Et ainsi se termine cette aventure. J'ai été fière de la partagée avec vous, mais toute chose a une fin, et cette histoire a trouvé la sienne. J'espère que vous n'êtes pas déçues de sa conclusion, mais je ne voyais pas comment les choses auraient pu tourner autrement. Et puis... putain j'aime les Happy Endings !

J'espère vous revoir sur d'autres projets, je vous annonce dés à présent que je commence à réfléchir (et j'ai déjà écris quelques chapitres) à une autre fiction sur cet univers. Peut-être commencerais-je à la poster bientôt, mais pas tout de suite car j'ai les études et le concours qui me prennent beaucoup de temps.

Ce fut un plaisir de vous divertir, à bientôt ! ;)


Épilogue


- Heisuke !

La voix inquiète d'une mère se faisait entendre depuis la petite chaumière sur la côte, donnant une vue magnifique sur la mère et l'horizon. La paix règnait sur cette partie de terre, loin de la politique et des conflits. Une isolation accueillie par cette famille avec une certaine sérénité.

Ce qui n'empêchait toutefois pas ce petit garçon de cinq ans de provoquer une certaine inquiétude dès qu'il échappait à sa vigilance. Elle sortit de la chaumière et fit quelques pas à l'extérieur, dans la lumière éblouissante que seule une magnifique journée d'été pouvait procurer. La main en visière sur ses yeux, elle appela de nouveau son fils.

- Il est ici ! répondit une voix qui mit immédiatement fin à toutes ses inquiétudes.

Plus loin, elle vit se dessiner une silhouette qu'elle reconnaissait parfaitement. Ce grand gaillard qui tenait contre sa hanche un petit garçon qui rigolait, les joues rougies de plaisir. Il marchait vers elle, ramenant le petit chenapan qui ne semblait jamais se lasser de courir dès qu'il en avait l'occasion.

Ses cheveux roux tombaient sur ses épaules, encadrant un visage viril qui pourtant n'arborait qu'une expression douce, dont les deux orbes d'ambre la fixaient avec amour. Chizuru laissa un soupir de soulagement lui échapper.

Cela faisait maintenant six ans qu'ils s'étaient installés ici, loin de tout afin de vivre en paix. Un petit village se trouvait un peu plus loin sur la côte. Village où Sanosuke se rendait pour acheter des provisions et vendre les sculptures qu'il produisait. Et comme chaque fois, Heisuke courait vers son père dès qu'il l'apercevait au loin.

- Heisuke, qu'est-ce qu'on dit à maman ? s'enquit-il alors qu'il arrivait près de Chizuru.

- Pardon ? répondit le garçon avec un sourire s'étendant d'une oreille à l'autre.

Sanosuke le reposa sur le seuil de la maison le regardant courir à l'intérieur avec un regard plein de tendresse. Il posa ensuite son sac avant de prendre Chizuru dans ses bras avec douceur et de déposer un baiser sur son front, puis sur ses lèvres.

Sa main glissa doucement sur son ventre arrondi d'une manière assez protectrice. Il fut récompensé par un léger coup qui le fit sourire. Grâce à cette femme exceptionnelle, il avait réalisé son rêve : une vie paisible avec une femme et une famille qui allait bientôt s'agrandir.

- Tout va bien ? demanda-t-il en plongeant son regard dans le sien.

- Maintenant que tu es là, oui, répondit-elle avant de prendre sa main.

Il ramassa son sac et la suivit dans leur chaumière pour un repos bien mérité. Cette chaleur était parfois dure à supporter. Ils se posèrent tranquillement avec un thé, profitant de ce bonheur qui parfois avait tout d'un rêve.

Dans le coin de la pièce, sa lance reposait, comme un rappel du passé. Elle n'avait pas bougé depuis un bon moment. L'ère Meiji interdisait le port du sabre, que cela plaise ou non aux derniers samouraïs qui existaient encore. Sanosuke ne semblait pas s'en plaindre, mais il la gardait toujours à porter de main si le besoin de défendre sa famille devait un jour se ressentir.

