Chapitre 8 : Révélations

Cela faisait désormais de longues heures que les médecins faisaient tout leur possible pour déceler les secrets du cadavre inconnu, mais rien. La personne responsable de tout cela lui avait probablement fait vivre une grande souffrance et il avait été vidé de l'intérieur, comme mangé par une bête sauvage avide de chair. Ils devaient se rendre à l'évidence : impossible de déterminer de façon exacte l'identité de ce corps. Bien sûr, il y avait des possibilités, comme Hoshigaki Kisame, par exemple, mais… ça, personne ne pouvait le prouver, et on pouvait encore moins prouver l'identité de l'auteur de ce carnage sanglant.

Selon les calculs de l'équipe médicale, l'individu avait perdu la vie il y a seulement quelques jours, mais il avait longtemps erré dans la forêt en quête d'aide. Probablement qu'il fût trouvé par une bête sauvage qui en fit son repas du soir, ou alors par un ninja particulièrement insensible. De toute façon, ça ne changeait rien, il était mort. Et puis le pire c'était les objets qui étaient étendus autour du corps : Samehada l'épée légendaire et un bandeau de déserteur de Kiri. Tout cela semblait proposer que le cadavre était celui du criminel Hoshigaki Kisame de Kiri, mais… peut-être que c'étaient des fausses pistes. Peut-être que le coupable de ce meurtre c'était lui.

Pour l'équipe médicale, l'important était avant tout de savoir si le village courrait un danger ou si le cadavre était l'un des leurs, le reste leur importait peu. Mais comment savoir si l'assassin rodait toujours ?


C'était dans une pièce sombre, froide et inhospitalière. Une odeur âcre de sang s'y promenait librement et la lumière y était rare malgré la grande fenêtre qui s'ouvrait sur l'extérieur. Cette fenêtre en pierre avait une allure majestueuse et montrait une vue panoramique du paysage extérieur. La pluie tombait énormément, et ce, sans répit. De toute façon, ils y étaient habitués. Dans ce pays, rare étaient les moments où la pluie cessait. Sur une chaise en bois imposante, un homme habillé d'une grande cape était assis et devant lui, une femme belle comme le jour à l'allure d'un ange. Ses fins cheveux bleus faisaient ressortir la beauté de ses yeux mordorés et elle avait la peau pâle comme la neige. Son nom était Konan et elle parlait à son grand ami qui portait le nom de « Pein ». Pein semblait pensif et rendait atrocement inquiète la jeune femme qui se tenait devant lui.

- Dans quelques jours elle sera là, remarqua-t-il pensivement.

- Nous n'avons pas besoin d'elle, Pein, murmura-t-elle tristement.

Elle fit quelques pas en direction de l'homme aux cheveux cuivrés.

- Ne dit pas ça, Konan, elle sera parfaite.

- Mais… Pein…

Elle avança davantage vers son ami et posa la main sur son bureau de pierre. Elle lui fit un sourire nostalgique mais celui-ci n'y répondit pas.

- Tu ne crois plus en la paix, n'est-ce pas,… Nagato ?

Il ne répondit pas et plongea son regard dans les yeux dorés de la jeune femme. Oui, il n'y croyait plus. A quoi bon, de toute façon ? Les humains sont soit lâche soit jaloux, et il y a très peu de gens courageux.

- Nagato… souffla-t-elle tristement, cette paix, nous la cherchions autrefois…

- Elle n'existe pas, Konan.

- Peut-être mais… nous pouvons la créer… murmura Konan.

- Il n'y a que la paix intérieure qui soit possible…

- Et bien créons notre paix, alors. Et sans cette fille, elle ne nous a rien fait, elle ne mérite pas cette vie…

La jeune femme contourna l'imposant bureau et arriva à côté de Pein. Elle posa une main sur l'épaule de celui-ci.

- Je t'en prie, Pein. Cette pauvre fille cherche aussi sa paix, laissons-là la trouver.

