Précédemment :

Premier entraînement accompli, non sans quelques découvertes, notamment du côté d'Ozemir et Brumek.

Ps : Tentative de nouvelle mise en page pour les dialogues, avec l'introduction des tirets. (Cela m'embête moins que de devoir ouvrir et fermer des guillemets à chaque dialogue) Dites-moi si cela vous perturbe ou gêne votre lecture, et je pourrais éventuellement revoir la mise en page pour le prochain chapitre.

HUITIÈME CHAPITRE

SERAIT-CE UN PROGRÈS ?

Hermione se racla la gorge, interrompant efficacement toutes les conversations en cours dans la petite salle commune, et tous les yeux se tournèrent vers elle. « Je dois vous parler en privé, » s'adressa-t-elle à ses frères en offrant un sourire d'excuse à Pansy, Blaise et Ginny. Elle ne s'embêta pas à regarder Luna, celle-ci étant plongée dans la lecture du dernier Chicaneur. A l'envers, évidemment. Pansy lui fit un signe d'au revoir et retourna à sa discussion avec Ginny, pendant que Blaise se lança dans une partie d'échec sorcier contre lui-même.

Une fois seuls dans la chambre de Drago, Harry sauta sur le lit où Lovely, roulée en boule, se désentortilla en se réveillant et serpenta jusqu'à sa main offerte. Il s'allongea immédiatement sur le dos, posant le serpent sur sa poitrine et attendit qu'Hermione s'exprime. Drago s'installa sur le siège de son bureau et observa Tom arpenter la chambre avant de se décider pour une armoire contre laquelle il s'appuya avec sa hanche, adoptant un air ennuyé.

La brune se racla une nouvelle fois la gorge. « Alors… Très bien, » elle s'interrompit, s'éclaircissant une nouvelle fois la gorge. « Ce que je m'apprête à vous demander va peut-être être très dur pour vous deux… » Drago et Tom reçurent un bref coup d'œil. « Alors, je comprendrais si vous ne voulez pas y aller.

- Aller où, Hermione ? »

Elle sourit timidement à Tom. « L'été a été particulièrement chargé et je n'ai pas eu l'occasion de voir mes parents tant que ça. Mon anniversaire approche et je pensais que ce serait une superbe idée si je leur rendais visite pour dîner.

- C'est une bonne idée, » offrit Harry. « Ils seront ravis de te voir. Ils doivent s''inquiéter. »

Hermione acquiesça. « Oui.

- Qu'est-ce que tu attends exactement de nous ? » demanda Tom d'une voix lente.

« Mes parents ne savent pas pour vous trois. Que vous êtes mes frères, je veux dire… Et tout ce qui concerne les Ukataes… Est-ce que vous pourriez tous les trois venir avec moi ? » s'emballa-t-elle.

La commode de Drago s'agita en cognant le mur, et Harry se redressa sur ses coudes pour apercevoir Tom accolé à l'objet, légèrement paniqué.

Hermione tiqua. « Oui, Tom. Je réalise que l'idée de dîner avec des moldus est absolument terrifiante… Mais ce sont mes parents, et je veux qu'ils vous rencontrent. Vous êtes tous importants pour moi. »

Tom jura contre sa malchance. Foutu griffondors !

Harry se laissa retomber sur le lit, caressant Lovely qui sifflait pour avoir été malmenée. « Bien sûr que je vais venir, Hermione.

- Je suppose que je vais venir, » finit par dire Drago. « Est-ce que tu leur as parlé de moi, tu sais…

- D'avoir été un salaud ? » demanda Harry pour lui.

« C'est toujours mieux que d'être débile, » rétorqua-t-il avant de revenir à Hermione. « Et oui, aurais-tu oublié de mentionner les misères que je vous ai fait subir, par hasard ?

- Oublié de mentionner ? » Harry prit Lovely en coupe pour pouvoir s'asseoir et l'enroula autour de son cou. « Chaque année, la première chose qui sortait de sa bouche quand elle mettait un pied en gare était 'Malefoy a fait ci ! Malefoy a fait ça ! Malefoy m'a arraché les cheveux ! Malefoy est un connard !. Et ça en boucle, mon cœur.

- Arrêtes de vouloir rendre Drago nerveux, Harry. Et oui, ils savent pour notre ancienne animosité. Ils sont très souvent au courant de tout. Mais mes parents ne sont pas de ceux à porter un jugement hâtif. Ils verront que tu es différent et voilà.

- Mais il n'est pas si différent d'avant. Drago est toujours un foutu salopard obsédé par ses cheveux.

- C'est celle de trop, Potter ! » Drago se lança au travers de la chambre et cloua Harry au matelas.

Hermione souffla et leva les yeux au ciel. « Alors, vous viendrez avec moi ? »

Les garçons sur le lit donnèrent leur accord, et Tom s'éloigna de l'armoire pour se diriger vers la porte. « Très bien, » signala-t-il sur son chemin. « Tu peux t'attendre à ma présence. »

Hermione fixa la porte close avec des yeux écarquillés. « J'ai juste… Je ne pensais pas qu'il pourrait accepter.

- Et facilement, en plus. » ajouta Harry en tentant de se libérer de l'emprise de son compagnon.

« Mais… Il ne veut pas y aller et pourtant, il va le faire.

- Bien sûr qu'il vient, Hermione. Tu as besoin de notre soutien, » dit Drago en donnant un coup dans les côtes d'Harry avant de le libérer.

- J'aimerais qu'il arrête de se prendre en permanence ce Seigneur des ténèbres suprême, » grinça Harry en se frottant son flanc douloureux. « Un Tom adolescent capricieux est carrément plus marrant.

- Il a juste besoin d'avoir du temps pour lui. Il se sent plus en sécurité de cette façon, en étant le seigneur des ténèbres, et ça lui donne plein d'occasions pour pouvoir réfléchir sans être dérangé par les gens. » Hermione ramena la conversation au repas avec ses parents. « Comme nos anniversaires ne sont séparés que de quelques jours, Drago, le mien étant le jeudi et le tien le samedi… Je pensais qu'on pourrait en profiter pour faire le repas le vendredi. De cette façon, nous pourrions tous nous rendre au manoir après coup et y passer le week-end.

- Ça me va », valida Drago.

« Nous devrions faire venir Neville avec nous au manoir, » suggéra Harry. « Ça lui ferait du bien de passer du temps avec ses parents.

- Parfait, alors. » Hermione eut un sourire ravi. « On a notre plan. »

… … …

La volière était silencieuse aussi tôt ce matin. Le soleil n'était pas encore levé. La plupart des volatiles étaient encore dehors en train de chasser. Hermione courrait dans les escaliers, une lettre en main. Elle ne pensait pas croiser quelqu'un à cette heure avancée de la journée. Personne ne l'était quand ses frères et elles devaient se lever pour se préparer à leurs exercices matinaux, mais aujourd'hui, elle n'était pas la seule à avoir besoin d'une chouette aussi tôt.

« Pansy ? Qu'est-ce que tu fais ici à cette heure ? » demanda-t-elle à la serpentarde qui attachait sa lettre à la patte d'un hibou brun. Les yeux de Pansy s'écarquillèrent et Hermione la vit rougir avant qu'elle ne se retourne pour lui faire face.

« J'ai… Hum… »

Hermione sourit. « Tu n'es pas si hésitante d'habitude, Pansy. »

Celle-ci se renfrogna. « J'envoie un courrier à Charlie, voilà ! »

La griffondor en rigola. « Tu cherches toujours à cacher à Drago que tu es attirée par un Weasley ? » La grimace de Pansy s'approfondit. « Pardon, » lui dit-elle en dépassant Pansy pour atteindre le dernier volatile disponible. « Je ne voulais pas me mêler de ce qui ne me regarde pas. Je trouve ça chouette que vous vous écriviez tous les deux.

- Oui, bon… » Pansy s'avança vers la fenêtre et leva la main pour que l'oiseau puisse prendre son envol après lui avoir chuchoté quelques consignes.

- Pourrais-tu attendre un instant, Pansy ? Je dois te parler.

- Très bien. »

Pansy se tint à l'écart et attendit qu'Hermione ait fini d'envoyer sa chouette. Cette dernière hulula doucement une fois la lettre fixée à sa patte et pinça gentiment les doigts de la jeune elfe avant de s'envoler à son tour. « De quoi veux-tu parler ? »

Hermione sortit sa baguette et dressa une bulle de silence autour d'elles. Pansy haussa ses sourcils, mais ne dit rien et attendit que la griffondor se lance.

« Je voulais te l'annoncer plus tôt, mais je n'en ai jamais eu le temps, et sincèrement, j'étais plutôt effrayée à l'idée de te parler.

- Hermione, viens-en aux faits.

- Désolée. C'est à propos de ton père…

- Il est mort, c'est ça ? »

Hermione acquiesça.

« Eh bien, je le savais. Notre Maître n'est pas du genre à pardonner, n'est-ce pas ? » Pansy croisa ses bras sur sa poitrine. « Père le méritait après ce qu'il a tenté de faire.

- Ok… Mais il y a autre chose.

- Et ?

- C'était moi, Je l'ai tué. » Pansy garda le silence et continua à la dévisager. « Je ne vais pas te présenter mes excuses pour avoir pris sa vie, mais je vais m'excuser pour ne pas te l'avoir dit plus tôt et pour t'avoir pris ton père…

- Tu ne m'as pas écoutée ? » la coupa Pansy avec agacement. « Je haïssais mon père ! C'était un traître à notre cause et il méritait ce qu'il lui est arrivé. » Pansy rendit alors Hermione sans voix en traversant la pièce et en la prenant dans ses bras. « Je dois avouer que je suis choquée que ce soit toi qui l'ait fait. Mais je suis contente que tu m'en aies parlé. Je vois bien que ma réaction t'inquiétait. Ça veut dire beaucoup pour moi, Hermione.

- Pansy…

- Nous jouons tous à un jeu dangereux, » continua Pansy. « Ça fait du bien de savoir qu'on est dans la même équipe. Père n'était pas de notre côté, hein ? » Elle relâcha Hermione et eut un sourire moqueur. « C'est aussi bon de savoir que tu ne plaisantes pas, Griffondor. Que ça ne t'inquiètes pas de te salir les mains.

- Je suis une Ukatae maintenant, Pansy. J'aime me salir les mains, » lui répondit Hermione tandis qu'elles partaient de la volière.

« Et Severus… » Pansy lui jeta un regard en coin. « Je suis prête à parier qu'il aime te voir te salir les mains. » La serpentarde rit tout au long de leur descente des escaliers après qu'Hermione ait tourné rouge.

… … …

Dudley roula dans son lit en se réveillant le vendredi matin avec un grognement, maudissant le rêve s'effaçant qui l'avait réveillé avant que son alarme ne sonne. Il réalisa qu'une chouette tapotait à sa fenêtre, et se leva précipitamment du lit pour la laisser entrer avant qu'elle n'attire l'attention des moldus dans la rue. Il ne fut qu'à moitié surpris de voir que c'était la chouette d'Harry.

« Bonjour Hedwige. J'espère que tu as fait bon vol. »

Hedwige leva le bec en l'air et l'ignora. Elle ne fit même pas l'effort de lever la patte pour lui tendre la missive.

« Tu m'en veux toujours, hein ? Je suppose que ça va prendre du temps. Mais je ne t'en veux pas. Toutes ces fois où je m'en suis pris à toi… »

Hedwige tourna la tête de l'autre côté et Dudley haussa ses épaules, tendant la main pour s'emparer de l'enveloppe en se demandant ce qu'Harry avait bien pu lui envoyer. Quand sa main fut à distance de bec, Hedwige ne se gêna nullement pour le pincer méchamment.

« AIE ! Foutu piaf ! J'ai dit que j'étais désolé ! » Dudley se dépêcha et attrapa le paquet avant de se diriger vers son bureau, où il conservait des friandises pour les hiboux qu'il avait achetées récemment.

En dehors de sa chambre, il entendit sa mère arriver et cogner à la porte. « Dudley ? Tout va bien ? Je t'ai entendu pousser un cri. »

Dudley jeta des friandises devant Hedwige, qui ne se priva pas pour les gober sans un hululement en retour, et alla ouvrir la porte. « Ça va, maman. La chouette mal éduquée d'Harry m'a pincé.

- Oh, mon pauvre bébé ! Mais tu saignes.

- Maman, je ne suis pas un bébé. Et ce n'est qu'une petite égratignure. » Dudley alla s'asseoir sur son lit et ouvrit la lettre. Sa mère traîna près de lui, jetant des regards furtifs en direction d'Hedwige. La chouette se tenait sur le montant de la fenêtre, picorant gaiement les friandises et les ignorant.

« Pourquoi ne part-elle pas ? »

Dudley haussa ses épaules et scanna le contenu de la première page, qui était une lettre. Le reste des parchemins ressemblait à des documents officiels. « Harry attend sans doute une réponse.

- Qu'est-ce que c'est que tout ça ? » Lui demanda Pétunia tandis qu'il parcourait la lettre. Son fils ne lui répondit pas, mais ses yeux s'écarquillèrent, et quand il eut fini, sa bouche était grande ouverte. « Qu'est-ce que c'est, Dudley ? Mais qu'est-ce donc ?

