moment du regard avant de finalement soupirer en secouant la tête. Quelque chose lui disait qu'il allait le regretter. Mais il ne pouvait pas aller à l'encontre de cette jolie tête de mule. Quand Soren avait décidé quelque chose, rien ne pouvait la faire changer d'avis.
- Très bien, mais s'il y a le moindre problème, promets-moi de revenir, conclut-il.
Soren grimaça. Ce n'était pas qu'elle ne voulait pas habiter chez eux, mais... Si elle restait trop longtemps, Kazama risquerait de s'en prendre à eux pour l'atteindre elle. De plus, elle ne voulait pas perturber un instant de plus la vie de couple que ses deux amis avaient eut autant de mal à s'octroyer.
- J'y réfléchirai, répondit-elle simplement avant de s'éloigner avec un sourire et un petit signe de la main.
Sanosuke jura entre ses dents avant de se résigner. Elle y réfléchirait, c'était déjà ça. De toute façon, il ne pouvait pas espérer tirer plus de promesses de la part de cette jeune femme. Il comprenait qu'elle avait sa propre vie à mener, et aussi ses propres quêtes à achever. Il ne pouvait indéfiniment pas être avec elle à chaque pas qu'elle faisait.
- Prends bien garde à toi, Bara... souffla-t-il tout bas avant de remonter en scelle.
Il attrapa ses rênes et celle de l'autre cheval avant de faire demi-tour et de partir au grand galop. Sa femme l'attendait et il n'avait que trop tardé. Plus vite il serait rentré, plus vite il pourrait rassurer Chizuru et lui changer un peu les idées.
Soren marcha un moment jusqu'à arriver devant une petite maison au demeurant ordinaire mais tout à fait charmante. Elle frappa à la porte au bout de quelques minutes et attendit. Elle était consciente que déranger les gens à cette heure-ci n'était pas vraiment poli, mais elle avait vraiment besoin de trouver la soeur de Sôji.
La porte s'ouvrit sur une petite femme assez fine et aux traits anguleux qui la fixa d'un air ennuyé. Il était tout naturel qu'elle ne soit pas folle de joie de voir une inconnue devant sa porte avec un enfant dans les bras à cette heure-ci.
- Je ne fais aucune consultation le soir, dit-elle d'une voix sèche.
- Je cherche juste un renseignement, répondit doucement Soren.
La femme la jaugea du regard, l'étudiant de la tête aux pieds. Elle soupira avant de croiser les bras sur sa poitrine et d'attendre qu'elle lui pose ses questions. Soren sourit avec chaleur avant de se lancer.
- Je cherche une femme, commença-t-elle.
Son interlocutrice leva un sourcil. Certes, c'était déjà un début, mais elle n'allait pas lui dire tout d'une trait, si ? Soren poursuivit alors.
- Elle se nomme Okita, continua-t-elle. Okita Mitsu. La connaissez-vous ?
- Et qu'est-ce que vous lui voulez ? marmonna-t-elle.
- Elle est la seule famille qu'il me reste, répondit simplement Soren.
La dame la détailla d'un oeil peu amène. Maintenant qu'elle l'avait écouté, elle pouvait tout aussi bien lui claquer la porte au nez, non ? De nature méfiante, l'interlocutrice de Soren ne lui faisait en rien confiance. Après tout, qui lui jetterait la pierre dans une situation pareille ?
- Je ne vous connais pas, conclut-elle. Allez raconter vos mensonges ailleurs.
Elle allait refermer la porte quand Soren la bloqua d'une main. Elle avait de la chance. A la première maison où elle frappait au hasard, elle tombait sur la personne même qu'elle recherchait. Bien que la dite personne ait un caractère bien trempé. Mais après tout, si elle était la soeur de Sôji, ça ne devait pas l'étonner.
- Attendez. Je connais votre frère, souffla Soren.
- Mon frère est mort, répondit sèchement la femme aux longs cheveux châtains et aux yeux verts.
- Je le sais, soupira Soren en ignorant vainement la pointe sournoise de douleur qui transperça son coeur.
Elle lui tendit alors le katana de Sôji qu'elle gardait précieusement avec elle. Les yeux de Mitsu s'agrandirent sous la surprise. Elle toucha le katana, les larmes aux yeux avant de les relever pour les planter dans ceux de Soren.
- Qui êtes-vous ? demanda-t-elle, laissant tomber le masque d'impolitesse dont-elle s'était parée jusqu'ici.