- Comment était le village ? s'enquit finalement Chizuru.

- Plutôt calme, répondit-il. Il y a toujours quelques imbéciles pour chercher les ennuis, mais sans sabre, ils ne sont guère dangereux.

Cette ère de changement rassurait Chizuru. La violence n'avait plus sa place. La guère était finie et le futur semblait se diriger vers des jours plus paisibles. Le passé ne la hantait plus autant que lorsqu'ils étaient arrivés. Elle n'avait plus peur que des onis ne cherchent à l'enlever. Mais parfois, la mélancolie semblait l'envahir.

- A quoi penses-tu ? s'enquit-il en reposant sa tasse.

- A Bara. Nous n'avons plus eu de nouvelle depuis ce jour où elle est partie pour chercher Shiranui, reprit-elle. Je me demande si elle est toujours en vie, quelque part, heureuse…

Sanosuke allait répondre quand le rire de son fils l'intrigua. Pas qu'il soit différent de d'habitude, non. Ce qui attira son attention, c'est qu'il ne semblait pas seul. Il était encore sorti de la maison et l'inquiétude le fit se lever pour aller s'assurer qu'il ne risquait rien. Par précaution, il attrapa sa lance et sortit.

Il mit un instant pour s'adapter à la lumière vive du soleil avant de distinguer son fils qui jouait avec un autre garçon qui semblait plus âgé de quelques années. Ce garçon lui semblait soudain familier. Il lui rappelait étrangement un autre.

Ses cheveux dépassaient ses épaules, retenus en catogan sur sa nuque, et d'un châtain rappelant la couleur du caramel. Son visage était fin, rappelant encore une fois celui d'un autre. Ce ne fut que lorsqu'il entrevit la couleur de ses yeux que Sanosuke manqua de lâcher sa lance. Deux orbes vertes achevèrent de lui donner l'identité de leur invité impromptu.

Il n'eut cependant pas le temps d'agir que deux autres silhouettes s'approchaient. Un homme et une femme. L'homme était une vision du passé qu'il n'aurait jamais cru revoir. Ses longs cheveux, pareils à la nuit, étaient attachés au sommet de son crânes hormis quelques mèches qui encadraient son visage. Ses yeux violets semblaient aussi observateurs et rusés que dans son souvenir. Il tenait contre lui, dans une étoffe attachée en bandoulière, un enfant qui ne semblait pas avoir plus de quelques mois.

A côté de lui, la silhouette fine et affutée, plus petite, d'une femme qui n'avait pas non plus changé. Ses longs cheveux bleutés étaient lâchés dans son dos et ses yeux, comparables à deux émeraudes, se fixaient sur lui avec une chaleur qui acheva de l'émouvoir.

Elle tenait la main d'une petite fille qui ne cessait de venir se coller contre sa jambe, cachant timidement son visage. Les cheveux de l'enfant étaient de la couleur de ceux de l'homme, et ses yeux, quand il les croisa, avait la même teinte violette.

- Oy, Isami ! On ne rentre pas sur les terres de quelqu'un sans prévenir, le gronda l'homme. Bon sang, gamin. Tu aurais pu faire la rencontre de la lance de Harada, et crois-moi il sait s'en servir.

Isami baissa la tête, acceptant la remontrance avec humilité avant de se lever pour retourner à côté de Kyô, laissant Heisuke seul. Kyô soupira et posa affectueusement sa main sur la tête du garçon pour lui ébouriffer les cheveux.

Toujours incapable de faire le moindre geste, Sanosuke se tenait en observateur. Il avait longtemps cru que Bara avait été terrassée dans sa quête désespérée pour retrouver Shiranui. Il n'avait jamais voulu faire part de son pressentiment à Chizuru, et il était à ce moment heureux de ne pas l'avoir fait.

- Sanosuke ? l'appela Chizuru en venant le rejoindre pour se figer à son tour devant la scène qui s'offrait à ses yeux. Bara-… chan ? Shiranui-san !

