Chapitre Deux { Un pas en arrière, un pas avant.

Je crois que j'avais franchement tort de le sous-estimer. J'avais ce défaut particulier de croire que les gens étaient plus stupides que moi. Sauf que non. La personne stupide dans l'affaire, ce n'était ni plus ni moins moi. Je devais admettre que je n'avais aucune idée de comment lui rabattre le clapet. Bon sang, je me sentais franchement coincée. Mais ma détermination a explosé au bout de deux semaines de tête à tête avec ce monstre cupide. Dans l'équipe, nous avions fini par l'appelé le King. Appellation dont bien sûr j'étais l'origine incontestée. Il fallait dire qu'il se prenait tellement pour un roi quand il nous ordonnait de faire quelque chose. Alors autant aller jusqu'au bout et jouer la carte du privilégié. Mais bref, notre petit King Cullen a réussi à faire passer Staline pour un pauvre amateur dans son genre le jour où il a cru que j'étais son pigeon. Autant dire que cette journée avait très mal commencée. La vieille au soir, j'avais tellement étudier que je me suis assoupie sur mes bouquin. Premier résultat un réveille en fanfare avec une nuque démolie à coup de bouquin inconfortable et d'un devoir incomplet. S'ajoute au cortège, l'heure trop tardive. J'avais bien sûr débarqué dans un amphi bourré a craqué en pyjama. Je crois que pour le coup, j'étais trop stressée que pour me rendre compte des sourires moqueurs. Alice m'avait réservé une place, Dieu du ciel. Elle omit de se foutre de ma tronche, juste dix fois sur le cours.

-Dis, tu pourrais faire pareil à l'entrainement de ce soir.

-Hein ?

Je devais rivaliser pour me concentrer et ne pas m'énervé sur mon amie.

-Eh ben, te ramener en pyjama complétement paniquée.

-Ha ha, dis donc, ton humour m'impressionne de jour en jour, Alice.

Elle a souri satisfaite de sa feinte. Je ne pouvais pas en dire autant. J'ai couru hors de la salle dès que les heures furent terminées, pressé d'éviter de croiser plus de regard affligé de voir une fille en pyjama rose. Mon short débordait de motif ridicule avec de la petite dentelle rose. Sans parler de ce vieux haut rose bonbon délavé et tellement vieux qu'il était détendu de partout. Genre mon décolleter n'était plus l'affaire d'une légende. Non, c'était un fait. Je me suis mise à trottiner dans les allés du campus jusqu'à que je le vois. Le roi légendaire qui me pourrissait l'existence depuis deux semaines. Putain de coïncidence. Je n'ai pas réfléchi, je l'ai ignoré et j'ai sprinté à l'opposé. Le ridicule ne tut pas mais moi, il étouffe un peu. Je m'attendais presque à ce qu'il me cri : « Plus vite, mademoiselle Swan, une tortue avance plus vite que vous. » Les habitudes ont décidément la vie dure. Le restant de la journée, j'étais d'humeur sombre. Il était impossible pour moi d'accorder la moindre compassion à Nora quand elle nous raconta de nouveau ses soucis à la pause déjeuner ou à qui que ce soit d'autre, d'ailleurs. Alors, je suis arrivée à l'entrainement avec mon humeur massacrante. N'accordant que des regards sombre à qui osait me regarder. J'étais la première à arriver. Une première. J'ai lâché mon sac si fort qu'on se serait demandé si un éléphant ne venait pas de débarquer. Bref, autant préciser que j'étais prête à tout pour que le monde entier sache combien j'étais en colère.

-Je crois que vous devriez recommencer pour être sûre que vous avez bien abîmé le parquet.

J'ai tourné la tête. Il était à moitié assis sur le bureau. Je dois dire que pour le coup, je ne l'avais pas vu. J'ai soupiré.

-Vous avez sans doute raison. Je vais réparer cette erreur.

J'ai ramassé mon sac et je l'ai claqué plus fort. Il m'a observé sans cillé. Puis, il a posé son carnet et a croisé les bras. Monsieur ne semblait pas content.

-Bingo ! Vous venez de gagner un laisser passer pour tout un tas d'agrément que je suis sûre, vous allez apprécier.

-Ah oui ? Je vous en prie, dites-moi.

-Eh bien, réfléchissons bien. D'abord, vous avez gagné le droit de ranger le matériel pendant le restant de la saison et disons, le double de chacun des exercices. Si vos chères partenaires ont, par exemple, 100 abdos à faire, vous en aurez 200. Si elles doivent courir 15 minutes… Je vous laisse le soin de compter. Je crois que les finances sont votre truc, si je ne me trompe.

Je l'ai fixé. D'accord, je ne m'attendais absolument pas à être traité comme une lycéenne. Manquait plus que les heures de colles. Mais après tout, c'était un peu pareil non ?

-Si je comprends bien, vous avez l'intention de me traiter comme la boniche de service tout le reste de la saison.

-Presque. Si ce n'est qu'une boniche est payer. Le bon mot serait esclave.

