CHAPITRE 7 : LE DANGER

- Oh mon Dieu ! s'exclama Phoebe Harrison à voix haute, se penchant en avant et en regardant l'écran de télévision.

Elle regarda le titre principal. Une fille morte dans un accident affreux. La jeune adolescente reconnut automatiquement l'image, où elle vit la photo de Jodie Baryons à l'écran.

- A… A… Alicia... Appella-t-elle, stupéfaite. Viens vite !

Alicia Horton, qui déjeunait chez sa meilleure amie, sortit de la cuisine, avec un plateau de sandwich et de sodas

- Quoi, qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-elle, souriante.

Mais lorsqu'elle regarda l'écran de la télévision, son sourire disparut. Morte d'horreur, elle lâcha le plateau qui tomba sur le sol, écrasant les sandwichs et les cannettes de soda qui se répandirent sur le plancher en bois.

- Oh mon Dieu ..." dit-elle doucement, quelques brins de ses cheveux blonds flottant dans le vent sombre.

- Dernières nouvelles, expliqua la journaliste, aux informations. Jodie Baryons âgée de dix-huit ans, a été trouvée morte la nuit dernière, à son domicile dans un horrible accident. La police a indiqué que la jeune fille prenait tranquillement un bain chez elle, quand au moment où elle séchait ses cheveux, elle aurait glissé sur une flaque d'eau, faisant dégringoler une radio dans la baignoire. Jodie Baryons a ensuite glissée pour finir électrocutée dans son bain. Cette jeune fille faisait partie des survivants de l'accident du lycée de McKinley, qui a coûté la vie de plusieurs étudiants diplômés il y a exactement un mois, aujourd'hui. Les funérailles auront lieu la semaine prochaine au...

Phoebe éteignit la télévision, penchant la tête vers ses pieds.

- Tu vas bien, Phoebe, demanda Alicia, qui regardait son amie, inquiète.

Phoebe frissonna, en s'assoyant sur un fauteuil. Elle savait que quelque chose comme ça allait se passer. Avec tous les signes... pour tout cela à venir jusqu'à présent, Phoebe essaya de se détendre sur son fauteuil.

- Phoebe, est-ce que tu vas bien ?

- Alicia, Jodie est morte, cette nuit, répliqua sèchement Phoebe. Comment veux-tu que je me porte bien ? Ces signes que je voyais, c'était pour m'envoyer un message. J'aurais du savoir que Jodie allait mourir. Et je n'ai rien fait. Si seulement je l'avais vu venir... j'aurais pu empêcher ça !

Phoebe gémit, en se mordant les lèvres, puis se tourna enfin vers Alicia.

- Dis, est-ce que tu crois au paranormal ? demanda-t-elle.

Alicia fronça les sourcils. Elle laissa échapper un petit rire, pensant à une plaisanterie. Mais Phoebe n'avait pas du tout l'air de plaisanter. Le rire d'Alicia disparut.

- Phoebe, qu'est-ce qui ne va pas avec toi, ces derniers temps ? demanda-t-elle.

Phoebe dévisagea son amie. Pendant un instant, les deux adolescentes se regardèrent fixement dans les yeux.

- Sérieusement, je t'emmène au centre commercial. Tu as besoin de... te détendre, dit Alicia. Et tu ne vas quand même pas refuser...

- Jodie est morte, répéta Phoebe. Comment peux-tu agir... d'une manière si inconsidérée ?

- Je suis simplement quelqu'un de réaliste. Depuis l'accident, tu restes enfermée chez toi. Sors de chez toi, profite de la vie...

- Nous étions censés mourir. Toi, moi, Jodie, Janet, Jessica, Nathan et Jeremy... et je savais que Jodie allait... j'aurais dû le prévoir. Il y a comme un truc qui passe... ce n'est pas terminé, Alicia. Pas encore. Pas terminé !

- Phoebe, tu es ma meilleure amie, mais ce que tu me dis n'a pas la moindre sens, expliqua Alicia. En ce moment, tu me fais vraiment... très peur, je... je... je rentre chez moi, il vaut mieux que je rentre chez moi. Je te parlerais, un jour ou deux. Je suis désolée, mais je ne peux pas rester une minute de plus avec toi.

Les yeux d'Alicia s'embuèrent de larmes, tandis qu'elle saisit rapidement son sac à main et se précipita vers la porte d'entrée. Comme elle ferma la porte derrière elle, elle laissa échapper un petit sanglot étouffé. Phoebe était tellement remplie de paranoïa et de panique maintenant.

