Hello! Merci infiniment pour vos commentaires toujours aussi gentils. Ça me motive beaucoup.

Bonne lecture :-)


Milana accourut dans l'infirmerie, craignant le pire.

Gally ne se contrôlait plus et avait repoussé les medjacks d'une telle force qu'ils n'eurent pas le temps de le retenir.

Il chopa le nouveau par le cou et rapprocha son visage du sien.

Le bleu semblait soudain être sorti de son état de cinglé complètement à l'ouest et il agissait enfin normalement.

Il fut terrifié par le regard que le bâtisseur lui lançait.

- Gally... Murmura Milana, désemparée

Il l'ignora.

Il serra sa poigne un peu plus fort, coupant presque la respiration du bleu.

- Je t'ai entendu ce matin, avant le lever du soleil quand tout le monde dormait encore. Tu parlais. Tu étais parfaitement conscient et en pleine forme. Tu n'as jamais été dément. Ou du moins, pas plus de quelques jours. Alors écoute-moi bien espèce de raclure, tu vas vite nous dire ce que tu sais ou crois-moi que tu vas le payer cher. Le bâtisseur avait chuchoté ces mots d'une façon si froide que cela glaça le sang de Milana

- Gally, lâche-le. Menaça Thomas en l'empoignant par le bras

Le maton des bâtisseurs le repoussa d'un coup sec mais obéit tout de même.

Il relâcha le garçon, le laissant respirer à nouveau.

- Parle, avant que je te tue.

Le ton de Gally devenait de plus en plus assassin, Milana se dit alors que la règle du Bloc qui formulait qu'aucun mal ne devait être fait à un blocard avait été oubliée depuis bien longtemps.

Le bleu sembla enfin réagir, et sa seule réponse fut un sourire en coin, un sourire vil et narquois.

Il se moquait ouvertement de Gally. Ce qui rendit celui-ci fou de rage.

- Putain, et en plus il se fout de moi.

Ce fut de trop pour le bâtisseur, le nouveau n'eut le temps de rien comprendre, il sentit simplement le poing du blond s'écraser sur sa figure.

Pourtant, personne n'avait réagi, ni Thomas, ni Newt, personne.

Ils avaient compris en voyant le sourire du bleu qu'il les prenait tous pour des imbéciles.

- Gally, emmène-le dans la Salle des Conseils, je vais chercher Alby. Lâcha Newt, sans aucune pitié pour le nouveau

Gally ne se fit pas prier, il empoigna le bleu par le col de son t-shirt et le tira de toutes ses forces.

Tout le long, jusqu'à la Salle des Conseils, il le traîna presque par terre.

Une fois à l'intérieur, il le balança sur une chaise.

Le garçon aux yeux verts avait perdu son sourire arrogant et se faisait désormais tout petit.

Milana apparut, à bout de souffle, et elle resta à quelques mètres d'eux de peur de brusquer le bâtisseur.

Il faisait comme si elle n'existait pas, surveillant les moindres faits et gestes du nouveau.

Alby et Newt arrivèrent quelques secondes après la brune.

- Décidément, il n'y a pas un jour où je ne cesserai d'être surpris. Soupira le chef en se postant devant le garçon, le visage dur et les bras croisés sur son torse

- Je suis désolé, désolé pour tout. Ne me faites pas de mal. Supplia l'accusé

Gally eut un rire mauvais.

- C'est trop facile de se payer notre gueule pour ensuite faire la victime.

- Tais-toi Gally, si tu veux rester ici tu me laisses parler.

Le maton ne répliqua pas, bien que cela ne fit que mettre ses nerfs un peu plus à vif.

- Je ne sais pas si tu te rends compte, mais avoir agi comme tu l'as fait c'est très grave. Tu nous as mis en danger en faisant éveiller des soupçons en nous qui provoquaient des tensions au sein de notre groupe. Si tu avais répondu à nos questions au lieu de jouer au mec fou à lier, incapable d'aligner deux mots, cela aurait changé beaucoup de choses.

Le concerné observa tout le monde autour de lui avec ses grands yeux verts, il essayait d'inspirer la pitié.

Cela énerva Gally encore plus.

- Regarde-moi quand je te parle.

Alby, qui avait perdu toute patience et tout self-control avec les derniers événements, lui donna une claque dans la figure.

Le nouveau lui fit alors face, déglutissant.

- Maintenant tu vas me dire tout ce que tu sais, ou crois-moi que tu vas terriblement souffrir.

Gally, à l'entente de ces mots, afficha un sourire satisfait sur son visage.

Cela fit frissonner Milana.

Le nouveau mit deux bonnes minutes à enfin oser parler.

- Je m'appelle Blaise.

Tous les regards s'éternisaient sur lui, dans l'attente d'autres paroles.

Mais le bleu, qui s'appelait donc Blaise, se tut.

Des gouttes de sueur perlaient sur son front.

Tout à coup, Gally se mit à applaudir.

- Waw. C'était très intense comme révélation.

Alby lui lança un regard noir, Newt baissa la tête afin de cacher le sourire apparu sur son visage suite à la remarque du bâtisseur.
Le chef se rapprocha un peu plus près de Blaise, avec un regard menaçant, ce qui le fit aussitôt parler.

- J'ai quelques souvenirs qui me reviennent. Ou du moins, c'est les Créateurs qui m'en font part. Ils me parlent. Je les entends dans ma tête. Mais ils sont toujours très vagues, ce ne sont que des mots, jamais des phrases complètes.

Milana sentit son ventre se nouer. Elle ne voulait pas y croire.

Il entendait les Créateurs dans sa tête, comme elle.

Peut-être savait-il qu'elle avait elle aussi ce « don ».

Elle eut alors envie de courir vers lui et de l'assommer afin qu'il se taise.

Ils ne devaient pas savoir qu'elle les entendait.

Alby se tourna vers Newt et Gally, ils semblaient tous les trois ahuris par ce que Blaise venait de leur révéler.

- Qu'est-ce que tu veux dire par là ? Ils sont dans ta tête ? Ils te transmettent leurs paroles par pensées ? Le chef n'en croyait pas ses oreilles

Blaise hocha la tête.

