Je n'ai pas grand chose à vous dire... si ce n'est enjoy (and watch Voltron season 4 8D) !
Disclaimer : Voltron: Legendary Defender est la propriété de DreamWorks Animation et de Netflix.
L'image en couverture est d'Elentori sur DeviantArt.
- Je peux savoir pourquoi on a emmené Pidge ? grommela Keith alors que la lycéenne sautillait joyeusement à leurs côtés, toute guillerette.
- Tout d'abord, mon cher Keith, sache que personne ne m'a emmenée, je suis ici de mon plein gré. Ensuite, vous n'avez pas votre mot à dire là-dessus puisque je suis bien assez grande pour prendre des décisions en toute connaissance de cause !
Les yeux de l'étudiant roulèrent dans leur orbite. Il était en train d'halluciner.
- Mais Pidge ! Tu n'as que seize ans ! Tu es aussi responsable qu'une gamine de cinq ans et tu n'as rien à faire ici ! Rentre à l'université !
Le silence et la moue suppliante de la cadette Holt lui répondirent. Mais dans quel pétrin s'était-il mis ? Et pourquoi personne n'approuvait ses dires ? Après tout, il était dans le vrai ! Elle n'avait pas le droit d'aller en boîte de nuit point, il n'y avait pas à tergiverser !
- Matt, Shiro, geignit Keith, dites quelque chose !
Matthew se contenta d'hausser les épaules. Même en tant que grand frère, il savait très bien qu'il n'avait aucune chance de la faire changer d'avis. Katie était bien trop têtue. C'était à se demander qui était l'aîné dans la famille…
Shiro, quant à lui, se mordit la lèvre. Son petit frère avait raison, ce n'était pas correct d'amener Pidge avec eux. Cependant, la jeune fille avait plus d'un tour dans son sac et ils s'étaient fait avoir comme des bleus.
- Ecoute Keith, bredouilla l'aîné Kogane, elle peut bien s'amuser avec nous aussi… on fera attention à elle… c'est promis.
L'étudiant lui renvoya un regard blasé. C'est bon. Il avait compris.
- Des fois, j'aimerai vraiment que vous sachiez cuisiner correctement… ça vous éviterez de vous faire toujours avoir par ce démon à lunettes… soupira-t-il, vous avez intérêt à la surveiller. Je vous préviens, je ne fais pas le baby-sitter ! Viens Lance, on part devant.
Sur ces mots, Keith empoigna le poignet de Lance et accéléra le pas pour distancer les deux irresponsables et la petite fraudeuse. Il laissa trois bons mètres entre leurs deux groupes mais ne lâcha pas pour autant Lance.
Ce dernier n'avait pas vraiment réagi quand le coréen s'était emparé de sa main, trop abasourdi pour penser correctement. Il se contentait de fixer bêtement leurs doigts qui s'étaient entremêlés presque automatiquement ensemble, comme habitués. Le contact de la paume de Keith contre la sienne était délicieux moite et tiède. Comment de simples mains liées pouvaient-elles être si rassurantes ?
Soudain, Keith se rendit compte qu'il n'avait toujours pas lâché la main de son ami. Il écarquilla les yeux avant de porter son regard sur Lance, qui avait relevé la tête en même temps que lui. Leurs iris se croisèrent et s'ancrèrent les uns dans les autres. Leurs visages devinrent écarlates et ils s'empressèrent de séparer leurs doigts et de détourner le regard.
Lance cacha sa main dans son dos. Un courant d'air frais lui caressa la paume, semblant presque retracer la tendresse qu'avait gravée Keith sur sa peau. Il arrivait presque à ressentir la douceur de ses doigts mêlée aux légers picotements de ses ongles maladroits. C'était agréable.
Keith n'était plus fâché. Il avait presque totalement oublié que Pidge les accompagnait. Il n'y avait plus que Lance – Lance et lui. C'était fou comment le jeune homme arrivait à le faire sortir de la réalité, à l'emmener dans une bulle où eux-seuls avaient accès. Pour rien au monde il n'aurait voulu éclater ce petit fragment de rêve.
Ce fut Lance qui brisa le silence embarrassant :
- Au fait, personne ne m'a dit où nous allons.
- A L'Empire Galra, c'est une des meilleures boîtes de la ville, lui répondit Keith en se passant la main dans la nuque, encore tout gêné par leur soudaine proximité.
Le cubain acquiesça.