- Je ne veux pas t'effrayer, Alicia, murmura Phoebe, les larmes aux yeux.

Mais sa meilleure amie prenait déjà la direction de sa voiture pour rentrer chez elle.

Si seulement il n'y avait pas eu d'accident. Phoebe menait une vie normale avant l'accident et maintenant, depuis ce drame tragique, plus rien n'était normal, désormais. Se mordant la lèvre inférieure, elle se mit à réfléchir à Jodie et se trouva à avoir des frissons. Elle ne savait pas pourquoi. Elle n'a jamais vraiment su pour Jodie Baryons et ses amis. Diable, Alicia avait raison : qu'est-ce qui arrivait à Phoebe ? Peut-être que c'était sa connexion malheureuse avec les autres survivants qui avait fait que Phoebe sentis un remords fort pour Jodie.


Phoebe Harrison fut la dernière fille dont Janet King s'attendait à voir dans le centre commercial.

Mais là encore, le centre était le dernier endroit ou Phoebe avait pensé qu'elle pouvait trouver Janet King.

Janet avait entendu parler des nouvelles du matin. Elle avait pleuré pendant une heure avant que sa mère ne la fasse sortir de la maison et prendre l'air. Mais comment Janet pourrait-elle avoir du plaisir ? Sa mère n'avait pas compris que sa meilleure amie venait d'être tuée dans un accident ?

- Ma famille n' a pas d'émotions, pensa Janet, en traînant les pieds dans le centre commercial. Ma famille n'est rien d'autre qu'une bande de fumiers sans âme, n'est-ce pas ?

- Janet ?

L'adolescente tourna autour, entendant son nom appelé. Elle parut surprise et un coup de froid roula sur sa colonne vertébrale.

- Qu'est-ce qu'elle fait ici, celle-là ? pensa-t-elle, abasourdie et en colère.

Phoebe était là avec un bouquet de fleurs et un sac rempli de vêtements.

- Janet... qu'est-ce que tu fais là ? demanda Phoebe avec curiosité.

Janet ne répondit pas. Au lieu de cela, elle se retourna et s'éloigna. Phoebe réalisa qu'elle avait du apprendre le décès de Jodie. Et Jodie Baryons était la meilleure amie de Janet.

- Si c'était Alicia, pensa Phoebe. J'aurai sûrement réagi comme elle.

- Janet.

- Laisse-moi tranquille, Harrison, répondit Janet, avec colère et tristesse, en essayant de retenir ses larmes.

Elle marchait tellement vite, que Phoebe devait courir pour la rattraper. Elle se précipita vers Janet, qui était à quelques secondes d'elle.

- Janet, j'ai appris pour Jodie. Je sais qu'elle était ta meilleure amie. Et je comprends ce que tu ressens...

- FOUS-MOI LA PAIX ! s'exclama Janet, totalement hors d'elle. JE T'INTERDIS DE ME PARLER DE JODIE ! TU NE SAIS PAS CE QUE JE RESSENS ! DÉGAGE ! CASSE-TOI !

- Je ne pense pas que ce qui est arrivé à Jodie... soit un accident ordinaire. J'ai fait un rêve, comme celui que j'ai fait, le jour de l'accident au lycée...

Malheureusement, c'étaient les mots qu'il ne fallait surtout pas dire.

Vif comme l'éclair, la main Janet devint un coup de poing. Elle se retourna et claqua, dur, dans la poitrine de Phoebe. Celle-ci tomba en arrière de quelques mètres, passant son sac et les fleurs, tout ce qui séparait et se dispersa partout sur le plancher du centre commercial. Plusieurs passants s'arrêtèrent et regardèrent fixement Phoebe, qui gémissait de douleur, en mettant une main sur sa poitrine. La regardant de haut, Janet lui hurla après.

- LAISSE-NOUS TRANQUILLE ! LAISSE JESSICA TRANQUILLE ! LAISSE TOUT LE MONDE TRANQUILLE ! TU AS ASSEZ FAIT DE DÉGÂTS JUSQU'À AUJOURD'HUI, ESPÉCE DE DANGER PUBLIC ! ON DEVRAIT T'ENFERMER EN PRISON ! MAINTENANT, CASSE-TOI ! JE NE VEUX PLUS JAMAIS TE REVOIR, PÉTASSE !

Janet tourna les talons et sortit du magasin, sans prêter attention aux passants qui la regardaient, avec surprise.