- Je suis celle qu'il a épousée et qui continue de le pleurer, répondit-elle.
Mitsu ouvrit légèrement la bouche, le souffle coupé. Si elle avait sû qu'en ouvrant la porte ce soir là, elle tomberait sur la veuve de ce petit frère qu'elle avait élevé... Ses yeux allèrent se poser sur l'enfant que son invitée imprévue tenait dans ses bras. Se pouvait-il que... ?
- Mais alors... cet enfant...
- Il s'appelle Okita Isami. Il est le fils de Sôji, annonça Soren.
Mitsu ferma les yeux.
Elle fit installer Soren confortablement et lui servit du thé. Elle détailla la jeune femme en silence, toujours sous le choc. Jamais elle n'aurait cru quenson frère prenne un jour femme. Et quelle femme ! Habillée de noir, fine et pourtant dégageant une force étonnante, il était évident que c'était une guerrière, une femme de caractère. Sa beauté etait également à couper le souffle. Était-elle une princesse ? Mais comment une princesse aurait-elle pu tomber amoureuse de son rustre de frère ?
- Excusez mon impertinence, mais qui êtes-vous vraiment ? finit-elle par demander.
- Vous avez remarqué, n'est-ce pas ? soupira-t-elle en reposant sa tasse sur la table. Je peux vous compter mon histoire, mais je demanderai une promesse de votre part avant de tout vous raconter.
Mitsu lui lança un regard peu amène. Soren ne se laissa pas démonter, elle garda son regard fiché dans le sien sans faillir. Une femme de caractère, en effet. Elle se maintenait avec grâce et élégance. Mitsu était de plus en plus persuadée de son noble lignage. Elle soupira à son tour et finit par acquiescer.
- J'aimerai que vous veilliez pendant un temps sur mon fils, car des affaires urgentes m'appellent, énonça-t-elle en serrant un peu plus son fils contre elle. Parlez-lui de son père, puisque vous le connaissiez mieux que moi...
- C'est le fils de mon frère, je veillerai sur lui même si vous ne me le demandiez pas, répliqua Mitsu.
Soren acquiesça et finit par se lancer. Elle commença par lui raconter sa rencontre avec le Shinsengumi, alors qu'elle était une jeune fille perdue et amnésique, avant de lui raconter comment elle avait tenu tête à Sôji jusqu'à ce qu'il finisse par la laisser l'approcher et l'aimer. Puis elle lui parla de leur mariage secret, de la découverte de sa grossesse, de son enseignement du ninjutsu, de la mort de Sôji et finalement, de la naissance de son fils et de la récupération de sa mémoire perdue. Elle ne déclara pas ouvertement qu'elle était une Oni, seulement qu'elle était la princesse d'un clan puissant qui fut décimé et dont elle devait trouver le commenditaire.
Mitsu était restée silencieuse et avait écouté cette soeur par alliance qu'elle se découvrait. C'était une histoire tout à fait étonnante. Difficile à croire, certes, mais dans son regard elle ne voyait aucune trace de mensonge, seulement de la sincérité. Le fait qu'elle essaye de faire justice à son clan l'inquiétait car, bien souvent, on ne survivait pas à ce genre de vengeance. Elle avait cependant du mal à comprendre qu'elle puisse toujours pleurer son frère et aimer un autre homme qu'elle avait oublié en devenant amnésique.
- Ce Shiranui, dont vous m'avez parlé... Qui est-il ? Comment est-ce possible d'oublier un homme pour qui vous étiez prête à quitter votre clan ? demanda-t-elle finalement.
- Je dois d'abord vous avouer que je ne suis pas humaine, soupira-t-elle. Je suis une Oni, princesse de mon statut et du sang le plus pur. J'étais destinée à régner sur mon peuple. Mais Shiranui... c'était mon protecteur et je l'aimais trop pour ne serait-ce qu'accepter de m'enchaîner à un autre.
Mitsu digéra l'information pendant un moment. Maintenant elle comprenait la beauté étrange de cette femme. Elle ne doutait pas de la véracité de ses propos ni de l'amour qu'elle avait porté à son frère. Mais elle ne pouvait s'empêcher de voir cet amour qu'elle portait à un autre comme une trahison. Ce n'était pas une histoire banale, il y avait des circonstances atténuantes, mais tout de même... Elle n'appréciait pas vraiment cette femme, elle ne le pouvait pas. Mais elle ne doutait pas que l'enfant soit celui de Sôji.
