Un mini-chapitre un peu plus long (que l'ancien, en tout cas) parce qu'en ce moment, je me réhabitue doucement à écrire des trucs (bcs of reasons). Et je bâcle un peu cette intro, la honte est sur moi ;_;
Mimichan :
Kiku, je le vois tellement en ninja, à s'embourber tout seul dans des histoires qui ne le regardent pas, alors que lui, tout va bien dans sa vie !
Heaven-Sama :
Kiku est quelqu'un d'aussi adorable qu'inquiet, en ce moment... en ce moment (: (c'est fou comment vous êtes tous soucieux pour lui alors que, hein, qui c'est, c'est p'têt un fou)
Amsel (SERIEUSEMENT) :
Parce que tu crois que juste s'arrêter à "ah... t'es ace... ok... tant pis pour moi alors ^^"""" " ça suffit ? Trop facile, trop prévisible. Je peux faire du drama avec lui ? C'est vrai ? Je peux ? ... 8D
Kurea-chan :
(bah quoi, Arthur a un beau boule, non ?) Alors, toi, t'as vraiment pas à te ramener avec tes "han nooon pk tu fais ta puuuute D': " tu fais MILLE FOIS PIRE (et je t'aime pour ça). Les persos ont en effet tous besoin d'un bisou sur les fesses... or do they?
Ces derniers temps, Arthur se sentait plus serein.
Peut-être parce qu'il pensait que c'était dans sa nature, mais au final, il fut étonnamment surpris de constater qu'il pouvait regarder le monde sans se méfier de tout et n'importe quoi (surtout n'importe qui). Il avait aujourd'hui réalisé complètement sans mal qu'il était bien asexuel, se l'était résumé comme il s'assumait d'être un garçon, et maintenant, si on lui posait la question, il n'aurait aucun mal à le dire. De toutes façons, ce n'est pas comme si le sujet de la sexualité était aussi tabou qu'autrefois. Le soucis était que certains encore restaient fermés d'esprit à toutes les éventualités, et pas l'inverse.
La communauté LGBT (voire LGBT+) n'était plus si discrète que ça, dans le sens où, ça y est, c'est là et les gens le savent. Ceci dit, Arthur ne s'ajoutait pas à ce groupe de personnes. Tout simplement parce qu'il n'avait pas envie d'exhiber son orientation comme un grand panneau « je suis différent et je l'assume, arrêtez de me huer ». Au pire, on le hue et il s'en tape, ça l'empêchera pas de dormir. Il préférait s'assumer dans son coin, tout seul, et pas chercher quiconque qui lui ressemblerait.
Mais si le public accepte de plus en plus l'homosexualité, la bisexualité ou la pansexualité (pour ne citer que les plus connues), le cas d'Arthur reste assez... flou. Les précédents ne posaient pas autant problème, mais même pour la plupart des compréhensifs, l'interrogation suivante subsistait toujours : « Mais comment tu fais pour pas en avoir envie ? ». C'était là encore une question à laquelle Arthur ne saurait comment répondre s'il ne voulait pas avoir l'air stupide. Il savait qu'il n'était pas attiré par le sexe et que le pratiquer lui inspirait autant de plaisir que de manger du pain pour se rassasier. Peut-être qu'il y est allé un peu fort, le jour où il a couché avec Alfred. Ce n'était pas tant qu'il n'avait « pas aimé », mais plutôt qu'il n'avait pas spécialement aimé non plus.
Même si son corps avait réagi, Arthur ne s'en était pas délecté comme la majorité des gens le font.
Et dans ces cas-là, pour le reste, ça allait être... compliqué.
Arthur se jura que si Francis lui répondait mal, il lui casserait le nez. C'était déjà dingue de se dire que la première personne vers qui se tourner en cas de question sexuellement existentielle, c'était ce gigolo. Et lorsqu'il arriva dans le champ du vision du Français, ce dernier comprit que sa fierté semblait fort mécontente – car à force, il y avait de quoi apprendre à se connaître.
- Toi, tu veux quelque chose.
