Je ne sais pas si je dois m'inquiéter d'avoir autant l'envie d'écrire ça plutôt que mes autres fics. (joker : je suis sur d'autres projets, m'enfin bon).

asma-chan :
C'est très michant, hélas, c'est la vérité :c Chacun fait ce qu'il veut avec sa kekette et son vagin, mais moi je trouve ça un peu triste que ça soit parfois fait à l'arrache. On nous bassine depuis l'enfance que c'est un acte amoureux uniquement, QUE NENNI. Et je regrette pas les vacheries lancées à Francis, celui-ci a bien besoin de quelques coups de fouets ! (sinon on y sera jamais à temps)

Kurea-chan :
Une profond-quoi, je vois pas de quoi tu parles (tu sais que la moitié de cette fic est écrite sur le tas ? xD Je ne réfléchis qu'aux 25% de la suite à chaque fois. Parfois je trouve même l'intro du chapitre suivant juste après, mais dans l'ensemble, pfiut !) Arthur est devenu mon exutoire, je suis peut-être pas aussi bien placée que lui pour savoir ce que ressentent les asexuels, mais il est ma pièce d'échiquier pour dénoncer un peu ce que je pense du seks en société 8D Voilà voilà, anarchiste tmtc.

Mimichan :
On vit dans un monde ouvert sur plein de côtés, et qui pourtant refuse de croire à des choses tout aussi simples. On peut aimer son propre genre ou même les deux, mais ne pas avoir d'envies sexuelles ça reste encore "incompréhensibles" pour beaucoup. Et comme je suis un gros bisounours, je dis qu'il fauuut aimer tout le monde et croire tout le monde. Voilà. Francis laisse encore à désirer, je l'ai tellement opposé à Arthur avec son rôle de gigolo que je me demande comment je vais le sortir de là mdr.

σ(≧ε≦o)


Ça jasait, dans un coin du campus. La fille avec qui Francis fricotait pas plus tard que leur dernière entrevue de groupe pleurait et jurait contre celui qui l'avait largué. Pour peu, Arthur allait presque compter les jours qu'il lui avait accordé. Elle aurait eu de plus p'tits seins, il l'aurait fait une semaine plus tôt, ne put-il s'empêcher de penser. Bonnefoy allait passer à autre chose, le jeu ne consistait plus qu'à deviner s'il allait piocher une belle blonde ou une grande brune.

De son côté, son « histoire » avec Alfred prenait une tournure inattendue (et non-désirable). Ce dernier n'avait pas comprit la situation et piégeait désespérément Arthur à différents moments de la journée. Téméraire, l'Américain s'était mit en tête qu'Arthur niait ses sentiments et son attirance, refusant catégoriquement de croire qu'il n'avait ni l'un, ni l'autre. Et Arthur ne trouvait les mots pour le lui dire clairement. Alfred serait le genre de type, dans la majeure des cas, à ne pas comprendre comment on ne pouvait pas ressentir de désir – ni même de plaisir lorsqu'on en avait pas envie malgré l'acte. Il ne voulait pas se perdre en conjectures avec lui si c'était pour qu'il fasse la sourde oreille. Arthur en avait assez de devoir le semer en pressant le pas.

- Lâche-moi.

- Non.

L'Anglais s'arrêta pour le regarder fixement dans les yeux.

- Je commence à perdre patience, ne m'oblige pas à être gratuitement méchant.

- Oh, mince alors, je savais pas que j'avais affaire au gentil Arthur, pesta l'autre. Et m'abandonner aussi froidement, c'était pas gratuitement méchant, peut-être ?

- Je ne t'ai pas abandonné, puisqu'on a rien prévu ensemble. Je t'ai déjà dis ce qu'on a fait.

- Oui, oui, je connais la chanson : on a couché parce qu'on avait envie, fin de l'histoire. Et c'est tout, tu n'assumes pas ?

Arthur ne voyait pas où il venait en venir. Ou plutôt, si, il comprenait qu'Alfred voulait qu'il prenne ses responsabilités, mais elles étaient ridicules selon son point de vue : jouer les tendres parce qu'ils ont passé la nuit ensemble alors qu'il n'y a pas de sentiments (du moins, d'un côté) ça n'a pas de sens. Ils n'étaient ni en couple, ni sexfriends, alors Arthur pouvait difficilement concevoir de traiter Alfred comme une petite chose précieuse et adorable. Certains pouvaient sans doute le faire, mais... pas lui. En dehors du sexe et de l'attirance physique, Arthur avait également du mal à tomber amoureux. Il n'avait même jamais eu de coup de cœur, pas le moindre intérêt ne serait-ce que pour le physique ou la personnalité – autrefois, il s'était même inquiété de ne pas avoir de goûts qui le feraient tourner vers une tierce personne.

Alfred était grand, plutôt musclé, avait de beaux yeux et un visage étincelant de joie de vivre. Il souriait souvent, était dynamique, ultra-sociable et sportif... et pourtant, rien de tout cela ne plaisait à Arthur. Pas même par pure satisfaction.

