Hello tout le monde ! Oui, je sais que ça fait un baille que je n'ai pas posté de chapitre mais la vérité, c'est que je ne savais pas comment les choses allaient se dérouler. Il m'a donc fallu du temps pour choisir quel tournant l'histoire devait prendre et vers quelle fin je voulais qu'elle se dirige.
Et comme ça fait un moment, peut-être qu'un petit résumé s'impose : Bara est recuillie par le Shinsengumi, se lie d'amitié avec les capitaines et tombe amoureuse d'Okita qu'elle finit pas épouser en secret. Entre temps elle commence à retrouver sa mémoire par bribe, comprenant qu'elle n'est pas humaine mais Oni. Le Shinsengumi vit des moments difficiles, Sanosuke et shinpachi s'en vont avec Chizuru. A la mort d'Okita, Bara va retrouver Chizuru et Sanosuke après qu'elle lui ait promi de ne plus se battre tant qu'elle porterait leur enfant.
Lors de l'accouchement, Bara manque de mourir et est sauvée in extremis pas Shiranui qui se révèle être lié à elle en tant que son compagnon. En partageant son sang avec elle, il lui permet ainsi de regagner ses souvenirs. Ils l'abandonne cependant et disparaît sans laisser de trâces. Elle se révèle être Soren, princesse du défunt clan impérial. Elle décide, après que son fils soit suffisemment grand, de partir à la recherche de Shiranui et de la vérité.
Elle part donc à la recherche de Shiranui après avoir laissé son fils chez la soeur d'Okita. Elle s'assure deux alliés en les personnes de Kazama et Amagiri afin de sauver Shiranui et de venger son clan par la même occasion.
Chapitre 20
L'amour ou la vengeance
Soren se mit à couvert, derrière un arbre et aperçut Kazama qui la regardait avec attention. Ils étaient arrivés au château dans lequel le clan Shiranui vivait. Le fait qu'il y ait des sentinelles annonçait que ce clan préparait en effet quelque chose car qui avait besoin d'autant de sentinnelles ses temps-ci chez les Onis ?
Il n'allait pas être aisé de se glisser dans ce repère sans être repérés. Ils ne pouvaient risquer un assaut frontal, pas avec seulement trois d'entre eux. Amagiri et Kazama étaient certes de très bon combattants, mais là encore, tout bon combattant a ses limites. Le tout était de savoir où elles se trouvaient et de ne pas aller au-delà.
- Il nous faudrait une diversion, souffla Kazama.
- Et qu'est-ce que tu proposes ? demanda Soren, ouverte à toute proposition.
Kazama sembla réfléchir un moment avant de reposer ses yeux sur elle en la jaugeant. Puis il reporta son regard sur les sentinnelles, analysant leur nombre et leur position. Ce ne serait pas chose aisée que de les attirer tous suffisamment loin pour entrer discrètement. Mais ce n'était pas impossible.
- Penses-tu pouvoir les attirer vers le flanc Est et les semer dans les bois pour revenir ?
- Ardu, mais faisable, répondit Soren. Pendant ce temps là, Amagiri et toi, vous entrez discrètement et vous mattendez, conclut-elle.
Kazama acquiesça et fit signe à Amagiri de se tenir près à foncer. Soren prit une longue inspiration, s'étira rapidemeng avant de bondir hors de sa cachette et, allant de branche en branche, atterrir sur le toit avec suffisamment de bruit pour aleter les sentinnelles. Ces dernières la prirent immédiatement en chasse et elle s'enfuit dans les bois. Pas trop vite pour ne pas qu'ils pensent à un leurre, pas trop lentement pour que ça reste réaliste.
Ce ne fut qu'une fois suffisamment loin du repère qu'elle accéléra et commença la partie la plus dure de sa mission : semer ses poursuivants rapidement. Elle sauta de branche en branche sans se préoccuper des branches qui venaient lui fouetter le visage ou se prendre dans ses cheveux. Elle était mue par une force plus grande quenla douleur : la volonté de retrouver Kyô. Et elle ne reculerait devant rien jusqu'à ce qu'elle le retrouve.
