Hello ! J'espère que vous avez bien aimé mon dernier chapitre ! Merci beaucoup pour vos reviews, ça me fait trop trop plaisir !

Merci Tatiana, très contente que tu ai aimé ce chapitre ! Je vais essayer de faire de mon mieux pour faire des chapitres plus longs !:-)

Merci beaucoup M.A, et oui enfin du mieux entre Gally et Milana !

J'espère que ce chapitre va vous plaire ! Bonne lecture :-)


Elle ne le rejetait pas, au contraire, elle approfondissait le baiser.

Ce qui rendit complètement fou le bâtisseur.

Il la fit entrer dans la chambre et la plaqua contre le mur, posant ses mains sur les hanches si fines de Milana.

Si longtemps qu'il avait attendu ce moment, combien de fois en avait-il eu envie, combien de fois en avait-il rêvé.

Il se colla un peu plus contre elle et il ouvrit les yeux pour plonger son regard dans le sien.

Le ventre de la brune se tordit lorsqu'elle vit à quel point Gally la regardait avec intensité.

L'embrasser était une sensation merveilleuse, une sensation qu'elle n'aurait jamais pensé connaître et encore moins avec lui.

Elle ne voulait plus s'arrêter, elle voulait, à travers ce baiser, lui transmettre tout son amour pour lui qu'elle avait caché pendant si longtemps.

Mais alors qu'il allait glisser sa main sous son t-shirt, elle le stoppa net et mit fin au baiser.

- Putain quel con. Désolé.. Il se recula en se frottant la tête, embarrassé

Pour autant il ne lui lâcha pas la main, toujours entremêlée dans la sienne, et il la regarda longuement à nouveau.

- C'est pas ça mais.. Je suis un peu surprise. Avoua-t-elle, les joues rouges

- J'ai attendu bien trop longtemps pour ça. Et hier j'ai vraiment cru te perdre alors.. Je suis désolé. Putain, avec ce qu'il s'est passé et moi je fais ça maintenant.. Et puis aussi..

Milana baissa la tête et sourit.

Il remarqua qu'elle essayait de ne plus penser à cet horrible moment et qu'elle voulait paraître forte.

Gally n'en dit pas plus, se raclant la gorge.

Cela devenait bien trop gênant pour lui, il n'avait pas assez de courage aujourd'hui pour tout lui dire.

Mais il ne pouvait désormais plus le nier et peut-être qu'elle l'avait aussi compris suite au baiser.

Le bâtisseur était terriblement amoureux de la bleue.

Depuis le jour où elle avait posé les pieds dans le Bloc il n'avait jamais cessé de penser à elle.

En bien, ou en mal.

Bon Dieu, qu'est-ce qu'elle avait pu l'énerver parfois, combien de fois avait-il eu envie de lui hurler dessus.

Mais toutes les fois où la haine avait pris le dessus, il s'en était voulu.

Et lorsqu'il s'excusait ou qu'il en avait envie, elle faisait tout pour le faire changer d'avis et il s'énervait à nouveau, plus que jamais.

Et à force de vivre avec les défauts de Milana qu'il avait tant détestés, il avait fini par les adorer.

Cette fille était magnifique malgré ses nombreuses journées de faiblesse, et son caractère se mariait si bien avec celui du bâtisseur.

Pourquoi ne s'en était-il pas rendu compte plus tôt ?

Il aurait dû le réaliser à partir du moment où il avait commencé non plus à protéger Milana parce que les Créateurs l'avaient demandé, mais parce qu'il ne voulait pas qu'il arrive quoi que ce soit à ce qui lui était devenu de plus précieux. Avec le recul, la boîte ne lui avait pas apporté un fardeau mais un cadeau. La protéger n'était pas un devoir pour lui mais une nécessité. Il aurait aussi dû s'en rendre compte lorsque Milana avait commencé à manger avec lui, tous ces soirs. Ces soirs où elle l'avait préféré lui à ses amis.
Qu'est-ce qu'il regrettait de ne pas avoir réalisé plus tôt. Il s'en voulait de l'embrasser seulement maintenant, après la nuit horrible qu'elle avait passée. Mais il ne pouvait plus attendre, il ne pouvait pas risquer de la perdre une énième fois. Lui montrer qu'il l'aimait était le seul moyen pour la faire accepter qu'il voulait la protéger, à tout prix.

