Chapitre 2 : Les méandres de l'inconscient.

- Hé, hé… que tu es naïve, gamine.

L'haleine putride de son agresseur la fit plisser des yeux et elle tenta de se dégager, mais le kunai s'enfonça davantage dans sa chair.

- Cette ruse marche à tous les coups …

Il fit signe au jeune garçon de prendre de la corde. Il acquiesça.

- Oui, Yonoko-Sama.

Le jeune garçon serra la corde sur les poignets de sa cible.

- Personne ne se moque d'Akatsuki… murmura-t-il avant de se dégager.

Il avait le regard vide. Il vide qu'il faisait penser à une enveloppe vide. Un humain vidé de son âme.

Le vieil homme la poussa sur le sol d'un violent coup de pied. La mâchoire de la kunoichi s'écrasa sur le sol, s'inondant de sang. Un gout âcre envahissait la bouche de la détenue, et elle serra les poings de rage. Elle n'était qu'une incapable

- Kyu, donne-moi les aiguilles

Aiguilles ? Avait-il bien dit aiguilles ? Sakura se débattait il ne fallait absolument pas qu'elle devienne sous leur emprise à cause d'un quelconque poison.

Le petit vint aux pieds de son maitre avec une boîte.

- Bien petit…

Yonoko s'empara de la boîte et dévora la jeune femme des yeux. Celle-ci fut dégoutée. Il ouvrit le contenant de bois, et s'empara d'une aiguille et d'un petit pot contenant du liquide.

- Ce ne sera pas douloureux, dit-il presque mesquinement.

Il prit bien son temps, faisant chaque étape parfaitement. Il trempa l'aiguille dans le liquide. Puis violement, il prit le bras de la kunoichi et y planta de force l'aiguille. La pauvre, sous le choc hurla de peur, se débattit, rien à faire les méandres du sommeil parsemaient peu à peu son esprit et s'y installaient de force. Sa respiration ralentit, ses yeux parurent vitreux, puis, peu à peu, ses paupières devinrent de plus en plus lourdes. Le noir. Il n'y avait plus rien, que du noir.

- Bravo, Yonoko… bon travail. Cette carte, cette mise en scène… tu es époustouflant ! S'exclama un homme imposant, la peau d'une teinte bleutée, et les traits sévères, d'un ton moqueur.

- Hoshigaki-sama… je suis à votre service.

- Tiens, voilà de l'argent pour ton service. Montre-là-moi !

Des bruits de pas résonnèrent dans la petite grotte. La voix caverneuse du nouveau venu intensifiait le mal de tête de Sakura. A peine consciente, de lourdes chaines la retenaient. Son chakra semblait absorbé par celles-ci. Une main froide et dure toucha sa peau de porcelaine, la tâta, tourna sa tête, lui ouvrit les yeux. Il émit un soupir de satisfaction.

- C'est bien Haruno, parfait… parfait.

De fortes mains soulevèrent Sakura et la déposèrent négligemment sur une grosse épée couverte de bandages d'un blanc immaculé. Yonoko et son maitre l'attachèrent avec de grosses cordes dures sur celle-ci, action soit dite en passant, dépourvue de toute délicatesse. Couvertes de blessures, la kunoichi était en bien mauvais état. Le criminel attacha l'épée à son dos.

- L'Akatsuki te remercie pour tes services, dit-il sans la moindre émotion, presque négligemment.

Son regard perçait la pénombre. Il ne savait pas depuis combien de temps il était là. Une heure, trois heures, dix heures ? Peut-être un jour. Sa vie n'avait plus de sens, il le savait.

Servir aveuglément, en attendant que la mort vienne vous chercher…

Quelle tristesse. Mais il y avait du nouveau. Une kunoichi, pour être plus exact… un petit rayon de nouveauté. La pauvre était enfermée dans le repaire au nord de Konoha, à quelques kilomètres de sa cachette actuelle. Sous les ordres de Pein, Kisame avait dut élaborer un plan de capture. Pourquoi ? Oh, il y avait pleins de raisons… Konoha, le manque de médic-nin, et encore…

Tout ce que Pein avait voulu lui dire, c'était qu'elle allait lui être d'une grande aide. Pourquoi ? Il ne le savait pas. Il ne connaissait ni son nom, ni sa réputation. Quelle blague. Pourquoi était-ce si sécurisé ? Etait-elle si importante ?

