Hello guyz, désolé pour cette longue attente ! J'en rappelle la cause : le bac. D'ailleurs, j'espère que je l'aurai celui-ci, pour l'instant j'y crois pas trop...:-( En tout cas, merci pour vos visites ! J'espère que cette fiction vous plaît malgré le peu d'avis ! Bonne lecture:-)


Elle se sentait légère comme un nuage.

Dénuée de tous les maux qu'elle avait endurés.

De tête, de ventre, elle avait l'impression de ne s'être jamais évanouie.

Et tout ce qui demeurait dans son esprit était cette phrase.

''On commence par la haine puisqu'elle mène toujours à l'amour''.

Lorsqu'elle releva la tête vers Gally, qui était juste au-dessus d'elle, son cœur se mit à battre la chamade.

Cette phrase parlait-elle de lui ?

Comment...

Non.

Milana se dit alors que l'on était en train de lui dicter ses sentiments.

Était-elle elle-même en ce moment-même ?

Les Créateurs étaient-ils en train de se servir d'elle tel un pantin ?

Peut-être qu'au fond elle ne détestait pas Gally, et que ce foutu bâtisseur non plus.

Mais cela lui semblait impossible.

Alors, que signifiaient les crises incessantes qu'elle piquait au maton sans vraiment savoir pourquoi ?

Pourquoi l'avait-il détestée dès la première minute sans aucune raison ?

Cela ne pouvait être qu'en rapport avec les Créateurs.

Si c'était le cas, cela voulait dire qu'elle n'était même plus humaine.

Enfermée dans cet endroit comme un animal, incapable de penser par elle-même.

Elle n'était plus maître de son propre corps, ni de ses pensées.

Cela ne pouvait être la raison.

Elle se faisait des idées. Des idées stupides et insensées.

Elle leva à nouveau les yeux vers le regard glacial de Gally.

Sa bouche était fermée, les lèvres pincées.

Pourtant, l'expression de ses iris bleutés en disait long.

Milana soupira.

- Allez, sortez les gars. Ordonna Newt, en regardant Gally et Minho

La jeune femme ne comprit pas pourquoi le coureur était là d'ailleurs, vu le ciel dehors il devait être très tard et le maton devait partir à l'aube.

Newt vint s'assoir aux côtés de Milana.

Il était épuisé, de longues poches violettes s'accumulaient sous ses yeux.

- Je ne sais pas comment il fait ce tocard, mais il est toujours le premier à te sauver.

Milana comprit qu'il parlait de Gally.

Elle le revoyait pourtant hier, prêt à la tuer après qu'elle l'avait incendié devant tout le monde au camp.

Puis devant la cuisine, cet instant où il lui avait paru si faible.

Non, cela ne pouvait pas être en rapport avec les Créateurs, finit-elle par se dire.

Gally changeait juste de comportement sans arrêt.

Tout comme elle.

Ils n'étaient pas manipulés. Ils n'étaient simplement pas faits pour s'entendre.

- Tu commences vraiment à m'inquiéter Milana.

Thomas, qui rangeait les pansements et autres, leur jeta un coup d'oeil.

Ses mains s'entremêlaient dans un mouvement de stress.

La brune haussa les sourcils puis reporta son attention sur son ami.

- Je pense que c'est les débuts du Bloc, non ? Suggéra la jeune femme

- Quand même... Les bleus ont vomi, pleuré... Mais cela n'a duré que deux ou trois jours... Pas une semaine.

Newt n'avait plus la force de regarder Milana dans les yeux, il tombait de fatigue.

De plus, et bizarrement, sa jambe lui faisait mal.

Cela faisait longtemps que cela ne lui était plus arrivé.

- Tu devrais terminer ta nuit, Newt. La brune évita le sujet

Le blond passa une main dans les cheveux en soufflant.

Il se leva alors, embrassant Milana sur le front.

Avant de sortir, il tourna la tête vers Thomas.

Qui l'ignora.

Il y eut ensuite un long silence, et Milana n'arrivait pas à se rendormir.

Elle n'aimait pas cet endroit, trop de mauvais souvenirs y régnaient.

- Je peux sortir ?

Thomas était encore là, acharné à vouloir tout ranger, il tremblait presque tant il était épuisé.

- Non, tiens, bois ce truc et rendors-toi.