Et toutes ces pensées, Milana les comprit à travers son regard d'un bleu électrique.

Ses yeux n'exprimaient plus aucune haine, il n'y avait plus de rage ou d'énervement comme au début, il n'y avait plus non plus d'hésitation, de gêne ou d'incompréhension comme les dernières semaines.

Les yeux du maton n'exprimaient plus que de l'amour, de l'envie et du bonheur.

Et pour rien au monde la brune ne voulait qu'il perde ce regard.

- Gally..

Avec un sourire, il la prit dans ses bras et l'embrassa comme jamais, comme s'il voulait rattraper tout ce retard qui s'était accumulé.

Lorsqu'il la lâcha, elle lui sourit.

En ce moment même, elle n'avait jamais été aussi heureuse.

Elle oublia tout ce qu'il s'était passé pendant ces quelques instants, et comme d'habitude, c'était grâce à lui.

- Pourquoi ? Pourquoi seulement maintenant, et pas avant ? Chuchota-t-elle

- Si tu savais. Mais tu ne m'as jamais vraiment aidé. Donc ce serait plutôt à moi de te poser cette question. Répliqua-t-il, avec un sourire en coin

Elle lui lança un regard de défi, sachant bien que oui, elle était aussi fautive.

À toujours l'avoir rejeté quand il semblait vouloir plus, à s'être rapprochée de Minho.

Mais qu'importe, elle s'en fichait désormais de savoir pourquoi.

Ses baisers et ses regards avaient répondu à toutes ses questions.

- Alby ne veut pas que tu sortes avant ce soir. Et je le comprends, alors s'il te plaît Milana ne te rebelle pas. On se voit plus tard. La salua-t-il, en l'embrassant sur le front et en partant aussitôt pour qu'elle ne réplique pas

Elle n'aurait de toute façon pas répondu.

Elle se laissa tomber sur le lit et scruta le plafond.

Que venait-il de se passer ? Tout était allé si vite.

Elle n'en revenait pas.

Son cœur la chatouillait, son ventre se tordait sous l'excitation.

Elle ne put s'empêcher de sourire.

Gally, le bâtisseur au cœur de pierre qui l'avait si longtemps détestée, avait fini par faire le premier pas.

Et pas des moindres, puisque sans dire un seul mot à ce propos, elle avait tout de même compris qu'il l'aimait.

Ses baisers passionnés mais amoureux, la façon dont il avait posé ses mains sur ses hanches, la façon dont il l'avait prise dans ses bras avec tant de douceur.

Comment était-ce possible ?

Qu'ils passent de la haine à l'amour en deux mois ?

Aurait-elle pensé Gally capable d'aimer ainsi ?

Non, jamais, se dit-elle.

Et pourtant. Tout cela lui semblait irréel.

Elle le connaissait, maintenant. Ce baiser voulait dire plus.

Même si elle n'avait rien dit, il l'avait sûrement deviné à son regard qu'elle partageait ses sentiments.

Il ne s'arrêterait donc pas là, et il voudrait alors très certainement qu'ils aient une vraie relation.

Milana ressentit une drôle de sensation en se disant cela.

Après plus de deux mois dans ce Bloc, à vivre avec Gally chaque jour, à le haïr, à essayer de le supporter, à commencer à l'apprécier, à se comporter comme de simples amis qui mangent ensemble le soir...

Et à enfin se rendre compte qu'ils ressentaient bien plus que de la haine ou de l'amitié l'un pour l'autre.

Elle avait répondu à son baiser, elle ne l'avait pas rejeté et en plus de ça, elle l'avait regardé avec amour.

Elle n'avait pas réussi à cacher ce sentiment qu'elle aurait aimé garder au plus profond d'elle pour toujours.

Elle ne pouvait donc plus rien faire, plus rien nier.

