Chapitre Onze { Quand tu es au fond du trou.
Bon. J'étais une poussière de rien. Principalement les premiers jours. Je devais faire comme si rien ne s'était passée. J'ai dû expliquer à Alice que j'étais stupide et que le garçon que je voyais n'était plus qu'un mauvais souvenir, qu'il était juste une passade et que moi, je n'étais prête pour rien. Surtout pas à aimer. Je lui ai fait promettre de ne plus me demander son nom. Pour elle, j'étais sortie avec un homme marié. Je m'en fichais. J'étais désespérée. Douloureuse tout le temps. Alors, les entrainements ressemblaient à une pénitence. Edward était là sans l'être. Parlant sans entrain mais il ne nous engueulait plus. Je n'avais pas envie de lui demander. Les autres ne comprenaient pas. Moi, je savais. Ce qui aurait dû me rendre encore plus nauséeuse et coupable. Mais comme j'étais responsable, je ne pouvais pas agir. Je n'en avais pas vraiment le droit.
-Mais, je ne pige pas. D'habitude si j'ai le malheur de rater une réception, je suis foudroyée du regard. Ici, il est inerte. On dirait Mr Andrews, en pire.
Les filles semblaient d'accord avec Nora. Tout le monde était assis dans le vestiaire. Je me contentais de m'activer à ranger mes affaires. Je n'avais pas envie de parler de lui ou plutôt de parler tout court. Alors, entendre qu'il était pas bien, ça me rendait malade.
-Ouais, je voudrais savoir ce qu'il se passe…
-Vous pensez que le doyen lui a donné le poste et que maintenant, il s'en fout.
Les filles restèrent en silence. Je commençais à m'agacer.
-Non, ça n'a pas l'air d'être ça…
-On devrait lui demander ou bien, on lui fait une petite fête surprise ? Il sera tellement énervé qu'il redeviendra lui-même.
-Qui sait ? Je suis partante.
Elles commencèrent à s'animer pour un rien, se convaincant que leur plan était extraordinaire. Je me sentais de plus en plus énervée. Je pouvais sentir la fureur grimper de plus en plus dans ma poitrine. J'avais l'impression d'être en présence d'idiote sans cervelle. Bon sang, je perdais patience. J'ai fini par jeter mon sac par terre dans un fracas plutôt retentissent si bien qu'elles ont toutes tournées la tête vers moi avec cet air de surprise.
-Alors maintenant qu'il n'est plus sur votre dos, vous êtes limites en train de pleurer mais si je me souviens bien, vous n'avez pas arrêté de pleurnicher parce qu'il était constamment dur avec vous. « QU'est-ce qu'on va faire Isabella ? » « Oh Isabella, j'en peux plus… » « Isabella, Isabella… » « Ouin ! OUin ! OUin ! ». Vous êtes chiante.
Un silence accueillit évidemment la pire réplique jamais sortie de ma bouche. J'ai senti tous les regards et pourtant, je me sentais toujours autant en colère. Tout était si injuste. J'en avais marre. J'avais surtout besoin de quitter cette pièce, cet endroit. Je voulais rentrer chez moi.
-Excusez-moi.
Edward était juste derrière moi. Inutile de préciser que j'étais nerveuse. Je n'ai pas bougé de peur de m'effondrer.
-J'ai récemment connu des problèmes personnels. Je n'ai pas été un bon coach cette semaine. Veuillez me pardonner, je vais faire un effort.
J'ai baissé les yeux parce que je savais que le problème personnel était juste cette maudite Isabella. J'étais devenu un problème pour tout le monde. J'avais juste envie de vomir jusqu'à en mourir. J'avais l'impression aussi que l'air commençait manquer dans cette pièce entre les filles qui me voyait comme une étrangère et cet homme que j'avais rejeté comme un moins que rien.
-Swan, je voudrais te parler.
Je n'ai fait aucun mouvement.
-Si tu veux bien.
Il avait semblé ajouter ça par dépits et j'ai fini par me décider. J'ai croisé le regard de Rosalie qui était la seule à savoir et la seule à me soutenir. Je suis sortie dans le couloir et je l'ai suivi jusque dans son bureau à l'autre bout du couloir. Il ferma la porte aussitôt entrée et me regarda en silence.
-Ce qui s'est passé la semaine passée…
-Hors de question qu'on en parle.
-Laisses-moi finir, s'il te plait.
Je me suis muée dans mon silence.
-Il faut laisser tous nos problèmes de côté. Alors, agresser les autres parce que tu es en rogne, ça ne fera rien de bon. Et ça, tu le sais parfaitement bien. Tu es capitaine de cette équipe depuis longtemps, je crois.
-Je ne suis pas en colère, coach.
Il a soupiré en s'asseyant sur son bureau, croisant les bras. Je ne ressentais plus rien. Non, non. J'étais vide de tout. Vide de mes actions, de mes paroles.
-Je t'en prie. Tu l'as dit toi-même. On doit stopper tout. Alors, oublions. Oublions ce qui s'est passé et concentrons-nous sur les phases qualificatives.
-C'est tout ce que tu as à me dire ?