Phoebe, tenant toujours sa main sur sa poitrine, se releva avec difficulté, en gémissant de douleur. Elle ramassa son sac et son bouquet de fleurs.

- Est-ce que ça va ? demanda une vieille dame, qui avait assisté à la scène.

Phoebe gémissait encore de douleur.

- Je ne sais pas, je ne sais pas si ça va aller, murmura-t-elle, avec douleur. Je ne savais pas que Janet pouvait être terriblement violente quand elle est en colère.


Quitter le centre commercial, en essayant d'éviter le personnel de sécurité pour leur faire savoir qu'elle allait bien, Phoebe éprouva un terrible sentiment de culpabilité. La douleur du poing dans la poitrine avait disparu et même si elle était furieuse avec Janet, même pour envisager l'utilisation de la violence, Phoebe avait des remords pour la jeune adulte.

- Je suis la fille qui a eu la prémonition de mort ! se dit Phoebe, avec un rire sans joie. Je n'ai rien fait pour empêcher la mort de Jodie, et tu t'attends à ce que sa meilleure amie t'accueille à bras ouverts ?

Mais Janet aurait pu la traiter que mieux que cela.

Elle monta dans sa voiture et démarra, faisant route vers la maison des Baryons. C'était pour eux que le bouquet de fleur était destiné.

Elle se gara à un trottoir proche de la maison, et sortit de son véhicule.

Phoebe traversa la pelouse magnifique et sonna à la porte. Elle tint son bouquet de fleurs devant elle. Elle attendit, et une femme lui ouvrit la porte.

- Bonjour, c'est pour quoi ? demanda-t-elle.

À en juger par la voix, Mme Baryons était terriblement malheureuse. Phoebe prit une longue inspiration et parla.

- Madame Baryons, dit-elle. Bonjour, je suis Phoebe Harrison, j'ai connu Jodie.

En entendant son nom, le visage de Mme Baryons s'assombrit et lança un regard noir à l'adolescente.

- Ah, c'est vous, celle qui avait pressenti que le camion allait arriver, avant que cette tragédie ne se produise, hein, c'est vous ?

- Euh... oui, c'est moi. Ecoutez, je suis venue vous dire que j'étais sincèrement désolée. Toutes mes condoléances pour Jodie et...

- Allez au Diable ! lança Madame Baryons d'une voix colérique. Vous avez sauvé ma fille au lycée ! Et vous n'avez "soi-disant" rien pressenti, hier soir, quand Jodie est morte ! Et vous avez le culot de venir chez moi et me dire que vous êtes désolée ?!

- Euh... Madame... je suis venue parce que j'ai beaucoup de peine pour Jodie...

- Ça, je veux bien vous croire, l'interrompit la mère de Jodie, avec sévérité. Fichez-le camp de ma maison ! Partez ! Et ne revenez plus jamais !

- Je vous ai apporté des fleurs, pour vous et pour votre mari. Répondit Phoebe en lui tenant le bouquet de fleurs.

Mais Madame Baryons lui arracha le bouquet des mains et le lança en plein dans la figure de Phoebe. Et les fleurs s'éparpillèrent au sol.

- JE NE VEUX NI VOS FLEURS, NI VOTRE COMPASSION ! C'EST DE VOTRE FAUTE ! C'EST DE VOTRE FAUTE SI JODIE EST MORTE ! MAINTENANT, JE VEUX QUE VOUS SORTEZ DE MA MAISON, TOUT DE SUITE, SINON J'APPELLE LA POLICE ! SORTEZ DE MA MAISON ! FICHEZ LE CAMP !

N'attendant pas, Phoebe quitta la pelouse en courant à tout vitesse vers sa voiture. Des larmes coulèrent, tandis que Phoebe reprit son souffle et remonta dans sa voiture.

- Pourquoi ? marmonna-t-elle, d'une voix triste. Pourquoi c'est à moi que c'est arrivé ? Pourquoi ?

Et elle démarra son véhicule pour rentrer chez elle.


Jessica Newman frémit en regardant vers le bas du papier d'invitation sur le plancher de sa chambre à coucher. Trois jours s'étaient écoulés depuis que Jodie Baryons était morte et déjà sa famille avait préparé les funérailles.

- Typiques Baryons, pensa Jessica, croisant les bras. Toujours à l'heure avec leurs événements.

Elle avait été terriblement bouleversée en apprenant la nouvelle.

- Pourquoi Jodie ? murmura-t-elle, pourquoi ? D'abord Brian, maintenant c'est Jodie.