Milana se releva soudainement. Elle avait envie d'être avec lui, plus que tout. Il était sa force dans le Bloc, il était sa gaité qui lui faisait oublier tous les mauvais moments ici. Et malgré elle, elle l'aimait. Depuis bien trop longtemps.
Mais ce moment d'extase lui avait fait oublier tout le reste. Elle portait en elle le bébé d'un autre. Peut-être que dans les souvenirs qu'on lui avait volés, elle avait eu un copain, autrefois. Avec qui elle avait voulu cet enfant. Ou peut-être que non, elle se savait jeune malgré l'oubli de son âge, et jamais personne ne voudrait être parent aussi tôt. Mais quoiqu'il en soit, elle était malheureusement enceinte. Et s'il l'apprenait, voudrait-il encore d'elle ? Ne recommencerait-il pas à la haïr ? Et ce message des Créateurs, cette voix. Elle avait quelque chose à voir avec eux. Lorsqu'ils le découvriraient, comment réagirait Gally ? Elle n'était pas stable pour une relation. La seule chose qu'elle allait faire en étant avec le bâtisseur serait de le faire souffrir. Et ça, elle ne l'accepterait pas. Il ne le méritait pas.
Mais il y avait également cette part d'égoïsme en elle qui voulait être avec lui, qui voulait encore de ses baisers, de ses caresses, de sa jalousie et de sa protection. Elle voulait avoir une raison de se lever le matin, avec tous les problèmes qu'elle devait affronter elle n'en avait plus eue depuis son arrivée ici. Il l'aidait à oublier cet endroit maudit, être avec lui c'était tout comme être dans un monde plus beau.
Elle soupira, elle ne savait pas quoi faire. Et une fois de plus, c'était elle le problème. Elle qui allait tout gâcher.

Milana tourna en rond dans sa petite chambre.

Pourquoi donc ne pouvait-elle pas profiter de l'instant présent ?

Comme si ses jours étaient comptés alors que cela faisait déjà deux mois qu'elle était ici et qu'elle allait sûrement y rester encore un bon moment.

Pourquoi était-elle si compliquée ?

Elle regarda par la fenêtre et tomba sur Gally qui semblait s'acharner dans son travail, sourcils froncés.

Et soudain, elle revint à la réalité.

Ce qu'elle avait vécu cette nuit la frappa de plein fouet.

Gally l'avait emmené sur un nuage, qui s'était aussitôt évaporé une fois qu'il avait quitté la pièce.

Elle se laissa tomber au sol et enfuit son visage dans ses mains.

- Pourquoi. Pourquoi moi merde. Soupira-t-elle

Les larmes lui montèrent aux yeux, mais elle ne voulait pas pleurer. Elle voulait être plus tenace que ça.

Avec peine, elle les ravala.

Elle se sentait si sale.

Le fait de ne pas s'être rendu compte qu'elle s'était retrouvée en culotte devant tous les Blocards lui donnait envie de s'en foutre une.

Elle avait tellement honte, elle n'avait jamais aimé Winston mais désormais elle le haïssait peut-être autant qu'elle détestait les Créateurs.

Elle avait envie de se jeter de la javel sur le corps, voire de l'acide afin de se débarrasser de cette impression qu'elle avait d'être souillée.

Alors qu'elle continuait à faire les cent pas dans sa chambre, elle eut tout à coup une révélation.

Elle avait oublié la voix.

Ce message de la voix, qui l'avait envoyée à la porte Sud.

L'avait-elle fait exprès ? Les Créateurs savaient-ils que les trancheurs avaient planifié cette horreur ?

Étaient-ils cruels à ce point ? Bien sûr qu'ils l'étaient.

Pour avoir arraché plusieurs enfants à leurs parents et les envoyer pourrir dans cet endroit, ils ne pouvaient que l'être.

Elle en était donc sûre, ils avaient testé les blocards.

Elle eut un haut-le-cœur à cette idée.

Milana avait remarqué dans les yeux de Winston qu'il n'était pas normal, tout comme l'autre trancheur.

Pourtant, ils n'étaient pas bourrés, ni piqués.

Les Créateurs les avaient manipulés.

Et ils avaient testé les Blocards pour voir s'ils étaient capables de continuer à protéger la jeune fille.

- Non, pas ça non..

Elle se replia encore plus sur elle-même.

Même si elle ne pourrait jamais leur pardonner, les deux Blocards avaient été manipulés contre leur gré.

Certes, peut-être que même sans cela ils auraient pu le faire, vu comment Winston pouvait parfois agir avec elle, mais les Créateurs s'étaient servis d'eux, et ils allaient faire un mort de plus.