Soren posa son regard sur elle et lui offrit un sourire ravi. Chizuru ne perdit pas de temps et s'approcha d'elle pour la prendre dans ses bras, les larmes aux yeux. Son amie referma son bras libre autour d'elle et lui caressa le dos avec affection, laissant Chizuru sangloter sur son épaule.

- Pourquoi ne m'as-tu pas donné de nouvelles ? s'enquit-elle en s'éloignant un peu pour fixer son amie.

- J'ai essayé, soupira-t-elle finalement après un échange silencieux avec son compagnon. Mais j'ai dû travailler d'arrachepied pour ramener la paix et l'unité parmi les clans. Et quand finalement j'ai voulu vous retrouver, vous n'étiez plus là…

- Vous n'avez pas été facile à retrouver, ajouta Kyô en berçant le bébé qui commençait à pleurer.

Heisuke décida à ce moment de venir se coller contre la jambe de son père, regardant avec curiosité les nouveaux venus. Sanosuke baissa les yeux vers lui et posa avec tendresse sa main sur sa tête.

- Heisuke, je te présente des amis, à maman et moi, dit-il avec un sourire rassurant. Voici Shiranui Kyô et sa compagne, Bara.

Soren posa son regard empli d'émotion sur le garçon. Le nom ne manquait pas de rappeler vivement le garçon qu'elle avait connu. Un capitaine courageux et dévoué. Elle s'approcha avec précaution du garçon, sa fille toujours accrochée à sa jambe.

- Heisuke, souffla-t-elle. Tu portes un noble nom, sois-en fier.

Le garçon leva d'abord les yeux vers son père qui hocha la tête, plein de confiance, avant de hocher lui-même la tête à l'intention de la jeune femme. Chizuru prit la main de son fils et déclara qu'elle allait préparer du thé pour tout le monde, avant d'entrer dans la maison.

Sanosuke les invita à entrer, les précédents dans la demeure. Il alla reposer sa lance à sa place alors que Heisuke revenait dans la pièce en courant, le rire du gamin ne manquant pas de faire sourire le père. Sanosuke l'attrapa et le fit tournoyer autour de lui, élicitant un cri de joie de la part du petit.

- Qu'il est bon de voir que tu as réalisé ton rêve, souffla Soren en s'asseyant avec précaution sous le regard attentif de Kyô.

- As-tu réalisé le tien ? demanda-t-il en retour en tenant son fils sur son épaule.

Kyô eut un sourire amusé. Soren n'avait aucun secret pour lui, et son rêve, il le connaissait et avait fait en sorte de le réaliser au mieux possible. Elle voulait de la liberté et une famille, il avait fait en sorte, petit à petit, de léguer le pouvoir au clan Kazama après avoir travaillé d'arrachepied à ses côtés pour tout remettre en ordre dans leur monde. Ils avaient unifié les clans à nouveau et, même si Soren restait leur reine, c'était Kazama qui dirigeait à sa place et avec son accord à présent. Il la tenait informée des décisions qu'il prenait et acceptait les opinions de Soren sans rechigner. Et à présent ils étaient libres de faire ce que bon leur semblait.

La première chose qu'elle avait voulu faire, c'était retrouver ses amis et s'assurer qu'ils étaient heureux. Ils avaient alors fait le chemin pour retrouver Sanosuke et Chizuru avant de comprendre qu'ils étaient partis ailleurs. Ils avaient ensuite rencontré Sen qui, étonnement, avait trouvé en Amagiri le compagnon d'une vie. Ils attendaient leur deuxième enfant à l'époque.

- Comme tu peux le voir, souffla Soren en faisant un geste de la main pour montrer sa petite famille.

- En effet, vous n'avez pas chômé, s'esclaffa-t-il en s'asseyant à son tour, imité par Shiranui tandis qu'il reposait Heisuke sur le sol.