- Est-ce que tu communiques avec eux ? Newt devança Alby

- Non ! Je n'ai pas accès à leurs pensées, je n'ai aucun pouvoir sur ça. Je ne fais que recevoir des sortes de messages codés, quelques mots qu'il faut assembler pour mieux les comprendre. Parfois un ou deux mots. Et la plupart du temps je ne comprends rien de ce qu'ils me disent.

- Comme quoi ?

Alors, Blaise posa ses yeux sur Milana et tout le monde reporta son attention sur elle.

Il y eut un long silence, jusqu'à ce que Alby perde patiente.

- Réponds moi ! Rugit-il, tapant du poing sur l'accoudoir de la chaise, faisant sursauter celui qui y était assis

- Ils m'ont soufflé mon prénom. Ils m'ont dit que j'étais tout aussi important que Milana. Ils m'ont dit « Merci pour ce que tu as fait, Blaise. » Et la dernière fois qu'ils m'ont parlé, c'était avant-hier. Je n'ai plus rien entendu depuis.

Milana tentait d'assimiler toutes les informations qu'il venait de donner.

Qu'avait-il bien pu faire pour que les Créateurs le remercient ?

Pourquoi était-il aussi important que celle qui devait être protégée à tout prix ?

- Et c'était quoi leurs derniers mots ? Insista Alby

Blaise tremblait de la tête au pied.

Il n'arrivait plus à parler, comme s'il avait peur des répercussions que ses paroles allaient engendrer.

- Réponds !

Gally venait d'hurler, fou de rage, visiblement énervé par les premières révélations du nouveau. Il le fit sursauter.

- Ce truc-là. Blaise pointa le ventre de Milana. Elle a accepté de le faire pour les Créateurs. Elle l'a voulu.

Milana se décomposa. Sa plus grande peur venait de se réaliser.

Gally regretta aussitôt de l'avoir forcé à parler.

Ce fut de trop pour lui.

Il fonça vers Milana, qui recula, apeurée.

Il la saisit par le bras et la tira sans relâche vers l'extérieur.

- Gally, tu me fais mal ! La brune sentait les larmes lui monter, elle ne comprenait pas sa réaction

À vrai dire, Gally ne se contrôlait plus.

Il ne se rendait pas compte de ce qu'il faisait.

Il manqua plusieurs fois de la faire tomber tant il la tirait violemment.

- Gally s'il te plaît !

- Tais-toi et avance ! Il était hors de lui, Milana ne réussirait jamais à le calmer

Il la tirait vers la petite maison en bois, il voulait lui dire tout ce qu'il avait sur le cœur.

Il voulait lui dire une fois de plus que c'était la fin, Milana le ressentait.

La brune entendit soudain quelqu'un courir derrière elle.

Elle tourna légèrement la tête, c'était Newt.

- Gally arrête tu perds la tête, tu lui fais mal là ! Newt tentait tant bien que mal de garder son calme, arrivé à leur hauteur il essaya de dégager Milana de l'emprise du bâtisseur

- Dégage Newt, laisse-moi seul avec elle, ça ne te regarde pas.

- J'en ai rien à faire de vos affaires, ce qui m'inquiète c'est ce que tu pourrais faire à Milana.

- C'est bon Newt, t'en fais pas. Milana planta son regard dans celui du sarcleur, afin de le rassurer

Newt soupira mais battit en retraite.

La brune avait confiance en Gally malgré tout, jamais il ne lui ferait du mal.

Lorsqu'ils arrivèrent devant la chambre, Gally poussa Milana à l'intérieur et il se posta face à elle, la regardant de haut, les bras croisés.

- Comment est-ce que tu peux me faire ça ?

Gally ne laissait transparaître aucune émotion sur son visage, mais sa voix s'était brisée en prononçant ces mots et ses yeux reflétaient la tristesse qu'il ressentait suite à ce qu'il pensait être une trahison de la part de Milana.

Elle en eut une boule en ventre.

Elle baissa la tête, les lèvres tremblantes.

- Gally tu le sais que je ne me souviens de rien. Je ne t'ai rien caché car moi-même je ne sais plus comment tout cela est arrivé...

- Tu aurais pu me dire ce qui t'arrivait au moins. Mais non, tu m'as tout caché et désormais j'apprends que ce truc en toi est de Blaise et que tu l'as voulu !

Gally plongea sa tête dans ses mains, il se retenait de crier et de s'énerver.

Ces idées qu'il avait en tête le rendaient malade.

- Arrête Gally, il n'a jamais dit que c'était de lui et..

- C'est évident !

Milana soupira, elle tentait tant bien que mal de ne pas exploser elle aussi.

Elle ne devait pas le contrarier.

- Dans tous les cas, je suis sûre que je ne l'ai jamais voulu.

- C'est ça oui. Cracha Gally, qui ne la regardait plus.

- Tu ne crois pas qu'il y a des choses plus importantes que de savoir si je l'ai voulu ou non ou de savoir qui m'a fait ça ? Tu crois que je le veux ? Tu ne vois pas à quel point je suis répugnée d'avoir cette chose en moi ? Je ne sais pas quel âge j'ai mais je suis bien trop jeune pour ça. Tu ne penses pas que plutôt que de t'en prendre à moi, c'est aux Créateurs que tu devrais en vouloir ? Voilà une raison de plus pour partir d'ici et nous venger.

- C'est ce qu'on veut tous. Mais à t'entendre on dirait qu'on peut s'enfuir d'ici et trouver leur base en un clin d'œil. Ça risque pas d'arriver pour le moment et en attendant ce qui m'inquiète c'est toi. Le Bloc n'est pas un endroit sûr pour quelqu'un avec ta condition.

- Ma condition ?

- Cette chose va te faire du mal ! S'emporta Gally. Tu ne vas pas en sortir indemne si tu vas jusqu'au bout de cette... grossesse.

- Qu'est-ce que tu veux que je fasse de plus Gally ? Milana perdit le contrôle à son tour et s'énerva

Le bâtisseur prit une grande inspiration, il ne voulait pas que cela parte en vrille.

Mais tout ceci lui faisait si mal.

Il fallait qu'il sorte de cette pièce, il allait devenir fou.

- Fait chier !

