Disclaimer : Les personnages de « Marvels Agents of SHIELD » appartiennent à leurs propriétaires et tous les droits de création des personnages leur appartiennent. Je ne retire bien entendu aucun profit de l'histoire qui suit.

Rating : K+

Genre : Humor / General

Personages : Jemma Simmons ; Leopold Fitz ; Lance Hunter ; Barbara Morse ; Melinda May ; Daisy Johnson ; Phillip Coulson

Situation temporelle : après la saison 4, avant la 5

Changements de situation : Mack n'existe pas. Bobbi et Hunter quittent le SHIELD mais reviennent. Enoch & Co ne viennent pas chercher l'équipe dans le bar à la fin du #4.22

Dates d'écriture : 02 au 07/03/2018

Beta lecture : Personne

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Bonjour !

Cette mini fic de 9 chapitres a été écrite dans le cadre de la 95ème Nuit du FoF. Un thème par heure, de 21h à 5h, chaque thème devant être rédigé en une heure. Si vous voulez des précisions, vous pouvez m'envoyer un MP.

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Thème 5 : CENDRE (01h00)

Durée d'écriture : 50 min

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Après le Bahreïn, Melinda est morte. Elle a prit un aller simple pour l'enfer. C'est aussi simple que ça.

Dans la théorie, elle a prit la bonne décision. Elle a sacrifié une fillette pour sauver quarante personnes. Sur le moment, encore. Qui sait combien elle aurait pu faire de victimes ensuite ?

Dans la pratique ? Il n'y en avait pas, de bonne décision. Elle a dû choisir entre deux options aussi affreuses l'une que l'autre. La tuer ou la laisser tuer.

Le pire a peut-être été les mois suivants la mission.

Pas sa nouvelle affectation qu'elle détestait

Pas qu'elle s'éloigne de son mari.

Pas les cauchemars

Pas la culpabilité

Les rumeurs.

La Cavalerie.

Elle a envie de vomir à chaque fois qu'elle entend ce mot, désormais, peu importe le contexte.

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Melinda est morte ce jour-là. Pas totalement. Mais une partie d'elle. Celle qui lui permettait de montrer de la compassion, de la joie de vivre, d'encourager et d'accepter des remerciements. Et cette partie d'elle n'est pas très grande. Elle tient dans le creux de sa main. C'est son cœur.

Son cœur. Elle a l'impression que qu'il n'est plus là. Qu'il a été réduit en cendre. Pouf. Combustion spontanée, tant la douleur a été vive.

C'est un rêve récurrent. Elle pose sa main sur sa poitrine et ne sent rien battre. Lorsqu'elle regarde sa main, une fine pellicule grise s'est déposée sur ses doigts. De la cendre. Son cœur n'a pas supporté la monstruosité qu'elle a commise et s'est effondré sur lui-même. Elle a l'impression de s'être trahie elle-même. D'avoir trahis Andrew. D'avoir trahis Phil.

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Durant des semaines, elle n'arrive pas à passer le gant de toilette au-dessus de son cœur, de peur de sentir un trou.

Il lui faut des mois avant de pouvoir se regarder de nouveau dans un miroir.

Il lui faut deux ans et demi avant de réussir à faire un sourire neutre.

Il faut que Phil vienne la chercher, six ans plus tard, pour qu'elle réussisse à trouver au fond d'elle-même le courage de reprendre les misions.

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Elle n'est pas stupide. Elle sait, au moment où il arrive dans son box, aux archives, qu'elle y retournera. Qu'il est temps pour elle d'avancer. Peu importe qu'elle lui demande de jurer qu'elle ne foulera plus le terrain, peu importe qu'il promette qu'elle ne fera pas partie de l'action. Elle sait qu'elle le fera.

Une part d'elle espère que retrouver le terrain lui permettra de se retrouver elle. Mais les mois passent, de nouveau, et elle reste... éteinte. Le feu ne brûle plus. Les cendres sont froides. Il n'y a plus rien à raviver.