L'homme nommé Pein se leva et fit face à l'ange aux cheveux bleus qu'il connaissait depuis son enfance. Il lui fit un maigre sourire désolé et la serra dans ses bras.

- Ceci m'est impossible, Konan… la décision a été prise… murmura-t-il, elle trouvera la paix parmi nous.

- L'akatsuki n'est plus ce qu'elle était… la paix n'est malheureusement plus parmi nous, Pein…

Il lui murmura un énième désolé et la serra encore plus fort dans ses bras. La jeune femme passa sa main dans les cheveux cuivrés de son ami, les yeux bordés de larmes. Le souffle court, elle déposa ses lèvres sur le cou de celui-ci, prise d'une puissante impulsion.

- Je t'aime… Nagato… pour toujours… le sais-tu… ? sururra-t-elle tristement.

- Je le sais… Konan. Malheureusement, je ne suis presque plus humain et t'aimer en sachant la mort proche de moi est égoïste.

Il déposa un doux baiser sur les lèvres de Konan, presque en signe de pardon. Celle-ci, les joues rougies par l'émotion, lui rendit un baiser passionnel, en pleurs. La mort ne pouvait donc pas les laisser en paix, eux, simples humains en quête de paix ? Avide de baisers, Konan serra encore plus fort le corps de son ami, mais celui-ci la repoussa faiblement. L'amour, pour un ninja, c'était quelque chose d'interdit, d'inconcevable, de mortel. L'amour pouvait causer la mort ou le manque de sang-froid, les suicides, les trahisons. C'était si beau mais si triste en même temps. Mais Pein, en tant que chef d'une organisation très puissante, ne faisait pas exception à la règle, et c'était pire encore pour lui. Konan était un membre de son organisation, une intelligente jeune femme aux capacités surprenantes. Si elle devait mourir, étant la dernière partie de son enfance, il la suivrait probablement peu après. Et ça ne devait pas arriver. Elle ne devait pas s'inquiéter pour lui en mission, encore moins pour lui. Elle était un membre, une précieuse amie, mais rien d'autre.

Un sourire triste naquit sur les lèvres de la jeune Konan et elle ferma les yeux. Elle comprenait, elle aussi devait l'oublier. Ce baiser ne signifiait rien pour elle, ce n'était qu'un apaisement de cette souffrance qui la torturait. Ce besoin de lui, de ses lèvres, de son corps. Ce n'était pas la première fois, probablement pas la dernière, mais elle devait l'oublier entre temps pendant les missions qu'on lui confiait.

- Merci, Nagato…

- C'est moi qui te remercie, Konan… merci de comprendre, merci… pour tout.

- Alors c'est inévitable, cette Haruno Sakura suivra la trace de tous les membres d'Akatsuki ?

- … Oui.

- Je lui fais un test ou tu veux le faire ?

- Fais-le, j'ai d'autres choses à faire…

- Bien, chef.

Elle essuya ses larmes et sortit à grands pas du bureau de Pein. Dans le couloir, elle ne croisa personne, et puis c'était bien mieux ainsi. Elle ne voulait pas croiser cet horrible Madara. Elle le haïssait plus que tout et méprisait toutes les ambitions de cet être ignoble. Très vite, elle trouva sa chambre et y entra. Un grand courant d'air humide et glacial entra par la fenêtre, faisant voleter les grands rideaux blancs. Elle fut surprise de voir un membre de l'organisation s'approcher du grand château de métal et de pierres que possédait l'Akatsuki. Pourtant, ils n'attendaient personne avant quelques jours… à moins que…