- Et puis, ça nous rappellera des bons souvenirs, ajouta-t-il avec un sourire mutin.
Une brusque toux s'échappa de Keith alors qu'il tentait de dissimuler sa surprise tant bien que mal.
- Si par bons souvenirs, tu évoques toi complètement mort et moi obligé de te ramener chez toi sur mon dos. Alors je comprends parfaitement, se reprit-il, goguenard.
- Hé ! s'indigna Lance, je te pensais plus romantique que ça, Keith Kogane !
Ils arrêtèrent de se chamailler en arrivant en face du night-club. On entendait déjà les sons électriques et les pulsations effrénées des basses qui rythmaient les éclats de lumière violette. Ils entrèrent assez rapidement et ne tardèrent pas à se faufiler vers le bar afin de commander à boire.
Il était encore tôt, ce qui expliquait le peu de présence humaine dans le night-club.
Pendant qu'ils savouraient tranquillement leur boisson respective, le reste de leur bande arriva, accompagné d'une autre personne qui se dirigea vers eux avec un sourire diabolique. Keith avala difficilement sa salive alors que la jeune femme les surplombait de toute sa hauteur, bien accentuée par ses talons d'une bonne dizaine de centimètres.
- Alors comme ça, vous ne vous connaissez pas ? Bande de petits menteurs, leur susurra-t-elle, glissant son visage entre eux deux.
- Allura… bafouilla Lance en jetant des regards affolés à Keith qui n'en menait pas large, ce n'est pas du tout ce que tu crois… on…
Le grincement d'un tabouret tiré à leurs côtés les coupa dans leur pauvre tentative de sauvetage. Ils firent volte-face et découvrirent le visage faussement innocent de Pidge, sirotant déjà un cocktail qui semblait tout, sauf sans alcool.
- Croyiez-vous sincèrement que j'allais laisser passer l'affront que vous m'aviez fait de cette façon ? ricana-t-elle, machiavélique, personne ne me traite de « démon à lunettes ». Personne… Keith Kogane.
- Wow. Elle est géniale, souffla Lance du bout des lèvres, les yeux scintillants de respect envers Pidge.
Keith lança un regard terrifié à celui qu'il croyait être son meilleur allié dans ce piège de fourbe tendu par ses deux amies. Il n'en sortirait jamais seul.
- Lance… ne te laisse pas impressionner par elle… on risque de passer à la casserole.
Le cubain reporta son attention sur lui, se penchant pour que Keith soit le seul à l'entendre.
- Nan mais comment a-t-elle réussi à entrer ici ? Je croyais que cette boîte était hypra sélective.
Comme si elle avait lu sur les lèvres de l'étudiant, Pidge prit la parole, faisant tourner le liquide ambré de son deuxième verre, à la manière d'une habituée des complots en tout genre. Cette fille avait certainement fait partie de la mafia italienne dans une vie antérieure, il n'y avait pas d'autres explications.
- Rien de plus simple, mon cher Lance ! Il me suffit de me faire passer pour la jumelle de Matt ayant, malencontreusement, oublié sa carte d'identité. Heureusement que mon adorable jumeau l'a toujours sur lui et qu'il peut la montrer pour nous deux. Quelle chance, n'est-ce pas ?
Lance était estomaqué alors que Keith s'était replongé dans son verre, fixant le fond comme s'il pouvait s'y noyer. Et voilà, Pidge venait d'embobiner Lance en un rien de temps. Malédiction.
- Pidge ! Et si on allait danser ? J'ai cru voir Shiro sur la piste et si la blondasse ne s'écarte pas tout de suite de lui, je lui brise les genoux.
Le sourire gêné de Keith contrasta fortement avec celui resplendissant d'Allura qui s'empressa de prendre le bras de la cadette Holt et de la tirer vers elle. Pidge allait prendre son verre quand la nièce de Coran lui enleva des mains et le reposa sur le bar dans un tintement clair.
- Tututut, tu es bien trop jeune pour boire du whisky. Je t'achèterai un Capri-sun en rentrant, aller viens !
Le coréen poussa un soupir de soulagement alors que ses amies s'éloignaient d'eux. Il allait enfin pouvoir être tranquille avec Lance ! Il ne demandait pas la Lune non plus, juste un petit tête-à-tête avec le ô combien charmant monsieur McClain !
- Ne serait-ce pas quelqu'un que je connais que je vois là ! s'exclama une voix masculine près d'eux.