- Cesse ce regard lubrique.
- Genre, « lubrique ».
Mais tout de même compréhensif, Francis l'invita à s'asseoir dans un coin où, loin d'être désert, les étudiants se fichaient pas mal de tendre l'oreille – surtout que même si on essayait, ça ne serait pas discret.
- Alors, tu voulais quoi ?
Arthur regarda le sol pour chercher ses mots, jambes et bras croisés. Il était encore temps de se lever en déclarant un froid « J'ai trouvé tout seul, finalement », mais il savait pertinemment que ça ne serait que se perdre encore dans ses propres conjectures. Et l'Anglais en avait assez de ne pas savoir comment il fonctionnait.
- Tu es quoi, toi ?
Francis mit un temps avant de comprendre où il voulait en venir. Sans la moindre gêne, il lui répondit alors.
- Pans'.
- … Ah.
- C'est un « ah » style « je m'en doutais » ?
- Un peu.
Francis lui sourit pour une raison inconnue à Arthur.
- Tu m'as l'air moins coincé qu'avant, c'est bien.
- Me dis pas « c'est bien » comme si tu me félicitais.
- C'est un peu ça, en fait.
- Putain.
- « De ta mère ».
L'Anglais retenu son poing, mais pas ses doigts qui pincèrent avec force le bras du Français qui poussa un petit cri aussi surpris qu'endolori. Un silence gênant s'en suivit tandis que chacun regardait du côté opposé à l'autre. Quelques personnes passèrent devant eux en se demandant bien ce qu'ils fichaient là.
- … Plus sérieusement, pourquoi cette question ?
- Alors toi... Tu peux coucher avec tout le monde, enfin, tu en auras envie à peu près avec tout ce qui est possible.
- Oui, « tout », j'adore baiser des chaises.
- On peut être sérieux deux minutes, oui ?!
- Je rigole, je rigole !
Arthur grogna. Mais Francis comprit clairement qu'il y avait une question sur laquelle il butait, qu'il n'osait peut-être pas demander. Le Britannique se massa les mains, comme si les mots en eux-même étaient compliqués. Francis haussa un sourcil en le voyant se masser la nuque lorsqu'il baissa la tête... puis rougir en levant à nouveau les yeux vers le lointain.
- Donc... pour c'qui est des sentiments...
Le Français regarda immédiatement ailleurs en se couvrant la bouche, comme s'il se retenait de pouffer, ce qui alluma aussitôt le feu aux poudres.
- Ta gueule !
- Mais j'ai encore rien dis !
- Tu te fous de moi, ça se voit !
- Attends, attends... Si je comprends bien, tu veux savoir si... toi... ?
Il comprit qu'il avait mit dans le mille lorsque Arthur se massa le visage pour pouvoir cacher ses rougeurs moins discrètes. Roh, putain. Un sourire aussi carnassier qu'amusé étira les lèvres de Francis.
- Si t'étais mon pote, Arthur, je dirais que c'est trop chou.
- La ferme, Bonnefoy ! fit-il en appuyant sur l'évidence de leur distance sociale. Dis-moi seulement si tu connais d'autres asexuels qui ont su trouver une solution !
- Si je connais des gens pas fan de sexe avec un amoureux ? Hmm... Pas un, non.
Arthur le regarda en sentant comme un vide lui aspirer lentement le cœur. Certes, Arthur était froid, parfois bien installé confortablement dans sa bulle – et récemment assumé comme asexuel – mais ça ne faisait pas de lui un robot, il était toujours humain. Et un humain, quelles que soient ses ambitions et sa personnalité, avait toujours besoin d'amour pour se construire et bien se sentir dans sa peau. Cependant, dans cette société où un couple sans sexe semble inenvisageable, comment pouvoir espérer de se trouver quelqu'un qui accepterait cette absence d'envie chez Arthur (ou un autre) ?