Le medjack lui tendit une fiole remplie d'un liquide rouge.

- Ce n'est que du sucre et des plantes, cela te fera du bien. Ajouta-t-il, en voyant le visage réticent de la brune

Elle le but, et lorsque Thomas en eut fini avec son rangement et qu'il partit se coucher, Milana se leva discrètement afin de sortir d'ici et de retourner dans sa chambre.

- Comme si j'allais l'écouter alors que je vais très bien... Rouspéta-t-elle

La jeune femme était toujours aussi têtue.

Elle se demandait si elle l'avait toujours été.

Dans cette autre vie dont elle ignorait tout.

Le ciel était noir et profond, il devait être trois heures du matin tout au plus.

Milana marchait presque sur la pointe des pieds afin de ne pas se faire repérer.

Elle se faisait rire elle-même, à vouloir faire la rebelle et défier les ordres d'Alby.

Elle se retourna en sursaut lorsqu'une main se posa sur son épaule, elle craignait déjà le pire.

Mais la faible lueur de la lune lui montra alors le visage de Minho, dont le regard était devenu malicieux.

- Qu'est-ce que tu fais là, la casse-cou ?

- Je vais me coucher, dans mon lit.

- T'es censée rester à l'infirmerie, tu le sais ça ? Ce n'est pas très bien de filer en douce dès que Thomas s'éclipse.

Il semblait sérieux dans ses paroles, pourtant Milana arrivait à déceler un sourire en coin sur le visage du garçon.

Elle émit alors un rire.

- C'est ça Minho, tout à fait. Allez, bonne nuit.

Elle voulut se détourner, mais Minho la retint par la main.

Elle planta alors son regard dans le sien, attendant sa réponse.

- Fais attention, Milana.

Et il la laissa en plan.

La brune fronça les sourcils.

De quoi parlait-il ?

De Gally, sûrement.

Mais de quoi se mêlait-il ? Il la connaissait à peine.

Milana leva les yeux au ciel.

Décidément, les garçons de ce Bloc étaient très étranges.

Une fois dans son lit, confortablement installée, elle eut soudain des crampes insupportables dans le bas-ventre. Elle n'en pouvait plus, elle crut un instant que l'on était en train de lui arracher une partie de son corps.

Elle tenta alors de surmonter la douleur pour enfin pouvoir s'endormir paisiblement et ne pas avoir à retourner à l'infirmerie.

oOOo

- Vraiment Milana, je ne te comprends pas des fois. Tu as perturbé tout le monde en arrivant ici et..

- Comme si je l'avais voulu... Elle interrompit Newt

- Soit. Et ensuite, il ne t'arrive que des malheurs, puis tu te prends la tête tous les jours avec le pire blocard de cet endroit, et maintenant tu désobéis. Tu m'impressionnes.

- Merci. Répondit Milana avec un sourire faussement ironique

Newt soupira, riant à moitié.

En se levant ce matin, Thomas l'avait cherchée partout, paniqué à l'idée de s'attirer les foudres du chef.

Mais Alby n'avait étonnement rien dit, surtout que Minho avait sauvé la mise au Medjack en racontant qu'il avait raccompagné Milana jusqu'à sa chambre.

Qu'est-ce qu'elle avait eu envie de rire suite à cette scène, mais Minho l'avait fait taire à l'aide d'une petite tape dans le dos.

Le temps était plutôt maussade aujourd'hui, ce qui fut étonnant pour les blocards puisqu'ils avaient toujours eu une météo ensoleillée.

Milana n'en savait rien à vrai dire, mais Newt le lui avait expliqué.

De plus, c'était déjà l'après-midi et il n'y avait toujours eu aucun bruit de la boîte qui devait ramener les provisions habituelles.

- J'espère que les filles dehors ne sont pas toutes comme toi. Ajouta soudain Zart

Les autres filles.

Elle y pensait bien peu, et pourtant.

Le fait d'être la seule personne du sexe opposé ici lui donnait l'impression d'être la seule restante sur cette terre.

C'était une sensation étrange et au fond d'elle elle avait si peur que cela soit vrai.

Newt donna un coup de coude à Zart en levant les yeux au ciel.

- Tiens Milana, apporte ça à Thomas.

- Pourquoi tu ne peux pas le faire toi-même ?