Prise d'une soudaine envie de tout tirer au clair, elle fit quelques signes avec ses mains et de gigantesques ailes de papier se formèrent, petit à petit, sur son dos. Elle fit un saut à travers sa fenêtre et s'élança dans le vide, libre comme l'air. Elle parcourue une longue distance, volant aisément entre les tuyaux de fer qui sortaient de la demeure. Elle fut surprise de finalement reconnaître Itachi qui portait une jeune femme aux cheveux roses. Elle la reconnut immédiatement : Haruno Sakura. Selon la description de Kisame, elle avait les cheveux roses et les yeux verts. Quoi de moins commun que les cheveux roses ? Ça ne pouvait être qu'elle. Elle atterrit gracieusement devant le plus jeune Uchiwa de l'organisation et le toisa d'un regard froid. Celui-ci lui rendit le même accueil et déposa la jeune femme sur le sol. Sonnée, elle se réveilla brusquement, mais n'y vit pas plus clair à cause du bandeau qui lui cachait les yeux. Itachi enleva le bandeau des yeux de la kunoichi. Celle-ci se figea en apercevant la jeune femme qui l'observait d'un regard froid et sans émotion.

- Haruno Sakura… dit-elle de sa voix harmonieuse et sereine mais totalement vide.

Sakura ne répondit pas et lui fit un regard glacial. Le manteau que portait cette femme, c'était celui d'Akatsuki ! Konan s'approcha de la jeune femme qui posait sur elle un regard de jade des plus glacials. Celle-ci, bien qu'ayant encore les mains attachées, ne se fit pas prier et se leva brusquement, alertée.

- En tant que représentante du chef d'Akatsuki, sous ses ordres, je vais te soumettre à un test. Si tu échoues… je vais te tuer. Nous avons un membre en piteux état. Tu as 24 heures pour le guérir totalement, sinon, je vais te faire souffrir énormément et te tuer ensuite. Suis-moi, fit-elle d'une voix neutre dépourvue d'émotion.

Le corps pâle et quasi détruit gisait dans un lit blanc sans artifice. Ce modèle de lit rappela à Sakura les lits d'hôpitaux de l'hôpital de Konoha. C'était un jeune homme à peine plus vieux qu'elle aux longs cheveux blonds. En voyant l'ampleur de sa tâche, elle faillit crier d'horreur. Elle devait raccommoder des parties de son corps et réparer beaucoup d'os, et ce, en 24 heures !

- Nous comptons sur toi, petite, fit-elle presque tristement en sortant de la pièce.

Bien sûr, elle verrouilla la porte, elle n'était pas stupide. Sakura souleva donc les draps du corps du blessé et se figea d'horreur en voyant son état, mais le pire était cette bouche béante sur son torse. Jamais elle n'avait vu quelque chose de pareil ! Mais la perfection de son corps, malgré les nombreuses blessures, était tout de même impressionnante. Certes, elle avait rarement vu le torse d'un homme, mais… Naruto, qui avait été un des seuls à se montrer ainsi dévêtu devant elle, semblait bien loin derrière lui.

Elle remarqua une petite trousse sur le bureau et l'ouvrit. Dedans, des antidotes, des bandages, des vivres pour 24 heures et des vêtements de rechange. Elle en profita pour se glisser derrière le maigre paravent de la salle et se changea rapidement, horriblement gênée. Oui, cet homme était inconscient, et alors ? Elle était gênée, voilà tout. Elle enfila une petite robe blanche toute simple, un peu comme les robes d'infirmières qu'on retrouvait à Konoha, et se leggings noirs arrivant aux genoux. Elle s'approcha timidement du blessé et prit son pouls : horriblement faible, trop faible ! Se rappelant que sa vie était la vie de cet homme, elle donna tout ce qu'elle avait et répara les pires blessures en premier. En trois heures, le sang ne coulait plus et les organes vitaux étaient réparés. Complètement morte de fatigue, elle prit place sur le lit et observa le jeune homme aux cheveux dorés, fascinée. Il possédait une grande réserve de chakra et semblait déjà reprendre des couleurs, et ce même si son corps semblait toujours aussi détruit. L'important, c'était d'abord et avant tout les blessures internes.

