Chapitre Dix { Tu n'es point assez forte.

Je crois que j'avais sous-estimé toute la situation. J'avais peut-être crue que c'était juste une histoire sans but précis. Une histoire de fesse que j'oublierai rapidement. Mais comment admettre que c'était tout le contraire ? Je ne pouvais pas le faire. Je ne pouvais pas lui dire que je voulais arrêter. Parce qu'il avait fait autrement. Comme s'il avait deviné, il m'a dit quelque chose que j'aurai préféré oublier. Je crois que c'était là, le début du malaise en fin de compte. J'avais décidé d'attendre le match contre Hawaii. Par précaution dans un premier temps puis par crainte. Quand il m'arrivait de le regarder pendant les entrainements, je flippais. Je savais que tout était trop compliqué et je ne pouvais pas me plaindre, tout était de ma faute. Alice me répétait sans cesse que j'étais bizarre mais je tournais en ridicule chaque phrase.

-T'es agressive, Isabella. Tu devrais te calmer.

Je l'avais regardé avec tellement de condescendance qu'elle est parti fâchée. Rosalie qui était le pauvre témoin de cette scène malaisante m'a regardé en silence. Elle ne pigeait rien, évidemment. Elle était absente depuis longtemps. Et pourtant, j'aurai aimé qu'elle soit là.

-Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi tu es aussi vache avec Alice ?

J'ai haussé les épaules l'air de ne pas comprendre de quoi elle parlait. Je savais que si je parlais maintenant avec Rosalie, j'allais me confesser et je ne voulais pas. C'était une trop mauvaise idée. Pourtant, elle s'est adossée au muret devant le gymnase et elle a croisée les bras. Elle allait savoir. C'était certain.

-Je ne te dirai rien, Rosalie.

-Si, tu vas parler, Isabella.

Je l'ai défié du regard. On aurait dit que je revenais à nos débuts quand je ne pouvais pas la supporter et qu'elle, elle me repoussait toujours plus loin dans mes retranchements. Oh non, il n'y avait absolument rien de facile entre nous.

-Si je te le dis, tu vas m'en vouloir. Vous allez toutes m'en vouloir.

-C'est aussi grave que ça ?

J'ai baissé les yeux sur les dalles. Mon Dieu, elle n'imaginait pas. Seulement, elle semblait vraiment savoir alors elle m'a regardé.

-J'ai fait quelque chose de terrible et je ne sais pas si toi comme l'équipe allez me pardonner.

-Quoique tu ais fait, je ne pense pas que ce soit impardonnable.

-Je ne suis pas aussi sûre que toi, Rose.

-C'est bon, dis-le-moi avant que tu te défiles. Vas-y, je peux tout entendre.

J'ai tourné la tête en tous sens. Je ne savais pas ce que je cherchais vraiment. Du courage peut-être ?

-Tu te rappelles de la soirée au bar ?

Elle a opiné.

-Le gars que j'ai embrassé…

-Oui, Alice n'arrêtait pas de t'embêter…

-C'était Edward Cullen.

Il y a eu un blanc entre nous. Un silence où elle me regardait fixement sans comprendre.

-Edward Cullen… Notre coach ?

Je n'ai pas réagi parce que je me rendais compte de l'énormité de la chose. Elle a secoué la tête comme une désespéré.

-Non, tu n'as pas fait ça. Isabella ? Merde, merde.

-Je ne sais pas ce qui m'a pris. J'avais un peu bu et puis, lui…

-Tu as craqué, ok. Mais, si ce n'était qu'une fois après tout, je crois qu'il n'y a pas besoin d'en faire une histoire.

-Non, Rose. Ça a continué depuis.

-Quand ?

-Dimanche.

-Tu te fous de moi, c'est ça ?

-Je voudrais mais non.

-C'est pour ça que je ne te voyais plus, tu t'envoyais le coach. Bravo !

Elle n'avait pas l'air contente du tout. Mais ça dernière pique m'avait semblé hors norme. J'ai serré la mâchoire. Peut-être qu'après tout, je souhaitais plus que tout sa compassion. C'était mon amie après tout.

-Pardon ? Si on ne se voyait plus, c'est parce que tu passes tout ton temps avec ce type que t'as rencontré.

