Chapitre Cinq { Il n'y a point de folie ou juste un peu.
Il fallait dire que le campus avait totalement changer de vue sur nous. Ils nous félicitaient et pour la première fois depuis que j'étais arrivée à Stanford, j'étais presque contente quand on nous disait que c'était hyper cool d'avoir gagnée. Bon, après ma tête était pratiquement à l'envers depuis le retour. Je ne comprenais pas pourquoi Rosalie avait été aussi bête. Ça m'avait perturbée au départ, puis, j'avais pris la décision de ne plus rien y faire. Je ne pensais pas que c'était normal d'envisager son entraineur comme une partie de baise ultra tentante. Mais, ça m'avait permis de remarquer le regard des filles qui fondait par moment sur lui. Mon Dieu, j'avais eu l'impression de me retrouver au zoo. Mais bon, ce n'était pas constant. Elles avaient juste des réactions surdimensionnées par moment. Après, tout redevenait aussi normal que possible. J'aurai du faire quelque chose mais, j'étais trop loin de tout cela pour le faire. Je me perdais dans tout ce qu'il y avait à faire ou à penser. Je devais gérer mes cours, mes entrainements, mes pensées désinvoltes pour ce type. Tout ça me stressait et c'est après un entrainement que la solution tomba.
-J'ai besoin de sortir.
Les filles qui jacassaient se sont tus et m'ont regardé sans ciller. Puis, elles ont ris. J'ai froncé les sourcils et Rosalie est arrivée à mon secours.
-Je t'emmène quand tu veux.
J'ai hoché la tête.
-Demain soir.
Elle semblait contente. Quand on fut prête toutes les deux, on sortit du vestiaire. Dans le couloir, ça motivation remonta de plusieurs degrés.
-Tu veux oublier tu-sais-qui ?
-Oh, s'il te plait. Comment faut-il que je te le dise ? Le coach Cullen ne m'intéresse pas !
J'avais un peu trop élevé la voix et je pensais avoir droit à Rosalie qui se moque de moi mais elle se contenta de regarder derrière moi. Son visage était tendu. Je me retournais. Vraiment ? Il fallait qu'il soit là à ce moment-là ? Bon sang, j'étais supposée maudire le hasard ou juste rire pour la mauvaise blague ? Je fronçais les sourcils. Il semblait aussi impassible que d'habitude. Malaise en pleine vue.
-Bref, je suis heureux de l'apprendre.
Je ne savais pas quoi dire qui puisse être mal pris.
-Et moi, heureuse que vous le sachiez.
Je pris le poignet de Rosalie.
-Bonne soirée, coach.
-A toi aussi, Swan.
J'emmenais de force Rosalie. Une fois dehors, elle sembla retrouver sa voix.
-Au mon Dieu. J'y crois pas, c'était tellement gênant.
Je lui lançais un regard noir.
-Parle pour toi. Ce n'est surement pas toi qui t'es retrouvée dans cette situation. Si tu ne m'avais pas encore poussé à bout.
Elle sourit amusée.
-Oh Isabella, arrêtes de jouer à ce jeu. Je veux juste que tu réagisses et ici, on est en bonne voie.
-Je rêve, tu essaies de me caser avec lui ?
-Bien sûr. Je trouve que vous allez bien…
-Pitié ! Tu délire. C'est NOTRE entraineur. C'est contraire au règlement.
-Depuis quand on suit le règlement.
-Depuis qu'il est susceptible de perdre son emploi.
Elle me fixa amusée.
-Quoi ?
-ça veut dire que tu y as déjà songé ?
-Quoi ? Mais non, enfin.
Je commençais clairement à perdre patience. Une fois encore, elle m'a regardé avec cette condescendance qui me rendait folle.
-Bon ok, je te laisse tranquille.
J'étais sûre que non, mais j'avais trop envie de rentrer pour la sermonner. Je m'étais trainée dans mon lit avec le dernier regain d'énergie dont j'étais capable. Mais au lieu de dormir, je fis un point sur tout. Comment on vivait l'arrivée d'Edward Cullen à la tête de l'équipe et comment on voyait notre popularité croitre. Au départ, nous étions une honte. Autant dire que quand on disait faire du volley à l'université, tout le monde se mettait à rire sur notre passage. Je crois qu'on était juste des amateurs et à bien y réfléchir, il avait eu raison. Mais, on ne voulait tellement pas l'entendre que nous avions tout fait pour rejeter cette pseudo hypothèse. Je crois que ce type allait changer notre vie, en bien.
Le lendemain, j'ai littéralement passé la journée sans encombre. Avec un entrainement à midi pour changer et un entraineur particulièrement taciturne. Il avait l'air de mauvais poil mais le faire remarquer, revenait à déclarer la troisième guerre mondiale. Et puis, comme on commençait toutes à enfin l'accepter autant que possible, je ne voyais pas en quoi ça nous aurait fait du bien de le chercher. Oui, c'était loin ce premier entrainement avec lui. C'était loin l'envie de le foutre dehors plus vite qu'il n'y était entré.
-Il est bizarre, non ?
Alice semblait croire qu'il n'était pas comme d'habitude mais quand on voyait l'énergie qu'il déployait à nous donner exercice sur exercice, il n'y avait pas de quoi voir un changement particulier. Bien sûr, j'avais songer à ce drôle de face à face gênant et forcement, j'avais cru que c'était moi la fautive mais il fallait juste voir un type qui voulait se défouler. Rien de plus. Mais bon, je crois que ça ne servait strictement à rien de tergiverser la dessus.
-Tu te fais des idées.
-Non, il n'arrête pas de soupirer et de râler quand on fait un truc.
-Mais non, il est comme d'habitude.
Alice ne chercha pas à poursuivre une discussion que j'évitais soigneusement. Je n'allais pas admettre l'évènement gênant de la veille. A ce moment-là, il tourna le regard vers moi. Il n'avait pas l'air spécialement intimidant.
-Swan, tu me feras plaisir de te concentrer un peu. Je crois qu'une prolongation ne te ferais pas de tort.
Peut-être bien que oui, en fait. Peut-être bien que j'étais coupable d'avoir dit ce qu'il ne fallait pas en fin de compte. Alors je me suis contenté de faire ce qu'il disait parce que le vexé plus, c'était signe d'une fin funeste et je n'étais pas encore prête à m'engager sur une telle voie. Je savais que j'étais bien plus perturbée que je ne voulais l'admettre. Seulement, je n'étais pas prête à autant d'honnêteté. Juste que j'étais prête à ne rien dépasser. Si ce n'est la petite voix intérieure qui criait.