- Euh… Harry nous donne une maison dans le Wiltshire. Près des Malefoy… » Il lui tendit le parchemin et étudia le reste des documents, ce qui incluait les documents de propriétaire qui avaient besoin d'être signés et une liste de tout ce qui accompagnait la maison et le terrain. « Il veut qu'on investisse les lieux tout dès à présent.

- C'est incroyable, » chuchota Pétunia. « Pourquoi fait-il une chose pareille ?

- La lettre explique que…

- Oui, je sais. Il veut nous protéger, mais… Pourquoi tout ça ? On ne le mérite pas. C'est trop.

- Tu as raison. » Dudley se leva du lit et alla vers la fenêtre. « Et nous n'accepterons pas. Tu peux y aller, Hedwige. Je lui enverrai une réponse plus tard dans la journée. » Hedwige hulula son mécontentement et ne bougea pas. Dudley leva les yeux au ciel. Il n'était pas habitué à avoir des chouettes aussi caractérielles. « Je te promets de lui envoyer une lettre plus tard. File. » Il la poussa de la fenêtre et ignora ses cris en fermant la vitre avant qu'elle ne revienne dans la chambre pour lui arracher les yeux. « Maman, je vais partir tôt, aujourd'hui » l'informa-t-il en se dirigeant vers son armoire.

« Mais tu as dit que Black te donnais ta journée. Qu'il avait des choses à faire. » Elle crispa son nez de dégoût en pensant au tuteur de son fils.

« Je sais. Mais j'ai besoin de lui parler. Insulter Harry en refusant ce cadeau est la dernière chose que je veux, alors je vais demander conseil à M. Black sur ce que je devrais dire dans ma réponse.

- Bon, très bien. Je vais faire le petit-déjeuner.

- Non, c'est bon. Je n'ai pas très faim. Je vais m'occuper de ça en priorité. Mais je vais essayer de rentrer pour le repas du midi. »

Pétunia se satisfit de cette alternative et laissa son fils s'habiller, toujours sous le choc de la générosité de son neveu. Il aurait beau dire que ce n'était que pour leur sécurité, mais les personnes n'offraient pas à leurs proches, d'adoption en plus, tous les droits sur une maison avec un grand terrain dans ce genre de cas.

Dudley quitta l'appartement et descendit le long du chemin qui menait au Chaudron Baveur, espérant que M. Black voudrait bien lui apprendre à transplaner. D'habitude, il venait le chercher les matins où il avait cours, mais vu qu'il n'était pas attendu aujourd'hui, Dudley devait se débrouiller pour trouver une autre solution pour aller au manoir, et le chaudron baveur n'était pas tout près. Mais ça ne le dérangeait pas, car l'exercice faisait partie de sa routine quotidienne et il en serait de tel jusqu'à la fin de sa vie, et il pouvait marcher une bonne distance avant que ça ne l'épuise.

Une fois arrivé, Dudley marcha droit vers la cheminée et voyagea jusqu'au Terrier, espérant que Mme Weasley lui pardonne son intrusion. Malheureusement, c'était la seule façon pour lui d'atteindre le manoir Malefoy directement.

Mme Weasley attendait à côté de l'âtre quand il trébucha dans la pièce, et une fois encore, elle l'aida à se redresser. « Dudley. Qu'est-ce qui t'amène ici ?

- Désolé d'arriver sans prévenir mais j'ai besoin de me rendre au manoir Malefoy. »

Molly mit ses mains sur ses hanches et fronça ses sourcils. « Sirius a oublié de te récupérer ? Je pourrais jurer que ce garçon passerait son temps à avoir la tête dans les nuages s'il n'était pas autant attaché à celle-ci.

- En fait, il m'a donné la journée de libre, mais j'ai besoin de le voir pour qu'il me conseille sur un sujet et je n'ai pas réussi à trouver une autre façon de me rendre au manoir. » Dudley devint penaud. « J'aurais peut-être dû vous envoyer un hibou avant de m'introduire ici.

- Mais non voyons ! » Molly attrapa le pot de poudre de cheminette et le tint devint lui. « Tu es tout le temps le bienvenu ! »

Dudley la dévisagea, ébahi. Il ne comprenait pas comment ces personnes pouvaient être aussi gentilles avec lui après tout l'enfer qu'il avait fait vivre à Harry. Comme si elle pouvait lire ses pensées, Mme Weasley lui adressa un sourire et une gentille poussée vers la cheminée.

« Si tu as des affaires à traiter, tu devrais y aller. Pas besoin de rester plus longtemps ici.

- Merci, Mme Weasley.

- Prends juste soin de toi. Oh ! Et rappelle à Lucius que je viendrais dans la soirée… Qu'il veuille me voir ou non. »

Dudley ricana, sachant à quel point cette nouvelle ennuierait M. Malefoy. « Ok, Mme Weasley. »

Quand il prit enfin la cheminette en direction du manoir, Dudley chercha tout de suite voir M. Malefoy et pria pour que son excellence le Lord du Manoir soit de bonne humeur. Les nausées matinales avaient frappé comme un retour de bâton quelques jours en arrière et personne dans le manoir n'était à l'abri de lui. Dudley grimaça et se frotta les bras, se rappelant la douleur du Crucio avec acuité. Il avait fait l'erreur de parler sans y avoir été invité un soir et avait reçu le sortilège comme il s'y était attendu au début en faisant son entrée dans le monde sorcier. Il n'en avait parlé à personne, voyant à quel point M. Malefoy était malade, à quel point il était terrifié de son propre corps, et que M. Malefoy n'avait jeté ce sort que pendant quelques secondes avant d'étonnamment s'excuser de son geste après coup. Après avoir entendu tellement d'histoires sur les anciens mangemorts, Dudley savait qu'une excuse de M. Malefoy était chose rare.

Et Dudley n'avait aucune raison de parler de lui. Il pensait que s'il gardait la bouche fermée, M. Malefoy serait plus à même de le respecter. Qu'il ferait même l'effort de le considérer avec plus de sérieux. Parce que Dudley voulait être pris avec sérieux. Il voulait s'acclimater à ce nouveau monde, être accepté des autres. Et plus important encore, il voulait aider son cousin et leur organisation à atteindre et achever les objectifs qu'ils visaient. Pour tout avouer, Dudley appréciait même M. Malefoy. Il était sec et froid, un salaud vaniteux qui savait être meilleur que bien des gens, le faisait savoir dès qu'il le pouvait. Dudley ne pouvait pas s'empêcher de l'apprécier un minimum, et il pouvait voir à quel point M. Black était entiché du blond. Malefoy avait un cerveau, de l'argent, du pouvoir et était sexy de la tête aux pieds.

Dudley s'approcha d'abord du salon, en espérant qu'il soit ici plutôt que dans son bureau. La chance était avec lui cette fois-ci, car la porte était ouverte et il pouvait entendre des voix venant de l'intérieur. Il reconnut les voix des M. Malefoy, Black, et de Rodolphus Lestrange. Il était facile de distinguer les deux frères par leur voix. Celle de Rabastan était plus douce, moins tendue que celle grave et râpeuse de son frère.

« Je vous le dit, on ne peut pas se permettre de chercher à se procurer des terres en transplanant à tout-va ! » disait la voix de Sirius.

« Dans ce cas, on pourrait voler ? » demandait Rodolphus.

« Voler comporte trop de risques... » commençait à lui répondre Lucius.

Dudley était sur le point de pointer le bout de son nez quand il fut surpris par une baguette pressée dans son dos.

« Stupéfix, » chuchota Rabastan dans son oreille. Dudley tomba sans aucune grâce devant l'entrée du salon. Rabastan eut un sourire satisfait en voyant le corps figé à ses pieds pendant quelques secondes avant de le traîner par la cheville dans la pièce. Les trois sorciers s'étaient interrompus d'un coup et dévisageaient Rabastan et Dudley avec surprise.

« Il était temps que tu arrives, » dit Lucius normalement, comme si voir Rabastan traîner des corps dans des pièces était naturel.

« Ce n'est pas grave, » intervint Sirius en se redressant. « Qu'est-ce que qui s'est passé ?

- Je l'ai attrapé en train d'écouter aux portes. » Rabastan avait l'air beaucoup trop joyeux.

« Tu l'as tué, c'est ça ? » Lucius regarda son mari retourner Dudley sur le dos. « Le Seigneur des ténèbres aura ta peau pour ça. »

Rabastan leva les yeux au ciel. « Arrêtez de sauter aux conclusions. Je ne suis pas un foutu débile, Malefoy. J'arrive encore à savoir à qui ce garçon est lié. Je n'ai fait que le stupéfier. Pour lui apprendre que, si tu écoutes aux portes, tu dois faire en sorte de ne pas te faire prendre. »

Sirius acquiesça. « C'est une bonne leçon. Ennervate. »

Les yeux de Dudley s'ouvrirent instantanément et il grommela en apercevant quatre sorciers adultes l'observant sans aucune expression. Oh merde. Je suis mort.

« Euh… Je peux m'expliquer…

- Parce que tu crois que nous voulons tes excuses ? » cracha Rodolphus. « La seule raison pour laquelle tu es encore en vie est que…

- Grâce à Harry. Oui, je sais. Merci. » Dudley se redressa et leva les mains devant lui. « Écoutez, je n'avais pas l'intention de vous espionner… Ok, c'est un mensonge. Mais je ne suis pas venu pour ça. J'étais venu pour vous, M. Black. »

Sirius soupira et attrapa Dudley par l'épaule pour l'entraîner en dehors de la pièce. « Appelles-moi Sirius, par la barbe de Merlin. Ça me rappelle mon enfoiré de père quand tu m'appelles M. Black.

- Siri... » l'appela Lucius d'une voix douce qui fit reculer et grimacer tout le monde. « Tu vas revenir ici tout de suite et faire asseoir le garçon. Il va affronter les conséquences de s'être fait prendre la main dans le sac comme un homme.

- Au moins tu sais que tu ne vas pas être tué. » Sirius et Dudley retournèrent à la table.

« Et qu'as-tu entendu, exactement ? » continua Lucius. Dudley le regarda droit dans les yeux et lui dit la vérité.

Lucius le regarda en étrécissant ses yeux. « Et comprends-tu de quoi nous parlons ?

- Ouais. Le Seigneur des ténèbres veut que vous acquériez des parcelles de terre pour le monde sorcier, pour que nous n'ayons plus à vivre parmi les moldus.

- Nous ? Non mais écoutez le ! » cracha Rodolphus.

« Je suis un sorcier, » marmonna Dudley en réponse.

« Tu l'es, oui. » Lucius commença à tapoter ses doigts sur la table en continuant à analyser le garçon.

« à quoi tu penses, Luce ? »

Lucius ne répondit pas immédiatement. à la place, il continua à l'étudier. Dursley avait gardé l'incident du Crucio pour lui, Lucius le savait. Le garçon aurait pu en parler à Sirius. Il aurait pu en parler à Harry. C'aurait fait un sacré remue-ménage s'il l'avait fait, mais Dursley avait gardé le silence. Lucius savait que la peur avait joué un rôle là-dedans, et il ne pouvait pas s'empêcher d'être impressionné de ça. Ni ne pouvait-il s'empêcher d'être impressionné de la façon dont Dursley avait reçu le sort, même si cela n'avait duré que quelques secondes. Il était évident que le garçon était avide d'être accepté parmi les siens, ici, dans le monde sorcier. Et s'il était aussi intelligent que Sirius le proclamait, peut-être qu'ils pouvaient lui laisser sa chance. Ou, plutôt, pouvaient-ils l'utiliser à bon escient.

Lucius invoqua un parchemin, une plume et de l'encre et rédigea immédiatement un bref message au Maître. « Sais-tu comment te déplacer sans transplaner ni voler ? » demanda-t-il au jeune après avoir plié la note.

« Lucius, » intervint Rodolphus d'un ton cassant. « Tu n'es pas sérieux en imaginant l'intégrer dans nos projets. Regardes-le. On dirait que le gosse a été lâché par sa mère en tombant sur la tête beaucoup trop de fois ! Il est plus moldu que sorcier !

- La ferme, Rudy. Rappelles-toi chez qui tu es. »

Rodolphus regarda méchamment Sirius, mais ne dit rien.

Dudley était tellement stupéfié qu'on lui ait posé cette question que ça lui prit un moment pour répondre. « Hum... »

Les yeux de Lucius se transformèrent en deux fentes mortelles. « Ne me fait pas regretter d'avoir posé cette question, Dursley.

- Je pense qu'on peut utiliser une version non-magique, » se dépêcha de dire Dudley.

Rodolphus frappa la table de sa main. « Là ! Vous voyez ? Demandez à un idiot et vous recevrez une réponse toute aussi stupide.

- Une minute, » le coupa Rabastan. « Je veux l'entendre détailler. Expliques-toi mieux, Dursley.

- Vous devez rester en dehors du radar, non ? Alors déplacez-vous façon moldue. Mettez la main sur une voiture et roulez à travers l'Angleterre. Je pense que ce serait une excellente façon de se rendre compte de l'étendue des terres. En transplaner, vous en loupez une bonne partie entre le point de départ et l'atterrissage, pas vrai ?

- C'est pour cela que transplaner n'est pas la meilleure méthode de recherche, dans notre cas, » intervint Sirius en hochant la tête.

« Qu'est-ce qu'un radar ? » demanda Rabastan, en se penchant en avant avec intérêt.

