Nowel approche, Nowel approooooche- Pour fêter, ça : rien du tout.

asma-chan :
Arthur a suffisamment descendu la pente, je crois- Il est temps pour lui de la remonter un peu 8D Même si, avouons-le : torturer des personnages, c'est cool.

Lea Baskerville :
Définitivement, Tonio et Arthur se crêperont toujours le chignon, pour moi. Plus que le FrUk, je dirais (subjectivement). J'avoue que Jo, pour l'instant, c'est le joker xD Et il reviendra pour être le joker. Faut vraiment que je lui trouve une fonction dans mes fics, à celui-là :c


Arthur ne voulait en aucun cas suivre le « conseil » d'Antonio. Mais d'un autre côté, il avait titillé sa curiosité. On lui avait craché un ordre, certes, mais si vraiment le Latin ne voulait pas que le Britannique approche son meilleur ami, pourquoi aurait-il autant insisté ?

Malgré ces sentiments contradictoires, Arthur se résolut tout de même à approcher le Français lorsque celui-ci n'était pas occupé ni même entouré de la moindre poulette à gros seins ou à fines jambes. Sauf qu'il ne savait tellement pas comment commencer que Bonnefoy grimaça face à ce silence... Ainsi ce dernier prit la décision de l'ignorer et de le contourner. Arthur soupira en maudissant Antonio, et appela :

- Faut qu'on parle.

- On a plus rien à se dire, il me semble.

- Antonio m'a dit de venir te voir.

Bonnefoy s'arrêta, puis le regarda. Il semblait avoir tiqué, comme si le message était soudainement devenu clair et limpide. Lorsque Arthur sentit la tension s'apaiser, il suivit le grand blond qui lui indiqua de venir s'asseoir plus loin avec lui.

Ce n'est qu'une fois bien seuls, loin de la foule et dans un coin de parc plutôt agréable, qu'Arthur prit enfin le temps de l'observer. En plus d'être « objectivement » beau, Bonnefoy avait une manière très propre de s'habiller. Même le petit détail de la barbe naissante semblait contrôlée, sans jamais qu'on n'y trouve un poil de trop ou de moins. Combien de temps passait ce type dans la salle de bains pour être aussi soigné ? Dire qu'Arthur, loin d'être intéressé par la beauté qui attire l'oeil, se contentait de se coiffer au mieux possible (il avait une capillarité capricieuse) et de se vêtir un minimum correctement, il se sentait comme un jeune employé fraîchement sorti de l'école face à un grand patron. Mais en se rappelant qu'il avait en face de lui un gigolo, il reprit contenance et assurance.

Enfin, le Français ouvrit la bouche.

- Je voulais te demander pardon.

Arthur tiqua, pas certain d'avoir comprit où était le piège – car il y en avait forcément un, là.

- Pardon ?

- Oui, pardon...

- Non, je veux dire : pardon, quoi ? Tu plaisantes ?

- Pourquoi je plaisanterais, je suis tout ce qu'il y a de plus sérieux, fit-il avant de laisser planer un silence. On est très différents, et ça ne t'en donne pas le droit de me juger sur ce que je fais et ce que j'aime, mais moi, c'est pareil. Comme certains, je ne connais que la face visible de l'iceberg... en ce qui concerne ton histoire avec Jones, je veux dire.

Ces bêtises avec Alfred, elles allaient tout lui temps lui revenir...

- Mais j'ai demandé un peu autour de moi : tu n'es pas un sale type. Tu as ton caractère, d'accord, mais si tu as couché avec Jones pour le jeter ensuite alors que tu n'es jamais sortit avec personne... c'est que tu as tes raisons ?

Il n'était pas certain que ce soit une question, mais il croisa maladroitement son regard. Alors comme ça, le gigolo Bonnefoy a mené sa petite enquête... Pour quoi faire ?

- Plus j'y pense, avoua Arthur en se triturant les mains. Plus je me dis que j'ai vraiment un problème.

- Je voulais pas te parler pour te descendre encore plus, je voulais juste savoir si t'avais un truc contre moi spécialement, vu ce qui te poursuit depuis l'autre jour...

Arthur se voyait mal se confier au dernier individu sur Terre auquel il aurait pensé si jamais il se trouvait dans la galère. Or, c'est bel et bien ce qui était en train d'arriver. Mais la surprise de connaître Bonnefoy comme un confident le ravisa dans son idée du gigolo qui avait plus de testicules que de cœur. Une histoire comme celle-ci, avec des sentiments pareils, l'Anglais ne pouvait pas imaginer une seconde qu'il en parlerait à celui qui semblait avoir fait du campus son tableau de chasse.