Elle lança un regard de défi à Newt afin de voir s'il allait comprendre qu'elle avait fait le lien entre Thomas et lui.

La seule réponse du blond fut un regard noir qui incita Milana à très vite partir loin d'ici pour donner ce sac de plantes au medjack.

En passant près de la forêt, elle aperçut Gally qui coupait des morceaux de bois.

Il semblait concentré mais elle savait qu'il l'ignorait, il n'avait fait que ça depuis ce matin.

Pas un seul mot n'était sorti de sa bouche, pas un seul regard, rien.

Cette journée n'était pas normale.

- Quand tu es arrivé ici, c'était qui la personne avec qui tu passais le plus clair de ton temps ? Se risqua à demander Milana, une fois à l'infirmerie

Thomas lui lança un regard hésitant, puis il lui répondit en serrant sa mâchoire.

- Newt.

Elle planta ses yeux dans ceux du medjack.

- Je le savais bien que c'était ça...

- De quoi ? Thomas semblait décontenancé

- Rien, bonne journée.

Elle sortit d'un pas pressé.

Ce Bloc et ses habitants cachaient bien plus de secrets qu'elle ne pouvait l'imaginer.

oOOo

Avec près de deux heures de retard selon Alby, la Boîte décida enfin de remonter.

Le chef descendit dedans pour passer les affaires à Newt.

- Beaucoup de seringues, de tubes... C'est bizarre. Eh ben, on n'a jamais eu autant de gâteaux... Ah tiens ça c'est pour toi. Termina Newt en passant des vêtements à Milana

Des sous-vêtements suivirent, ce qui gêna Milana lorsqu'elle remarqua le regard des autres.

Les joues rouges, elle tourna la tête vers Gally mais il semblait perdu dans ses pensées, les bras croisés sur son torse et les sourcils froncés.

Elle se détourna de lui.

Minho, qui venait de rentrer du labyrinthe, se mit alors à rire à côté d'elle.

- C'est un peu plus sexy une fois mis sur toi j'espère ?

Newt leur lança un regard interloqué, puis il roula les yeux avec un sourire suite au rire moqueur de Minho.

Un peu plus loin, le bâtisseur avait entendu les paroles du coureur, et cela ne le laissa pas indifférent puisqu'il releva les yeux vers Milana, cherchant son regard.

Mais elle l'ignora à son tour.

Alors que les torcheurs s'attelaient au rangement, Alby remonta.

De l'incompréhension pouvait se lire dans son regard.

- Le retard, la nourriture qui change, le trop-plein de produits médicaux.. Je ne sais pas.. C'est louche.

Il parlait dans sa barbe, près de Newt et Milana.

Celle-ci se dit que c'était sûrement à cause de ses multiples problèmes de santé, mais elle ne préféra pas mettre cette idée en avant.

Alby passa à côté d'elle en la bousculant presque.

- Newt tu viens.

Celui-ci adressa un regard d'excuse à son amie et suivit le chef.

Le chef du Bloc avait certainement de nombreux soupçons en tête à nouveau.

- Allez viens la guerrière, on va manger. Déclara Minho en passant son bras sur les épaules de la brune, sous le regard haineux de Gally

ooOOoo

Trois longs jours s'étaient écoulés sous un temps gris et pluvieux.

Alby n'adressait plus la parole à Milana et pourtant il ordonnait à tout le monde de la surprotéger.

Gally était à bout de nerfs et observait les moindres faits et gestes que Minho exécutait envers Milana.

Et pourtant, dès que celle-ci osait regarder le bâtisseur, il faisait comme si elle n'avait jamais existé à ses yeux.

Les coureurs quant à eux revenaient toujours sans aucune nouveauté.

Mais les points positifs étaient que Milana était en parfaite santé suite à son contrôle imposé par Alby à l'infirmerie, et elle n'entendait plus cette voix horrible dans sa tête.

Ce qu'elle trouva suspicieux cela dit.

Et le blond au regard froid continuait de l'agacer dès qu'elle le voyait, bien qu'ils ne s'étaient plus adressé la parole depuis la dispute au camp.

Vers la fin de l'après-midi, à l'heure du retour des coureurs, ce fut la panique générale.

Ils n'étaient toujours pas de retour.

Tous les blocards, dont Milana, étaient regroupés devant l'immense porte du Sud.