« Pour rester simple, c'est une façon pour les moldus de traquer tous les déplacements d'autres moldus, principalement aériens et aquatiques. Mais je ne sais pas par quel mécanisme, » intervint Lucius en ajoutant un post-scriptum au verso de la lettre.

Sirius chuchota dans son oreille : « Tu as appris ça d'Arthur Weasley, hein ? »

Lucius l'ignora et s'installa sur la chaise en face de lui. « Franchement, utiliser des solutions moldues m'horripile, mais je vois l'intérêt de le faire de cette façon. Et comme je ne vous accompagne pas, je n'ai pas à craindre de me faire salir. » Lucius claqua des doigts et donna la note à l'elfe qui était apparu. « Apportes-ça à Poudlard et donne le à ce satané Dobby. Assures-toi que ce soit bien Dobby qui récupère ce parchemin. Dis-lui de le transmettre à Luther Bailey sans délai. Je veux que ce soit fait tout de suite et je veux une réponse immédiate. Compris ?

- Oui Monsieur !

- Personne d'autre que Dobby ne doit te voir.

- Oui Monsieur !

- Tu peux disposer. » L'elfe de maison s'inclina et disparut. Lucius se retourna vers Dudley. « On va essayer ton idée. Je dois admettre que c'est bien plus simple que ce que nous avions prévu. De cette façon, vous n'aurez pas à changer d'apparence tous les deux, ou du moins, pas au début. »

Rodolphus se leva de sa chaise avec un air de pur dégoût et regarda Lucius de haut. « La grossesse a détraqué ton esprit, Malefoy. Le Maître n'a pas dit que le garçon était prévu sur quelque chose. »

Sirius se leva et agrippa l'épaule de Lucius pour le garder assis et parla à voix basse, le ton menaçant. « Tom verra que ça a du sens. Il veut que les choses soient faites correctement. Et, de cette façon, nous ne manquerons rien… Et si tu parles de la grossesse de mon époux ne serait-ce qu'une autre fois de cette façon, je te buterai sans hésitation. Ça, je te le promets. » Sa fureur à peine contenue fut trahie par les trémolos de sa voix, et Lucius eut un sourire satisfait en dévisageant Rodolphus avec délice.

Il était rare que Lucius apprécie d'être défendu quand il pouvait le faire lui-même, mais c'était l'une des occasions où il appréciait rester en retrait et laisser Sirius faire à sa place. Il était certain qu'aucun des mangemorts n'avait encore eu la chance de voir le tempérament de feu de son époux. Mais ils devraient rester sur leurs gardes. Sirius était un Black. « Nous allons très vite savoir ce qu'en pense Tom. »

Dudley se pencha en arrière en soufflant un bon coup, ne s'étant pas rendu compte qu'il retenait son souffle. Rabastan força Rodolphus à se rasseoir et s'adossa à son siège, croisant ses mains derrière la tête. Tout ça avec un air amusé.

« M. Malefoy ? » dit Dudley silencieusement, sachant que Malefoy n'apprécierait pas que ce qu'il allait lui dire soit su des autres. Lucius tourna la tête vers lui et leva un sourcil pâle. « J'ai pris la cheminée pour venir jusqu'ici depuis le Terrier. Mme Weasley m'a dit de vous rappeler qu'elle viendrait plus tard dans la soirée… Euh… Elle a dit que vous le vouliez ou non. J'ai pensé que vous préféreriez être au courant. »

Sirius eut un sourire narquois, mais ne fit aucun commentaire. Il préféra demander à Dudley la raison de sa visite. Dudley ne voulait pas le dire devant tout le monde et lui demanda donc s'ils pouvaient sortir pour en discuter. Une fois dans le couloir, il lui expliqua les circonstances de sa venue. Sirius resta silencieux un bref instant et le dévisagea bizarrement quand il eut fini de parler.

« Quoi ? » finit par demander Dudley.

Sirius leva un doigt. « Laisse-moi résumer… Harry t'offre, ainsi qu'à ta mère, le Cottage Potter et ses terres du Wiltshire, et toi, tu veux refuser.

- Ouais, c'est ça. » Dudley hocha la tête vivement face à la stupeur de Sirius. « On ne peut pas accepter quelque chose comme ça, même si nous le voulions. On ne le mérite pas et on n'en a définitivement pas besoin. Nous nous débrouillons très bien tous seuls.

- Je comprends ce que tu veux dire, Dudley. Vraiment. Tu ne veux pas qu'on te donne de coup de main, par pitié ou autre. Sauf qu'Harry ne va rien en avoir à faire de ce que tu veux. Il a déjà pris sa décision s'il t'a envoyé l'acte de propriété.

- Je m'en fiche. Je voulais juste ton aide pour rédiger la lettre de refus que je vais lui adresser. Je ne veux pas l'insulter... »

Sirius accepta de l'aider mais il n'était pas sûr que cela face une différence. En fait, parce qu'il allait refuser, Sirius était quasi sûr que ça rendrait Harry encore plus persuader de lui léguer son bien. Sirius était curieux de savoir pourquoi son filleul agissait comme ça, mais il allait probablement le savoir prochainement.

Le craquement d'un transplanage attisa la curiosité de Sirius qui passa sa tête par la porte. Il fut surpris de voir Tom se tenir à côté de la table, la note de Lucius en main. Rapidement, Sirius ramena Dudley dans la pièce et tous les deux inclinèrent leur tête pour lui présenter leurs respects. A côté de Tom se tenait un être que Dudley reconnut étant un Ukatae, mais il ne l'avait jamais vu auparavant… Enfin, il lui semblait ne l'avoir jamais vu, mais quelque chose dans son visage lui était familier. L'Ukatae était très sombre. Des cheveux noirs, des vêtements noirs, des yeux rouge sang… Dudley était prêt à parier que c'était pareil à l'intérieur de cet elfe. On pouvait le lire dans ses yeux. L'Ukatae les regarda tous avec un sourire méprisant, montrant de ce fait ses crocs. Dudley haussa un sourcil en se rendant finalement compte que Tom portait une tenue de sport et qu'il semblait avoir été interrompu en plein exercice avant d'apparaître au manoir.

« Expliques-moi et fais en sorte que ça vaille mon déplacement, » siffla Tom en regardant Lucius, son impatience clairement affichée sur son visage.

« Mon Seigneur, » commença Rodolphus, agenouillé aux pieds de son Maître, « Lucius veut…

- Silence, Rodolphus. Eh bien, Lucius ? Qu'est-ce que tout ça veut dire ?

- Peut-être que vous pourriez autoriser Dursley à s'expliquer... »

Tom acquiesça et tourna ses yeux glacés vers Dudley. Sachant que le Seigneur des ténèbres n'avait pas beaucoup de patience, Dudley se dépêcha de raconter tout ce dont ils avaient parlé et de l'idée qu'il avait eue. Rodolphus eut un air suffisant quand il commença à aborder le sujet de la recherche version moldue pour trouver des terres et le Seigneur des ténèbres fronça ses sourcils. Mais quand Dudley eut fini de parler, Tom hocha la tête.

Il contourna la table et Dudley retint son souffle quand il lui attrapa le bras et tira le col de son chemisier, révélant une épaule musclée. Il plaça la pointe de sa baguette sur la peau révélée et regarda Dudley droit dans les yeux, le figeant efficacement sur place.

Sirius essaya de s'interposer avant que Tom ne fasse ce qu'il planifiait, mais Lucius l'attrapa avec une poigne surprenante et le tira en arrière.

« Morsmordre. »

Le tressaillement de Dudley fut moins important que ce qu'il aurait dû être grâce à la prise ferme de Tom sur son bras. Et son bras semblait être littéralement en feu tellement la douleur était insoutenable. C'était différent de tout ce qu'il avait pu connaître auparavant. Même le cruciatus n'était pas comparable.

« La douleur est la faiblesse qui quitte corps, Dursley, » murmura Tom à voix basse, « souviens-toi de ça et tu pourras tolérer beaucoup plus. Tu voudras en accepter beaucoup plus. »

Dagon en leva haut ses sourcils. « Peut-être que nous pouvons être amis, finalement, jeune elfe, » dit-il en croisant ses bras.

Tom lui lança un regard méchant du coin de l'œil, les commissures de sa bouche étant le seul indicateur de son agacement envers le garde qui lui avait été désigné pour ce rapide voyage.

Les yeux de Dudley se remplirent de larmes, mais il refusa de fermer les yeux. Il refusait de montrer un quelconque signe de douleur, en dehors du scintillement de ses yeux et de la crispation de sa mâchoire. Tom finit par le relâcher et recula, étudiant son œuvre. Quand Dudley regarda, il vit qu'il était maintenant doté du tatouage de Tom, la Marque des ténèbres. Il lui appartenait officiellement.

Tom se détourna de Dudley pour analyser les autres personnes dans la pièce. « Il ne devrait pas y avoir d'erreurs si vous le faites de la façon dont tu l'as expliqué. Commencez tous ensemble. Aujourd'hui.

- Sans faute, » dit sombrement Sirius, en le poignardant du regard.

« Tu ne pensais tout de même pas que j'allais le missionner sans lui apposer la Marque, si ? Tout ça parce que je ne te l'ai pas donnée… Tous ceux qui vont intégrer notre ordre en bénéficieront, y compris les élèves de Poudlard. Tu devrais t'y faire, Sirius. »

Tom et son ami terrifiant s'en allèrent.

« Putain, Dudley… Je suis désolé. Je ne savais pas qu'il allait faire ça.

- Pourquoi tu t'excuses ? » voulait savoir Lucius. Il s'adressa ensuite à Dudley. « Tu voulais bien faire partie de cette mission, non ?

- Ouais. » Dudley agrippait son bras, juste sous la marque, ses doigts blancs et tremblants. La douleur avait légèrement diminué quand le Maître avait retiré sa baguette, et il espérait que la douleur parte rapidement. « Oui, je le veux.

- Très bien. Plus une complainte sur la marque des ténèbres alors. » Lucius fit face à son mari. « De la part de tous les deux. »

Dudley se rassit sans plus de formalité, ignorant le regard inquiet de Sirius. Il comprenait l'inquiétude de Sirius, mais sincèrement, il allait bien. Et maintenant, il était un mangemort. Il n'y voyait pas d'inconvénient, pas après les derniers changements ayant eu lieu, racontés par Harry. Désormais, Dudley n'avait pas à se préoccuper de devoir participer à des raids meurtriers sur les moldus. Ce qui était le seul point qui lui posait problème. Il ne voulait pas qu'on le fasse tuer quelqu'un. En dehors de ça, il était prêt à faire tout ce qu'on lui demanderait.

« Lucius ? Lucius Malefoy ! » s'exclama Amortia de l'autre côté du mur. ? « Tu étais sensé me voir il y a 15 minutes ! »

Ledit sorcier grogna et ferma les yeux. « Sirius, je t'ordonne de m'achever maintenant. »

Amortia entra dans le bureau, les points rivés aux hanches. « Je vais être en retard sur mon planning, maintenant.

- J'ai déjà toléré que tu me fasses un check-up ! Laisses-moi, femme ! »

Amortia entra plus encore dans la salle et sourit avec douceur. « Tu as intérêt à te lever et à me suivre tout de suite, Lucius. Je dois aussi voir les Londubas avant de partir. »

Rabastan étudia la soigneuse en tapotant la table de ses doigts. « Tu ferais bien de faire comme elle le dit, Lucius. Elle utilise encore une fois sa fameuse voix. » Il sourit quand Amortia haussa un sourcil dans sa direction.

« Occupes-toi de tes affaires, » le blond dit, cassant, en restant vissé sur son siège. Rabastan, à l'inverse, se leva et alla vers Amortia. Son frère le regarda, amusé. C'était la première fois que Dudley voyait Rodolphus autrement qu'agacé.

Rabastan pris la main d'Amortia. Elle le regarda sans aucune émotion apparente quand il la leva à ses lèvres. « Tu es exceptionnellement charmante aujourd'hui, Amortia. »

Amortia renifla et repris sa main. « Arrêtes de faire des tiennes, Rabastan. Je n'ai pas le temps pour tes bêtises. Lucius ! » Et elle se tourna en sortant de la pièce.

Rodolphus gloussa sous l'air incrédule qu'adopta Rabastan.

« J'imagine qu'il n'a pas l'habitude qu'on lui résiste, » chuchota Dudley à Sirius.

« En effet. Regarde-le. » Sirius désigna l'apparence flatteuse de Lestrange. « Un vrai Casanova. Et il l'a toujours été, je m'en souviens.

- Tout comme toi, » répliqua Rabastan avec un air mélancolique en continuant à fixer le seuil vide de la porte.

« Elle ne sait pas que tu étais sérieux, Rabastan. Pas besoin de te morfondre pour ça, » annonça Lucius avant de suivre la guérisseuse, poussé par Sirius. « Vous avez tous les quatre vos ordres, désormais. Je vous suggère de commencer les préparatifs et de vous y mettre. Et faites en sorte de ne pas vous faire prendre. Je n'accepterais pas d'être tenu responsable de votre échec par notre Seigneur. »

Quand Lucius eut quitté la pièce, les quatre hommes prirent place autour de la table et organisèrent leur plan d'action. Rodolphus n'était pas du tout impressionné quand Dudley dit qu'ils devraient aller à son appartement en plein Londres pour pouvoir récupérer la voiture de sa mère. Sirius leur rappela qu'ils devaient aussi s'habiller comme des moldus. Rodolphus n'aimait pas ça mais comme il était le seul à se plaindre, il devrait se faire à l'idée de devoir se trimballer habillé comme les êtres qu'il détestait.