Et tout cela n'aurait jamais eu lieu si elle n'avait pas été envoyée ici.

Ben serait toujours là.

Tout comme le maton des Trancheurs.

oOOo

- Gally était vraiment bizarre ce midi. Dit Newt tout à coup, alors qu'il prenait une pause avec Zart, Chuck et Thomas

- Comment ça ? Le jeune torcheur haussa les sourcils

- Pas que ce midi d'ailleurs. Le sarcleur se rattrapa. Toute la journée il a passé son temps à regarder vers la maison. Et quand je suis passé près de lui, un des bâtisseurs lui a lancé une phrase avec Milana, et il n'a pas apprécié du tout.

- Parce que le petit con est amoureux d'elle. Elle aussi très certainement. Et je suis presque sûr qu'ils sont ensemble. S'exclama Zart avec un sourire en coin

- Arrête un peu tes conneries. Milana me l'a encore dit il n'y a pas longtemps qu'elle s'en fichait de lui.

- T'en as pas marre Newt ? S'énerva tout à coup Thomas

Cette réaction calma aussitôt les trois amis.

Newt encore plus, qui lui fit de gros yeux.

- Je sais qu'on avait pas que ça à faire cette nuit, quand les deux autres connards s'en sont pris à Milana, mais... J'ai observé Gally et Milana et... il lui a tenu la main. Ils ont dormi ensemble cette nuit, encore. Qu'est-ce qu'il te faut de plus pour comprendre putain ? À t'entendre on dirait que tu es jaloux.

Le sarcleur n'en croyait pas ses oreilles.

- Qu'est-ce que tu..

Il n'eut pas le temps de terminer sa phrase, le medjack s'en était allé aussitôt.

Newt soupira, las de son comportement.

Ils n'avanceraient jamais, tous les deux.

Encore moins si Thomas pensait vraiment qu'il était jaloux de Gally.

Zart et Chuck ne le lâchaient plus du regard, abasourdis.

- Bon. Cela va bientôt être l'heure, il faut que je cherche Milana. S'empressa Newt, ne supportant plus l'ambiance

Les deux restants se regardèrent longuement, puis haussèrent les épaules et retournèrent à leurs occupations.

Une fois devant la porte de la chambre, après quelques secondes d'hésitation, Newt toqua.

Au bout de deux minutes, toujours aucune réponse.

Et ce n'était pas fermé à clé.

- Milana ? Appela-t-il, en entrant doucement.

Là, il l'aperçut couchée, par terre.

Son cœur fit un bond et il se précipita vers elle, s'agenouillant.

Mais il se calma très vite, elle était tout simplement en train de dormir, son visage semblait serein.

- Milana.. C'est l'heure. Dit-il d'un ton grave, la secouant légèrement

Elle ouvrit les yeux avec difficulté.

Ils étaient rouges, comme si elle avait passé la journée à pleurer.

Mais au contraire, elle s'était tellement retenue qu'elle n'en pouvait plus.

Elle releva doucement la tête, et éclata en sanglots.

Newt ne sut pas quoi faire pendant quelques secondes, puis il la prit dans ses bras, sourcils froncés.

Il ne l'avait encore jamais vue pleurer ainsi, ce qui lui foutu un coup au cœur.

Pleurait-elle de tristesse, de rage, de lassitude, d'épuisement ?

Il la serra plus fort contre lui.

- Ca va aller, ne t'en fais pas.. Il lui caressa les cheveux. C'est pas l'heure de laisser tomber ton courage et ta force de folle furieuse. Sourit-il

Il avait raison, elle ne devait pas abandonner, pas maintenant.

Alors Milana inspira un grand coup, le repoussa et se leva.

- Voilà, c'est mieux. Plaisanta le sarcleur

Lorsqu'il aperçut le nez de la brune à la lumière, il perdit aussitôt son sourire.

La blessure commençait seulement à cicatriser, son petit nez était encore bleu et l'égratignure s'étalait presque sur toute la longueur.

Le sarcleur serra les poings.

- Il regrettera d'avoir fait ça.

Milana baissa la tête, la gorge serrée.

Alors qu'ils allaient sortir, elle se bloqua.

- Je ne peux pas Newt, je ne peux pas.

Il tourna la tête vers elle et remarqua la panique immense dans ses yeux.

Il soupira.