- Vous trouvez ça normal ? Demanda Chuck, inquiet

- Bien sûr, tocard. Répondit Gally avec ironie

La brune eut une sensation bizarre en entendant cette voix qui lui était presque devenue inconnue.

Tout à coup, un vent brutal s'abattit sur eux, Milana se protégea par réflexe avec son bras.

- Putain... Maugréa Zart

- Ils sont où merde ? S'exclama un blocard au fond

Milana commençait à stresser.

S'il leur arrivait quelque chose, cela allait être à nouveau de sa faute.

Et puis Minho... elle ne voulait pas le perdre.

Mais alors qu'elle allait se faire un nombre de films inimaginables dans sa tête, deux silhouettes apparurent tout à coup, se rapprochant à toute vitesse...

Suivies d'une troisième, beaucoup plus grande que les deux premières.

- Griffeur ! Hurla Chuck, terrifié

Milana découvrit alors ces fameux griffeurs dont on lui avait tant parlé.

De ce qu'elle arrivait à voir, il lui semblait que c'était des sortes d'araignées monstrueuses mais... Métalliques.

Fabriquées de toutes pièces par les Créateurs.

Elle en fut répugnée et elle resta plantée sur place, terrorisée.

D'instinct, Gally et Newt l'empoignèrent chacun par un bras pour la faire reculer, la plaçant derrière eux.

Et les Blocards se mirent alors tous à crier.

Ils suppliaient Minho et Alby de se dépêcher.

Derrière les épaules de Gally et Newt, Milana parvenait tout de même à voir le Griffeur qui se rapprochait de plus en plus.

Apeurée, elle recula encore plus.

Les portes se refermaient trop vite à son goût.

Elle commençait à tourner, elle se sentait mal, elle sentait qu'elle allait à nouveau s'évanouir mais ce n'était pas le bon moment.

Heureusement, les deux coureurs parvinrent à rentrer dans le bloc à temps.

Ils s'écroulèrent au sol, assommés par la fatigue et le stress.

Le griffeur resta bloqué derrière les portes immenses.

Ils étaient sains et saufs.

Milana soupira de soulagement, mais cela ne dura pas longtemps.

Après avoir repris son souffle et s'être remis de ses émotions, Alby s'exclama, les poings serrés :

- Une attaque de griffeurs en pleine journée, et maintenant ils se rapprochent de notre entrée... Les Créateurs cherchent à nous éloigner du labyrinthe. Et je ne comprends pas pourquoi, nous n'avons rien fait de mal.

Sur ces mots, les blocards se retournèrent tous vers Milana, qui était un peu plus loin derrière eux.

Elle déglutit.

Gally, Minho, et même Newt la regardaient avec un visage dur.

Elle se sentait trembler de tous les côtés.

- C'est de sa faute, tout a changé depuis son arrivée. S'écria Winston

- C'est vrai, elle nous porte la poisse depuis le début. Ajouta un blocard que Milana n'arrivait pas à voir

Gally baissa la tête, car il était d'accord.

La brune chercha de l'aide dans les yeux de Newt, mais il fuit son regard.

Minho en fit de même.

Ils l'abandonnaient tous.

Seul Alby ne baissa pas les yeux.

- La ferme. Je n'ai pas encore assez d'éléments pour affirmer ma thèse, mais selon moi elle est loin d'être le problème.

Les blocards ne dirent plus un seul mot, Gally avait relevé la tête en sa direction, le regard froid.

L'argument d'Alby ne semblait pas convaincre tout le monde, de nombreux regards haineux étaient encore tournés vers la brune.

Celle-ci ne contrôlait plus ses jambes, sous la pression qu'elle était en train de subir, elle les sentit fléchir.

Elle ne s'évanouit pas, elle s'effondra juste.

Dans les bras de Newt qui la rattrapa à temps.

- Milana... Souffla Newt, impuissant

L'arrivée de Milana n'était pas seulement un changement car c'était une fille, elle était aussi devenue une énorme responsabilité.

À cause des Créateurs certes, mais Newt avait aussi l'impression d'avoir dans ses bras son trésor le plus précieux, qu'il fallait à tout prix préserver.

Tout tournait autour d'elle, toute l'attention était sur elle.