Quand elle constata que ses poursuivants avaient perdu sa trace et cherchait un peu partout, elle fit un détour pour retourner au repère sans faire le moindre bruit. Il ne fallait pas sous-estimer ses ennemis ni les prendres pour des imbéciles. Le clan Shiranui était loin d'être un conglomérat d'abruti. Ils avaient conspiré secrètement et avec beaucoup de patience pour en arriver là, au somment de la chaîne de pouvoir.
Elle entra par le passage que Kazama avait repéré et se faufila jusqu'à eux. Ils l'avaient attendu tout en observant les alentours, prêtant attention au temps que mettait l'Oni qui surveillait ce couloir à faire sa ronde. Il fallait agir vite et en silence lorsqu'il leur tournait le dos pendant une bref de seconde.
Le plus dur restait encore à venir. Il fallait localiser l'endroit où était détenu Shiranui. Ce n'était pas tout de réussir à s'infiltrer. Il fallait aussi savoir où ils allaient. Le plus rapide serait encore de se séparer et aller chacun à un endroit du repère pour cadrier le plus de surface. Mais ce serait aussi plus dangereux, car s'ils se faisaient repérer, ils seraient seuls.
- A toi de choisir quelle stratégie tu veux mettre en place, murmura Kazama dans son oreille.
- Nous n'avons pas vraiment le choix, répondit-elle dans un souffle. Il faut nous séparer. Une fois qu'on aura localisé Shiranui, on pourra se regrouper et aviser.
Kazama acquiesça et indiqua d'un signe de tête qu'il allait partir à gauche. Soren acquiesça et pointa la droite a Amagiri tandit qu'elle se réservait le couloir qui lui faisait face. Ce serait le chemin le plus dur pour le moment car il n'y avait que très peu de cachettes possibles pour échapper à la vigilance du garde. Toutefois, elle avait été formée par Yamazaki pour ce même genre de missions et ne faillirait pas.
Elle trouva très vite son rythme, passant dans le dos des gardes et disparaissant avant qu'ils ne se retournent à la recherche de cette étrange présence qu'ils ressentaient. Arrivée à une première porte, elle la fit coulisser sans bruit et rentra sans se faire remarquer.
La pièce était dénuée de vie. Elle semblait servir à entreposer artefacts et autres vieilleries de ce genre, faibles souvenir d'un temps depuis longtemps révolu. Elle y trouva cependant certains écrits et un journal. Il s'agissait d'un plan ancien, l'enlèvement d'une princesse.
Soren sentit une sueur froide couler le long de son épine dorsale. Il s'agissait de son propre enlèvement et la vérité derrière la mort de sa mère.
"Yukimura nous a assuré que si nous pouvions capturer cette princesse, il pourrait faire un remède à partir de son sang pour nous rendre plus puissants encore"
Ses mains se crispèrent sur le journal. Ainsi Kodo était derrière tout ça. Il voulait le sang d'une princesse Oni pour ses expériences ? Mais ce qu'elle ne comprenait pas, c'était pourquoi elle spécifiquement.
"D'après lui, étant la seconde née, il sera plus facile de mettre la main sur elle. Et son sang ferait l'affaire pour nous permettre d'entrer dans une nouvelle air où notre clan serait enfin maître. Enfin nous pourrons anéantir cette vermine qui nous chassa un jour de nos villages !"
Toutes ces morts. Toutes ces morts pour les expériences d'un fou et les espoirs dérisoires d'un clan mal avisé. Leur vie n'était peut-être pas parfaite, mais au moins ils avaient une vie raisonnable, cachée aux yeux des humains. Et ils avaient tout détruit, à commencer par le clan impérial, par orgueil et sur des désillusions ?!
Soren referma le journal. Elle en avait déjà bien assez lu. Elle le rangea dans sa poche, au niveau de son coeur et fouilla un, peu plus. Elle trouva le colier de sa soeur, Hanabi. Il prenait la poussière sur une pile de livres, abandonné comme s'il s'agissait d'une simple babiole.
Elle le passa autour de son cou, emplie d'une émotion certaine avant de se détourner de tout ces souvenirs entassés et mal appréciés. Elle entendit des bruits de pas et la porte coulisser. Elle eut tout juste le temps de se fondre dans l'ombre, en retenant son souffle.
- Il est quand même regrettable que nous en arrivions là, commenta l'un des deux onis.
- Nous n'avons pas le choix, tempéra l'autre.
- Tout de même... emprisonner le fils de notre seigneur...