Et sur ces mots, il laissa Milana en plan. Celle-ci resta immobile pendant de longues minutes, à fixer le vide. Puis elle s'écroula sur son lit. Elle voulait se rendormir. Oublier cette matinée, Blaise, ces révélations et ce qui se trouvait en elle. Plus que jamais, une envie de tuer les Créateurs la rongeait en elle. Il était bientôt temps de passer à l'action.

oOOo

La journée passa très vite.

Milana n'était pas sortie de sa chambre, Blaise séjournait désormais au Gnouf et Gally refusait de parler à quiconque, concentré sur son travail et rien d'autre.

Newt n'osait pas aller voir son amie mais il s'inquiétait énormément pour elle.

Il savait que dans cette histoire, ce qui la faisait le plus souffrir c'était Gally.

Et pourtant cette chose qui se cachait en elle était bien plus importante et dangereuse.

Newt devenait dingue à l'idée que Milana ne se laissait pas approcher.

Il voulait l'aider à tout prix.

Le sarcleur fut vite tiré hors de ses pensées lorsque Chuck, qui tentait de le faire rire avec une blague d'enfant, aperçut Minho revenir du labyrinthe, accompagné d'Alby qui avait été l'explorer de son côté un peu plus tard.

Le jeune garçon prévint Newt, alors ils se dirigèrent vers eux.

- Quoi d'neuf ? Demanda-t-il, arrivé à leur hauteur

- Mec... tu vas pas en revenir ! Annonça Minho, à bout de souffle

Newt haussa les sourcils, intrigué.

Voilà bien longtemps que les coureurs n'étaient pas revenus du labyrinthe avec des nouvelles inhabituelles.

Alby lança un regard à Chuck, l'air de dire qu'il était temps pour lui de partir afin de ne pas écouter.

Celui-ci obéit en soufflant, déçu.

- J'ai découvert une faille. C'est un mur qui n'a jamais changé de place, je l'avais déjà remarqué et j'avais beaucoup de questions à son sujet, mais comment est-ce que c'était possible de passer à travers un mur de toute façon ? Il ne bougeait pas, c'était tout. Sauf qu'aujourd'hui, une grande porte est apparue au milieu du mur. Je n'ai pas rêvé, j'ai eu le temps de m'approcher, mais je n'ai pas couru assez vite, elle a disparu une seconde avant que je ne touche la poignée. C'était un truc de ouf !

- Je te crois. Lui assura Newt aussitôt. De plus, ça semble logique que quelque chose de louche se trame avec ce mur si c'est le seul à ne jamais bouger. S'il était déplacé comme les autres, alors la base des Créateurs bougerait elle aussi, et je ne pense pas que ce soit le cas.

- Il faut bien que tout commence à partir d'un certain endroit. Et cet endroit doit logiquement être fixe. Ajouta Alby afin d'encourager l'hypothèse de Newt

Minho avait un grand sourire et ses yeux s'illuminèrent.

Ils étaient proches du but, ils le sentaient.

- Mais pourquoi, pourquoi aujourd'hui et pas avant ? Il faut quand même se méfier. J'ai peur que ce soit en lien avec les révélations de Blaise et la situation de Milana.

Alby sema tout à coup le doute.

Il voulait y croire, mais quelque chose lui disait qu'ils avaient en vérité complètement faux.

- Bien sûr, il faut qu'on reste, enfin que vous restiez, prudents. Répondit Newt, se frottant le menton

Minho approuva, mais l'excitation ne le quitta pas pour autant.

- On en reparle plus tard. Viens Alby, faut absolument qu'on aille dans la Salle des Cartes.

Et sur ces mots, ils laissèrent Newt en plan.

Celui-ci retourna alors à ses occupations, l'esprit à présent préoccupé par le labyrinthe.

Une heure plus tard, Minho sortit de la salle toujours aussi fier de lui.

Il passa devant Newt qui était prêt à rejoindre les autres près du feu de camp pour le dîner.

- Je vais chercher Milana. Lui signala-t-il, alors qu'il partait en direction de la maison

- Euh Minho..

- T'inquiète pas !

- Minho je pense que c'est une très mauvaise idée. Newt lui cria alors que l'autre était déjà loin de lui

Le coureur lui fit signe de la main, l'air de dire qu'il n'avait pas à s'en faire.

Newt fronça les sourcils lorsqu'il le vit entrer.

- Bon je crois que je vais attendre là en fait, au cas où... Le sarcleur se chuchota à lui-même

Il ressortit à peine deux minutes plus tard, Milana n'était pas très loin derrière lui, il avait réussi à la convaincre.

Et bien évidemment, Gally choisit ce moment pour passer devant la maison.

- Et merde putain.

Newt, malgré sa jambe qui boitait de plus en plus les derniers temps, se mit alors à courir vers eux le plus vite possible.

Mais il arriva trop tard, Gally l'avait déjà incendié et en une fraction de seconde, Minho s'était pris un poing dans la figure.

La main du bâtisseur avait été si lourde que le coureur s'écrasa sur le sol, le nez en sang.

- Gally calme-toi ! Newt se posta devant lui et tenta de le pousser loin de Minho

- Espèce de pauvre..

- La ferme ! Ne fais pas la victime alors que tu le fais exprès ! Tu crois pas qu'il y a déjà assez de choses qui m'énervent, il faut que t'en rajoutes c'est ça ? Gally était enragé, mais il réussit à se retenir de ne pas lui sauter dessus

- Laisse tomber Gally, tu vas avoir des problèmes si tu continues.

Le bâtisseur se tourna alors vers Milana, prêt à l'accuser de tout ce qu'elle avait bien pu faire avec Minho.

Cependant, il tomba sur un regard effrayé.

Celle pour qui il était prêt à tout était terrifiée. À cause de lui.

Cette vision, ce fut comme recevoir un coup de pied dans le ventre.

Il en perdit tous ses moyens.

Gally se tourna alors vers le coureur, embarrassé.

- Je.. désolé Minho. Je sais pas ce qui m'arrive les derniers temps.

Minho lui lança un regard assassin alors qu'il s'était redressé, le sang coulait désormais sur son t-shirt.