Si Newt ou Alby se réveillaient la peur au ventre le matin, c'était par peur qu'il ne soit arrivé quelque chose à Milana à nouveau.

Leur première préoccupation n'était plus de trouver une sortie, mais de veiller à ce que « la fille soit protégée ».

Pourquoi ? Pourquoi elle ?

Newt chercha une réponse dans les yeux bleus de la brune, mais ils étaient éteints.

Il ne pouvait y lire que de la peur et de la panique.

Il la replaça sur ses deux jambes, s'assurant qu'elle n'allait pas retomber à nouveau.

Inquiet, Alby s'approcha d'eux.

- Ça va aller Milana, je te promets que jamais on ne te fera du mal.

Milana, encore sous le choc, n'en revint pas de cet élan de compassion de la part d'Alby.

Avec toute cette haine qu'elle recevait, toutes ces accusations dans les yeux des Blocards, elle se sentait plus bas que terre.

- N'y fais pas attention, ils sont idiots, tu devrais avoir l'habitude... Allons manger. Newt tenta de la rassurer

Il passa son bras sur ses épaules et ils se dirigèrent vers le camp.

Elle entendit cependant les menaces d'Alby au loin.

- Faites attention à votre comportement, vous savez où est-ce que vous finirez sinon...

Et sur ces mots, il s'en alla vers l'infirmerie avec Minho pour effectuer un contrôle suite à cette mésaventure avec le griffeur.

oOOo

Milana n'arrivait pas à manger, la vision du Griffeur qui avait presque réussi à rentrer dans le Bloc l'effrayait encore, et avec tous ces blocards qui se méfiaient d'elle...

Elle avait désormais peur d'être ici.

Elle espérait cependant que cette angoisse allait lui passer, elle n'était pas seule après tout.

Newt, Alby, et même Minho seraient là pour la protéger.

Même si cet après-midi au retour des coureurs, ils s'étaient presque détournés d'elle.

Thomas et Chuck se chamaillaient à côté d'elle, Minho, qui d'habitude restait dans son coin, était venu avec eux après sa visite à l'infirmerie.

Ce qui fit plaisir à Milana, et le coureur essayait tant bien que mal de lui changer les idées.

Newt, lui, n'arrêtait pas de forcer la brune à manger.

Et sa dernière remarque fut de trop.

- Tu ne trouves pas que tu t'évanouis bien assez comme ça ?

Elle avait entendu cela toute la soirée, elle adorait Newt et son éternelle sagesse, mais c'en était trop.

- Ça suffit ! Elle hurla presque, le visage rouge

Avait-elle voulu crier ? Non.

Elle ne comprenait même pas pourquoi elle n'avait pas supporté cette phrase, qui pourtant venait de l'irriter comme si c'était Gally qui l'avait prononcée.

Newt la toisa avec de grands yeux et Milana baissa aussitôt la tête, rouge de honte cette fois-ci.

Tous les regards étaient tournés vers elle, à nouveau.

Minho l'épia avec incompréhension.

- Je vais me chercher à boire. Il n'y a que de l'alcool ici.

Elle se leva, les mains tremblantes.

Alors qu'elle passait au milieu de tous les blocards, Winston se leva, les sourcils froncés.

- J'sais pas où tu te crois la bleue, mais ce que je sais c'est que pour une nouvelle tu as un peu trop confiance en toi. Et vu tous les problèmes que tu nous apportes, si tu n'étais pas surprotégée comme ça, crois-moi que tu aurais déjà fini dans mon abattoir.

Milana s'était figée devant le trancheur, son sang s'était glacé.

Elle ne savait plus où se mettre.

- Mais tu vas la fermer pauvre tocard de merde ! Rugit soudain Gally

Le bâtisseur s'était levé et il avait explosé de rage sans prévenir, repoussant Winston qu'il trouvait bien trop proche de Milana.

Gally se plaça devant elle, prêt à la défendre.

- Et toi Winston, tu te prends pour qui ? Continua Gally, la mâchoire serrée

Winston n'eut pas le temps de répondre, Alby venait de l'empoigner par les cheveux.

- Toi, tu ne m'as pas écouté avant.

Le chef semblait tellement fou de rage que cela paraissait irréel, comme si quelqu'un venait de le posséder.

Il traîna le trancheur par les cheveux comme s'il n'était qu'un vulgaire animal.