Soren tendit immédiatement l'oreille et ne perditnpas une miette de leur échange. Le fils du seigneur ne pouvait être que Kyô. Plus elle en apprendrait sur sa situation, plus elle aurait de chance de le tirer de là.
- Comme je l'ai dis, nous n'avons pas le choix, répéta l'autre. Nous ne pouvons pas nous fier à lui. Il a tout de même choisi de protéger la princesse qu'on lui avait ordonné de tuer.
- Mais ça remonte a plusieurs années !
- On n'a jamais retrouvé la dépouille de cette princesse. Pour tout ce que j'en sais, elle est encore en vie, ce qui met en danger tout le plan.
Soren commençait à s'impatienter. Ils ne lâchaient aucune information sur Kyô. Quant au plan en question, elle en avait déjà pris connaissance grâce au journal. Yukimura Kôdô avait avancé dans ses recherches qu'il avait testées sur le Shinsengumi. Mais le remède n'était pas fiable, il allait les rendre fou, à moins qu'il ait trouver un moyen de palier à ça.
- Tu y crois, toi ?
- A quoi ? grogna l'autre qui semblait en avoir marre de parler alors qu'il fouillait parmi tout ce bric-à-brac pour trouver quelque chose.
- Qu'il était l'amant de cette princesse.
L'autre haussa les épaules, comme si cette information n'avait aucun intérêt. Mais devant l'insistance de son coéquipier, il s'arrêta de fouiller pour lui prêter toute son attention. Il lui lança un regard hautain avant de lui répondre.
- J'espère au moins qu'il a pris du bon temps, parce qu'il n'est pas près de retrouver sa liberté, conclut-il avant de se remettre à fouiller, le sujet étant à présent clos.
Il lâcha un "ha" triomphant quand il trouva enfin ce qu'il cherchait. Cela ressemblait à une corde, mais sa couleur étrange lui rappelait l'argent. Avaient-il l'intention de restreindre Kyô avec ça ?
- Je l'ai, allons-y avant qu'il ne réussisse à se libérer. Occupe-toi de te débarrasser de son arme.
Les deux onis quittèrent la pièce et Soren s'empressa de les suivre en prenant bien garde à ne pas se faire repérer. La tâche ne fut pas aisée car ils rencontrèrent bien d'autres gardes sur leur chemin qui faillirent la remarquer à plusieurs reprises. Elle teint bon, cependant. Elle ne pouvait pas se permettre d'échouer. Pas si près du but.
Après plusieurs mètres dans ce dédale de couloirs et plusieurs descente d'escaliers, ils arrivèrent devant une cellule gardée par trois onis. Ces derniers étaient armés jusqu'aux dents et, derrière eux, dans la cellule, se trouvait kyô. Des bracelets, apparemment en argent, et prolongé de chaînes l'immobilisaient contre le mur. Du sang séché marquait ses poignets à l'endroit où les bracelets semblaient se fissurer.
Il semblait épuisé, si bien qu'il ne broncha pas quand les deux autres entrèrent dans la cellule pour le ligoter avec la corde qu'ils avaient trouvés. Soren se retint de foncer. Elle ne devait pas agir sans réfléchir. Il lui fallait un plan sans failles car ils n'auraient pas de deuxième chance.
Se remémorant le chemin, elle retourna au point de rendez-vous pour planifier la libération de Kyô avec ses deux acolytes. Amagiri était déjà là, attendant dans l'ombre en silence. Kazama arriva un peu plus tard, les sourcils froncés par l'irritation.
- Des Onis qui utilisent des armes à feu avec des balles d'argent, marmonna-t-il. Je pensais que seul Shiranui utilisait ce genre d'armes.
- Ça rend la chose plus difficile, mais pas impossible, répondit Soren. Il leur faut du temps pour recharger leurs armes.
- Shiranui le fait rapidement, rappela Amagiri.
- Peut-être... mais il a l'habitude de ces armes, ce qui n'est sûrement pas le cas des autres. De plus, même Kyô ne serait pas assez rapide en combat rapproché. C'est pourquoi il a toujours un poignard dans sa botte.