Elle a l'impression d'avoir encore plus mal que six ans auparavant, par moments.

Parce que l'espoir de retrouver une vie normale, de retrouver Andrew, d'avoir des enfants... tout ça aussi est réduit en cendres.

Et puis il y a le médium. Ce connard arrogant. Elle refuse de prendre en compte ce qu'il a dit pour elle. Mais après tout, qu'a-t-elle à perdre ? Phil et l'équipe, oui, c'est vrai. Mais au fond, elle se sent toujours... morte.

« Agent May, ce que l'être humain a de plus beau, c'est la foi. Peu importe en quoi. »

C'est bien gentil, mais elle en fait quoi, de ça ? La phrase revient de pus en plus souvent dans sa tête. À tel point qu'elle finit par craquer.

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Un matin, elle est dans le bureau du directeur avant même que ce dernier n'arrive.

« Tu en as mis du temps ! Tu es venu en déambulateur ? » l'agresse-t-elle à peine a-t-il refermé la porte.

Il la regarde, fronce les sourcils et va s'assoir à son bureau. Il l'oblige à prendre place sur le fauteuil en face avant d'ouvrir la bouche.

Il ne lui fait pas l'affront d'un "Bonjour May, comment vas-tu aujourd'hui ? Moi, ça va, je te remercie," et elle lui en est reconnaissante.

« Y a-t-il une catastrophe imminente pour que tu sois autant à cran ou est-ce notre ami medium et ses phrases sibyllines qui te mettent dans un tel état ? »

Elle ne peut s'empêcher d'ouvrir la bouche de stupeur et une seconde fois, il répond sans qu'elle ait à poser la question.

« Il nous a tous plus ou moins touché avec ses conseils, » explique-t-il. « Je sais que Fitz-Simmons ont compris les leurs, il me semble que Barbara aussi si je me fie à son sourire serein de ces derniers jours. Daisy bouillonne mais si elle ne veut pas parler, je ne vais pas la forcer, » finit-il en marmonnant, avant de secouer la tête, se perdant dans ses pensées.

Entre son propre conseil et celui de l'Inhumaine, il passait son temps à cogiter. Et puis il y a cette phrase. L'homme que Daisy aime fait partie du SHIELD. Mais qui ? Il ne doit cependant pas y penser à ce moment-là.

« J'en conclue donc que tu bloque avec le tien et que tu viens m'en parler. »

L'agent secoue la tête et se relève, ne tenant plus en place. Elle commence à faire les cent pas avant de lever brutalement les bras au ciel.

« Qu'est-ce qu'il a voulu dire, bon sang ! » s'écrie-t-elle et il y a plus de désespoir que d'agacement dans sa voix.

Phil sourit un peu.

« Où en es-tu par rapport à ce qu'il s'est passé au Bahreïn ? Comment te sens-tu, tous les jours ? Si tu devais choisir un seul mot pour te définir, aujourd'hui ? » demande-t-il avec sérieux.

Elle sait que ce n'est pas une question en l'air, ou de courtoisie. Il ne cherche pas à jouer les psys. Il veut juste une réponse, et même si elle ne voit pas l'intérêt de la question, elle se force à réfléchir, parce que jamais Phil ne lui ferait du mal – parce que ça fait encore un mal de chien – sans une bonne raison.

« Le temps a apaisé un peu la douleur, » murmure-t-elle en se détournant.

Être honnête, d'accord. Le regarder dans les yeux pendant ce temps, il ne faut pas pousser non plus...

« Je n'y pense plus si souvent, en réalité. Reprendre les missions m'a aidé à me la sortir de la tête. Ce n'est pas ça le problème. C'est... »

Elle déglutit et croise les bras sur sa poitrine dans une vaine tentative de se protéger.

« Le problème, c'est que la personne que je suis, chaque jour, elle... j'ai l'impression de n'être qu'un filigrane, » résume-t-elle.