Et merde, pensa Keith. En ce moment-même, il aurait bien voulu se fracasser la tête contre un mur, en demandant au bon Dieu ce qu'il avait bien pu faire d'horrible dans une vie antérieure pour qu'il décide de lui pourrir celle actuelle. Pourquoi fallait-il que cet abruti chronique débarque ici, ce soir-là, pile à cette heure et surtout à côté d'eux !
- Lotor… quelle joie de te revoir… grimaça Keith en faisant face au nouvel arrivant.
- Lance mon trésor ! s'écria Lotor en se précipitant vers le cubain et en l'encerclant de ses bras, et… toi… l'autre mec à la coiffure douteuse…
Il avait dit ça avec tellement de répugnance que Keith faillit s'étouffer. « Lance mon trésor » ? Etait-il seulement sérieux ? Comment osait-il ? Et d'abord, comment avait-il pu l'oublier ? Ils étaient quand même sortis ensemble, bordel. Il grommela en sa direction et se replongea dans la contemplation des rayures incrustées dans le bar.
Lotor était le genre d'homme à faire tomber tout ce qui bouge d'un seul mouvement de cheveux. En même temps, sa chevelure éclatante de blancheur était si longue et si bien entretenue qu'il serait folie de ne pas y prêter attention. Il fallait bien l'avouer, Lotor était bien plus que potable il était canon.
- Lance mon chou, comment vas-tu depuis le temps ? minauda l'autre égérie l'Oréal en se glissant habilement entre Lance et Keith, ahlala, tu m'as tellement manqué !
Ce dernier le regarda faire, absolument outré. Mais… mais… mais c'est qu'il allait le tuer s'il continuait comme ça ! Il allait lui raser la tête et lui faire bouffer ses cheveux un par un ! De quel droit se permettait-il de s'incruster de cette façon dans le rencard d'un autre ? Lance était à lui. A lui.
Enragé, Keith finit son verre d'une traite et le reposa brutalement sur le bar avant d'en redemander un au serveur. Celui-ci hésita quelque peu avant de le resservir rapidement en remarquant ses yeux plus que noirs. Le liquide ambré s'écoula dans la matière transparente et disparut presque aussitôt entre les lèvres de Keith, lui brûlant la gorge.
- Lotor… je te rappelle que tu m'as largué comme une vieille chaussette… grimaça Lance de son côté, tentant tant bien que mal de se soutirer de l'emprise du pot de colle.
- Rho, c'est du passé tout ça, j'étais jeune ! rétorqua Lotor, accompagnant ses paroles d'un signe de la main insignifiant.
- C'était il y a six mois… le contredit Lance en se levant, si tu pouvais me laisser maintenant, je ne suis plus avec toi. Je suis en compagnie de Keith.
A ces mots, il montra le coréen perdu dans l'alcool, le regard vitreux et moins d'une dizaine de verre autour de lui.
- Tu veux dire cette épave ? ricana Lotor, mais attends… je crois que je le connais en plus.
- Evidemment que tu me connais, répliqua Keith, la bouche pâteuse, je te signale qu'on a été ensemble durant un an et demi ! Dix-huit mois, sale peroxydé ! C'est quoi pour toi, un an et demi ? Rien que de la merde ?
La bouche de Lotor s'arrondit en un O parfait et il écarquilla les yeux de surprise. Bizarre, il oubliait rarement ses ex… Il fronça les sourcils et se pencha un peu plus vers lui afin de mieux déchiffrer les traits de son visage.
- Rappelle-moi ton prénom, déjà ?
Un sourire amer se peignit au coin des lèvres de Keith. Il avait dû mal à se remettre de sa séparation avec Lotor, et rien que de devoir lui rappeler son prénom après tout ce qu'ils avaient vécu ensemble lui faisait comme l'effet d'un coup de poignard en plein cœur.
- Non. Tu n'avais qu'à t'en rappeler toi-même.
Le prénom de Keith s'échappa soudainement des lèvres entrouvertes de Lotor et l'interpellé lui renvoya un regard monstrueusement glaçant.
Lance, qui observait la scène depuis tout à l'heure, sentit la pression monter petit à petit entre les deux hommes. Il fallait qu'il intervienne avant que cette petite rencontre ne se transforme en pugilat qui promettait d'être sanglant, vu la teneur élevée d'alcool dans le sang de Keith et, celle tout autant importante de Lotor, selon l'odorat sans faille de Lance suite au rapprochement de son appendice nasale avec l'haleine du blond.