Quand ils sortirent de la pièce, Rabastan se tourna vers Sirius. « Amortia ne voit personne, si ?

- De ce que j'ai pu voir elle ne fait que travailler, pas s'amuser. Mais je ne suis pas sûr. Lucius devrait savoir.

- Rabastan, ce n'est pas le genre de femmes que tu préfères, d'habitude. »

Rabastan fit face à son frère. « Le genre vers lequel je me tournais ressemblait à Narcissa et Bellatrix, et regarde comment ça a tourné pour toi et Lucius… Amortia a un charme certain et elle est maligne comme un singe. »

L'humeur de Sirius s'assombrit. « Ne mentionne plus jamais ces deux noms en ma présence, Rabastan.

- De quoi tu te plains ? » lui demanda Rodolphus. « Tu es marié à Malefoy maintenant. Tu vas avoir trois enfants dans moins d'un an… Si j'étais toi, je pourchasserais Narcissa, où qu'elle soit, et me vanterais de mon bonheur. »

Sirius s'illumina instantanément. « Ce n'est pas une mauvaise idée... » Il étudia les deux frères quelques secondes avant de leur sourire. « Pourquoi n'étions-nous pas amis à l'école déjà ?

- Parce que nous étions tous des enfoirés fiers et entêtés, meilleur que tout le monde, et que nous étions dans des camps différents, » lui répondit Rabastan. « Et la haine réciproque que nous nous sommes vouée en étant dans des maisons différentes a aussi joué dans la balance.

- C'était une question rhétorique, Rab. »

Rabastan haussa ses épaules avant de regarder Dudley, qui était resté silencieux à leur côté pendant tout ce temps. Ce fut à ce moment que Sirius se rappela de la raison de sa présence initiale au manoir.

« On se retrouve ici dans une heure. Et au nom de Merlin, habillez-vous comme des moldus. »

Rabastan acquiesça, mais son frère grommela jusqu'à ce qu'ils disparaissent du couloir.

Sirius ne fut pas d'une grande aide pour la rédaction de la lettre de Dudley, mais il le rassura en lui disant qu'il n'y avait aucune insulte dans le refus du généreux mais néanmoins non désiré cadeau de son cousin.

Sirius sourit quand Dudley mit de côté la lettre d'Harry et en écrivit une seconde. Il essayait de garder secret le destinataire, mais Sirius ne fit que lui adresser des sourires en coin et ricana, pas du tout dupe.

Dudley finit par craquer. « Tu ne sais même pas ce que j'écris !

- Vrai. Mais je peux deviner…

- Et tes suppositions seraient fausses. »

Sirius balaya ses propos d'un geste, « ouais, c'est ça. »

Dudley se renfrogna, mais continua d'écrire. Pour tout avouer, la lettre qu'il écrivait était juste amicale, une qu'il pourrait adresser à un pote, même si, à chaque mot rédigé, ses nerfs se tendaient de plus en plus, et il avait l'impression décrire à un inconnu. Mais il espérait avoir une réponse et en serait très content. Et alors, s'il obtenait une réponse, toute cette nervosité et cette gêne en vaudrait le coup.

Dudley posa sa plume quand il eut terminé, roula ses deux lettres et les donna à un elfe de maison qui utiliserait les chouettes Malefoy.

« Tu te sens mieux maintenant ?

- Ouais.

- Tu ne devrais pas. Harry n'acceptera aucun refus. »

… … …

Sirius transplana avec les Lestrange dans l'allée à côté de l'appartement de Dudley avant de faire de même avec le jeune homme. Une fois à l'intérieur du bâtiment, Dudley essaya de les faire rentrer dans son chez-lui le plus vite possible. Sirius savait comment s'habiller comme un moldu, mais les deux frères ne le savaient clairement pas. Ils portaient des habits sorciers des pieds à la tête, dans des couleurs tellement vives que Dudley était certain qu'ils l'avaient fait exprès.

Se tenant devant la porte d'entrée, Dudley fit un geste à un voisin avant de se cacher les yeux d'embarras. Chaque passant les dévisageait comme s'ils sortaient d'un cirque ou avaient une maladie.

« Il fallait que vous vous habillez comme ça, hein…

- Je ne vois pas de raisons d'être honteux, juste parce qu'il y a des moldus, » gronda Rodolphus.

« Ça n'a rien à voir avec la honte. On doit garder profil bas. La discrétion est de rigueur pour ce qu'on cherche à faire, » répondit Sirius. « Duds, Tu penses que ta mère s'est remise de la plaisanterie depuis le temps ? » demanda-t-il avec espoir.

« Elle était toujours en colère après toutes ces années sans t'avoir vu. Tu crois que ça va changer quelque chose quelques semaines de plus ?

- Je suppose que non. Peut-être que je vais attendre ici. »

Rabastan renifla. « On a peur d'une femme, Black ? Et une moldue en plus ?

- C'est une cracmol. Et je n'ai pas peur. Je ne veux juste pas devoir m'expliquer.

- Peu importe. Entrons et passons à autre chose, » exigea Rodolphus. Dudley déverrouilla la porte et ils entrèrent dans l'appartement.

Dudley s'attendait au regard dédaigneux que les deux frères firent en dévisageant leur environnement, et l'ignora facilement en les laissant dans le salon pour trouver sa mère. Il pensait qu'il serait mieux de la prévenir de la présence de leurs visiteurs avant qu'elle ne tombe sur eux. Et la prévenir que Sirius était là ne lui ferait pas de mal.

Il la trouva dans sa chambre en train de nettoyer et il fut une fois de plus dépité de voir qu'elle avait encore trouvé sa cachette de revues coquines. Il pensait les avoir bien cachés cette fois, pourtant.

« Tu ne devrais pas les cacher là où il y a du bazar à nettoyer, mon chéri, » dit-elle calmement face à son air dépité. Le ton calme qu'elle avait utilisé le fit respirer de soulagement.

« Je suppose que je peux être reconnaissant que tu aies été confrontée à la relation d'Harry et Malefoy. Imagine la réaction que tu aurais eu le cas contraire… Maman, nous avons des visiteurs, » dit-il avant qu'elle ne l'interrompe. Sa mère avait l'air d'accepter tout ce qui avait attrait à la bisexualité, mais ça ne voulait pas dire qu'il voulait en parler avec elle, surtout quand ses magazines étaient empilés nettement sur son lit et qu'il voulait la faire sortir de sa chambre. Elle restait tout de même sa mère et cette situation était sacrément embarrassante.

« Oh ? » Elle le dépassa pour accéder au couloir, s'arrêtant face au miroir pour corriger sa tenue et sa coiffure. « Qui as-tu amené ? Harry ?

- Non, il est à l'école. Sirius est ici avec deux autres personnes. Je travaille en quelque sorte avec eux en ce moment. Sur un projet. »

Les yeux de Pétunia s'étrécirent et elle le quitta pour rejoindre le salon. « Black. Hors de chez moi. Tout de suite, » exigea-t-elle, ignorant complètement les deux autres. Sirius leva ses mains en commençant à reculer vers la porte d'entrée. Il savait qu'il méritait toute contrariété qu'elle pourrait ressentir contre lui.

« Maman... » soupira Dudley. « On va partir vite. Est-ce que je peux prendre la voiture ? »

Cette question sortie de nulle part la fit cligner rapidement des yeux. « Pardon ?

- La voiture, maman ? On en a besoin.

- Pour quoi ?

- Ça ne te regarde pas, femme, » aboya Rodolphus avec impatience, faisant tiquer et se crisper Pétunia quand il avança vers elle. « Donne-nous la voiture et on s'en ira. »

Lestrange ressemblait étrangement au père de Dudley à l'instant et sa mère reconnut la similitude elle aussi. Elle pâlit et quitta la pièce sans un mot aussi vite qu'elle le put.

Dudley sortit sa baguette et la pointa vers le visage surpris de Rodolphus. « Ne parles plus jamais à ma mère de cette façon. Tu es dans la maison. Tu vas lui montrer du respect tant que tu te trouveras ici. » Dudley le regarda sombrement pendant quinze bonnes secondes avant de partir après sa mère, se fichant que tourner le dos à l'homme soit une mauvaise idée.

Il fallut quelques instants à Rodolphus pour reprendre ses esprits et il se tourna vers son frère, les yeux flamboyants. « Tu étais là et tu l'as laissé me parler comme ça ! »

Rabastan haussa une épaule avec indifférence. « Je ne suis pas ton foutu garde du corps et il avait raison. Tu es dans sa demeure et tu as manqué de respect à sa mère. Je ne ferais rien. Il s'est comporté comme un homme et a protégé sa mère, qui doit maintenant te haïr encore plus que Sirius. » Il se tourna ensuite vers Sirius. « D'ailleurs, pour quelle raison elle était autant terrifiée ?

- L'homme avec qui elle était mariée faisait sa loi avec ses poings et avait des propos méchants, » fut tout ce que Sirius pensait avoir le droit de dire.

Rabastan ricana, ironique. « Super, frérot, tu as géré comme un chef.

- Comment j'étais sensé savoir ?

- Qu'est-il arrivé à son mari ? »

Sirius s'assit sur le canapé et regarda le plafond. « Le Seigneur des ténèbres s'est fait un plaisir de le torturer et de le tuer. Pétunia n'est pas la seule à avoir souffert des traitements abusifs de Dursley. Harry était... » La douleur traversa son visage, exprimant plus que des mots ce qu'Harry avait dû vivre en étant sous le même toit que Vernon Dursley.

Dudley se précipita après sa mère et lui fonça dedans quand elle se retourna brusquement. « Maman ? Tu vas bien ?

- Voilà pour toi. » Elle lui donna les clefs de la voiture ainsi qu'une carte de crédit. « Fais attention, Dudley. Je ne sais pas ce que je ferais sans toi.

- Il ne va rien m'arriver de mal. »

Le sourire que lui adressa Pétunia était forcé. Ils savaient tous les deux que ce n'était pas tout à fait vrai. Harry avait prévenu que les choses deviendraient dangereuses une fois qu'il deviendrait un sorcier. Et, maintenant qu'il était un mangemort, il était encore plus certain que quelque chose lui arrive.

… … …

Rendus dans le parking au sous-sol, les quatre hommes se tenant à côté d'une voiture leur arrivant à la taille, les trois adultes regardaient la chose avec chacun une expression différente. Sirius était très excité, Rabastan sceptique et Rodolphus avec un regard vide.

Quand Sirius attrapa la poignée côté conducteur, Dudley se précipita pour l'en empêcher. « Qu'est-ce que tu fais ? Tu ne peux pas conduire. Maman me tuerait. »

Sirius sourit et l'éloigna d'une poussée. « Elle n'a pas besoin de le savoir. Maintenant, montez. On doit s'arrêter quelque part avant de parcourir le pays. »

Une fois tout le monde à l'intérieur du véhicule, Rodolphus se pencha entre les deux sièges avant depuis l'arrière. « Pourquoi on ne peut pas voler déjà ?

- Kingsley est devenu paranoïaque depuis qu'il n'y a plus de raids et que les moldus ne sont plus impliqués, » expliqua Sirius. « Il a commencé à patrouiller dans le ciel à travers toute l'Angleterre, ainsi qu'au sol. Il y a énormément d'Aurors sous couverture. Ce n'est vraiment pas drôle. »

Rabastan hocha la tête. « Il n'est pas bête, celui-là.

- Malheureusement pour nous. Peu importe comment nous nous y prenons, nous allons devoir faire très attention à notre environnement. »

Dudley lui lança un regard en coin en mettant la clef dans le neiman. « Est-ce que tu sais au moins conduire une voiture ? » lui demanda-t-il, soudainement inquiet avec tous les piétons qu'il y aurait en plein centre-ville.

« Évidemment ! J'ai une moto. Il n'y a pas tellement de différence. »

Les yeux de Dudley s'écarquillèrent. « Il y a une grande différence !

- Et puis, en quoi ça peut être plus compliqué ?

- Oh non. »

Rabastan avait tout d'un coup l'air plus nerveux et tapota l'animagus sur l'épaule. « Peut-être que tu devrais laisser le garçon manœuvrer cette chose. J'ai vu d'horribles images de ces trucs après un accident. On est dans un cercueil métallique, Sirius.

- N'importe quoi ! » S'exclama Sirius en allumant l'engin.

Rodolphus gémit et s'assit aussi loin qu'il le put dans son siège en s'agrippant fermement à la ceinture de sécurité que Dudley leur avait montrée comment mettre. Ils n'en avaient pas besoin, mais Dudley avait dit qu'il valait mieux la mettre, que ça sauvait des vies. Et comme Sirius était derrière le volant, les frères obéirent rapidement. Il fallut trois essais à Sirius avant de pouvoir mettre une vitesse et sortir de la place de parking.

Dudley ferma ses yeux tandis que son tuteur sortait du garage pour s'engager dans la rue à fond les ballons, accélérant en apercevant quatre piétons sur le point de passer devant la sortie du parking souterrain. Rodolphus s'était tourné vers son frère et lui dit à voix basse qu'ils étaient probablement sur le point de perdre la vie.