- Je sais Milana, mais tu n'es pas seule.

Elle déglutit.

Elle s'était retrouvée si faible face à eux, presque dénudée, apeurée.

Tout ce qu'elle n'avait jamais voulu montrer.

Et elle allait devoir les affronter.

Enfermée dans sa chambre, elle avait réussi à ne plus trop y penser.

Mais là, la réalité allait lui revenir en pleine figure.

Une fois dehors, elle commença à trembler.

Elle n'y arriverait pas.

Toutes les secondes elle s'arrêtait, et Newt devait la tirer.

Plus le groupe de Blocards qui attendait devant la porte du Labyrinthe se rapprochait dans son champ de vision, plus les jambes de Milana menaçaient de la faire s'écrouler au sol à force de trembler.

- Ca va aller, je te le promets. Tenta de la rassurer le sarcleur, encore et encore

Mais cela ne servit à rien.

Alors qu'ils allaient arriver, elle ne trouva pas Gally dans le tas.

Ce fut de trop.

- Où.. Où il est ?

Elle se tourna dans tous les sens, mais elle l'aperçut pas.

Il n'était pas dans les environs.

- Eh, arrête ! Calme-toi ! De qui tu parles ? Newt n'arrivait plus à la contrôler

- Gally.. Il n'est pas là.

La jeune fille avait besoin de lui.

Elle avait tout bonnement envie de fuir.

Elle n'y arriverait pas sans le maton.

Heureusement pour Newt, Alby vint à sa rescousse.

- Écoute, elle n'est pas prête.. On n'a pas besoin de lui infliger ça. Souffla Newt, ne sachant plus quoi faire

Le chef empoigna Milana par le bras, et elle n'eut d'autres choix que de le suivre sous le regard impuissant de son ami.

- Je suis désolé Milana mais il le faut. Il doit te voir, il faut qu'il réalise et qu'il regrette. Siffla Alby

Elle inspira profondément, et une fois face aux Blocards elle releva la tête bien haute.

Elle reprit le dessus, sous le sourire de Newt.

Et aucun garçon ne la regarda avec dégoût, pitié ou mépris.

Ils semblaient, pour la plupart, lui lancer des regards d'encouragement.

Le bannissement allait se dérouler comme celui de Ben.

Sauf que cette fois-ci, Milana le regarderait jusqu'au bout sans broncher.

Lorsque Winston arriva, elle l'observa du coin de l'oeil.

Son visage était rouge, bouffi, les larmes ne cessaient de couler sur ses joues.

Elle ne ressentit que du dégoût en le voyant.

- Alby. Pitié. Tu le sais au fond de toi que je ne l'ai pas voulu. Je n'étais pas moi. Supplia le trancheur

Milana se figea, secouée par ce choc soudain.

Personne autour d'elle ne semblait comprendre, tout comme Alby.

Ils ne ressentaient désormais qu'une haine profonde pour lui.

Même ses propres ''amis''.

L'autre trancheur n'était pas là.

Mais la brune savait qu'il avait sûrement raison.

Il n'était alors pas vraiment fautif.

Elle eut soudainement envie de hurler, leur crier que c'était les Créateurs qui l'avaient manipulé.

Mais elle ne pouvait pas. Elle ne pouvait rien leur révéler.

Et cette image de Winston la touchant, la frappant, la menaçant de la violer.

Manipulé ou non, pourrait-elle tout de même lui pardonner ?

Elle n'y arriverait pas pour l'instant.

Et Alby ne lui laisserait pas le temps.

Elle dut donc se taire et regarder un nouveau blocard mourir.

Par sa faute.

- Alby. Ecoute-moi..

Le chef le poussa pour qu'il soit à quelques mètres de la porte, prêt à subir sa sentence.

Il se plaça derrière lui.

- En arrivant ici, tu avais trois règles à respecter. Tu as bien fait ton travail, Winston. Je n'ai aucun reproche à te faire là-dessus. Tu as été un très bon maton. Mais tu n'as pas respecté la seconde règle, qui était de ne faire du mal à aucun Blocard. Et tu as en plus de ça préférer t'en prendre à celle qui ne devait en aucun cas subir cette règle. Tu as touché à la personne qu'on est censé protéger. Tu as fait du mal à une fille, tu as agressé une personne qui ne t'a jamais rien fait, Winston. Et c'est pourquoi je ferai impasse sur la troisième règle, en te laissant entrer dans le labyrinthe.