Bonnefoy le regardait avec patience, calme, voire même bienveillance. Il couchait peut-être par-ci par-là, mais il restait humain. Et Arthur serait vraiment con de refuser son aide alors qu'il paraît être le même aux yeux du Français. Mais s'il lui laissait sa chance, pourquoi ne pas faire de même ?

- Cette nuit-là, avec Alfred...

Ses mains se crispèrent davantage l'une contre l'autre.

- J'ai pas aimé.

Il avait l'impression que rien qu'à ces mots, le regard bleu de Bonnefoy s'était transformé en guillotine, prête à s'abattre sur lui.

- C'est pas évident à expliquer... Mais j'ai juste pas aimé coucher avec lui. Je sais pas, c'est comme... j'étais volontaire, j'irais pas crier au viol, et c'est pas non plus comme s'il m'avait fait mal... Mais j'ai pas aimé. Comme... comme on te fait goûter un plat que tu n'as pas essayé, mais qu'il ne te plaît pas lorsque tu le goûtes. Et pourtant... et pourtant, les gens te disent qu'il est hyper bon, ce plat, que c'est bizarre que tu n'aimes pas en manger... C'est comme le chocolat ! T'en croiseras peu, des gens qui n'aiment pas ça, mais ça existe quand même.

Il se sentait idiot, là, à comparer ses envies sexuelles à de la nourriture. Mais pour un type qui aimait ça, au contraire, n'était-ce pas l'explication la plus simple ? Il s'était toujours dit que ça ne serait que rêver de se faire comprendre sur un tel tabou par un type qui ne perdait pas une semaine pour partager son lit avec une autre. Mais Francis l'avait patiemment écouté, sans sourciller une seule fois sur le moindre mot. Il avait écouté attentivement ses paroles comme il aurait pu être concentré sur un film.

- En fait, tu es asexuel, non ?

Arthur le regarda avec surprise, et quelque part, soulagement. Bien sûr, il connaissait le mot, mais il craignait de le placer sur ce qu'il ressentait. Que disait-on à ceux qui se déclaraient ainsi ? « T'es frigide, en fait. », « C'est que t'as pas trouvé le bon. », « C'est chimique, ce sera mieux la prochaine fois ! ». Arthur ne pensait pas qu'entendre ces simples mots de la bouche de Bonnefoy pouvait autant le rassurer. Et il continuait, le salaud !

- C'est pas un drame, ça arrive. Ce n'est ni une défaillance, ni un soucis d'ordre psychologique. C'est comme tu dis, avec ceux qui n'aiment pas le chocolat : c'est très bon, mais pas au goût de tout le monde.

- Tu trouves pas ça bizarre, alors ?

- Parce que je suis un beau gosse qui charme la moitié du campus, je devrais être outré ? C'est justement parce que je m'y connais que je te comprends, Kirkland.

L'image d'un Alfred têtu, qui ne voulait pas comprendre, lui réapparut. Ironiquement, c'était celui qui prétendait l'aimer qui avait tort, et celui à qui il en avait mit une qui était plus raisonnable. Arthur se sentit bête, pour le coup. Il ignorait vraiment si c'était l'expérience qui permettait à Bonnefoy de comprendre, mais dans tout les cas, il sentit comme un poids énorme lui alléger le cœur... grâce à ce gigolo. Eh ben. Voyant qu'Arthur se perdait dans des pensées qui s'éclaircissaient, Francis sourit et reprit sur un ton un peu moins sérieux :

- Si t'as besoin, tu viens me parler, hein.

- Euh, non. Je suis venu parce qu'Antonio m'a dit de le faire, c'est tout.

- Et alors, c'était une idée de merde ?

- … Non. Mais on est pas amis pour autant.

Bonnefoy haussa les épaules, pas le moins vexé du monde. Il avait fait sa BA, il avait l'air content.

- Bon bah j'y retourne, fit le Français en se levant.

- Hm hm.

- Et oublie ce que t'a dit Alfred, va. S'il est incapable de comprendre, c'est qu'il n'y a aucune raison pour que tu te sentes coupable.

Arthur sourit légèrement en coin, malin.

- Même si je l'ai jeté ?

- Ouais euh, non, ça par contre, c'était dégueulasse.

Sourire qui s'évapora rapidement pour être remplacé par une grimace. Néanmoins, le malentendu était dissipé. Bonnefoy s'éloigna en lui adressant tout de même un signe de main fait à la va-vite, auquel le Britannique ne répondit pas.

Dans son imaginaire, Arthur vit l'une des fissures de son cœur se colmater.


1 review = une fissure de colmatée ! 8D (je sais, personne n'y croit)