Mais au fond de lui il comprenait le bâtisseur, il savait qu'il ne vivait rien de facile depuis les derniers jours.

Alors il n'en fit rien.

Tout comme Alby qui, un peu plus loin, avait assisté à la scène.

Ils ne lui diraient rien car tout ceci n'était pas de sa faute.

Les Créateurs les mettaient tous à rude épreuve.

- Ouais ben tâche de faire attention si tu veux pas finir au Gnouf avec l'autre mytho. Et sur ces mots, le coureur se dirigea vers l'infirmerie, accompagné de Newt et Milana

Celle-ci lança un dernier regard derrière elle, vers Gally.

Le bâtisseur avait la tête baissée, il regrettait terriblement ce qu'il venait de faire, elle le savait, elle voulait courir dans ses bras et lui dire que tout irait bien.

Mais il n'accepterait pas.

Elle n'avait pas eu peur de lui, elle avait simplement peur de ce qui allait lui arriver un jour s'il continuait ainsi.

Et s'il venait à lui arriver quelque chose, tout serait de sa faute à elle.

Jamais elle ne pourrait l'accepter.

Elle s'en voulait terriblement.

Alors que Jeff s'occupait de Minho, Thomas prit Newt à part après avoir observé Milana qui se tenait dans le coin de la porte.

- Qu'est-ce que le nouveau vous a dit ? Il faut que je sache s'il sait quelque chose sur la condition de Milana.

Newt regarda le medjack un long moment, il savait qu'il pouvait lui faire confiance, mais ce n'était pas n'importe quelles informations.

Le sarcleur finit cependant par céder.

- Il s'appelle Blaise, on ne sait toujours pas si il a un quelconque lien avec Milana. Il a dit que cette chose qui se trouve en elle, elle l'a voulue.

Thomas fit de gros yeux, ahuri.

- C'est pas possible.

- J'y crois pas non plus.

- Elle a dû se faire manipuler.

- C'est probable. Approuva Newt. Mais on devrait pas en venir aux conclusions hâtives. Je ne sais pas pourquoi mais je sens qu'on en saura bientôt plus.

Il y eut un long silence pesant.

- En tout cas, Milana assure qu'elle est enceinte de cinq mois et quelques, et elle est dans le Bloc depuis quatre mois seulement. On ne peut donc pas remettre en cause les dires de Blaise, ça s'est bel et bien passé avant qu'elle n'arrive, quand elle avait encore toute sa mémoire. Putain, j'espère vraiment qu'elle n'a rien voulu de tout ça. Newt semblait dépité à l'idée que Milana ait pu accepter une telle chose, un acte qui risquait de la tuer et de mettre en danger tous les blocards par la suite

- Je suis persuadé que non, à mes yeux elle a été manipulée comme Ben, Winston et Fred. Thomas posa sa main sur l'épaule de Newt afin de le rassurer

- J'espère que t'as raison... Lui lança le sarcleur

Alors, ils se sourirent et restèrent ainsi un long moment.

Soudain, Newt fronça les sourcils.

- Attends une seconde. Comment Milana peut-elle savoir qu'elle est enceinte depuis cinq mois et quelques alors qu'elle est dans le Bloc depuis quatre mois seulement ?

Thomas haussa les épaules.

- Ça n'a rien à voir avec sa mémoire je pense. C'est un instinct que les filles ont. J'imagine que le ventre rond n'est censé apparaître qu'au bout d'un certain temps, tout comme les symptômes. Elle a eu le temps de tout calculer. Le medjack termina sa phrase avec ironie

Newt soupira.

- Elle ne devrait pas avoir à vivre ça..

Thomas voulut répondre, mais Jeff décida de l'appeler au même moment.

- On se voit au dîner. Le salua Newt en lui jetant un dernier regard avant de sortir de l'infirmerie

Newt et Milana se posèrent sur leur habituel tronc d'arbre près du feu de camp.

Fry leur apporta sa nouvelle recette du jour, une soupe à la carotte et aux noisettes.

Newt haussa les sourcils.

- Je t'assure mec, c'est de la bombe ! Je savais même pas qu'on avait un noisetier. J'étais trop content quand Zart m'a ramené ça. Tu m'en diras des nouvelles ! S'exclama Fry, avant de les laisser pour servir les autres.

Newt s'esclaffe puis se lança.

Il fit d'abord une drôle de tête à la première bouchée, puis de l'étonnement s'afficha sur son visage.

- Oh mais c'est vrai que c'est bon.

Milana eut un petit sourire.

Elle goûta à son tour et approuva, mais après deux cuillerées elle n'y toucha plus.

Sa boule au ventre l'empêchait de manger quoi que ce soit, ce que Newt remarqua.

Il posa son assiette qu'il avait terminée en deux secondes et fixa son amie.

- Ne t'en fais pas Milana. Tout va s'arranger.

Milana lui lança un regard intrigué mais Newt n'en rajouta pas plus, il ne voulait pas lui parler des découvertes dans le labyrinthe, il savait qu'elle serait capable d'y aller.

La brune était capable de tout, il en était persuadé, elle arrivait à cacher sa force et son courage pour se faire passer pour une trouillarde... mais un jour tout sortirait et aucun des Blocards n'aurait le temps de la stopper.

Newt essayait donc d'empêcher ce moment d'arriver trop vite.

Elle ne chercha même pas le questionner, voyant bien qu'il ne dirait rien.

Newt soupira.

- Je m'inquiète pour toi.

- Je l'ai voulu Newt, tout ça c'est de ma faute.

- Arrête, tu sais bien que c'est faux. On t'a forcée, je ne vois que cette possibilité.

- Si seulement je pouvais m'en souvenir... Murmura-t-elle, lèvres pincées

Ou si seulement la voix pouvait à nouveau lui faire passer quelques messages, se dit-elle.

- C'est ce qu'on voudrait tous. Mais là le plus important, c'est toi. On sait que tu n'as rien voulu de tout ça et encore moins aujourd'hui. Personne ne supporterait qu'il t'arrive quelque chose, encore moins cet abruti de Gally qui sait pas gérer ses émotions.

Cette remarque arracha un sourire à la brune.