Gally se retourna vers Milana, leurs yeux se croisèrent alors pour la première fois depuis presque quatre jours. Il cerna dans le regard de la brune une terreur immense, ainsi qu'une once de remerciement. Il allait lui dire quelque chose, mais Newt s'était ramené, arrachant Milana de la vue du bâtisseur.

Celui-ci serra les poings et il les observa s'en aller vers la salle de conseil.

Milana s'attendit à ce que l'on la sermonne, que l'on lui dise d'arrêter d'être si impulsive.

Mais Alby lui expliqua tout simplement que Winston allait être enfermé au Gnouf pendant deux jours, et que s'il recommençait encore une fois, elle devait immédiatement le dire.

Ainsi il serait banni.

Et malgré le fait qu'elle le haïssait, certainement plus qu'elle ne haïssait Gally, elle en eut des frissons dans le dos.

Elle ne voulait pas que cela en arrive au bannissement, celui de Ben l'avait déjà bien assez traumatisée.

Comme d'habitude, Newt voulut la raccompagner, mais elle demanda à être seule.

Il se posta alors devant la porte de la salle du conseil et l'observa, Alby à ses côtés.

Alors qu'elle allait arriver devant la maison, Gally surgit de nulle part.

La faisant sursauter au passage.

Il la contempla pendant quelques secondes.

La jeune femme n'osa rien dire, n'ayant plus l'habitude de lui parler.

Et le regard du bâtisseur fut beaucoup trop insistant, elle baissa alors la tête.

- Pourquoi je te déteste ? Je ne sais pas. Pourquoi je n'en sais rien ? Car il y a sûrement trop de raisons pour que je te les dise. C'est comme ça.

Elle releva les yeux vers lui, le ventre noué.

- Pourquoi ces journées d'ignorance ? Demanda-t-elle, ne sachant pas quoi répondre aux confessions du maton

- Si je passe mes journées avec toi, la bleue, je finirai pas devenir fou.

- Tu l'es déjà.

Elle n'avait pas pu s'en empêcher.

- Pas plus que toi. Répliqua Gally

Milana tourna la tête, ne trouvant aucune réponse.

La haine recommençait à surgir, elle était soulagée qu'il arrête de l'ignorer, mais elle voulait en même temps le tuer sur place avec son air narquois et ses piques incessants.

C'était incontrôlable.

Et alors qu'elle allait le remballer afin qu'elle puisse aller dormir, sentant un mal de tête qui arrivait à toute vitesse, Gally la prit par le menton pour lui relever la tête, et en quelques secondes elle se retrouva dans ses bras.

Les bras du maton la serraient si fort, comme s'il avait peur qu'elle ne s'envole.

Elle souffla dans la nuque du blond. Un souffle de soulagement.

En un rien de temps, son esprit étouffé par des pensées horribles s'était vidé grâce à ce geste qui lui paraissait autrefois impossible de la part du blocard.

Il la relâcha doucement pour ensuite partir aussi vite que le vent, sans lui dire un seul mot. Sans un regard.

Laissant Milana en plan comme elle l'avait fait avec lui dans la forêt.

Elle n'en revenait pas et elle crut un instant qu'elle n'avait fait que rêver.

Gally lui avait accordé un moment d'affection.

Un moment dont elle avait eu terriblement besoin depuis son arrivée.

Et c'était son pire ennemi qui l'avait enfin soulagée pendant quelques secondes.

Mais une fois dans son lit, remise de ses émotions, elle se dit que leur jeu était finalement loin d'être fini. Gally était toujours aussi lunatique. Ce geste envers elle ne signifiait rien pour lui. C'était évident.

La haine qui avait disparu dans les bras du bâtisseur était de retour, mais elle était désormais plus forte qu'avant.

Plus tenace.


Et voilààààà ! Vous avez aimé ? Perso, j'ai adoré écrire la toute fin, donc le moment Gally/Milana, ainsi que le moment où Milana s'effondre dans les bras de Newt et que l'on en apprend un peu plus sur ce qu'il ressent à propos d'elle.

Avec l'épisode du griffeur, vous pensez que ça va partir en sucette maintenant avec les blocards qui soupçonnent à nouveau Milana ? Quel passage avez-vous aimé ? J'attends vos avis avec hâte ! Merci de votre lecture, bisouuuus:-)