Il ignorait s'il préférait les rousses, les blonds, les petites, les latins, les timides, les artistes, les grosses poitrines, les musclés... Arthur ignorait ce qui lui plaisait. Et il n'a jamais connu la joie de l'amour ou celle du crush. Pas d'intérêts, ni d'envies, Arthur était... vide, sentimentalement. Alors ce n'était pas Alfred qui s'accrochait autant qui allait le faire tilter.

- Je ne peux pas.

- T'es vraiment lâche.

- Non, je veux dire, je n'ai rien à assumer.

S'il n'avouait pas vite, Alfred allait encore exploser – et renforcer son harcèlement.

- Je n'avais pas envie. J'ai dis oui, mais je ne voulais pas.

- Tu voulais pas ? Et c'est maintenant que tu me le dis ? Mais sérieux, qui couche s'il a pas envie ? Je croyais que c'était ce que tu me disais, qu'on l'avait fait parce qu'on avait envie !

- Oui bah j'ai menti, d'accord ?! Merde, lâche-moi avec ça !

Il commençait à s'impatienter. Sans compter qu'il était persuadé qu'Alfred ne comprendrait pas. Mais au point où il en était, autant essayer.

- J'avais pas envie, parce que. Voilà. Je ne sais pas comment t'expliquer ça, mais j'ai... juste pas envie, tu comprends ? J'ai dis oui, mais je ne voulais pas. Tu me collais au train, personne l'avait fait jusque-là, alors j'ai essayé. Mais ça venait pas, j'ai regretté, je ne voulais pas m'envoyer en l'air – et puis pour moi, le terme est faible. J'avais aucun désir pour toi, je pensais que ça changerait, mais ce n'est pas le cas. Alors oui je t'ai lâché, oui je te jettes, mais... j'ai envie de rien. Avec toi. Je peux juste pas avoir envie.

Alfred était perplexe et ça se voyait. Lui-même flou sur son propre fonctionnement, Arthur ne savait pas quels mots utiliser pour expliquer de façon claire qu'il était « asexuel ». Si ça se trouve, le mot lui était étranger de sens, voire même quasiment incompréhensible dans son contexte. C'était comme avouer ne pas aimer le chocolat : 90% du monde en raffolait, mais il existait une grosse poignée de personnes qui n'aimait pas ça et le reste ne comprenait pas comment c'était possible.

Arthur attendait une réaction plus ou moins facile à encaisser face à ce silence. Mais Alfred ne semblait pas comprendre qu'il attendait justement une certaine indulgence de sa part. Au contraire, il semblait un peu plus vexé comme si l'Anglais lui avait trouvé un prétexte idiot pour qu'il lui fiche la paix.

- Mec, t'es en train de me dire que t'aime pas le sexe ? Roh putain...

- Ça veut dire quoi, ça, « putain » ?

- Je veux dire, qui n'aime pas le sexe ? Bon, à part un mec violé... Mais non, non, même ça c'est pas logique ! T'as peur, mais tu aimes quand même ! Je veux dire, c'est chimique : le corps il est programmé pour ça. T'imagine si la moitié du monde aimait pas le sexe ? Mais l'humanité s'éteindrait en 50 ans à peine ! Tout le monde aime le sexe, j'veux dire, on a ce qui faut pour que ça se passe comme ça, c'est la nature ! Elle est franchement bidon, ton excuse. Les gens ils aiment coucher, par amour ou non, c'est comme ça que fonctionnent les gens normaux !

Lorsqu'il eut finit son ignoble petite thèse, Arthur hésita entre lui coller une gifle ou lui casser le nez. Tout ce qu'il avait peur d'entendre, ce qui le faisait vaciller dans ses moments de doute, l'Américain le lui avait ressortit sans délicatesse et sans même songer à réfléchir un peu. Non, visiblement, être asexuel n'était pas normal. Alors dans ce cas, pourquoi ce mot existait ? Était-ce une déviance ? Arthur devait le prendre comme une pathologie ? Il n'osait plus le regarder, de peur de casser ses lunettes à force de ne plus supporter son visage insouciant et ignorant.

- Putain, tu... casse-toi. Casse-toi avant que je t'en mette une. Comme tu l'as dis, « fin de l'histoire », alors t'as vraiment plus intérêt à m'approcher après ça.

Son ton était aussi calme qu'antipathique. Là, maintenant, il exécrait Alfred. Lui, sa tête d'ange et ses convictions à la noix. Pour appuyer sa rage, Arthur fit demi-tour sur lui-même si brusquement que son sac heurta Alfred, qui se prit la moitié du poids d'un gros dictionnaire – voire deux. Cette fois, il laissa l'Anglais partir.

Arthur se sentait fissurer de l'intérieur. Il avait peur de se questionner, de se demander réellement s'il était normal. Il ne voulait pas voir de psy, de peur de tomber sur un type fermé, et encore moins se confier à ses amis, par crainte de recevoir le même jugement qu'Alfred.

Arthur sentait comme l'envie de pleurer, de rage comme de désespoir. Quelque part, au fond de lui, une petite voix impatiente et avide de réponses lui murmura que l'Américain avait sans doute raison.


Oui Alfred est un salopard ignorant et oui j'ai envie de le tuer.

Une review = une gifle collée dans son petit minois.