- Heureusement que tu es là Newt.
- Ouais j'sais, j'ai l'habitude d'être celui qui reste toujours un minimum positif. C'est mieux qu'avant.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Laisse tomber, lui répondit le sarcleur avec un sourire forcé.

Milana poussa un long soupir.

Elle avait l'impression d'être un terrible fardeau ici.

Un fardeau qui empêchait les blocards, Newt et Gally les premiers, à vivre simplement, sans aucune peur en eux.

Elle leur pourrissait la vie, une vie qui n'était déjà pas très belle.

La brune se leva sans prévenir, sous le regard intrigué de son ami.

- Il faut que j'aille me coucher. Je vais devenir folle sinon.

Elle n'attendit pas la réponse de Newt, elle lui fit signe de ne pas la suivre alors qu'il s'apprêtait à le faire, puis elle s'en alla.

Newt se laissa retomber sur le tronc d'arbre.

Thomas arriva à ce moment, deux verres en main, et s'assit à côté du sarcleur.

- Elle a besoin de se reposer. Il tenta de rassurer Newt

- Je sais.

Thomas lui passa un verre. Newt s'en empara et lui sourit.

Il le remercia intérieurement de lui faire penser à autre chose.

Et lorsque le medjack se rapprocha un peu plus de lui et que leurs cuisses se touchèrent, Newt sentit son ventre se tordre de bonheur.

Milana passa plus d'une heure à s'observer dans le miroir.

Sa chambre était devenue un vrai lieu de torture.

Soit elle examinait son corps à s'en rendre malade, soit elle cogitait dans son lit.

Elle ne pouvait plus supporter la vue de son ventre, elle ne comptait même plus le nombre de fois où elle avait eu envie de le rouer de coups, de l'arracher ou de se planter des coups de couteau.

Des actes horribles lui venaient en tête, mais elle ne pouvait pas s'en empêcher.

Elle n'avait pas voulu de cette chose, c'était impossible.

- Merde merde merde.

La brune n'arrivait pas à dormir.

Elle se retournait sans cesse dans son lit, elle tapait des poings, poussait des hurlements étouffés dans son coussin.

Elle pensait à Gally, et c'était tout comme si on lui arrachait le cœur.

Leur relation avait eu tant de mal à débuter et elle avait fini par devenir si belle.

À présent, elle avait tout gâché.

Plus jamais il ne voudrait d'elle, et elle le comprenait.

Newt, Alby, Minho, Zart, Chuck... Milana leur faisait vivre un enfer.

Elle n'apportait rien de bon dans le Bloc, à part des soucis et des inquiétudes.

Ben, Winston, Fred. Ils étaient morts à cause d'elle, ils avaient été manipulés par les Créateurs par sa faute.

Tout serait bien plus facile sans elle.

Pourquoi devaient-ils la protéger ? Dans la finalité, cela ne leur apporterait rien.

Elle n'allait pas les sauver, peut-être même allait-elle tous les faire tuer.

Elle était une malédiction.

- Un fardeau, c'est tout ce que je suis. Souffla-t-elle

Désormais, Milana en était persuadée. Elle avait fait son choix. Elle devait se sacrifier, se livrer aux Créateurs. Elle devait partir loin d'ici afin qu'ils ne s'en prennent plus aux Blocards. Elle ne voulait plus les faire souffrir.
Elle allait entrer dans le labyrinthe dès que l'occasion se présenterait. Elle attendrait le bon moment. Ce moment se trouverait être celui où, en fin de journée, les portes seraient sur le point de se refermer. Elle s'assurerait que les Blocards étaient tous occupés et ainsi, elle se ruerait vers elles et passerait de l'autre côté. Personne ne pourrait la suivre.
À cette idée, Milana eut un petit sourire satisfait. Elle allait enfin être utile. Elle allait sauver ses amis, qu'importe si elle devait en mourir. La vie de Gally et de Newt valaient bien plus la peine que la sienne.
Demain, elle partirait. C'était décidé. Elle ne ferait plus jamais de mal autour d'elle.

Enfin, elle put s'endormir paisiblement et elle ne pensa plus à ce qu'elle allait encore une fois faire subir aux blocards à son réveil.

Tout irait mieux.

Un cri assourdissant s'éleva dans l'air.

Milana se réveilla en sursaut.

Il faisait encore noir, quelqu'un venait d'hurler en pleine nuit.

Elle sortit du lit et courut vers la petite fenêtre.

Elle fronça les sourcils, tout était calme dehors, et elle pouvait apercevoir les Blocards qui dormaient encore à poings fermés sous les arbres un peu plus loin de la maison.

Elle se demanda alors si elle n'avait tout simplement pas rêvé.

Mais elle comprit vite que non lorsqu'une voix se fit entendre dans sa tête.

Elle était de retour.

Sauf que cette fois-ci, elle était masculine et elle avait l'impression qu'elle la connaissait.

Elle l'avait déjà entendue, mais impossible de souvenir quand et où.

"Sors. Vite. Tu n'as plus beaucoup de temps."

Milana sentit son cœur battre si fort qu'elle eut l'impression qu'il allait sortir de sa poitrine.

Elle ne prit même pas le temps de réfléchir et elle se rua vers l'extérieur.

La dernière fois qu'elle avait obéi à la voix qui lui avait demandé de sortir, elle l'avait terriblement regretté.

Mais elle savait que cette fois-ci cela se passerait autrement.

De plus, c'était un homme qui lui parlait. Ce n'était pas l'ancienne voix.

Il semblait vouloir l'aider.

La brune courut le plus vite possible malgré le poids dans son ventre et elle regarda autour d'elle, s'assurant que personne ne l'entendait.

Milana arriva alors au milieu du Bloc.

Elle tourna sur elle-même, cherchant du regard si quelqu'un ou quelque chose l'attendait.

- Je suis là, murmura-t-elle, je suis là. Qu'est-ce que vous me voulez ?

Ce fut le silence complet dans sa tête. Elle resta plantée telle une statue à attendre un indice, un mouvement, un bruit.

- S'il vous plaît, je..

Milana n'eut pas le temps de terminer sa phrase.

La voix poussa un cri encore plus puissant que le premier.

