Chapitre Quatre { Action, réaction.

C'était sans doute ce que nous avions attendue en tout début. D'abord, il y avait des balles qui nous passait devant le nez sans qu'on ne puisse faire quoi que ce soit. Deux sets à se lamenter sur notre situation. A nous regarder avec dépits. On attendait plus encore de moi. J'ai tenté de contenir ma colère. J'avais juste envie de dire au coach combien c'était stupide d'avoir tout changer. J'étais mauvaise. Trop mauvaise pour oser blâmer les autres. Il ne faisait pas de changement. Se contentant d'observer dans ce maudit silence imperturbable. Je rageais. J'ai profité d'un moment pour le lui dire depuis le bord du terrain.

-Bon sang, changez-moi. Je ne suis pas bonne.

Il a secoué la tête.

-Concentres-toi au lieu de te préoccuper de ça.

Ça n'avait aucun sens. Je me demandais juste s'il avait compris que se lancer là-dedans c'était stupide, stupide, stupide. J'allais sans doute péter une durite d'un moment à l'autre. Quand le sifflet retenti pour un temps mort, je pris les devants sur ce très cher King/coach Cullen.

-Bon Dieu, qu'est-ce que vous attendez pour faire des changements ? Vous voyez bien qu'on va perdre.

-Calmes toi, Swan. Je pense que c'est à vous de vous ressaisir. Les filles sur le banc se compte sur les doigts d'une main. Regarde bien.

-C'est normal, vous avez tout changer dans les postes.

-Quand auras-tu confiance en moi ?

-Quand vous admettrez que vous êtes là uniquement pour que le doyen vous donne ce poste dont vous rêvez.

Il me regarda droit dans les yeux. Bizarrement, il n'avait pas l'air surpris.

-C'est exact mais, je pensais que vous étiez motivées à me voir déguerpir ?

Je fronçais les sourcils.

-C'est vrai, je veux ce poste. Mais je veux aussi que vous gagnez ce maudit championnat. C'est donnant donnant, non ? Je vous aide à gagner et vous m'aidez à avoir l'équipe masculine. Dans tous les cas, vous ne m'aurez plus sur le dos.

Il ferma les yeux en soupirant. Puis, il passa une main dans ses cheveux.

-Isabella, tu es le capitaine de cette équipe et passeuse maintenant. C'est pratiquement le poste le plus important de ce noyau. C'est toi qui conduit la machine. Je voudrais que tu joues le jeu mieux que ça. Tes copines, elles ont surtout besoin de soutiens. Pas de regards monstrueux. Alors un peu de nerfs. Ces filles ne sont imbattables. Elles sont simplement plus… solides.

Un silence pensif accueillit la réplique.

-Maintenant, à vous de jouer. Vous savez jouer. Rappelez-vous juste des exercices.

Le coup sifflet retentit de nouveau. Fin du temps mort. Il ferma son calepin et s'assit sur son trône. Après un instant de réflexion à repenser aux exercices que j'avais critiqué avec beaucoup d'énergie, je dû admettre l'évidence. Je me trompais sur toute la ligne, comme toujours. J'inspirais un bon coup. C'était donc le moment de motiver les troupes. On retourna sur le terrain.

-Bon les gars, il n'a peut-être pas tellement tort. On va tenter la combinaison 10-B.

Les filles semblaient se rappeler. Le service défendu, j'envoyais la balle sur un shoot croisé entre la centrale et la quatre qui avait totalement déserté sa place pour venir devant moi. Nora envoya la balle s'écraser sur le coin droit du terrain, rendant le bloc offensif complétement inégale. Je regardais la balle rouler sur le sol. Je n'y croyais pas. Un regard vers Nora qui était aussi paumée. Puis Alice se mit à crier en sautillant avec Rosalie qui l'avait imité avec les autres. On la serra ensemble amusé par l'évidence qu'on était vraiment stupide. A partir de là, on pouvait dire que si notre cas à toutes semblaient désespéré, c'était du passé. Finalement, c'était le déclic. La fin du set, on retrouva le King sur son trône. Il nous observait en silence avec ce maudit sourire en coin. Bon sang, oui, on avait tort.

-C'est bon, vous aviez raison.

Il sembla mettre un temps infime avant de réagir. Passant juste de longue seconde à nous observer. J'étais mal à l'aise parce que je savais qui était en cause depuis le départ. Et j'étais presque sûre qu'il savait à quoi je pensais. Il finit par se lever enfin.

-Je crois que vous avez besoin de vous rendre compte que la seule chose qui puisse vous retenir de réussir, c'est vous-même.

J'avais envie de dire que ses paroles étaient dignes d'un nanar sans intérêt mais je me suis tût. Je n'étais clairement pas en position d'oser prétendre quoique ce soit. Alors, j'ai fait ce que j'aurai sans doute dû faire depuis longtemps. Me taire.