Il a souri. Du genre un de ces sourire carnassier qui vous cherche sans hésitation. J'allais probablement le trucider. D'un moment à l'autre. J'ai serré plus fort le poing. Pitié qu'on me donne la force de rester calme… J'ai détourné la tête. Je me suis décidée à enfiler mes chaussures en silence pour ne pas dire un mot que je regretterais. Je savais qu'il trouverait un truc à me mettre sur les bras. Juste par vengeance.

Une heure plus tard, je courrais toujours pendant que les filles rangeaient leurs affaires. Elles avaient fait leur part du job. Moi, je ne faisais que comptabiliser ma rancœur. Je savais que tout pesait de plus en plus. J'ai bien compris que je serais celle qui prendrait tout.

-Coach Cullen, vous êtes un peu dur là, non ?

Rosalie qui s'était appliquée à ne plus le contredire, osa prendre ma défense mais je savais que ça ne servirait plus à rien.

-Mademoiselle Hale, si le sort de votre chère capitaine vous inquiète tellement, je vous propose de la rejoindre. Après tout, je suis peut-être trop laxiste. 15 minutes d'endurance, c'est trop peu. Ça mérite plus mûre réflexion.

J'ai soulevé un sourcil. Evidement. La prochaine étape était de nous entrainer au marathon. J'avais oublié. Rosalie a rougi. Elle n'avait pas trop envie de poursuivre un entrainement qui la rendait un peu malade parfois.

-C'est bon, Rose. Je vais survivre. Au pire, je serai juste bonne pour le cimetière. Allez à la douche. On se voit demain.

-D'accord, mais si jamais, tu envoies un S.O.S et je débarque sur le champ.

J'ai souri. Elle était adorable. Les filles m'ont toutes fait un signe de dépit et sont parties à la douche alors que je courrais autour de ce maudit terrain de volley. Je commençais à envisager ma reconversion dans l'équipe d'athlétisme de l'université. Maintenant que mes entrainements étaient plus similaires aux leurs. Ce cher Coach/King/Cullen, prenait tout un tas de notes. J'étais bien trop curieuse et ennuyé que pour garder éternellement le silence dans cette salle hermétique. Bien Dieu, c'était tellement long ainsi.

-Alors, vous élaborez votre prochaine stratégie pour nous tuer ? Ou bien, vous rédigez un manuel sur comment rendre la vie impossible à une pauvre étudiante sans défense ?

Il n'a pas décollé un regard de ses notes.

-Je crois que tu es loin d'être sans défense.

-Tiens, on se tutoie maintenant ?

Il a tourné la tête, enfin. J'ai eu droit à un regard plein d'ironie. Je le détestais décidément.

-Je crois que tu es trop perspicace. Cesse d'avoir réponse à tout.

Je crois que j'avais encore une fois eu droit à une réplique cinglante digne d'une claque. Je me suis engouffrée dans une silence de plomb, bridée par mon rythme.

-Et puis, je ne souhaite pas vous tuer. Je crois avoir été claire le premier jour. Vous manquez de condition physique. C'est sans appel. Je dois rattraper ça avant que la saison ne débute vraiment.

-Quitte à perdre le match de la semaine prochaine ?

-Détrompes toi. Je suis occupé de mettre au point le six de base pour votre prochain match contre UCLA. Autant dire que la tâche est difficile. Et puis, sache que j'ai l'intention de le gagner ce match.

Je me suis tu. J'étais partagée entre lui rire au nez ou croire à sa sincérité. Je fus stoppée par le bip sonore.

-C'est bon pour aujourd'hui. Ta pénitence est terminée. Tu ranges le matériel comme convenue et après tu es libre d'enfiler ton pyjama rose.

Je me suis arrêtée et je l'ai dévisagé.

-Pardon ?

Il a souri comme le fond les enfants qui savent tout et qui aiment tellement vous torturer.

-Je suppose que c'est la raison pour laquelle j'ai eu droit à une démonstration d'humeur ?

Je n'ai rien répondu. J'étais trop effarée que pour oser lui répondre quoique ce soit.

-Bref, je vais t'aider à ranger. Dis-toi que c'est cadeau.

Il a posé son carnet et s'est mis à ramasser les cônes éparpiller tandis que je rangeais les haltères. Comment pouvait-on être plus malaise que ça ? J'aurais tout donner pour m'enfuir sous terre à cet instant. Quand, l'armoire fut fermée, je m'appliquais à me rhabiller le plus vite possible afin de décamper sans demander mon reste. Je le saluais vaguement mais il m'arrêta dans mon élan. J'y étais presque… La porte était à deux mètres.

-S'il te plait, ne pense pas que je compte vous écraser. Je veux simplement vous permettre d'exploiter tout votre talent.

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Et voilà que je rempile. Je ne dois plus vous rappelez que vos avis me font toujours plaisir à lire.
J'espère en tout cas, que j'aurai répondu à vos attentes. Bref, je vous dis à très vite !