On sonna à sa porte. Jessica vint à ouvrir à Janet, qui avait les larmes aux yeux.

- Tu penses que tu te sentiras capable d'assister à l'enterrement de Jodie ? demanda Janet, d'une voix tremblante.

- Jodie était ma meilleure amie, répliqua Jessica d'une voix forte, même si pendant un mois, on ne s'était plus adressé la parole, elle restera toujours ma meilleure amie.

- T'as bien raison, dit Janet en hochant la tête. La vie sera bien triste sans elle.

Jessica pleura à chaudes larmes et vint se blottir dans les bras de sa meilleure amie.


Nathan Raines ne pouvait pas garder les yeux hors de l'article du journal. Il n'arrivait pas à croire que Jodie Baryons avait été tué dans un horrible accident. Il lui rappelait de l'accident majeur qui avait secoué son monde, l'accident qui avait ôté la vie à Allie et à d'autres personnes innocentes. Bien sûr, Jeremy avait décidé de travailler quelque part et son travail avait pris la plupart de son temps. Nathan était assis sur une chaise de jardin, essayant de profiter de la lumière du soleil.

Il essaya de ne plus penser à Annie, à Jodie. Mais c'était trop dur.

- Nathan ?

Ce dernier leva les yeux, en voyant debout Phoebe au-dessus de lui. Au début, il pensait qu'il rêvait. Mais quand elle fit un geste et un vif rayon de soleil frappa ses yeux l'éblouissant quelque peu, il s'était rendu compte qu'elle était vraiment là, debout. Comme il la voyait, il réalisa qu'elle avait beaucoup pleuré.

- Phoebe... qu'est-ce que tu fais dans mon jardin ?

- Je voulais savoir si Jeremy et toi, vous irez à l'enterrement de Jodie.

- Comment le saurais-je ? demanda Nathan, presque avec aigreur. Jeremy ne me parle plus depuis l'accident. Et en ce qui me concerne, Jodie n'était pas vraiment une de mes amies. Je suis triste pour elle... elle ne méritait pas de mourir comme ça... mais... et toi, Phoebe, est-ce que ça va ?

- Janet et les Baryons... me reprochent de la mort de Jodie, déclara Phoebe, regardant au loin. Et ils pensent que je suis un monstre... parce que je suis en train de... j'essaye de prévenir Janet, j'ai le sentiment qu'il va lui arriver un malheur... Je sais que tu vas trouver ça bizarre ou peu importe... mais quelque chose de vraiment terrible passe en ce moment sous nos nez, et je ne sais pas ce que ça pourrait être... dois-je paraître folle pour toi ?

- On dirait une fille qui a vécu un mois en enfer, répondit Nathan.

Phoebe rit en secouant la tête.

- C'est tellement bizarre que nous n'avons jamais traîné ensemble à l'école... nous aurions probablement fait un groupe fantastique, avec Alicia et Oliver.

- Jeremy me blâme pour ça, dit Nathan avec un sourire. Mais ... oui ... veux-tu...

- Je voudrais pouvoir parler à quelqu'un en ce moment. Tout ce que je pense, c'est cet enterrement. Je ne sais pas ce qui cloche avec moi. Je me sens comme si... Janet est en danger. Je sens que nous sommes tous en danger. Comme si l'accident au lycée n'était pas un accident ... mais autre chose... Dis, Nathan, est-ce que tu crois au destin ?

- Uniquement quand je sais le reconnaître. Dit Nathan, mais quand tu dis "nous", tu parles de qui ?

- Je parle de toi, moi, Alicia, Janet, Jessica et Jeremy... j'ai l'intuition que... que Jodie n'était que la première d'entre nous à mourir...

Nathan soupira et répondit:

- Écoute, si notre heure de mourir est arrivé, je préfère ne pas savoir ce qui va arriver... Pourquoi es-tu venu chez moi ?

- Pour te mettre en garde. Cette chose qui passe en ce moment va s'en prendre à Janet, et elle s'en prendra à nous tous, je le sens...

- Écoute, Phoebe, j'apprécie que tu sois venu me mettre en garde, mais s'il te plaît. Je suis un homme et je n'ai pas peur de la mort. Maintenant, s'il te plaît, sors de chez moi.

Déçue, Phoebe quitta la maison. Elle adressa un dernier regard à son ami.

- Sois prudent, tout de même, Nathan.

- Je ferais attention. Répliqua le jeune homme.

Et voilà, que dites-vous de chapitre ? Des commentaires ?