- Pitié.. Les gars, essayez de comprendre ! Je ne l'ai jamais voulu.

Il les regarda un à un.

Mais quand ses yeux furent sur le point de se poser sur Milana, il l'évita, trop lâche pour l'affronter.

- Allez-y. Ordonna Alby en se détournant, sans même un regard pour le maton des trancheurs

Thomas, Zart, Minho et quelques autres avancèrent pour le pousser lorsque les murs, sous un bruit sourd, commencèrent à se fermer.

Sans pitié, ils le forcèrent à entrer avec rage.

Le discours d'Alby, leur rappelant ce qu'il avait fait, venait de les remonter encore plus qu'ils ne l'étaient déjà.

Et Winston s'y engouffra, n'essayant même plus de lutter.

Comme s'il venait d'accepter sa peine.

Seul, sans provision aucune.

Il acceptait sa mort prochaine.

Cependant, quelques secondes avant que le mur ne se referme, Winston se retourna vers ses anciens confrères.

- Faites attention.. Milana est..

Le souffle de la brune se coupa, ses yeux s'élargirent.

Elle crut pendant un instant que le monde allait s'arrêter.

Mais heureusement pour elle, il n'avait pas pu terminer sa phrase, le labyrinthe s'étant renfermé sur lui.

Toutefois elle ne perdit pas de son choc et manqua de s'effondrer.

Elle se rappela de cette nuit, la façon dont il l'avait regardé en frôlant son ventre.

Quelques secondes de plus et tout le monde aurait été au courant pour sa grossesse.

Elle crut vraiment s'évanouir, mais Newt la secoua.

- T'en fais pas, il délire. Allez, on s'en va.

Que ce soit Alby ou les autres Blocards, aucun ne lui lançait des regards de soupçon.

N'avaient-ils rien entendu, à part Newt ? Elle l'espéra.

En passant près de Minho, celui-ci se racla la gorge et se détourna aussitôt.

Se remettant de ses émotions et réalisant la réaction du coureur, elle leva les yeux au ciel.

- Ca va ?

- Ne t'inquiète pas Newt, je m'en sortirai.

Elle ne voulait plus en parler. Et le sarcleur le comprit.

Elle avait juste besoin d'oublier.

Elle repensa alors à Gally.

- Mais où est-il.. Murmura-t-elle, sourcils froncés

Que faisait-il ?

- Tu manges avec nous ? Newt l'interrompit dans ses pensées

- Je n'ai pas très faim. Répliqua-t-elle, sèchement

- Je comprends... Soupira-t-il

Alors qu'ils se dirigeaient vers la cuisine pour boire un coup, le regard de Milana tomba sur Gally.

Enfin.

Il était à l'entrée de la forêt, à s'acharner une fois de plus sur des morceaux de bois.

- Je te laisse. Annonça-t-elle à Newt, précipitamment

Elle marcha d'un pas vif vers le maton. En la voyant arriver, il s'arrêta dans son travail, s'essuyant le front. Une fois en face de lui, elle lui lança un regard désespérée. Comme d'habitude, il la regarda de haut. Sans pour autant la mépriser.

- Pourquoi tu n'es pas venu ? À un moment où j'avais le plus besoin de toi bordel. Pesta-t-elle, désemparée

Il baissa la tête.

- Je m'en excuse, vraiment.. Mais je ne pouvais pas. Rien qu'en te voyant là, avec ton nez cassé..

Il se retenait d'exploser. Milana le remarqua.

- Si j'y avais assisté, je l'aurais tué avant qu'il ne rentre dans le Labyrinthe. Je ne pouvais pas.

Il serra les poings, énervé en repensant à cette horreur. Milana en perdit ses mots.

Elle ne pouvait pas lui en vouloir.

Elle resta alors plantée là, silencieuse.

Gally se radoucit et se rapprocha doucement de la brune.

Il posa alors sa main sur la nuque de Milana et déposa un léger baiser sur son front.

Elle retrouva enfin un semblant de bonne humeur, et sourit.

Au loin, Newt, Zart et Minho venaient de voir la scène.

