Chapitre Neuf { Les conséquences du mensonge.

-On fait quoi maintenant ?

Je crois que pour le coup, lui comme moi, on était juste à des années lumières de trouver une solution logique à cette situation. Je me suis penchée sur lui. Il était trop confortable. Et étonnement, la gêne n'était plus vraiment un rempart.

-On fait comme si de rien n'était.

-Tu veux dire ce qu'on fait déjà ?

J'opinais en regardant le plafond. Cependant, j'avais toujours la boule au ventre. Si on savait ce qu'il se passait, il était certain que ce serait proche de la catastrophe. J'avais peur que ça se sache. J'avais même la trouille qu'on le découvre. Mais ça, je le cachais à Edward. Je ne voulais pas qu'il s'inquiète. J'ai senti sa main caresser mon front puis mes cheveux. J'adorais ses caresses. C'était toujours intense. Et plus le temps passait, plus je savais que ce qui se passait au creux de mon estomac n'était pas un hasard. Rien que cette idée me donnait la nausée. Pourtant, un mois avait passé. Un mois où je guettais le moindre regard. Où je pouvais trembler rien qu'en sentant son souffle glisser sur mon visage. J'étais folle et tout ça ne présageait rien qui vaille. Le plus difficile était de le cacher aux filles. Principalement Alice qui adorait fouiner. Plus encore depuis que j'avais embrassé un parfait inconnu. Si seulement, elle avait idée de la vérité. Je lui avais fait croire que je ne me rappelais plus de qui il s'agissait et que j'avais trop bu. Ce qui semblait lui avoir suffi sur le coup. Quelques jours après, j'avais passé la nuit chez Edward. Je ne parvenais pas à résister. J'étais comme enveloppée par une espèce d'appétit insatiable. Et même une nuit entière ne me suffisait plus. Il m'arrivait de devoir me forcer à le quitter au matin. J'avais pendant un temps cru que j'étais tranquille avec Alice mais c'était sans compté sur son envie malsaine de toujours de se mêler de ce qui ne la regardait pas. Un jour, à l'entrainement, Alice m'avait coincée dans le vestiaire avec cette tête déterminée. J'avais automatiquement compris qu'elle allait recommencer son inspection.

-Tu n'étais pas dans ta chambre hier soir ?

J'ai fixé mon casier à la recherche d'un mensonge. Mais quand je l'ai regardé, Alice avait cette mine qui devine beaucoup de chose.

-Tu es passé chez moi ?

-Oui, je voulais t'emprunter des notes, mais ta coloc' m'a dit que tu étais passée en coup de vent et que tu découchais.

-Humm. Oui, en effet.

Silence. Je m'appliquais à enfiler mon jeans.

-Alors ?

Concentration, Isabella. Ce n'était pas le moment de se faire cramer par le diable. Devant l'équipe au complet ça aurait été pire que tout. Principalement parce que je pouvais sentir que toutes les filles étaient intéressées par cette discussion. J'étais de plus en plus nerveuse, voir nauséeuse.

-Je te demande pardon ?

-Bah, tu étais où ?

-Quoi ? Maintenant, tu te prends pour ma mère ?

Elle m'a dévisagé, peut-être parce qu'elle n'était absolument pas prête à être refouler par moi. Malgré tout, je suis restée silencieuse. Quoi dire dans ce genre de moment ? Elle a fini par ouvrir la bouche.

-Attends une seconde… Non ! Un mec ? Je n'y crois pas. C'est qui ?

J'ai avalé ma salive. Je stressais peut-être trop. Bon Dieu, j'étais mauvaise dans le domaine du mensonge. J'en étais malade. Alors, soit je niais tout en bloc, soit je mentais à moitié.

-Je… Tu ne le connais pas.

-Mais enfin, craches le morceau.

-Ecoutes, il n'y a personne digne d'intérêt alors arrêtes de te faire des films, Alice.

Elle m'a fixé très sérieusement. C'est à ce moment-là que j'ai vraiment compris que si Alice savait maintenant la vérité, elle m'en voudrait beaucoup. Plus que les autres. Elle a fini par lâcher l'affaire bien à regret et je me suis dépêchée de déguerpir. Depuis ce moment, j'avais beaucoup de remords. J'y repensais trop souvent. Quand j'avais entrainement, c'était encore plus dure de rester concentrer. Au bout d'un moment, ce n'était plus parce qu'il me donnait des pulsions quand je le voyais. Non, ce qui me déconcentrais était que je mentais à tout le monde. Rosalie ne posait pas trop de problème. Elle était à des années lumières de nous tous. Avec son tatoué, elle était complétement dingue. Et je ne pouvais pas lui en vouloir. A quoi bon ?

-Bon, le week-end prochain, nous allons jouer contre Hawaii. Grosse équipe, offensive, maligne. Je crois que nous n'aurons d'autres choix que de ruser.

Edward avait organisé une séance de visionnage dans les vestiaires. On devait apprendre toutes les habitudes que ce soit au bloc ou à l'attaque. Mais ce qui nous intéressait était leur service.