Il fut si long et si strident que la brune eut l'impression qu'on venait de lui infliger des chocs électriques dans le cerveau.

La douleur fut trop intense, trop violente.

Elle s'évanouit presque aussitôt.

oOOo

Milana ouvrit les yeux avec difficulté.

Elle ressentit un mal de dos terrible et elle comprit vite pourquoi.

Elle était couchée à même le sol, dur et froid, et elle se trouvait près d'un des murs.

Il faisait jour mais le soleil ne semblait pas être encore tout à fait levé.

Elle se redressa en position assise, grimaçant de douleur.

Elle peinait à ouvrir clairement les yeux.

Comment cela se faisait-il qu'elle avait passé la nuit dehors ?

Pourquoi était-elle encore là alors qu'il faisait jour ? Les blocards dormaient-ils encore ?

Avec difficulté, Milana finit par se lever.

Elle se frotta les yeux et observa alors les environs.

Son cœur manqua de louper un battement.

La brune comprit aussitôt pourquoi aucun blocard n'était venu l'aider.

Ces murs gigantesques, ces nombreux couloirs peu éclairés qui partaient dans tous les sens...

Elle était dans le labyrinthe.

Comment ? Pourquoi ? Milana n'eut même pas le temps d'y réfléchir.

Son cerveau se brouilla, lui arrachant une grimace de douleur, la voix était de retour.

"WICKED n'est pas bon." "Milana je suis désolée pour tout, je t'aime."

C'était à nouveau cette voix masculine.

Une voix qu'elle connaissait, qui venait de lui dire je t'aime.

Ce n'était pourtant pas celle de Gally, ni de Newt.

Milana ne s'attarda pas là-dessus.

Les Créateurs l'avaient envoyée dans le labyrinthe et elle savait au fond d'elle qu'ils ne la laisseraient pas mourir.

Ils avaient sûrement ouvert une porte qui permettrait à Milana de sortir d'ici.

C'était donc enfin l'occasion pour elle de les rencontrer, de leur faire face et de se venger.

Elle était prête.

Elle rassembla toutes ses forces, inspira longuement, et elle se mit à courir.

Aussi vite que son corps le lui permettait.

Au dépens de sa vie.

Une fois le soleil levé, Newt attendit encore dix minutes avant d'aller voir Milana.

Il ne voulait pas la brusquer et il avait osé espérer qu'elle sortirait d'elle-même.

Mais la porte de la maison ne s'ouvrit pas et Gally n'était pas dans les parages.

- Tant pis, j'y vais. Déclara-t-il, après avoir fini son petit-déjeuner

- Toi aussi tu veux te prendre un poing signé Gally ? Zart pouffa

Newt ignora sa blague, ce qui fit également rire Chuck et Frypan.

Le sarcleur, une fois devant la porte de la chambre, toqua doucement.

Aucune réponse.

Il insista encore une ou deux fois, mais rien, pas un bruit, pas un pas ni même une respiration ne se firent entendre.

Ce n'était pas normal.

Newt ouvrit la porte et trouva la chambre vide, le lit était défait et un silence pesant régnait.

- Putain Milana.

Il sortit de la petite maison en trombe, il tenta de dissimuler sa panique.

Il ne devait pas alerter les autres, bien que cela ne semblait pas normal elle pouvait très bien se cacher dans le Bloc.

Il se dirigea vers l'infirmerie afin de demander de l'aide à Thomas.

Celui-ci accepta sans hésiter.

Ils firent le tour du Bloc en même pas vingt minutes.

Ils avaient tout retourné, même les bois.

Thomas regarda Newt avec un air grave.

- Milana n'est pas dans le Bloc.

Newt l'avait deviné après avoir cherché la jeune fille, sans succès, mais il avait préféré espérer que ce n'était qu'un cauchemar.

Les mots de Thomas le ramèrent sur terre.

Plus loin Alby et Minho, qui n'étaient pas encore partis car ils avaient eu quelques soucis avec les cartes, observaient les deux amis, intrigués.

- Qu'est-ce qu'ils foutent les deux-là. S'exclama le maton des coureurs

Alby se sentit d'humeur à faire une petite blague, mais lorsqu'il se rendit compte que Newt courrait vers eux, le visage déformé par la panique, il comprit que c'était grave.

- Milana a disparu. Newt, arrivé à leur hauteur, avait presque crié

Le chef du Bloc eut l'impression qu'on venait de lui annoncer la mort de tous les blocards.

Minho ne sut même pas comment réagir sur le coup.

- On a fait tout le tour du Bloc et.. elle n'est pas ici.

- Qu'est-ce que tu viens de dire ?

Newt releva les yeux vers l'importun qui venait de s'immiscer dans leur conversation.

Gally.

La dernière personne qui devait être au courant de cette disparition.

Mais le sarcleur n'eut plus le choix.

- Milana a disparu.

Le bâtisseur se figea.

Il sentit son corps se décomposer, tout doucement. Il se mit à trembler dans tous les sens.

- C'est quoi ces conneries putain !

- On a cherché partout, elle n'est pas là ! Thomas s'interposa entre Newt et Gally, il voyait bien que le bâtisseur était prêt à exploser

- Où elle est ? Putain où elle est ?

- Gally tu te calmes ! Cingla Alby qui essayait de réfléchir

- Elle ne peut que être dans le labyrinthe, je vois aucune autre possibilité. Lâcha Newt

Ils le savaient tous au fond, qu'elle était là-bas.

Mais le choc avait été si puissant qu'ils n'arrivaient plus à réfléchir correctement.

- Comment ? Comment c'est possible ? J'ai vu les portes s'ouvrir et je n'ai vu aucune personne s'en approcher. Minho était déboussolé

- On s'en fout, on s'en contrefout de trouver des explications logiques ! Allons la chercher, tout de suite. Gally semblait revenir peu à peu sur terre, pour rien au monde il ne voudrait perdre Milana

Newt approuva, tout comme Minho.

Alby n'eut même pas le temps de répondre que le bâtisseur établit le plan.

- C'est simple. On bouge, là maintenant, tout de suite. Minho et moi. On va la chercher.

Alby s'apprêta à répliquer mais Gally lui lança un regard assassin.