Kazama leva un sourcil. C'était une information qu'il n'avait pas. Il avait toujours pris Shiranui pour un lâche à attaquer de loin. Le fait qu'il ait un poignard dans sa botte ne lui avait jamais effleuré l'esprit. Pourtant... il aurait dû se douter qu'il n'était pas stupide et avait toujours un tour dans son sac... ou sa botte pour le coup.
- Tu penses qu'ils savent pour ce poignard ? demanda Kazama.
Soren secoua la tête. Jusqu'à présent, elle avait été la seule à savoir parce qu'il le lui avait montré pour qu'elle fasse de même. Et c'était une leçon qu'elle avait retenue. Il y avait donc une chance pour que Shiranui ait toujours son poignard. Mais elle devait retrouver son arme avant de le libérer.
- Il faudra une diversion pour que tu puisses le libérer, énonça Kazama.
- Ils doivent avoir une réserve de poudre, réfléchit Amagiri en se frottant le menton. En la faisant exploser on les prive non seulement de leurs ressources mais en plus on les déstabilise.
Soren se mit à réfléchir à toute vitesse. Ils devaient donc se diviser encore une fois. Kazama et Amagiri feraient diversion en affaiblissant leurs ennemis tandis qu'elle irait libérer Shiranui. C'était un plan un peu simple, basique même. Mais ils avaient l'avantage de l'effet de surprise. Ils ne devaient pas se louper.
- Amagiri, Kazama, je vous charge de la diversion, dit-elle alors. Profitez en pour les affaiblir le plus possible sans pour autant vous mettre en danger.
- Doit-on les tuer tous ? demanda Kazama.
- Faites comme bon vous semble. Mais je veux la tête du clan en vie, conclut-elle. J'attendrais votre signal.
Elle s'apprêtait à repartir en direction des geôles pour attendre dans l'ombre et se tenir prête à agir. Amagiri posa un instant sa main sur son épaule et inclina la tête en signe de respect. Kazama vérifia son katana avant de lever les yeux vers elle.
- Ce sera quand ça fera "boum", sourit-il avec un air carnassier.
Soren leva les yeux aux ciel devant ce trait d'humour impromptu avant de lui sourire en retour et d'incliner la tête en leur murmurant d'être prudents. Kazama balaya son inquiétude de la main avant de se mettre en route ave Amagiri.
Elle ne perdit pas de temps à les regarder disparaître dans les couloirs, elle avait sa propre mission à accomplir. L'arme de Shiranui ne devait pas être bien loin. Un des gardes l'avait sûrement récupérée et stockée quelque part. Elle se rappela de la salle où tout était stocké et bifurqua vers cette dernière en vitesse.
Elle y pénétra discrètement et se mit à fouiller la pièce du regard. Elle passa rapidement sur les reliques et parchemins avant de s'intéresser à une table sur laquelle se trouvait toutes sortes d'armes. Elle ne perdit pas de temps sur les sabres et se focalisa sur les armes à feu.
Elle fouilla parmi elles et trouva finalement celle de Shiranui en soupirant de soulagement. Le garde avait dû revenir ici pour s'en débarrasser. Elle la cacha dans sa tunique avant de porter son attention sur une autre arme à feu. Elle était plus petite que celle de Shiranui mais elle sentait que cela pouvait être utile. Elle glissa cette dernière dans son autre botte et se remit en route.
Les geôles étaient toujours bien surveillées. Soren se cala sur une des poutres au dessus des gardes et attendit, se tapissant en silence. Leur discussion futile usait sa patience. En particulier quand il s'agissait de se moquer de leur prisonnier. Nul doute que s'il n'était pas ainsi enchaîné, jamais ils n'auraient osé lui manquer ainsi de respect.
- Remarque... D'après ce qu'on a en sait, elle n'était pas si sage que ça, sa princesse, ricanna le premier. Ça devait être mouvementé dans sa chambre. Kazama a peut-être réussi à se glisser entre ses cuisses lui aussi, ajouta l'autre.
Elle vit Kyô ouvrir les yeux et incendier ses geôliers du regard, s'agitant à tel point que la corde sembla se resserrer sur sa peau. Les gardes le regardèrent avec condescendance. L'un des deux s'approcha de lui avec un air supérieur avant de se pencher sur lui.
- On a encore un peu de feu en soi, ricanna-t-il.