« Black, je veux vivre et pouvoir séduire cette sorcière. Tu le paieras d'une façon ou d'une autre si tu m'en empêches ! » s'emballa Rabastan, projeté contre son frère à cause d'un coup de volant brusque, Sirius changeant allègrement de file sans raison en variant leur allure, ignorant carrément le code de la route. Dudley se félicita d'avoir sauté le petit-déjeuner. Sinon, il l'aurait déjà rendu.

Ils eurent un bref répit et leurs estomacs purent se rétablir quand Sirius dut s'arrêter derrière une longue file de voitures arrêtées à cause de la circulation. Dudley n'avait jamais été aussi heureux d'être pris dans les bouchons.

« Sirius ? Avec qui ma mère sortait ? Le sorcier que tu as chassé ? »

Sirius fronça des sourcils. « Je ne l'ai pas fait fuir. Ce n'était qu'une petite plaisanterie. S'il était vraiment intéressé par ta mère, il serait resté… S'il te plaît, ne le dis pas à ta mère, mais je pense qu'il en avait après Lily. C'est la raison pour laquelle nous avons fait cela, James et moi…

- Et bien … Qui est-ce ? Que lui est-il arrivé ? Et si ce que tu dis es vrai, où est-ce que je peux trouver cet enfoiré ?

- Je ne sais pas vraiment ce qu'il est advenu de lui après tout ce temps. Je ne l'ai plus jamais vu.

- C'est quoi son nom dans ce cas ?

- Caradoc Dearborn, » répondit Sirius en faisant n'importe quoi avec la boîte de vitesse, la voiture devant commençant à avancer.

Rabastan fit une tape sur l'épaule de Dudley pour attirer son attention, appuyant volontairement sur la marque des ténèbres et eut un sourire satisfait en l'entendant siffler sous la douleur. « Je crains que tu ne puisses pas te venger. Il est mort. »

Sirius appuya sur la pédale d'accélération et faillit rentrer dans la voiture de devant. « Ah oui ? Qu'est-ce qu'il lui est arrivé ?

- Il était connu pour tricher dans les tournois non-officiels de bavboules. Il a dû tricher une fois de trop et en a payé le prix de sa vie. C'était il y a des années.

- Sirius, freine ! » cria Dudley en voyant la voiture devant eux s'arrêter. Il planta ses deux pieds devant lui, comme si c'était lui qui avait la pédale de frein sous les pieds. Sirius rigola comme un fou.

Finalement, après ce qui sembla être une éternité, ils arrivèrent à destination et Sirius gara tristement la voiture sur une place devant des commerces. « Vous deux restez ici. On revient dans quelques minutes.

- Et où est-ce que vous allez ? Je n'aime pas qu'on me dise d'attendre comme un animal de compagnie, » râla Rodolphus.

« Attendez juste ici, » dit une nouvelle fois Sirius en ouvrant sa portière. « Merlin, Rudy. Tu es plus chiant que Rogue. »

Avant que Rodolphus ne réplique d'une remarque bien sentie, Sirius et Dudley sortirent de la voiture, laissant un Rabastan mort de rire sous l'air incrédule de son frère.

… … …

Harry était en train de prendre place pour le repas du midi avec le reste des griffondors quand une chouette royale vola à travers la grande salle et plana vers la table. Le splendide volatile attira grandement l'attention. Harry haussa un quand il atterrit devant lui, déposa une lettre, puis sautilla jusqu'à Neville pour en faire de même avant de s'envoler. Neville avait l'air surpris de recevoir une lettre de la part d'une chouette aussi raffinée, et quand Hermione finit par faire remarquer que c'était une chouette des Malefoy, la surprise se transforma en inquiétude et il ouvrait frénétiquement son courrier, craignit que quelque chose soit arrivé à ses parents. Harry attendit le souffle court que Neville lise sa lettre, en espérant que ce ne soit pas à propos de ses parents, et se demanda pourquoi il se mit à rougir à la moitié du parchemin.

Ouvrant son propre courrier, il reconnut immédiatement l'écriture de Dudley et adressa un sourire narquois vers son ami, devinant l'auteur de seconde lettre.

Ron regarda en direction de Neville, remarqua son rougissement et se moqua de lui. « Qui se fait tellement chier qu'il voudrait t'écrire, Londubas ? Ça doit vraiment être quelqu'un de désespéré... » Il se pencha et vola la lettre des mains de Neville. « Voyons voir qui elle est. Je lui écrirais et lui dirais de m'écrire à la place. »

Les sentiments de Neville sur le fait de recevoir du courrier de Dudley étaient trop mitigés, et il se leva brusquement en se lançant sur la table pour s'emparer de son bien avant de pouvoir s'en empêcher. C'était sa lettre et il ne laisserait pas un moins que rien la lire !

La mâchoire d'Harry se décrocha en le voyant se jeter en travers de la table. Il regarda ébahi son ami saisir le parchemin et pousser Ron du banc. Quand la lettre fut mise en sécurité dans sa poche, Neville joua de ses poings, ayant pour but d'apprendre une leçon à l'autre enflure avec ces tâches de rousseurs, n'en ayant rien à carrer de se trouver en plein milieu de la grande salle.

Mais qu'est-ce qu'il se passe chez vous, mon cœur ? Se demanda Drago quand les élèves de poufsouffle et de griffondor ignorèrent leur repas et encerclèrent les deux qui se battaient, criant des encouragements et faisant des paris.

Neville met sa raclée à Ron !

« Neville, arrête ! » s'exclama Hermione en contournant la table, mais elle fut royalement ignorée et bloquée par les autres élèves qui ne voulaient pas voir cette bagarre se finir trop tôt.

Toute la salle se dépêcha de voir, entourant les deux combattants, Drago et ses serpentards se tenant à côté d'Harry et observant l'action avec amusement, certains choqués en réalisant qui était en train de se battre.

« Ne touche plus jamais à mes affaires ! » dit Neville en ponctuant à chaque mot par un coup de poing. Seamus essaya d'intervenir pour aider Ron, mais le bras de Tom s'interposa, l'attrapant pas le col de sa chemise et le tirant en arrière. Il lança Finnegan vers Crabbe, qui se fit un plaisir de lui faire une clef de tête pour le garder en place.

« Qui a commencé tout ceci ? » demanda Tom. Il était impressionné par la férocité de Neville et par le fait qu'il ne reculait pas, même quand Weasley lui renvoyait quelques bonnes droites.

« Neville, » lui répondit Harry, émerveillé. « Il a bondit par-dessus la table, en plus.

- Sérieux? » demanda à son tour Drago et Harry acquiesça.

« Que veut dire tout ce raffut ? » cria le professeur McGonagall quand elle fit son chemin jusqu'aux belligérants avec les autres chefs de maison. Dumbledore était encore une fois absent.

Une fois que McGonagall vit ce qu'il se passait, ses yeux s'écarquillèrent et elle lança un Sonorus. « RETOURNEZ À VOS PLACES IMMÉDIATEMENT OU DES POINTS SERONT RETIRES À CHACUN D'ENTRE VOUS ! »

Les élèves la prirent au mot et se précipitèrent vers leurs tables respectives. Harry et Hermione entraînèrent Neville loin de Ron, qui pendant un instant semblait vouloir les frapper pour l'avoir éloigné de l'autre. Ron était étendu au sol, respirant fortement, regardant Neville comme s'il ne l'avait jamais vu auparavant.

« Weasley, Londubas. Dans mon bureau tous les deux ! » exigea McGonagall. « Et vous aussi, M. Potter. »

Harry était sur le point de protester que pour une fois, il n'y était pour rien, mais Severus lui jeta un regard qui lui fit garder sa bouche fermée.

« M. Malefoy, vous allez venir avec moi, » dit Severus avec gravité à son filleul.

Je n'aime pas ça. On a rien fait.

C'est à propos d'autre chose,pensa Drago après avoir étudié le dos de son parrain. On se voit après.

Harry fut soulagé quand, en arrivant dans le bureau de McGonagall, elle lui demanda d'attendre le temps qu'elle se charge de Neville et Ron. Il offrit à Neville un geste de soutien quand il passa devant lui. Une fois la porte close, Harry sortit la lettre de Dudley et commença à la lire. C'était, bien entendu, concernant la propriété qu'Harry avait décidé de donner à ses proches. Il regarda le parchemin avec surprise en réalisant que Dudley refusait tout avec un poli, « merci mais non merci. »

« Waouh. » Il se demanda si Dudley cesserait un jour de le surprendre. Il était clair que son cousin, selon ses termes, ne voulait pas l'insulter mais il était ferme dans son refus. Harry plia la lettre et la rangea avec un sourire malicieux. Il avait commencé à apprécier son cousin, mais maintenant, il l'appréciait encore plus. Il était juste dommage pour Dudley qu'il n'accepterait aucun refus.

Les minutes passèrent avant que la porte ne s'ouvre à nouveau. Ron sortit en premier et ignora complètement Harry en le dépassant et continuant son chemin vers l'infirmerie avec une mauvaise mine. Harry riait quand Neville sortit à son tour, le pas léger.

« Combien ? » demanda Harry.

« Trente points pour avoir commencé la bagarre et une semaine de détention. » Il eut un sourire satisfait, passant outre la douleur de sa lèvre fendue. « Ron en a perdu soixante pour la bagarre et pour avoir pris ma lettre sans permission.

- M. Potter, » appela McGonagall.

« C'était terrible, Neville. Tu dois m'apprendre à boxer comme tu l'as fait. Où est-ce que tu cachais cet animal intérieur, en plus ? »

Neville rougit et marmonna des propos incohérents en s'éloigna avec un signe de la main. Harry riait toujours doucement en entrant dans le bureau, mais sa bonne humeur s'éteignit en voyant l'air grave sur son visage.

« Fermez la porte, M. Potter, et asseyez-vous.

- Hum… Je ne sais pas pourquoi je suis ici, mais j'ai le pressentiment que je ne vais pas aimer ce que vous allez me dire, » dit Harry après s'être assis.

Minerva regarda son élève quelques secondes avant de soupirer, « Harry, j'aurais préféré ne pas avoir à vous dire ce que je m'apprête à vous annoncer…

- On dirait que vous allez m'annoncer un décès, Professeur. »

Un sourire pincé apparut sur ses lèvres. « Rien d'aussi grave, je vous assure… Je me demandais, avons que nous n'allions plus loin, si vous pouviez enlever tous vos glamours. Je suis très curieuse de voir tous les changements que vous avez vécu, vous et M. Malefoy... »

Harry fut étonné de sa requête, dans un premier temps, mais il ne vit aucun danger dans celle-ci, même si Brumek lui chuchotait : « Ne montres pas aux humains » à l'oreille. Il se leva donc et fit disparaître son glamour. Il alla même jusqu'à faire disparaître sa robe et sa chemise pour libérer ses ailes. En voyant ses ailes, McGonagall pressa une main sur sa poitrine et se leva.

« Oh, Harry, » souffla-t-elle, émerveillée.

« Est-ce que tu vas toujours n'en faire qu'à ta tête ? » siffla Brumek, frustré.

« Le Professeur ne va rien dire, n'est-ce pas ?

- Certainement pas. » Harry faillit rire de son air offensé. « La sécurité de mes élèves est ma priorité principale. C'est pourquoi je m'excuse pour toutes ces années où j'ai détourné le regard face à votre vie en dehors de ces murs, comme à l'intérieur…

- Professeur… Vous n'avez pas besoin…

- Si, je vous les dois, » le coupa-t-elle. « J'aurais dû mettre un stop aux manipulations d'Albus depuis longtemps, mais je ne pensais pas qu'il… Non, » elle secoua la tête, « Je ne vais pas essayer de me trouver des excuses, Harry. Vous auriez dû être protégé. Votre vie aurait dû se dérouler autrement…

- Professeur, vous avez peut-être raison, mais je suis heureux de la vie que j'ai aujourd'hui, » lui répondit honnêtement Harry, pas très à l'aise de la tournure de la conversation. Il ne voulait pas que McGonagall se dévalorise. Il ne lui en tenait absolument pas rigueur.

« Bien. » Minerva se redressa et revint à des choses plus professionnelles. « Bien, M. Potter. La raison pour laquelle je vous ai appelé ici est que j'ai besoin de parler de cette saison de quidditch. »

Harry redressa sa tête. « Oh, oui. Les essais vont bientôt débuter.

- Harry. Je crains que vous ne puissiez être réadmis dans l'équipe. »

Il lui fallut un instant pour enregistrer les mots. « QUOI ? Mais pourquoi ?

- Parce que vous êtes un Ukatae désormais. Vous avez tous les deux, avec M. Malefoy un avantage injuste sur vos adversaires et vos coéquipiers, en étant capables de manipuler les éléments… Et non, je ne pense pas que vous utiliseriez cet avantage pendant une partie… Du moins, pas volontairement, mais les règles ne peuvent pas être changées. Si quelqu'un venait à savoir pour vos nouvelles capacités, ça causerait de trop gros soucis et l'équipe de griffondor devrait déclarer forfait pour le reste de la saison. Je suis navrée, Harry. Sincèrement. Je sais à quel point vous aimez voler, de jouer à ce jeu…

- Ce n'est pas grave, professeur, » chuchota Harry d'une voix rauque. Il comprenait aussi son amour du jeu, et il savait que si ça ne tenait qu'à elle, elle le laisserait rester dans l'équipe sur le poste d'attrapeur et de capitaine. Mais ce n'était pas à elle de décider et elle devait aussi se préoccuper des autres élèves.