Le chef comprit alors que celle qu'il aimait était en jeu et que personne ne réussirait à le convaincre de rester ici.

Et cela ne servait à rien d'envoyer trop de blocards risquer leur vie.

Il hocha alors la tête.

Minho et Gally ne se firent pas prier, ils se ruèrent vers l'entrée du labyrinthe.

- Faites attention à vous les mecs, et ramenez-la en vie ! Cria Newt, plus stressé que jamais

Il les regarda s'engouffrer à l'intérieur de ce piège maudit, et espéra de tout cœur qu'ils en reviendraient sains et saufs.

Ils couraient comme jamais ils ne l'avaient fait.

Même Minho.

Cela en vint à un point où ils couraient tellement vite qu'ils ne réfléchissaient même plus de façon sensée.

- Stop ! S'écria Minho

Gally, loin devant lui, s'arrêta.

Il se retourna vers son ami avec un regard mauvais.

- Qu'est-ce que tu fous ? On a pas de temps à perdre là !

- Il faut qu'on se repère un peu avant de...

- Je m'en fous ! On court dans chaque endroit possible et on se magne !

- La ferme ! Écoute-moi espèce de tocard. Si tu me laisses pas regarder la carte et me repérer un minimum, c'est Milana qui va nous échapper, et non pas le temps !

Gally serra les poings, il allait devenir fou s'ils ne la retrouvaient pas bientôt.

Mais il ne dit plus rien et attendit, se rendant bien compte que Minho avait raison.

Minho ne mit même pas une minute à examiner la carte.

- Bon, on dirait que les murs n'ont pas beaucoup changé de place par rapport à hier. Et c'est bien ce que je me disais, on tournait en rond là. Suis-moi ! Lança le maton des coureurs, s'engageant vers la direction opposée

Gally ne se fit pas prier.

Il ne comptait même plus le nombre de points de côté qu'il avait ressentis, mais la vie de Milana était en danger et plus rien ne pouvait l'arrêter, elle était la seule chose qui occupait son esprit.

Ils arpentèrent le labyrinthe pendant au moins vingt minutes.

Vingt minutes insoutenables, interminables.

Ils ne s'étaient plus arrêtés une seule fois.

Ils furent au bord du malaise quand soudain, à quelques mètres d'eux, ils aperçurent une personne roulée en boule au milieu du chemin.

Elle était là.

Gally se sentit revivre, une bouffée d'espoir monta en lui.

- Milana ! Cria-t-il

Ils se précipitèrent vers elle, sauf qu'une fois arrivés à sa hauteur ils se rendirent compte qu'elle ne bougeait pas. Gally la retourna automatiquement sur le dos. Elle semblait s'être évanouie.
Les cheveux bruns de Milana s'étalèrent alors sur le sol et ils dévoilèrent un trou violacé dans son cou, assez large et profond. Le visage de Minho se décomposa. Elle s'était faite piquer.

- Putain non ! Hurla Gally

Sans réfléchir une seconde de plus, il s'empara de Milana et la porta dans ses bras, la serrant fort contre lui.

Le bâtisseur cria à Minho de les ramener au labyrinthe.

Celui-ci se mit aussitôt en route, talonné par Gally qui parvenait à maintenir le rythme malgré la personne qu'il avait dans les bras.

Il ne pouvait s'empêcher de la regarder toutes les dix secondes afin de s'assurer qu'elle n'allait pas mourir.

Elle respirait encore, mais il ne comprenait pas pourquoi elle était inconsciente.

La piqûre rendait fou, elle ne provoquait pas des malaises.

- Les douleurs de la piqûre ont sûrement provoqué ce malaise. Ça va aller Gally. Minho, plus loin devant, tenta de rassurer le bâtisseur

Cela tuait Gally d'imaginer Milana souffrir.

- Putain je t'en prie tiens le coup Milana. Gally tentait tant bien que mal de retenir ses sanglots, sa gorge se nouait au point qu'il ne pouvait presque plus respirer

Ils couraient de façon surhumaine, comme si Milana était sur le point de mourir.

Ils n'abandonneraient pas.

Tout se passa vite.

Bien trop vite.

Alors qu'ils arrivèrent enfin devant la grande porte qui les mènerait au Bloc, tout le monde les attendait.

- Allez les gars, vous y êtes presque ! Newt les encouragea à franchir la dernière ligne droite

Newt eut l'impression que son cœur s'était stoppé lorsqu'il parvint enfin à mieux distinguer Milana.

Elle n'était pas consciente.

Il rugit de plus belle afin que Gally et Minho se dépêchent, elle était en danger.

- Il faut les aider, ils sont encore trop loin ! Newt ne tenait plus en place

- Non. Répliqua Alby. Attends.

Newt ne voulait plus attendre.

La dernière heure avait été la plus longue de sa vie.

Alors qu'il allait insister, il fut coupé par une immense terreur qui le submergeât.

Ils l'entendirent tous, ce bruit métallique qui crissait contre les murs du labyrinthe.

Newt fut figé par l'horreur.

- Bougez-vous ! Alby hurla de toutes ses forces, à s'en déchirer les poumons

Ils étaient pourtant si proches du but.

Deux pas, et ils étaient dans le Bloc.

Mais le Griffeur les avait surpassés, il avait été plus agile, plus vif et la fatigue des deux blocards n'avaient pas aidé.

Le coup fut rapide, mais violent.

Minho s'étala de tout son long aux pieds des garçons qui les attendaient à l'entrée.

Il avait été piqué dans le dos.

Gally avec Milana dans les bras n'avait rien pu faire.

Il n'osa même plus bouger.

Sur le coup, personne ne réussit à réagir.

Et ils ne surent pourquoi, mais le Griffeur rebroussa aussitôt chemin et détala au fin fond du labyrinthe, comme si sa seule mission avait été de venir piquer Minho.

Il aurait dû tous les attaquer, il aurait dû entrer dans le labyrinthe.

Ce n'était pas normal que ce monstre agisse ainsi.

- Mais pourquoi ils sont là en plein jour ! Chuck pleurait sans retenu, terrorisé, ramenant tout le monde à la réalité

Alby et Newt se précipitèrent vers Minho et ils le portèrent à deux.