- Ha ha ha ! On aurait dû faire un pari, franchement. Pouffa Zart

Newt, en apercevant la colère de Minho, lança un regard noir au sarcleur pour lui faire comprendre que ce n'était pas le bon moment pour ces plaisanteries.

- Mais comment ils ont pu passer d'ennemis jurés à.. Amoureux.. Souffla Minho, les dents serrées.
- Je laisse tomber cette histoire. Je ne comprends pas Milana sur ce coup-la. Admit Newt
- Moi je dis, tant qu'il la protège, nous n'avons plus rien à dire. Souligna le maton des sarcleurs

Le co-leader des Blocards ne pouvait qu'approuver.

Mais il préféra ne rien dire, ne voulant pas énerver Minho encore plus.

- Bon, Alby veut le voir. Je vais le prévenir.

Lorsqu'il rejoignit Milana et Gally, qui étaient en pleine conversation, il les interrompit en se raclant la gorge.

La brune se retourna, gênée. Le bâtisseur soupira.

- Alby veut te parler. Déclara Newt en lui lançant un regard insistant

- On se voit ce soir. Murmura Gally en direction de Milana

Elle hocha la tête. Il les laissa donc seuls.

- J'imagine que tu nous as vus..
- Laisse. Je n'ai pas à te dire quoi faire. Si tu as fait ce choix, c'est que c'est le bon.
- Merci. Sourit faiblement Milana

Newt leva les yeux au ciel.

Milana et Gally aussi proches, qui l'aurait cru ? se dit-il.

En entrant dans la salle des Conseils, le bâtisseur tomba sur un Alby qui semblait impatient, tapant du pied.

- Enfin.

- Désolé, j'étais concentré dans mon travail.

- Ton travail, ou Milana ? Alby lui lança un regard de défi

Gally perdit ses moyens, il ne sut pas quoi répondre sur le coup.

- Je te laisse faire, Gally. Mais fais attention.

Il hocha frénétiquement la tête, perturbé.

Le chef était le seul à réussir à le faire stresser de cette manière, en ne disant que quelques mots seulement.

- Pourquoi n'es-tu pas venu lors du bannissement ? Demanda-t-il

- J'ai préféré rester loin de ça, au risque de m'emporter.

Alby se frotta le menton en le regardant avec insistance.

- C'est bien. Tu fais des efforts, je peux les voir. Tu arrives beaucoup mieux à te contrôler. Je fais abstraction de ce qu'il s'est passé cette nuit, car je peux comprendre ta réaction. Je ne sais pas, à cause des Créateurs, si j'ai un jour ressenti ça mais.. Cela ne doit pas faire du bien de voir la fille que l'on aime souffrir.

Gally déglutit, était-il sincère ?

Ou se moquait-il de lui ?

Il n'avait pas l'habitude que le chef fasse part de ses sentiments.

- Quoiqu'il en soit, c'était pour te dire qu'il faut que tu restes loin de Fred, tout en le martyrisant aussi.

Le concerné ne comprit pas tout de suite, vu les gros yeux qui se formèrent sur son visage.

- Il a participé à la tentative de viol.

Gally, sur ces mots, se figea.

- Mais je ne pouvais pas envoyer deux blocards dans le Labyrinthe. Je veux que tu lui fasses comprendre qu'il n'aurait jamais dû faire ça, tout en restant discret. Termina Alby

Le maton ressentit alors une énorme satisfaction en lui.

Il allait pouvoir la venger, chaque jour.

- Mais il faudra te contrôler. Je ne te demande pas de le tuer, alors ne te prends pas pour psychopathe... Et ne le dis à personne. Il doit comprendre ce qu'il lui a fait subir, il doit réaliser qu'il nous a tous mis en danger.

Gally hocha la tête.

Avant de sortir de la salle, il ne put s'empêcher de dire à Alby ses dernières pensées.

- Je me contrôlerai, comme tu me le demandes. Mais s'il arrivait à Milana quelque chose d'encore plus grave qu'une agression, ou qu'elle venait même à mourir, je le jure Alby, ils crèveront tous.

oOOo

''Dans deux semaines.. Quatre mois.. Il est temps.''

Milana se réveilla en sursaut.

Il faisait encore nuit, ce n'était pas l'heure de se lever.

Et elle ne comprit pas le message de la voix.