« Pourquoi continues-tu ton travail ? » demande alors Coulson.

« Parce que je n'ai que ça. »

« Pourquoi as-tu choisi ce travail ? »

« Parce que j'ai suivi les traces de ma mère. »

« Non. Tu aurais aussi pu suivre celles de ton père. C'est parce que tu aimais ça. Qu'est-ce qui te plait dans le fait d'être espion ? »

L'agent ne répond rien, dans un premier temps.

« Je ne sais plus, » avoue-t-elle.

« Tu me l'as dit pourtant, » essaie-t-il de la faire se souvenir, mais elle secoue doucement la tête. « Tu m'as dis que tu aimais sauver des gens sans être sur le devant de la scène, » rappelle-t-il et oui, effectivement, le souvenir lui revient.

« Pourquoi n'as-tu pas quitté le SHIELD après Bahreïn ? » insiste-t-il.

« Je n'avais nulle part où aller. »

« Faux. N'importe quelle agence de sécurité où tu aurais gagné trois fois plus d'argent qu'ici t'aurait embauché les yeux fermés », rétorque-t-il.

Elle grince des dents.

« Tu veux me faire dire quelque chose ? » demande-t-elle, à deux doigts de prendre la porte.

« En effet. Pourquoi es-tu restée ? »

« Parce que les seuls personnes auxquelles je tenais faisaient partie du SHIELD, » souffle-t-elle. « Et parce que je voulais toujours sauver des vies. Je ne croyais pas en être capable, et pourtant... pourtant... je n'ai pas pu arrêter. Je n'ai pas pu laisser tomber. »

« Comment te voyais-tu lorsque tu es entrée aux archives ? »

« Morte. De l'intérieur. Je rêvais que... j'étais en cendres, à l'intérieur, » murmure-t-elle.

« Tu t'es approchée trop près du feu et tu t'es brûlée, » acquiesce le directeur. « Et tu n'arrivais pas à sortir de cette apathie, tu te sentais morte. Éteinte. »

« Oui. »

« Mais tu es restée. »

« Oui. »

« Parce que tu n'arrivais pas à abandonner. »

« Oui, mais je sais tout ça, » souffle-t-elle.

« Tu sais comment ça s'appelle, ce qui t'a fait rester ? » demande Coulson.

« Oui. L'espoir. Je ne suis pas demeurée à ce point, » raille-t-elle mais le cœur n'y est pas.

« Et tu sais ce qui porte l'espoir ? »

Melinda fronce les sourcils et une longue trentaine de secondes plus tard, sa bouche forme un "o" de surprise, avant qu'elle pince les lèvres.

Elle secoue la tête et laisse échapper un rire incrédule.

« C'est aussi simple que ça ? » demande-t-elle finalement.

« Oui. Tu as foi dans le genre humain, May, peu importe les horreurs que tu pourras voir, que tu pourras commettre, tu gardera foi dans les gens qui t'entourent, tu garderas espoir que même les plus grand connard s'assagiront. C'est ce qui fait que tu as pu continuer à vivre avec toi-même malgré ce que tu as fait. C'est pour ça aussi que tu restes auprès de moi, malgré tout ce que j'ai fais, » déclare-t-il avec un léger sourire.

Elle hoche la tête, autant pour acquiescer que pour le remercier, avant de sortir du bureau, un peu secouée.

Elle a la foi.

Elle.

Elle laisse échapper un rire – amusé, cette fois.

Comme quoi tout arrive... même le meilleur.

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Et voilà ! Quand je disais que j'aimais humaniser May...

C'est très marrant. J'ai commencé à écrire avec la fin du chap en tête et au bout d'une cinquantaine de minutes, j'ai eu un coup de chaud. J'avais complètement zappé le thème. Je me suis relue en diagonale et me suis rendu compte que j'étais restée dedans sans faire exprès XD.

... Bien, j'ai raconté ma vie. Passionnant.