- Partez sans crainte, je veillerai sur votre fils, pour la mémoire de mon frère, mais pas pour vous, conclut-elle.
- Je n'en demande pas plus, répondit Soren avant de se lever, d'embrasser son fils et de le poser dans les bras de sa tante. Je sais que vous ne m'aimez pas et je vous comprends. Cependant je refuse que vous pensiez que je n'ai pas aimé profondément Sôji.
- Ce que je pense ne vous regarde pas, répliqua Mitsu, sèche.
- Je reviendrai le chercher, conclut alors Soren avant de disparaître, stupéfiant la pauvre humaine.
Elle tourna son regard vers le petit qui dormait dans ses bras. Si cet enfant tenait de sa mère, elle avait du souci à se faire. Elle finit par sourire. Ce petit ne connaîtrait jamais son père, alors il allait être de son devoir de lui parler de lui. Cette seule pensée lui remonta le moral et elle déposa délicatement l'enfant dans un futon avant de se coucher à son tour.
...
Soren arriva à l'endroit convenu. Amagiri avait promis de contacter une personne qui pourrait avoir une quelconque information au sujet du fomenteur de l'assassinat de son clan. Elle s'assit sur un rocher et attendit. Quelques minutes plus tard, deux silhouettes apparurent. L'une grande et imposante, l'autre petite et frêle.
Soren se leva pour saluer les deux arrivants. Amagiri avait tenu parole. Il était venu avec une personne que Soren ne mit pas longtemps à reconnaître. C'était une princesse Oni, tout comme elle, bien que son sang soit moins fort que le sien. Elle s'inclina immédiatement devant Soren, tout comme Amagiri.
- Ce n'est pas le moment pour ces formalités, soupira-t-elle. Je suis toutefois heureuse de vous revoir, tous les deux.
Osen se releva et observa sa reine avec dilligence. Soren était comme elle l'imaginait. Belle, mais forte. Il émanait d'elle cette puissance, cette aura de pouvoir si attirante qu'elle comprenait pourquoi Kazama cherchait tant à se l'approprier. Un oni qui naîtrait de l'union de cette femme et d'un autre puissant oni serait invincible, ou presque.
- Quelles informations avez-vous à m'apporter ? demanda-t-elle immédiatement.
Osen se tourna d'abord vers Amagiri, attendant sans doute un signe de sa part. Ce dernier hocha la tête de manière assez brusque et Osen reporta son regard vers Soren. Ce qu'elle avait à dire remontait à un moment déjà. Elle ne savait pas vraiment si l'on pouvait se fier à tout ceci. Mais elle se lança quand même.
- Quelques temps avant la chute de votre clan, un chef de clan est venu solliciter notre soutient pour une affaire de la plus haute importance. Il parlait de trahison, que votre clan n'était plus apte à diriger, qu'il fallait agir...
Jusque là, Soren trouvait ça assez logique. Beaucoup de clans jalousaient la puissance d'autres. Son clan étant à cet époque au-dessus de tous, il n'était pas étonnant que certains aient voulu former des alliances pour les renverser. Le pouvoir corrompait tous ceux qui s'en emparait. Elle se demanda même quand, une fois qu'elle aurait retrouvé sa place, ce même pouvoir finirait par la dévorer de l'intérieur.
Osen tentait de relater le plus fidèlement possible ce qui s'était passé cette nuit là. Mais ses souvenirs étaient flous, ceux d'une enfant qui n'était pas encore assez mature pour saisir la tragédie qui se préparait et qui ne faisait donc pas attention aux éléments les plus importants. A plusieurs reprises, elle s'arrêta de parler, son regard dans le vague alors qu'elle cherchait dans ses souvenirs. Soren ne la pressa pas, la laissant se confier à son rythme tout en jetant parfois quelques regards méfiants aux alentours.
- Quand mon père à refusé fermement de se joindre à lui, cet oni est reparti d'un pas furieux, se rappela-t-elle.
- Avez-vous une idée de son identité ? s'enquit alors Amagiri alors que Soren étirait ses jambes douloureuses d'être restés immobiles trop longtemps.
- Non, soupira-t-elle en secouant la tête. Mais je peux vous assurer qu'il n'appartenait pas au clan Kazama, précisa-t-elle, son regard emprunt d'une grande certitude.