Kyô lui envoya son pied dans la figure avec une telle force qu'il vola à l'autre bout de la cellule. Ses yeux d'or liquide le fixaient ave fureur et ses lèvres étaient retroussées sur des dents bien blanches et menaçantes.
- Ce fils de... gronda le garde en se relevant.
- Je t'avais prévenu de ne pas t'approcher, lui dit l'autre. Le titiller au sujet de sa princesse était évidemment sûr de le foutre en rogne. Tu réagirait comment si on parlait ainsi de ta femme ?
L'autre gromela en essuyant son nez plein de sang. Cette fois il se tint à une distance assez sécuritaire pour éviter toute autres mésaventures. Kyô ne le quittait pas des yeux et l'on pouvait y lire sa soif de sang.
- Tu crois qu'il la considère ainsi ? demanda-t-il finalement. Tu penses que, autre que sa loyauté envers elle, il la considère comme sa véritable compagne ?
- Je pense qu'il s'est lié à elle, répondit l'autre sans quitter le prisonnier des yeux, comme fasciné.
- Mais ça voudrait dire qu'elle...
Une explosion retentit à ce moment, le coupant dans sa lancée en f1isant trembler les fondations du château. Soren y vit là sa fenêtre d'action. Elle bondit de son perchoir et coupa la tête du garde au nez ensanglanter avant de se tourner vers l'autre, son kodachi pointé sur lui.
Le garde ne bougea pas, trop surpris de ce qui venait de se jouer sous ses yeux. Quand enfin il reprit ses esprits, il attrapa son arme et la pointa sur elle. Trop tard, elle était déjà sur lui et son kodachi enfoncé dans sa poitrine. Il écarquilla les yeux de stupeur avant de s'effondrer, la bouche ouvert sur un cri qui refusa de quitter sa gorge.
Soren ne s'attarda pas, se précipitant sur Kyô pour le libérer de ses liens. Elle croisa son regard alors qu'elle s'occupait de la corde entourant ses poignets. Il semblait surpris de la voir, puis un nuage de colère traversa ses iris.
Elle l'ignora, consciente que c'était une réaction naturelle. Il l'avait abandonnée pour qu'elle soit en sécurité et elle revenait vers lui inlassablement. Il était évident que sa constante défiance éveillerait une certaine irritation. Elle parvint à le libérer des cordes et replongea son regard dans le sien. Il allait dire quelque chose, mais elle le devança.
Elle passa ses bras autour de son coup et prit possession de sa bouche avec impatience. Cette sensation de plénitude lui avait tellement manqué. Elle avait l'impression de revivre. Se baiser ressemblait au premier qu'ils avaient partagé, plein de passion et de désespoir.
- Tu n'aurais pas dû venir, souffla-t-il finalement, la voix rauque.
- Je ne peux pas vivre sans toi, murmura-t-elle les larmes aux yeux. Je préfère mourir à tes côtés là, tout de suite, que vivre un instant de plus loin de toi.
Il ferma les yeux. Les événements semblaient se répéter. Autrefois il l'avait repoussée encore et encore, s'évertuant à la maintenir loin de lui, et elle s'évertuait à le poursuivre. Au final, elle finissait toujours par gagner. Cette fois n'était pas différent.
- Aller, Kazama et Amagiri font diversion, il faut aller les aider, déclara Soren.
- Kazama ? s'étonna Kyô.
- Il m'a juré allégeance, sourit-elle. Donc par association, à toi aussi.
Kyô soupira. Il n'aimait pas particulièrement Kazama et son attitude supérieure, mais s'il aidait Soren, il était prêt à mettre son animosité pour lui de côté. Il tenta de se lever, mais il était trop affaibli. Il retomba sur le sol, son dos glissant contre le mur.
- Kyô, murmura-t-elle à son oreille, son cou dénudé à porté de ses lèvres. Mon sang t'appartient. Puises-y la force dont tu as besoin.
Il ne tenta pas de protester. Depuis le temps, il devrait savoir que ça ne faisait que retarder l'inévitable. Il ne pouvait rien lui refuser au final. Il plongea ses croc dans sa gorge et gémis d'extase quand le goût fruité de son sang coula sur sa langue. Il referma ses bras autour d'elle et la serrant contre lui, savourant sa chaleur et les courbes de sa silhouette contre son corps.