« Vous avez fait un beau chemin en tant que joueur, Harry. Le meilleur attrapeur que je n'ai jamais vu. Ça va me manquer de ne plus vous voir dans le ciel. »

Harry hocha la tête en se relevant lentement. Silencieusement, il remit sa chemise et sa robe tandis que Minerva le regardait tristement. « Ce n'est pas grave, Professeur. Je peux toujours voler, mais pas dans les matchs... »

Le sourire que Minerva lui adressa était tendre et elle l'accompagna jusqu'à la porte. « C'est l'idée, Harry. »

… … …

Harry était assis sur son lit dans la tour de griffondor, ses jambes relevées et pliées contre son torse et ses ailes l'entouraient comme un cocon. Les rideaux étaient fermés autour de son lit et il avait posé son front contre ses genoux. Il soupira de morosité. Plus de quidditch.

C'aurait été bien s'il avait pu mettre ça sur le dos de Dumbledore, mais il ne pouvait pas car McGonagall avait été honnête avec lui. Les règles disaient clairement que tout élève ayant un avantage magique sur les autres ne pouvait pas jouer. Et ça ne concernait pas que le quidditch. Harry était directement allé à la bibliothèque après avoir quitté le bureau de McGonagall et avait trouvé une copie de L'Histoire de Poudlard. La même règle s'appliquait à chaque club ou organisation de l'école qui était sujet à une compétition magique, comme le club de Duel, par exemple.

Harry, oncle Sev veut te voir.

Dis-lui que je ne veux pas.

Drago avait pris la nouvelle un peu mieux que lui. Il avait dit à Harry qu'il était devenu obsédé par ce sport seulement après qu'Harry ait fait ses débuts, et que tout ce que réalisait brillamment Harry, Drago voulait en faire de même. C'était une histoire d'égo et de fierté. Et il avait répété les mots que le griffondor avait dit à McGonagall. Ce n'était pas parce qu'ils ne faisaient plus partie des équipes de l'école que ça devait les empêcher de jouer définitivement. Toujours était-il que Harry voulait bouder un peu, et seul, raison pour laquelle il était dans la tour au lieu d'être en bas, dans la chambre de Drago. Et Drago, sachant que son amant avait besoin d'un peu de temps tout seul et n'ayant pas envie de regarder son compagnon faire la tête, accepta de laisser Harry tranquille jusqu'à ce qu'ils doivent se rendre chez les parents d'Hermione.

Il se fiche de ce que tu veux. Sev te dit de descendre maintenant.

Dis-lui d'aller se faire foutre ! Gronda Harry.

Je ne ferai pas une telle chose.

« Harry ? »

Il grogna et ferma les yeux. « J'aimerais vraiment qu'on me laisse tout seul, Hermione. »

Pendant un instant, il crut qu'elle l'avait écouté et était partie mais il l'entendit se déplacer autour du lit et le craquement d'un lit à proximité lui indiqua que sa sœur s'était assise sur le lit de Dean.

« J'ai appris pour le quidditch. Je suis vraiment désolée, Harry. Je sais à quel point tu aimes ce jeu.

- Je vais bien. Vraiment. Les règles sont claires et je sais qu'elles sont justes. Drago et moi n'utiliserions pas volontairement nos pouvoirs durant un match, mais quelque chose pourrait arriver et on pourrait s'en servir inconsciemment.

- Je t'ai apporté quelque chose, » dit Hermione d'un ton plus gai.

Harry se débattit avec lui-même avant de céder face à sa curiosité. Hermione sourit quand il pointa le bout de son nez hors de ses ailes et des rideaux. Elle tenait une grande barre de chocolat. Son sourire s'agrandit sous le succès quand Harry la lui arracha des mains. Elle fut encore plus contente qu'il ne retourne pas se cacher dans son lit.

« La première semaine de cours est officiellement terminée, » dit-elle, essayant de trouver un sujet de conversation.

« Ouais. On s'en est bien sorti en prenant en compte tout ce qu'on avait à faire, » baragouina Harry la bouche pleine de chocolat. « J'ai vraiment aimé les cours d'histoire d'Ozemir. J'ai hâte du prochain. »

Hermione hocha la tête avec vigueur. « La société Ukatae est vraiment fascinante.

- Ils ont les pieds sur terre, » acquiesça Harry. Il secoua sa tête. « Je ne pense pas que je vais avoir de bons résultats sur ces tests.

- Tu vas très bien t'en sortir. Lundi, on commencera à réviser dans la bibliothèque.

- Mione... » Harry la regarda, incrédule. « Quand est-ce que nous avons le temps ?

- On trouvera le temps. » Elle sauta du lit et se dirigea vers la porte. « Maintenant, arrête de faire ta mauvaise tête et prépares-toi. On va bientôt partir. »

Le soupire dramatique d'Harry fit sourire Hermione qui ferma la porte derrière elle.

… … …

Sirius déposa sur les jambes des deux hommes un sac chacun. Ils le regardèrent sans aucune expression quand il rentra dans le véhicule avec Dudley.

« Dépêchez-vous d'enfiler ce truc.

- Les toilettes sont de ce côté. » Dudley indiqua un endroit de l'autre côté du parking.

« Si vous revenez pour demander de l'aide, je vais me faire un plaisir de me foutre de vous. » Sirius ricana. « Et ne vous aiderai pas. »

Rabastan attrapa le sac et son frère avant de sortir du véhicule, sachant qu'il était inutile de protester. De toute façon, il ne voulait plus perdre de temps sur ce sujet.

Après quelques minutes, Dudley ouvrit la porte pour sortir de la voiture. Il promit de revenir très vite et se mit à courir. Sirius essaya de s'occuper en regardant la porte des toilettes, espérant voir les frères sortir pour demander de l'aide et se payer une bonne tranche. Il était étonné de voir à quel point il les avait acceptés dans sa vie, mais c'était sa chance. Il aurait été étrange de co gérer un nouveau département du ministère en se vouant une haine réciproque. Et puis, ils avaient beaucoup de choses en commun.

Dix minutes s'écoulèrent avant que les Lestrange ne fassent leur réapparition dans leur nouvelle tenue, choisie par Dudley. La tête de Rodolphus était étrangement calme quand il remonta dans l'habitacle en pantalon denim, des chaussures de ville et une chemise à manches longues.

Sirius haussa un sourcil dans leur direction. « Alors ?

- Et bien quoi ? » Rabastan remettait déjà sa ceinture de sécurité, la serrant aussi près de son corps que possible.

« Vous aimez les fringues ?

- Je les trouve confortable et convenables pour notre mission, » répondit Rodolphus.

La main de Sirius se posa au-dessus de son cœur. « Mon cœur va s'échapper de ma poitrine !

- Tu penses qu'Amortia pourrait aimer ? »

Rodolphus lui lança un regard en coin. Ses sourcils se haussèrent sous la surprise. « Tu es vraiment sérieux la concernant.

- Nous ne sommes plus à Azkaban, mon frère, et on ne rajeunit pas. » Tous trois frissonnèrent à la pensée de cet endroit de malheur. « Tu dois aussi penser à aller de l'avant.

- Je suis toujours marié, malheureusement. Je suis mis sur le côté à vie.

- Je me suis toujours imaginé qu'elle transformait tout homme qu'elle touchait en gay, » marmonna Sirius de façon absente.

« Je suis hétéro, je peux te le garantir.

- Seulement parce que tu ne l'as jamais touchée.

- Rabastan, je vais sceller ta bouche, » gronda Rodolphus. Son frère leva ses mais en signe d'excuse. « Où est le garçon, Black ?

- Sais pas. Il va bientôt revenir…

- Le voilà. »

Dudley était en effet en train de revenir vers eux. Il portait un sac avec le logo d'un libraire. Une fois assis, Sirius démarra la voiture et ils s'en allèrent. Cette fois-ci avec moins de soucis que la première fois. Bien installé dans son siège, Dudley sortit un livre et deux cartes de la poche et commença à parcourir le livre.

Tandis qu'ils quittaient Londres, Dudley était ravi de distraire les autres en expliquant pourquoi il avait fait ces achats. « J'avais un ami dont le père travaillait pour une grande entreprise de construction. Il parlait toujours du métier de son père, et de la façon dont il préparait le terrain avant de commencer à construire, » expliqua-t-il. Il passa le livre aux frères. Ils n'avaient l'air que moyennement intéressés.

« Je ne sais pas comment les choses sont faites dans le monde sorcier quand des lieux sont aménagés, mais chez les moldus, on fait en amont beaucoup de recherches. Savoir où construire, connaître la population aux alentours, décider quels matériaux seraient mieux pour tel type de terrain, etc … Je suppose qu'avec la magie, c'est moins compliqué et ça prend moins de temps. » Il désigna le livre dans les mains de Rabastan. « Ça détaille tous les comtés de Grande Bretagne. Chaque chapitre couvre un comté et donne des informations détaillées sur la population, les villes, les villages, les cours d'eau... »

Maintenant, les frères le regardaient avec un plus grand intérêt. Sirius dévisagea Dudley. « C'est une bonne chose, » murmura-t-il avec une pointe d'admiration. « C'est un plan mangemort qui va fonctionner pour une fois.

- Garde tes sarcasmes, Black. »

Sirius ricana et Dudley haussa une épaule. « Le Maître ne veut aucune erreur. J'ai pensé que ça ne ferait pas de mal de bien se préparer même si ça ne devait pas servir. Vous savez, vu qu'on fait ça à la façon sorcier…

- Oui, on va accomplir cette mission en utilisant notre magie, » confirma Rodolphus. « Mais tout ça nous sera quand même très utile. »

Il était inutile de dire que Dudley était ravi d'avoir fait ce qu'il fallait et de montrer qu'il pouvait être utile aux autres. Il espérait que ça allait continuer comme ça.

… … …

Ce soir, Les Granger attendaient impatiemment que leur fille arrive avec ses amis. Ses amis qu'ils pensaient être Harry et Ron, ce dernier étant aux dernières nouvelles son petit copain. Quand la sonnette retentit, Mme Granger se précipita pour répondre. Le sourire brillant qui se reflétait dans ses yeux se tourna en surprise quand elle vit sa fille sur le porche, accompagnée par trois jeunes hommes.

Hermione lui envoya un sourire rayonnant, tout comme Harry, bien que le sien soit un peu contrit. A côté de lui, Jeanne pouvait jurer que c'était le petit ami d'Harry, Drago Malefoy, mais son sourire ne ressemblait en rien à ce qu'Hermione avait pu décrire dans le passé. Il était très charmant et aucun dédain n'était affiché sur son visage magnifique, ni dans ses yeux. Elle se dit qu'Harry avait dit la vérité et que le blond avait dû changer. Autrement, Hermione ne l'aurait pas emmené ici, ce qui impliquait de fait que c'était devenu un bon ami. Et Jeanne remarqua la façon dont les doigts du blond cherchaient en permanence ceux d'Harry pour les caresser… Il n'avait pas du tout l'air du garçon pourri-gâté qu'elle s'était imaginé ces dernières années quand sa fille s'était plainte à son propos.

Et il y avait ce sorcier aux côtés de Drago. Celui-ci avait le regard vide. L'absence totale d'émotions alors qu'il la regardait la rendit mal à l'aise.

« Maman ? » demanda Hermione à sa mère qui n'avait pas bougé et regardait toujours Tom avec incertitude. « On peut entrer ?

- Oh, oui ! Je suis désolée. » Jeanne fit un pas de côté et autorisa sa fille et ses visiteurs à entrer dans sa maison. « Tu m'a juste surprise, ma chérie. Tu n'as pas dit avec qui tu viendrais. » Les trois jeunes hommes se figèrent et jetèrent un regard suspicieux en direction de leur sœur. « Je… Nous nous attendions à voir Harry et Ron.

- tu ne leur a rien dit ! » siffla Harry dans son oreille.

Hermione l'ignora pour faire un câlin à sa mère. « Je suis navrée, j'étais tellement occupée.

-Merci de nous accueillir. » Drago tendit un bouquet de fleurs à la mère d'Hermione en lui offrant un sourire charmant, qui fit rougir la femme.

Drago avait promis de se comporter de son mieux, pour ne donner aucune raison aux Granger de continuer à ne pas l'aimer. Il fut ravi de voir Mme Granger tomber sous son charme et fit un sourire rapide vers Harry.

« Ce n'est rien, voyons… Je suppose que tu es Drago Malefoy. Ma fille nous a beaucoup parlé de toi. » Le sourire de Malefoy perdit un peu de sa splendeur, et Mme Granger se désola d'avoir dit ça. « Mais pas d'inquiétudes. Vous avez tous grandi, n'est-ce pas ? Les enfants sont sensés se chamailler.

- Oui, » acquiesça Hermione en entraînant Tom derrière elle, loin de la porte d'entrée qu'il semblait prêt à traverser à tout instant. « Où est papa ?

- Il va bientôt descendre, » lui répondit Jeanne. « Allez-y, allez vous asseoir dans le salon pendant que je surveille le repas. »

Hermione hocha la tête et guida ses frères hors de l'entrée. Drago prit place dans le canapé en velours couleur crème, surpris par son confort, et eut un sourire satisfait. « Elle a l'air de m'adorer, maintenant. Plus rien à craindre de mon côté »

Harry leva les yeux au ciel et s'assit à côté. « Tom, est-ce que tu vas faire la tête toute la soirée ? Ça va rendre les choses plus compliquées pour eux.