Soren hocha la tête. Elle avait déjà ce doute sur l'implication de Kazama. Il n'aurait jamais fait ceci puisque, Soren en était sûre, il aurait réussi à obtenir la main de sa soeur une fois qu'elle se serait enfuie avec Shiranui, ne laissant que Hanabi comme unique héritière. De ce fait il aurait eu tout à gagner. Il était trop intelligent pour commettre un tel faux-pas.
- Reste à découvrir quel clan aurait à gagner de ce carnage, réfléchit Soren. Il faut chercher dans les clans qui voulaient gagner du pouvoir et qui n'était pas en lien direct avec mon clan.
- Je vais me renseigner, proposa immédiatement Amagiri.
- Reste discret. Je ne voudrais pas qu'ils se doutent de quoi que ce soit. Je ne veux pas perdre l'avantage de la surprise.
Amagiri s'inclina avant de s'en aller. Le silence s'installa un instant, entrecoupé seulement par le vent dans les feuilles et le souffle de la nature qui vibrait de toute part. Osen engagea alors la conversation autour du Shinsengumi et fut navrée d'apprendre la mort et la disparition de tant de personnes. Soren se fit encore plus pensive et Osen mit le doigt sur ce qui la perturbait.
- On retrouvera Shiranui, assura-t-elle.
- J'ai déjà perdu un homme que j'aimais sincèrement, avoua Soren. Je ne supporterais pas de le perdre lui. Je ressens la douleur de son absence chaque minutes. Et cette douleur ne cesse d'accroître.
- Shiranui est fort et rusé. Il ne mourra pas aussi facilement, tenta de la rassurer Osen.
Si, comme Soren le pensait, Shiranui était à la merci du clan coupable de la destruction du clan impérial, il ne risquait rien tant qu'il avait son utilité. Et cette utilité demeurait dans le fait qu'il faisait un appât parfait pour l'attirer dans un piège. Si c'était le cas, il lui faudrait être bien préparée et avoir un bon plan pour réussir. Il lui faudrait un backup convainquant.
- Osen, j'ai besoin de ton aide.
Soren passa quelques semaines à protéger la ville dans laquelle son fils se trouvait sous la garde de sa tante de toutes les attaques des Rasetsu. Elle rencontrait à l'occasion Sano et se battait à ses côtés. Il pouvait alors lui transmettre certaines informations quant à cette augmentation de Rasetsu. Des informations glanées ci et là. Et couplées aux informations qu'Amagiri ne manquait pas de lui transmettre, les choses devenaient un peu moins troubles. Un clan Oni, probablement celui qui avait évincé le sien, se trouvait derrière tout ça avec le concours du père adoptif de Chizuru. Ce dernier demeurait introuvable malgré les efforts de Sano.
D'après lui, il était bien protégé par ceux pour qui il travaillait. Et il s'inquiétait pour Chizuru. Il lui avait promi qu'il le retrouverait et mettrait fin à son insanité ne serait-ce que pour alléger sa conscience. Soren ne pouvait qu'imaginer la douleur que son amie ressentait : tiraillée entre l'amour qu'elle vouait à un père qui l'avait élevée et l'horreur dans laquelle il les plongeait tous. Il fallait que tout ceci prenne fin afin de retrouver la paix et un monde paisible où l'on aurait plus à craindre pour la sûreté des siens.
Il fallut un bon mois avant que tous les éléments de son plan ne se reunissent. Un mois durant lequel elle se refusait à s'approcher de son fils qui lui manquait afin de ne pas le mettre en danger. Un mois à craindre pour la vie de Shiranui. Un mois durant lequel sa fureur grandissait. Puis, un soir, Osen revint avec un invité très attendu.
Soren s'entretenait avec Amagiri à l'endroit habituel quand Osen arriva suivie de Kazama. Ce dernier avait un air arrogant, comme à son habitude et Soren dû se faire violence pour ne pas lui enlever ce sourire du visage à grands renforts de coups de poings.
- Alors on a besoin de moi ? railla-t-il sans s'emcombrer des politesses.
- Il se pourrait que je change d'avis si tu continues à malmener ma patience, le prévint Soren en croisant les bras.
- Alors que puis-je pour toi, Ô Princesse de tous les clans ?
Soren prit une longue inspiration et serra les poings pour ne pas lui sauter dessus et lui faire regretter son impertinence. C'était bien triste à avouer, mais ils avaient tous en effet besoin de lui. Kazama leur viendrait en aide, ne serait-ce que pour laver son nom de tout soupçons.