Chizuru arriva à ce moment avec le thé et en servit une tasse à tout le monde, posant également un plateau de petites douceurs sur lequel Heisuke se jeta goulûment. Isami eut plus de retenu, mais en profita également.

- Vous connaissez déjà Isami, commença-t-elle.

- Que tu as grandi, Isami, déclara Sanosuke en posant son regard sur le plus âgé des enfants. La dernière fois que je t'ai vu, tu n'étais encore qu'un bébé.

Isami inclina la tête avec respect mais n'osa pas parler, sa timidité le rendant encore plus adorable. Kyô en était amusé et n'hésita pas à ébouriffer de nouveau les cheveux du garçon qui lui lança un regard courroucé.

- Père ! se plaignit-il en remettant en ordre sa tignasse.

- Tu n'as pas à te retenir ici, gamin, sourit ce dernier. Ils sont à bien des égards une partie de notre famille.

Isami jeta un regard pensif aux trois personnes présentes avant d'acquiescer et de prendre son thé en silence. Chizuru regardait le garçon avec beaucoup de tendresse et d'émerveillement. Il ressemblait en tout point à son père biologique. C'était même effrayant à vrai dire. Cependant, son comportement était à l'opposé.

- Et cette petite qui reste collée à moi, c'est Bara, sourit Soren alors que la petite rougissait et enfouissait de nouveau sa tête dans le cou de sa mère.

- Pauvre enfant, elle ressemble à son père, soupira Sanosuke avec fatalité.

- Oy ! s'exclama Kyô en lui donnant un coup dans l'épaule, provoquant l'hilarité des adultes.

Cette hilarité réveilla malheureusement le petit dernier qui se mit à pleurer. Kyô tenta de le calmer en le berçant, mais ça ne sembla pas améliorer les choses. Soren confia Bara à Isami en lui demandant d'aller jouer avec elle. Sans grande surprise, la petite, après avoir protesté en s'accrochant à sa mère, finit par changer de cible et se colla contre son grand frère qui l'emmena à l'extérieur, suivit de près par Heisuke qui ne manquait jamais une occasion de s'amuser.

- Passe-le moi, sourit-elle avec tendresse devant le visage déconfit de son époux.

Il se résigna à lui passer leur fils qui continuait de s'époumoner, piquant une grosse colère. Elle le berça un instant dans ses bras tandis que son petit poing se refermait sur l'index de Kyô qui lui souriait avec tant de tendresse que Sanosuke avait du mal à y croire. Il n'était pas habitué à cette facette de sa personne.

- Je crois qu'il a faim, sourit Soren avant d'embrasser Kyô et de se lever pour suivre Chizuru qui la guida dans un endroit où elle serait à l'aise pour donner le sein.

- Et quel nom avez-vous donné à ce petit dernier ? s'enquit Sanosuke en sirotant son thé, à présent seul avec Kyô.

- Takasugi, répondit-il après un moment de silence.

Sanosuke hocha la tête en signe de compréhension. Takasugi avait été un humain qui avait réussi l'exploit de devenir ami avec ce oni-là. Il avait appartenu aux Choshu et avait été l'unique raison pour laquelle Kyô se battait pour leur cause. En somme, il n'était pas étonnant qu'il décide d'appeler son fils comme son ami en hommage à sa mémoire.

- Il semblerait que tu ais réussi à trouver ton chemin, murmura Sanosuke.

- Et toi le tien, conclut Kyô avec un sourire. Et tout ça pour l'amour d'une femme. Moi je te dis que ce sont elles les véritables guerrières.

- Ça, ça ne fait aucun doute, s'esclaffa Sanosuke.

Ces deux merveilleuses femmes qui n'allaient pas tarder à les rejoindre, avaient été leur support et leur avait donné la force de continuer. Elles portaient en elle tout le courage, la force et la joie qui leur avait permis d'arriver jusqu'ici. Et jamais, au grand jamais, ils ne les laisseraient leur échapper. De leur présence dépendait leur bonheur.


Fin