- Je ne vais pas m'adapter juste pour rassurer des moldus. »

Hermione s'assit à côté de lui. « Tu peux partir, si c'est ce que tu veux, » dit-elle en prenant ses mains, heureuse qu'il ne les retire pas brusquement. « Je ne serais pas déçue. C'était te demander beaucoup de venir ici.

- Silence, Hermione. Je suis là pour toi. Je resterai jusqu'à la fin. »

Edward Granger entra dans la pièce, l'analysant et reconnut Harry tout de suite. Il supposa avec justesse que le jeune homme à ses côtés était Drago Malefoy. Il ne lui fallut pas longtemps pour remarquer avec inquiétude sa fille tenir la main du jeune homme brun à côté d'elle, qui n'était pas Ron Weasley. C'était une surprise et M. Granger n'aiment pas vraiment les surprises. Son visage se durcit, à la différent du masque sans émotions que portait Tom, excepté ses yeux crispés faisant des allers-retours entre Tom et Drago.

Drago perdit sa posture relaxée instantanément. Je ne pense pas que mon sourire va fonctionner sur lui.

Bien sûr que non. Il est hétéro. Mais pas de panique, mon amour. M. Granger est très sympa.

« Papa ! » Hermione se précipita pour lui sauter dans les bras, et bien que M. Granger lui retourne son étreinte, il continua à poignarder Tom et Drago par-dessus sa tête.

« Ça n'est que la troisième fois en plusieurs mois que tu viens nous voir, » dit-elle en l'éloignant pour mieux la regarder.

« Hum… Papa, il y a quelque chose que je dois vous dire à toi et maman. » Elle se tourna et demanda à ses amis, « Je le fait maintenant, ou après le dîner ?

- Tu as déjà commencé. » Tom fit un signe de tête vers M. Granger. « Autant le dire maintenant et passer à autre chose avant que ton père ne saute sur des conclusions hâtives. » Tom l'avait vu observer leurs mains jointes un peu plus tôt.

Edward finit par se tenir derrière le canapé deux places, les bras croisés, en regardant tout le monde. Il voulait avoir l'air détendu, mais la façon dont ses bras étaient croisés signalait qu'il s'attendait à une bombe. « Et tu es quoi ? » demanda-t-il à Tom.

« L'une des raisons pour lesquelles nous sommes ici est de pouvoir vous présenter correctement une nouvelle partie de ma famille, » commença Hermione, ses yeux suppliant son père de laisser tomber son attitude intimidante. Il ne ferait que l'embarrasser, ou pire, agacer Tom. Harry faillit rire quand M. Granger regarda l'annulaire d'Hermione rapidement, puis souffla de soulagement en ne voyant aucune bague.

Mme Granger ne revint pas longtemps après et prit place près de son père, attendant patiemment que leur fille dise ce pour quoi elle était venue.

« Vous ne le saviez pas, mais je ne sors plus avec Ron Weasley. Nos chemins se sont séparés, en quelque sorte.

- Quel genre de séparation ? » demanda Jeanne.

« Le genre où Weasley est un abruti fini à la pisse, avec un cerveau rempli de merde.

- Tom ! » siffla Harry.

« C'est la vérité, » murmura Drago.

« Oui, mais quand même... »

Hermione lança un regard noir à ses frères par-dessus son épaule. Tous trois étaient assis et les lèvres scellées suite à son avertissement silencieux. Cela impressionna M. Granger et il eut un sourire fier pour sa fille. « Tu n'as pas changé d'un poil, ma lapine. »

Harry se pencha en avant. « Est-ce que son regard mortel agit sur vous aussi ? »

Edward hocha sa tête, s'apaisant. « Malheureusement. Celui de sa mère aussi.

- On passe à autre chose… Maman, papa, je voudrais vous présenter mes frères. Harry, Drago, et Tom, euh… Luther je veux dire. »

Tom soupira. « Tu ne penses pas que tu devrais tout leur dire ?

- Est-ce que c'est sûr ?

- Ce n'est pas comme si j'allais les chasser maintenant. » Tom se leva et, à la surprise de tous, traversa le salon et tendit sa main à M. Granger après une courte hésitation. « Tom Jedusor. » Quand Mme Granger pâlit instantanément, Tom se tourna vers Hermione, surpris. « Tu viens juste de me demander si c'était sûr mais tu leur as déjà tout dit ?

- C'était différent à l'époque. Tu ciblais tous ceux qui étaient proches d'Harry. Je devais les faire se tenir prêt. »

Edward étudia sa fille puis les trois sorciers. « Tu es en train de dire que tu étais ce Voldemort dont Hermione nous parlait en permanence ? Celui qui a essayé de tuer Harry pendant toutes ces années ? Celui qui a tué ces parents, celui qui avait comme objectif de tuer tout être non magique ? Tu es cette personne ? »

Tom hocha sa tête et baissa la main, voyant que M. Granger n'avait nullement l'intention de la serrer. Le serpentard finit par hausser ses épaules, de toute façon, il ne voulait pas toucher le moldu.

« Jeanne, vas-t-en.

- Mais Hermione... »

Les yeux d'Edward s'étrécirent en direction de la femme qui se faisait passer pour sa fille. « Ce n'est pas notre fille. Pars maintenant. » Il la poussa et elle finit par se précipiter hors de la pièce.

Hermione avait l'air comme foudroyée. « Mais papa !

Non. Tu ne peux pas réellement être ma fille. » Il fit alors face à Harry, suspicieux. « Et tu n'es pas Harry Potter, hein ? Non, bien sûr que non, » dit Edward avant que le griffondor ne puisse protester. « Tu ne serais pas ici avec ces deux-là. » Il pointa Drago et Tom.

Hermione prit une grande inspiration et regarda son père reculer vers un meuble de l'entrée. « Ok… Ce n'était pas vraiment la réaction à laquelle je m'attendais. Papa ! » Elle courut après lui.

Harry se leva et se passa une main dans les cheveux. « C'est un sacré bazar. Comment on peut les convaincre que nous sommes réellement qui nous prétendons être ?

- On pourrait aussi partir, » suggéra Tom calmement.

« Papa ! Non ! » Hermione cria, terrorisée. Ses frères se dépêchèrent de la rejoindre et dérapèrent jusqu'à l'arrêt.

« Attendez ! » Harry leva rapidement les mains en l'air en voyant M. Granger se tenir devant le placard ouvert, tenant un pistolet chargé pointé vers la poitrine de sa fille. « Levez vos mains, » siffla-t-il à Drago et Tom. « Tout de suite ! » En voyant le sérieux de son expression, les autres obéirent lentement.

« M. Granger, je suis Harry Potter et c'est vraiment Hermione. Tom n'est plus le même qu'avant, et Drago et moi allons nous marier en octobre. Et nous sommes les frères d'Hermione, désormais. Il y a beaucoup de chose qu'on doit vous expliquer. Laissez-nous vous raconter. »

Falde et Talyn étaient prêts à intervenir et maîtriser M. Granger, mais Harry secoua un doigt dans leur direction. Il voulait que personne ne bouge ou ne dise quelque chose tant que pistolet était pointé sur Hermione. Cela pourrait provoquer un départ de coup accidentel si M. Granger était molesté ou surpris, son index étant sur la détente, et peu importait la quantité de pouvoirs guérisseurs qu'ils utiliseraient, ça ne sauverait pas Hermione. Cette arme ferait un trou de la taille de l'Angleterre dans sa poitrine. Harry expliqua mentalement tout cela à Drago, qui ne savait pas pourquoi il avait peur d'un si petit objet tenu par un moldu.

Les yeux de Drago s'écarquillèrent d'horreur sous l'explication silencieuse d'Harry. « JE peux vous assurer qu'on ne vous veut aucun mal, M. Granger.

- Sauf si vous continuez à pointer ce pistolet sur ma sœur, » intervint sombrement Tom.

« Papa... » La voix d'Hermione tremblait, ses yeux faisant des allers-retours entre l'arme et son père. « Je te jure que c'est moi. Souviens-toi quand j'avais 5 ans et que je suis tombée de l'échelle de singe ? Je me suis fêlé une dent, tu te souviens ? Ou quand on est allé au Brésil quand j'avais 9 ans, tu t'en rappelles ? On s'était tellement amusé et on avait tellement pris de photos qu'on pouvait remplir trois albums complets. Ou la fois après ma première année à Poudlard quand je suis restée toute une semaine dans ma chambre, pour lire les livres de l'année suivante, et que maman et toi avez dû utiliser la force pour m'en sortir et me pousser à aller voir mes amis. Vous m'avez enfermé en dehors de la maison pendant au moins cinq heures pour que je ne puisse pas m'y faufiler et lire.

« Comment est-ce que je peux croire que tu le rejoignes ? » Edward fit un geste vers Tom.

« Parce que. Dumbledore nous a tous trahi. On a des preuves irrévocables. Dumbledore a tué les parents d'Harry et était la raison de la folie de Tom. C'était le vrai ennemi pendant tout ce temps. S'il te plaît, écoutes-moi ! Je ne mens pas !

- Edward, je la crois, » dit doucement Jeanne en sortant de la cuisine où elle était restée silencieuse pour écouter. « Tu sais qu'Hermione ne mens jamais, s'il-te-plaît, arrête de pointer cette chose horrible sur notre fille, avant de la tuer !

- Je ne suis toujours pas totalement convaincu qu'elle soit notre fille, » répondit Edward, mais au soulagement de tous, il baissa l'arme.

« Papa, » la voix d'Hermione était légèrement exaspérée. « C'est moi. Tom, Drago, Harry et moi avons procédé à un rituel et nous sommes liés comme frères et sœur. Tom ne tue plus des moldus innocents. Parce qu'il sait que, s'il le fait, ça va lui coûter très cher.

- Ne me menace pas devant tes parents, Hermione.

- Je peux baisser les mains, maintenant ? » demanda Drago. « Je vous ferai savoir que c'est un comportement indigne d'un Malefoy. »

Edward considéra le blond. « C'est exactement le genre de remarques pompeuses que je m'attendais de ta part, après tout ce qu'Hermione nous a dit.

- Il est toujours le même. Mais maintenant, il nous aime, » dit Hermione. Drago ouvrit la bouche pour protester, mais il la ferma rapidement avec un claquement sonore et acquiesça, laissant tomber ses mains de part et d'autre.

« Bien, » Jeanne attira leur attention. « Le dîner est prêt. »

Edward eut un air pensif. « Chérie, je n'ai pas…

- Tu peux t'arrêter là, Edward. Tu m'as donné la peur de ma vie pour aucune raison. S'ils voulaient vraiment nous faire du mal, nous aurions été tués la seconde où ils ont posé un pied dans la maison, et ils n'ont pas sorti une fois leur baguette. »

Hermione hocha la tête avec emphase et suivit sa mère dans la cuisine. Edward soupira et se tourna pour remettre le pistolet à sa place dans le meuble. Il était persuadé d'avoir plus de cheveux gris qu'il y avait quinze minutes.

Après tous ces événements, Hermione décida qu'elle attendrait une autre fois avant de parler à ses parents de son changement en Ukatae, et encore plus avant de leur dire pour sa relation avec un certain maître en potions sarcastique.

… … …

Brumek venait de finir ses rondes peu de temps après le coucher du soleil et il secoua sa tête de perplexité entrant dans sa chambre. Les enfants humains étaient très créatifs pour se distraire les uns les autres. Les choses qu'ils avait vues…

Une fois certain que la chambre n'avait pas était manipulée par des sorts, il se détendit finalement et se laissa aller dans le vieux canapé poussiéreux du salon principal. De là où il était, la seule chose qu'il pouvait faire était de dévisager la porte avec impatience. Il était au oins reconnaissant envers Falde de lui avoir du temps libre pendant que les jeunes allaient dîner. Ozemir et lui devaient juste faire quelques rondes autour de l'école avant de rejoindre les autres au manoir, où ils pourraient faire ce qu'ils voulaient jusqu'à ce que les jeunes elfes rentrent.

Ozemir arriva peu de temps après, sa ronde finie, ouvrant la porte et traînant des pieds en entrant dans la chambre. Sa tête fatiguée fit se lever rapidement Brumek, qui alla le rejoindre, l'air inquiet.

« Tu as fini tes rondes ? » demanda-t-il. Un petit oui lui fut répondu. « Tu as trouvé quelque chose ? »

Ozemir se détendit un petit peu en soufflant un bon coup. « Personne n'a traversé notre périmètre. » Il ferma les yeux et sembla regagner la force qui l'avait quitté en quelques secondes. Brumek l'observa jusqu'à comprendre pourquoi Ozemir avait l'air aussi fatigué et remué.

« Le temple ! Tu es retourné dans cette pièce !

- C'est là où j'atterris quand j'y retourne, » répondit Ozemir avec patience. « J'ai beaucoup d'obligations et retourner dans cette pièce et l'une d'elles. »

Brumek le dévisagea, incrédule. Comment pouvait-on qualifier l'automutilation de devoir ? « Expliques-moi. Ce n'est pas sage d'y retourner. »

Ozemir leva les yeux au ciel et le poussa vers le lit. Brumek gronda de colère et le cri de surprise d'Ozemir résonna dans toute la pièce quand il fut entraîné dans l'Ombre en direction du manoir Malefoy sans préavis.