Pas qu'il détesterait se lier à l'élu de son cœur, mais très franchement, Arthur n'en aurait pas besoin pour aimer. Pour la plupart, c'est une sorte de carburant qui prouve encore l'affection éprouvée l'un envers l'autre. Mais Arthur, bien que loin de l'envie à profiter du plaisir charnel, se sentait toujours capable de tomber amoureux de quelqu'un pour son charme, et non pour son corps accessoirement. S'il tombait sur une personne qui lui sortirait d'entrée de jeu « C'est parce que t'as pas encore essayé avec moi », autant abandonner, ce n'était pas la peine. Arthur ne savait pas encore jusqu'où son orientation le menait dans ses goûts.
Le silence plutôt attristant d'Arthur ramena Francis à son sérieux, qui rajouta avec assurance :
- Mais tu sais, les couples qui ne se touchent pas et qui ne couchent pas, ça existe. Ça court pas autant les rues que le reste, mais y'en a.
- Je croyais que tu n'en connaissais pas.
- Ce que je veux dire, Kirkland, soupira-t-il. C'est que tu ne dois pas prendre ton cas à part. Tu tomberas p'têt amoureux, et qui sait, tu pourras toujours essayer de sortir avec quelqu'un sans baiser tout les dimanches, mais...
- Au final, ça ne tiendra jamais.
C'était tristement « vrai ». Francis n'avait pas tort, mais quelque part, Arthur non plus. Celui-ci ne savait pas si c'était le monde actuel qui avait conditionné les gens, ou l'inverse. Les adolescents couchaient de plus en plus tôt, parfois même pas par amour. Être vierge au-delà de vingt ans devenait de plus en plus rare, et certains pouvaient encore craindre de dire l'être. Ce qui était purement ridicule car, merde, le corps n'appartient pas aux idées des autres !
Arthur savait que les couples asexuels existaient, que les couples qui n'avaient pas envie de trop faire grincer le lit vivaient heureux dans le monde, mais quelles étaient les chances pour qu'il lui arrive la même chose ?
Il n'allait pas commencer à se plaindre, « oooh, le pauvre Arthur, mal-aimé de tous et seul au monde ! ». Il vivait très bien tout seul. Allait fatalement venir un jour où vieillir sans personne allait être triste et rendre sa vie morose...
- Hé, fit Francis en lui tapotant l'épaule. Tu es jeune. Tu as le temps.
- Toi aussi, tu l'es. Un peu trop, même.
Francis rit malgré tout. Il ne pouvait pas se plaindre de ne trouver personne, vu son tableau de chasse. Lorsqu'ils se levèrent, Arthur lui posa une question à laquelle il s'attendait éventuellement.
- Parmi les filles que tu ramènes, il n'y en a aucune qui te plaît ?
- Elles me plaisent toutes.
- De visage, pas de fesses.
Un sourire amusé en coin alluma encore son visage, mais il répondit plus sérieusement :
- Pas vraiment. Je couche avec pour coucher avec, et elles aussi. J'ai vraiment l'attitude du mec qui cherche la relation sérieuse ?
- … Pas vraiment, non.
- Tu seras donc gentil de ne plus m'appeler le « gigolo », fit-il en hochant la tête.
Arthur se demanda où et quand il avait dû lâcher ce surnom de vive voix. Mais au moins, une chose était sûre : Francis savait faire la différence entre « coucher » et « faire l'amour », et sans doute ne faisait-il que profiter de sa jeunesse avant de se lancer dans une relation où aller voir ailleurs serait de la tromperie.
L'Anglais avait l'impression de rater encore plein de choses.
1 review = ... une auteur qui sourit, lol.
Bon, j'espère que personne ne me tiendra rigueur du petit speech amateur sur la commu LGBT/LGBT+ et que ça ne va enflammer personne. Cette fic est vraiment là autant pour aider Arthur à se développer que moi-même, on explore l'univers à deux, et même s'il tient des propos qui tiennent parfois de mes idées, ça reste Arthur. Il fait des choses connes parce qu'il est con, pas parce que l'auteur aurait fait pareil, mdr (je n'en suis pas moins conne pour autant). En espérant vous revoir, sans avoir de groupe en mode TRIGGERED à côté !
