Chapitre 5

Bunker des Hommes de Lettres Lebanon Kansas

Hermione venait tout juste de finir ses explications. Elle avait relaté comment elle avait découvert l'existence des Hommes de Lettres et leur association avec le monde magique ainsi que le rôle qu'Albus lui avait confiée. Pour appuyer ses dires elle avait sorti de son sac en perle, celui qui ne la quittait que très rarement, la lettre d'Albus ainsi que les registres des Hommes de Lettres relatant leur formation et leurs filiations avec le monde magique. Avant d'avoir pu sortir quoi que ce soit de son sac elle avait d'abord montré la bague ornant son annulaire droit et portant l'étoile du verseau. Sam n'avait été que partiellement convaincu car après tout il venait de se faire attaquer par un membre des Hommes de Lettres mais avait décidé de suivre son instinct qui lui disait d'au moins écouter ce que la femme en face de lui avait à dire. Et puis avouons-le quand elle lui avait dit qu'elle transportait tous les registres prouvant ce qu'elle disait en pointant le petit sac qu'elle portait en bandoulière il n'avait pu s'empêcher d'être curieux. Il imaginait très bien le regard que son frère lui aurait lancé, quelque chose comme « Sérieusement Sammy, vraiment le moment pour faire ton geek là ! ». Mais penser à Dean était trop douloureux et il ne pouvait pas gérer cela pour le moment alors il reporta très vite son attention sur la sorcière et lui signifia qu'il voulait voir les livres qu'elle avait ramené. Quelle ne fut pas sa surprise quand il vit qu'elle plongeait sa main jusqu'au coude dans le petit sac et qu'un tintement en raisonna comme si un objet était tombé. Voyant son regard Hermione ne put s'empêcher de sourire et de lui expliquer qu'elle avait jeté un sortilège d'extension sur l'intérieur le rendant quasiment sans fond.

Après avoir étudié brièvement les registres, qui confirmaient tout ce qu'elle lui avait dit Sam se détendit enfin. Il lui restait cependant une dernière question à laquelle elle n'avait pas encore répondu.

« Je comprends ce que vous êtes venue faire ici, mais j'aimerais quand même savoir comment vous savez qui je suis. » lui demanda-t-il.

« Une fois que j'ai appris ce qu'il y avait à savoir sur les Hommes de Lettres je me suis attelée à retrouver les descendants de ceux qui étaient partis aux Etats-Unis. Comme les fondateurs étaient des membres de familles magiques, même si eux même n'avaient pas de pouvoirs, j'ai recherché dans les archives du ministère leurs arbres généalogiques. Chaque famille magique à son arbre qui est automatiquement mise à jour à chaque naissance ou décès dans la lignée. J'ai ensuite réduit mes recherches aux familles parties en Amérique et j'ai fini par tomber sur votre frère et vous. Une fois que j'avais connaissance de vos noms j'ai fait des recherches spécifiques sur vous deux et j'ai découvert que vous étiez des chasseurs à la base mais que vous aviez pris connaissance de votre héritage d'Homme de Lettres il y a quelques années. Après il ne me restait plus qu'à espérer que vous soyez au Bunker et que vous puissiez répondre aux questions que j'ai moi aussi. »

« Waouh ! Le moins que l'on puisse dire c'est que vous ne faites pas les choses à moitié. Ca a du vous mettre du temps. »

« Quelques mois, mais cela en valait la peine. J'ai appris énormément de choses et cela faisait longtemps que je n'avais pas ressenti autant d'excitation pour quelque chose. »

Sam ne doutait pas de ses mots, car tout au long de son explication que ce soit sur l'origine des Hommes de Lettres ou lors de ses recherches pour les retrouver Dean et lui son visage s'était éclairée d'une passion communicative et rafraîchissante. Visiblement il n'était pas le seul qui aimait apprendre de nouvelles choses, et ne serait plus le seul à se faire taquiner par son frère pour cela. Tout aussi vite que cette pensée lui rentra dans la tête elle fut chassée par une autre, son frère ne taquinerait plus personne à partir de maintenant. Ses sombres pensées devaient se refléter sur son visage car il sentit une main réconfortante se poser sur son bras.

« Sam vous allez bien ? Votre blessure vous fait mal ? »

« Non ce n'est pas ça. Je pensais à mon frère. Il est… Dean est mort aujourd'hui, il s'est sacrifié encore une fois pour le monde. Un monde qui pense qu'il n'est qu'un monstre.»

Sam ne put continuer plus loin sentant les sanglots lui couper la voix.

« Je suis sincèrement désolée. » Fut tout ce qu'Hermione trouva à dire.

Elle ne s'attendait pas à ça. Elle s'était préparée à devoir plaider sa cause après avoir lu le type de sorcières contre lesquelles les deux frères s'étaient battus, mais ne s'attendait pas à tomber en plein drame et à finalement ne rencontrer qu'un seul des deux Winchester. En faisant ses recherches elle n'avait pu s'empêcher de compatir et de se sentir proche de ses deux hommes qui avaient combattus depuis toujours et qui avaient été si mal traité par les gens et la vie en général. Elle n'avait pas toujours eu une vie facile mais à côté de la leur la sienne semblait presque normale.

« Je suis vraiment désolée pour ce qu'il vous arrive. Si je peux faire quoi que ce soit, n'hésitez pas à me le demander. »

« Merci mais je ne pense pas que vous puissiez m'aider. »

« Si vous le voulez bien je peux au moins vous faire une tasse de thé et soignez votre épaule. J'aurais besoin de ma baguette pour cela par contre mais je vous promets de ne pas vous faire de mal. »

Sam la fixa et ne vit rien d'autre qu'une femme sincère qui semblait compatir et peut-être même osait-il croire comprendre ce qu'il vivait. Il décida donc de lui accorder pleinement sa confiance et de la laisser lui venir en aide dans la mesure du possible.

« La cuisine est juste après la bibliothèque pour faire le thé si voulez y aller. »

Hermione se leva de sa chaise et se dirigea dans la direction indiquée laissant sa baguette au centre de la table montrant à Sam qu'elle aussi était prête à lui faire confiance. Une fois l'eau chauffée elle revint dans la pièce où Sam se trouvait toujours et le trouva exactement dans la même position qu'avant, droit sur sa chaise et le regard lointain. Il avait l'air d'un chiot perdu et malheureux, cette vision lui brisa le cœur. Elle s'approcha doucement et posa la bouilloire sur la table. Elle se tourna ensuite vers lui car elle voulait le soigner avant qu'il ne boive son thé.

« Si vous voulez bien ôter votre t-shirt que je puisse vous soigner. »

Il s'exécuta sans un mot et la regarda prendre sa baguette puis la tourner vers son épaule. Il ne put supprimer un léger mouvement de recul mais ne fit rien de plus. Elle se pencha vers lui et commença à murmurer des paroles contenant ce qui semblait être pour la plupart des mots en latin. Au moment où il allait lui demander ce que cela signifiait exactement une voix qu'il pensait ne plus jamais entendre retentit.

« Putain Sammy, c'est quoi ce bordel ! »