- Mange, gamine, ordonna une voix caverneuse, mange sinon je te torture.

Sakura ouvrit difficilement les yeux. Elle fit un saut en voyant le visage de son agresseur. Hoshigaki Kisame ! L'Akatsuki ! Vite, elle devait fuir. Mais comment ? …

Enervé, l'homme requin la toisa d'un regard menaçant, et la kunoichi obtempéra. Pas le choix, avec une telle épée, et surtout une telle réputation, elle devait bien se tenir.

- Konoha… rigola-t-il méchamment, ils sont si naïfs !

Sakura se tut et baissa la tête. En effet, Tsunade l'avait envoyée tout droit dans un piège…

- Etes-vous… Hoshigaki… Kisame ? Souffla la jeune fleur, terrifiée.

- Et bavarde en plus de cela, se moqua-t-il, Oui, c'est bien moi… ça fait du bien de savoir que je suis toujours célèbre…

Le célèbre criminel se leva et marcha longuement en faisant des cercles. Il semblait irriter, énervé, profondément agacé. Il valait mieux ne pas l'énerver. Il murmurait de temps à autre des jurons, se plaignait de la lenteur de la mission et du manque d'action. Il détestait ne pas avoir à combattre, c'était plus fort que lui. Il voulait du sang, de la chair, la mort, de la peur…

Sakura, elle, ne comprenait pas grand-chose de la situation. Où était-elle ? Pourquoi ne l'avaient-ils pas tuée ?

- Cette nuit, très tard, nous allons aller quelque part, dit-il froidement. Tes yeux sont bandés, bien sûr… je te confierai à quelqu'un, et on se reverra dans un mois. Il s'occupa de toi, et puis c'est le meilleur en torture, rigola mesquinement l'homme requin, alors pas la peine de t'enfuir…

- Pourquoi suis-je si importante à vos yeux ? fit courageusement Sakura.

Elle savait qu'elle était sur un fil au bord du précipice, elle devait faire attention à ses mots.

- Détrompe-toi, pour moi, tu ne vaux même pas la peine d'être écoutée. Probablement qu'il te le dira… et puis de toute façon, pas la peine que tu le saches, gamine. C'est une histoire de grandes personnes… se moqua-t-il.

Sakura était choquée. Il était méchant ! Il la croyait incapable ? Elle mourrait d'envie de lui montrer que non…

- Dors, probablement que tu auras de la difficulté dans les prochaines jours, ricana-t-il sournoisement.

La pauvre kunoichi se plaça en boule sur le sol froid du repaire. C'était un sous-sol, sans fenêtres. Ses blessures la faisaient souffrir et elle tenta de se soigner. Mais au fond d'elle, le chakra n'était plus. Elle était profondément affaiblie. Comment était-ce possible ? Même si elle fait énormément d'efforts, il restait toujours un minimum de chakra ! Mais là… rien. Le néant.

Cette nuit-là, elle rêva à Naruto, à sa vie, à Sasuke. Elle pleura beaucoup, énormément. Elle se sentait inutile.

« - Sakura ! Tu… tu… tu… tu ne réalises pas à quel point cette mission est folle ! Tu as toi-même tué Sasori, tu devrais le savoir, non ? Ils… ils ont failli te tuer. Et Gaara aussi … d'ailleurs.

- Je n'ai pas le choix. C'est pour le village, je dois prouver ma force, répondit-elle d'un ton déterminé.

- Mais Tsunade devient folle !

- J'ai confiance en elle, murmura-t-elle, je sais… qu'elle veut mon bien. »

Quand elle repensait à ses paroles, elle eut un pincement dans le cœur. Confiance… Règle n°8 des ninjas… ne jamais faire entièrement confiance à quelqu'un. Elle avait enfreint cette règle et écouté son cœur. Le cœur… son cœur. L'ennemi n°1 du ninja… n'avait-elle pas été prévenue des milliards des fois ? Oui, mais elle croyait que les gens pouvaient être gentils. Elle croyait. Mais plus maintenant.