-On ne va pas se faire de fausses idées. Nous sommes mauvaises en réception. Nous ne sommes actuellement pas de taille pour combattre une fille comme Jane Nakamura.

Les filles ne semblaient pas d'accord. Edward dû leur lancer un regard sec pour qu'elles se taisent. En fait, on savait combien il avait raison. Leur capitaine était une peste. On avait déjà eu à faire à cette dévergondé deux saisons d'affiler. Son petit jeu préféré était de nous déstabiliser et habituellement, on était suffisamment stupide pour nous faire avoir. Mais qu'y pouvions nous ? Alors, le but était de ne pas y songer et de se concentrer sur ce match qui pourrait nous qualifier pour la suite du championnat. Le problème quand on était sur un terrain de volley alors qu'il s'agissait d'un match très stressant, on perdait beaucoup d'énergie à éviter les coups bas répétitifs des adversaires. A commencer par les pauvres idiotes du genre de Jane McCallum. Elle n'était pas la seule à aimer jouer à ce genre de jeu. Mais le pire était de perdre son énergie à cacher ses pires secrets. C'était devenu insupportable. J'avais beau y réfléchir constamment, je savais que je devais prendre une décision. Ce n'était plus possible. Vraiment. Alors, ce soir-là, je suis rentrée dans ma chambre toute seule et j'ai fixé le plafond de ma chambre éternellement. Aah ! Je détestais cette situation. C'était encore moi qui m'y était fichue toute seule. C'était le genre situation qui vous donnait envie de vous arracher les cheveux. La rage de ne plus rien gérer. C'était la pire chose qui pouvait se passer en fin de compte. Je détestais perdre le contrôle. Je devais avoir la main mise sur mes actions. Il ne pouvait pas en être autrement. Alors, soit je coupais court à cette relation, soit je le disais à tout le monde. Mais le dire à tout le monde ? Ça impliquait de faire face à toutes sortes de conséquences. A commencer par la haine. Par la douleur d'apprendre un tel mensonge. Seulement le pire serait assurément la traitrise. Coucher avec le coach ? C'était un peu comme tricher. On ne pouvait admettre ça de la capitaine, non ? Oh, bon sang, si je pouvais décider. Si je pouvais enfin y voir plus claire. Mais arrêter ? Pourquoi ça me semblait si difficile ? Je devais admettre que c'était la meilleure chose à faire ? Je passais au final tout mon temps à décider ce qu'il en serait de ce merdier au lieu d'étudier ou de me concentrer sur ce match. Tout ce que je voulais… Je ne savais pas. Je voulais tout. Je voulais mon équipe, mes notes. Edward aussi, je crois. Je n'aurai jamais dû. J'aurai dû stopper tout quand il était encore temps. Mais j'ai tout envoyé bouler. Je voulais cesser d'être Isabella pour une fois. Je voulais être légère. Je voulais m'amuser. Je voulais céder. Seulement, aujourd'hui, trop de problème s'imposait à moi et ce n'était pas viable pour moi. Alors, j'avais pris ma décision. Il était temps d'arrêter avant de tout bousiller pour de bon. On couchait ensemble, rien de plus. Il n'y avait pas de relation, n'est-ce pas ? Je ne rompais, je stoppais tout. Ce n'était pas la même chose après tout. N'est-ce pas ? Alors pourquoi, j'avais soudain la nausée ? Je me suis assise sur mon lit et j'ai pris ma tête entre mes mains. Je voulais me vider la tête mais tout ce que j'en ai tiré était des larmes amères. On a alors toqué à ma porte et j'ai tourné la tête vers la porte.

-Isabella ?

J'ai entendu sa voie et tout ce qui m'est venu à l'esprit était de me concentrer un tant soit peu. J'ai ouvert la porte et il se tenait droit à me regarder sans un mot. Je devais résister, je devais cesser d'être méprisante. Mais, j'ai attrapé sa main en l'attirant dans ma chambre. Tout ce que je pouvais faire maintenant était de me conduire comme je savais si bien le faire. Comme quelqu'un qui ne pouvait plus réfléchir avec sa tête mais avec son cœur. Alors, je l'ai embrassé sans retenue.

-Ta coloc' ?

Il s'était légèrement décalé.

-Chez son mec à New-York, toute la semaine…

Je n'ai pas attendu pour m'enfoncer plus loin. Je ne pouvais pas m'empêcher de l'embrasser. Il y avait quelque chose qui m'habitait, quelque chose d'animal qui devenait peu à peu incontrôlable à chaque fois que je touchais Edward. C'était une autre version de moi-même. Une version qui me donnait l'impression d'être moi, toute entière. Sans contrefaçon, ni mensonge.

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Salut mes chatons, me revoilà avec un neuvième chapitre. Comme ça passe vite. Ohlala !

Je suis décidée à poster plus vite. Miracleee. Bref, j'espère que vous prenez toujours autant de plaisir à suivre Because of you. En attendant, je vous dis à très vite !

PS: Je vous remercie pour vos message, ça me fait tellement plaisir !