-Je rêve ou tu essaies de me faire porter le chapeau ?

Je fermais les yeux. Comme je me sentais lasse et fatiguée.

-Non. Je mélange tout. Je ne contrôle plus rien. Je veux arrêter avec lui et je sais que ça va le blesser. L'autre jour, il m'a dit qu'il commençait à s'attacher à moi. Sauf que c'est une histoire de fesse. Bordel.

Rosalie m'a dévisagé empreinte à trop de gentillesse. Je ne méritais pas qu'elle m'offre sa compassion. Elle semblait s'adoucir quand pour ma part, je ne faisais que m'enfoncer plus bas. Elle a décroisé les bras et a marché vers moi. J'ai voulu reculer mais elle s'est collée à moi pour me serrer. Je me suis laissée faire parce que j'en avais vraiment besoin. Même si coucher avec l'entraineur signifiait beaucoup à la fois, je ne pouvais pas dire que c'était facile de se taire et de ne surtout rien dire à elle ou à Alice. J'avais dépassé les limites et je ne comprenais pas pourquoi j'avais cédé. J'aurai pu aussi bien pleurer mais ce n'était pas ça que j'avais réellement besoin. Ce qui devenait important était de retrouver la confiance de mon amie qui même s'il était gentil et fidèle, j'avais fait une chose horrible. On s'est retrouver au Thumbs entre une chope et une assiette de salade que je touchais à peine. J'avais trop la nausée pour manger.

-Tu sais, je crois que tu as un sérieux problème avec la confiance et le contrôle. J'ai l'impression que si tu as autant dérapé, c'est que tu exagère tellement que quand tu lâches prise, c'est déconné.

Je hochais la tête.

-Je sais, oui.

-Mais le coach, tu l'aimes vraiment bien, je me trompe ?

-Oui, quand même. Mais, il y a que je ne peux pas faire ça. Si Alice ou les autres sont au courant, je suis pratiquement sûre que je vais tout perdre.

-Alors, dis-le.

-Tu n'as pas entendu ce que je viens de dire ? Je vais tout perdre si je le dis. Et Edward, lui n'en parlons même pas. Il sera foutu dehors de l'université.

Elle me regarda fixement parce que je savais que le premier réflexe de Rosalie quand la situation la dépassait était de jouer sur l'humour. Mais ici, elle ne pouvait pas parce qu'il n'y avait pas moyen de rendre la situation drôle. Absolument pas.

-Calmes toi. On va essayer de mettre un peu d'ordre dans ce drôle de bazar. Premièrement, ça fait déjà quelque semaine que vous avez cette relation spéciale. Ok. Ensuite, la question est, quels sont tes sentiments vis-à-vis de lui ?

Je l'ai regardé toute patraque. Mes sentiments ? Je n'y avais jamais réfléchi.

-Je ne sais pas.

-Comment ça tu ne sais pas ? Isabella, tu l'aimes ou pas ?

J'ai grimacé en haussant les épaules. C'était plus dure de répondre à çaque les foutues questions de mon examen de finance de l'an dernier.

-Ce n'est pas si dur. Est-ce que tu as des papillons dans le ventre en le voyant ? Ton cœur s'embrouille ? Tu penses à lui au moins un milliard de fois par jour à lui ?

-Mais enfin, ça n'a pas d'importance puisque je te dis qu'on ne fait que coucher ensemble.

-Ah oui, si c'était vraiment le cas, tu n'aurais aucune difficulté à rompre avec lui.

Elle m'avait complétement bouclé le clapet. J'étais muette et pourtant, je savais. Elle avait totalement raison. Mais peu importe les sensations que j'avais quand nous étions tous les deux, je ne pouvais pas continuer ainsi. Alors, j'allais rompre. Oui, le mot rompre n'était plus une putain d'anagramme ou d'interrogation. J'allais arrêter tout. Je me suis retrouvée devant sa porte à minuit. J'avais quitté Rosalie sur le campus sans avoir prémédité ma venue. J'ai toqué à sa porte avec cette nausée. Il a fini par m'ouvrir complètement réveiller. Je pouvais deviner qu'il n'avait pas encore été dormir. Oh, comme j'avais la trouille d'être honnête. Au départ, il souriait franchement. Il m'a même pris la main pour me faire entrer et m'a embrassé sur le champ. J'ai partagé ça avec peut-être plus de maladresse que d'habitude. Il l'a parfaitement compris. Le malaise était bien là.