« Tu ne peux pas faire ce que tu veux de moi juste parce que tu le veux ! » cria Ozemir dès que l'Ombre disparut. « Être des compagnons ne te donne pas le droit suprême de disposer de moi comme tu l'entends… Aïe, sale brute ! »

Brumek ignora Ozemir et l'entraîna sur un lit. Il chevaucha ses cuisses et saisit rapidement ses mains, les mettant au-dessus de sa tête. Une fois fait, il fit un sourire méchant à l'érudit qui pantelait fortement, laissant la magie quitter ses doigts. Des cordes se formèrent autour des poignets d'Ozemir, l'attachant contre la tête de lit. Brumek ne le relâcha pas tant que les cordes n'étaient pas transformées en de solides chaînes.

« Qu'est-ce que tu crois vouloir accomplir, là ? » protesta Ozemir en levant sa tête du lit pendant un instant. « L'utilisation de la force ne va pas me faire changer d'avis. » Il tira frénétiquement sur les chaînes, ses yeux s'agrandissant en comprenant qu'elles avaient étaient solidifiées pour contrer sa force. Même la rage de Dagon ne pourrait briser… Oh, je ne penserais jamais à faire une telle chose, érudit. Pourquoi est-ce que je voudrais me libérer ? Les yeux d'Ozemir brillèrent sauvagement tandis qu'il criait et tirait sur les chaînes.

Les yeux de Brumek s'allumèrent avec amusement en caressant les poignets d'Ozemir avec des doigts aussi légers que des plumes. « Je n'attendrais plus que tu changes d'avis ou que tu acceptes finalement ce qui a déjà été accepté.

- Je n'ai rien accepté !

- Moi oui. » Brumek se pencha jusqu'à ce que leurs lèvres se frôlent. Il s'assura qu'Ozemir écoutait chaque mot. « J'ai accepté et je me fiche de ce que tu peux penser en ce moment. C'était un accord réciproque parce que tu me désires déjà. Je le sais. » Sa voix diminua pour se transformer un sifflement colérique, ses yeux vifs se crispant, « Tu pensais sérieusement que je resterais à l'écart et que je me priverais de tout ça ? Que je te laisserais m'empêcher de me lier à mon compagnon, de commencer un nouveau chapitre de ma vie ? Tu penses que je suis une sorte de froussard qu'on peut balayer d'un geste ? » Ses intenses yeux gris se figèrent de rage. « Tu es mien, Ozemir ! »

Ozemir redoubla d'efforts pour se libérer, mais la poigne de Brumek ne pouvait être défaite et il ne pouvait rien faire d'autre que sentir Brumek le débarrasser de sa tunique et de passer ses grandes mains calleuses sur son torse dénudé, que de regarder les yeux du guerrier suivre les mouvements de ses mains.

« Je n'ai jamais voulu toucher quelqu'un autant que toi, » lui confia Brumek, essoufflé, en faisant bouger ses mains, explorant chaque contour du torse de son compagnon. Il n'avait encore jamais caressé un autre mâle de cette façon, ni n'avait pensé le vouloir, avant d'avoir ces rêves d'Ozemir. Et maintenant, il ne comprenait pas comment il n'avait jamais remarqué à quel point il préférait ce torse musclé et plat à la poitrine tendre et fragile d'une femelle.

« Et tu n'as pas quitté la pièce ni ne m'as dit d'arrêter. » Brumek leva ses yeux pour voir Ozemir le regarder avec des yeux grands ouverts, respirant à peine et blanc comme la mort. Au lieu d'être en colère, il avait l'air terrifié. « As-tu peur de moi, Ozemir ? »

Si c'était le cas, Brumek ne pensait pas pouvoir continuer plus loin. Qu'Ozemir ne veuille pas de ça parce qu'il avait peur du guerrier repousserait le guerrier. Blesser Ozemir, lui faire peur même, n'était pas une chose que Brumek voulait. « Dis-moi que je t'effraye et je te relâcherai. »

Pendant un instant, Ozemir sembla soulagé et Brumek craignit qu'il se serve de ça pour s'échapper. Mais il finit par secouer la tête. Ce n'était pas Brumek qui lui faisait peur. De fait, les bras de Brumek étaient la place la plus sûre du monde en cet instant.

« S'il te plaît, laisse-moi partir, » supplia plutôt Ozemir. « Tu ne sais pas ce que tu fais.

- Ce n'est ni un ordre pour me faire arrêter, ni que tu me crains. » Brumek déposa un baiser brûlant sur la peau chaude d'Ozemir, dans le creux de son cou. Ses doigts fourragèrent durement dans les cheveux blancs doux comme de la soie, ravi des tremblements venant du corps de son compagnon et le faible gémissement qui échappa de l'érudit.

Brumek se redressa jusqu'à ce sa bouche survole celle d'Ozemir. « Je ne vais pas te mentir, Ozemir. Je te désire. Je te veux comme ça, enchaîné à mon lit. Mais pas pour notre première fois. Pour notre première fois, je veux que ce soit toi qui viennes à moi. » Brumek abaissa ses hanches jusqu'à être fermement pressé contre lui. « Tu as intérêt à te dépêcher, Ozemir. Tu peux sentir mon désir pour toi… C'en est fini de me fuir, imbécile d'érudit.

- Traites-moi d'imbécile encore une fois ! » dit Ozemir d'un ton coupant en soulevant ses hanches en représailles.

Brumek grogna et enveloppa la taille d'Ozemir d'un bras avant de faire glisser sa main sur ses fesses pour garder ses hanches levées contre les siennes. Et il l'embrassa passionnément la seconde suivante. Il mordit les lèvres de son compagnon sous le coup de la frustration, montra son désir inconditionnel en lui ravissant sa bouche, capturant la langue de l'autre de la sienne. Il exprima sa colère en mordant encore une fois la lèvre de l'érudit, le faisant saigner et buvant son sang en même temps que les autres saveurs extraordinaires venant d'Ozemir.

Ce dernier avait chaud et se sentait faible dans ses bras, tremblant et plantant ses ongles dans le dos du guerrier, rendant les armes face à la bouche demandeuse. Il ne pouvait pas s'en empêcher, malgré son désir d'être libéré. Il n'avait jamais pensé que la bouche de Brumek pouvait lui faire perdre la tête à ce point, l'entraîner si loin dans un délire fabuleux, et pourtant il avait eu de nombreuses années pour fantasmer sur lui.

Les lèvres de Brumek se déplacèrent vers sa nuque, goûtant sa peau et Ozemir commença à s'agiter, le brouillard de luxure s'évaporant rapidement. Malheureusement, le soldat était très bon pour ignorer l'agitation des autres, et continua à le savourer. Il gloussa dans le cou de son compagnon. « Tu ne luttes qu'à moitié. »

Ozemir arrêta de s'agiter immédiatement. Il voulait tout ça. L'avait toujours voulu. Même après un siècle sans avoir vu Brumek, Ozemir avait quand même rêvé de ça. Il pencha sa tête sur le côté pour laisser un meilleur accès à Brumek et pria Hirsha de lui pardonner son égoïsme. Son manque de contrôle finirait par faire souffrir Brumek un jour.

Un gémissement échappa à l'érudit alors qu'il s'abandonnait à son compagnon. En entendant le petit bruit de reddition, Brumek n'attendit pas plus longtemps et plongea ses crocs dans son cou. Quand le sang jaillit dans sa bouche, Ozemir se ramollit dans ses bras. Le soldat tint son compagnon près de lui, soutenant sa tête d'une main tout en buvant de tout son soûl.

Ozemir hoqueta et ses yeux roulèrent dans ses orbites pendant que Brumek le serrait si fort contre lui qu'il aurait pu lui briser ses côtes. Est-ce qu'il en avait quelque chose à faire ? Certainement pas ! Pas quand il entendait ses bruits sensuels venant de Brumek pendant qu'il buvait avidement. Il ne s'inquiétait pas non plus de la tension qui grandissait un peu plus au sud, sous sa ceinture. Brumek faisait du bon travail pour garder l'érudit excité malgré ses protestations.

Ozemir essaya de faire disparaître la sécheresse dans sa gorge mais il n'en avait plus l'énergie. Il n'avait plus la force de rien. Bien trop tôt à son goût, Brumek se redressa et eut un sourire satisfait en voyant l'état dans lequel il se trouvait. Ozemir souleva ses paupières lourdes à temps pour voir Brumek lécher le sang restant sur ses lèvres et ses dents.

« A ton tour. »

Ozemir secoua la tête. « Tu ne me forceras pas à faire ça. Si je… Si je bois ton sang, je n'aurais pas d'autres choix que de m'abandonner à toi. » Il n'avait plus la force de se battre, alors il s'enfonça dans le matelas, ignorant les chaînes mordant ses poignets.

« Tu viens juste d'abandonner. » pointa Brumek avant de faire courir sa langue sur les marques de morsures fermées, ravi des tremblements de plaisir qu'Ozemir essayait de contenir.

« Je ne vais pas boire ton sang ! » s'exclama Ozemir avec ses dernières forces. Sa mâchoire était crispée et ses yeux brillaient d'entêtement. Brumek était aux anges.

Il s'assit de nouveau sur les cuisses d'Ozemir et le dévisagea. Il comprenait qu'il sous effrayé. Une fois qu'il boirait le sang de Brumek, ça serait terminé. Il pouvait sans doute résister encore quelques jours, mais au final, son corps le supplierait de compléter le lien. Il ne serait plus en mesure de le nier. Brumek avait juste à trouver une façon pour lui faire boire son sang…

D'un coup, un sourire mauvais s'étira sur le visage du guerrier. « Dagon. Je veux parler à Dagon.

- Non ! » siffla Ozemir.

Brumek se pencha en avant pour lui chuchoter à l'oreille. « Dagon, viens.

- Arrêtes ça ! Arrêtes ça, Brumek ! » Ozemir ferma les yeux sous le rire sans joie qui résonna dans sa tête. Oh, c'est une agréable surprise, ça ! Notre compagnon requiert ma présence et tu n'as plus le contrôle sur moi. Oh oui. J'aime ça de plus en plus…

Brumek le regarda se transformer en silence en un Dagon souriant.

La bouche du démon s'étira en un sourire sensuel. « Tu m'as appelé ? » il bougea légèrement sa tête pour observer les chaînes, tirant dessus pour en tester la solidité. « Pas mal du tout.

- Est-ce que tu veux mon sang, démon ? » les yeux de Dagon furent traversé d'un éclair de délice et il dénuda ses crocs en réponse. Brumek agita ses mains et les chaînes s'envolèrent. « Alors viens. »

Il n'avait pas fini de parler que déjà, Dagon était sur lui, ses crocs profondément plantés dans son cou, buvant à grandes gorgées comme s'il voulait vider le guerrier de son sang. Brumek se détendit sous le poids de Dagon, se frottant délicieusement contre lui. Brumek était tenté d'oublier qu'il voulait qu'Ozemir fasse le premier pas. Dagon était chaud, avait envie et totalement d'accord pour offrir son corps à Brumek, pour qu'il l'use autant de fois qu'il le voulait, où il le voulait. Mais il voulait Ozemir et avait besoin que ce soit l'autre qui vienne à lui de son plein gré.

Brumek durcit sa détermination d'attendre, se figeant en essayant d'ignorer la main de Dagon, qui avait commencé à parcourir son corps… Peut-être que son contrôle n'était pas aussi fort qu'il le pensait parce que, si Dagon ne s'était pas reculé à l'instant, ayant fini de boire, Brumek savait qu'il aurait pris le démon. Et il en aurait été furieux après coup.

Quand Dagon regarda dans les yeux de Brumek, il grogna de mécontentement. « Tu veux l'attendre lui !

- Oui. Et je me fiche que ce soit un problème pour toi. Je voulais de lui avant de te vouloir, démon. »

Dagon siffla en s'éloignant. « Je devrais t'arracher la gorge ! »

Brumek eut un sourire narquois et descendit du lit. « Ozemir. » Le démon siffla une nouvelle fois comme Ozemir regagnait son corps, reprenant le contrôle sauf sur les yeux qui étaient restés rouges. Ozemir était furieux. Il dévoila ses crocs en se levant, ses griffes pleinement déployées, et s'avança vers son compagnon nerveux.

« Comment as-tu pu faire ça ? » chuchota-t-il d'une voix rauque. « Comment as-tu pu me trahir de cette façon ? Est-ce que mes sentiments ne comptent pas, Brumek ?

- J'en ai marre de jouer, » répondit le soldat en se tenant droit, subissant le regard déçu d'Ozemir. Il s'était attendu à se faire battre à mort mais pas ce nuage de souffrance qui voilà les yeux de son compagnon.

« Ce n'est pas un jeu, soldat. Ça ne l'a jamais été.

- Ozemir, je veux juste te voir heureux... »

L'érudit rit sans joie. « Et tu pensais que conspirer avec le démon me faire plaisir ? Tu m'as détruit, Brumek. Tu m'as piégé. Et Demai'Tah… Tu viens juste de t'assurer que ses mots deviennent réalité. Ça, » Il fit un geste entre eux deux. « Ça va me détruire avant que ma mort n'arrive."

Ozemir partit sans un bruit, disparaissant du manoir et laissant Brumek fixer l'endroit où il se tenait d'un regard vide.

« Hirsha… Qu'est-ce que j'ai fait ? »