Elle se mit alors à paniquer, mais elle se calma bien vite en réalisant qu'elle était dans sa chambre, dans les bras de Gally qui dormait profondément.

Elle souffla de soulagement et se rendormit.

oOOo

Depuis ce matin, Milana travaillait intensément en espérant faire l'impasse sur tous ses problèmes, l'horreur qu'elle avait vécue et ce message incompréhensible la rendaient folle.
Newt restait silencieux, après une énième dispute avec Thomas, mais Zart faisait tout pour aider la brune à oublier l'acte des deux trancheurs.

- C'est comment la vie avec un géant de presque deux mètres, taillé comme un bûcheron ? Je pensais pas que ce serait ton style.

Milana pouffa mais ne répondit pas.

Elle était aussi perturbée par le fait que les Blocards ne semblaient pas regretter la perte de Winston.

Ben, même s'il avait été piqué, avait tenté de la tuer.

Et combien l'avaient pleuré.

Mais elle se rappela qu'elle était la seule à savoir que Winston avait été manipulé.

Et qui sait, l'aurait-il seulement violée ? Peut-être l'aurait-il aussi tuée.

La brune soupira, elle aimerait tellement que les Créateurs lui effacent une partie de sa mémoire à nouveau.

Un bruit sourd retentit tout à coup, faisant sursauter Milana et Zart.

Newt se leva d'un coup, les sourcils froncés.

- La Boîte ?

- Mais ce n'est pas le jour, ni l'heure. Remarqua la brune

Sans attendre, les trois amis coururent vers l'objet en question.

Tout comme les autres Blocards.

Gally rejoignit très vite Milana, lui lançant un regard inquiet.

Alby se fraya un chemin et se plaça devant la boîte, le regard dur.

- Gally et Fry, vous l'ouvrez. Newt, va voir à l'intérieur. Se pressa-t-il, comme si la boîte allait disparaître dans quelques secondes.

Ils s'exécutèrent. En l'ouvrant, il y eut alors un long silence abasourdi. Ils avaient tous accepté le fait qu'ils n'auraient plus jamais de Bleus après Milana, la lourde protection qu'elle impliquait et ces trois mois passés sans nouveaux.
Et pourtant. Un garçon était allongé dans cette boîte. Les Blocards se regardèrent tous et ils se mirent à chuchoter. Que se passait-il ? Pourquoi un nouveau ? Pourquoi maintenant ?

- Newt, descends.

Le sarcleur en était resté bouche-bée, oubliant son devoir. Il s'exécuta aussitôt et examina le nouveau, il avait des cheveux noirs et sa peau était plutôt blanche. Mais il ne put voir ses yeux, le garçon semblait inconscient.

- Il s'est évanoui je crois. Déclara Newt en relevant la tête vers les Blocards

Et avant qu'Alby ne dise quoi que ce soit, le nouveau se réveilla en poussant un cri étouffé, faisant reculer Newt en un sursaut.

Sa respiration était saccadée, il avait du mal à reprendre son souffle.

Le sarcleur s'approcha alors de lui et lui releva la tête.

Les yeux dans le vide, comme s'il était en transe, le garçon reprit lentement ses esprits et posa soudainement son regard, vert comme l'émeraude, sur la seule fille du Bloc.

- Milana.. Souffla-t-il

Et il s'évanouit à nouveau, certainement épuisé.

Alors, Newt et tous les blocards tournèrent leur regard vers la brune.

La bouche grande ouverte, le cœur de Milana manqua un battement.

Paniquée, elle chercha alors Gally du regard mais lorsque ses yeux se posèrent sur les siens, elle n'y décela que de l'incompréhension, de la déception et de la trahison.

Et il la laissa en plan, énervé, au milieu de tous ces regards soupçonneux.


Voilà pour ce petit chapitre 12. Il ne se passe pas grand chose, à part la révélation des sentiments de Gally et Milana, le bannissement et... L'arrivée d'un nouveau garçon, qui connait Milana. Et oui. Quel est son rapport avec Milana, d'après vous ? Et puis, en a-t-il vraiment un ?

Sinon, avez-vous aimé ce chapitre ? Mon histoire vous plait-elle toujours ? J'attends vos avis avec hâte. Merci pour votre lecture ! Bises :-)