Il reprit son souffle, sa bouche quittant son cou. Il posa son front sur son épaule sans relâcher son étreinte. Il sentait ses doigt entremêlés dans ses cheveux, caressant sa tête avec tendresse. Il soupira et la relâcha pour plonger dans son regard.
- Quel est ton plan ? demanda-t-il finalement.
- Faire payer le commanditaire de l'attentat contre mon clan, déclara-t-elle, fouillant son regard ave inquiétude.
- En d'autres mots, tu réclames la tête de mon père, clarifia-t-il en se relevant avec son aide.
Elle ouvrit la bouche, mais elle ne savait quoi lui répondre. Son honneur demandait qu'elle venge son clan, sa famille. Mais son coeur savait que ce qu'elle demandait de lui était délicat. Son coeur, pour la première fois, était submergé par une hésitation déchirante : Son honneur et son amour. Sa vengeance contre son bonheur.
- Si sa mort peu t'apporter la paix, Soren, je le tuerai, dit-il sans émotion.
Il tendit en silence la main vers elle et elle y déposa son arme, sa propre main tremblait. Il se dirigea vers les corps des gardes et récupéra leurs munitions avant de se tourner vers elle. Soren n'avait jamais été aussi perdue de sa vie. Ensemble ils montèrent les marches, se dirigeant vers l'inévitable. Kyô lui pardonnerait-il la mort de son père ? Son honneur serait alors bafoué car jamais il ne pourrait le venger... Une larme roula sur sa joue. Encore une fois son esprit lui demanda : Ton honneur ou ton amour ?
Quand ils retrouvèrent Kazama et Amagiri, ils ne semblaient pas souffrir plus que de légères blessures. Toutefois, l'argent empêchaient leur habilité à guérir, ce qui semblait irrité Kazama plus qu'autre chose. Devant eux se tenaient le chef du clan ainsi que quelques uns de ses hommes, tous désarmés.
- Comme tu l'as demandé, Soren-Hime-Sama, ils sont vivants, déclara Kazama sans les quitter des yeux.
Les Onis se raidirent en la découvrant. Peu d'entre eux connaissaient son visage, mais ce qui les surpris le plus fut la présence de Kyô à ses côtés. Son père le regarda avec fureur et, s'il n'avait pas été ainsi à leur merci, il lui aurait sauté à la gorge sans y réfléchir à deux fois.
- Kyô, la première fois que tu as trahi le clan, j'ai fermé les yeux. Mais cette fois je ne te pardonnerai pas, gronda-t-il.
- Je ne peux protéger le clan au détriment de ma compagne, répondit Kyô alors que so père hoquetait de surprise. Oui, père. Je suis liée à cette princesse que tu as tant cherché à tuer pour le pouvoir. Tu aurais dû m'écouter cette fois-là, je t'aurais apporté une alliance entre le clan imperial et le clan Shiranui. Mais ta soif de pouvoir et ton oregueil t'ont aveuglé. Maintenant, si elle demande ta tête en paiement de tes crimes, je la lui offrirai.
- Tu oserais tuer ton père ? ricana l'autre.
- Pour moi il y a longtemps que vous êtes mort, le toisa Kyô. Vous êtes mort le jour où vous avez tenté de tuer Soren.
Soren observait la scène une boule dans la gorge. Elle savait qu'elle devait prendre une décision, pourtant elle n'y arrivait pas. Si elle ne réclamait pas la tête de ce chef de clan, alors les autres clans la verraient comme faible et la guerre civile serait inévitable. Mais quel impact cela aurait-il sur Kyô ? Elle ne voulait pas de ce pouvoir, de ce statut, et pourtant elle l'avait endossé pour sauver Kyô. Elle ne pouvait pas faire marche arrière... à moins que...
- Kyô... souffla-t-elle. Mon sang réclame vengence, mais je suis prête à tout abandonner pour toi. Comme on l'avais prévu cette fois-là. Partons tous les deux...
Il tourna son regard vers elle. Son regard l'implorait d'ôter ce poids de ses épaules, de prendre la décision qu'elle ne pouvait pas prendre. Elle s'en remettait à lui, lui offrant encore une fois son coeur, son âme, tout ce qu'elle était. Elle était prête à tout pour lui... En réalisant à quel point cet amour comptait, il ferma les yeux. Il savait ce qu'il devait faire.
Fin du Vingtième Chapitre
