Folks ! (j'essaye de trouver une façon d'agencer mes intros, je ne vous le cache pas .w.)
Un petit moment que je n'ai pas posté, tout simplement parce que je me remets doucement à l'écriture après un vide intersidéral de motivation et d'inspiration. Je travaille sur une grande fanfic comme on les aime, donc... donc en fait je n'ai aucune excuse, haha.
Mais bref ! Comme ça fait longtemps, je posterai peu de temps après le 13ème mini-chapitre !
(pour cause de "pressage" (ou de flemme intense, va savoir) il n'y aura pas de réponse aux reviews cette fois :c)
Arthur grogna en regardant par la fenêtre du café où il s'est installé. J'espère que c'est pas un rencard, autrement je décampe vite-fait. Durant sa journée, quelqu'un l'avait croisé et rapidement invité – avec beaucoup d'insistance – à le rejoindre dans ce petit café visiblement réputé chez les étudiants, non loin des terrains universitaires. Le genre de lieux auxquels Arthur ne va jamais tout seul – et autrement, il n'a jamais été d'avis à vouloir s'y rendre avec des amis. Et le voilà, avec un thé vanillé et sucré entre les mains, en train d'hésiter à partir. Ainsi, sa tasse était déjà à moitié vide. S'il n'arrive pas avant que j'ai terminé, en fait, je me tire.
Mais un garçon à lunettes vint s'asseoir en face de lui, essoufflé et pressé. Sans un bonjour, l'Anglais le jugea du regard.
Alfred n'avait jamais paru aussi désolé depuis des jours.
Il faut dire que depuis leur petite sauterie, Arthur n'avait connu chez lui que rancoeur et amertume. Bien qu'il n'avait pas le moins du monde prévu de le revoir, peu importe les circonstances, il était temps qu'il apprenne de lui autre chose que de si mauvais visages. Sa gorge fut titillée d'un gratuit « J'espère que ça vaut la peine, sinon je m'en vais et tu payes », mais loin de l'envie particulière d'attiser encore son feu, Arthur se tut.
- J'suis désolé...
- De ton retard, ou du merdier ?
Bon, il fallait bien que ça arrive. Alfred renvoie maladroitement la serveuse lorsqu'elle-ci s'approche pour prendre sa commande, mais l'Américain semblait bien trop préoccupé pour avoir faim ou soif – l'idée du café lui a sans doute semblé trop évidente pour penser à vraiment en profiter. À nouveau seul avec son coup d'un soir, il chercha ses mots en mimant des gestes incompréhensibles avec ses mains, comme s'il répétait un texte minutieusement préparé puis oublié, avant de se lancer.
- Le merdier, oui. Je m'excuse pour les deux.
- Tiens donc... fit-il avant de marquer une pause. C'est toi le vilain, maintenant.
- Attends, c'est parce que... J'ai parlé avec Kiku. Enfin, Kiku m'a parlé, à moi.
Ça faisait bien longtemps qu'Arthur n'avait pas parlé à Kiku... et il ne pensait pas entendre ce prénom par la bouche d'Alfred-sans-cervelle. Il releva légèrement les yeux de sa tasse.
- Je te dis pas les détails, mais en gros... Ben je... ouais, j'ai été con, sur le coup, de te dire... de mal juger ta maladie, et-
- C'est pas une maladie.
- Je sais, je sais ! C'est pas l'mot, j'me suis trompé d'mot ! ajoute-t-il en paniquant.
Arthur ne supporterait pas encore de se faire traité d'erreur de la nature ou d'être humain dysfonctionné. Plus le temps passait, plus il se comprenait, mieux il allait. Et si le monde voulait vraiment fonctionner à l'envers, écouter Francis sur le sujet était dans ce cas bénéfique, tout comme laisser Alfred parlementer dessus était une descente dans les psychologies de l'Enfer. Vexé toutefois de cette bavure, Arthur avala une large gorgée de sa tasse – comme quoi, il allait bientôt partir. Alfred se rattrapa comme il put :
- J'veux juste dire que... T'as pas aimé qu'on... d'accord... Mais t'aurais pu me le dire pas que je t'en veux encore autant qu'avant ! Juste que... tu m'as quitté de façon super cru... j'ai pas apprécié.
Il ne pouvait pas le blâmer là-dessus. Tout les deux ont été bien cons, mais Arthur se garde de le lui avouer. Même Bonnefoy lui avait dit que c'était « dégueulasse », alors hors de question de lui donner encore plus raison – il en avait déjà marre de lui être de plus en plus reconnaissant. Il y eut un nouveau silence embarrassant, et Alfred chercha quoi rajouter pour combler alors qu'il avait clairement terminé. Il n'était pas prêt du tout pour se confronter à Arthur en inversant les rôles, en fait. Sans doute la honte de lui avoir autant fait la gueule alors qu'au final, c'est lui qui vient s'excuser.
Mais ce serait vraiment salopard que de l'envoyer baladé après tout ça.
- Je m'en tape.
Alfred se figea un instant, sentant le mur du courage s'effondrer. Les yeux dans le fond de sa tasse, Arthur poursuivit.
- Tu as mal interprété mes intentions, ce soir-là, et tu m'as accusé avec tes idées farfelues sans essayer de me comprendre avant. Et j'avais beau essayé, tu ne faisais que la sourde oreille en me couvrant peu à peu de fautes imaginaires. J'ai peut-être agi de manière trop crue pour toi, mais tu l'as bien trop mal prit.
À ces mots, il termina son thé et reposa la tasse tout en prenant le temps de se lever sans précipitation. Alfred l'imita sans oser le retenir.
- Pardon, pardon ! Je voulais juste qu'on fasse la paix ! Tu me détestes ?
- C'est pas ça, Alfred : ce n'est pas simple de pardonner du jour au lendemain quelqu'un qui t'a accusé de tout des jours durant. Non, je ne te détestes pas, mais si tu veux que je te pardonne, ne viens pas me donner rendez-vous dans un café en pensant pouvoir régler l'affaire en cinq minutes, montre en main.
Ce qui est littéralement vrai, à l'instant.
- C'est vrai... pardon. Je savais juste pas comment recoller les morceaux...
Arthur ne fit que hocher la tête pour répondre. Un ange passa tandis que celui-ci remit sa veste, laissant à Alfred un dernier temps pour peut-être clore la discussion autrement. Ce dernier prit un autre ton, le poing un peu serré d'appréhension et les joues... légèrement roses.
- Mais ça ne change rien.
Arthur le regarda en haussant un sourcil.
- Je veux... toujours sortir avec toi.
Celle-là, il ne s'y attendait pas, faut avouer. Arthur avait souvent entendu parlé des amoureux transis, un peu trop passionnés et emportés dans leurs idées qu'ils s'accrochaient n'importe comment à leur moitié. Mais là, même après tant de disputes et de complications, il n'aurait jamais cru qu'Alfred viendrait ajouter quelque chose qui semble aussi sincère. Et c'est sûrement pour ça qu'il se sent plutôt déstabilisé.
- Ça ne marcherait pas. On finirait par bloquer.
- Si c'est qu'une question de sexe, on peut s'en passer pendant longtemps !
- J-Je sais pas, Alfred. J'ai jamais pensé à ça.
Arthur avait du mal à imaginer un monde où des couples sans vie sexuelle pouvaient s'épanouir sans finir par mal le vivre, autant de leur point de vue que de celui des autres. Et rien qu'à y penser, il peine à resté convaincu qu'il reste une personne normale.
Une review = un pourcentage de rédemption pour Alfred ! (c'est toujours possible. Comme quoi on est pas tous des connards)