Il hocha la tête. J'ai décidé de quitter le bureau sans préavis, ni rien. J'en avais assez. J'avais ma dose. J'avais envie de pleurer. Oui, oublions. Qui pouvais-je blâmer à par moi-même ? C'était ma faute. J'avais tout coupé. Mais après tout, si ça se savait, que deviendrais-je ? Ma bourse, mes amies, ma vie. Je ne pouvais pas. Rosalie était encore là. Je me suis arrêtée pour la dévisager. Je n'étais pas surprise qu'elle soit là. J'étais juste étonnée de ne pas avoir encore pleurer. J'ai rangé mes affaires.
-Pourquoi es-tu autant en colère ?
-Je l'ignore.
-Je pensais que c'était ce que tu voulais.
-Bien sûr.
Elle a soupiré. Décidément tout le monde soupirait quand je faisais quoique ce soit. C'était devenu habituel. Encore une raison de plus de péter un câble.
-Isabella. S'il te plait. Parle-moi.
-Mais je te parle Rosalie. Je t'ai même tout dis. Tu es au courant de tout.
-Non, tu te caches encore.
Je sentais les larmes pointer mais je me suis contenue. Après tout, je faisais tout le temps ça. Me contenir, encore et encore. J'ai fini par me laisser tomber lourdement sur le banc. Rosalie s'est alors assise près de moi.
-Tu ne peux pas continuer à te mentir.
-Si je le fais, c'est pour éviter de leur mentir à elles toutes. Elles vont me détester.
-Non. Bien sûr que non, Isabella. Elles seront en colère mais ensuite, elles comprendront.
-Je ne te crois pas. C'est bizarre de se taper l'entraineur. Ça l'est encore plus d'en être amoureuse.
Elle a ouvert les yeux parce que je venais de le dire, pour la première fois.
-Je suis pathétique.
Et là, à cet instant, les vannes se sont ouvertes et j'ai pleuré longuement dans ses bras. J'étais une noyée. Je ne résistais plus. Tout ce que je parvenais à faire était de pleurer. Je ne pouvais plus réfléchir. Juste entendre les paroles de Rosalie et sentir ses caresses dans mes cheveux. Ces moments-là étaient parfaits pour décrire à quel point avoir une amie changeait tout. Je ne voulais pas me battre avec tout le monde alors qu'en réalité, ce tout le monde était ma famille. Celle que je n'avais plus. J'avais besoin d'eux. Et depuis toujours, je les rejetais en bloc parce que j'avais la trouille d'être honnête avec eux. Au final, j'avais de sérieux ennuis. Entre un amour qui n'a pas eu le temps de naître et un lien trop fort avec des gens qui se brise doucement à coup de mots coupants. Je ne parvenais plus à respirer comme il faut. C'était devenu une torture trop difficile à supporter.
-Isabella...
J'étais tellement bruyante. Je ne me calmais pas. Je me perdais.
-Coach ? Heu… Je pense qu'elle suffoque un peu.
-Laisses.
J'étais trop triste pour réagir. Je savais qu'il était de nouveau là. J'ai senti ses bras et je me sentais encore plus mal parce que je le voulais. Et je ne pouvais pas. Je ne pouvais pas l'avoir pour moi. J'étais une chose inerte. Un cœur de pierre. Son cœur était lui, bien vivant dans sa poitrine, je pouvais l'entendre. Puis, je suis revenu à la réalité. J'ai compris que je rechutais et que je ne pouvais plus. Je me suis levée, rejetant ses bras comme un déchet.
-STOP !
Je me suis tournée vers le mur. Je ne voulais pas le regarder. J'étais réanimée maintenant mais je ne voulais pas. Je ne pouvais pas.
-Isabella.
-Arrêtes de revenir, de croire que tout redeviendra comme avant. Ce n'est pas possible.
-Je t'ai entendu. Tu ressens la même chose que moi.
-Je ressens beaucoup de chose, Edward. Comme de la honte, par exemple.
Il n'a pas bronché.
-Nous deux, on est un drame ambulant. Si on le fait vraiment, tomber amoureux. Je sais que je t'en voudrais parce que je leur mentirai et ça me bouffera de l'intérieur. Constamment, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien à grignoter. Jusqu'à ce que toi aussi, tu sois une loque dégarnie au fond d'un PUTAIN de trou.
Je ne pouvais plus faire sans chialer. Je n'arrivais pas à m'arrêter. Il y eu un long silence perturbé par mes larmes. Mon front reposait à moitié sur le mur. Il était froid. Sans faux semblant. Juste et entier. Je l'ai senti se coller à moi, dans mon dos. Son souffle contre mon crane, ses lèvres dans mon cou. Mes yeux fermés. Je respirais.
-Tu as vécu une enfance difficile avec ton père. Je sais que tu tenais beaucoup à lui et que son départ t'a bouleversé. Je sais qu'il ressemblait plus à un fantôme qu'à un père. C'est pour ça que tu ne veux pas t'attacher et que quand tu le fais, tu as peur de tout perdre.
J'ai cessé peu à peu de pleurer.
-Cette équipe, c'est ce que tu as de plus solide et sur dans ta vie. Je le comprends parfaitement. Mais, je te promets que si je suis là, ce n'est pas pour m'enfuir. S'il faut que j'abandonne l'équipe pour toi. Je n'hésiterai pas, Isabella.
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Hi everybody !
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