Il était clair que nous venions de passer le premier tour. Ce match s'était terminé comme on aurait dû le commencer. Il nous fallait juste du temps pour réagir. Au retour de Los Angeles, nous avions juste l'impression d'avoir accompli quelque chose de nouveau. Depuis si longtemps nous avions cherché ce résultat. Aujourd'hui, c'était le début. Tout ça grâce au King. Je savais que je cherchais toujours à me confronter à lui. Pourquoi, j'étais incapable de le dire. Je n'avais pas encore pris de décision par rapport à lui. Je patientais. Savoir comment agir, savoir comment me placer par rapport à lui. Tout ça rendait la tâche difficile. Il avait fait en sorte de nous sortir de notre merde. Même si d'une certaine manière il était motivé par son poste. Ça, ça faisait un peu mal. Peut-être que je commençais à m'attacher à lui après tout. Mon Dieu, cette hypothèse me rendait un peu nauséeuse. C'était toujours pareil à la fin. Dans le bus qui nous ramenait de l'aéroport au campus, je crois n'avoir jamais autant ramer. Rosalie était ma voisine et elle m'a longuement dévisagé.

-Quoi ?

Elle a fait une grimace avant de se résigner à je-ne-sais-quoi.

-T'es bizarre.

-C'est rien.

-Tu es occupée de te dire que tu l'aime bien en définitive.

Silence. Réaction trop précipitée.

-Non.

-Vue ta tronche, oui.

Je me suis enfoncée dans mon siège.

-Isabella, c'est quoi ton problème avec les nouveaux ? Si je me souviens bien tu m'as fait le coup alors qu'au final, on s'entend très bien.

J'ai détourné la tête vers le paysage. J'étais trop coincée pour m'enfuir.

-Je ne sais pas pourquoi je fais tout le temps ça.

Elle est restée en silence un moment.

-Je crois que tu sais pourquoi tu es ainsi. Tu ne veux juste pas l'admettre.

J'ai glissé un regard humide vers elle. Ma gorge se sera aussitôt. Pourquoi fallait-il revenir à ça ? Rosalie m'a prise la main. Je crois qu'elle faisait partie de ce groupe de personne capable de tout entendre et de tout comprendre. Même si mes raisons n'étaient pas si horribles que ça. C'était encore une fois une histoire de famille. Qui ne sortait pas de l'ordinaire.

-J'ai juste du mal avec les gens qui arrive dans ma vie. J'ai toujours peur qu'elles disparaissent sans un mot.

-Ton père ?

J'ai hoché la tête.

-Il buvait beaucoup tout simplement. Et un jour, il est parti sans un mot.

Il a frotté affectueusement mon épaule.

-Pour notre cher King, je suis au moins certaine qu'il va nous quitter dans tous les cas. C'est un peu rassurant. Je n'aurai pas à me faire de faux semblant.

-Moi, à ta place je ne serai pas si sûre qu'il nous lâche en fin de compte.

-Pourquoi tu dis ça ?

-Hum. Un pressentiment.

Elle avait dit tout ça en regardant le coach assis dans la ranger d'en face au premier rang. Il tourna les yeux vers moi. Je n'osais pas bouger comme prise en flagrant délit. Je me sentais toute moite tout à coup. Je détournais les yeux intimidés par ce jeu sans but si ce n'est me gêner. Rosalie se pencha à mon oreille.

-Tu sais, même si c'est notre coach, moi je trouve qu'il est très sexy.

J'ai tourné la tête surprise.

-Rosalie.

-Isabella.

Elle se mit à rire. Je souris un peu sous le coup de l'indulgence.

-Oh allez, ne me dit que tu ne t'es fait cette réflexion toute seule ? J'ai même l'impression que ce type ne te laisse pas indifférente.

-Mais non. Arrête de te faire des films.

-Tu sais je ne suis pas idiote. Les regards ne trompent pas.

-On ne va quand même pas aborder ce genre de sujet toutes les deux ? Tu ne penses pas que s'est trop déplacé de parler de lui comme ça ? C'est notre entraineur. Tu te vois sortir avec, toi ?

-Sortir, non. Mais coucher avec, pourquoi pas ?

Elle me sourit puis se mit à rigoler plus fort.

-Tu devrais voir ta tête, Isabella. Tu me fais trop rire. Je plaisantais, rassures-toi !

J'ai fait mine de rire mais je savais que cette drôle de conversation venait de changer ma vision des choses.

Je remercie toujours autant ces gentilles personnes qui me laissent à chaque fois un petit commentaire :) Comment vous dire combien ça me touche ?
En tout cas, Merci merci merci ! J'espère que je réponds à vos attentes et je vous à très vite ! Bises !