-Quelque chose ne va pas ?

Il avait ce regard mielleux que je trouvais adorable. Est-ce que je pouvais vraiment faire ça ? Est-ce que j'avais le droit de lui faire ça ? Je me sentais paumée comme jamais encore je ne l'avais été. Pourquoi rien n'était simple ?

-Je suis désolée.

J'avais les larmes aux yeux. Je ne pouvais pas lui faire ça. Ou bien oui. Je ne pouvais pas être avec lui. Je ne pouvais pas briser tous les efforts de cette équipe. Je ne pouvais pas le quitter. Je ne pouvais pas briser cette équipe. Je ne pouvais pas être avec lui… Il était tellement loin d'imaginer ce que je voulais faire. Il était perdu et attendait les réponses à toutes les questions silencieuses qui volaient dans son regard triste.

-Pourquoi tu es désolée ?

-Je suis désolée, Edward. Je…Nous ne pouvons pas continuer à nous voir.

Il commençait à réaliser que le mot rompre était la parfaite définition de ce que je venais de lui dire.

-Je ne peux plus continuer à mentir à tout le monde. J'ai l'impression d'être horrible. Si ça se sait, on va tout perdre et cette équipe, c'est tout pour moi. Vraiment tout. C'est ma famille.

Je pleurais désormais. Comment dire que tout était de ma faute ? C'était un peu le cas, non ? Je n'avais jamais rompu. Et aujourd'hui, je comprenais parfaitement ce que ça impliquait. Il n'était pas en colère mais vachement triste. Ça me donnait encore plus envie de pleurer tout mon soul. J'ai fait le pas vers la porte. J'avais fait ce qu'il fallait mais il m'a retenu et j'ai eu l'impression de revenir au lendemain de la veille. Lorsqu'il m'avait convaincu de rester. Sauf qu'aujourd'hui, je ne pouvais pas. J'ai tourné la tête vers lui.

-Non, s'il te plait. Je commençais tout juste à tomber…

-Non. Ne le dis surtout pas. Je ne peux pas entendre ça. J'en suis incapable. Je ne voulais pas te faire du mal mais, je ne peux pas. Je ne peux pas.

Il ne lâcha pas ma main. Ce foutu silence qui ne nous quittait pas. Je n'y croyais pas. J'étais allée trop loin. Finalement, ce mot que je refusais d'entendre, je le partageais sans doute. Mais comment le dire ? Je ne voulais pas tomber là-dedans.

-Isabella.

Je sentais que les larmes me brûler plus encore. J'ai fait un pas et je l'ai embrassé. Je n'aurai peut-être pas dû. Seulement dans mon esprit ça sonnait comme un au revoir. Je le suppliais d'entendre mon pardon. J'étais tellement désolée. On s'accrochait à rien, même l'embrasser me donnait mal au cœur alors je me suis détachée et je suis partie. Avant je ne comprenais pas la nécessité qu'avait les gens d'absolument pleurer comme si on faisait son deuil. Un deuil sur une relation amoureuse. Mais je disais au revoir à quelqu'un qui ne devait pas me connaître ainsi. Un entraineur ne devait pas entretenir des relations pareilles avec ses joueuses. Il y avait conflit d'intérêt pour tout le monde…

J'étais à peu près sûre que je faisais le bon choix. Mais au final, il y avait ce doute qui persistait dans mon estomac ou dans mon cœur, je n'en savais rien. Tout ce dont j'étais capable était pleurer en silence. Ce n'était pas prévu. La case relation ++ n'était pas prévue. Elle était à éviter. Et pourtant, on avait cédé. Je craignais pour tout. Ça allait forcément laisser des traces indélébiles entre nous. C'était obligatoire.

Bonjour la compagnie, je tenais juste à vous souhaite de merveilleuses fêtes et que tout vos rêves se réalises.
je vous dis à très vite, Bises.