Elle s'assoupit malgré elle dans les bras de Morphée et ne se réveilla que quelques heures plus tard, prise d'un violent mal de tête dut à la fatigue. Mais, déterminée, elle se leva et vit avec un plaisir certain que le pouls du blessé semblait redevenir normal. Elle s'attaqua donc pendant cinq bonnes heures à la régénération des tissus externes, dans lesquelles trois furent consacrées à la réparation d'une des jambes. Mais son travail était loin d'être terminé et elle s'accorda une petite sieste, complètement vide de chakra.

Elle dormit toutefois trop longtemps et fut, heureusement, réveillée par le blond qui semblait reprendre conscience du monde qui l'entourait. En voyant le soleil se lever, elle prit peur. Il ne lui restait que huit heures, tout au plus ! Elle devait avoir dormit à peu près cinq bonnes heures !

- Qui… êtes… vous ? souffla-t-il faiblement.

Sakura se figea de surprise et observa attentivement l'homme qui lui avait adressé la parole. Ses yeux, d'un bleu infini, lui rappelèrent Naruto et elle eut un pincement au cœur.

- Je… je suis celle qui m'occupe de vous. Dans quelques heures, vous allez être en parfait état… je vous le promets, fit-elle le plus doucement possible malgré la peur qui la faisait trembler.

- Comment… vous appelez-vous ?

- Je… je ne sais pas si je devrai… murmura-t-elle tristement, de toute façon, je vais mourir bientôt… peut-être…

- Mais c'est une honte de tuer une œuvre d'art pareille ! dit-il, stupéfait, Dites-moi votre nom, au moins, je pourrai peut-être faire une œuvre en votre honneur… hum !

- Sakura, fit-elle en reprenant le sourire.

Cet homme était assez amusant et Sakura l'appréciait bien, elle se surprit même à penser qu'il aurait pu être son ami, dans une autre vie…

- Sakura… c'est magnifique, inspirant… artistique ! Vous allez être ma Sakura, alors…

- Si vous voulez bien que j'aie une chance de survie il va falloir que je vous soigne.

- Vous êtes medic-nin ? Une femme comme vous, une kunoichi ? Etrange, vous m'étonnez.

Sakura ne répondit pas et passa les cinq heures suivantes à la réparation des dernier os cassés, continuant malgré la fatigue qui se faisait rapidement sentir. Le jeune homme tentait de la dissuader de continuer et de se reposer mais à chaque fois elle refusait catégoriquement. Elle voulait vivre, elle voulait vivre, elle voulait une vie, c'était sa seule chance !

- Mais vous allez vous tuer à la tâche, Sakura… murmura-t-il tristement.

- Je mourrai bien de toute façon, répondit-t-elle froidement.

A son plus grand bonheur, il ne restait plus que quelques blessures mineures. Elle se mit donc à la tâche et répara les imperfections, mais rapidement la porte s'ouvrit.

- Ah… Konan-san, vous allez bien ? s'exclama le blessé, tout sourire. Elle est super, cette fille qui s'appelle Sakura, vous seriez vraiment inhumains de la tuer ! Elle se tue à la tâche, la pauvre !

La jeune femme aux yeux mordorés échappa un hoquet de surprise et d'horreur. Jamais elle n'aurait cru quelqu'un capable d'une telle prouesse ! Le corps de Deidara, autrefois sans espoir, était presque guéri. En voyant l'ange aux cheveux bleutés, la pauvre Sakura échappa ses bandages et, chancelante, tomba sur le sol, inconsciente. Deidara n'exagérait vraiment pas, elle semblait complètement éreintée.

- En effet, ce serait inhumain… murmura-t-elle tristement. Mais probablement pas plus que le destin qui l'attend…


Fiouf enfin fini, j'ai bien cru ne pas respecter mes délais !

A bientôt pour la suite.