Le coureur hurlait de douleur, en quelques secondes son visage avait déjà sombré vers la folie et la souffrance.

Ses yeux étaient injectés de sang, ses veines ressortaient de façon impressionnante.

Gally revint sur terre et ils se ruèrent tous vers l'infirmerie.

Zart l'aida à tenir la jeune fille.

Sous le coup de la précipitation autour d'elle, Milana se réveilla.

- Milana ! Gally fut soulagé de voir qu'elle ne sombrait pas vers la mort

Ses yeux bleus étaient également devenus rouge.

La démence régnait dans son regard et elle cria de douleur à son tour.

- Tiens bon. Milana tiens bon. J'ai besoin de toi. L'entendre souffrir brisait le cœur du bâtisseur

Ils arrivèrent à l'infirmerie.

Ils déposèrent les deux victimes sur les lits et les attachèrent, ne faisant pas confiance à leur folie naissante.

Minho et Milana étaient aussi pleinement conscients, ils regardaient les blocards autour d'eux, paniqués.

Gally remarqua que la brune luttait contre elle-même, elle faisait en sorte de surpasser la folie qui la gagnait afin de se calmer.

Le bâtisseur voyait dans son regard qu'elle criait à l'aide.

- Putain faites quelque chose ! Il devenait fou, il ne pouvait pas supporter de la voir ainsi

Thomas avait perdu tous ses moyens, il tremblait de tous les côtés.

Ce fut alors que Newt remarqua la main droite de Milana s'ouvrir.

Elle avait un antidote en main.

- Thomas ! Regarde !

Le medjack suivit le regard de Newt.

Il fit de gros yeux.

- Ça doit forcément être un truc pour les guérir. Thomas s'en empara et l'examina

- Et si c'était un piège ? Souffla Gally

- Il n'y en a qu'un en plus de ça. Remarqua Alby qui commençait également à perdre son sang froid

Ils s'échangèrent un long regard.

Minho avait également essayé de se calmer malgré ces coups d'électricité qui lui foutaient en l'air le cerveau.

Il émettait des bruits incompréhensibles, il tentait de communiquer.

Tous les blocards se tournèrent vers lui.

- Qu'est-ce que tu as dit Minho ? Newt parla le plus doucement possible afin de ne pas le brusquer

- C'est pas... sa faute.

Chaque mot qu'il prononçait lui infligeait une douleur pire qu'un coup de poignard dans le ventre.

Ils le toisèrent tous avec insistance, attendant qu'il continue.

- Ne lui faites pas de mal. C'est pas... sa faute.. Milana. Elle n'a pas voulu. Cette chose.. dans son ventre. Elle ne l'a pas.. voulu. Était contrôlée.. par Créateurs. L'autre.. nouveau.. yeux verts.. c'est son frère. Il l'a inséminée. Je vois.. la scène.. dans ma tête. Une grande aiguille dans.. le ventre. C'est lui qui.. a fait ça. Blaise.

Newt plaqua une main sur sa bouche, il n'en revenait pas.

Les autres eurent plus de mal à assimiler ces informations.

Gally devenait tout rouge.

- Alby.. viens. S'te plaît.. Peux pas le dire à tout le monde.. maintenant.

Alby ne se fit pas prier.

Alors, Minho lui chuchota à l'oreille la dernière information que les Créateurs lui avaient transmis à travers cette piqûre du Griffeur.

Probablement la plus importante de toutes, au vu de l'expression qui traversa le visage du chef.

- Il faut faire quelque chose !

Gally n'en avait que faire de ce que Minho disait pour l'instant, il voulait sauver Milana.

Il ne voulait pas qu'elle soit envoyée dans le labyrinthe.

- Mais on ne sait pas quoi faire Gally ! Il y a qu'un remède ! Newt s'énerva, complètement paniqué

- Je ne suis pas sûr que ce soit un remède ! Dit Thomas, perdu, il s'arrachait les cheveux sous le stress

- C'est un.. remède. Murmura Milana

Elle luttait contre cette chose qui lui rongeait doucement le cerveau.

Elle avait également mal au ventre, comme si on lui arrachait ses organes.

Elle n'arrivait plus à penser correctement, elle devait tripler d'effort pour réussir à sortir quelques mots.

Son visage perlait de sueur.

Gally se précipita à nouveau vers elle, posa sa main sur la joue de la brune et l'embrassa sur le front.

- Ça va aller Milana, on va t'aider.

Il lança un regard vers Alby, Newt, et Thomas qui tenait le flacon.

- On peut pas la laisser comme ça ! Il faisait tout son possible pour retenir la rage qui bouillonnait en lui

- Il y a Minho aussi ! Lui rappela Alby, fronçant les sourcils

Minho n'arrivait plus à contrer les effets de la piqûre, il avait à nouveau sombré dans la folie et se débattait de toutes ses forces.

- Donnez-lui le.. remède.. je vous en supplie. Milana intervint soudainement

Gally lui lança un regard paniqué.

- Non, Milana non..

- Donnez-lui... les Créateurs ne me laisseront pas... comme ça.

Elle savait qu'ils enverraient un autre remède.

Tout ceci n'était qu'un test.

Ils la sauveraient.

Et si ce n'était pas le cas, alors elle acceptait son sort.

Elle préférait mourir plutôt que de voir un ami périr à cause d'elle.

- Je refuse ! Non c'est hors de question ! Gally prit la main de Milana, il ne voulait pas qu'elle le laisse

Milana rassembla les dernières forces en elle, puis elle cria.

- Faites-le ! Faites-moi confiance je vous en supplie !

Alors, Newt lui fit confiance. Comme il l'avait toujours fait.

Il arracha le flacon des mains de Thomas, qui avait une petite aiguille au bout de son tube, et il le planta dans le bras de Minho.

- Non ! Rugit Gally, désemparé

Milana poussa alors un soupir de soulagement. Et ce fut le trou noir.


Et voilà !

Alors, qu'en avez-vous pensé ? Ce chapitre vous a plu ? J'espère que oui.

Quel est votre moment préféré ?

J'attends vos avis avec hâte.

Merci encore pour cet engouement pour ma fiction, ça me fait tellement plaisir !

Bises :-)