Puis vint finalement le temps de partir. D'un coup de pied négligé dans le ventre, le criminel la réveilla. Elle cracha du sang et tenta de se lever. Impossible. Agacé, Kisame l'attacha à son épée, en n'oubliant pas de lui bander les yeux. Ils étaient prêts.

- Tsunade-sama… nous avons de mauvaises nouvelles… commença un ninja des forces spéciales.

- Ne me dites pas que …. S'étouffa Tsunade, sous le choc.

- L'Akatsuki avait falsifié les informations, aucuns des repaires n'en était un. Sauf un. Le plus près de Konoha… et ils l'y attendaient.

Tsunade baissa la tête. Coupable. C'était entièrement de sa faute…Et Naruto, il allait tellement lui en vouloir !

Tiens, en parlant du renard, celui-ci montait à l'étage au même moment. Paniqué, il était venu en vitesse. Les rumeurs circulaient déjà !

- BAA-CHAN ! Comment avez-vous pu… de fausses infirmations… baa-chan ! Criant-il, en pleurs, Sakura-CHAN ! Elle… elle… Akatsuki… Sakura…

- Désolé… Naruto… je croyais… oui, je croyais…

Le voyage était long et pénible. L'épée absorbait tout son chakra et elle balançait mollement au gré des pas de course du nuke-nin. Bientôt, le jour se lèverait.

C'est finalement au bout d'une dizaine d'heures que Kisame aperçut son coéquipier. Quand Sakura entendit le nom, elle se figea. Uchiwa… Itachi. Non, ce n'était pas possible, pas lui.

- Elle me dit vaguement quelque chose… murmura le nuke-nin de Konoha, Haruno Sakura l'apprentie du cinquième Hokage, non ?

- C'est exact. Elle a vachement de cran, la gamine… elle n'hésite pas à employer les grands moyens.

- Pas de problème.

Sakura sentit qu'on la soulevait du sol. Une aura protectrice, comme un ange, l'apaisa immédiatement. Dans ces bras-là, elle se sentait plus paisible. Plus de gros liens, d'épée, de trimbalage…

Le voyage se passa dans un silence total. Inconnus l'un envers l'autre, ils ne se connaissaient pas suffisamment pour échanger un simple mot. Comme seul compagnon e voyage, ils avaient la nature. Le vent, les bruits de l'eau, les animaux, le soleil. Vers la fin du voyage, il la déposa et la tira. Ils étaient tout proches. Cent mètre, tout au plus. Il ne fut pas surpris de vois qu'elle s'obstinait à ne pas regarder ses yeux. Kakashi en avait tellement parlé, la dernière fois, qu'elle devait être au courant des effets de son sharingan.

- Bien… Voici ma demeure. Enfin, demeure de passage… dit-il froidement.

Elle ne devait pas croire qu'il était là pour elle. Certes, il l'avait portée, mais il ne devait pas baisser sa garde. Il ne manquerait plus qu'elle s'enfuie pour que Madara intervienne.

Il la guida vers le sous-sol. En bas, une petite pièce très fermée du reste de la maison. De larges fenêtres incassables servaient de murs, et une petite porte, en verre aussi. Il s'agissait d'un verre spécial conçu pour absorber le chakra et résister aux pires coups. L'Akatsuki l'utilisait fréquemment, par exemple, pour créer leurs bagues. Au milieu, un chandelier. Pas au plafond, non, ce serait trop simple de s'enfuir sinon. Il était sur le sol, au milieu de nulle part, évidemment.

Puis un matelas très mince au fond de la pièce.

Il poussa Sakura à l'intérieur de sa prison, et, trop affaiblie pour réagir, elle accepta sans rechigner.

« La dernière fois, elle avait une flamme dans ses yeux… maintenant, on dirait que l'épée de Kisame l'a complètement mise à plat. Etonnant. » Pensa-t-il.

- Tu as faim ?

Une phrase si simple, mais pourtant si compliquée pour l'apprentie de Tsunade. Avait-elle faim ? Impossible de le savoir, la fatigue était bien trop présente.

Sans se soucier de la réponse, il lui donna quelques fruits et sortit de la pièce en silence.

Enfin un autre chapitre de finis. J'essaierai d'en mettre un toutes le semaines.