- Lotor, ce fut une joie de te revoir, maintenant, je pense qu'on va te laisser parce qu'on a encore pas mal de choses à faire ! Du genre… des milkshakes… enfin bref. Et, au passage, toi par contre, tu ne m'as pas manqué du tout. Aller, surtout pas à la prochaine !
A ces mots, Lance s'empara du coude de son ami et le tira vers la sortie. Keith ne quitta pas des yeux Lotor et traîna les pieds à la suite du cubain. Il osa même bouder une fois à l'air libre.
- Keith, sérieux ! Tu vas pas me faire la tête pour ça ?
- Humph…
- Mais Keith ! gémit Lance en levant ses bras au ciel, vous alliez vous sauter dessus si je n'étais pas intervenu !
- Ça aurait peut-être été mieux , grommela l'autre en shootant violemment dans un caillou, depuis le temps que je rêve de lui en foutre une…
- Tu aurais juste fini au poste… c'est totalement idiot… soupira Lance.
- Je ne suis pas con, Lance ! répliqua brutalement Keith en se retournant vers le jeune homme, je ne l'aurai pas tué non plus ! Mais je te jure que je ne veux qu'une seule chose en ce moment, et c'est retourner l'étaler sur le sol avec son sourire à la con !
Lance fronça les sourcils et répondit virulemment, le fiel suintant de sa voix blessée :
- Et bien si c'est ce que tu veux, tu n'as qu'à y retourner ! Quelle superbe fin de rencard ! Je n'aurai pas pu espérer mieux ! Merci Keith.
Le cubain n'attendit même pas la réponse de son vis-à-vis et fit volte-face, marchant d'un pas énergique pour mettre le plus de distance entre lui et l'autre abruti qui lui plaisait un peu trop. Non mais quel idiot ! Comment pouvait-on devenir aussi con sous l'influence de l'alcool ? Il n'en revenait pas !
Du côté de Keith, rien n'était mieux. Des images et des sons s'entrechoquaient dans sa tête. Lance qui le prend par le bras Lotor qui sourit Lance qui hurle Lotor qui drague Lance Lance qui part loin de lui lui qui reste là, les bras ballants et la bouche ouverte. Que s'était-il passé ? Que venait-il de dire ? Venait-il juste de blesser Lance ? Avait-il osé faire une chose pareille ?
C'est à ce moment que son corps prit le dessus sur sa conscience et que ses jambes se mirent à courir désespérément à la suite de Lance. La brise du soir claquait sur ses joues rosies par l'alcool et le froid alors qu'il s'envolait presque pour rattraper le cubain qui avait déjà pris une bonne avance sur lui.
Alors qu'il n'était plus qu'à un mètre de lui, il trébucha contre un pavé bancal émergeant du trottoir. Il essaya tant bien que mal de se rattraper, battant l'air de ses bras, avant d'aller s'écraser pitoyablement non loin des pieds de Lance.
Il gargouilla de pauvres excuses mêlées à un gémissement de douleur. Bordel, qu'est-ce qu'il avait mal ! En plus, il avait l'impression que son cerveau allait sortir de son crâne ! Ça tambourinait contre ses tempes dans une cacophonie sans nom, il n'allait jamais réussir à se lever dans cet état…
Une voix lui parvint malgré tout aux oreilles, s'en était presque un chuchotement :
- Keith… Keith… hého Keith… réponds-moi ! Dis-moi que t'es pas mort, au moins.
- Je… désolé… mal…
- Quoi ? s'exclama Lance en se penchant un peu plus vers lui, articule un peu !
- Je… je m'excuse, bredouilla Keith, la joue toujours collée aux pavés humides du trottoir, au moins, ils avaient le mérite de le maintenir éveillé.
Lance soupira et s'accroupit pour ramasser son ami en passant un bras sous ses aisselles, le maintenant debout.
- Mouais… tu n'es même pas en état de me servir des excuses dignes de ce nom et je ne suis pas assez horrible pour te laisser dormir dans la rue… Aller, je te ramène, lui dit-t-il, accompagnant le geste à la parole.
Ils s'éloignèrent dans la nuit, titubant quelque peu, l'un à cause de l'alcool et l'autre à cause du poids quasiment mort qu'il portait.
En y repensant bien, si Lance n'avait pas été aussi bien élevé par sa mère et s'il n'aimait pas autant Keith, il l'aurait volontiers laissé mariner ses erreurs dans le caniveau ! Ça lui aurait fait du bien !