- Ne voudrais-tu pas être hors de tous soupçons concernant l'extermination de mon clan ? D'après ce que je sais, peu d'Onis te font confiance depuis cet événement et ton clan en a beaucoup souffert.
Kazama serra les lèvres, apparemment peu enchanté d'entendre une vérité qu'il ne voulait pas accepter. Soren tenta de ne pas trop jubiler devant son apparent désarroi.
- C'est d'ailleurs pour ça que tu as tout fait pour me retrouver, n'est-ce pas ? Après tout, pourquoi celui qui aurait détruit mon clan voudrait à tout prit me retrouver sans en avoir après ma vie. Tu m'aurais tuée depuis lontemps si tu l'avais voulu, quand je ne me souvenais de rien.
- Très bien, la coupa-t-il. En quoi as-tu besoin de mon aide ? capitula-t-il.
- Selon toi, quel clan aurait eu intérêt à me voir disparaître avec les miens tout en te désignant comme coupable ?
Amagiri observait l'échange silencieux. Il était arrivé à la même conclusion que Soren. En y repensant, c'était tellement évident quand on alignait tous les faits. Osen lui lança un regard interrogateur. Elle se tenait après tout à l'écart de la politique tant qu'elle le pouvait, son clan restait neutre en toute occasion alors il était normal qu'elle ne comprenne pas.
Kazama réfléchit un instant avant de revenir ficher ses yeux dans les siens avec un sérieux pour une fois dénué de toute arrogance. C'était une nouvelle expression qu'elle n'avait jamais vu sur son visage auparavant. Soren pensa un instant que, s'il ne lui avait pas toujours montré cette arrogance, s'il avait laissé tombé ce masque, peut-être aurait-elle pu l'apprécier.
- Je n'en vois qu'un... souffla-t-il finalement. Le clan Shiranui.
Soren hocha la tête à l'entente de sa conclusion. Ils étaient sur la même longueur d'onde. Osen ouvrit des yeux ronds sous l'effet de la surprise avant d'ouvrir la bouche pour s'exprimer. Amagiri l'arrêta d'un mouvement négatif de la tête. Osen referma la bouche et attendit.
- Il y a tout à parier que le clan Shiranui a tenté dès ma naissance de nous évincer. Et quand ça n'a npas marché, ils ont envoyé l'un des leurs pour veiller sur moi. Seulement, au lieu de contribuer à ma mort, il a préféré me sauver.
- Alors si cette hypothèse est vrai, celui que tu cherches désespérément est prisonnier de son propre clan, déclara Kazama.
Soren hocha la tête. Kazama était intelligent. Il pouvait se laisser emporter par ses émotions, mais il n'en restait pas moins doué d'un raisonnement qui ne souffrait d'aucun manque de logique. Cette facette de lui qu'elle voyait à présent l'invitait à lui accorder sa confiance. Elle allait peut-être le regretter, mais elle allait suivre son instinct.
- Alors, Kazama Chicage... Te joindras-tu à moi pour rendre la justice ?
Il la jaugea du regard. Cette femme qu'il avait rencontrée alors qu'elle était la protégée d'un clan puissant, cette femme qui était auparavant si enfantine et manquait de maturité, était à présent celle qu'elle aurait toujours dû être : Une meneuse née. Alors il s'inclina devant elle et attrapa sa main dans les siennes.
- Je te suivrai, ma reine, jusqu'en enfer s'il le faut.
- Je te préviens, si tuboses me trahir, je t'écraserai, toi et les tiens, déclara-t-elle.
Kazama se contenta de hocher la tête avant de lâcher ses mains et de se reculer d'un pas. Soren le jaugea encore un moment du regard avant de se tourner vers Amagiri et Osen. Cette dernière ne semblait pas trop savoir quoi faire, elle, si frêle, à côté de ce géant d'Amagiri.
- Osen, je te remercie de ton aide. Tu en as assez fait pour moi, souris Soren avant d'incliner légèrement la tête. Puisse nos chemins se croiser à nouveau, mon amie.
- Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n'hésiter pas, répondit-elle en sinclinant avant de disparaître.
Amagiri demeura immobile, les bras croisés sur son torse massif à attendre la suite des opérations comme le parfait soldat qu'il était. Soren prit un moment pour se préparer mentalement avant de regarder ses deux acolytes successivement.
- Il est temps, souffla-t-elle seulement.
Et sur ces mots, ils se mirent en route tous les trois sans un signe d'hésitation.
Fin du Dix-Neuvième Chapitre
